CHAPITRE SIXIEME
Le doe 4e ««ilMftm à StMl-Pétenboarg. — Sitatiioa pditffw 4b la RaMic. — Soulèvement de U Grèce. — Le prottfcole dn A avril. — Le régiment Wellington. — Ultimatum. — Prèlodes da ronronnement de TEmperenr. — Mort de i'iiBpéntnce ÉliMbelb. — Visite de Nicolas i la Bonne. — Le bnl de Tempe* renr Alexandre. — Admiration de Nicolas ponr son prédécesseur. — Nicolas proiedenr des bcfles-lellres. — Karamsin. — Le gévîe et b vertu n*ont pas d« patrie. — Réformes. — Procès des conjurés du 26 décembre. — Coor de justice. — Jugement. — Curieux incidents. — Commutation des peines. — Son- -uvrow. — Vn Broloe. — Ifanifesle impérial. — Les caadaaanés à mort. — Exécutions. — Cérémonie funèbre. — Energique proclamation. — Dévooement «dbiîme. — Départ des condamnés à Texil. — Désespoir de madame RyleiefT. — Bonté db rfimpeieor.
L'arrivée à Saint-Pétersbourg d'un personnage figoraal an premier rang de la pléiade militaire, qui a répandu tant d'éclat sur les commencements de ce siècle fécond en grands hommes et en grandes choses, fit en ce moment diversion à la douleur publique. La nouvelle de la mort d'Aleiandre étant parvenue > Londres, le cabinet britannique avait compris la nécessité de s'assurer des dispositions du nouvel empereur à l'endroit des alEatires de l'Orient.
Les armées russes avaient donné des preuves d'intérêt à la cause de leurs coreligionnaires ^ d'un autre côté , on assurait avec raison que le souverain qu'elles venaient de perdre avait pris en considération les griefs de ceax-ci, qu'il supportait impatiemment les lenteurs du divan el les embarras que l'intervention étrangère jetait dans la politique nationale. Il était donc urgent de prendre une résolution et de choisir un négociateur dont les services, le caractère et la haute renommée, fussent au niveau de sa mission. Le ministère anglais jeta de
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prime abord les yeux sur le duc de Wellington, comme réunissant toutes les condilions voulues. Cet illustre capitaine accepta, et quoique malade il entreprit aussitôt un long voyage, d'autant plus pénible que la saison était plus rigoureuse.
Après avoir reçu à Berlin des honneurs qu^oo ne rend guère qu'aux souverains, il arriva dans les premiers jours de mars à Saint-Pétersbourg, plutôt en prince couronné qu'en négociateur. Le prestige de son nom lui servait d'escorte d'honneur.
Dès son arrivée, il avait eu de longues et fréquentes conférences avec le comte de Nesselrode, ministre des affaires étrangères, et même avec l'empereur Nicolas. Mais pour mieux apprécier l'importance de ces négociations, il importe de bien établir la situation politique extérieure de la Russie à la mort de l'empereur Alexandre.
A cette époque , la Russie se trouvait dans les meilleurs termes avec les puissances occidentales, mais en désaccord complet avec la Turquie. Ce n'était pas sans raison , car la Porte Ottomane avait provoqué à plusieurs reprises le mécontentement du cabinet de Saint-Pétersbourg, par de continuelles infractions au traité de Bucharest. Par ce traité, la Sublime Porte avait promis d'accorder une amnistie générale aux Serbes, de donner des immunités à la Moldavie et à la Valachie ; en outre, elle s'était engagée à ouvrir le passage du Bosphore et des Dardanelles au commerce russe, et à faire l'abandon de plusieurs forteresses de l'Asie, reconnues d*un commun accord indispensables à la sécurité des frontières de la Russie. Malgré ces engagements, la Porte alléguant différents prétextes, n'avait exécuté aucune des clauses de ce traité.
Tandis que l'empereur Alexandre consacrait toutes ses