‹ Histoire de l'Empereur Nicolas (trente années de règne)Chapitre 56 sur 331 · CHAPITRE CIXQUIÉME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CIXQUIÉME

de cMfirer le code de 1649 avec les actes législatifs émanés depuis cette époque, c'est-à-dire avec les ito-« f>tUe$ Hoioy-K03Hb]H cmamu, les oukases et les arrêts do conseil des boyards. Mais- le Hiérite de l'exécution rapide, instantanée^ pour ainsi dire, de cette œuvre commencée, interrompue, reprise, suspendue et renooée à nouveau par dix commissions différentes, de 1700 à 1804, révient uniquement à la spontanéité de Temperenr Nicolas. En quelques années, ce jeune monarque, par l'impulsion seule de son génie , devait compléter et terminer Fœuvre d'un siècle.

Par un oukase du 31 janvier 1826, un mois à peine après son avènement au trâne, Nicolas déclara qu'il avait résolu de prendre sous sa direction immédiate les travaox relatifs à la codification, et que Fancienne commission serait en conséquence transfonnée en deuxième section de sa chancellerie particulière. D'après cette nouvjslle organisation, on avait à résoudre dès le début les prin* cipales questions suivantes :

1"* Définir exactement la nature et les principes de la codification ;

2"* Former un plan pour la division générale des lois ;

3* Disposer d'après ce plan les travaux préparatoires;

4® Régler les travaux définitifs.

Les motifs de cette résolution, exposés dans le manifeste impérial, étaient :. le manque de lois dans beaucoup de circonstances , leur surabondance dans beaucoup d'autres ; la confusion , le mélange de lois permanentes et de lois provisoires ; l'obscurité et l'incertitude que les temps et les changements fréquents^ ainsi que les inter^ prétations arbitraires, avaient répandues sur l'esprit dans lequel les anciennes lois avaient été conçues ; la différence des temps et des mœurs entre le passé et le présent.

n% HISTOIAR DE LreilP£l£L'B K1€0LAS.

La tàehe de la comnission y fooctioMiaDt aoos la aiuw veillance de^ TEoipereur et dans sa propre ^aocetterie, consîstaiC dans la composition d'un nouveau code âans le sens le plus étendu du moL

L'empereur Nicolas, moins les idées d'ambition et de conquête qu'on lui prêtera plus lard, ne voulait pas être seulement le Gésar de son règne , il devait en être le Jmtinien. Le corps des lois russes sera l'un des pins beaux titres de Nicolas a l'admiration et à la recononis» sance de ses peuples.

Après avoir assuré ainsi sur des bases solides l'édifice législatif de son empire, le Caar, convaincu que l'ordre et l'économie étaient indispensables à la prospérité d'un bon gouvernement, soumit toutes les brandies de l'administration à l'investigation la plus sévère, et fit dans les dépenses particulières d'importantes réductions. De même qu'en mathématiques, les chiffres eut leur éloquence en histoire: il résulte donc, d'après un tableau dont nous avons reconnu le caractère officiel, que le budget de 1823 avait offert, comparativement à celui de l'année précédente, une diminution de. 8,700,000 roubles.

Celui de 1824 32,800,000

Celui de 1825 59,300,000

Celui de 1826 fut réduit par Nicolas de 67,500,000

Soît une réduction de 168,300,000 roublessur quatre années, dans le cours desquelles il n'a été lait aucun emprunt.

Pendant les premiers mois qui suivirent l'inauguration du nouveau règne, la malveillance, que la générosité du souverain n'avait pu désarmer, et que l'action de

GHAPiTlKE CINQUIÈME. 17»

la pofice ne pouvait alteiodre y répandit à deeaeiii les broite d*an changement dans le peysonéel 4u miaistère, et d'ane modificatkm dans le SfBtèxne do gonvemenién^ soUknntérienr, soit à rextérienr. Mais Nicolas^ malgré les circonstances qui semblaient justifier ces bruits et rendre vraisemblables les changements signalés à Talp leotîon du puMic, conserva presque tout entier le ministère qu'il avait trouvé ainsi composé le premier jour de son avènement au trône :

Le comte de Nesseirode y k l'eictérieur ^

DeLanskoy, à Tinlérieur;

Le général Kankrin, aux finances ; * *

Le prince de Labanow-Rostowsky^ à la justice ;

L'amiral Sdnskow, instruction publique et affaires eccMsîastiqQes ;

L^amiral MoUer, h la marine ;

Le général Tatitscheff) à la guarre,

Le général Diebitseh, chef de Télat- major de la maison de l'Empereur j

Le comte Aratscheieur, colonies militaires;

Le conseiller Gàriew, ministre de la maison de l'Empereur;

Le doc Alexandre de Wurtemberg, à b direction des coBuanaications par terre et par met ;

Le prince Alexandre de Galitzin, à la dkection des postes;

Le général Kntnsow, directeur des écoles de l'empire ;

Le prince Pierre Lapuchin, président du conseil <rÉlat.

Pendant que la coïnmissiott d'enquête poursuivait avec rapidité rinstructioft de la joutn^ du 26 àécem\>rey l'empereur Nicolas ) voulant donner à son peuple l'asan* nmce que les devoirs de la justice n'étoufiTeraient jamais

is.

i«e HISTOIRB DK L'EMPJÎHKUR NICOLAS,

dang son cceur les besoins de la clémence, publia, à la date du 1*' jaaviec, un reBcrit partant que les crioiinels qui, jusqu'au jour de son avènement au trône, avaient été condamnés à passer par Les mains du bourreau et aux travaux forcés en exil, seraient libérés de la première punition et ne subiraient que la seconde partie de leur peine. Par le même acte, il ordonnait la remise des créances du fisc existant à la même date et ne dépassant pas la somme de deux mille roubles ; en outre, il ordonnait la mise en liberté des débiteurs de TEtat détenus pour dettes dont la valeur ne s'élevait pas audessus de cette même somme '.

Il est à remarquer que dans ce manifeste la générosité du souverain ne s'étendait point jusqu'aux individus compromis dans l'insurrection qui avait ensanglanté le premier jour de son règne. Elle crut ne pas devoir interrompre le cours de la justice ni celui des travaux de la commission instituée pour instruire cette grande procédure. Cependant, profondément touché de leurs regrets, l'Empereur ne voulut pas prolonger les angoisses dans lesquelles se trouvaient encore les soldats des régiments de la garde qui avaient pris une part active aux événements du 26 décembre. Environ trois cents d'entre eux, désignés comme les plus coupables, et enfermés dans la forteresse , étaient sous le coup de leur jugement ; les autres s'attendaient à être licenciés et répartis dans les corps de la ligne. L'Empereur désira passer la revue de ces régiments; il en fut reçu avec un tel enthousiasme, et il fut si satisfait de leur belle tenue, qu'il joignit plusieurs fois à ses félicitations des assurances de pardon et d'oubli. Après le départ de son frère y et un instant avant le défilé des troupes, le grand-duc

I Voir leB Documents bistorîqiies , nP 2.

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