‹ Histoire de l'Empereur Nicolas (trente années de règne)Chapitre 99 sur 331 · CHAPITRE XELVIKIIE · texte numérisé non relu

CHAPITRE XELVIKIIE

hommes, est maintenant, après treize heures d'assaut, soumis à vos armes. La plus opiniâtre résistance, l'obsti* nation désespérée de ses défenseurs se jetant devant la mort, tout a cédé à votre courage héroïque.

a Braves guerriers, chaque pas vous a coûté des flots de saag, mais chacun de vos pas a été marqué par des succès et les pertes de l'ennemi. Dans cette journée , TOUS avez enlevé cinq drapeaux, soixante-dix canons, et vous avez fait mordre la poussière à plus de cinq mille ennemis. Je vous exprime ma vive reconnaissance, mes bnives compagnons d'armes. Dans le cours d'une car« rière de vingt-deux ans que j'ai déjà parcourue, j'ai vu beaucoup de courageuses armées; mais je n'en ai pas vu de plus braves dans l'action, de plus patientes dans lesfatjjues de la guerre. Je m'estimerai heureux de pou-^ voir attester devant notre juste et magnanime empereur vos brillants faits d'armes , dont le souvenir passera à la postérité la plus reculée.

» Braves guerriers I honneur et gloire à vous ! i>

Le succès des armes russes en 1828, tant en Europe qu'en Asie, soit sur mer, soit sur terre, l'occupation des deux provinces et d'une grande partie de la Bulgarie et de TAnatoIie, la prise de quatorze forteresses, de 1,200 pièces de canon, de 400 drapeaux, de 30,000 hommes et de 9 pachas faits prisonniers, auraient du convaincre le Sultan de la nécessité de se réconcilier avecl'empire russe. Mais Mahmoud, fatalement inspiré par l'orgueil musulman, doublé du fanatisme oriental, persistait dans son humeur guerrière.

Tandis que les troupes russes prenaient, dès le milieu du mois d'octobre, leurs cantonnements d'hiver en Asie , le Divan se préparait à la reprise des hostilités. La

3S6 HISTOIRK DE L'EMPEBELR NICOLAS.

première partie de k campagne en Europe avait en p( les Russes des succès incontesiables ; toutes lesforler ses qu'ils avaient emportées au pas de course leur^vaii coulé peu de sang, à l'exception de celle de Brailo la victoire les avait conduits au pied des Balkans , jusq soos les murs de Ghoumla, dont la prise devait 1< ouvrir la route de Coostantînople* D'un autre côté; i listrie et Varna se trouvaient assiégés par deax cor d'armée* Routschouk et sa tête de pont étaient sua bloqués, du moins observés par une colonne sous ordres du général Korniloff, et la petite Vatacbie trouvait occupée par le baron de Geismar avec une fo division. Les Turcs , partout sur la défensive , et malj quelques avantages de cavalerie , faibles compensatii à leurs désastres , ne pouvaient résister que derrière i retranchements qui, tombant devant le courage dis pliné des Russes , pouvaient d'un instant à l'autre livi le sort de l'empire ottoman dans les plaines d'And nople.

Telle était la position militaire des Russes à la fin juillet; mais la disette des vivres d'une part^ et la pc qui d'antre part avait réencombré les hôpitaux, ce pliquaient singulièrement cette position. Les habita des principautés, qui d'abord avaient accueilli les Rus en libérateurs, fuyaient maintenant un pays dévasté; riches se retiraient sur le territoire autrichien pou cacher les débris de leurs fortunes; les pauvres se ri giaient dans les forets pour y partager avec les animi la vile piture qu'ils leur disputaient. Aussi les opérati< militaires étaient poussées avec moins de vigueur. ] premiers jours du mois d'août furent même signalés des succès de résistance qui les ralentirent davant sous les murs de Choumia et de Varna; mais les réseï

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