CHAPITRE SIXIÈME. MT
rangea en bataille et devmot l'Empereur à chetal au premier rang, celte place fut pvrifiée et béoie par la religioB; pvis, on instant avant le défilé , Nicolas, par nae énergiipie proclamation, témoigna auK armées rasses sa gratitude au nom de toute la Ressie :
< Braves soldats, leur dit-il, lorsque, dans les mémorables joarnées da 26 décembre 1825 et du 15 janvier 1826, votre Mélîté a formé autour an trône un rempart inexpngnaMe, lorsqu'elle a sauvé nos temples de la profanation et délivré la pairie des horreurs de la révolte, je vous ai prévenus que vos rangs avaient le malhenr de receler quelques-uns de ces fauteurs de trouble et d'anarchie. Vous les avez repoussés avec effroi et indignation. La justice a prononcé sur leur sort ; la sentence qu'ils avaient méritée a reçn son exécution, et Parmée est purgée de la contagion qui la menaçait, ainsi que la Russie tout entière.
9 Aojonrdliai, avec l'aide du Tout-Puissant, dans le lien même où sept mois auparavant vous avez versé votre sang et sacrifié votre vie pour la dérense de votre souverain, sur cette même place où le vaillant capitaine dont la mémoire est impérissable dans l'armée rosse, le comte MtloFadovitsch, a succombé sous vos yeux, de solennelles actious de grâces ont été offertes an Seigneur, qui par vous a sauvé l'empire , et des prières lui ont été adressées pour le repos de l'âme de ceux qui sont morts pour leur foi, leur empereur et la pairie.
9 Braves soldats russes , en portant ces faits à votre connaissance, je vous témoigne ma reconnaissance et celle de toute la Russie. Conservez à jamais les nobles vertus qui vous ont toujours distingués. Soyez religieux, fidèles , braves et infatigables , et le monde reconnaîtra que Dieu est avec nous { »
tu» HISTOIRE DE L'EMPEREDR NICOLAS.
Quelques jours après, les homines du 26 décembre condamoé^ aux travaux forcés et à la déporlatioa en Sibérie partirent par petits détachements et soas une escorte militaire pour leur destination, LTmpereor avait donné des ordres poar que tous les moyens de douceur compatibles avec Tesprit de la justice humaine leur fussent accordés. Les anges , que la Providence a créés sans doute pour alléger le poids des douleurs humaines, s^étaient interposés entre la clémence du souverain et les rigueurs de l'expiation ; ils avaient fait plus encore : ils s'étaient jetés aux genoux de Nicolas pour solliciter, non pas la grâce des condamnés , mais celle de partager les destinées de ceux dont, en des jours plus heureux, ils avaient accepté la fortune, les honneurs et le nom. Ces anges de dévouement et de tendresse étaient les femmes des condamnés. A leur tête se trouvaient les princesses Troubetzkoï , VVolkonsky et madame de Mouravieff. Insensibles aux prières de leurs familles, qui avaient cherché à les dissuader de leur généreux dessein , indifférentes aux joies du monde où elles étaient destinées à briller au premier rang par tous les dons de la fortune, de la naissance, de la jeunesse et de la beauté, envisageant sans effroi la vie nouvelle de souffrances et de privations qui s'offrait à elles, ces nobles femmes avaient sollicité et obtenu comme une faveur la permission de suivre leurs maris dans un exil dont le terme devait se trouver au bord de leur tombe. L'âme de l'Empereur ne pouvait être insensible à ces généreux sacriGces de la piété conjugale; vaineinent d'abord il avait joint ses prières à celles des familles désolées ; il avait fini par approuver une résolution qu'il admirait, disant : « Comme vous je ferais, mesdames, si j'étais à votre place. » Alors il témoigna par différents actes
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émanés de son anforilé sopréme qu'il désirait De point étendre aux familles la responsabilité de leurs chefs frappés par la loi. Aux unes il offrit des secours, aux autres des espérances, à toutes des consolations.
Madame Ryleieff en (ippr^nant l'exécution de son mari était tombée comme terrassée par un coup de foudre : elle avait espéré qu'au moment suprême une main miséricordieuse aurait arrêté celle du bourreau. Elle s'était fait répéter par un témoin oculaire toutes les phases qui avaient présidé à l'exécution. Les paroles de son époux, disant, en remontant sur l'échafaud, que la haute cour ne l'avait point condamué à mourir deux fois, l'avaient frappée à ce point qu'elle les entendait bourdonner incessamment à son oreille; chaque bruit traversant le silence de ses nuits sans sommeil devenait un sombre écho de cette protestation; sa main alors s'étendant dans les ténèbres comme pour disputer au bourreau une image chérie, se perdait dans le vide, avec les sanglots de son âme désespérée : la pauvre veuve se trouvait sous le coup d'une aliénation mentale, interrompue aux heures d'une raison passagère par une profonde mélancolie. L'Empereur, touché de sa situation, loi avait envoyé à plusieurs reprises un de ses aides de camp pour lui porter des paroles consolatrices ef J'assnrer de sa protection. Le père du colonel Pestel , réduit à une profonde détresse , avait reçu une gratification impériale* de deux cent mille francs, et Nicolas avait doublé ce bienfait en lui accordant pour plusieurs années la rente d'un bien de la couronne dont Alexandre lui avait donné l'usufruit. Enfin, il avait attaché à sa personne, en qualité d'aide de camp, le propre frère du cdonel Pestel. Il prouvait ainsi magnifiquement que s'il acceptait la solidarité de l'honneur et de la vertu , il re-
tdO HISTOIRE DE L'KMPERKUR KICOLAS.
pouMaii ée& families la reftpoosabUiié des faaieft et k boate du cbàliment En outre, il s'ellbrça, eu combUot de faveurs et de grâces plusieurs autres parenU des condamnés, à écarter de leurs personnes toute idée de blâme et de soupçon. Les condamnés eux-méraes ^ sV vançant sur la route de la Sibérie, eurent plus d^une lois Toccasioa de remarquer que la clémence impériale weitlait sur eux et marebait à leurs côtés.
Il restait à prononcer sur le sort d'un grand nomkre d'officiers qui, mis bors de cause, avaient cependant paru passibles de peines correctionnelles. Par Tordre d« l'Empereur, la plupart furent cbangés de régiment; quelques-uns même furent renvc^és aux leurs avec us rang égal à celui qu'ils occupaient avant l'insonrection.
La couronne de Pierre le Grand et de Catherine Ja Grande, raffermie sur le front de Nicolas par la puissance de l'épée jointe à la puissance do droit , avait re^ U sanction du peuple, il lui manquait aicore la consécration de Dieu. Le nouveau czar, d^à couronné par les vœux de la Russie^ avait attendu pour se faire sacrer , par les mains de la religion que les moindres traces de i la conspiration fussent effacées. Plus rien désortnais ne I s'opposant à ce que , suivant l'exemple de ses aacélres, il reçût ToncUon sainte, il décida par un manifeste que cette solennité aurait lieu dans les derniers jours ds mois d'août, dans la catbédrale de l'AssompUon, à Moscou.