CHAPITRE HUITIÈME
CoatiauMioD de U gocrre en Perte. — Paskevitcb , {entrai en chef. — Premier» •TnaUgee. — Prise (TErifank — Rescrit de fEmpereor. — fluit cent qnamnlekvil tmiêmtir— •• ftMfîa — Ln i îNa de Vianc -* JUmv Khan. ^ Piiat à» TaarU. — Cër^monie rettgiense. — Préliminairet de paix. — Le prince rayai de Perae an camp de l'araire mtse. — Abbaa - M iria. — Trailtf. da' pafa de lonrfcjBanIckai. -^ JKfBciiUin de la. Boaaie wmt h P«He OUonane. — Afbire de In Crèce. — Enlèlement de la Porte. — R^ceptiDn de l'ambassadenr mtse. -^ radpMrtUi dt gaerre. ^ AttHUn d»t taliinetar evoféti». — traM dm 6 jailIeL — Note du cabinet d« Berlin. — Batailla de Natarin -<- Action d'ëclal. — Kmcrit de Temperear Nîcotat. — iCofe da conie de Nettefrode. — Fkroarhe
La d^rtiière eampi^pM n'amit ffOê em da réwitatft'dédslfe; Jà «b Iw Rosse» avaieni cru Mdoodtr^r. dbs apprealÂa dans l'aM de U guertre^ il& afai^l tiMvé éw. ennemis Wbiles el e<M^agéiux« Les Persaas avaiiMit pcofilé du la 4réfe imposée par l'Uver aai hostUttéa^ po«r réorganiser leor armée sar on pied imposant Les troupes mises en csmpagne sons les oi^es d'Âbhas- Mlrsa étaient évalnées à ISO^OdO hommes, composées en grande partie de bandes irrégaJières, surtout de caaalters koardes, non moins habiles que les Cosaques dans le maniement de la lanee^.et mîeax encore montés en chevaux. L'armée persane comptait en outre vingt régiaieola d'infanterie diseiplinés à reurcféenae, quarante escadrons de cavalerie régulière^ et une imposante artill^ia de campagne ; aws une partier de ces troopes était réservée à la garde du Schak
InveslÀ de la confiance dé Temperevr Nicolas et revêtu de poovoirs illimités dans lea provinces cimquises <ou à conquérir^ le généml Psèkevitch changea presque toutes
272 HISTOIRE DK L*EMPEREI]R NICOLAS.
les dispositions de son prédécessenr, le général Ermol tant dans Tadministration que dans rarmée. Il for des magasins qne son prédécesseur avait négligé d'^ blir pour la subsistance des troupes, dans un pays < vaste par l'ennemi , et annonçant sa promotion par ordre du jour à la date du 9 avril , il confia le commi dément de son avant-garde au général Benkerdoi chargé de commencer les opérations dans la provin d'Érivan.
La campagne de 1827 s'ouvrit donc au printemps, route de Tiflis à Erivan passait entre deux chaînes montagnes fort escarpées , couvertes de neige, et à pe accessibles à l'infanterie : n'importe, les Russes se fray un chemin à travers les obstacles, ils jettent des po sur les torrents, transportent à bras les pièces de cane franchissent les barricades de neige que leur opposât ] monts Aksibink et Besabdal , et an grand élonnement l'ennemi se présentent tout à coup près d'Etehmiadxi position forte et célèbre par son couvent de moines i méniens. Les Persans n'essayèrent pas de le défend L'archevêque Narsès qui s'y trouvait, fit ses soumissi^ au général russe, et malgré son grand âge il von suivre son corps d'armée, auquel sa présence ren d'utiles services , par l'influence que son caractère ex çait sur les populations chrétiennes de ce pays.
D'Etchmiadzin, oji il laissa une garnison, le gêné Benkendorff dirigea une partie de son corps vers Èrw et se mit en marche le 28 avril pour aller reconnai Sardar-Abad, forteresse que les Persans venaient construire à cinq lieues d'Etchmiadxin. Il culbuta { sa route un fort parti de Kourdes et arriva de sa persoii à une portée de fusil de la forteresse, où il jeta quelqt grenades. Le commandant en chef Paskevitch ne tai
CHAPITBE HUITIÈME. S73
pas à paraître sor ce terrain. Ce général ayant assuré ses magasins, ses transports et le service de son armée, dont l'effectif s'élevait à 75,000 combattants, se porta rapidement sur Nakhitcbevan, qu'il occupa le 8 juillet, et fit aussitôt investir la forteresse d'Abbas-Abad. Des partis considérables de cavalerie commençaient à se monirer, mais ils se retirèrent bientôt devant les Russes, auxquels une grande partie des populations vint faire ses soumissions.
Pendant que le général Paskevitch faisait le siège d'Abbas-Abad, les Persans rassemblaient des forces im* posantes sur la rive droite de l'Araxe, et Abbas^Mirsa s'avançait en personne à la tète de 40,000 bommes, les meilleures troupes de son armée. Hassan-Kban parvint à le rejoindre avec toute sa cavalerie. Informé de ce mouvement, le général russe marcha* résolument à sa rencontre, après avoir laissé un nombre d'bommes suf* fisant devant Abbas-Abad. L'artillerie et la cavalerie passèrent à gué l'Araxe, l'infanterie le traversa à l'aide d^on pont jeté sur des bourdouks, peaux de bœufs cou* sues et remplies d'air, ingénieux système créé par le général Paskevitch.
Cet habile capitaine , parvenu avec la tête de sa co* lonne sur le champ de bataille , trouva les Persans dans une position avantageuse , débordant son flanc droit et opposant à son aile gauche une masse de cavalerie irré* gulière. Il n'hésita pas à les attaquer. Pendant qu'au moyen d'une charge vigoureuse, les dragons de Nijni- Novgorod, les Cosaques et les uhlans de Borissoglèbe , cimteDaient la cavalerie ennemie , l'infanterie russe parvenait, malgré le feu nourri de l'ennemi, k occuper une position qui dominait le centre de sa position. Abbas<- Mina voyant son aile gauche en déroute, n'opposa plus
TOliS I. t8
t7ft HISTOIRE DE L*6MPEftEI3B SIGOLAS.
de réfistaoce. Poursuivi par las dragaos, les nblanset les Cosaques y il laksa entra les mains des premiers le laineux étendard que les Persans appellent le Vidorieux, et il abandonna avec précipitation une seconde chaîne de hauteurs, sur laquelle il atait lait des dispositions pourse maintenir.
Alors le combat devint une dérouie complète : lactifr lerie persane, poursuivie Tépée dans les retoa jusqu'au ruisseau de Djvan-Boulak, perdit plusieurs officiers sa* périeurSy 5,000 hommes blessés grièwenient et plusieurs drapeaux. Abbas^Mirxa, qui paya bravement de sa personne , faillit être pris par les dragons. Son Tusil et ïér ficier qui le portait tombèrent entre leurs mains.
Le plus grand avantage de cette victoire, c'étaîeot les moyens qu'elle offrait au vainqueur de ponsser avec énergie le siégea la forteresse d'Abbas-Abad. Paslie* vitoh, de retour devant cette place, fit arborer sar sa principale batterie les drapeaux qu'il avait enlevés à l'ennemi, et il envoya un de ses prisonniers poar apprendre à la garnison les détails de la bataille et la sommer ensuite de se rendre. Le commandant Mehoiet- Emine-Khan ayant demandé sans l'obtenir un délai de trois jours, se rendit prisonnier de guerre avec toute la garnison. Le général en chef poursuivit le cours de ses succès jusqu'au 2S septemb^ , époque à laquelle il poussa vigoureusement le siège de Sardar-Abad, qa'il voulait prendre avant de commencer celui d'Erivan.
Celte forteresse, attaquée avec vigueur, sans espérance d'être secourue, se rendit au bout de quatre jours. Dès lors maître de ses mouvements, Paskevitch entreprit sérieusement l'attaque d Erivan , place importante qui avait résisté jusqu'à ce jour aux efforts de ceux qui en avaient tenté la conquête, réputée imprenable, et
GHAPITBE HUITIKISJS. tU
considérée en Asie comme le plus forl beuleverd de la Perse contre la Russie. Pour ne rien livrer au hasard > le général en chef fil ouvrir la tranchée da9s la nuit do 7 au 8 octobre. Six jours après, les travailleurs étaient parvenus à conduire les lignes assez près de la place pour établir des batteries de manière à pouvoir battre en brèche et jeter des bombes, qui causèrent de grands ravages dans la ville. La population, épouvantée déjà par la nouvelle de la prise de Sardar-Abad , était dans la consternation; mais U garnison, forte de 3,000 hommes, résistaîl avec acharnement à toutes les attaques. Enfin , le 13 octobre, le feu des assiégés s'étant affaibli, un balail/on de la garde impériale s'élança résolument sur la brèche au moment ou les habitants imploraient la clémence du vainqueur. La garnison mit aussitôt bas les armes»
Le lieutenant général comte Suchtelen, informé que Hassan-Khan , après avoir en vain essayé de s'évader pendant la nuit, s'était réfugié dans uoe mosquée près du palais du sardar, s'y porta immédiatement avec deux compagnies, et il y irouva, entouré de deux cents hommes prêts à faire feu, Hassan-Khan, qu'il désarma de sa propre main. Pendant ce temps, le lieutenant Tcheupkine trouvait le commandant de la forteresse, Soavan-Kouii-Khan, caché dans un souterrain, et le sous-Jieutenant Léliakine prévenait une immense catastrophe en éteignant une mèche prête à incendier un magasin à pondre. La prise d'Érivan ouvrait auK armées rosses le chemin de la Perse.
Le général en chef, par un ordre du jour adressé à son corps d'armée, lui signala en traits magnifiques les résultats et les trophées de cette campagne :
tt Braves camarades, leur disait-il, vous avez conquis
t76 HISTOIRE DE L'EMPEREUR NICOLAS.
dans cette campagne deux provinces; vous avex pris huit drapeaux, cinquante canons , deux sardars, vingt khans, fait six mille prisonniers, enlevé dix mille hommes qui avaient jelé leurs armes et des provisions considérables.... Voilà les trophées!... »
Ces trophées avaient au total coûté à Tarmée rosse plus de fatigues que de sang. Le reste de la campagne ne sera plus qu'une suite de succès faciles.
L'empereur Nicolas, qui se trouvait h Riga au moment où lui parvinrent avec la nouvelle de la prise d'Erivao les armes personnelles d'Hassan -Khan, envoyées par Paskevitch , adressa aussitôt le rescril suivant au gouverneur général de la ville pour lui annoncer cette heureuse nouvelle et offrir à Riga les armes du chef persan, comme un souvenir de son passage en cette ville et comme un trophée de la nouvelle victoire remportée par ses aigles :
tt Marquis Philippe Ossipevitch,
« Ma première visite dans la ville de Riga après mon avènement au trône vient d'être signalée par l'heurease nouvelle de la prise par mes troupes de l'importante forteresse d'Érivan.
» Désirant laisser à ma chère et fidèle ville de Riga un souvenir de cet heureux événement, je lui donne les armes qui ont appartenu au chef des troupes persanes, Hassan-Khan, fait prisonnier à Erivan, dont il était commandant. En envoyant ces armes, savoir une pique et un poignard, je vous charge de les faire déposer à Thôtel de ville pour y être conservées , et d'informer les habitants de Riga de cette disposition.
i> Votre aifectionné , i» Nicolas, v