‹ Histoire de l'Empereur Nicolas (trente années de règne)Chapitre 64 sur 331 · CHAPITRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SIXIÈME

médiate y et il se prononça d'une manière tellement préeise sur cette question que le Sultan s'empressa d'envoyer à Akkerman deux grands dignitaires munis de pleins pouvoirs pour traiter définitivement avec le général comte Voronzoff et le conseiller privé M. de Ribeanpierre. Mais les plénipotentiaires turcs , dociles instruments de la pensée qui les faisait agir, ne cherchèrent qu'à gagner du temps , en opposant la force de Tinertie à la volonté expresse du Czar. Cet état de choses ne pouvait se prolonger davantage sans porter atteinte à la dignité de l'empire; Nicolas le comprit; aussi adressat-il à la Porte un ultimatum conçu dans ces termes :

a Si dans le délai de trois semaines le traité que j^exige n'est pas conclu et signé, mes troupes passeront immédiatement le Pruth et occuperont la Moldavie. »

Les envoyés turcs, effrayés de celte menace à laquelle ils auraient dû s'attendre, se hâtèrent de demander des instructions au divan : elles ne pouvaient être douteuses. Le Sultan intima Tordre à ses agents de signer la convention conformément aux demandes du cabinet de Saint-Pétersbourg. Par cette convention , signée la veille du jour fixé pour l'expiration du délai accordé, Mahmoud s'engiageait à exécuter fidèlement toutes les conditions du traité de Bucharest, à savoir :

1* Rendre, dans un délai qui ne dépasserait pas six semaines, aux principautés de la Moldavie et de la Valachie, tous les droits et privilèges promis par le hattiscbérirdel8Q2;

2* Garantir également à la Servie la jouissance de toutes ses anciennes franchises et immunités augmentées par de nouveaux privilèges; déterminer en outre tous les droits du peuple serbe par un batti-scbérif spécial ,

jK» HISTOIRE DE L EMPEREUR NICOLAS.

rédigé d'un commua accord sur les bases indiquées dans la convention d'Akkerman ;

S"" Accorder une juste satisfaction aux sujets russes créanciers du gouvernement turc ;

Al" Laisser une liberté pleine et entière au comoserce russe, n'entraver en rien et sous aucun prétexte la navigation des navires russes dans les eaux de l'eiupire ottoman ;

5*" Conserver les frontières d'Asie entre les deux empires au point où les avait trouvées la convention de Bucharest , et renoncer à toute espèce de prétention sur les forteresses conquises par les armes russes durant les dernières guerres dans la contrée transcaucasienne.

C'est ainsi que la politique ferme et énergique de l'empereur Nicolas assoupit une question qui devait bientôt se ranimer plus ardente dans le mensonge et la mauvaise foi d'un orgueilleux et défiant voisin.

Sur ces entrefaites, la Russie, fière des succès qu'elle venait d'obtenir sans recourir à la force des armes, accueillit avec enthousiasme un manifeste impérial qui fixait au mois de juin le couronnement du successeur d'Alexandre. Cette cérémonie devait avoir lieu, suivant l'antique formule et le cérémonial usité, dans l'église cathédrale de l'Assomption à Moscou. L'Europe entière s'émut à cette nouvelle , et s'empressa de témoigner aa jeune empereur ses sympathies par le soin que ses souverains mirent dans le choix des personnages chargés de \ei représenter en cette occasion solennelle ; la cour, la noblesse, tous les heureux privilégiés par la naissaoce, la position ou la fortune , faisaient des préparatifs immenses pour donner à cette fête un caractère digne du prince qui devait en être le héros, lorsqu'une triste nouvelle vint jeter une teinte sombre sur oe& projets de

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