‹ Histoire de l'Empereur Nicolas (trente années de règne)Chapitre 51 sur 331 · CHAPITRE QUATRIEME. iê · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIEME. iê

revêta de ses babits pontificaux, parot accooipdgpaé d^ua nombreux clergé, et porlant une boiie d'argent qu'il plaça sur une table devant les portes du sanctuaire. Alors, faisant face à l'assistance, il prononça une alloeu* tkm dont la portée était d'autant plus grande, qu'il avait servi, comme nous l'avcms vu, d'instrument à la pensée de l'impérial testatem*.

tt Prêtez l'oreille, é Russes! s'éeria44l; trois ans se soAt écoulés depuis que ce temple saint, choisi pour le sacre de nos monarques, et ce vase exposé à vos regards, renferment la volonté «if>»éme, la volonté dernière de Tempereor Alexandre. Les gardiens de ce dépôt auguste n'oat point osé soulever avant le temps le voile dont il avait phi au défunt de le couvrir.

9 II n'arriva que trop tôt le moment douloureux ou nous devions cherober les dernières volontés du souverain qui avait terminé sa glorieuse et noble vie; mais nous fûmes longtemps à ignorer que ce UMoient était vena.

y» Héritier des vertus et de la magnanimité d'Alexandre, Nicolas s'était empressé d'appeler à l'empire son frère atné le grand-duc Constantin, et avait ordonné en même temps que le testament de feu l'Empereur demeurât sous le voile qui en gardait le mystère. Sans doute il nous était donné de le pressentir, ce secret qui renfermait un acte ajouté aux lois précédentes sur Tordre de succession an trône; mais en le divulguant alors, n'aurions-nous pas déchiré le cœur de tout sujet fidèle par un cruel et inévitable partage d'affections et de dévouement? Que nous restait-il donc à faire dans ces graves eircoostances?

9 Ame bienheureuse d'Alexandre, tu as jugé nos intenlions, tu as reconnu que le seul gage de fidélité qu'il

nous fût possible d'offrir à ta mémoire était de veiller religieusement sur le dépôt confié à notre garde, de l'envelopper de notre silence y et d'ensevelir un auguste secret au fond de ce vase, ainsi que dans un tombeau, jusqu'à l'instant marqué par la Providence pu il serait permis de le faire connaître à la face du monde.

n Dans ses décrets adorables, le Roi des rois a hâté l'heure de la décision. Tous les obstacles ont disparu , et la volonté d'Alexandre va sortir vivante de son tombeau pour nous révéler notre avenir.

» Russes, vous avez trouvé pendant vingt-cinq années le bonheur dans l'accomplissement de cette volonté souveraine : vous allez l'entendre une dernière fois, mais cette fois encore vous y trouverez votre félicité. »

Après ce discours, prononcé et écouté avec un religieux recueillement, la boîte fut ouverte, puis, lorsqu'on eut constaté l'authenticité du cachet et de Vinscription autographe apposés sur l'enveloppe du paquet, l'archevêque Philarète lut les divers documents qu'il contenait. La prestation du serment à l'empereur Nicolas termina cette imposante cérémonie.

La tranquillité que la fermeté de l'empereur Nicolas venait de rendre à la capitale ne fut troublée sur aucun autre point, si ce n'est à Vassilkoff et aux environs. Dans le Midi, l'arrestation des chefs de la conspiration s'effectua d'après les ordres apportés de Taganrog par l'aide de camp général Tchernycheff, et provoqués par la dénonciation du capitaine Mayboroda. La colère des conjurés se voyant ainsi découverts ne connut plus de bornes.

tt II ne nous reste plus qu'une chose à faire, dit Poggio à Basile Davidoff; il faut aller à Saint-Pétersbourg assassiner l'Empereur, et à cette œuvre j'offre mes deux mains....

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