‹ Histoire de l'Empereur Nicolas (trente années de règne)Chapitre 61 sur 331 · CHAPITRE CINQUIÈME. ItS · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME. ItS

gères , princes ou plébéiens , il n'en est aucune dont ce spectacle n'ait déchiré l'âme et fait couler les pleurs....

Deux épisodes surtout produisirent une vive impres*sion. De vieux grenadiers qu'on avait fait entrer dans l'église poor aider à transporter le cercueil , oublièrent la sévérité de tenue qu'impose la discipline militaire, et l'on vit s'échapper de grosses larmes de ces yeux qui, sur vingt champs de bataille, avaient regardé sans effroi la mort en face.

De son côté, agenouillé derrière un pilier de l'église, un vieillard, un pauvre enfant du peuple, dont le nom d'Uia devra servir de syn'onyme à la fidélité domestique, fondait en larmes, et demandait à Dieu pourquoi il ne l'avait pas pris avant son maître. Ilia était le cocher d'Alexandre, Alexandre était l'ami d'Uia.... Plus d'une fois Alexandre lui avait dit : « Je n'ai jamais eu et je n'aurai probablement jamais d'autre cocher que toi; aussi, mon brave Ilia, si nous ne nous cassons peis le cou en route ^ et si je dois mourir loin de notre capitale, c'est toi qui auras l'honneur de conduire Sa Majesté trépassée à son dernier relais. » Une raison d'étiquette faillit cependant compromettre ce désir impérial, mais le vieux cocher avait déclaré qu'il conduirait son maître de Taganrog à la cathédrale Saint-Pierre et Saint-Paul, ou sur le siège ou au timon, u Je ne veux pas, avait-il ajouté, que l'Empereur, à qui sa vie durant j'ai fait faire sans accident cinquante et quelques mille lieues, me reproche dans l'autre monde d'avoir cédé à un autre en celui-ci l'honneur de le conduire à sa dernière station.» L'énergique volonté du vieux serviteur avait eu tant d'éloquence, que par sa voix la fidélité l'avait emporté sur l'étiquette : conformément au désir de son maître ,

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il Tavatt cood«U «« bord de w tombe... en attendant eelle qne la dooleor devait bientét ounir pour lai.

L'instant de réternelle séparation était arrivé; Iti grands officiers de la couronne s'acqnittèrent dn dernier devoir qni restait à remplir. La religion , la voix pleine de larmes ) ebanta une snpréme prière » et trois salves d'artillerie apprirent à la capitale de la Russie que k cadavre d'Alexandre I*' en avait fini avec les choses de ce monde.

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