‹ Histoire de l'Empereur Nicolas (trente années de règne)Chapitre 83 sur 331 · CHAPITRE SKPTIiilIE · texte numérisé non relu

CHAPITRE SKPTIiilIE

Alors, fidèle instrument de sa volonté, sa main appliquait instantanément la réforme à Tabas, le remède au mal. Il considérait la justice comme la sauvegarde de la sécurité des peuples, mais il la voulait purement défensive et dégagée dans^ ses arrêts des rigueurs inutiles qui fatiguent la main des bourreaux avant de lasser la résistance du patient. Un oukase rendu le 5 mars 1827 prouve le respect que ce jeune monarque avait pour Thumanité. Il existait dans certaines parties de son empire, surtout chez les Cosaques du Don, un supplice qui consistait à. attacher le pied du condamné à un bloc de pierre ou de. bois inébranlable. Souvent les individus soumis à cette torture subissaient la mort dans des souffrances plus ou. moins prolongées, suivant le caprice du juge qui l'ordonnait. Nicolas ne se contenta pas d'abolir cet odieux moyen de châtiment corporel, il ordonna que les instruments qui avaient servi à ce genre de supplice fussent détruits dans tous les districts de son empire.

Mais tout en faisant des réformes et des innovations salutaires sous Tinspiration du Gzar, le gouvernement russe apportait une excessive sévérité dans le système géaéral de sa police, surtout à Tendroit des sociétés secrètes.... La lumière qui se faisait chaque jour dans Tesprit des commissions chargées de les étudier prouvait que les rami6cations de la conspiration du 14-26 déeeaibre avaient eu beaucoup plus d'importance encore qu'on ne l'avait supposé d'abord.

La commission d'enquéCe créée en 1826 pour faire des recherches sur les sociétés secrètes formées en Pologne , termina son travail dans les derniers jours de l'année ; elle adressa son rapport au grand-duc Constantin, le 3 janvier 1827.

Rien de plus curieux et de plus dramatique que ce

S9S HISTOIRK DE L'KHPKRBUR NICOLAS.

travail souterrain de la pensée d'une nation hérolt lévaiit son indépendance dans sa natioaalilé.

Nous esquisserons à grands traits les parties pi eîpales de ce document remarquable.

Vae sociélé secrète , sous le titre de Purs Polonais^ forma vers la 6n de 1824 dans le but de répandre 1' prit national. Les membres reçns, sous la conditios d' secret inviolable , s'engageaient à faire des prosélyt( Ils portaient poor signe extérieur de reconnaissaDce ( anneaux aux couleurs nationales avec un certain nomi de points rappelant le nombre des lois organiques de société. Celle société^ qui ne compta jamais plus douze membres , fit peu de prosélytes et s'est dissoute bout d'une année ^ sans laisser d'autres traces de s existence que Tesprit de trouble qu'elle avait réveillé.

Bientôt après quelques esprits s'échaoCTèrent de no veau h la suite d'une déclaration incidente de feu général de cavalerie Dombroivsky à un de ses ancu subordonnés, dans laquelle on exprimait k regret de que la nation polonaise avait retiré pour ellenaiénie peu de fruits de son dévouement, que l'existence peuple partagé semblait moins assurée. Il ajoutait qi était à désirer que le courage des Polonais et la confiai dans leurs propres forces fussent réveillés, afin qu pussent , sans égard pour les divers gouvernements ai quels ils appartenaient alors, agir ent réunissant lei forces pour se concentrer en un seul royaume et se s^ mettre à un roi élu par la nation.

Ces opinions produisirent une impression consic rable; plusieurs illustres citoyens s'y rallièrent; el furent communiquées à des époques différentes au prii Antoine Jablonowski, ainsi qu'aux lieutenants-colou Krzyzanovraki et Pradzynski, et à plusleors autres p

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I, sans qo^il en résultât enonre lafonnftiiop d'ime société pour alleîndre le but proposé, en admeltaot d*aiiieors qu'elles aient jeté des ramoes et donné lieu f\m lard aux associatknis seerèles en Pologne.

Cependant on soupçonna qu'an mépris de Tordo»* nanee qui fermait les loges des francs^macons , il exi»* fail de seerètes réunions^ et Tenquéle qui fut ordonnée oit en éf idence l'existence d'une association sous le Domdefranc-maçoDnerte nationale, avec des règlements conformes à ceox des loges maçonniques. On décoomt que \e schisme qui avait éclaté dans la franc*mafon« nerie aiaîl £ûi regretter qo'il n'y eût pas dans l'armée poknaise comme ailleurs des loges de campa^e. Le nurjor Lnlrasinski da 4* régiment d'infanterie, qui raé* £iait déjà Je plan d'one association plus sérieuse, pro^ Gta de la fondation de cette franc^maçonnerie nationale, et reçut la dignité de grand maltve. Sânis exclure d'autres personnes, on recherchait de préférence des employés et des ofBciers : le but de l'association était de se sou^ tenîrmutuelfement en toute circonstance , de travailler à la conservation de la nationalité et do souvenir des faits glorievx pour le peuple polonais. On prit en cou* séquence pour devise les noms fameux de Boleslas, Chrobry, Balory, Zamoski, Poniatowski, etc. , etc. L'association compta bientôt un nombre considérable de membres, liais des dissensions inteslines s'y manifestèrent, des doutes s'élevèrent sur la franchise do major Lakasinski son grand maître , et ces méfiances amenèrent rapidement sa dissolution.

Cependant le chapitre ou comité secret de la société^ inconnn aux autres membres, survivait à la dissolution, et snivaii le but politique de son fondateur. C'est par ses soins que se forma une nouvelle association, qui se

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mit bientôt en relalion avec une société maçonnique Posen. Un des membres de cette dernière société, «jénéral Uminski, se présente, et expose à la nouv( association que les francs-maçons de Posen ont chai de but ; qu'ils s^occupent activement à rétablir l'ini {tendance de la Pologne , et qu'ils réclament la coopé tton de leurs frères de Varsovie. Cette ouverture < écoulée favorablement; la majorité accède àTunionpi jetée , et pour sceller solennellement ce pacte d'allianc nn rendez-vous est assigné à Potok*, situé à un quart mille de Posen.

Arrivés au lieu du rendez*vous, les conjurés, ai quels plusieurs citoyens distingués par leur position leur fortune s'étaient réunis, se rangèrent en cer dans un endroit écarté. Au même instant, UidîosJ coiffé d'un bonnet brodé, paraît monté sur un chei blanc, et prenant la parole il représente avec une é^ quence énergique la dispersion des Polonais placés se plusieurs gouvernements et privés ainsi de la patrie; insiste sur la nécessité de travailler sans relâche à réu ces peuples épars en un seul tout, moyen unique d' river à Tindépeudance du pays. Uminski, écouté avec silence solennel, propose cette formule de serment d adoptée dans la société de Posen :

a Je jure en présence de Dieu et de la patrie, et j' gage ma parole d'honneur que j'emploierai tous n efforts pour rétablir mon malheureux et bien-aimé pa Je jure de sacrifier pour sa liberté et son indépendant non-seulement ma fortune, mais ma vie même. Je ji que je ne trahirai jamais ni ne révélerai à personne secrets qui m'ont été ou qui me seront confiés ; en que je n'aurai rien de plus à cœur que les intérêts la société. Je voue l'obéissance la plus entière à cel

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