‹ Histoire de l'Empereur Nicolas (trente années de règne)Chapitre 54 sur 331 · CHAPITRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME

promis l'existence de l'empire, mais l'eût replongé dans la barbarie sous' prétexte d'affranchissement et de liberté.

Il énuméra avec beanconp de netteté les principes d'ordre et de paix qui lui servirent de règle pendant son règne; il témoigna son désir de voir continuer les relations amies entre les grandes familles de la société européenne , et son respect pour les traités existants ; il parla en termes clairs et précis de la solidarité qui devait exister entre les chefs de ces familles et leurs peuples^ puisque de l'union intime de leurs droits et de leurs devoirs réciproques dépendait le bonheur des gouvernants et des gouvernés.... Il termina en disant qu'il avait chargé le comte de Nesseirode, son ministre des affaires étrangères, de leur adresser à tous une note relative à son avènement,, avec prière de la faire parvenir à leurs souverains respectifs.

Tous les diplomates sortirent de cette audience ne sachant ce qu'ils devaient le plus admirer, ou de la sagesse que le jeune monarque apportait au trône , ou du courage qui lui en avait ouvert le chemin.

Le lendemain , conformément aux ordres de l'Empereur, le comte de Nesseirode adressa la note suivante aux représentants des cours étrangères accrédités auprès de celle de Russie.

«Appelé à l'héritage de l'empereur Alexandre , l'empereur Nicolas hérite aussi des principes qui ont présidé à la politique de son auguste prédécesseur, et Sa Majesté Impériale a fait prescrire à ses ambassadeurs , ministres et agents auprès des puissances étrangères, de leur déclarer que marchant de tout son pouvoir sur les traces du souverain dont elle pleure la perte, elle professera la même fidélité aux engagements contractés p^r

m HISTOIRE DE L'EMPEREUR \1C0LAS.

la Russie, le méine respect pour tous les droits que consacrent des traités existants, le même attachenoent aux maximes conservatrices de la paix générale et des liens qui subsistent entre toutes les puissances.

» En retour, TEoipereur se plaît à espérer de leur part les mêmes dispositions à entretenir ces rapports d'intime amitié et de confiance mutuelle qui, établie et maintenus sous l'empereur Alexandre, ont donné dix années de repos à l'Europe, n

Depuis le jour ou le char de TÉtat, relevé par voe main habile et courageuse, avait repris son eodrs ialerrompu momentanément par les baïonnettes de U rébel<^ lion , Saint-Pétersbourg offrait nn aspect tranquille mais sombre et silencieux , car c'est en Russie surtout que la mort du souverain devient un malheur public. Toutes les classes se trouvaient donc en deuil Les personnes des deux sexes qui n'avaient pas le droit de pori^ le costume de cour indiqué par les règlements funèbres de la maison impériale, ne paraissaient en public que vêtues de noir. Les marchands , les artisans même évitaient de porter des couleurs vives et tranchées.... Les théâtres étaient fermés, les salles de bal et de concert étaient silencieuses et désertes : ainsi que la cour, le foyer de la famille était triste et recueilli; la mort d'Alexandre avait jeté un long crêpe noir sur la ville tout entière.

Les familles russes, indépendamment de la perte qu'elles venaient de faire dans la personne de leur souverain, avaient une autre raison pour vivre dans la retraite et le recueillement. Il en était peu, même parmi les plus illustres et les plus élevées, qui n'eussent un de leurs membres impliqué dans les conspirations, sinon de fait, 'du moins par les relations d'une complicité

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