CHAPITRE QUATRIÈME
Ces proclamations 9 qui constitaaient des engagements solennels, Tarent accueillies avec enthousiasme et reconnaissance à Varsovie; en même temps , elles firent cesser les bruits vagues et les inquiètes préoccupations que la malveillance d'une part , et l'amour des nouveautés d'autre part, continuèrent à y répandre. Le jour même où J'on prenait le deuil pour l'empereur Alexandre, on chantait un Te Deum pour célébrer l'avènement de l'empereur Nicolas, et le grand-duc Constantin, qui depuis la nouvelle de la mort de son auguste frère n'avait pas quitté le palais du Belvédère, recevait en personne le serment des régiments de la garde russe; en même temps, il écrivait à l'Empereur, en réponse à la notification de son avènement, une lettre admirable qui, pour le fond et la forme des pensées, mérite d'être citée textuellement :
a Sire,
9 C'est avec le plus vif sentiment de satisfaction que j'ai re<2u le rescrit par lequel Votre Majesté Impériale a daigné me notifier son avènement au trône de nos ancêtres... au trône de la Russie , ma patrie bien-aimée.
V La loi suprême de cet empire, loi sacrée que la stabilité de l'ordre existant rend un bienfait du ciel , est la volonté du souverain que nous accorde la Providence.
» En manifestant cette volonté, Votre Majesté Impériale a exécuté celle du Roi des rois, qui inspire si évidenmient dans les afiaires d'une aussi haute importance les monarques de la terre.
3> Les décrets de Dieu sont consommés. Si j'ai coopéré
en quelque chose à leur accomplissement, je n'ai fait
que remplir mon devoir, le devoir d'un sujet fidèle à un
frère dévoué, le devoir enfin d'un Russe qui s'enor-
Tom I. ii
tes HISTOIRE B£ L'EHPEAEDB UJGOLAS.
gueiUit da bodieur de pouvoir obéir k Dieu et à son
Bovveraîn.
» Le Toat-PaÎMant ^m protège lefi destinées de la Russie et la majesté du trdoe , qui prodigue ses béoé* dictioDS au peuple fidèle k ses lois, le Tout-Puissant dans sa miséricorde sera votre fuide. Sire, et vous éclairera de ses lumières.
9 Si xnes plus ardents efforts peuvent contribuer à alléger le fardeau que Dieu vous a imposé , je m'empresse d'apporter au pied de votre trône Thomniage de mon dévouement sans bornes, de ma fidélité, de ma soumission et de mon zèle à exécuter les vantés de Votre l^esté Impériale.
« Je prie le Très-Haut que sa sainte et impénétrable providence veille sur la santé si précieuse de Voire Majesté Impériale , qu'il prolonge vos jours, et que ^oite gloire, Sire, la gloire de votre couronne, puissent se transmettre de génération en génération.
9 Je suis. Sire, » De Votre Majesté Impériale, le plus fidèle sujet,
» Signé Constaistiv. «
Partout où l'on ouvrit solennellement le paquet qui contenait le manifeste de l'empereur Aleuadre relatif à la sucoession de l'empire, dans tous les gouvernements, au milieu des regrets qu'excitait la perte que Ton venait de faire, on prêtait serment d'obéissance et de fidélité au successeur désigné par Une volonté suprême. Cette cérémonie se fit avec beaucoup de pompe à Moscou.
Le sénat, les fonctionnaires civils et militaires s'étant réunis dans la cathédrale de l'Assomplion au milieu d'un grand concours de fidèles. Son fiminenoe Philarète, archevêque de la ville et mesidire du saint sjfuode,