CHAPITRE Vffl
Ferdinand III.
De 1637 à 1657.
Ferdinand JJJ, qui avait déjà été couronné roi de Hongrie , de Bohème , comme aussi roi des Romain» du vivant de son père, lui succéda dans tous les Etais héréditaires de la Maison d'Autriche. L'avènement de ce prince remplit l'Allemagne et toute l'Europe de joyeuses espérances. La douceur, la tolérance et la justice étaient dans son caractère. Il avait appris à connaître par sa propre expérience tout ce que les pays avaient à souffrir par le double fléau de la guerre intestine et de la guerre étrangère qui les affligeait. On pouvait par conséquent attendre, que Ferdinand chercherait avant toutes choses i rendre la paix à ses États et à l'Empire. Mais les grandes difficultés qu'avaient amoncelées une haine centenaire de religion et une lutte de presque vingt ans s'opposèrent à la bonne volonté du monarque.
J'ai déjà rapporté , que le général suédois Banner, après avoir été expulsé de la Saxe, s'était, en juillet 1637, retiré devant la supériorité des Impériaux jusqu'en Poméranie. Ce n'était pas la crainte seule de s'engager dans un combat inégal qui avait causé cette marche rétrograde ; les vues politiques de la Suède sur laPoméranie, vacante par la mort du duc Bogislas XIV (10 mars 1637), y avaient beaucoup contribué. L'électeur de Brandebourg avait, en vertu d'anciens traités, déjà reçu antérieurement
dommage éventuel de la Poméranie; mais le gouvernement suédois prétendait, qu'il était autorisé par Tal~ fiance conclue en 1630 avec le duc Bogislas, à occuper ce pays jusqu'à ce que le droit encore contesté du Bran* debourg sur la succession de la Poméranie eût été définitivement décidé, et qu'on eût indemnisé la Suède des dépenses qu'elle avait faites pour soutenir les Protestants, [j'électeur de Brandebourg se disposait déjà à prendre possession de l'héritage; mais les grands préparatifs que àîsaient les Suédois pour s'y opposer, engagèrent Féleceur à ne pas insister pour le moment sur ses droits, et à aisser la Poméranie entre les mains dès Suédois, qui lominaient sur ce pays et en percevaient les revenus.
A la fin du mois de septembre, Banner envahit parla Nouvelle -Marche la Silésie; sur quoi le comte Gallai ivec les Impériaux se retira de la Poméranie dans la kf arche. Cependant, dans le cours du mois d'octobre, jSallas pénétra de nouveau en Poméranie, conquit Usedom, EVolgast et Demmin, laissa des garnisons suffisantes lans les places fortes, et prit ensuite ses quartiers d'hiver lans le Mecklembourg et la basse Saxe; Banner reourna dans la Poméranie postérieure. Dans le reste de 'Allemagne, la fortune abandonna également les Suédois, ls perdirent les places sur l'Havel , puis Dœmitz, Lunetourg et Halle avec le château de Moritzbourg. Le duc Georges de Lunebourg se déclara contre eux , et le duc le Mecklembourg paraissait vouloir suivre cet exemple. Lie duc Bernard de Weimar opérait en ce temps-là avec in corps particulier, qui ne dépendait point des ordres les Généraux français , sur les deux rives du Riiin. Il conquit une partie du comté de Bourgogne et défit, le 24 uin 1637 , le duc Charles de Lorraine près de Besançon. Dépendant sur la rive droite du fleuve, Jean de Werth, général de la Ligue , reprit Ëhrenbreitstein et toutes les batteries sur le rivage.
Le général Banner ayant reçu, an mois de juin 1638, de la Suède un renfort de 14,000 hommes , bien pourvu de munitions de guerre , expulsa les troupes impériales, épuisées par le besoin et les maladies, de la Pomérairie, enleva, le 15 juillet, aux Brandebourgeois Gara-surrOder et remporta encore des avantages sur Gallas dan le Afecklembourg; ce qui obligea ce Général à faire repasser l'Elbe à ses troupes et à se retirer, au mois de novembre, en Silésie et en Bohème. Les princes du Palatinat du Rhin, Charles-Louis et Robert, avaient enrôlé avec des subsides anglais un corps d'armée, qu'ils réunirent à la division suédoise du général King en West* phalie, où il commencèrent le siège de Lemgo. Es Aral battus , le 17 octobre , par le général impérial comte de Hatzfeld près de Vlotho-sur-le-Weser, et le prime Robert fut fait prisonnier. Charles -Louis et Kmg s'e* foirent à Minden, et plus tard en Angleterre.
Bernard de Weimar quitta dès le mois de janvier 1638 les quartiers d'hiver, qu'il avait pris dans Févécfcé de Bâle, se rendit maître de Waldshut, de Seckingea et de Laufenbourg, et assiégea Rhinfeld. Il est vrai que les généraux impériaux Savelli et Werth, par le combat qu'ils lui livrèrent le 18 février , près du fort de Buckes (Beucken), l'obligèrent à lever ce siège; mais ils furent surpris , le 21 du même mois , par le duc Bernard dans leur camp près de Rhinfeld , vaincus et faits prisonniers avec les généraux Enkefort et Sperreuter et plus de 2000 hommes. Le duc de Rohan, qui était revenu de la Valteline , prit part à ce combat , et mourut des suites de ses blessures. La chute de Rhinfeld , de Rhœteln et de Fribourg fut le résultat de cette victoire. Ensuite Bernard, qui avait été renforcé par des troupes françaises soos Turenne et Guébriant , assiégea Brisac, repoussa, le 10 août près de Winterweier, le général impérial Gœte qri
'hommage éventuel de la Poméranie; mais le gouverement suédois prétendait, qu'il était autorisé par Tal~ Iance conclue en 1630 avec le duc Bogislas, à occuper e pays jusqu'à ce que le droit encore contesté du Branebourg sur la succession de la Poméranie eût été définiivement décidé, et qu'on eût indemnisé la Suède des dépenses qu'elle avait faites pour soutenir les Protestants, /électeur de Brandebourg se disposait déjà à prendre ossession de l'héritage; mais les grands préparatifs que lisaient les Suédois pour s'y opposer, engagèrent Télec- Bur à ne pas insister pour le moment sur ses droits, et à lisser la Poméranie entre les mains dès Suédois, qui om in aient sur ce pays el en percevaient les revenus.
A la fin du mois de septembre, Banner envahit parla Nouvelle -Marche la Silésie; sur quoi le comte Gallas vec les Impériaux se retira de la Poméranie dans la f arche. Cependant, dans le cours du mois d'octobre, îallas pénétra de nouveau en Poméranie, conquit Usedom, iVolgast et Demmin, laissa des garnisons suffisantes ans les places fortes, et prit ensuite ses quartiers d'hiver lans le Mecklembourg et la basse Saxe ; Banner reourna dans la Poméranie postérieure. Dans le reste de Allemagne, la fortune abandonna également les Suédois, ls perdirent les places sur l'Havel, puis Dœmitz, Luneourg et Halle avec le château de Moritzbourg. Le duc ïeorges de Lunebourg se déclara contre eux , et le duc le Mecklembourg paraissait vouloir suivre cet exemple, je duc Bernard de Weimar opérait, en ce temps-là avec n corps particulier, qui ne dépendait point des ordres es Généraux français , sur les deux rives du Bhin. Il onquit une partie du comté de Bourgogne et défit , le 24 lin 1637, le duc Charles de Lorraine près de Besançon. Cependant sur la rive droite du fleuve, Jean de Werth, ;énéral de la Ligue , reprit Ehrenbreitstein et toutes les latteries sur le rivage.
Le duc Bernard de Weimar s'était dirigé , après la prise de Brisac, vers la Franche-Comté et la Bourgogne. En hiver 1638-1639, il s'empara de Landskroo, de Pontarlier et de Château - de - Joux, retourna ensuite en Alsace, battit les Lorrains, et enleva aux Impériaux Than, leur dernière place forte en Alsace. Le cardinal Richefiett avait prié le duc de remettre Brisac aux Fra»çais , ptnr être occupé par eux. Mais Bernard n'eut garde de confier cette clef de l'Allemagne à des mains étrangères. Il paraissait même qu'il avait l'intention de garder pour lui l'Alsace, le Brisgau, l'Orténavie, la Forêt- Noire, ainsi qne ses autres conquêtes dans les contrées du Rhin , et qiH destinait ces pays pour noyau d'un nouvel Etat indépendant, qu'il se proposait d'étendre autant que possible. Par conséquent la Cour de France lui retira les subsides qu'elle lui avait payés jusqu'alors. Bernard avait dessein d'attaquer en été 1639 la Bavière dans ses propres limites, afc d'empêcher l'électeur de rien entreprendre contre le général Banner qui, comme on sait, opérait dans ce temps -là en Bohème. Mais il tomba subitement malade à Neaetbourg, et mourut le 16 juillet 1639.
Le frère aîné de Bernard, le duc Guillaume, fut
péché par la paix de Prague , i laquelle il avait
de s'approprier l'armée et les conquêtes du défunt. Le prince
palatin Charles -Louis, qui accourut d'Angleterre pov
s'attribuer Ton et l'autre , fut arrêté dans son voyage par
la France à Moulins, et tenu prisonnier a Vïncennes jw-
qu au mois de mars 164a Le Cabinet français avait em-
H°.>é cet artifice pour tenir le prince éloigné de la dite
••■***> Ou 1«* **> des troupes weimaroises, gagnés pir
k* ff^s*^ #0**V*m*sses du duc de Longueville, re-
****> k <v ^p***1**^ leurs troupes , la forteresse de
•******! ^^»«i^«»qnèies à la France.
de Bohème , montré an tel manque d'activité et d'énergie, que l'Empereur conféra le commandement en chef à sort frère, V archiduc Léopold -Guillaume , grand-maître de Tordre Teutonique. Ce prince , à la tête d'une armée de 30/XX) hommes, rassemblée en Bohème, commença les opérations en février 1640. Collin fut emporté d'assaut ; on franchit l'Elbe et enleva Chrudim et Kœniggrtetz. Banner «t Kœnigsmark avaient pris position près de Bunzlau. LT Archiduc leur présenta le combat. Mais ils se retirèrent par Leitmeritz dans les montagnes, et vers la fin de mare enMisnie. Les places fortes, encore occupées par les Suédois, Tetschen, Tœplitz et Hauenstein, se rendirent bientôt après. Le général Gœtz conduisit alors une partie de l'armée impériale en Lusace et en Silésie, pour purger aussi ces provinces d'ennemis. Le 4- avril, les généraux suédois Wittenberg et Pfuhl furent battus près de Plauen. Par suite de ce combat , Banner continua sa retraite jusqu'en Thuringe. Dans le voisinage d'Erfort, les troupes franco-weiraaroises, sous Longueville et Guébriant, se réunirent aux Suédois, et Banner reçut des renforts de la part de la landgrave douairière de Hesse - Cassel , ainsi que du duc de liunebourg, qui avait de nouveau déserté le parti de l'Empereur ; par où l'armée suédoise s'accrut à 40,000 cornbattants. Piccolomini observait avec un corps d'armée, posté près de Saalfeld, les mouvements de Banner. Au mois de mai, ce Général se mit en marche sur Saalfeld. Plusieurs*' combats partiels eurent lieu; Banner n'entreprit aucune attaque générale contre l'excellente position de Piccolominir et F épuisement des vivres et du fourrage le contraignit, le 10 juin, à se retirer. Il prit son chemin par la forêt de Thuringe vers la Franconie, dans la vue de couper les Bavarois, qui s'étaient séparés des Impériaux et marchaient également en Franconie, et de les anéantir par sa supériorité. Mais Piccolomini et le chef des Bavarois , Mercy,
pénétrèrent le dessein du Général suédois, et surent le déjouer par de prompts et habiles mouvements. Ils se réunirent, encore une demie journée avant que Baaner fût arrivé à Neustadt-sur-la-Saale, dans une position ai forte , que Banner n'osa l'attaquer. E se retira par conséquent dans la liesse, et se retrancha dans le camp entre Wildungen et Ziegenhann. Piccolomini , qui Tarait de nouveau suivi, alla camper près de Fritalar, i une distance de deux milles de l'ennemi. Les deux armées restèrent en présence jusque dans l'arrière - saison, inscrives et éprouvant une égale disette de vivres. À la fin cependant Banner, à qui tout avait mal réussi dans cette campagne , eut plus de bonheur dans ses dernières opérations. Piccolomini se proposait de conduire ses troupes affamées dans le Brandebourg, et de les y mettre en quartiers d'hiver. Mais Banner le prévint; il gagna Hœxter avant lui, et empêcha par ses dispositions le Général autrichien de passer le Weser; Piccolomini se vit alors obligé de faire cantonner ses troupes dans la Franconie, tout épuisée; et Hatzfeld répartit les siennes dans les pays de Juliers, de Cologne et les terres voisines.
Les souffrances de l'Allemagne croissaient chaque année, tandis que des bandes étrangères avides, qm s'appelaient alliés, s'enrichissaient aux dépens de ce malheureux pays. Fatigués des maux terribles qui les accablaient, les princes et les États d'Allemagne demandèrent la convocation d'une Diète générale, qui pût enfin, par de sages mesures, mettre un terme aux hostilités. En conséquence, les électeurs tinrent, en janvier 1640, une assemblée à Nuremberg. L'Empereur rendit, par l'organe de ses envoyés, les princes attentifs sur le véritable et unique moyen de mettre fin à la misère de l'Empire : la réunion de tous les Allemands avec leur chef suprême contre les ennemis ouverts de V Allemagne , contre les
aides intrus intéressés et contre les États révoltés qui adhéraient à leur parti. Le roi Chrétien IV de Danemark offrit sa médiation. Encore au mois de septembre l'Empereur ouvrit une Diète générale & Ratisbonne. Les principaux objets de la délibération furent : le rétablissement de la paix, en attendant, la vigoureuse continuation de la guerre , enfin le relèvement et l'amélioration de la Chambre impériale. L'Empereur accorda à tous les princes rebelles et alliés avec les ennemis de l'Empire des saufconduits pour eux-mêmes, ou pour leurs plénipotentiaires, afin qu'ils pussent prendre part aux négociations préalables relativement à la pacification. Le congrès devait être ouvert à Lubeck ou Hambourg. Le roi d'Espagne fut prié de donner aussi un pareil sauf-conduit aux ambassadeurs hollandais, et le roi Chrétien IV invita la reine de Suède à envoyer des plénipotentiaires au congrès.
Sur plusieurs autres points les sentiments des princes d'Allemagne étaient fort divisés. Les Protestants demandaient une amnistie générale et illimitée, tandis que Ferdinand et les Etats catholiques ne voulaient l'accorder qu'avec les restrictions stipulées par la paix de Prague. On n'était pas entièrement d'accord non plus sur les cantonnements à assigner aux troupes impériales pendant l'hiver 1640-1641; car les pays choisis à cet effet, la Westphalie et la Franconie , cherchèrent par d'instantes représentations à se délivrer de ce fardeau. Le moins se fit pour l'augmentation de l'armée germanique. On estimait le nombre des troupes existantes effectivement à 40,000 hommes, moitié cavaliers, moitié fantassins. Cette armée devait, d'après la demande de l'Empereur, être portée au double, et consister en 55,000 hommes d'infanterie et 25,000 hommes de cavalerie. Cependant, comme c'était à la Diète de procurer les fonds nécessaires pour l'entretien de ces troupes , la plupart des États cherchèrent,
sous prétexte de leur impuissance absolue, à s'exempter du payement de leur quotité; et les conférences, après avoir duré presque une année entière, eurent pour résultat final , qu'où accorda des secours non-seulement beaucoup trop tardifs, mais aussi si peu considérables, qull fat impossible de mettre sur pied une année germanique, capable d'imposer du respect aux ennemis.
Pendant qu'on délibérait àRatisbonne sur les moyens de mettre fin à cette longue et cruelle guerre , le général suédois Banner avait exécuté une entreprise hardie et décisive. Il quitta, en décembre 1640, les quartiers de rafraîchissement dans les pays de Brandebourg et de Luneville, marcha vers laThuringue, se dirigea ensuite par Neustadt-sur-1'Orla, où le maréchal Guebriant avec le ci -devant corps weimarois le rejoignit, par le Haut-Palatinat et arriva, le 17 janvier 16M, devant Ratisbonne. La Diète, consternée, voulait se sauver par une prompte fuite. L'Empereur seul resta calme au milieu des dangers qui l'entouraient. Déployant ce courage et cette fermeté qui le distinguait si éminemment, il déclare qu'il est décidé à défendre la ville jusqu'à la dernière extrémité. Il communique son intrépidité aux membres de la Diète. L& terreur disparait. Ferdinand fait fermer les portes, abattre les ponts et tout préparer, pour opposer une vigoureuse résistance. On envoya des courriers en Souabe et ea Franconie , pour porter Tordre aux troupes , cantonnées dans ces contrées, de se rassembler incontinent dans les environs d'ingolstadt. Le plan de Banner était de cerner sur les deux rives du Danube Ratisbonne , dépourvue de vivres, et de couper les transports à la ville. Il espérait la réduire, avant que les Impériaux eussent réuni une force suffisante pour délivrer la place. L'exécution de ce projet dépendait de la possibilité de traverser le fleuve qui avait gelé, et d'achever l'investissement sur la rive droite.
Effectivement une division dé plusieurs centaines de cavaliers avait déjà passé le Danube sur la glace. Mais le fleuve ayant commencé à dégeler le même jour où Banner parut devant la ville , tout passage ultérieur devint impraticable; ce qui, joint à l'approche des troupes impériales qui s'étaient rassemblées près de Kehlheim et s'avançaient sur Ratisbonne , engagea les Suédois à se retirer le lendemain , après avoir tiré quelques coups de canon sur la ville.
Banner voulait se diriger vers la Bohème; mais Guebriant se sépara de lui , et marcha par Nuremberg vers le Mein. Le 21 janvier, le Général suédois occupa Charn , et mit ses troupes en quartiers dans cette ville et les environs. Ses patrouilles faisaient des courses jusqu'à Deckendorf et Passau. Au mois de mars , Piccolomini s'avança à marches forcées vers les quartiers du général Banner , qui s'échappa par Egre et Annaberg à Zwickau en Saxe. Le colonel Schlange resta avec 4000 hommes près de Neustadt dit vor dem Walde, sur la rivière de Sclrwarzach, et couvrit la marche de Banner, en arrêtant les Impériaux pendant quatre jours , au bout desquels seulement il se rendit. Alors Guebriant alla de nouveau rejoindre Banner à Zwickau. Les deux corps se postèrent derrière la Saale , près de Mersebourg et Weissenfels et se virent, dès le 14 avril, obligés de défendre le pont près de ce dernier endroit contre les attaques des Impériaux. L'armée impériale marcha, le long de la Saale à côté de Halle, à Bernbourg et y franchit le fleuve. Banner se mit alors aussi en marche vers Halberstadt, où la mort le surprit le 10 mai. Le duc Georges de Lunebourg avait également cessé de vivre, le 2 avril 1641.
Les généraux Pfuhl , Wrangei et Wiltenberg prirent le commandement par intérim de l'armée suédoise,
qui comptait encore 18,000 hommes. Les ducs de Bru» wick assiégèrent Wolfenbuttel. Comme l'archiduc Léo»j pold et Piccolomini s'approchaient pour dégager la vilty les Suédois et Guebriant avec sa division marchera* d'Halberstadt sur Wolfenbattel. Le 19 juin, les des armées vinrent à se. choquer. Les Impériaux furent repoussés. Pendant qu'on continuait le siège de Wolfetf» buttel , le duc Auguste de Brunswick entama des négociations avec l'archiduc Léopold, et les Hessois déclarèrent vouloir retourner chez eux. Les Impériaux marchèrent , vers la fin du mois d'août, de nouveau 9Ê Wolfenbuttel, pour forcer les Suédois à en lever le siège. En effet ces derniers se retirèrent , le 2 septembre , dut le pays de Hildesheim, et les Impériaux occupèrent pksieurs villes de cette contrée. Vers la fin de cette annéej le général suédois Stallhontsch fut chassé de la Siléae, et se rendit avec ses troupes dans la Notavelle-Marcbe.
Dans les Pays-Bas, où les Espagnols et les Français s'étaient fait jusqu'ici la guerre avec des succè* variés , les ducs de Soissons et de Bouillon, réunis ai général impérial Lamboy , vainquirent le maréchal Chatillou près de Sedan. Mais le duc de Soissons périt dans le combat, et le duc de Bouillon se vit contraint à se soumettre à la France. De la même manière le duc de Lorraine conclut avec cette Puissance un dur traité, par lequel il fut obligé de recevoir de la grâce de Louis XIII la plus grande partie de pays qu'il avait perdus, comme fiefs de la couronne de France. La Catalogne s'étant révoltée, se soumit, le 23 janvier 1641, à la domination française , ce qui fut un rude coup pour la monarchie espagnole. Cette Puissance perdit aussi à cette époque le Portugal, dont elle était depuis soixante ans en possession* La Maison de Bragance s'empara de nouveau de la souveraineté de ce royaume, et Jean IV conclut, le 1 jw»
€41, une alliance avec la France et la Suède. En Italie, 5 général Harcourt acheva la réduction du Piémont par t conquête de Cunéo. Le 30 juin 1641 , un nouveau raité avait été conclu entre la France et la Suède.
La mort de l'électeur Frédéric de Brandebourg (20 ovembre 1640} fut un événement très -fâcheux pour Empereur. L'électeur avait, depuis son accession à la paix !e Prague, fort vigoureusement soutenu Ferdinand III. lYédéric-Guillaume, son successeur, voulait s'affranchir, niant que possible , des engagements que son père avait ontractés envers l'Empereur, et maintenir une certaine dépendance, qui n'était pas compatible avec ses devoirs omme vassal de l'Empereur et électeur. Quoique la uestion poméranienne , ce tison de discorde entre lui et % Suède, ne lui permît point d'être l'ami sincère de cette Puissance qui aspirait à la possession de la Poméranie,
entra néanmoins avec les Suédois dans de tels rapports, u'une indemnité suffisante lui fût assurée, en cas que la tanéranie restât perdue pour le Brandebourg.
La Diète de Ratisbonne produisit cependant à la fin uelques résultats désirés et propres , comme on pouvait spérer, à l'accélération de la paix. Le 20 août 1641, Empereur accorda aussi une amnistie pour tous les États ui n'avaient pas accédé à la paix de Prague. On leur romit la pleine restitution à l'égard des biens temporels
compter de l'année 1630, et à l'égard des biens eclésiastiques depuis le 12 novembre 1627. Toutefois Btte restitution ne devait avoir lieu , qu'après que tous ïs États se seraient effectivement réunis au chef de Empire. Les coupables parmi les États et sujets des sys héréditaires de l'Autriche restèrent seuls exceptés e l'amnistie, et l'affaire du Palatinat fut réservée à une égociation particulière. Le recez de l'Empire du 10 oc* bre confirma cette amnistie, et désigna les villes de
Munster et d'Osnabruck pour la tenue «Ton congrès de pacification. La Diète accorda à l'Empereur cent et vingt mois romains pour la continuation de la guerre ; mais de cette grande somme peu fut réellement payé.
. La France et la Suède avaient accepté l'ouverture d'une conférence à Hambourg, pour arrêter les conditions préliminaires de la paix. Le 25 décembre 1641, les préliminaires furent signés par le plénipotentiaire de l'Empereur, Conrad de Lutzow, par l'ambassadeur de France, Claude d'Avaux, et par l'envoyé de Suède Salvius, et oi fixa l'ouverture du congrès à Munster et à Osnabruck aa 25 mars 1642. Ces deux villes devaient, pour le temps des conférences , être déclarées neutres et dispensées de leurs devoirs envers l'Empereur et l'Empire, ou envers qui que ce fût. L'Empereur refusa pendant longtemps m ratification, après avoir fait relever son ambassades Lutzow, qui avait outre-passé ses pouvoirs, par le conte Weikhard d'Auersberg. Ensuite on essaya d'engager la Suède à des négociations séparées, parce qu'on était convaincu que la France ne désirait point la paix et entraverait par conséquent tout rapprochement. Mais comme ces efforts bienveillants n'eurent point le succès désiré, que la Suède faisait cause commune avec la France, et que Louis XIII avait déjà fait expédier, le 26 février 1642, son acte d'adhésion, l'Empereur signa également la ratification, le 22 juillet de la même année.
Pendant ces négociations , les hostilités avaient été continuées avec une grande activité. Le général Léonard Torstensohn avait pris le commandement de Tannée suédoise, qui s'était portée, dans l'arrière - saison 1611, de Saretœdt à Winsen-sur-r Aller. Elle reçut de la Suède «n renfort de 8000 hommes. Guebriant se sépara alors des Suédois. Il marcha avec son corps franco - weimarois m 'elà du Wesel sur le territoire de Cologne, où Ebeitfca
avec les Hessois se joignit & lui. Ensuite ces Généraux défirent, le 17 janvier 1642, le corps sous Lamboy dans la plaine appelée Kempener - Haide. Guebriant occupa la plus grande partie de l'archevêché de Cologne et du duché de Juliers. Torstensohn marcha, en avril 1642, par la Vieille-Marche en Silésie, prit Gross-Glogau d'assaut, assiégea Schweidnitz et vainquit, le 31 mai, le général des Impériaux François -Albert, duc de Saxe- Ijauenbourg, qui voulait renforcer la garnison. Le duc mourut, le dixième jour après, des suites de ses blessures. Schweidnitz, Neisse et Troppau tombèrent au pouvoir des Suédois. Alors Torstensohn pénétra en Moravie et conquit Olmutz , le 15 juin; mais il retourna bientôt en Silésie, où il enleva Oppeln de vive force, et fit le siège de Brieg. A rapproche de l'archiduc Iiéopold et de Piccolomini, qui s'avançaient au secours de la place, Torstensohn s'éloigna de la Silésie et marcha, le long de l'Oder, à Guben où il se réunit, au mois d'août, avec les troupes que le général Wrangel avait amenées de la Suède. Le 2 septembre, Torstensohn dégagea Gross-Glogau, assiégé par les Impériaux, et forma alors le projet d'envahir par la Lusace la Bohème. Mais ce plan ne réussit point. 11 est vrai que Torstensohn prit Zittau ; mais les Impériaux évitèrent le combat, et surent arrêter Torstensohn de manière, que le manque de vivres le contraignit enfin à se retirer vers l'Elbe, Il passa ce fleuve près de Torgau et commença, le 17 octobre, le siège de Leipzig. Mais l'archiduc Léopold et Piccolomini s'étant avancés par Dresde et Meissen vers la place assiégée, Torstensohn êe retira dans la plaine de Breitenfeld. Là, il vainquit, le 2 novembre, l'armée impériale et commença ensuite pour la seconde fois le siège de Leipzig, qui se rendit le 28 du même mois. Dans les derniers jours de Tannée , Torstensohn entreprit , malgré l'hiver rigoureux , encore le
siège de Freiberg. Le manque de provisions et l'arrivée de Piccolomini près de Dippoldiswalde rengagèrent, es février 1643, à se retirer par Strehle et Elsterwerda vers l'Oder.
Dans les Pays * Bas , les maréchaux Harcourt et Grammont avaient été défaits, le 26 mai 1642 à Honaeeourt y par le général espagnol Don Francesco de Mello, sans que celui-ci eût tiré de grands avantages de sa victoire. Louis XIII assista lui-même, au moi de mai, au siège de Perpignan, qui se rendit le mois de septembre suivant. Les princes de Savoye se réconcilièrent par un traité , conclu le 1 juin , avec la France , et le prince Thomas se mit avec le duc de Longueville à la tête de l'armée française qui attaqua le duché de Milan, et conquit Tortone. Le 4 décembre, mourut le cardinal Richelieu. Le cardinal M azarin le remplaça dans la dignité de premier - ministre. Le roi Louis XIII ayant aussi terminé sa carrière, peu de temps après (14- mai 16433, 1a reine Anne prit la régence pendant la minorité de son fils Louis XIV , successeur au trône. •
Au mois de février 1643, le général Torstensoho pénétra de Francfort -sur- TOder en Lusace, et après avoir détaché Kœnigsmark en Franconie , il marcha par la Silésie en Bohème. Il se dirigea par Turnau sur Leilmeritz et franchit ensuite PElbe entre Brandeis et Melnik. Gallas, qui avait repris le commandement en chef de l'armée impériale, était campé près de Kœnigsgratz. Il refusa à Torstensohn , qui avait passé à côté de Prague et s'était avancé par Colin jusqu'à Chrudim , la bataille que celui - ci lui présentait. Torstensohn se dirigea alors vers la Moravie. Il y conquit Kremsier et plusieurs autres places, attaqua, il est vrai , Hradisch et Brunn sans succès, mais répandit, de sa forte position près de Tobitschau sur la Morave , l'épouvante sur tout le pays. Ses
troupes légères firent des courses jusque devant Vienne» Sur le baut Rhin Guebriant reçut , au mois d'avril , des renforts de la France , ce qui n'empêcha point , qu'il ne fut forcé par les Bavarois et les Lorrains à se retirer au delà du fleuve en Alsace. Mais le duc d'Enghien s'étant joint avec 8000 hommes au Général français, celui-ci passa, en octobre, de nouveau le Rhin et enleva, le 9 novembre , Rothweil où . les Bavarois avaient leurs principaux magasins. Guebriant mourut des blessures qu'il avait reçues pendant le siège de cette ville. Le corps franco-weimarois ayant essuyé une grande perte tant par la désertion et les combats, que par la rigueur de la saison et la disette de vivres, les généraux Rosa et Ranzau le conduisirent àDutlingen-sur-le-Danube pour se refaire) mais ces troupes furent surprises , le 24 novembre, dans leurs quartiers par les généraux Mercy, Hatzfeld et Jean de Werth , et enveloppées de toutes parts. Le 25 novembre capitulèrent 7000 hommes à Dutlingen , le jour d'après 2000 à Rothweil. L'artillerie et le bagage tombèrent entre les mains des Impériaux. En Flandre le général Don Francesco de Mello , qui avait , au mois de mai 1643 , assiégé Rocroy en Champagne , fut vaincu, le 19 du même mois , par le duc d'Enghien qui enleva, le 10 août, Thionville, et le 2 du mois suivant Sirk-surla -Moselle. En Italie commandait, sous le prince Tho-» mas deSavoye, d'abord le vicomte de Turenne, plus tard du Plessis Praslin. Les Espagnols conquirent Torlone, les Français Asti. En Catalogne le maréchal de la Mothe - Houdancourt remporta des avantages sur les Espagnols, et le duc de Fronsac défit leur flotte non loin de Carthagène.
Sur ces entrefaites , le roi d'Espagne avait également ratifié les préliminaires de Hambourg. Le 2 avril 1643 , tous les actes de ratification des Etats contractants
forent échangés à Hambourg , et l'ouverture du congrès à Munster et à Osnabruck fixée au 11 juillet de la même année; mais elle n'eut, comme nous verrons, effectivement lieu qu'au mois de juin de Tannée 1645.
Chrétien IV, roi de Danemark, s'était principalement chargé de la médiation de la paix, afin de garder en mains les moyens d'empêcher que les Suédois n'acquissent point des pays en Allemagne, Cette intention se prononça déjà clairement dans le congrès de Hambourg , et amena une rupture entre la Suède et le Danemark. Le manifeste, qui ne parut que le 16 janvier 1644, allégua toutefois pour motif de cette guerre , les vexations que les Danois s'étaient permises , à ce qu'on prétendait , dans les péages du Sund envers les navires suédois. Sur la fin de septembre 1643, Torstensohn avait quitté la Moravie, et s'était porté par la Silésie en Saxe. D'ici ce Général se dirigea par le Brandebourg et le Mecklembourg vers les frontières danoises. Sans avoir auparavant déclaré la guerre, Torstensohn innonda le Holstein et le Jutland, tandis qu'un autre corps d'armée envahissait le pays de Schonen. Au bout de peu de semaines, les Suédois s'étaient rendus maîtres de toutes les possessions danoises sur le continent. Si les Beltes avaient été gelées cette annéelà, Torstensohn aurait certainement attaqué aussi les îles. La flotte danoise périt près de l'île de Femern. Kœnigsmark tenait en échec le prince danois Frédéric, évéque de Brème , qui se vit empêché par là de marcher au secours de son père.
L'Empereur forma, au commencement de 1644, le dessein de faire couper les Suédois , qui avaient pénétré dans le Jutlande. La force militaire, rassemblée en Bohème , fut divisée en plusieurs corps. lie général Gœtz partit avec une division pour la Hongrie; un deuxième corps devait assiéger Olmutz, un troisième couvrir la
Silésie , tandis que Gallas avec Tannée principale pénétrerait dans le Holsteiii sur les derrières de Torstensohn, et que Hatzfeld attaquerait Kœnigsmark. Mais cette entreprise fut exécutée par Gallas avec une extrême tiédeur. Ce ne fut que vers la fin du mois de mai qu'il se mit commodément en marche, et n'arriva qu'en juillet dans le pays de Holstein, où il prit Kiel, se réunit aux Danois et voulut, par l'occupation des défilés près de Schleswig, couper à Torstensohn sa ligne de retraite. Mais cet habile et vaillant Général marcha, au mois d'août r par Rendsbourg à côté du camp de Gallas sans que celui-* ci osât l'attaquer, vers Ratzebourg. Gallas abandonna les Danois dans leur pays , et revint en toute hâte avec ses troupes aux bords de l'Elbe. Sur son passage près de Lauenbourg, son arrière-garde fut fort pressée par les Suédois. Gallas assit alors son camp près de Bernbourg et s'y retrancha. Mais Torstensohn franchit, en septembre, l'Elbe près de Boitzenbourg , et se réunit dans les environs d'Halberstadt avec Kœnigsmark. Il marcha ensuite dans le voisinage de la position des Impériaux , et menaça de couper Gallas de la Bohème. Enfin vers le milieu de novembre, Gallas se mit en marche vers Magdebourg. Là, il fut entouré par les Suédois, et sa cavalerie, qui voulait se frayer un passage vers la Silésie , fut vaincue et dispersée dans les environs de Juterbock. Kœnigsmark observa Gallas dans Magdebourg. Torstensohn prit ses quartiers d'hiver en Saxe. La disette dans le camp de Gallas augmenta à un tel point qu'il se mit, le 23 décembre, également en marche avec son infanterie, et reprit par Wittenberg et Dresde le chemin de la Bohème. En Moravie l'attaque des Impériaux sur Olmutz avait manqué. Mais en Silésie ils enlevèrent Schweidnitz, Oppeln, Wohlau et d'autres places aux Suédois.
Afin de relever la réputation des armes françaises,
déchue par la défaite près Dutlingen, Tarenne amena, an printemps 1644 , des troupes fraîches au Rhin , et prit le commandement de l'armée qui y était en cantonnement Mais elle était encore si peu nombreuse, qu'elle ne fut pas à même d'empêcher les mouvements du général bavarois Mercy qui se rendit, le 28 juillet, maître de Friboorg. Cependant, après que Tannée française eut été renforcée par le duc d'Enghien, et qu'elle fut portée à 22,000 hommes, elle prit l'offensive. Le 3 août, les Français expulsèrent les Bavarois de leur camp retranché près de Fribourg. Deux jours après, ils attaquèrent ces derniers dans leur seconde position sur les montagnes, derrière Fribourg; mais ils furent repoussés, après un combat opiniâtre et sanglant. Comme les Bavarois avaient perdu beaucoup de monde dans ces deux journées, qu'ils étaient fort pressés par la faim dans les montagnes ci -dessus nommées, et qne l'armée française manoeuvrait sur leurs derrières, le baron de Mercy se retira, quelques jours plus tard , à Rottenbourg-sur-le-Necker. Cependant Fribourg resta occupée par une forte garnison. Les Français alors conquirent Manheim, Spire, Philipsbourg, Worms, Mayence , Landau et plusieurs autres places. Mercy attendit dans le camp près de Neckars-Ulm le corps impérial de Hatzfeld. Mais ce Général arriva si tard avec ses troupes que les Français, pour cette année, ne pouvaient plus être arrêtés dans leurs conquêtes.
L'armée française en Flandre, sous le duc d'Orléans, conquit Gravelines et plusieurs autres places, et le prince d'Orange avec les Hollandais s'empara de Sas-de-Gand. Piccolomini n'ayant point des forces suffisantes à opposer aux Français, dut se restreindre à les empêcher de pénétrer pins avant dans l'intérieur des Pays - Bas. En Italie
aucun événement d'importance n'eut lieu pendant cette campagne.
Je reprendrai à présent l'histoire de Hongrie depuis Tannée 1637, où Ferdinand III prit le gouvernement de ce royaume.
La première Diète que Ferdinand III convoqua à Presbourg dans les derniers mois de l'année 1637, donna à la partie protestante des Etats l'occasion de demander l'exercice libre de son culte , la restitution des églises dont on l'avait dépossédée etc. Par un décret , émané le 2 février 1638 , l'Empereur confirma les articles du traité de Vienne de l'année 1608 , qui concernaient la liberté de religion, et ordonna de faire examiner par une commission particulière les prétentions des Protestants sur différentes églises. Dans les années 1640 et 1641 , l'Empereur envoya plusieurs plénipotentiaires à Constantinople, pour se maintenir en paix avec la Turquie. Ces ministres s'acquittèrent si bien de leur mission, que le sultan Ibrahim, qui avait succédé à son frère Amurat IV (f 1640), signa, le 19 mars 1642, une prolongation de la trêve pour vingt ans.
Georges Rakotzi de Transylvanie avait déjà en 1639, où Banner avait pénétré par la Bohème en Moravie, été invité par les Puissances coalisées à prendre les armes contre l'Empereur. Mais on n'avait pu persuader le prince transylvain à aucune action hostile. Lorsque dans la suite (1642} Torstensohn fit la conquête d'Olmutz, Rakotzi ne se remua également point. Il avait seulement profité de l'instant favorable, où il ne craignait point une forte contradiction de la part de l'Empereur, pour faire élire, le 16 février 1642, son fils aîné Georges successeur & la dignité de prince de Transylvanie. Comme le sultan avait donné son consentement à cette démarche , Rakotzi espérait raffermir de cette manière la souveraineté de la Transylvanie dans sa famille. Quelque temps après, des envoyés suédois et français arrivèrent en Transylvanie, et offrirent à Rakotzi une alliance offensive contre TEmpe*
r*ur. Le prince leur remit les conditions , moyennant lesquelles il consentait à faire la guerre à ce monarque. Ces stipulations étaient: qu'avant toutes choses le sultan approuverait formellement la guerre contre la Hongrie, et lai assurerait, ainsi qu'à la Transylvanie, un soutien vigoureux, en cas d'une issue malheureuse de la guerre; que la France et la Suède aussi lui garantiraient la possession de la Transylvanie , et au pis aller une indemnité suffisante ; que la France et la Suède payeraient au prince dans la première année 200,000, et dans les suivantes 150,000 florins, et entretiendraient auprès de l'armée transylvaine un corps de 3000 hommes d'infanterie étrangère; enfin que l'obtention de la liberté du culte protestant et réformé serait alléguée pour motif et pour but principal de la guerre. Les deux Puissances devaient en outre comprendre Rakotzi et la Transylvanie dans la future paix avec l'Empereur. Dais le temps où Torstensohn entra en Moravie , ce Général, comme aussi les plénipotentiaires français, accordèrent au prince Georges toutes ses demandes. L'ambassadeur de France à Constantinople s'était déjà employé auprès du grand vizir, pour procurer à Rakotzi la permission de faire la guerre. Cependant la Porte ne l'accorda, qu'après que le prince Georges lui eut promis pour cela un présent de 25,000 écus , et un tribut proportionné pour les comitats dont Rakotzi ferait la conquête dans la haute Hongrie. En revanche, la Porte s'obligea à faire attaquer la Pologne par les Tatars, afin d'empêcher ainsi le roi Uladislas d'inquiéter Rakotzi dans son flanc droit et de prêter tout autre secours à l'Empereur.
Ferdinand fit encore en 1643 partir un ambassadeur pour Constantinople, afin de gagner le Divan par de riches présents. Dans l'intervalle , Rakotzi parut en décembre i Patak, et attira à lui tous les mécontents de la haute Hongrie. Mais Torstensohn ayant été rappelé par la guerre,
qui venait d'éclater avec le Danemark, dans le nord de. l'Allemagne , toute perspective de réunion avec la Suède dans Tannée suivante avait disparu pour le prince transylvain. Le général impérial Bucbain se mit en marche avec un corps de troupes nombreux, pour punir la trahison de Rakotzi et de ses partisans. Rakotzi publia un manifeste de guerre, daté de Kallo le 17 février 1644; la vue énoncée dans cet écrit était le rétablissement de la liberté du culte évangélique; le véritable but, qu'on cachait soigneusement au peuple, mais dont on était convenu avec la Turquie , était d'enlever, s'il était possible, à la Maison d'Autriche toute la Hongrie supérieure , et de réunir ce pays à la Transylvanie sous la domination de Rakotzi. Le manifeste impérial du 23 février dévoila les plus secrets desseins du prince, ses négociations perfides avec les Ottomans, les Français et les Suédois, pour le morcellement du royaume de Hongrie (te. Alors Rakotzi pria le Divan de lui envoyer des troupes auxiliaires. Mais l'ambassadeur impérial à Constantinople sut faire échouer cette espérance, et le Divan signifia au prince de Transylvanie, „ que la Porte ne lui permettait point d'arracher treize comitats au royaume de Hongrie , mais seulement sept, comme Rethlen les avait déjà une fois possédés." De nouveaux manifestes émanés, de l'Empereur le 16 mars, de Rakotzi le 29 du même mois , annoncèrent le commencevent des hostilités.
Rakotzi marcha avec ses forces principales sur Cassovie. Cette place se rendit, de même que Szatbmar, Husst et Szendro. Ensuite les colonnes transylvaines s'avancèrent par les villes situées dans les montagnes et Liptau. Mais , comme Buchain passa la Gran pour se porter en Transylvanie, Rakotzi concentra son armée près de Patak, et alla par Filek à la rencontre de l'armée impériale. Toutefois il était résolu à ne point livrer de bataille, mais il voulait
seulement fatiguer les Impériaux par de fréquentes attaques. Pour le forcer au combat ou à la retraite, le général Bucfaain s'avança avec impétuosité contre le Transylvain, qui prit le dernier parti et se replia par Szendro sur PataL Bucbain et Gœlz enlevèrent Szendro et Szerents, et assiégèrent Cassovie et Sàros.
Pendant ce lemps-là, le général transylvain Jean Kemeny opérait fort activement dans le flanc et sur les derrières des Impériaux. Il reprit Szerents , dégagea Cassovie, approvisionna Sàros, coupa les transports aux Impériaux , et les força en juillet à se retirer par Leitsckai et Bajmo.
Dès le mois d'août, on entama des négociations pour rétablir la paix , et en septembre un congrès s'assembla dans Tyrnau. Les revers que L'armée impériale sous Gailas avait essuyés dans le pays de Holstein et en Saie, relevèrent les espérances de Rakotzi et des autres ennemis de l'Autriche. L'Empereur ayant appris bientôt après, que le prince transylvain sollicitait instamment la Porte Ottomane à lui envoyer des troupes auxiliaires pour la campagne prochaine, envoya le général Buchain à Constantinople, pour mettre Rakotzi en défaveur auprès du Dirai, et obtenir un firman qui enjoignît à ce prince turbulent de tenir la paix. Dans l'intervalle, les négociations à Tyrnau furent continuées pendant tout l'hiver.
Comme Torstensohn laissait apercevoir l'intentioi d'envahir la Bohème , le général comte de Hatzfeld fat chargé de défendre ce royaume avec l'année qui s'était formée des restes de celle de Gallas qui avait été démis du commandement en chef, du corps de Hatzfeld, de celai du général Gœtz qui avait été jusqu'alors en Hongrie, et de quelques mille Bavarois. Torstensohn envoya Kœnigsmark dans la basse Saxe où ce Général conquit , au mots de mars , les pays de Brème et de Verden. Lui - mèm
i par la Bohème vers la Moravie. Après avoir traies cercles de Saaz et de Pilsen, et franchi la Molil apprit que Tannée impériale s'approchait pour 1er ; ce qui l'engagea à prendre position près de Jan-> Fankowitz), à trois milles de Tabor. Le 6 mars, x armées vinrent aux prises. La victoire se déclara es Suédois. Le général Gœtz et 4000 Impériaux tués , et le commandant en chef Hatzfeld avec le nombre de guerriers tomba au pouvoir de l'ennemi, cette défaite, Gallas eut de nouveau le commande*, ivec Tordre de former une nouvelle armée des dé- ; Tannée vaincue de Hatzfeld et des levées consi-* »s de soldats qu'on venait de faire. Mais Torsten- •ofita de sa victoire avec une activité rapide. Il acheva |uéte de la Moravie , à l'exception de Brunn qui fut . Ensuite il pénétra par l'Autriche septentrionale u Danube , prit plusieurs châteaux forts , les villes in, de Crems et de Corneubourg, puis la batterie ivrait le pont dit Wolfsbrûcke près de Vienne , sur
gauche du fleuve. Cette capitale se vit alors me- ['autant plus dangereusement, que le prince de Tranie recommença, à l'entrée du printemps, également itilités.
es négociations à Tymau avaient été continuées jus* mois de mars. Mais aussitôt que la nouvelle de la
des Impériaux fut arrivée, le congrès se sépara otzi fit, le 22 avril à Munkacs, un traité d'alliance i France , pareil à celui qu'il avait conclu , Tannée ente, avec les Suédois. Vers le même temps arriva an du Grand-Seigneur, qui enjoignit à Bakotzi de t paix, et de se contenter de la possession des sept s hongrois déjà mentionnés. Ce nonobstant le prince vain se mit en marche vers Rhna-Szombatb, ou une e défense delà Porte lui parvint, et ensuite il s'avança
par Fflek vers Kis-Tapolcsan, ou un troisième ordre à sultan lai fut remis. L'avant-garde transylvaine, commandée par le général Bakos, se réunit en Moravie à celle des Suédois, sous le général Duglass. Sur la fin du mois, ta Transylvains occupèrent Tyrnau, etRakotzi menaça Presbourg. lie fils de ce prince, Sigismond, et le général Kemeny conduisirent un autre corps à Tannée de Torstensok près de Bruno, et continuèrent ensuite avec lui leur marche surVienne* Dans Fentrefaite, Rakotzi reçut une quatrième lettre monitoriale de la Porte avec ta menace, qu'une armée ottomane entrerait en Transylvanie , ai le prince ne cessait sur-le-champ les hostilités contre l'Empereur. Ko même temps, l'archiduc Léopold et le général Bûchais entreprirent des mouvements sur les derrières de Famée transylvaine, pour dégager Szendrô et pénétrer en Transylvanie.
Dans de telles circonstances, Rakotzi ne tarda point i faire la paix sous des conditions avantageuses. L'Empeiw signa à Vienne, le 8 août 1645, le traité par lequel les sept comitats que Bethlen avait possédés, furent remis ai prince pour sa vie durante. L'Empereur consentit aussi à ce que les fils de Rakotzi eussent la jouissance à vie 4e deux de ces comitats, savoir ceux deSzabolcs et de Szatkmar, et concéda en outre à la famille du prince des domaines très - considérables en Hongrie; savoir: Tokai, Tarczal, Regets et Etsed, pour les posséder en toute propriété. En retour Rakotzi renonça à toute union avec la France et la Suède et ratifia le traité , le 26 octobre à Albe-Julie (WeissenbourgJ. Le 16 septembre 1645, émana aussi l'ordonnance impériale , qui accordait la liberté de religion aux Hongrois. L'exercice illimité du culte évangélique pour tous les états et classes du peuple, la restitution de toutes les églises, presbytères et revenus ecclésiastiques, qu'w avait pris aux Protestants , la réintégration des prédio- / s
taure Ac , forent octroyés dans cet édit souverain , qui «mirait aussi une amnistie générale pour les Hongrois qui avaient pris les armes contre l'Empereur, ainsi que la restitution réciproque des biens confisqués par les deux partis.
Le général Torstensohn , qui avait traversé en conquérant l'Allemagne, la Bohème et la Moravie, voyant ses opérations entravées par la paix entre l'Empereur et Rakotzi, quitta, après le départ des Transylvains et à l'approche du général Bucbain, qui menaçait ses communications sur les derrières, les bords du Danube, et repassa la Vaya (Taja). Ensuite il leva aussi le siège de Brunn qu'on avait continué durant quatre mois. La faim et les maladies avaient tellement délabré son armée qu'elle ne comptait plus que dix mille hommes. Il laissa des garnisons dans les places qu'il avait conquises en Moravie et en Autriche, et retourna en Bohème. L'archiduc Léopold- Guillaume l'y suivit, et chassa l'ennemi d'une grande partie de ce pays. Cependant les Suédois restèrent pendant tout l'hiver cantonnés dans les districts occidentaux du royaume. Les endroits, encore occupés par les Suédois en Autriche , Crems , Cornenbourg etc. furent reconquis 1645 - 1646 par le général Buchain; en Moravie le général de Souches se rendit maître de Lundenbourg, de Maydenberg et de Nikolsbourg.
Le roi de Danemark avait éprouvé dans cette guerre les revers les plus funestes. La France ménagea enfin la paix, qui fut signée à Bœrmsebro, le 13 août 1645, et par laquelle le Danemark céda plusieurs provinces et îles à la Suède, et accorda aussi aux vaisseaux de cette Puissance l'exemption de péage sur le Sund. Sur ces entrefaites, Kœnigsmark avait tellement saccagé les pays de Téleotorat de Saxe, que l'électeur conclut, le 27 août à Kletichenbroda près de Dresde , une trêve de six mois , par
laquelle il assura aux Suédois une contribution de 11^000 éous par mois, s'engagea à leur fournir, égaleme* tous les mois, une certaine quantité de vivres et de fourrage. En revanche toutes les places de l'électoral de Saxe, à la réserve de Leipzig, furent évacuées par les Suédois. Cette trêve fut constamment renouvelée , dans les années suivantes, jusqu'à la paix de Westphalie.
Le corps français sous Turenne marcha, dans les premiers mois de 1645, par la Souabe en Franconie, et s'empara de Schwœbiscb - Hall , de Rothenbourg-sur-k- Tauber et de plusieurs autres endroits. Mais le 25 avril, Turenne fut surpris dans son camp près de Mergentheim par le feldmarécbal bavarois Mercy et mis en fuite; av quoi ce dernier s'avança vers la Hesse. Turenne rassembla, dans les mois suivants de nouveau ses troupes près de Philipsbourg, tira à lui le corps du duc d'Enghien qui se trouvait en Champagne et en Alsace, comme aosâ quelques régiments suédois et bessois, et suivit le générai Mercy , qui s'était retiré de la Hesse en Souabe pour couvrir la Bavière. Le 3 août, il y eut, près du village d'AHersheim-sur-la-Wernitz , une action dans laquelle, après un combat des plus sanglants , et après que Mercy eut été tué , les Bavarois se retirèrent à Donauwœrth- Cette victoire , achetée chèrement , avait si fort affaibli l'armée française , que Turenne s'arrêta dans la contrée deHeilbron, qu'il assiégea. En octobre, l'archiduc Léopold avec un corps de troupes de Bohème rejoignit les Bavarois, marcha sur Heilbron , et força Turenne à se retirer par Wimpfen, Philipsbourg et au delà du Rhin. En novembre, Turenne enleva la ville de Trêves aux Espagnols.
Le duc de Lorraine ayant , peu de temps après que la France lui eut rendu ses États , recommencé les hostilités , le marquis de Villeroi marcha contre lui et s'en* para, le 7 juillet 1645, du château très-fort de LaMotbe.
les Pays-Bas, le duc d'Orléans et les maréchaux on et Ranzau , sans s'inquiéter des mouvements dé lomini, prirent successivement plusieurs places fortes: yck, Cassel, Saint- Venant, Bethune, Armentières Ensuite les maréchaux, réunis aux Hollandais sous nce d'Orange , passèrent TEscaut et enlevèrent 3 Hulst, Lens, Orchies et autres endroits. Toutefois spagnols reconquirent , vers la fin de la campagne; »1 et Mardyck. En Catalogne, les Français se renmaîtres de Rosas, et après avoir défait sur laSègrp rps espagnol , ils s'emparèrent aussi de Balaguêr ; Italie ils conquirent Vigevanno et la Rocca. La te de France rendit , par le traité du 3 avril , au
duc de Savoye Turin et plusieurs autres places jrs.
'endant que tous ces événements militaires se pas- , on avait continué les négociations à Munster et k iruck. Dès le mois de mai 1643, les plénipotentiaire? taux étaient arrivés dans ces villes. Il fut convenu, is ambassadeurs du pape et de Venise ménageraient ister la paix entre l'Empereur et la France, et qu'on rait à Osnabruck avec la couronne de Suède , sous umise du Danemark. Mais les Suédois ayant écarté diation danoise , ce ne fut que le 1 décembre 1644 es pleins pouvoirs des plénipotentiaires impériaux
échangés à Osnabruck contre ceux des plénipoires suédois. L'échange des pleins pouvoirs des enimpériaux et espagnols à Munster contre ceux des res français eut lieu le 16 février 1645. Les pléniiaires suédois arrivèrent à Osnabruck vers la fin vembre, ceux de France à Munster au mois de de Tannée suivante. Les ministres français et suéremirent , au mois de juin, leurs propositions qui ois étaient si peu raisonnables que l'Empereur,
malgré son extrême désir de rappeler la paix et le bwlieur au sein de ses États , ne pouvait les accepter sait compromettre et sa dignité et les intérêts de la Monarckie. Les deux Puissances demandaient entre autres, qte l'Empereur accordât une amnistie générale illimitée i tous les Etats allemands, et que ceux-ci fassent rétablis, relativement à leurs dignités, biens et droits, sur le pied où ils se trouvaient dans Tannée 1618, y compris toutes les personnes natives des pays héréditaires de l'Emperev qui avaient servi les deux Puissances contre ce monarque, soit daos la guerre, soit autrement; que tous les us et coutumes, constitutions et lois fondamentales de l'Empire d'Allemagne, surtout la bulle d'or, fussent à l'avenir observés exactement ; qu'on n'élût plus jamais , du vivatf de l'Empereur , un roi des Romains, afin que l'Empire se devînt point héréditaire dans une seule famille. La Suède et la France réclamaient pour le passé un dédommagement qui leur donnât en même temps sûreté pour l'avenir, et en outre l'acquittement de toutes les prétentions 4e leurs troupes et celles de leurs alliés , comme p. e. de U landgrave de Hesse-Cassel, du prince de Transylvanie <fcc. Dans les propositions françaises il fut encore ajouté, qu'après que la France aurait fait la paix avec l'Empereor et l'Espagne, ce monarque ne se mêlerait point dans les guerres , qui pourraient avoir lieu dans la suite entre la France et l'Espagne. Comme, d'un autre côté, les Etats protestants, à qui l'Empereur avait permis d'envoyer aussi des députés au congrès, formèrent des prétendons non moins outrées , on travailla en vain à un rapprochement entre les deux partis de religion jusqu'au mois de novembre 1646, où le premier ministre d'État impérial, conte Maximilien de Trauttmansdorf , muni de pouvoirs fort étendus, arriva à Munster, et avança par sa loyauté connue, par son amour sincère de la paix et par son habilité
è négocier, beaucoup l'oeuvre de paaicatio*. L'anusUce
proposé n'avait pas été accepté, parce que la France et la Suède espéraient accélérer par d'heureuses opérations les progrès des conférences. Gustave Wrangel avait en hiver 1645-1646 remplacé le célèbre général Torstensohn qui, accablé d'infirmités , avait donné sa démission, dans le commandement de l'armée suédoise, cantonnée en Bohème et en Thuringe. L'archiduc Léopold - Guillaume qui avait rassemblé près de Klattau 24,000 Impériaux, et tiré à lui une partie de l'armée bavaroise , marcha en février 1646 contre Wrangel. Ce Général , qui n'avait pas eu le temps de réunir son armée, forte de 28,000 hommes, évacua la Bohème , et gagna en toute hâte par la Misnie et la Thuringe les bords du Weser. Au printemps, il se dirigea vers la Vettéravie, et prit une position près de Wetzlar, dans laquelle il attendit Kœnigsmark qui était en Westphalie , et Turenne qui se trouvait au Rhin , pour marcher ensuite en Bavière. Mais Turenne éluda sous différents prétextes la demande du général suédois; et ce ne fut qu'après que le cardinal Mazarin le lui eut expressément ordonné , qu'il se réunit avec Wrangel, à Giessen le 10 août 1646.
L'archiduc Léopold -Guillaume, qui se trouvait alors
avec l'armée impero-bavaroise près de Friedberg, n'ao-
cepta point la bataille que lui présentait l'ennemi, mais il
chercha à arrêter, par des manoeuvres, les alliés dans
-1 leur marche vers la Bavière. Toutefois Wrangel gagna
* sur lui les devants au Mein , se dirigea ensuite vers la
j Souabe, passa le Danube près de Donauwœrth et de
i Jbauingen, puis le Lech près de Rain et commença, le
' 28 septembre, le siège d'Augsbourg. L'archiduc marcha
1 alors par la Franeonie et le Haut - Palatinat , . et arriva
quinze jours plus tard au secours de la place menacée ;
sur quoi Wrangel se retira, le 13 octobre, à Lauingen.
L'Archiduc espérait éloigner les ennemis da voisinage de la Bavière , en occupant un camp retranché an delà di Lech près de Memmingen. Mais, au lieu de le suivre a Souabe, Wrangel et Tnrenne passèrent le Lech dégarni, prirent Landsberg, où se trouvaient les principaux magasins de l'Archiduc, et pénétrèrent fort avant en Bavière. Leurs courreurs parurent devant les portes de Munich. Le prince autrichien , se voyant, empêché par Téprisejnent des vivres, de tenter de nouvelles opérations, laissa partir les Bavarois pour aller défendre leur pays, et s'approcha avec les troupes impériales des frontières de l'Autriche. Wrangel fut bientôt après contraint de mettre fin à son expédition dévastatrice , le vicomte de Tureane lui ayant déclaré que des négociations sur une trêve entre la France et la Bavière avaient été entamées, et que par conséquent il allait évacuer la Bavière et marcher au delà du Lech en Souabe. Quoique Wrangel protestât grandement contre un tel armistice particulier, il se vit néanmoins obligé de quitter la Bavière en même temps que Turenne. Les Suédois prirent les quartiers d'hiver au lac de Constance, les Français dans les pays de Wurtemberg et de Bade.
En automne 1646 , le général suédois Wittenberg avait fait avec un corps nombreux une invasion en Silésie, et repoussé le comte Raimond Montecucoli, général de l'Empereur, jusqu'en Bohème. Près de Kœnigshof Wittenberg remporta des avantages sur ce corps impérial, et marcha ensuite, sans trouver d'obstacle, en Moravie. Après avoir renforcé la garnison d'Olmutz, il retourna en Silésie. Montecucoli avait pris alors une bonne position près de Kœniggrœtz , où Wittenberg n'osa pas l'attaquer. Mais les Impériaux n'étaient pas assez en force , pour arrêter les Suédois dans leur marche.
Dans les Pays-Bas, les ducs d'Orléans et d'Enghien
, empirent Coartrai. Les Français et les Hollandais terminèrent la campagne par la conquête de Saint - Vinax {près de Coartrai} , de Mardyck et de Dunkerque.
Quoique l'Empereur cherchât à empêcher la conclusion 4e l'armistice entre la France et la Bavière , par où il perdait son plus puissant et fidèle allié, on n'en commença pa3 moins , en janvier 1647 à Ulm , les négociations relatives à cette affaire. Comme les ambassadeurs impériaux, d'après leurs instructions, ne pouvaient accéder aux conditions proposées , et que la France et la Suède n'inclinaient aucunement pour une trêve générale, mais voulaient seulement, par des conventions séparées, priver l'Empereur de ses alliés, le traité fut conclu, le 14 mars, par la Bavière seule, tant avec la France qu'avec la Suède , et ratifié par l'électeur le 19 du même mois. Les Suédois rendirent à l'électeur toutes les places conquises en Bavière, et Maximilien remit aux alliés différentes villes et terres , occupées par ses troupes en Souabe et en Franconie. L'électeur de Cologne et la landgrave de Hesse-Cassel furent compris dans le traité. Tous les trois princes devaient rester neutres pendant la durée de cette guerre. Turenne alors se mit en marche du haut Rhin par le territoire de Mayence et de Hesse - Darmstadt , dont il contraignit les Souverains par la force des armes à accepter la neutralité; après quoi il se rendit avec ses troupes dans les Pays-Bas.
Wrangel avait conquis, au commencement de 1647, la ville de Brégenz. Il se porta alors en Franconie , réduisit Schweinfort le 25 avril , et se dirigea ensuite vers la Bohème. Ce Général et ses troupes marchèrent à cette expédition avec une confiance entière, persuadés que l'Empereur, abandonné de tous les princes et États d'Allemagne , ne pourrait leur résister. En effet, ce monarque se trouvait dans une position assez embarrassante;
H ne lai restait plus d'autre allié que le roi d'Espagse, qui avait lui-même de la peine assez à se défendre contre les Français et les Hollandais, L'armée impériale était très - faible , et venait de perdre par la mort son général en chef, le comte de G allas. Dans ces circonstances fâcheuses, l'Empereur que le courage n'abandonnait jamais, fit pousser l'enrôlement de troupes avec tant d'activité, qu'au bout de peu de semaines une armée de 20,000 hommes fut rassemblée près de Budweis. Il en confia le commandement à Melander, comte de Holzapfel^ qui avait quitté le service hessois. Comme dans l'intervalle Wrangel avait commencé le siège d'Egre, l'Empereur, qui était venu au camp de Budweis pour encourager les troupes par sa présence, marcha lui-même avec l'armée au secours de cette ville ; mais il arriva trop tard , car la place s'était déjà rendue. La position qu'avait prise l'armée impériale empêcha les Suédois de pénétrer plus avant en Bohème. Ils tentèrent encore, le 10 juillet, une attaque subite sur le camp de l'Empereur; mais cette entreprise ayant manqué , Wrangel se retira par la Forêt de Bohème dans la position près de Plan. L'Empereur ails camper près de Pilsen.
Les Généraux et principaux officiers bavarois, et nommément Jean de Werth, Spork, Solms et autres, étaient fort mécontents de l'armistice conclu par l'électeur, et ils se conjurèrent pour se ranger avec l'armée sous les drapeaux de l'Empereur. Mais Maximilien fut averti assez à temps de ce qui se passait, pour déjouer le complot Alors Ferdinand III, qui avait rejeté la trêve particulière faite par ce prince, comme étant un acte contraire au devoir d'électeur et de vassal, somma lui-même, par des lettres avocatoires datées de Pilsen le 14 juillet 16*7, les troupes bavaroises, comme sujets et soldats de l'Empire, de se joindre à l'armée du chef de l'Empire. Ces événe~
mente ne laissèrent pas d'affecter rélecteur; mais ee qiri le chagrinait le plus, c'était que la France et la Suède, loin de tenir la promesse qu'elles loi avaient faite d'accélérer par leur condescendance la conclusion de la paix, haussaient encore déplus en plus leurs prétentions, et que particulièrement la Suède et les princes protestants de l'Empire n'avaient aucun égard aux demandes, même les plus équitables, des Catholiques. Ce précédé peu loyal de la part des ennemis de l'Empereur, non moins que le reproche que les envoyés des Etats catholiques faisaient. à Maximilien d'avoir abandonné la cause de leur parti religieux , et peut-être aussi la crainte que l'Empereur ne lui ôtât la dignité électorale pour la rendre à la Maison palatine , déterminèrent le prince bavarois à conclure , le 7 septembre , un nouveau traité avec ce monarque. U fut convenu, que les troupes bavaroises se réuniraient de nouveau à l'armée impériale j on y ajouta toutefois la clause qu'elles ne seraient employées pour le moment que contre les Suédois seuls, et qu'elles n'agiraient contre les Français que dans le cas où ceux-ci commenceraient eux - mêmes les hostilités contre la Bavière* Le 14- septembre, l'électeur dénonça l'armistice au général Wrangel $ mais il fit en même temps demander à Turenne, que la trêve et la neutralité fussent continuées entre la France et la Bavière.
Wrangel évacua alors la Bohème , et se retira par la Saxe et la Thuringe vers le Weser. Pendant que Maximilien faisait assiéger, par une division de ses troupes , la ville de Memmingen, occupée par les Suédois, son général Gronsfeld et le général impérial M elander poursuivirent avec 24,000 hommes fort vivement les Suédois, sans toutefois profiter de la situation dangereuse de l'ennemie. L'électeur Maximilien était retenu par les menaces de la France , qui avait déclaré qu'elle dirigerait toutes
•es forces contre les Bavarois , s'ils osaient franchir le Weser. Par conséquent Gronsfeld se vit obligé de ralentir sa marche. Melander se rebattit sur la gauche , et vint fondre en novembre - sur le pays de Hesse - Cassel qrïl ravagea cruellement. An mois de décembre il conduisit les troupes impériales dans la Thuringe , pour y passer l'hiver, et les Bavarois se cantonnèrent en Franconie. Wrangel fit hiverner son armée en Saxe, en Westpbalie et dans la Hesse. En Moravie, les généraux de l'Emperew Buchain et Souches avaient fait inutilement une nouvelle tentative pour s'emparer d'Olmutz. Cependant , la ville d'Iglau se rendit après une longue résistance.
Dans Tannée 1648, le prince de Condé conquit Ypres en Flandre; mais en revanche l'archiduc Léopold, qsi avait été nommé, Tannée précédente, gouverneur-général des Pays-Bas, enleva aux Français Courtrai, Fumes et Lens. Le prince de Condé était, il est vrai, arrivé trop tard , pour délivrer cette dernière place j mais il remporta néanmoins, le 29 août, dans le voisinage de cet endroit une victoire sur l'Archiduc , et reprit ensuite Furnes et Lens. Ce fut vers le même temps que les troubles de 11 Fronde éclatèrent en France , le parlement et plusieurs Grands du royaume s'étant soulevés contre le gouvernement de la reine Anne et du cardinal Mazarin.
Le général Wrangel s'était mis, au mois de janvier 1648, en marche de Cassel avec le dessein de transporter la guerre en Bavière, Le vicomte de Turenne avait passé le Mein avec 7000 hommes, et sa jonction avec les Suédois s'opéra ? le 23 mars, prés de Wassertrudingen. Melander, qui avait rassemblé les Bavarois et les Impériaux dans la position entre Neubourg et Ingolstadt , traversa alors le Danube et se retira sur les bords du Lech. Wrangel se porta vers le Haut - Palatinat, et fit dégager par Kœnigsmark la forteresse d'Egre, assiégée par les
Impériaux (6 avril}. Melander suivit les Suédois dans lé Haut - Palatinat. Mais la disette de vivres contraignit les deux armées à s'éloigner de ce pays. Melander repassa le Danube $ Wrangel marcha en Souabe , où il se rendit maître de Dunkelspuhl. Vers le milieu de mai, ce dernier Général et Turenne se mirent en mouvement vers le Da-t nube, franchirent ce fleuve , le 11 mai près de Lauingen, et attaquèrent 9 le 17 du même mois, les Impériaux et les Bavarois près de Zusmarshausen dans le margraviat de Burgau. Melander perdit la bataille et la vie. Le général bavarois Gronsfeld chercha en vain à couvrir la Bavière, et fut obligé de se retirer au delà du Lech. Les Suédois et les Français passèrent , le 29 mai , près de Bain le fleuve et inondèrent ensuite le pays, qui fut cruellement ravagé. L'électeur se sauva à Salzboarg.' Les ennemis occupèrent Frisingue et Landshut, passèrent l'Iser , mais ne purent pénétrer par Tlnn dans la haute Autriche , tous leurs efforts pour rétablir le pont rompu près de Muhldorf ayant été rendus vains par l'impétuosité du courant. Derrière ce fleuve s'était rassemblée l'armée bavaro - impériale dont le général Piccolomini , qui était arrivé des Pays-Bas, prit le commandement. Il contraignit en octobre les ennemis à évacuer la Bavière et à se retirer en Souabe. Le général Lamboy avait continué la guerre en Westphalie, en Hesse et dans la contrée du Rhin voisine, où il ne se livra qu'un seul combat important près de Grevenbourg entre les Impériaux et les Hessois. Dans Pentrefaite , la Bohème avait été attaquée de nouveau par les Suédois. Wrangel avait détaché le général Kœnigsmark vers le Haut - Palatinat , pour séparer par une diversion en Bohème les Impériaux des Bavarois. Arrivé à Egre , Kœnigsmark tira à lui toutes les garnisons suédoises de la Misnie et de la Thuringe, prit Falkenau, Klattau, Bischofteinitz et plusieurs autres ;
, et s'avança ensuite à marches forcées sur Prague. Son avant -garde surprit le Hradschin, et conduit par an traître, il pénétra avec le corps d'armée principal, dans la nuit du 16 juillet, par la porte de Strahow, dans le Petit -Côté (Klein- Seite). Par l'alarme qui se répandit rapidement, la garnison de la Ville-vieille (Altttadt) fat avertie encore assez tôt pour se garantir d'une surprise. Pour conserver Prague, le général Wittenberg, qui se trouvait en Silésie, et plus tard aussi le comte palatin Charles-Gustave, qui avait été nommé général en chef de l'année suédoise en Allemagne, étaient arrivés avec quelques troupes fraîches dans ce pays et marchèrent vers la capitale de Bohème. La Ville-vieille était assiégée depuis le 27 juillet par les Suédois, et défendue par le feldmaréchal Rodolphe comte de Collorédo. Le manque de fourrage contraignit le général Buchain à quitter, le 15 aoftt, Prague avec la cavalerie , pour se réunir à l'année impériale du général Golz près de Budweis. Mais Wittenberg le poursuivit, le battit, le 19 du même mois, près du château de Hluboka, et le fit prisonnier avec la plus grande partie de ses cavaliers. Ensuite il conquit Tabor et retourna sur la fin de septembre à Prague. Le comte palatin Charles-Gustave y arriva, le 3 octobre. Le siège de la Ville-vieille fut continuée avec beaucoup de vigueur. Mais la vigilance du général Collorédo fit échouer toutes les attaques de l'ennemi ; en sorte que Prague resta partagée entre les Impériaux et les Suédois , et devint le théâtre d'une lutte fort vive , qui dura près de trois mois. Comme vers la fin d'octobre le général d'artillerie impérial Golz s'avançait avec 8000 hommes, pour dégager Prague, et était déjà arrivé jusqu'à Sazawa, les Suédois levèrent, le 2 novembre, le siège de la Ville -vieille. Charles -Gustave et Wittenberg marchèrent à Brandeis, et Kœnigsmark resta avec ses troupes dans le Petit - Coté
de Prague. Le jour suivant (le 3 novembre) on reçut la nouvelle, que la paix avait enfin été conclue.
Les prétentions immodérées de la France et de la Suède firent voir clairement aux Allemands, quels amis intéressés ils s'étaient choisis pour aides et défenseurs* Indépendamment des conditions qui concernaient les rapports intérieurs de l'Empire germanique et de la religion, d'ailleurs déjà comprises dans les propositions préliminaires , la France demandait pour elle les trois évêchés lorrains: Metz, Toul et Verdun , toute la haute et basse Alsace, le Sundgau et le Brisgau, la ville de Brisac, les villes forestières au Rhin , le droit de garnison dans Philipsbourg , enfin l'exclusion du duc de Lorraine des présents traités. La Suède exigeait , outre les points généraux énoncés dans les préliminaires, que l'amnistie fut étendu sur les pays autrichiens , que les réformés fussent compris dans la paix, et réclamait, pour elle-même, toute la Silésie et la Poméranie avec Févéché de Camin, la ville de Wismar, l'archevêché de Brème et Tévéché de Verden. Cependant ces pays ne devaient pas être séparés de F Allemagne, mais seulement être cédés à la couronne de Suède, comme fiefs de l'Empire. Quoique les Etats des deux partis de religion fussent de sentiment opposé à Fégard de l'amnistie , la plupart se déclarèrent résolument contre l'intervention des étrangers dans les affaires intérieures de l'Empire germanique, et surtout contre toute cession territoriale à la France et à la Suède. n n'y eut que la Bavière, Magdebourg, Bade-Durlach et Wurtemberg qui furent d'avis qu'il fallait absolument conclure la paix , dût-on même faire de grands sacrifices. Chaque point en particulier donna lieu à de vives contestations, et plus d'une fois la rupture des négociations paraissait inévitable. La longanimité de l'Empereur , le zèle actif des ambassadeurs du pape et de Venise qui,
par leurs sages et instantes représentations, contribuerez beaucoup à engager la France, la Suède et les Protestants d'Allemagne à modérer leurs prétentions , non moins que la signature de la paix entre V Espagne et les États-Unis, conclue à Munster le 30 janvier 16*8, et par laquelle le roi Philippe IV reconnaissait la liberté et la souveraineté indépendante des Provinces-Unies, et renonçait pour toujours à toutes les prétentions de sa Maison sur ces pays, produisirent enfin le résultat si vivement et si générale* ment désiré. Les traités de paix de l'Empereur et de l'Empire germanique avec la France et la Suède, furent signés le 2* octobre 1648.
Le traité, qui fut conclu à Osnabruck avec la Suède, fixait d'abord , que dans cette paix étaient compris l'Empereur, la Maison d'Autriche, tous les alliés, particulièrement l'Espagne et les princes d'Allemagne, d'une part, et la Suède et ses alliés, d'autre part, et stipulait une amnistie générale et réciproque , ainsi que le rétablissement des Etats, vassaux, bourgeois et sujets allemands dans les biens, dignités, droits et franchises qu'Os avaient perdus par cette guerre. Il fut réglé , que la dignité électorale, le Haut - Palatinat et le comté de Cham demeureraient à la Bavière, tant qu'il y aurait des héritiers mâles dans la ligne actuellement régnante. L'électeur Maximilien renonça aux treize millions de florins que l'Autriche lui devait , et à toutes les prétentions sur la haute Autriche, provenant de cette créance. Un huitième èlec* torat devait être érigé en faveur de Charles-Louis, comte palatin du Rhin et de sa famille j on lui rendit le Bas-Palatinat, et lui concéda le droit sur la dignité électorale de Bavière, après l'extinction des mâles dans cette ligne. Wurtemberg , Bade et tous les autres États furent réintégrés dans les villes, districts, droits dfc. qu'ils avaient perdus pendant la guerre. La Confédération suisse fut déclarée libre et indépendante pour toujours de l'Empire germanique.