‹ Histoire de l'empire d'Autriche depuis les temps les plus reculés jusqu'au règne de Ferdinand I, Empereur d'Autriche; en six époquesChapitre 9 sur 12 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

Ferdinand IL De 1619 à 1637.

Le roi Ferdinand de Hongrie et de Bohème, (I Souverain de tons les pays allemands de la Maison 11 Habsbourg , parvint au trône dans des conjonctures Art difficiles $ on peut même dire, que la Maison d'Autriche n'avait pas encore eu de moment si critique. En Bohèae il ne lui restait que la ville de Budweis. Le comte de Thurn menaçait Vienne d'une attaque. Les Silésiens et les Lusaciens s'étaient joints en 1618 aux Bohèmes, et on devait s'attendre à la même chose de la part des Mo-

raves. Les Etats évangéliques de la haute et de la basse Autriche, et ceux de l'Autriche intérieure ne voulaiest prêter foi et hommage à Ferdinand, que sous la condition qu'il redresserait leurs griefs et licencierait ses tronpes. Avec la Hongrie les Bohèmes étaient déjà en négociation pour en obtenir du secours. Le prince de Transylvanie, Bethlen Gabor, était prêt à entreprendre une invasion en Hongrie. L'armée autrichienne était non- seulement pet nombreuse, mais se trouvait encore dans le plus mauvais état; et le désordre dans les finances était si grand) qu'il n'y avait pas moyen d'augmenter les forces militaires. Tous les Protestants en Allemagne avaient de Téloigncment pour Ferdinand , parce qu'il avait comprimé la doctrine luthérienne en Styrie , et montré constamment une grande prédilection pour les Jésuites qui avaient élevé

ce prince. Dès l'année précédente (1618), les Protestants unis s'étaient secrètement ligués avec les ennemis de Ferdinand; et il n'y avait aucun doute qu'ils «0 se déclarassent ouvertement contre lui dans l'élection prochaine d'un chef de l'Empire. L'électeur palatin Frédéric V était marié avec Elisabeth, fille du roi Jacques I d'Angleterre ; par conséquent l'électeur et son parti avaient vraisem» blablement à espérer l'appui du monarque anglais. i*a seule assistance sur laquelle Ferdinand pouvait fairt quelque fond, c'était celle de Philippe III, roi d'Espagne» Mais il était à eraindre , de l'autre côté , que la France, fidèle à son ancienne politique, ne profitât de la position critique où se trouvait la Maison d'Autriche, pour se joindre à ses ennemis et travailler à sa ruine , soit en occupant les Espagnols dans les Pays-Bas et aux Pyrénées, soit en prêtant secours aux factieux allemands.

Le roi Ferdinand se prépara à lutter avec fermeté contre les tempêtes violentes qui menaçaient de l'assaillir. Comme l'attaque de ses adversaires était encore plus dirigée contre la religion catholique que contre sa personne ou contre sa Maison , l'âme de ce prince fut élevée par la pieuse croyance , que le Ciel ne lui refuserait pas sa protection et ferait triompher ses armes, malgré la grande supériorité de ses ennemis. Toutefois la bonne politique, non moins que l'épuisement des caisses de l'Etat et les Mauvaises dispositions des troupes, exigeaient que le Roi cherchât avant toute chose à rétablir par la voie delà douceur et de la conciliation le calme dans son royaume de Bohème. Ce but une fois atteint, tous les autres dangers, ressortissant de ce point central, disparaissaient aussi.

Au mois de mars 1619, Ferdinand envoya un rescrit aux gouverneurs royaux, et tandis qu'il les confirmait dans les dignités dont ils étaient auparavant revêtus, il leur donna en même temps l'assurance , qu'ils maintien*-

ciraient les privilèges des États de la Bohème. Les gouverneurs communiquèrent aux directeurs utraquistes cette lettre du Souverain. Le 6 avril , Ferdinand fit expédier la confirmation formelle des franchises du royaume de Bohème. Mais les Utraquistes se sentirent blessés de ce que le Roi avait confirmé dans leurs places les gouverneurs déposés par la révolte , et avait de cette manière rejeté les directeurs qu'ils avaient choisis arbitrairement. Comme d'ailleurs ils avaient été instruits des armements de Ferdinand , et de l'enrôlement de troupes étrangères pour son service, on publia en Bohème une levée en masse. La sommation , faite par le Roi d'envoyer des plénipotentiaires à Vienne pour négocier on accommode* ment, demeura sans réponse de la part des directeurs. L'offre d'un armistice, que leur adressa le comte de Bucquoi, ne fut pas mieux accueillie. Par conséquent ee Général commença de nouveau les hostilités , et soumit plusieurs villes. Le comte de Thurn , jugeant le général Mansfeld assez fort pour résister à Bucquoi, entra, aa mois d'avril , avec 16,000 hommes en Moravie. Cette province était encore fidèle à la Maison d'Autriche. Mais dès que Thurn eut passé la frontière près de Znaim, les troupes moraves se rangèrent sous ses drapeaux. Ensuite les Utraquistes occupèrent Brunn, et commencèrent la réformation du pays. Le gouvernement fut confié à cinq directeurs. Les fonctionnaires catholiques furent déposés, les biens épiscopaux et ecclésiastiques confisqués , et les Jésuites bannis du pays, fin Silésie la réforme fut partout achevée, et l'archiduc Charles , évêque de Breslau, se retira en Pologne.

Le comte de Thurn résolut de poursuivre sa marche vers l'Autriche. Les États protestants de la haute Autriche s'étaient, dès Tannée 1618, armés arbitrairement, avaient fortifié les défilés de leur pays et fermé le pas-

sage aux troupes impériales. Les États de la basse Autriche avaient refusé d'inaugurer Ferdinand oomme Souverain du pays. Les uns et les antres ne vfr vinrent pas reconnaître les actes , par lesquels l'archiduc Albert, Souverain des Pays-Bas, avait cédé son droit de succe*~ sion sur l'Autriche à son cousin Ferdinand* Us demandèrent aussi préalablement la confirmation de la liberté des cultes et de la confédération de 1608. Les habitants de la basse Autriche reçurent le comte Thurn de bonne volonté. Le 6 juin , il parut sous les murs de Vienne. 11 espérait , au moyen des intelligences qu'il avait avec les bourgeois protestants , trouver les portes de la ville ouvertes , et s'emparer de la personne du Rot. En effet, le même jour une bande séditieuse de Nobles, sous la conduite d'André Thonrœdel , seigneur d'Ebergassing, avait pénétré dans le palais royal, et démandèrent au Roi avec une impétuosité audacieuse de leur permettre de s'armer et de se réunir aux Bohèmes. Dans ce moment de détresse arrivèrent cinq cents cuirassiers du régiment de Dampierre, sous les ordres du colonel Saint - Hilaire, sur la place de la Cour. Cette troupe avait été envoyé de Budweis par le général deBucquoi; elle s'était embarquée à Crems, avait descendu le Danube et était entrée dans la ville par la porte des poissonniers QFischerthor). À l'apparition des braves cuirassiers, les rebelles se dispersèrent 5 une partie s'enfuit dans le camp des Bohèmes, et l'autre se cacha dans la ville» Quinze cents bourgeois et étudiants prirent les armes pour la défense de leur prince. Pour recompenser le régiment de Dampierre de la fidélité et de la valeur particulières quil avait montrées dans cette occasion , Ferdinand lui accorda les privilèges suivants. Le régiment peut, dans les cas de service, marcher, au son des trompettes et étendards déployés, par le bourg ou château impérial et la résidence , se ranger sur

1* place de la Cour, et y faire pendant trois jours de suite les recrues; ensuite les cuirassiers de ce régiment montent la garde devant le logement qui est assigné, pour la forme , à leur commandant dans le palais , et où les étendarts du régiment doivent être apportées; en pareil cas le colonel commandant de ce régiment est autorisé à se présenter, armé de toutes pièces, devant l'Empereur, sans se faire annoncer. Outre cela, le régiment à Faswrance de n'être jamais réduit ni dissous; enfin il jouit de la distinction, qu'aucun de ses hommes ne peut être exécuté dans le régiment pour crimes qui entraînent la peine capitale , mais doit être chaque fois transféré dans un autre régiment, pour y subir son supplice ')• Des privilèges qui partent d'une source si noble et si pure , honorent également et le Souverain qui les concède et les sujets qui les méritent. Mais quand les immunités et franchises sont les fruits de la révolte, quand elles ont été arrachées par la force ou par les menaces à la faiblesse ou au malheur, ceux qui en jouissent, ont plus sujet d'en rougir que de s'en glorifier*

Cependant le comte de Thurn tint la ville de Vienne bloquée , se flattant de l'espoir de la réduire ou par la force , ou par famine. Les choses tournèrent autrement. Pendant que Thurn assiégeait Vienne , le comte de Buequoi tomba si à propos en Bohème sur les troupes de Mansfeld , qu'il les battit et dispersa entièrement près de Zablaty, le 9 juin de Tannée 1619. Cette défaite répandit une telle épouvante parmi les révoltés, que les directeurs, dans la crainte que Bucquoi ne s'avançât jusqu'à Prague, ordonnèrent au comte Thurn de retourner sur-le-champ en Bohème pour protéger la capitale. Le 22 juin, Thurn leva le siège de Vienne , et se retira à marches forcées jus-

â) Ces privilèges ont été confirmé par l'empereur François I, à l'occasion de l'anniversaire célébré l'an 1819.

qu'à Neuhaus en Bohème. Le 24 juin, le Roi demanda à la Diète hongroise, dont il avait, pendant son absence et Allemagne , confié la direction au palatin Forgacs , qu'on levât sur le champ une armée. Des députés bohèmes et moraves vinrent , il est vrai, à Presbonrg pour détourner les Hongrois d'accorder des troupes an Roi et les engager an renouvellement de la confédération, mais on élnda prudemment leurs propositions. L'insurrection !) fat accordée par les États pour la défense du pays. Mais, comme dans cette Diète rien n'avait été décidé relative» ment aux griefs religieux, les Protestants avaient en aecret sollicité l'appui de Bethlen Gabor, prince de Transylvanie , qui reçut de la Porte la permission et des Bohèmes de l'argent , pour entreprendre une expédition en Hongrie,

Cependant , les princes électeurs s'étaient réunis , le

O La Noblesse hongroise, qui jouit de grandes prérogatives et franchise*, était en retour obligée , dans les temps où le royaume était menacé de troubles intestins , ou pressé par des ennemis extérieurs , de rétablir à main armée la tranquillité intérieure et de défendre les frontières contre «ne invasion ennemie. Elle s'acquittait de ce devoir moyennant une levée en masse, appelée insurrection en Hongrie, qui 8 effectuait de la manière suivante. Les simples Nobles, dont le nombre excède trois cent mille , paraissaient, à proportion de leurs biens et de leur revenu, en campagne seuls ou avec leurs serfs et gens armés , qui se rangeaient ensemble sous un drapeau. Les magnats et seigneurs puissants, au contraire, se levaient avec leurs compagnies ou banderies pour marcher au secours de la patrie. Parmi la Noblesse sont comptées aussi les villes libres royales , dont chacune est considérée comme un Noble , et était tenue de mettre sur pied une bouderie. L'Insurrection était nommée personnelle (Personal - Insurrection) , lorsque les périls de l'État étaient si grands qu'une levée en masse générale devenait nécessaire, et partielle (PnrticuUir-Insurrection) , lorsqu'une partie de cette force militaire suffisait pour rétablir l'ordre et la paix dans le pays , ou pour le mettre à couvert contre un envahissement L'insurrection par conséquent tenait lieu de la milice régulière qui fut introduite plus tard et qui , à l'avènement de Marie-Thérèse, se signala par son noble dévouement et courage.

20 juillet à Francfort , pour l'élection d'un chef de l'Empire. L'électeur palatin Frédéric V, dans l'unique vue de désunir les Maisons d'Autriche et de Bavière , avait dès Tannée 1617 engagé le duc Maximilien de Bavière à postuler la dignité royale. Mais Maximilien , qui avait coi* tracté une étroite amitié avec Ferdinand , avec lequel il avait fait ses études à Ingolstadt , rejeta cette proposition malicieuse. Frédéric chercha cette fois- ci à opposer an autre compétiteur au roi Ferdinand, et offrit d'abord le trône germanique au roi Chrétien IV de Danemark, puis au prince Maurice d'Orange, enfin au duc Charles- Emmanuel de Savoye. Les prétentions excessives que fit ce dernier prince surprirent les Protestants unis , et les portèrent à lui présenter également des conditions fort outrées. Mais le duc de Savoye ne s'engagea pas davantage dans cette affaire avec les chefs de l'Union. L'électeur Frédéric chercha alors à retarder du moins l'élection d'un empereur, jusqu'à ce que les soulèvements en Bohème et en Autriche eussent atteint leur but, et mis le roi Ferdinand dans une situation qui empêcherait le Collège électoral de le choisir pour chef de l'Empire. Cependant il ne réussit point à faire entrer les autres électeurs dans ses vues. Ces princes n'accueillirent pas mieux la démarche hardie des Utraquistes bohèmes, qui demandèrent que le roi Ferdinand ne fut point admis dans l'assemblée électorale, par la raison qu'il n'était pas encore effectivement entré en possession du royaume de Bohème , et ne pouvait par conséquent donner sa voix comme électeur de Bohème. Le roi Ferdinand fut invité par les électeurs à faire exercer par des plénipotentiaires le suffrage électoral de Bohème, tandis que les ambassadeurs , délégués par les États de ce royaume au Collège des électeurs, trouvèrent les portes de Francforts fermées pour eux. Lorsqu'on procéda à l'élection , l'envoyé de l'électeur palatin

■rèdéric proposa d'abord le duc Maximilien de Bavière j Ulte ensuite il se réunir avec les autres suffrages, en ■irte que Ferdinand fut élu d'une voix unanime JEmptreur romain, le 28 août 1619, et couronné à Franc* ibrt le 9 du mois suivant»

Pendant ce temps-là, les directeurs bohèmes avaient «troqué une Diète générale à Prague. Le 31 juillet, les Ébats de la Bohème, de la Moravie, de la Silésie et de la Lusace conclurent dans cette assemblée une confédération , dont le but était , à ce qu'ils disaient, de défendre leur constitution , l'exercice libre de leur culte , les lettres hnpériaux et autres privilèges. Le 16 du mois d'août, les États de la haute et de la basse Autriche accédèrent aussi k cette union. Le 17 du même mois, la déposition du roi Ferdinand fut résolue dans cette Diète. Les motifs qu'ils iBéguèrent pour justifier ce procédé téméraire, étaient en grande partie dénués de fondement. Avant tout ils acculèrent Ferdinand de ne pas avoir été promu à l'Empire par fibre élection , mais d'avoir gagné les suffrages par les présents , des promesses et des menaces ; de s'être, en contravention aux reversâtes qu'il avait données , immiscé pendant la vie du roi Mathias dans les affaires de l'administration; d'avoir commencé la guerre en Bohème, i l'insu et sans l'autorisation de l'Empereur défunt, enfin l'avoir conclu avec l'Espagne un traité relativement à la succession de Bohème, lequel portait atteinte au droit l'élection des Etats. Ces derniers s'occupèrent alors du shoix d'un nouveau roi. Parmi plusieurs princes, proposés pour cette dignité, l'électeur Jean-Georges de Saxe était 3elui qui avait le plus de voix ; mais il fut assez loyal et issez sage pour refuser la couronne que les rebelles lui offraient. Alors la majorité des Etats se déclara pour 'électeur palatin Frédéric V. Ce prince était un défenseur télé de la Foi évangélique, bien qu'il appartînt à la secte

dissidente des Calvinistes. Il avait de tout temps favorisé, autant que possible , la révolte en Bohème. Il paraissait en outre , par sa proche parenté avec le roi Jacques I d'Angleterre qui était son beau - père , et avec le prime Maurice d'Orange qui était le frère de sa mère , pouvoir compter sur un soutien puissant.

L'électeur Frédéric fut, il est vrai, tout joyeux de soi élévation ; mais la crainte des grands dangers dont die le menaçait, l'empêcha longtemps de prendre une résolution Son adversaire, le roi Ferdinand, venait de monter sur le trône d'Allemagne. Ce prince pouvait être assuré du sont» de la Ligue catholique et de tous les autres Catholiques, comme aussi de celui du pape ; l'appui du roi d'Espagne était indubitable. Le chef de la Ligue, le duc Maximilies de Bavière , donna à l'électeur le sage avis de rejeter les propositions des Bohèmes. De pareilles exhortations U parvinrent de la part des archevêques deMayence, de Trêves et de Cologne, ainsi que des ambassadeurs de Saxe et de Brandebourg, réunis à Francfort. Même le roi d'Angleterre, son beau -père, le dissuada de cette démarche qu'il n'approuvait . aucunement ; mais rUnim évangélique , son épouse Elisabeth d'Angleterre et plusieurs d'entre ses conseillers intimes, lui inspirèrent da courage. Mais ce qui l'engagea principalement à accepter la couronne de Bohème, ce fut la position critique ou l'Empereur était mis par une invasion que Bethlen Gabor avait entreprise en Hongrie.

Au commencement de septembre, le prince de Transylvanie, qui peu de temps auparavant avait promis à l'Empereur son assistance contre les rebelles , se mit en marche vers la Hongrie. Il s'avança, sans trouver de résistance, avec une telle rapidité dans ce pays, qu'au bout de six semaines presque toutes les villes et places sur la ligne de la frontière transylvaine jusqu'à Presbourg étaient

es son pouvoir. Oui, le palatin Sigismond Forgacs lai remit même, vers le milieu d'octobre, le château de Prèsbourg, avec la sainte couronne, et fut en revanche confirmé par Bethlen dans sa dignité* Munkacs , Comorn, Raab etNeutra seuls restèrent dans les mains des troupes royales. L'archiduc Léopold avait en toute hâte rappelé le général Bucquoi avec son corps d'armée de la Bohème, pour protéger la ville de Vienne. Dampierre, qui pendant ce temps -là avait combattu avec avantage les rebelles en Moravie , et leur avait aussi enlevé plusieurs places 9 se joignit alors au général Bucquoi, et marcha avec lui vers la capitale. Le 1 novembre, l'Empereur arriva de T Allemagne dans cette ville. Mais dès le lendemain, les troupes de Bethlen Gabor investirent la place. Thurn, qui avait suivi Bucquoi , fut renforcé par un corps de Transylvains, sous les ordres de Rhedei, que Bethlen avait envoyé en Moravie. Près de Nicolsbourg F arrièregarde de Bucquoi, commandée par Dampierre, fut défaite» D'autres combats furent livrés sur le chemin vers Vienne jusqu'au pont de Tabor, où Thurn et Rhedei se réunirent avec Bethlen. Ils comptaient en tout 60,000 combattants. Bucquoi avec ses 18,000 hommes avait occupé , devant Vienne sur la rive gauche du Danube, un camp bien fortifié. Le 24 octobre, il fut attaqué par l'ennemi. Après une résistance fort courageuse , il se retira en deçà du fleuve dans la ville, et fit rompre le pont. Le comte Thurn fit de vains efforts pour franchir le Danube ; quelques milliers de Transylvains seulement vinrent à bout de gagner la rive droite, où ils se mirent aussitôt à ravager le pays. Thurn et Bethlen ayant encore une fois , mais en vain, présenté la bataille (23 novembre), mirent leurs troupes en quartiers d'hiver dans leurs pays. Ce qui engagea principalement Bethlen à terminer cette campagne , ce fut l'irruption que le juge royal de la Cour , Georges Hom-

nonai avait faite, avec des Polonais et Cosaques enrôlés, dans la haute Hongrie, où il avait battu Georges Habitai, général transylvain. Pendant l'hiver Bethlen Gabor iégocia avec l'Empereur sur une trêve entre lui et ce ■*narque, avec Frédéric et les Bohèmes sur nue étroite alliance, pour laquelle toutefois il ne demandait pas mam qu'un subside annuel de 500,000 écus. Le 8 janvier 1620, Bethlen se fit élire prince de Hongrie, et le 16 du mène mois , il fut conclu une suspension d'armes avec l'Empereur jusqu'au 29 septembre de la même année.

L'électeur Frédéric , après avoir confirmé aux Bohèmes les privilèges du royaume, fut couronné, de méat que son épouse, à Prague le 4- novembre 1619. Lorsque eut reçu, en février de Tannée suivante, l'hommage des Moraves et des Silésiens , il se rendit à Nuremberg, oi l'Union tenait une assemblée. Elle déclara à l'envoyé impérial, le comte Jean de Hohenzollern : ^qu'elle soutien* drait le roi de Bohème , en cas qu'il fût attaqué dans ses pays héréditaires." Les efforts de Frédéric pour engager l'Union à une déclaration tout aussi positive relativement à la Bohème, demeurèrent infructueux. L'Union envoya alors au duc Maximilien de Bavière une ambassade qui demanda, „que la Ligue catholique, ayant pris la première les armes , les déposât aussi la première ; que les principaux griefs des Protestants à l'égard du procédé partial de la part du Conseil aulique d'Empire et de la Chambre impériale, et relativement aux biens des ecclésiastiques sécularisés, où le droit des Protestants était évidemment prouvé, fussent redressés sur-le-champ et qu'on examinât et réglât à l'amiable les autres points dans un congrès particulier." Les Protestants y ajoutèrent qu'ils attendaient d'ici à deux mois une déclaration franche et ouverte , pour se conduire en conséquence. Le duc de Bavière répondit résolument à ce message „que, les

PCBttfcoliques ayant été de tout commencement les pre- ^fKin lésés dans leurs droits naturels , ils avaient bien *ooger à leur propre défense ; qu'il appartenait à l'Emet à l'Empire seuls d'ordonner qu'ils déposassent armes; que c'était par conséquent à eux que l'Union à s'adresser à cet égard; que du reste l'attitude ^■■Mile des Catholiques viendrait à cesser d'elle - même, qu'ils seraient entièrement en sûreté contre toute vioinéquitable de la part des Evangéliques." Ensuite imilien convoqua en février 1620 une assemblée de **% Ligue à Wurzbourg. Les membres de cette con-

* •'fclération , surtout les électeurs de Mayence et de Co- •* **j|ne, levèrent en hiver un nombre considérable de troupes.

* ^L Wurzbourg , la Ligue déclara, le 5 mai: „qu'elle ~ ^Hlait continuer ses armements, et solliciter l'assistance

4k pape, du roi d'Espagne et aussi celle des États évan~ Reliques qui n'appartenaient point à l'Union." Le duo de Lorraine accéda à la Ligue.

Sur ces entrefaites , l'empereur Ferdinand II s'était préparé avec habilité et énergie à résister vigoureusement aux forces ennemies qui de toutes parts menaçaient de fondre sur ses États. Déjà lors de son couronnement, les trois électeurs ecclésiastiques lui avaient assuré leur appui. Le 8 octobre 1619 , il fit signer à Munich une alliance offensive et défensive avec le duc Maximilien de Bavière. L'empereur Ferdinand confia à ce prince la suprême direction des affaires militaires des Catholiques, et lui assura le dédommagement des frais de la guerre, comme aussi des dégâts et pertes qu'il pourrait essuyer et lui promit, dit -on, dès lors la dignité électorale du comte palatin, s'il réussissait à le chasser de la Bohème. Comme les Autrichiens refusaient toujours d'inaugurer Ferdinand, ce prince fit marcher un corps de 2000 Polonais et Cosaques jusqu'aux environs de Vienne. Les États de la basse

Autriche forent saisis d'une telle frayeur par l'arrivée de ces botes redoutables , que la plupart d'eux prêtèrent) le 13 juillet 1620, serment de fidélité à l'Empereur. Le Monarque leur promit de laisser les rapports du culte protestant tels qu'il les avait trouvés à son avènement Ceu qui jusqu'à ce jour ne s'étaient point soumis , furent déclarés rebelles.

Les États de la haute Autriche persistèrent encore ultérieurement dans leur refus. Le 29 janvier, Ferdinand II déclara l'élection de Frédéric V, comme roi de Bohème, illégale et non valable. Le roi Philippe III d'Espagne transmit à l'Empereur un secours d'argent de douze cent mille florins , et promit d'envoyer un corps nombreux de troupes des Pays -Bas, pour faire une diversion dans le Palatinat du Rhin. La Hollande était empêchée par les forces espagnoles de soutenir efficacement Frédéric Venise et la Savoye restèrent dans l'inaction. Le roi de Danemark et le duc de Brunswick se déclarèrent neutre*. Le roi Sigismond de Pologne occupait le roi Gustave- Adolphe de Suède, en continuant la guerre qu'il faisait pour faire valoir ses prétentions héréditaires sur le trône, qui avait été ravi à son père par la révolution de l'année 1599. .Sigismond autorisa l'Empereur à enrôler des Polonais et des Cosaques* Le grand-duc de Florence et plusieurs autres princes italiens promirent leur assistance à Ferdinand. Ce Souverain fit aussi prier, par le conrie de Furstenberg, le roi de France de coopérer à la défense de la Foi catholique. Mais Louis XIII se borna à envoyer des ambassadeurs en Allemagne, qui devaient essayer de faire conclure un accommodement. Le pape Paul V assura à la Ligue catholique un subside de 200,000 ducats par mois sur sa cassette, et il accorda à l'Empereur le dixième des produits de tous les biens ecclésiastiques en Espagne, en Italie, en Sicile et en Flandre.

L'électeur Jean -Georges de Saxe en voulait aux Bohèmes, non - seulement parce qu'ils avaient , parleur obstination, fait échouer l'entremise dont l'empereur Ma thias Pavait chargé Tan 1618, mais aussi parce qu'ils s'étaient choisi pour Souverain rélecteur palatin qu'il détestait, comme Calviniste, et à qui, comme chef de l'Union, il portait envie de sa puissante influence. Il ne pouvait supporter l'idée, que c'était à ce prince odieux qu'il devrait faire hommage pour les fiefs saxons , dépendants de la Bohème. En conséquence, oet électeur épousa avec ardeur 1e parti de Ferdinand. 11 engagea les États du cercle de la haute Saxe à obéir en tout point à ce Souverain , mais à observer la neutralité envers les Bohèmes et à lever, pour la maintenir, un corps de 4000 hommes dans leur cercle. Les électeurs de Mayence, de Cologne et de Saxe, le landgrave de Hesse-Darmstadt, et les Ministres plénipotentiaires de l'électeur de Trêves et du Abc de Bavière tinrent, au mois de mars 1620, une conférence à Mulhausen. Ces princes se déclarèrent prêts à aider de toute manière possible l'Empereur à maintenir et à défendre sa dignité et les royaumes qu'il possédait. Les chefs de la Ligue promirent, au nom de tous les princes catholiques , aux États protestants du cercle de la haute et basse Saxe que, s'ils demeuraient fidèles à l'Empereur, lui prêtaient secours contre ses ennemis , et n'enlevaient plus des archevêchés , des couvents et des domaines aux Catholiques, ces derniers ne les troubleraient ni leur préjudicieraient en aucune manière dans là jouissance des biens ecclésiastiques , confisqués antérieurement. Le 21 umts, les électeurs réunis dans Mulhausen adressèrent des lettres admonitives à l'électeur palatin, aux princes et États unis, aux États de l'Autriche, de la Hongrie, de la Bohème , de la Moravie , de la Silésie et de la Lusace, comme aussi aux différentes associations et communautés

des comtes et de la Noblesse immédiate de l'Empire. Après une vive peinture des dangers auxquels allaie* être exposés l'Allemagne et les pays, unis par la Matai d'Autriche au système politique de l'Empire , ils les exhortèrent à rester fidèles à l'Empereur, et à contribiar au rétablissement de la paix. A l'électeur palatin ils dé* clarèrent qu'en cas de guerre, ils assisteraient l'Emperer autant qu'ils le pourraient. Ferdinand aussi somma les Protestants à la soumission qu'ils lui devaient, et leur enjoignit de cesser les armements.

Cependant tous ces débats et négociations n'empêchèrent point les deux partis de continuer les préparatifs de guerre. Les Évangéliques unis enrôlèrent dm troupes en Westphalie, en Lorraine, en Alsace et m Hollande. Le roi Jacques d'Angleterre envoya 4O00 hommes en Hollande, et en revanche le Stadt bouder (chef de la république des Provinces - Unies) fit marcher 30ÛÛ Hollandais au Rhin. Le margrave de Bade fournit 10,000 fantassins et 1000 cavaliers. Le duc Jean - Erneste Je jeune de Weimar et plusieurs Nobles immédiats de TEupire souabes et rhénans amenèrent des troupes auxiliaires à l'électeur Frédéric en Bohème. Bethlen Gabor lui promit 10,000 Transylvains. Les forces que TEmpereor commençait à déployer, étaient bien plus considérable* que celle des Protestants. Le roi d'Espagne promit une armée auxiliaire de 20,000 hommes d'infanterie et de 3000 chevaux. Le duc de Bavière seul avait enrôlé dam son pays 15,000 fantassins et 3000 cavaliers. L'archiduc Léopold amena au duc Maximilien les troupes qu'il avait rassemblées dans l'Autriche antérieure. Comme les Protestants confédérés avaient , au mois de mai , réuni leurs troupes, sous le commandement du margrave Joachia- Erneste d'Anspach, près de la ville d'Ulm, le duc Maximilien concentra également les forces de la Ligue catholique

entre Lauingen et Ganzboarg. Toutefois les deux armées n'en vinrent pas aux prises; car les Protestants furent aussi menacés sur leurs derrières par l'armée du général espagnol , marquis Ambroise Spinola , qui s'avançait du côté des Pays - Bas. Dansr l'entrefaite , des négociations avaient commencé à Ulm, sous l'entremise de la France. Après quatre semaines de conférence, on conclut, 4e 3 juillet 1620, un accommodement entre l'Union et la Ligue. Les deux parties s'engagèrent à tenir strictement la paix publique et de religion , et à remettre à un temps convenable l'examen et le redressement de leurs griefs respectifs. Les deux parties se concédèrent mutuellement le passage des troupes par leurs États. Il fut réglé, que cette convention serait valable pour tous les pays , dont les possesseurs appartenaient ou à la Ligue ou à l'Union. La Bohème , la Moravie , la Silésie et la Lusace furent toutefois formellement exclues. Par cette dernière clause, l'Union renonçait à la faculté de prêter à l'électeur Frédéric toute assistance quelconque dans les pays bohèmes. Pour l'électorat du Palatinat et les autres possessions de Frédéric en Allemagne seuls , le traité était également obligatoire. Le margrave d'Anspach se dirigea alors vers le Palatinat du Rhin , pour défendre ce pays contre les Espagnols.

Le comte de Bucquoi fit au printemps des mouvements , qui indiquaient son intention d'envahir la Bohème. Frédéric avait remis le commandement en chef de Tannée bohème au prince Chrétien d'Anhalt et au comte Georges 4e Hohenlohe , par où il avait excité un grand mécontentement parmi les Bohèmes et ceux qui avaient été jusqu'alors leurs chefs , comme Thurn , Mansfeld et autres. Hohenlohe et Mansfeld furent envoyés en avant dans l'Autriche $ ils prirent Rœtz , mais furent vaincus près dé Laogenlois par le général Bucquoi. Lorsque le prince

cTAnhalt fat arrivé avec la force principale à Eggenbourg, il marcha avec son armée, forte alors de 30,000 bonnes, sur Crems, jusqu'où Bucquoi s'était retiré. Mais l'attaque contre cette ville ayant échoué, le prince rétrograda jusqu'à Langenlois, où le manque de toutes les nécessités tint cette grande force dans l'inaction. Indépendamment de cela, Léonard Fels éprouva un échec prés de Zisteradorf , et la garnison impériale de Budweis surprit MoVdautein et dévasta le pays sur les derrières de Famée bohème*

Le duc Maximilien de Bavière déploya alors dan ses opérations contre les ennemis de l'Empereur autant de talents que d'activité. Il quitta son camp près deLauinges et marcha, à la tête de 25,000 hommes , avec une telle rapidité vers la haute Autriche, qu'il arriva sur les frontières de cette province , avant qu'on sût seulement qrï était en route. Les rebelles consternés lui envoyèrent des députés qui devaient, par des négociations apparentes, gagner du temps pour se préparer à la résistance et appeler les Bohèmes à leur secours. Mais Maximilien déclara, le 20 juillet, à ces délégués: „que l'Empereur l'avait chargé d'exécuter le ban de l'Empire contre les révoltés de la haute Autriche ; que toutefois il voulait bien encore accorder un délai de cinq jours , pour se soumettre sans condition." Pendant ce temps, les États s'étaient assemblés à Linz , et une seconde députation se rendit auprès du duc Mais Maximilien ordonna à son avantgarde de 5000 hommes d'entrer dans la haute Autriche, dès que le délai de cinq jours serait expiré. Le colonel Haslang occupa avec ces troupes les places situées sur son chemin. Le lieutenant - général comte Jean de IY% le suivit avec un corps nombreux. Le 28 juillet, le duc même franchit avec la force principale les frontières. Quelques bandes de paysans , qui tentèrent de résister , furent dis-

perses. Les États , se voyant déçus dans l'espoir d'être secourus par les Bohèmes et les Hongrois , députèrent une troisième fois vers le duc de Bavière. Les envoyés déclarèrent, que les États étaient prêts à se soumettre i l'Empereur; mais ils demandèrent auparavant la confirmation des privilèges , concédés par l'empereur Maxiarilien II , une amnistie complète et l'exemption du loge* iftent des troupes. Le duc renvoya les États avec leur pétition à l'Empereur , entra dans Linz et força les États à prêter foi et hommage à leur légitime Souverain*

Après que le duc de Bavière eut ramené toute la haute Autriche à l'obéissance, il se mit, le 23 août, en «arche vers la basse Autriche. Son intention était de chasser les Bohèmes de toutes les places fortes qu'ils tenaient encore occupées dans cette province. Le 8 septembre, il opéra dans le voisinage de Zwettel, non loin de Neuen-Pela, sa jonction avec Farinée impériale, sous les ordres du lieutenant - général comte de Bucquoi ; la force rassemblée près de cet endroit consistait eu 50,000 combattants. Dans le Conseil de guerre , les Généraux lurent tous d avis , qu'il fallait continuer sans retard les opérations directement vers Prague , bien que les troupes kohèmes , pour empêcher l'armée de la Ligue de marcher «ur cette capitale*, se fussent retirées de l'Autriche en Mo- -ravie. Bethlen Gabor écrivit dans ce temps -là au duc Jf aximilien : „qu'il envahirait son pays et le dévasterait par le fer et le feu , s'il osait jamais attaquer son allié .Frédéric en Bohème." Mais on ne daigna pas faire réponse au prince transylvain, et l'Empereur fit marcher des •troupes vers Presbourg , pour observer ses mouvements.

L'électeur de Saxe avait, par ordre de l'Empereur, conduit 15,000 hommes dans la Lusace. Il avait vaincu et dispersé les troupes silésiennes du margrave Jean- Georges de Brandebourg-Jœgerndorf, enlevé Bautzen et

soumis tout le pays. Les Silésiens furent occupés par les Cosaques du roi de Pologne. lie général espagnol Spinola, qui avait pénétré , au mois d'août, avec 2*,000 hommes dans le Palatinat du Rhin , fit la conquête de la plupart des villes et châteaux dans cette contrée. Les Évangéliques unis avaient rassemblé leur armée près d'Oppenheinu Mais les troupes étaient mécontentes dt retard qu'on mettait à les payer, et les chefs étaient désunis entre eux ; chacun ne songeait qu'à la sûreté de ses propres foyers, et aucun ne s'inquiétait du pays voisin, qu'il abandonnait à la merci des Espagnols , sans même avoir fait le moindre mouvement pour arrêter leurs progrès. Les affaires de l'électeur étaient beaucoup empirées. Les Protestants unis l'avaient laissé sans secours. Le roi d'Angleterre ne voulait pas le reconnaître pour roi de Bohème , et bornait son appui à renvoi de sommes d'argent insignifiantes. Bethlen Gabor avait suspendu les hostilités contre l'Empereur. L'Autriche et la Lusace s'étaient soumises à Ferdinand. Les États de la basse Saxe et le roi de Danemark s'étaient déclarés neutres, et avaient par là renoncé à toute intervention dans la guerre bohème. Pour surcroît de disgrâce, Frédéric avait aigri les Bohèmes, tant catholiques que luthériens, en cherchant par un zèle hors de saison à propager le Calvinisme et a faire adopter, par une réformation violente, la même doctrine à ses nouveaux sujets. Dans cet état de choses, l'électeur Frédéric reçut une lettre du duc de Bavière, dans laquelle ce prince lui notifiait, que l'Empereur lui avait donné mission de s'avancer en Bohème; en mène temps il l'engagea à déposer la couronne, et à évacuer les pays bohèmes. Mais Frédéric n'écouta point cette bienveillante exhortation, et se déclara résolu à défendre le trône usurpé.

Toute la force que Frédéric avait alors à opposer s

impériale, montait à 30,000 hommes. Le 20 sep- ^ Maximilien et Tilly avec les troupes de la Ligue, *V— Bucquoi avec l'armée impériale, composée d'Autrichiens, Wallons, d'Espagnols, d'Italiens et de Cosaques, étrèrent de Weidhofen dans la Bohème. Le duc marpar Gratzen et Budweis. Bucquoi prit Prachatitx ^VOttaut. Ensuite les deux armées se réunirent devant ***»8*ek, qui fut enlevé de vive force, le 30 septembre ; après ^4Noi les alliés se dirigèrent sur Pilsen. Mansfeld avait ' ^*è battu dans une tentative qu'il avait faite pour envahir v^ Bavière. Le colonel Maradas, qui était arrivé avec

* ^BOO Espagnols de Milan en Bohème , marcha à la ren-

* ^tartre du corps bavarois victorieux , et tous les deux se Unirent, le 17 octobre, avec la grande armée, après sroir conquis pendant la marche le château de Riesenberg, fans, Klattau et plusieurs autres places. Le prince fAnhalt quitta alors le camp qu'il occupait près de Bneznita, et marcha à Rokitzan où Frédéric vint rejoindre Tannée. Les troupes étaient dans un état pitoyable. mes manquaient de solde, de vêtement, ainsi que de tous les autres objets nécessaires, et la discipline militaire avait entièrement disparu. Frédéric sentit la difficulté de soutenir le combat avec une pareille armée et proposa, le 20 octobre, une entrevue personnelle au duc Maximilien. Mais ce prince exigea, comme condition de cet abouchement, que Frédéric renonçât auparavant à la couronne de Bohème. Cette demande ayant été rejetée, le duc et Bucquoi se mirent, le 22 octobre, en marche des environs de Pilsen , dont ils n'entreprirent point te siège pour ne pas perdre trop de temps» Les Bohèmes s'étaient retirés jusqu'à Rakonitz, dans le voisinage de laquelle ville les Impériaux arrivèrent le 24 octobre. Ici , on livra , les jours suivants, plusieurs combats, dans Fun desquels le comte de Bucquoi lui - même fut Messe* La disette de

vivres engagea le duc Maximilien à présenter une bataille générale au prince cTAnhalt , qui toutefois l'évita soigneusement.

Le 5 novembre, le duc de Bavière continua sa marche par Strassnitz sur Prague. Par conséquent les Bohèmes se virent obligés de quitter également leurcasp, et se hâtèrent de gagner par Unhoscht la capitale avant les alliés. Ils se retranchèrent ensuite sur le mont Blanc (Weissen-Berg), situé dans le voisinage de Prague, Mais le défaut d'ordre et de discipline parmi les troupes fit, que les travaux de fortification furent exécutés avec une grande négligence. Ils n'étaient pas encore fort avancés lorsque le duc de Bavière et le comte de Bucquoi parurent devant le camp ennemi. L'armée bohème comptait 21,000, celle des Autrichiens et Bavarois 40^000 combattants. Le 8 novembre, à l'heure de midi, le doc mena l'armée à l'attaque. Le prince d'Anbalt le reçut avec fermeté. Son fils attaqua avec la cavalerie les Impériaux qui s'étaient avancés contre l'aile droite des Bohèmes, et les força à plier; mais Tilly envoya la cavalerie de la Ligue pour soutenir les Impériaux. Les cavaliers bohèmes furent culbutés, le jeune prince d'Anhalt blessé et fait prisonnier. A Faile gauche des Bohèmes se trouvait la cavalerie hongroise, qui repoussa le choc des Polonais et des Cosaques , mais qui fut ensuite attaquée par le doc Maximilien et mise en fuite. Alors la déroute dans l'armée de Frédéric devint complète. Les cavaliers hongrois prirent les premiers la fuite; ils descendirent en tonte hâte dans la plaine, et passèrent à gué la Moldave (Moldau). Plusieurs périrent dans le fleuve. Alors l'infanterie bohème s'enfuit également. Mais les Moraves se défendirent courageusement, et furent pour la plupart hachés en pièces. Au bout d'une heure la victoire était déjà décidée. Les vaincus avaient laissé 5000 morts sur

le champ de bataille, et 1000 hommes se noyèrent dans la Moldave; dix canons et cent drapeaux tombèrent entre les mains des Impériaux , qui ne perdirent qne 300 hommes dans cette journée. >

Frédéric, qui tenait pendant la bataille on festin dais Prague, après lequel il voulait se rendre à l'armée, ayant appris la défaite qu'elle avait éprouvée, demanda au duc de Bavière un armistice de vingt-quatre heures. Mais Max** milien ne Jui en accorda que huit, et y mit encore cette condition, que Frédéric se soumettrait sur-le-champ à l'Empereur et renoncerait i la couronne de Bohème. Le lendemain matin, Frédéric s'enfuit avec son épouse et ses principaux partisans à Breslau en Silésie. Sa hâte et sa consternation furent si grandes, qu'il oublia la couronne bohème avec les joyaux du royaume, ainsi que les archives qui étaient déjà emballés, et que le prince d'Anhalt, père$ laissa les papiers d'Etat les pins importants au château de Prague. Comme les États de Silésie entamaient précisément alors des négociations avec l'électeur de Saxe pour obtenir leur pardon de l'Empereur, Frédéric continua bientôt après sa fuite par Berlin en Hollande.

La victoire près de Prague eut de grandes suites politiques. Immédiatement après le départ de Frédéric, les habitants ouvrirent les portes. Le 1 1 novembre , les villes de Prague (la ville «-vieille, la ville -neuve et le Petit -Côté} prêtèrent foi et hommage. Le surlendemain, tous les États présents dans la capitale prièrent le duc Maximilien d'obtenir leur grâce de l'Empereur $ ils jurèrent serment de fidélité à ce monarque, comme leur roi légitime, renoncèrent à toutes les ligues dirigées contre Ferdinand II , et livrèrent les actes qui y avaient rapport; L'Empereur désigna le prince Charles de Liechtenstein pour diriger les affaires du gouvernement en Bohème. Tilly resta avec une garnison de 8000 hommes dans

Prague. Le duc Maximilien retourna à Munich. Le 11 novembre, toutes les villes bohèmes se soumirent, à Ta» ception de Pilsen, de Tabor, d'Ellnbogen et de quétym châteaux occupés par Mansfeld, d'où celui-ci rançonnait kl domaines des Nobles, dévoués à l'Empereur. LesCalhofiques furent rétablis dans leurs charges , dignités et potsessions , après les avoir ôtées aux Utraquistes qui s'a étaient emparés. Le comte Bucquoi marcha avec m corps d'armée en Moravie. Cette province se soumit, et tout y fut remis sur l'ancien pied. Par la médiation de Félecteur de Saxe , les Silésiens furent aussi engagés à la soumission , moyennant la promesse qu'on leur fit de leur accorder une amnistie, et de confirmer la liberté de religion et les autres privilèges du pays. Le 18 février 1621, les Silésiens firent hommage i l'Empereur, renotcèrent à la confédération , livrèrent les documents relatifs à ce pacte, s'obligèrent à payer trois tonnes d'or i l'Empereur, pour le dédommager des frais de la guerre, et i lever des troupes pour la défense du pays. On confisqua au margrave Jean-Georges de Jœgerndorf sa principauté qui fut donnée au prince Charles de Liechtenstein. Le margrave se rendit dans la suite auprès de Bethlen Gabor en Hongrie.

Les Bohèmes avaient supplié l'Empereur de leur accorder une amnistie générale; mais leurs délits avaient eu des suites si terribles, que l'indulgence eut été ici déplacée* Les auteurs de la rébellion furent arrêtés en février 1621. Leur culpabilité ayant été examinée par une commission aulique, vingt-sept des prévenus subirent, le 21 juin, la peine de mort ; seize furent condamnés en partie à une prison perpétuelle, et en partie au bannissement. Les rebelles fugitifs encoururent la mort et l'infamie , et Ton confisqua leurs biens , comme ceux des susdits condamnés. Encore un grand nombre d'autres Nobles,

enveloppés dans la révolte, expièrent leur crime par là perte de leurs possessions. L'Empereur était d'opinion que le plus sûr moyen, pour prévenir dorénavant les troubles intérieurs, était de ne tolérer dans le royaume aucune autre religion que la catholique. Cependant, comme presque trois quarts de la population de Bohème avaient abandonné la communion de l'Église romaine , ce projet ne pouvait pas être mis tout d'un coup i exécution. On commença par défendre le culte calviniste dans la capitale, et par persécuter les Picardites et les Frères moraves. Ensuite il fut enjoint aux prêtres , aux professeurs et maîtres d'école réformés , de quitter dans un court espace de temps la Bohème ; en 1622 les prédicateurs et maîtres d'école luthériens furent également exilés , et on expulsa les sénateurs protestants du magistrat de Prague de leur emploi. Dès Tannée 1621 , les Jésuites avaient été rappelés dans le pays , et on leur remit aussi l'université de Prague. En 1624, tout culte, déclaré hérétique par l'Église catholique , fut interdit en Bohème et en Moravie par plusieurs édits impériaux. Dans la Diète de Prague en 1627 les lettres impériaux de Rodolphe II furent abrogées, et Ton ordonna à tous les religionnaires, qui ne retourneraient pas à l'ancienne religion dans l'espace de six mois, de quitter le royaume. Plusieurs milliers de Luthériens, en partie nobles, en partie bourgeois, marchands, artistes et ouvriers, abandonnèrent alors leur pays natal et allèrent s'établir en Saxe , dans le pays de Brandebourg, en Prusse, en Hollande et en Suisse. Dans cette même Diète l'Empereur confirma en revanche les autres privilèges de la Bohème. L'archiduc Ferdinand^ fils de l'Empereur , fut couronné roi héréditaire de Bohème, le 29 novembre de Tannée 1627.

En Moravie , en Silésie et en Autriche, la contre* réformation se fit à peu près de la même manière qu'en

Bohème. En 1622, ronirereité de Vienne fat également confiée aux soins des Jésuites.

L'année suivante , on établit une commission , pov informer des délits des Etats de la basse Autriche dais les troubles des années précédentes. Cependant toute peine leur fut remise , moyennant l'acceptation pure et nette des dernières lois religieuses, et le payement d'oie amende d'un million de florins. Dans la haute Autriche, là commission , établie pour diriger l'affaire de la casversion, laissa aux Luthériens le choix ou d'embrasser la religion catholique, ou de quitter le pays; ce qui excka tellement l'indignation des paysans de cette province, qu'ils se soulevèrent en 1625 et Tannée suivante de nos* ▼eau. La première sédition fut promptement comprimée; mais celle en 1626 devint si sérieuse que Guillaume Fa» dinger et 40,000 paysans osèrent assiéger Lins. Cette ville fut dégagée par la général Lœbel , et les révoltés furent défaits à différentes reprises. Le calme ayant été rétabli, le gouvernement fit émaner plusieurs ordonnances, pour extirper d'autant plus tôt le Luthéranisme dans toute l'Autriche.

Le 22 Janvier 1621 , l'électeur palatin Frédéric, ayant été déclaré rebelle, perturbateur du repos publie et coupable de lèse-majesté, fut mis par l'Empereur au ban de l'Empire , ainsi que ses principaux adhérents, le mar» grave Jean -Georges de Brandebourg -Jœgerndorf, le prince Chrétien d'Anhalt et le comte Georges - Frédéric de Hohenlohe. La sévérité dont l'Empereur avait wé envers les révoltés bohèmes , répandit une profonde consternation parmi les Protestants unis. Comme le temps pour lequel ils avaient conclu leur confédération, expirait au 14 mai 1621 , les membres de l'Union se soumirent par la convention, faite le 12 avril, à l'Empereur. Ils promirent de ue prêter aucun secours ultérieur

an comte palatin , de licencier leurs troupes et de né plus prolonger l'Union. Le 14 mai à Heilbronn , l'Union se déclara dissoute.

On avait accordé , le 12 avril , à l'électeur Frédéric* une trêve pour le Palatinat; elle fut prolongée , le 14 mai, pour six semaines. Mais l'Empereur ne voulait pas se décider sur le pardon et la réintégration de l'électeur dans ses domaines de famille $ il remit jusqu'à la prochaine Diète à prendre une résolution i cet égard. L'électeur fut douloureusement surpris par la nouvelle, que les Prêtes** tants unis l'avaient entièrement abandonné i son sorti Tous ses États étaient livrés aux armées ennemies , et notamment le Palatinat du Rhin aux Espagnols, le Haut- Palatinat aux Bavarois. Toutefois l'électeur se flattait encore de l'espoir, que les entreprises des princes, qui étaient les ennemis déclarés de l'Empereur, auraient une bonne issue, et amèneraient aussi pour lui un changement heureux. Parmi ces princes le Souverain de Transylvanie, Bethlen Gabor , était Je plus puissant. lia trêve avec ce prince avait aussi été confirmée par l'assemblée des États à Presbourg, le 18 janvier 1620, et on avait convoqué une Diète hongroise à Neusol. Les Etats s'étaient particulièrement efforcés de favoriser l'exercice de la religion protestante. Ils entamèrent des négociations avec l'Union évangélique, avec Frédéric en Bohème, avec la Pologne et la Porte Ottomane. Outre cela, on fit des dispositions pour continuer la guerre ; on leva des troupes, répara les forteresses, remplit les magasins, imposa des contributions, séquestra les biens des partisans de Ferdinand émigrés; enfin les États firent un pacte formel avec Bethlen Gabor. Dans Tentrefaite étaient aussi arrivés i la Diète des plénipotentiaires polonais, bohèmes, autrichi* ens , qui furent suivis , au mois de juin, par des commis-* saires impériaux. Mais, comme Bethlen et les États

refusèrent d'acquiescer aux demandés équitable* de l'Empereur, les envoyés de ce monarque quittèrent, le 17 août, Neusol , et déclarèrent d'avance nuls et de nul effet tons les arrêtés qu'on prendrait dans cette assemblée. Le 26 août, Bethlen se fit élire roi de Hongrie, et confirma ensuite , en cette qualité usurpée , les décrets de l'illégale Diète. La plupart des articles concernaient la liberté de religion et l'emploi des biens du clergé aux besoins de FÉtat. Ensuite il fut encore accordé une contribution de guerre et une insurrection. Une ambassade partit en toute hâte pour Constant ino pie, et sollicita le secours de la Turquie contre Ferdinand. Après cela, on commençâtes hostilités.

Au mois de septembre , Neutra , Papa , Vesprim et plusieurs autres places se rendirent à Bethlen. Cependant dans le cours du mois suivant , ses troupes essuyèrent plusieurs échecs , et furent repoussées dans une attaque qu'elles avaient entreprise sur Hambourg. Dampierre fut tué dans une tentative qu'il fit pour soumettre de nouveau, par surprise, le château de Presbourg à la domination impériale. Ce fut alors qu'arriva la nouvelle de la bataille de Prague. Ce coup inattendu , qui anéantit les rebelles en Bohème, fit aussi un bon effet en Hongrie. Toutefois la petite guerre continua avec une grande vivacité. En décembre un édit impérial invita les Hongrois à la soumission ; et en janvier 1621 , le général Bucquoi pénétra par la Moravie en Hongrie , et conquit Skalitz, Theben et plusieurs autres endroits. Au mois de mars suivant, on ouvrit des négociations à Hainbourg; mais elles furent infructueuses, l'exigence du prince Gabor s'étant accrue par les promesses de secours que lui apportèrent à Tyrnau des messagers turcs et tatars. En revanche le palatin et beaucoup de magnats se soumirent à l'Empereur, et plusieurs Nobles armèrent leurs sujets

pour le soutenir. Bucquoi se rendit, le 29 avril, maître du château de Presbourg, prit ensuite Tyrnau, Neutra et assiégea Neuhœusel, où il perdit la vie, le 10 juin, dans une attaque de la cavalerie hongroise , et où ensuite une partie des troupes, avec l'artillerie de siège et le bagage, tombèrent entre les mains de l'ennemi. Etienne Palfy et Thomas Bosnyack, partisans de l'Empereur, qui avaieot enlevé plusieurs villes de montagne, furent vaincus et faite prisonniers par les bandes de Bethlen Gabor. Au mo» de juin, ce prince reprit l'offensive et s'empara de Tyrnau. Le vieux eomte de Thurn se trouvait au quartier-général de Bethlen , et excitait ce prince à pousser vivement ses opérations. Le 9 août, le margrave Jean - Georges de Brandebourg- Jœgerndorf se joignit avec 9000 hommes à Bethlen, qui commença alors le siège du château de Presbourg. Mais son corps d'armée ayant été surpris, te 27 août, par les Impériaux, le siège fut levé bientôt après. Bethlen vendit tous les prisonniers allemands et autres soldats étrangers aux Turcs. Dans le pays sur la rive droite du Danube, François Bathiany, général de Bethlen, ayant été renforcé, au mois de juin, par des Turcs, reconquit les villes de Guns et deKœrmend, occupées par le généra] impérial Colalto, et ravagea la contrée d'Autriche depuis Neustadt jusqu'à Vienne, ainsi que celle de Styrie autour de Vorau. En septembre Gabor, qui avait reçu des troupes auxiliaires de la Turquie, occupa Strassnitz en Moravie et menaça de saccager cette province.

Le 10 octobre 1621 , on renoua les négociations à Neusol, et le 31 décembre suivant, la paix fut signée par les soins zélés du cardinal François comte de Dietrichstein , à qui l'empereur Ferdinand avait confié cette mission importante. Ce traité comfirmait les privilèges religieux déjà légalement introduits, et accordait une

amnistie générale. Bethlen rononça an titre royal, eut en retour sept comitats: Szathmar, Szabolcs, Ugocs, Beregh, Zemplin, Borsod et Abaujvar, avec les Tilles de Cassovie, de Munkacs et de Szathmar, pour en jooir sa vie durant, et reçut à la place de Tokai 100,000 florins, outre use somme annuelle de 50,000 florins pour l'entretien des forteresses. Il obtint de plus le titre de prince d'Empire et celui de duc d'Oppeln et de Ratibor, avec les revenus de ces deux pays. H rendit les autres quatre comitats qu'il occupait à l'Empereur. Le prince de Transylvanie signa ce traité avec d'autant plus de confiance , que la Porte, dont il trahissait les intérêts, n'était point alors en état de s'en venger. Le sultan Osman H ') , vaincu par les Polonais, était revenu i Constantinople, couvert de honte et abattu par son malheur. Le margrave de Jœgerndorf s'était déjà auparavant brouillé avec Bethlen, et avait quitté la Hongrie pour retourner en Silésie. Alors lei Impériaux prirent les villes de Troppau et d'Oedenberg, qui étaient encore en son pouvoir , et dispersèrent ses antres troupes. La ville de Glatz, défendue par le jeune comte de Thurn , fut également forcée i se rendre. Le prince Chrétien d'Anhalt eut recours à la clémence de l'Empereur.

Pour la cause de l'électeur Frédéric combattaient encore le comte Erneste de Mansfeld , le margrave Georges-Frédéric de Bade-Durlacb et le duc Chrétien 4e Brunswick, administrateur de févêché d'Halberstadt. Mansfeld, qui après la prise de Prague était encore maître de Pilsen et de Tabor, avait ramassé un corps de troupes considérable, qu'il entretint encore pendant quelque teaps

i) Achmet I étant mort Tan 1617, Mustapha I son frère monta sur le trône ottoman. Mais comme c'était un prince imbécille, il fut déposé an bout de trois mois , et les Grands proclamèrent sultan Osman II , fib aine d'Achmet.

r le pillage des contrées environnantes. Frédéric avait unie Mansfeld feldmarécbal , tandis que l'Empereur vait proscrit et mis sur sa tête un prix de cent mille rins. Les Saxons et les Bavarois réduisirent Pilsen, m Falkenau , EUnbogen , Tabor et les autres villes de thème. Mansfeld avait déjà auparavant concentré ses ndes de brigands , qu'il avait portées par des enrôle* Hts à 20^000 hommes, et s'était dirigé vers les cantons Bohème limitrophes du Haut -Palatinat. Biais il fut »itét après enveloppé par les troupes catholiques, et rré de si près par le général Tilly , qu'il demanda i gocier. Mais pendant qu'on traitait ensemble , dans là h du 4 octobre 1621 , Mansfeld trompa la vigilance de lly , et partit inopinément avec ses troupes. Il marcha toute diligence vers le Palatinat du Rhin , et Tilly le orsuivit, sans toutefois pouvoir l'atteindre. Le duc aximilien s'empara alors , comme exécuteur du ban de Qmpire, de tout le Haut-*Palatinat.

Le général espagnol , marquis Ambroise Spinola, ait en 1620 exécuté le ban de l'Empire contre les États énans de l'électeur Frédéric , et s'était rendu maître de it le pays, i l'exception des villes de Manheim, de îidelberg et de Frankenthal , occupées par les Anglais, sis la trêve , qui avait été conclue entre l'Espagne et Hollande, étant près de finir, ce Général et son armée mit rappelés dans les Pays-Bas. Il n'était resté dans Palatinat qu'un petit corps de troupes espagnoles, sous i ordres du général Gonsalve de Cordoue, qui as- *geait Frankenthal , au moment où Mansfeld arriva au lin. Mansfeld tira à lui les troupes anglaises de Heidelrg et de Manheim, et passa le Rhin près de cette raière ville, ce qui engagea Cordoue à lever le siège de rankenthal, et à se retirer dans la contrée de Kreuznach d'Oppenheim. Le Palatinat était tellement épuisé par v 25

les Espagnols, que Mansfèld ne fat pas en état de nourrir son armée dans ce pays. Il se dirigea par conséquent ver» l'Alsace, occupa Haguenau, mais attaqua en vain Alsace- Zabern, la résidence de l'évêque de Strasbourg.

L'électeur Frédéric ayant rejoint , au mois de min 1622, l'armée de Mansfèld, celui-ci repassa près de Germersheim sur la rive droite du Rhin , dans la vie d'attaquer Tilly , qui était enfin arrivé sur les bords dt Necker , et avait occupé un camp près de Wisslock Ce Général alla, le 29 avril, à la rencontre de l'ennemi, et perdit la bataille près de Mingolsheim. Plusieurs places du Palatinat se rendirent alors volontairement à l'éleetev Frédéric , qui se trouva de nouveau en possession de la plus grande partie du pays. Vers le même temps, l'archiduc Léopold assiégeait Haguenau, dont la garnison mansfeldoise avait, par ses brigandages, fréquemment dévasté les possessions autrichiennes en Alsace*

Après la dissolution de l'Union protestante , le margrave Georges -Frédéric de Bade-Durlach avait pris la résolution de soutenir du moins pour sa personne l'électeur Frédéric, autant qu'il était en son pouvoir. Georges concentra dans son pays une armée de 15,000 hommes* L'envoyé impérial lui ayant demandé, quel était le bot de ces armements , le margrave lui donna sa parole qu'il ne voulait que couvrir son pays contre les courses dévasta trices des troupes de Mansfèld. Néanmoins il fut asses déloyal pour se joindre , en avril 1622 , avec ses troupes à Mansfèld, et combattre avec lui à Mingolsheim. L'a«êe réunie de Mansfèld et du margrave Georges était si nombreuse, en comparaison de celle de Tilly , que celui-ci pouvait à peine espérer d'obtenir quelque succès dans cette campagne. Mais au bout de peu de jours les deux corps ennemis se séparèrent; on ne sait si ce fut par désunion par jalousie des chefs, ou ensuite d'un plan d'attaque cou-

certé. Le résultat toutefois montra là supériorité du, génie de Tilly et le désavantage de cette séparation. Le margrave de Bade - Durlach avait occupé un camp, entouré d'un retranchement de chars, dans la plaine entre Wimpr fen et Heilbron. Tilly tira promptemént à lui Gonzalve de Cordoue , assaillit , le 8 mai , le camp dû margrave^ et anéantit pour la plus grande partie Farinée ennemies Les caisses, l'artillerie, les drapeaux et un grand nombre et prisonniers tombèrent entre les mains des vainqueurs» Le margrave même put i peine se sauver par la fuite. U licencia les restes de ses troupes qui se réunirent avec le corps d'armée de Mansfeld. L'électeur Frédéric et Mans~ feld dégagèrent Haguenau , assiégé par l'archiduc Léopold. Ensuite ils ravagèrent le territoire de Darmstadt et se saisirent de la personne du landgrave même. Les corps réunis de Tilly et de Cordoue s'étant avancés pour les combattre, ils se hâtèrent de se retirer; mais leur ar-* rière- garde ayant été défaite par les Impériaux, la déroute se répandit rapidement sur toute l'armée ennemie; Les troupes mansfeldoises atteignirent le Palatinat du Rhin dans l'état le plus pitoyable.

: Le duc Chrétien de Brunswick, administrateur de l'évêché dUalberstadt , avait également pris les ; armes pour l'électeur Frédéric, et levé dans la basse Saxe et en Westphalie une armée de 20,000 hommes, Ayant été vaincu, dans le vallon de Buseck (Busecker -Thaï) par Tannée germano - espagnole , sous le comte d'Anbolt, il ae retira en Westphalie , et s'empara de Lippstadt , de Soest , de Paderborn avec son territoire, et ensuite d'une partie du pays de Munster. Le général Tilly le suivit en Westphalie et le pressa si vivement, qu'il quitta ce pays pour marcher dans le Palatinat du Rhin, où l'électeur l'avait appelé à son secours. Dans ce pays l'archiduc Xiéopold avait fait la conquête de Haguenau, de Weissen-

bourg, 4e Landau, de Spire, de Sels et de Germerskeiak Ce prince fit aussi entrer on corps de troupes dans ke possessions du margrave de Durlach , qui s'était retiré dans le château fort de Hochberg. Près de la ville de Hœchst , où Chrétien de Brunswick était sur le point de passer le Mein sur un pont de bateaux , il fut atteint et battu par les généraux Tilly , Cordoue et Anholt , le 20 juin 1622. Il se sauva avec le reste de ses troupes par une prompte fuite au delà do Rhin auprès du corps de Mansfeld* Ces deux Généraux et l'électeur Frédéric saccagèrent alors de nouveau l'Alsace , et assiégèrent Alsace-Zabern pour la seconde fois.

Cependant Jacques I, roi d'Angleterre, Chrétien IV, roi de Danemark et l'électeur de Saxe travaillaient à réconcilier l'électeur palatin avec l'Empereur. Ils persuadèrent Frédéric à déposer avant toutes choses les année. Le 23 juillet 1622, ce prince congédia tant le duc Chrétien, que le comte de Mansfeld, et se rendit en Hollande. Ces deux Généraux, qui avaient encore plus de 18^000 hommes sous les armes , offrirent leurs services d'abord à l'Empereur, puis au roi d'Espagne et enfin à la France. Mais , comme l'Empereur ne voulait rien avoir à faire avec ces troupes de brigands et leurs chefs, ceux-ci dirigèrent leur marche par la Lorraine, et après que les négociations avec la France eurent également échoué i cause des prétentions outrées faites par Mansfeld , ils «e rendirent avec leurs troupes dans les Pays-Bas. Était arrivés près de Fleuras dans le comté deHainaut, ils ae firent jour à travers le corps espagnol de Cordoue, qui était accouru de Luxembourg pour leur couper le chemin, se réunirent près de Bréda avec l'armée du prince d'Orange , et prirent une part fort active à la guerre qs avait éclaté de nouveau entre l'Espagne et la Hollande. Sur ces entrefaites, la négociation pour raccommoder l'élec-

tr Frédéric avec l'Empereur, avait été continuée à uxelles. Mais elle n'eut aucun résultat et fut remise prochain congrès des électeurs, qui devait s'assembler fûtisboiine» Le général Tilly conquit Heidelberg le 16 ptembre, Manbeim le 2 novembre, et l'archiduc Léo- Id acheva l'occupation de l'Alsace. Tilly mit ses troupes quartiers d'hiver dans la Vettéravie , dans la Hesse, Palatinat du Rhin, le pays de Deux-Ponts, et sur les iz rives du Rhin.

Le 7 janvier 1623 , rassemblée des princes fut ourte à Ratisbonne par l'empereur Ferdinand. Le 25 du is suivant , ce monarque , sans égard à la protestation i électeurs et princes évangéliques, investit le duo tximilien de Bavière de la dignité électorale palatineé lutefois dans les lettres d'investiture les droits et prêtions des enfants et des agnats de l'électeur proscrit, édéric, leur furent réservés. Ce ne fut qu'après que lecteur de Saxe eut donné son consentement, que le duc urimilien fut effectivement introduit dans le Collège élecal , le 30 juin 1624. Brandebourg donna en 1627 ilement son approbation. Des Généraux qui avaient s les armes contre Ferdinand II dans la guerre bohème, comte Georges - Frédéric de Hohenlohe et le prince irétien d'Anbalt furent en 1623 absous du ban de mpire, et obtinrent leur plein pardon de l'Empereur* ndant ce temps-là , les amis de Frédéric n'avaient pas isé reposer leurs armes. Mansfeld attaqua, en novem- 1 1622, le comte d'Ost-Frise, dévoué à l'Espagne, et tqnit les forteresses de ce pays, qu'il n'évacua qu'après on eut payé, Tan 1624, la contribution de 300,000 flo~ s qu'il avait exigée. Le duc Chrétien de Brunswick it revenu de la Hollande dans la basse Saxe et avait, urne colonel du cercle , accepté le commandement des upes que les États de ce cercle levaient, pour se

défendre contre Tilly qui s'approchait de ce pays. I/Ea* pereur somma la basse Saxe de tenir la paix publique. Comme précisément alors le général Tilly s'avançait vers ce cercle, les Etats furent saisis d'une telle frayeur, qu'As ôtèrent au duc Chrétien le commandement et le prièrent d'évacuer le pays, en cas qu'il ne voulût pas sans délai se soumettre à l'Empereur. L'électorat de Saxe ayant refusé an duc le passage pour se rendre en Bohème , ce priace se mit, en juillet 1623, en marche pour la WestphaHe. Son plan était de se réunir avec Mansfeld en Ost-Frise. Mais il fut atteint près de Lœn , dans Tévêché de Munster, par Tilly et Anholt et totalement défait' avec perte de 10,000 hommes, de toute l'artillerie et du bagage. Chrétien s'enfuit avec quelques faibles bandes en Hollande. Peu de mois plus tard, Mansfeld se rendit également dans ce pays, où bientôt après ces deux Généraux licencièrent leurs troupes faute d'argent.

Dans le temps où Chrétien de Brunswick et Mansfeld (1623} espéraient encore établir Frédéric dans le royaume de Bohème, ils parvinrent aussi à engager Bethlen Gabor à rompre la paix. Ce prince reçut des troupes auxiliaires turques, et s'avança de Clausenbourg, le 14 août 1623. L'Empereur fit aussitôt concentrer par Jérôme Caraffa les troupes reparties en Bohème et en Moravie, et les renforcer par 6000 Cosaques enrôlés. Dans rintervalle Bethlen avait, dès le commencement di mois d'octobre, enlevé Tyrnau , puis assiégé le général Caraffa dans Gœding. Les Turcs et les Tatars pillèrent la Moravie. Vers la fin de novembre Bethlen conclut une suspension d'armes ; mais encore le 27 du même sois ses bandes de brigands, à leur retour de la Moravie, furent enveloppées et anéanties , dans le passage de la Neutre, par les garnisons de Neuhœusel, de Comorn et de Raab. Le 4 avril 1624, on signa à Vienne on traité de paix,

qui se fat presque qu'une confirmation des articles de celui de Nicolsbourg. Toutefois Betblen se vit obligé a restituer Ratibor et Oppeln. En revanche , Tokai et Munkacs lui furent engagés , et on lui céda Etsed , comme possession héréditaire. Une alliance défensive contre les Turcs fut également conclue. Au mois de février 1625, on fit à Gyarmath la paix avec les Turcs , qui ne fit que confirmer, pour la plus grande partie , le traité de Sittvatorok. La possession de Waitzen devait être décidée par une négociation particulière.

Le roi Jacques 1 d'Angleterre s'était abstenu d'ia-* tervenir à main armée dans la lutte que l'électeur palatin, son gendre , avait soutenu si opiniâtrement contre l'Empereur; mais à présent que la plupart des ennemis qui s'étaient élevés contre ce Souverain et pour Frédéric, étaient vaincus , le monarque anglais paraissait s'éveiller de son inaction et avoir tout à coup envie de faire la guerre à l'empereur Ferdinand , pour défendre la cause de Frédéric. Il fiança le prince héréditaire à la soeur du roi de France , afin de s'assurer l'appui de ce monarque. Mais Louis XUI ne voulait se déclarer contre la puissante Maison d'Autriche, qu'après avoir exterminé le& Huguenot* lJ en France. L'Angleterre hésitait de commencer la guerre sans la coopération de la France. Ce ne fut qu'en automne. 1624, que le comte Mansfeld réussit à obtenir du roi Jacques des troupes et de l'argent. Mansfeld avait fait enrôler dans la basse Saxe et en Hollande une bande de , soudoyers. Ces troupes devaient marcher dans le Palatinat du Rhin , pendant que Mansfeld faisait , en janvier 1625 , embarquer à Douvres les troupes anglaises. H voulait aborder à Calais et les conduire par la France et l'Alsace dans le Palatinat du Rhin. Mais Louis XIII

*) (Test, comme on sait, le nom que les Catholiques en France donnaient autrefois aux Calvinistes»

ne permit point le débarquant à Calais; et lanftf suite la flotte fit voile vers la Zélaade, les mégariatiouf avec la république de Hollande par rapport am dédaigne ment, traînèrent tellement en longueur, qu'avant qu'on eft pris une conclusion, la plus grande partie des troupes, i bord des vaisseaux , furent moissonnées par des épidémies. La mort du roi Jacques , arrivée le 6 avril 1©5, interrompit pour le moment l'activité de l'Angleterre. Mais peu de temps après, il se forma une nouvelle ligue cootre l'Empereur , à laquelle le roi d'Angleterre Charles I prit part aussi

Un événement arrivé, il y avait déjà quelques aînées, dans les pays des Alpes , avait excité la jalousie attentive de la France et des Puissances d'Italie. Dans la Valteline , les Catholiques se levèrent en 1620 contre les Protestants, tandis que dans d'autres contrées du pays des Grisons , les Protestants en agissaient de même envers les Catholiques j ces contrées étaient le théâtre des scènes sanglantes et des excès les plus affreux. Les Catholiques de la Valteline sollicitèrent la protection du gouverneur espagnol de Milan, le duc de Feria, contre les Grisons , et celui-ci fit effectivement occuper ce pays* La France chercha à éloigner ces troupes par la voie delà négociation , étant persuadée que cet événement servirait aux Espagnols à s'ouvrir pour toujours une communication directe avec les pays rhénans de l'Autriche. Elle fut encore fortifiée dans cette idée par la circonstance, que des troupes autrichiennes entrèrent en même temps dans les pays d'Engadin , de Prettingau , de Munster- Thaï, de Meyenfeld et de Chur. Dès l'année 1621, l'Espagne conclut un traité relativement a l'évacuation de la Valteline; mais cette convention n'ayant pas été exécutée, Venise et la Savoye se joignirent à la France pour obtenir par la force l'évacuation de la Valteline. Un corps

d'armée, composé de Suisses et «lé Français, oeeiqMi eà peu de jours le paya. La convention, faite le 5 mars 1626 à Mooçoa, assura pour l'avenir la Valteline & la Ligué des Grisons. L'archiduc Léopold conclut, le 23 octobre 1622, avec la Ligue grise et cadée (Casa Dei) un traité, par lequel huit balliages dans le bas Engadin et dans le Munster-Thal furent cédés à l'Autriche. Mais les Pretti*» gaviens réformés prirent les armes et forcèrent, à l'aide de troupes françaises, les garnisons autrichiennes à quitter ces contrées*

Le roi Gustave- Adolphe de Suède avait déjà en 1614 offert son assistance aux Protestants. Les né* gociations furent continuées; mais la guerre polonaise, dans laquelle Gustave - Adolphe était alors enveloppé, empêcha pendant plusieurs années la conclusion d'une alliance avec l'Union, jusqu'à ce que celle-ci se fut enfin dissoute elle-même. Sur ces entrefaites, les guerres contre le Danemark , la Pologne et la Russie avaient procuré à la Suède de grands accroissements de pays et beaucoup augmenté la puissance de ce royaume. Gustave et l'électeur de Brandebourg offrirent en 162* une alliance à l'Angleterre. L'année suivante, les négociations étaient déjà si avancées , qu'on fixa pour la fin d'avril une entrevue à la Haye, où le traité devait être conclu. Louis XIII, qui se laissait conduire par le cardinal Richelieu, s'était engagé, à la vérité en secret, à donner un million de livres, payable en deux ans , pour contribuer aux frais de la guerre. Les Etats-Généraux de Hollande, le roi de Danemark et les princes protestants d'Allemagne devaient être invités & accéder i cette ligue. Au reste, il fut convenu qu'on alléguerait dans les traités, que cette fédération avait pour ftut la réintégration de Frédéric dans les pays palatins , ainsi que le rétablissement d'une paix assurée. Toutefois , avant de promettre son assistance,

le roi Gustave - Adolphe €t quelques coftdtàons, pi avaient en grande partie retardé jusqu'ici la «mdusion de l'alliance. Ce Souverain s'était réservé exclusivement la direction de toutes les affaires de la guerre , et le commandement - général de l'armée combinée* Il demandait aussi que le tiers des troupes fut fourni par l'Angleterre et le deuxième tiers par les princes de l'Empire ; la Suède devait donner le troisième tiers. Gustave - Adolphe exigeait en outre, que les confédérés missent la Suède et sûreté contre le Danemark et la Pologne , pendant la guerre en Allemagne. Le roi Chrétien IV de Danemark, soupçonnant Gustapbe-Adolphe d'aspirer à faire pour luimême des conquêtes en Allemagne, chercha à rompre les négociations entre l'Angleterre et la Suède , et fit au roi Jacques des propositions très - modérées. Il demanda beaucoup moins de troupes et d'argent, que n'avait fait Gustave , et il s'en remit pour la nomination du Général en chef au congrès qui s'assemblerait à la Haye. Le fils et successeur de Jacques , Charles I , donna son plein con8entiment aux propositions de Chrétien. Il accorda à ce dernier une forte somme d'argent pour les préparatifs de guerre , outre un subside de 30,000 livres Sterling par mois, et lui conféra la suprême direction de toute la guerre. Cependant, pour ne pas blesser par un subordonnerait la fierté du roi de Suède, Charles I proposa que ce dernier conclût une alliance particulière avec Bethlen Gabor, et envahît conjointement avec lui la Silésie. On assura an comte de Mansfeld le commandement d'un corps d'armée indépendant. Le 9 décembre 1625, on signa à la Haye l'alliance entre Y Angleterre , le Danemark et la Hollande. Mais Gustave -Adolphe était tellement piqué de la préférence qu'on avait donnée au roi de Danemark, qu'il refusa de prendre part à cette coalition.

Le comte de Mansfeld et le duc Chrétien de Bruns-

wkk marchèrent, au mois de juin, de la Hollande en West-* phalie pour se réunir , sar les bords du Weser 9 avec le corps d'armée du roi de Danemark. Mais le général Tilly^ qui se trouvait alors dans le pays de Hesse pour obser-t ver les mouvements de Mansfeld et du duc Chrétien , fit échouer ce plan, par la formation duquel le Danemark avait commencé les hostilités sans déclaration de guerre. Tilly fit repousser par le comte d'Anholt, Mansfeld et le duc de Brunswick jusqu'à Munster et Osnabruck. Lui-même força, en juillet r l'armée du roi à se retirer de Hœrter jusqu'à Verden, et conquit Hammeln, Minden et plusieurs autres places. Mansfeld et Brunswick , il est vrai, effectuèrent alors leur jonction avec le roi de Danemark, mais Tilly reçut également un puissant renfort.

La guerre en Allemagne avait été faite jusqu'alors presque par les Généraux et les troupes de la Ligue catholique seuls, qui exécutaient les ordres de l'Empereur 5 mais ce Souverain se mettait par là dans la dépendance de cette confédération et perdait beaucoup de son autorité dans l'Empire. C'était par conséquent une nécessité urgente d'avoir en Allemagne une force militaire, dépendante du chef de l'Empire seul, tant pour soutenir la Ligue contre les ennemis , dont le nombre s'accroissait chaque jour, que pour la tenir elle-même dans les bornes de l'obéissance. Cependant les ressources des pays autrichiens étaient tellement épuisées par les troubles intérieures et les invasions ennemies , qu'il n'y avait pas moyen de mettre sur pied une armée imposante. Dans ces conjonctures difficiles , un seigneur bohème, très - opulent et renommé par ses services militaires distingués , Albert de Waldstein, communément appelé Wallenstein ') , s'offrit à ériger une armée de 40,000

>) Albert (Venctslas- Eusèbe) de Waldstein^ né à Hermanic en Bohème, le 15 septembre 1583, était fils de Guillaume de Waldstein (en bohème

(selon d'autres 50,000) hommes, et à l'entretenir au dépens des pays ennemis de l'Autriche. Ferdinand II accepta cette proposition, et autorisa Wallenstein à ouvrir l'enrôlement en Bohème, en Franconie et en Souabe, et à nommer les colonels et les officiers entièrement d'après son choix. En même temps l'Empereur lui conféra le titre de duc de Friedland, du nom d'une des nombreuses seigneuries que Wallenstein possédait en Bohème. Au mois d'août 1625 , le duc de Friedland avait déjà rassemblé une armée de 20,000 hommes , avec laquelle il marcha, le mois suivant , par la Franconie dans le Palatinat du

WaUfein*) et de Marguerite, baronne deSmirriky de Sniirric, tout dm Protestants. Albert entra à l'âge de 16 ans au collège des Jésuites i Qlmutz, et embrassa la religion catholique. L'anecdote de sa chute (Ton balcon fort-élevé à Inspruck, n'est qu'une fable. Son goût pour la guene rengagea à prendre service dans l'armée de l'empereur Rodolphe ea Hongrie,, où il fut nommé, pendant le siège de Strigonie, capitaine d'une compagnie d'infanterie. Après la paix (1605), il retourna en Bohème et se maria bientôt après avec Lucrèce Nikessin de Landeck, déjà avancée en âge, mais qui avait de grandes possessions en Moravie. À la mort de son épouse (1614), il lui échut une fort riche succession, et il hérita en outre quatorze terres d'un oncle en Bohème. Il prit ensuite part i la guerre que faisait le duc Ferdinand deStyrie (plus tard Ferdinand H empereur) contre les Vénitiens , et s'y signala par son courage et a résolution. Après son retour , il épousa en secondes noces la fille da conseiller intime et chambellan comte d'Harrach. L'empereur Mathias lui accorda le titre de comte et le nomma en 1617 chambellan et colonel; en cette dernière qualité il prit le commandement de la levée « masse en Bohème , avec le consentement des États du royaume. B s'opposa, les armes à la main, aux progrès de la révolte en Bohèm sous le comte de Thurn , transporta les caisses du pays d'Olmuti à Vienne, et forma dans cette ville un régiment particulier, qu'il amena au général Bucquoi au camp de Budweis. Après l'entière réduction d» rebelles bohèmes (1622), il acheta de l'Empereur soixante terres et biens confisqués d'une étendue plus ou moins grande, pour la somme d'environ sept millions de florins. Après cette acquisition, Wallenstein possédait en biens -fonds une fortune de la valeur de trente nnWow de florins.

Rfcin où, parla grande aflluence de gens, qui vinrent à1 gager* Waflenstein compta bientôt 30,000 combattants mmm ses drapeaux. II avait reçu Tordre de se réunir avec m général Tilly et d'attaquer immédiatement le roi de Da» tenàrk. Mais comme par là Wallenstein se serait va placé kms le commandement de Tilly , H vint & bout de faire idopter un antre plan, d'après lequel il lui fut permis d'opes rer dans des pays inépuisés, on ses troupes pouvaient troa* rer des vivres en abondance. 11 ouvrit la campagne par la prise de Gœttingue , et marcha ensuite dans la centrée fl'Halberstadt et de Magdebourg, et plus tard & Dessan* où il fit bien fortifier le pont sur l'Elbe, pour s'assurer dans ta suite le passage de ce fleuve. D'ici , le duc de Friedland pouvait pénétrer sur les derrières du roi de Danemark, peut-être jusque dans ses pays allemands.

* Tilly continua alors l'offensive, prit le château de Ca~ lenberg, et lorsque le duc Frédéric d'Altenbourg et le général Obentraut s'avancèrent contre lui avec un corps danois , ils forent défaits et tués par le général Tilly près de Hanovre , le 4 novembre 1625. Les États de la basse Saxe , qui avaient nommé le roi Chrétien de Danemark colonel du cercle, et l'avaient secondé dans ses préparatifs de guerre, malgré tous les avertissements de l'Empereur, commencèrent alors & négocier à Brunswick sous la médiation des électeurs de Saxe et de Brandebourg. Mais, comme ce fut précisément dans ce temps - là que Chrétien IV conclut le traité avec l'Angleterre et la Hollande, qui assurait au roi et aux États des subsides considérables et la coopération d'une flotte anglaise, Chrétien et les autres princes du cercle firent à l'Empereur des demandes si outrées , que le congrès de Brunswick se sépara sur - lechamp. Cependant le roi de Danemark fut frustré dans l'espérance d'être secouru par l'Angleterre ; car Charles I eut de grands démêlés avec son parlement, et ne fut pas

à même dé payer les subsides, ni d'armer une flotte. Ce nonobstant les confédérés entrèrent , Tan 1626 , en campagne avec trois corps d'armée, qui comptaient ensemble an delà de 60,000 hommes. La division , commandée par Mansfeld, devait marcher à gauche par l'Elbe en SUésie, tandis que les ducs de Weimar et de Brunswick avec la deuxième se dirigeraient à droite par le Weser vers les terres catholiques de cette contrée , et que le roi avee la force principale s'avancerait entre les deux fleuves. Mansfeld marcha de l'évéché de Brème par Zerbst vers Dessau , et fit mine d'attaquer les retranchements de Wallesstein. Mais cet habile Général alla & sa rencontre devait la tête-de-pont, et le vainquit (le 25 avril 16263* Mai»feld se retira dans la Marche de Brandebourg , où le duo Jean-Erneste de Saxe -Weimar lui amena on renfort de 8000 hommes. Le 30 juin , Mansfeld se mit en marche par la Silésie vers la Hongrie* Son intention était de se joindre dans ce pays à Bethlen Gabor, et de pénétrer ensuite en Autriche , où il comptait sur l'assistance de tous les religionnaires.

La paix faite avec Bethlen Gabor n'avait pas été de durée. Ce prince avait d'abord demandé la main de l'archiduchesse Céoile-Rénée ; mais ayant éprouvé un refos> il s'était marié avec Catherine , soeur de l'électeur Georges - Guillaume de Brandebourg. Depuis lors il négociait avec les ennemis de l'Autriche, et contracta en 1626 une alliance avec eux. Il promit de faire marcher 9 moyennant un subside de 40,000 florins par mois, une armée de 40,000 hommes dans les États de l'Empereur, comme aussi d'engager les Turcs à prêter secours aux confédérés et à ravager F Autriche. En Hongrie le parti impérial avait fait pendant ce temps -là de grands progrès. La Diète d'Oedenbourg commença le 8 septembre 1625. Le mois suivant, elle élut palatin le comte Nicolas d'Esterhazy, Ca-

italique, proposé par l'Empereur. Le 25 décembre, l'exercice fibre du culte protestant fut confirmé par le Roi, et en revanche les États loi accordèrent des subsides , et choisirent, le 25 novembre, V archiduc Ferdinand pour successeur au trône, et le couronnèrent roi, le 28 du mêla avivant,

Mansfeld ne trouva point de résistance dans la Silésie y qui était entièrement dégarnie de troupes. WaUensteia le suivit dans sa marche avec une armée de 30,000 hommes. Il avait reçu l'ordre exprès de tenir MansfeM éloigné de la Hongrie, et de lui couper, s'il était possible^ le chemin de ce royaume. Par conséquent le duc deFriedland s'avança à marches forcées par la Moravie; mais il ne put empêcher que Mansfeld ne se réunît en septembre avec Bethlen Gabor. Le duc de Weimar était resté au commencement en Silésie avec une division de l'armée confédérée, mais il se rendit bientôt après pour sa personne également auprès de Mansfeld en Hongrie. Bethlen s'était mis, dans les premiers jours de septembre 1626, en marche de la Transylvanie. Mansfeld s'avança par Trentschin vers Freystadtl. L'arrivée de ce Général, qui était dénué d'argent et de munitions de guerre, contraria infiniment le prince Gabor, qui devait pourvoir à tous les besoins de ces troupes étrangères. En même temps Wallenstein entrait aussi avec son armée dans la Hongrie, par où ce pays allait de? venir le principal théâtre de la guerre.

Les Turcs avaient commencé le siège de Néograde, mais le levèrent bientôt après, et 18,000 hommes de leur armée se joignirent, le 29 septembre, à Bethlen dans les environs de Palaiika. Wallenstein, qui était posté près de la rivière de Gran, offrit le combat au Transylvain, tandis que le palatin lui faisait , au nom de l'Empereur , des ouvertures de paix. Le 1 octobre, Bethlen se retira à Szecsen, et ici Mansfeld et Weimar se réunirent à lui avec les

bonnes qui leur restaient Faste de vivres , Wallenstek rétrograda aussi jusqu'à Neuhsausel, et plus tard à Piesbourg* On ouvrit des négociations ; une trêve Art Marine, le 20 novembre , et Betblen signa la paix à Leutscbaa, le 28 du mois suivant En septembre 1627, en traita avec les plénipotentiaires ottomans à Szôny, pour faire crmfrmer les anciennes conventions. Le traité de paix concerté dans cet endroit fut ratifié par le sultan Amurai IV*) m mois d'août 1628. Le 15 novembre de Tannée suivante, Betblen Gabor termina sa carrière. Dès le 18 décembre les sept comitats hongrois qui lui avaient été cédés, furent remis par sa veuve Catherine & l'Empereur. Les Transylvains reconnurent cette princesse pour leur Souveraine et Etienne, frère du prince défunt, pour gouverneur du pays. Lorsque le comte de Mansfeld se vit obligé par U trêve, conclue entre Betblen et l'Empereur , à rester dam l'inaction , et que la plus grande partie de ses troupes se furent déjà dissoutes , il vendit au pacha de Bude son artillerie et équipage de guerre , et se mit avec une petite suite en voyage par la Bosnie et la Dalmatie, pour se rendre à Venise. Mais il mourut en route , le 30 novembre 1626 , dans le voisinage de Zara en Dalmatie. Le due Jean-Erneste deWeimar suivit, dès le 4 décembre suhraat, à S. Martin dans le comitat de Thurocz, son ami et compagnon de fortune dans l'autre monde. Une partie des trempes allemandes qui étaient venues avec ces deux chefs en Hongrie, allèrent servir sous les drapeaux de Betblen; quelques-unes entrèrent au service de la Turquie, et le reste a^n retourna par convention , en petites divisions , par la Silésie dans ses foyers lointains. Quant aux troupes allemandes, qui avaient jusque -là continué les hostilités ta

•) Ce prince sauva l'Empire ottoman, qui sous ses prédécesseurs ÀchmetI, , Mustapha I et Osman (1617-1623), Souverains faibles et indolents, pencaaH vers sa ruine.

SBIésie , ils forent également chassés par Wallenstda «I se sauvèrent en partie en Pologne.

t Après que l'expédition de Mansfeld eut aussi éloigaé WaUenstein de la basse Saxe, le roi de Danemark envoya on deuxième corps d'année, sous la condaite da dac Chré* tien ëe Brunswick, en Westphalie. Le général Tilly quitta alors les bords da Weser et suivit le duc, qui continua sa marche vers la Hesse. Tilly se porta également dans ce pays , ou il se rendit maître de toutes les places fortes sur la Fulde et la Werra, et emporta d'assaut, en juin 1626 9 la ville de Munden, assise au confluent des deux fleuves. Dans l'intervalle Chrétien de Brunswick était mort à Wolfenbuttel, le 6 mai. Tilly dégagea, au mois de juillet, la petite ville de Calenberg, assiégée par les Danois, conquit, le mois suivant, Gœttingue et commença l'attaque sur Nordbeim. Mais le roi Chrétien étant venu avec ses forces principales au secours de la place menacée , Tilly se retira à Gœttingue. Le monarque danois avait en vue de pénétrer par la Thuringe dans les pays de la Ligue catholique. Mais, comme il ne pouvait laisser sur ses derrières Formée du général Tilly, et qu'il voulait cependant éviter un combat, il changea son plan et reprit le chemin de Brunswick. Il avait pris trop tard cette résolution ; car le comte de Tilly l'atteignit , le 27 août, près du village de Lutter sur la frontière du pays de Hildesheim , et l'ayant vivement attaqué, il le défit complètement. Le roi Chrétien perdit une grande partie de son armée, son artillerie, ses drapeaux , ses bagages , et s'échappa avec la cavalerie seule par Wolfenbuttel à Brème et à Holstein. Tilly oc* cupa les pays brunswickois et poursuivit le roi jusqu'à Brème. Le landgrave de Hesse renonça alors à l'alliance danoise.

Au mois de mars 1627, Charles I donna ordre à Anglais, qui se trouvaient dans ce temps-là en Hol-

Mil

lande, d'aller rejoindre Tannée danoise. Mais les subsides avaient été refusés par. le parlement Louis XIII permit an roi Chrétien d'enrôler 4000 soldats en France, et In accorda une somme d'argent pour leur entretien. Avec ce faible secours Chrétien IV fut obligé de se borner i la défense du pays entre le Weser et l'Elbe. Au mois d'avril, le général Tilly fit passer l'Elbe près de Tangeraande à une division de ses troupes, qui chassa les Danois de leus places fortes dans la Marche de Brandebourg. Comme vers le même temps Wallenstein , revenu de la Hongrie, traversait la contrée de Berlin, où il contraignit l'électeur de Brandebourg à reconnaître le duc de Bavière pour électeur, Tilly était en état de poursuivre ses opérations avec d'autant plus d'activité. lies Impériaux conquirent Boiteenbourg et Lauenbourg, et pénétrèrent dans le pays de Holstein. Le vieux margrave Georges -Frédéric de Bade- Durlacb avait quitté sa solitude, pour prendre service dans l'armée danoise. Chrétien IV l'avait chargé de couvrir le pays de Holstein ; mais le margrave fut vaincu par le comte de Schlick. Alors les Impériaux occupèrent la plus grande partie des pays de Holstein , de Schleswig et de Jutland, et furent à la fin de Tannée maîtres de toute la basse Saxe, i l'exception de Stade , de Gluckstadt et de Krempe, qui étaient les seules villes que le roi de Danemark possédât encore sur le continent.

Au mois de septembre 1627, un congrès des électeurs s'assembla à Mulhausen. Les Etats se plaiguirent des extorsions, commises en Allemagne par les Impériaux et les troupes de la Ligue. Le pouvoir étendu du duc de Friedland et sa conduite despotique avaient surtout excité un mécontentement général. Ces circonstances influèrent beaucoup sur les décisions des électeurs. 11 est vrai qu'ils déclarèrent d'une voix unanime, que Frédéric du Palatinat ne serait absous du ban de l'Empire et rétabli, si tel

était le plaisir de l'Empereur, dans une partie de ses États, qu'après avoir demandé pardon à ce monarque et renoncé k la couronne de Bohème, à la dignité électorale et à toutes les unions, dirigées contre l'Empereur et l'Empire ; ils promirent aussi leur assistance à l'Empereur, en cas que Frédéric et ses amis continuassent les hostilités ; mais en revanche Us demandèrent, que leurs pays demeurassent affranchis de tout passage et du logement de troupes, ainsi que de contributions de guerre ; que l'Empereur fît la paix avec le roi de Danemark humilié ; qu'il n'autorisât plus de nouveaux enrôlements et licenciât les troupes superflues. Les électeurs catholiques prièrent, le 12 novembre, instamment l'Empereur de faire restituer à l'Église catholique tous les couvents , temples et biens ecclésiastiques, que les Protestants avaient confisqués dépuis la pacification de Passau, au mépris de la réserve ecclésiastique, adoptée par la paix de religion d'Augsbourg de l'année 1555. En effet, l'Empereur enjoignit sérieusement par quelques mandats à différents princes et Etats évangéliques de l'Empire, parmi lesquels était Wurtemberg, de restituer les biens de l'Église catholique qu'ils s'étaient appropriés. Les chanoines protestants d'Halberstadt élurent f archiduc Léopold - Guillaume, second fils de l'Empereur, et depuis 1625 évêque de Passau et de Strasbourg, pour leur évêque. Le pape conféra à ce prince l'abbaye de Hirschfeld dans la Hesse, et le nomma bientôt après administrateur de l'archevêché de Magdebourg, attendu que le margrave Chrétien de Brandebourg , qui était auparavant archevêque de la dite ville, avait été proscrit à cause de son union avec le Danemark.

L'empereur Ferdinand avait laissé le duc Maximilien de Bavière en jouissance de la haute Autriche, pour garantie des frais de la guerre, évalués à la somme de treize millions de florins. Mais les électeurs décidèrent dans l'as-

semblée à Mrilbausen, que l'Empereur pouvait de pleia droit se faire indemniser par les pays palatins. Par une transaction, conclue à Munich le 22 février 1628, l'Empereur transporta la possession des pays du haut et du ba$ Patattnat sur la rive droite du Rhin au due de Bavière, qui en retour restitua la hante Autriche à l'Empereur.

Cependant la guerre fut continuée par Tilly et Wallenstein avec une grande vigueur. Le premier de ces deu grands Généraux conquit, au printemps 1628, Stade et Krempe , mais assiéga Gluckstadt en vain. Wallenstea porta par de nouveaux enrôlements son armée à plus de cent mille hommes , et l'entretint par les contributions de guerre et les fournitures qu'il exigeait des . pays tant catholiques , que protestants. Ferdinand II , voyant chaque jour augmenter la gloire de ses armes depuis que Wallenstein s'était voué à son service , se plaisait à le combler de faveurs et de récompenses. 11 réleva en 1628 ai rang de prince de l'Empire germanique , et lui donna le duché de Mecklembourg , dont les princes avaient été proscrits parce qu'ils avaient pris part à la guerre contre l'Empereur, en nantissement pour les grandes sommes que le duc de Friedland avait dépensées dans cette guerre. Wallenstein acquit aussi par donation (selon d'autres par achat) de l'Empereur la principauté de Sagan en Silésie. Le 21 avril , l'Empereur avait aussi nommé le duc Albert amiral de l'Océan et de la mer Baltique. Ferdinand II avait laissé apercevoir le dessein d'équiper une flotte sur la Baltique, d'occuper les rivages de cette mer, et d'opposer une barrière insurmontable aux Puissances du Nord qui voudraient pénétrer dans l'Allemagne. La prise de Wismar favorisait ce projet , et Wallenstein , dont l'imagination ardente ne voyait aucun intervalle entre le projet et la réussite, J fit construire plusieurs vaisseaux, et voulut occuper Stralsund , dont la possession lui paraissait d'autant plus i

portante, que dette ville pouvait servir de place d'armeg pour transplanter la guerre dans le Danemark même» Mais les bourgeois refusèrent de recevoir une garnison catholique, ou d'accorder aux troupes le passage par ledr ville pour se rendre dans l'île de Rugen. Par conséquent Wallenstein fit, au mois de mai 1628, assiéger la place par le général Arnheim. Mais la Suède et lé Danemark s'étaient réunies pour soutenir Stralsund, et empêcher que les Catholiques n'étendissent leur puissance dans la mer Baltique. Une garnison danoise était entrée dans Stralsund, et les vaisseaux polonais qui voulaient bloquer le poi^ furent coulés à fond. Les villes anséatiqoes firent également passer des troupes et des munitions de guerre aux assiégés. En été l'électeur de Brandebourg et le due de Poméranie négocièrent avec Wallenstein sur lui accommodement Mais la ville de Stralsund se mit , le 22 juillet , formellement sous la protection suédoise , ce qui engagea le duc de Friedland à lever le siège. Il s*em« para ensuite de la ville de Rostock et mit , le 22 août, le roi de Danemark en fuite dans le voisage de Wolgast. Bientôt après Wallenstein entra en négociation avec Chrétien IV, et la conférence , tenue à Lubeck régla, le 12 mai 1629, les conditions d'une paix momentanée. Le roi recouvra tous les pays qu'il avait perdus pendant la guerre ; mais il abandonna en retour ses alliés, les deux ducs de Mecklembourg et le comte palatin Frédéric, & leur sort.

Le 6 mai 1629, Védit de re*titutiony qu'avaient demandé les électeurs catholiques, fut effectivement signé par l'Empereur. Toutes les abbayes, tous les couvents et biens d'église catholiques , que le» princes et villes protestants s'étaient appropriés depuis le traité de Passau, devaient être restitués, et les abbayes immédiates de l'Empire, qui avaient passé dans les mains de possesseurs

protestants, devaient être de nouveau conférées à des évêques et prélats catholiques. Les Etats catholiques furent aussi autorisés à ramener leurs sujets à l'ancienne religion, ou à les exiler de leurs pays. D fut statué, que la paix de religion ne serait valable que pour les Catholiques et ceux qui suivaient la confession d'Augsbourg, mais que toutes les autres sectes , nommément les Réformés, en seraient exclues et ne seraient pas tolérées dans l'Empire germanique. On nomma des commissaires pour chaque cercle , qui étaient chargés de l'exécution de ces ordonnances et enjoignit aux troupes impériales de prêter à ces officiers toute aide et assistance. L'édit impérial fut exécuté avec rigueur dans une grande partie de l'Allemagne , et les plaintes , élevées à ce sujet par les Protestants, ne furent pas écoutées.

Au mois de mai 1629 , les membres de la Ligue s'assemblèrent à Heidelberg et prièrent l'Empereur de convoquer un congrès des électeurs, pour rétablir la concorde entre les Etats de l'Empire. Ensuite les princes demandèrent à être dédommagés des frais qu'ils avaient eus dans cette guerre , et déclarèrent qu'en attendant ils retiendraient en gage les pays dont leurs troupes avaient fait la conquête. Les Catholiques ne se seraient bien certainement pas avisés de tenir ce langage présomptueux, si l'Empereur n'avait pas été engagé à cette époque dans une guerre en Italie, qui l'obligeait à diviser ses forces militaires.

La ligne de la Maison de Gonzague , qui régnait à Mantoue et en Montf errât, était éteinte, le 26 décembre 1627 , par la mort du duc Vincent II, qui n'avait point laissé d'enfants. La ligne cadette de Gonzague -Ne vers, établie en France, et celle de Gonzague - Guastalle en Italie prétendirent à la succession. Le Montferrat était réclamé par le duc de Savoye et la princesse Marguerite

de Lorraine, qui étaient également alliés & la famille 4e Gonsague. Charles Gonzague, duc de Ne vers, comme le plus proche parent du défunt, prit immédiatement après la mort da doc Vincent possession de Mantoue et du Montferrat, sans en demander l'autorisation de l'Empereur et de l'Empire. En conséquence , le comte Jean de Nassau se rendit , au mois de mai 1628, à Mantoue, en qualité de plénipotentiaire impérial , pour séquestrer les deux pays jusqu'à la décision juridique du différend. Le due, comptant sur l'appui de la France, de Venise et du pape, ne se soumit point à la séquestration ordonnée par l'Empereur , et se maintint en possession des pays contestés. Le pape Urbain VIII empêcha, pendant toute l'année 1628, l'Empereur d'expulser le duc Gonzague par la force des armes. Mais les Espagnols avaient déjà enlevé la plupart des places fortes dans le Montferrat, à la réserve de Casai e, occupé par les Français. Cette ville forte fut alors assiégée par Gonzalve de Cordoue, gouverneur de Milan* Après que Louis XIII eut réduit les Huguenots , il pénétra, l'an 1629, ea Piémont. Le duc de Savoy e se vit contraint de conclure , au mois de mars à Suse , une convention par laquelle il assura à l'armée française le libre passage et des vivres. Le siège de Casale fut levé. Les garnisons espagnoles évacuèrent en même temps les places dans le Montferrat ; après quoi Louis XIII reconduisit son armée en France.

Au mois de mai, deux corps de troupes impériales, sous les ordres des comtes de Merode et de Colalto, marchèrent de la Souabe , par le pays des Grisons et la IiOmbardie, vers le territoire mantouaik Casale fut investi pour la seconde fois par les Espagnols sous Spinola , et les Impériaux attaquèrent Mantoue. Le duc de Savoye étak secrètement d'intelligence avec l'Autriche et l'Espagne centre la France. Le siège de Mantoue fut inter-

rompit à rapproche du cardinal Richelieu avec une mée française, qui pénétra par Suse, et conquit Pignerok. Le roi Louis XIII parut alors lui-même avec une armée, s'empara de Chambéry et de toute la Savoye ; sais une maladie dangereuse l'obligea de retourner à Lyon* La ville de M antoue fut assiégée , au mois d'avril 1630, par les généraux Aldringen et Gallas et emportée d'assaut, le 18 juillet de la même année. Le siège de Garnie avait été terminé , quelques jours avant, par nue composition, d'après laquelle cette ville fut remise aux Espagnols; mais la reddition de la citadelle devait seule* ment avoir lieu, si Ton ne parvenait pas à la dégager dais un temps déterminé. Déjà les Français et les Espagnols étaient sur le point de se livrer bataille près de Casale; mais une nouvelle trêve entre la France et l'Empereur empêcha les deux armées à en venir aux prises.

L'invasion que les Suédois firent précisément alors en Allemagne , engagea l'Empereur à mettre fin à la guerre en Italie. Il promit par une convention , faite le 13 octobre 1630 dans un congrès des électeurs à Bâtisbonne, de donner au duc de Nevers l'investiture de Mantoue et de Montferrat ; mais il y ajouta cette conditm, que le roi de France s'engagerait à ne soutenir d'aucune manière quelconque, directement ou indirectement, les ennemis de l'Empereur soit présents , soit futurs. Le roi Louis XIII refusa de contracter un tel engagement. Cependant les négociations furent continuées et terminées, le 6 avril 1631, par le traité de Chérascc. Dans cette convention l'investiture fut de nouveau assurée au duc Charles Gonzague par l'Empereur. Charles céda aux ducs de Savoye et de Guastalle quelques endroits dans le margraviat de Montferrat, et leur assigna certaines sommes d'argent annuelles sur les revenus de ses pays. Les prétentions de la duchesse de Lorraine devaient être satis-

faites par no accommodement, on par la décision de l'Empereur. Le 22 juin, Charles de Ne vers reçut l'investiture de Mantoue et du Mont ferrât, et accomplit ensuite les autres points de la convention. Mais ce traité fut enfreint par là , que Louis XIII engagea les ducs de Savoye et de Mantoue à recevoir garnison française , le premier dans Pignerole, et le second dans Mantoue, sous prétexte de les soutenir contre une attaque de la part des Espagnols.

Tous les princes et États d'Allemague montraient le désir le plus ardent de voir le calme et la paix rétablis dans l'Empire. Mais les Protestants voulaient en même temps y qu'on leur accordât non-seulement l'oubli des démarches qu'ils avaient faites jusqu'ici contre le chef de l'Empire et l'Église catholique, mais encore la confirmation dans la jouissance des abbayes catholiques et biens ecclésiastiques, comme aussi l'assurance de cette possession pour l'avenir. Les Catholiques, au contraire, demandaient, comme base d'une transaction, la restitution des pays ecclésiastiques et domaines de l'Église , que les Protestants s'étaient appropriés, et en outre un entier dédommagement des dépenses faites par la Ligue dans la guerre. Quoiqu'il parût presque impossible de concilier des prétentions si contradictoires et si étendues , l'Empereur n'en convoqua pas moins une assemblée des électeurs à Ratisbonne , afin d'essayer s'il n'y avait point de moyen pour mettre d'accord les deux partis. 11 fut luimême présent dans cette conférence et indiqua, le 3 juillet 1630, les points sur lesquels il voulait qu'on délibérât. On devait travailler sérieusement au rétablissement de la paix ou, en cas de non-réussite, former une confédération entre l'Empereur , les électeurs et les États contre tous les futurs perturbateurs du repos public, et fixer ensuite la conduite qu'on avait à tenir envers .le comte palatin

Frédéric qui persistait dans la rébellion, envers les Hollandais qui loi prêtaient leur appui, et envers les Suédois qui menaçaient l'Allemagne d'une guerre. Esii l'Empereur proposa lui-même de lever par des dispositions convenables les nombreuses plaintes au sujet dm exactions et excès, que les troupes de Wallenstein avant commis dans différents pays de l'Empire. En cas qu'on ne p&t venir à bout de faire la paix, et qu'il fikt par cerné quent nécessaire d'entretenir ultérieurement une force militaire en Allemagne, les électeurs devaient indiquer les voies et moyens, par lesquels cette mesure pouvait être exécutée de la manière la moins onéreuse pour les pays rhénans. Les électeurs , au lieu de répondre , selon le désir de l'Empereur, aux propositions qu'il leur avait faites, W présentèrent un écrit , dans lequel ils exposaient tous les malheurs que les troupes du duc de Friedland causaient depuis quatre ans à l'Allemagne. Les extorsions de sommes d'argent très-considérables dans plusieurs provinces, ainsi que dans les villes impériales, les attentats aux droits souverains des princes régnants, les mauvais traitements auxquels étaient en butte les habitants de ces contrées , formaient les points principaux de cette plainte. On accusait hautement Wallenstein d'être la cause de toos ces désordres, et les princes, surtout rélecteur Maximilien de Bavière, demandèrent sa destitution. L'Empereur, qui ne pouvait oublier les obligations qu'il avait an duc Al* bert, tint ferme pendant quelque temps. Il fut même tenté, k ce qu'on prétend, de suivre le conseil que ce Général lui donna, d'environner de troupes Ratisbonne, et de contraindre par la force les membres de la Diète à faire ses volontés. Mais la crainte d'un soulèvement général le retint, et le détermina à consentir à sa déposition. Wallenstein reçut avec fierté, mais avec modération, les envoyés de Ferdinand qui vinrent, en septembre 1630 à

, lai demander sa démission , et se contenta répondre: „Je respecte la volonté de mon Souverain, g figue je regrette qu'il m'ait sacrifié si facilement." *Aprè« quoi il quitta le commandement de l'armée et se t retira, dans ses terres en Bohème. La guerre avec la afihtède avait déjà commencé , et ce nonobstant les élecl2<Mrs persistèrent à demander une diminution de la milice

* ttftkolique. La plus grande partie de ces troupes , prin-

* paiement celles de Wallenstein , furent licenciées , et *' ï«m ne conserva que 40,000 hommes à la solde de l'Em-

Comme la Suède , peu populeuse , n'était pas à

e de lever une armée nombreuse pour faire la guerre

un pays étranger, les princes s'imaginaient, que les

impériales qui restaient avec les 30,000 hommes

pe la Ligue tenait alors sous les armes, étaient plus que

fiffisantes pour faire face à ce nouvel adversaire. Le

Mate de Tilly fut nommé général en chef des forces

impériales en Allemagne, et on lui laissa en même temps

le commandement de Tannée combinée de Bavière et de

la Ligue.

A l'intercession des électeurs, Ferdinand II se montra disposé à accorder à Frédéric du Palatinat son pardon, et à lui assigner certains revenus sur les pays palatins, si ce prince acceptait les conditions qui lui avaient déjà été prescrites à Mulhausen, Fan 1627. Les Etats protestants se plaignirent de la rigueur avec laquelle on avait exécuté Tédit de restitution, et proposèrent un accommodement, par lequel ils s'offrirent à rendre aux Catholiques tous les biens de l'Église dont ils s'étaient emparés depuis la paix de religion (ainsi depuis le 26 septembre 15553 , comme aussi les abbayes et couvents immédiats. En revanche ils demandèrent que les abbayes, couvents et domaines , confisqués depuis la conclusion de la paix de Passau (le 30 juillet 1552) jusqu'au 26 septembre

1555 , leur fassent laissés et cédés pour toujMra. Les électeurs catholiques, il est vrai, insistèrent d'abord m le stricte accomplissement de l'édit de restitution ; mais l'Empereur ayant témoigné le désir de voir la tranquillité intérieure en Allemagne enfin rétablie par vue cendance réciproque , les princes convinrent <T«n accord , qu'on tiendrait, le 3 février 1631, un congrès à Francfort pour arranger cette affaire , et que l'exécriNn ultérieure de l'édit de restitution serait suspendue JMff à cette époque. Pendant la tenue de cette assemblée , des plénipotentiaires de l'Empereur , du roi d'Espagne et dt pape avaient fait en secret des démarchée* auprès des électeurs, pour les engager à élire le roi Ferdùumdiê Hongrie et de Bohème roi des Romains. Mais les électeurs déclarèrent, que cette affaire demandait une mire délibération, et qu'ils s'en occuperaient dans un astre congrès, qui devait s'assembler à Francfort, lieu désigné pour l'élection par la bulle d'or.

Il a déjà été rapporté plus haut, que le roi Gustave- Adolphe de Suède avait traité premièrement avec kl princes protestants unis, ensuite avec la Hollande et F Angleterre relativement à son assistance, et quels furent les motifs de la rupture de ces négociations» Depuis ce temps - là, Gustave - Adolphe avait remporté de brillants avantages contre les Polonais 5 il conquit dans la Prusse polonaise les villes de Pillau, d'Elbingen, de Braunsberg, de Memel et de Danzig. Enfin Stralsund se mit aussi 1629 sous sa protection , comme il a déjà été menttosné. Le roi de Pologne accepta alors la médiation de la France, de l'Angleterre et de l'électeur de Brandebourg. Le 26 septembre 1629 , on conclut près du village d'Altmark, non loin de Stuhm en Prusse , une trêve de six ans, pendant laquelle toutes les conquêtes, que Gustave-Adolphe avait faites en Livonie , en Courlande et en Prusse, loi furent laissées.

La possession d'an territoire si étendu et de tant de te sur les côtes de F Allemagne , mit le roi de Suéde état de réaliser on plan qu'il méditait depuis quinze ans, ni de faire la guerre à l'Empereur et à la Ligue catholi- !•• Le zèle pour la doctrine protestante , le désir de la ire, le sentiment de la supériorité de ses troupes, parement bien organisées et disciplinées , étaient les mo- ^ qui avaient de tout temps incité lé roi Gustave à cette reprise hasardeuse. Dans un temps plus récent, les grès de Wallenstein sur les côtes de la mer Baltique, les prétendus dangers dont les royaumes du Nord se f aient par là menacés , lui avaient aussi fourni un sujet vr justifier sa conduite hostile envers l'Empereur. Le ; de Friedland avait en outre renvoyé avec des menai offensantes les ambassadeurs suédois, qui voulaient 29 assister aux conférences tenues à Lubeck , et dé- :hé, après la conclusion de la paix, le général Arnheim ec 12,000 hommes pour secourir le roi Sigismond de logne. Le conseil d'État de Suède, il est vrai, se déni contre cette guerre , et trouva fort invraisemblable 3 l'Empereur eût jamais eu l'intention d'inquiéter la «de, si éloignée, dans ses limites. De plus , la popuion peu nombreuse de la Suède et la modicité des remis de l'État étaient des circonstances, qui rendaient royaume peu propre à entreprendre une guerre offensive ns des pays lointains. Mais l'extrême envie qu'avait le i de prendre pied ferme dans l'Allemagne septenroale , et de procurer à son royaume une plus haute luence politique dans les affaires européennes, prévalut r toutes les autres considérations. Quoiqu'il ne fût entré gqu'ici dans aucun engagement avec les princes évanliques, il espérait néanmoins, que son arrivée les porte-* it tous à se joindre à lui. Il jugeait aussi l'époque d'alors rticulièrement favorable pour cette expédition, parce que

la Ligue catholique, fort épuisée par les efforts qu'elle avait faits jusque -là, était lasse de cette longue guerre, et n'était point dans la meilleure intelligence avec l'Empereur.

Gustave -Adolphe parut, le 24 juin 1630, avec me flotte de trente vaisseaux de guerre près de Pile de Rsgen. Une armée de 15,000 hommes était embarquée m deux cents bâtiments de transport. Le commandant suédois de Stralsund, Alexandre Lesly, venait de forcer la Impériaux à évacuer cette île. Le roi lai-même se readk alors maître de l'île dTTsedom , par ou il dominait Feabouchure de l'Oder, Wallenstein était en marche pour la Souabe, et n'avait laissé que de faibles garnisons en Poméranie et dans les îles voisines. Déjà plusieurs semaines auparavant, le roi de Danemark s'était offert pour médiateur. Effectivement on convint de tenir un congrès à Daaeigj mais comme Gustave -Adolphe ne désirait point It paix, l'arrivée des plénipotentiaires fut retardée, et le coigrès n'eut pas lieu. Le roi de Suède n'avait point déclaré la guerre à l'Empereur. En revanche il publia , lors de son débarquement, un manifeste, dans lequel il allégua pour motifs de son expédition: que l'Empereur et la Ligne avaient envoyé des troupes auxiliaires au roi de Pologne; que l'Empereur avait fait saisir les marchandises de négociants suédois et confisquer leurs navires ; qu'il avait dépouillé les ducs de M ecklembourg de leur pays, et voilait s'arroger la domination sur la mer Baltique; qu'il avait fortement armé contre la Suède même, exclu les envoyés suédois du congrès de pacification a Lubeck, et entravé la marche de celui de Danzig,

Gustave-Adolphe, après avoir emporté les batteries élevées par les Impériaux sur les bords de la Schwine, ainsi que Tîle de Wollin, remonta l'Oder avec nn corps de troupes et contraignit, le 30 juillet, le duc Bogtslas XIV

le Poméranie à lai remettre Stettin , et à conclure une dliance offensive avec la Suède. Le roi conquit plusieurs rilles poméraniennes, encore occupées par les Impériaux, mis une partie du Mecklembourg. Les troupes impériales le retirèrent peu à peu dans la Marche de Brandebourg. Sustave- Adolphe se renforça dans ce temps -là par le grand concours d'officiers et de soldats , qui avaient servi ians les corps, alors licenciés , du roi de Danemark, du lue Chrétien de Brunswick et du comte de Mansfeld. Vers e même temps , Wallenstein s'était démis du commande- Dent, et Farinée impériale avait été diminuée de deux tiers. ja Ligue, effrayée du danger qui la menaçait du côté du tford, s'unit de nouveau d'autant plus étroitement à FEraterear. Le comte de Pappenheim marcha avec une division de troupes dans le pays de Mecklembourg , pour y renforcer les garnisons impériales* Tilly rassembla toutes es troupes, cantonnées au Rhin, au Mein etc., et se mit en aarche vers l'Allemagne septentrionale. Le duc François- Charles de Saxe-Lauenbourg et le duc de Mecklembourg t'étaient déclarés pour la Suède, et le premier de ces prin- «s avait rassemblé un corps de troupes à Ratzebourg ; nais il y fut battu et fait prisonnier par Pappenheim.

Au mois de janvier 1631, les Impériaux avaient déjà terdu toute la Poméranie , à l'exception de Greifswalde *t de Colberg. Tilly arriva enfin avec 20,000 hommes à francfort-sur-l'Oder , se réunit avec les 8000 Impériaux |ui se trouvaient dans le pays de Brandebourg et emlorta , le 9 mars , de vive force la ville de Neu - Brandetpurg, occupée parles Suédois. Dans l'intervalle, le roi le Suède avait pris une si excellente position près de Schwedt, sur les bords de l'Oder, que le général Tilly n'osa 'attaquer; il renonça au dessein qu'il avait de reconquérir la Poméranie et le Mecklembourg , et se retira vers Magdebourg. Cette ville avait refusé, l'an 1629, de re-

ceVoir les troupes impériales, qui voulaient y prendre ses quartiers d'hiver, et Wallenstein l'en avait punie par ui blocus d'une demie année. Elle ne voulait pas reconnaître non pins l'archiduc Léopold - Guillaume qui avait été désigné pour leur archevêque, et elle se proposait de supprimer encore une fois le culte catholique qui y avait été introduit de nouveau. À ces fins, la ville rappela, le 1 aoftt 1630, leur administrateur proscrit et déposé, Chrétien- Guillaume de Brandebourg, et fit en même temps alliance avec la Suède. Les bourgeois invitèrent le roi Gustare- Adolphe à se rendre dans leur ville , qui reçut en attendant de ce prince un commandant suédois, le colonel Thierry de Falkenberg. Chrétien - Guillaume enrôla des troupes, occupa beaucoup d'endroits de l'archevêché, et surprit plusieurs garnisons impériales, réparties dans le pays, comme aussi la ville de Halle. Mais dès le mois de décembre 1690; le comte de Pappenheim, général de la Ligue, enlevai l'administrateur toutes les places qu'il avait conquises, et investit Magdebourg. Le comte de Tilly résolut d'attaqier cette ville avec la plus grande vigueur, d'attirer parla Gustave - Adolphe loin des bords de l'Oder, et de loi livrer ensuite une bataille décisive.

Sur ces entrefaites, le roi de Suède signa, le 13 janvier 1631, à Bernwalde dans la Nouvelle - Marche , une alliance de cinq ans avec la France, Gustave - Adolphe promit de faire la guerre avec une armée de 30,000 fantassins et de 6000 chevaux ; et Louis XIII s'obligea i payer au monarque suédois un subside annuel de 400,000 écus. Les deux Souverains alliés assurèrent à la religion catholique leur protection , à la Ligue leur amitié , à tous les princes et États catholiques l'admission dans cette alliance, s^ls la voulaient, ou du moins la neutralité. Immédiatement après le départ de Tilly, le roi leva le camp près de Schwedt, emporta, le 3 avril, Francfort- sur -POder

«Tassant et se rendit naître, le 15 du même mois, de Landaberg-sur-la-Warthe.

Les princes protestants avaient ponr la plus grande partie écarté jusque-là une plus proche union avec la Suède. Excepté les ducs de Lauenbourg et de Mecklembourg, que Gustave - Adolphe avait déjà réintégrés dans leurs pays, il n'y avait que Guillaume V, landgrave de Hesse-Cassel, qui s'était volontairement allié avec le roi de Suède (le 9 novembre 1630}. Il ne pouvait être indifférent à l'électeur Georges -Guillaume de Brandebourg de voir les Suédois prendre pied ferme en Poméranie, sur lequel pays il avait loi - même les plus proches prétentions après la mort du doc Bogislas XIV. Comme il avait été chargé par les antres électeurs de l'entremise entre l'Empereur et le roi, il chercha alors effectivement à entamer des négociations avec Gustave - Adolphe. Mais ce prince demanda, que rélecteur s'unît à lui et envoyât ses troupes à Farinée suédoise, et plus tard, qu'il remît du moins au roi les forteresses de Custrin et de Spandau , afin d'assurer ses derrières pendant sa marche sur Magdebourg. Comme Gustave-Adolphe ne reçut point une réponse satisfaisante, il marcha vers la Spree, prit Berlin et força, le 4 mai 1631, Télecteur à conclure un traité, ensuite duquel Spandau fut occupé par des troupes suédoises.

L'électeur Jean - Georges de Saxe avait également élndé l'alliance que lui avait offerte Gustave - Adolphe ; car il ne se fiait aucunement aux vues du roi de Suède, et il était pleinement convaincu que l'intérêt, la soif de gloire et l'avidité de pays étaient les seuls mobiles de son expédition, lesquels il cherchait à cacher sous l'apparence <Tune sollicitude généreuse pour la liberté religieuse et politique de l'Allemagne, Toutefois Télecteur s'efforçait de tirer des circonstances embrouillées et fort critiques, dans lesquelles se trouvait l'Empereur, autant d'avantages que

possible pour le parti protestant Au mois de février 1631, il invita les princes et États évangéliques à un congrès à Leipzig. Les princes assemblés furent requis par Gustave-Adolphe de se joindre à lui contre l'Empereur 5 mais ils rejetèrent sans hésiter cette proposition. Le plan de l'électeur était de conclure avec les princes et États réunis dans Leipzig une confédération qui, sous sa direction, fui à même de s'opposer au roi de Suède, en cas qu il voulût exercer une influence despotique en Allemagne, et de contraindre d'un autre côté aussi l'Empereur à redresser les griefs protestants. Le 28 mars, le congrès de Leipzig représenta à l'Empereur la situation critique dans laquelle se trouvait l'Empire , et le pria de révoquer Tédit de restitution , ainsi que de soulager leurs pays , surchargés par les troupes impériales. Les États s'unirent en outre , le 2 avril , pour leur défense réciproque. Comme ils firent tous les préparatifs nécessaires à cet effet, l'Empereur les somma de discontinuer leurs enrôlements et de se tenir tranquilles. Les électeurs catholiques et les autres membres de la Ligue, de leur côté, se réunirent à Dunkelspuhl, s'engagèrent à redoubler leurs armements pour soutenir l'Empereur , et ils adressèrent alors aussi, le 3 juin, des lettres aux Protestants, pour les détourner de toute entreprise hostile contre le chef de l'Empire et les Catholiques. Comme les Etats évangéliques n'avaient aucun égard à ces avertissements, et continuaient leurs préparatifs de guerre, l'Empereur ordonna au comte de Furstenberg d'attaquer avec rapidité et vigueur les membres de cette nouvelle confédération. Ce Général rassembla un corps d'armée de 24,000 hommes, réduisit encore dans le cours du mois de juin les villes de Kempten et de Memmingen , et s'empara en juillet du duché de Wurtemberg. Ulm renonça à l'union de Leipzig, et les Etats du cercle de Franconie se soumirent également; en sorte que la confédération de Leipzig perdit ses membres en Souabe et en Franconie.

Le comte de Tilly avait commencé, dans les premiers jours de mai, le siège de Magdebourg. Les bourgeois, qui se confiaient dans l'assistance du roi de Suède? ayant obstinément repoussé la sommation que Tilly leur avait faite à différentes reprises, la place fut emportée d'assaut, le 20 mai 1631. La plus grande partie des maisons devinrent la proie des flammes , le reste fut pillé. Le co-> lénel suédois tomba en défendant la ville. Chrétien-Guillaume de Brandebourg fut blessé et fait prisonnier. Une grande partie de la garnison et des habitants périrent par le feu ou le fer. Le roi Gustave-Adolphe n'avait osé trop s'éloigner jusqu'alors de l'Oder et de la Wàrtbe , attendu que le général impérial Scbaumbourg était posté près de Grand - Glogau , sur les derrières de Tannée suédoise* Mais après la chute de Magdebourg, il se mit en marche sur Berlin et contraignit , le 11 juin , l'électeur de Brandebourg à signer un second traité. L'électeur lui promit un subside de 30,000 écus par mois, laissa Spandau entre les mains des Suédois, et s'obligea à permettre au roi d'occuper Custrin , chaque fois qu'il en serait requis par ce monarque*

Le 3 juin, le comte de Tilly partit de Magdebourg et se dirigea vers la Tburinge. Il avait forcé l'archevêque de Brème d'abandonner l'Union de Leipzig. Il voulait mainenant contraindre le landgrave Guillaume de Hesse-Castel à déposer les armes. Pendant la marche , Tilly reçut i Mulhausen des nouvelles des mouvements du roi Gus~ ave, qui rengagèrent à retourner à l'Elbe. Les Suédois ivaient enlevé aux Impériaux Greifswalde, leur dernière ilace en Poméranie. Le reste du Mec kl em bourg fut égaraient conquis. La reine de Suède Marie-Éléonore étant ébarquée avec 8000 hommes de troupes fraîches en Potéranie, et le marquis Hamilton ayant amené au roi 6000 Lnglais, Gustave - Adolphe s'avança vers l'Elbe, prit

Tangermunde et Havelberg, et occupa près de Werben un camp fortifié. Tilly parut devant cette position ; nais comme le roi ne sortit pas de son camp pour livrer on cornbat, et qu'il eut été trop hasardeux d'attaquer l'ennemi dans ses retranchements , le comte, qui commençait d'ailleurs i manquer de vivres, retourna, vers la fin de juillet, dans l'archevêché de Magdebourg, d'où il se proposait de pénétrer dans l'élecf orat de Saxe. Arrivé à Wolmirstœdt, Tilly reqttt l'électeur de faire passer ses troupes à l'armée impériale, et de continuer à la pourvoir de tout ce qui était nécessaire à son entretien. Cependant, sans attendre sa réponse, Tilly se mit, le 18 août, en marche vers Eisleben, où il se réunit avec le corps d'armée du général Furstenberg, qui venait d'y arriver de la Souabe. Moyennant ce renfort, Tilly se voyait à la tête d'une armée de 4O,000 hommes, avec laquelle il se dirigea, le 31 août, sur Halle. Mersebourg, Weissenbourg , Fribourg, Naumbourg, Zeitz et plusieurs autres endroits furent occupés par les Impériaux. Tilly, ayant reçu près de Halle la réponse négative de Télecteur, marcha aussitôt devant Leipzig. Cette ville se rendit par capitulation, après un bombardement de peu de jours.

Le roi de Suède avait quitté son camp près de Werben, et s'était porté à Alt- Brandebourg. Là fut signé, le 1 septembre, entre Gustave- Adolphe et l'électeur de Saxe un traité, par lequel ce dernier prince mettait ses troupes sous les ordres du roi, et lui abandonnait entièrement la direction de la guerre. Il s'engagea à ne point faire la paix, sans le consentement de Gustave - Adolphe , d'ouvrir en cas de retraite ses forteresses sur l'Elbe aux Suédois, et à leur fournir les vivres nécessaires. Ensuite l'électeur passa l'Elbe et se réunit, le 5 septembre, près de Duben avec l'armée suédoise. Le lendemain , le roi et Télecteur marchèrent sur Leipzig. Tilly s'avança de son camp re-

ranché vers le village deBreitenfeld, situé à deux lieues le Leipzig. Les alliés attaquèrent, le 7 septembre, Farnée impériale* A l'aile gauche de cette dernière, les Sacras furent mis en déroute $ mais à Taile droite les Sué* lois demeurèrent vainqueurs* Tilly se retira par Halle à lalberstadt. Le 8 du même mois , le roi défit l'arrièrecarde impériale près de Mersebourg et se rendit maître le eette ville, le jour après. Le 11, il conquit Halle, et 'électeur reprit Leipzig le lendemain ; après quoi les Impériaux évacuèrent tout Télectorat de Saxe.

Le roi de Suède ne jugea pas à propos de poursuivre e comte de Tilly dans sa retraite vers la basse Saxe; nais il fut décidé que l'électeur de Saxe pénétrerait par a Silésie en Bohème. Pour lui-même, Gustave- Adolphe Aoisit l'expédition qu'on avait résolu d'entreprendre par la rhuringe et la Franconie en Bavière. Le 21 septembre, Srfort lui ouvrit les portes. Dans cette ville, il conclut me alliance avec les ducs de Saxe -Weimar. Le 26 du némemois, Gustave -Adolphe continua sa marche parla brêt de Thuringe. La ville de Wurzbourg capitula, le 4 octobre suivant. La citadelle fut prise d'assaut, peu de ours après. Tilly, qui s'était réuni dès le 3 octobre dans a Hesse avec les deux divisions de Fugger et d'Aldrinjen, marcha avec 18,000 fantassins et 182 compagnies de lavaliers jusqu'à Fulde. Mais un ordre de l'Empereur lui tyant défendu de livrer un combat et de risquer son araée, ce brave Général ne put rien faire pour la délivrance la château de Wurzbourg. Près d'Aschaffenbourg, Tilly ut encore rejoint, le 12 octobre, par le duc Charles de Liorraine avec 15,000 hommes. Au moyen de ce renfort, rUly s'empara de différentes places en Franconie ; mais 1 attaqua Wurzbourg en vain. L'armée impériale ayant *té fort affaiblie par le manque de munitions et de vétenents, par les fortes marches qu'elle avait faites , par les

maladies et la désertion , le roi de Suède se vit à méae d'étendre ses conquêtes sur le Rhingau et la contrée dite Bergstrasse. Le 7 décembre, il franchit le Rhin près d'Oppenheim , se rendit maître de cette ville et conquît, le 13 du même mois, Mayence, puis Spire, Landau, Weissenbourg, Manheim, Ulm et beaucoup d'antres places. Le landgrave de Hesse-Cassel enleva pareillement plusieurs villes, entre antres Munden et Hœxter en Westphalie, Kœnigstein et Caub-sur-le-Rhim Dans l'Allemagne septentrionale les Impériaux perdirent encore Rostock , Wismar et Dœmitz. Le congrès qu'on avait ouvert à Francfort-sur-le-Mein, le 5 septembre, fut dissous, le 13 octobre, à l'approche des Suédois.

Deux corps d'armée impériaux avaient , au mois de septembre, attaqué la Lusace. Le général Gœtz occupa la basse Lusace et fit des courses jusqu'à Dresde. Le général Tiefenbach prit Bautzen , Gœrlitz et Zittau. Mais l'armée saxonne, sous le général Arnheim , s'étant alors avancée en Lusace, les Impériaux se virent obligés de se retirer partie en Silésie, et partie en Bohème. L'enrayé d'Espagne à Vienne avait offert à l'électeur de Saxe son entremise pour faire la paix ; mais ce prince, loin d'agréer cette proposition, ordonna, au mois d'octobre, au général Arnheim d'entrer en Bohème. Celui - ci occupa sans résistance Tetschen , Aussig, Tœplitz, Leitmeritz, Slan et enfin Prague (11 novembre). Le commandant impérial de cette capitale , Don Balthasar Maradas, se retira jusqu'à Tabor. Egre , Ellnbogen , Saaz , Kaaden , Laan, Melnik, Brandeis et plusieurs autres villes se rendirent également sans opposition. L'électeur de Saxe arriva luimême à Prague. Un grand nombre de Bohèmes évangéliques émigrés et de prédicateurs luthériens, qui avaient suivi ce prince, s'emparèrent des églises, des écoles, et les Jésuites reçurent Tordre de quitter le pays. Sur ces

entrefaites , les généraux Maradas 1 Tiefenbach et Gœtz s'avancèrent avec lears divisons vers l'Elbe et occupèrent Nimbourg. L'électeur y envoya le général Arnheim , qui les vainquit et leur enleva Nimbourg. Les Impériaux se retirèrent vers la Moravie. Les Saxons se rendirent maîtres de presque tout le pays jusqu'à la frontière de cette province. Cependant , la crainte des dangers dont la liberté et l'indépendance de l'Allemagne était menacée de la* part des Suédois, engagea l'électeur de Saxe à ne pas faire avancer plus loin son armée. La Bohème était déjà entièrement vidée par un pillage systématique. Tout le butin transportable fut envoyé par eau en Saxe. Lors~ qu'on crut qu'il n'y avait plus rien à extorquer, l'électeur s'en retourna à Dresde; mais ses soldats continuèrent d'opprimer le pays d'une manière si cruelle, qu'une grande partie des habitants abandonnèrent leur malheureuse patrie et s'enfuirent en pays étranger.

Le duc de Friedland , qui depuis sa destitution résidait à Prague, où il tenait un grand état de maison '), avait donné carrière à un sombre chagrin. Il voyait avec «ne tranquillité apparente les revers étonnants de son Souverain , lorsque Ferdinand II le fit inviter à reprendre son ancien poste. Wallenstein se chargea, après quelque hésitation, de lever une nouvelle armée et de perfectionner en trois mois l'enseignement des troupes qui devaient en faire partie. Dès que son intention fut connue , on vit accourir dans les rangs de ses nouveaux bataillons des milliers de vétérans qui avaient déjà servi sous ses ordres; et trois mois étaient à peine passés, qu'il avait mis sur pied une armée de 30,000 hommes, bien exercés et Wen disciplinés. Mais alors il refusa de prendre le commandement de cette armée, et ne céda aux voeux de

0 Le récit que Williams Coxe fait de la manière de vivre de Wallenstein à Prague, est fort exagéré.

l'Empereur qu'après que ce monarque eut satisfait les prétentions excessives qu'il formait. Wallenstein, profitant du besoin que Ferdinand avait de ses services , se fit nommer Généralissime de toutes les troupes autrichiennes et espagnoles en Allemagne. L'Empereur renonça an droit de commander lui-même Tannée , comme aussi i la conduite directe des affaires de la guerre. Il s'obligea même à ne point paraître à l'armée. Il fut convenu que l'Empereur établirait sa résidence à Prague , dès qu'on serait par venu à reconquérir la Bohème. Ferdinand promit à Wallenstein de lui engager un pays héréditaire pour garantie de la rémunération de ses services. Dans les pays allemands conquis , le duc de Friedland devait jour pour sa personne des revenus du Souverain , et avoir la main libre dans la confiscation et distribution des biens des traîtres de l'État. Enfin il fut stipulé, que dans le futur traité de paix on aurait particulièrement égard à l'avantage de Wallenstein, et que la possession du duché de Mecklembourg lui serait assurée. Au mois d'avril 1632, l'armée de Wallenstein était forte de 50,000 hommes , qui n'attendaient que l'ordre de leur chef pour marcher contre les ennemis de l'Empereur.

Les grands progrès que Gustave -Adolphe avait faits dans les pays rhénans, avaient engagé le comte palatin Frédéric à se rendre, en février 1632, de la Haye à Francfort -sur- le -Mein, pour reprendre possession de ses pays palatins. Le roi lui donna des espérances qui toutefois furent détruites par les événements , qui eurent lieu bientôt après. Dans l'entrefaite , Gustave - Adolphe avait conclu des alliances avec les autres princes du nord de l'Allemagne , ainsi qu'avec plusieurs villes impériales, et s'était rendu maître de différents endroits dans la basse Saxe, au Rhin et en Souabe, tandis que son général Banner avait occupé Magdebourg, et que Horn était entré dans Bàmberg.

Sur la fin du mois de février, le conte de Tilly oom-

aença de nouveau ses opérations. Il expulsa, le 8 mars, le

feldmaréchal Horn de Bamberg. Le roi de Suède s'avança

' contre lui; mais Tilly marcha dans le Haut-Palatinat, pour

: être à portée de soutenir la Bohème et la Bavière. Le

» roi le suivit par la Franconie et arriva , le 21 mars , à

' Nuremberg. Alors Tilly dirigea sa marche vers le Da-

• nbe sur Ingolstadt. Gustave — Adolphe le suivit dans

cette contrée et prit , le 27 mars , Donauwœrth d'assaut

Comme la Bavière était par là menacée d'une invasion, lé

due Maximflien se rendit en toute bâte à l'armée de Tflly*

et dirigea lui - même les dispositions nécessaires pour la

défense de son pays. Le pont sur le Lech près de Bain

fut abattu. Le 5 avril , l'armée suédoise fut en présence

des Bavarois. Une violente canonnade commença , et fut

continuée pendant plusieurs heures sans interruption. Lé

brave général Tilly fut blessé mortellement. Le roi fit

travailler, à l'abri de son artillerie, à la construction d'un

pont. L'électeur se retira pendant la nuit vers Ingolstadt,

où le comte de Tilly mourut le 30 avril.

- Dans la matinée du 6 avril , le roi Gustave passa le Lech , et marcha sur Augsbourg qui capitula le 10 du même mois. Dans cette ville Gustave - Adolphe fit une démarche qui excita la méfiance de ses partisans en Allemagne; c'est-à-dire, il.se fit prêter, ainsi qu'à la couronne de Suède, serment de fidélité par les bourgeois. Ce serment était en contradiction avec le désintéressement que le roi avait fait paraître en déclarant à différentes reprises, qu'il ne combattait que pour la constitution de l'Allemagne et la liberté de conscience. Les villes de Bain, deBurgau, de Neubourg - sur - le - Danube, Memmingen, Nœrdlingue , Kempten et plusieurs autres places furent alors occupées par les Suédois. Une division de leurs troupes marcha par l'Algovie , s'avança jusqu'à Fuessen

et Reutti, et menaça le Tyrol; nais elle fat repoussée en voulant passer les défilés de ce pays. Ensuite les Suédois conquirent Brégenz avec tout le Brisgau et la plupart des villes autrichiennes en Alsace. Lie roi même attaqua la tête de pont d'Ingolstadt , mais fat repoussé, le 23 avril. Le feldmaréchal Horn avait été détaché au Danube , pour s'emparer de Ratisbonne ; Biais rélecteur Maximilien, qui Pavait prévenu, l'empêcha de s'approcher de cette ville. Gustave-Adolphe abandonna l'attaque d'Ingolstadt et marcha , le 24 avril , sur Munich où il entra le 7 du mois suivant ; cependant il quitta bientôt après cette ville et retourna à Augsbourg. L'électeur avait prié Wallenstein de se réunir avec l'armée de la Ligue catholique. Mais ce Général , qui n'avait pas oublié que Maiimilien s'était trouvé à la tête des princes , qui avaient es 1629 exigé sa démission de l'Empereur , lai refusa son assistance. Son plan d'opération tendait à chasser d'abord les Saxons de la Bohème et à les détacher , s'il était possible , de l'alliance suédoise. Vers le milieu du mois d'avril, il avait conduit l'armée de la Moravie en Bohème. Il entama à cette époque des négociations tant avec le général saxon Arnbeim à Prague , qu'avec l'électeur même ; mais elles n'aboutirent à aucun résultat. Le duc de Friedland s'avança alors sur Prague , bombarda la ville, et l'emporta ensuite d'assaut. La garnison saxonne, restée dans le Hradschin, capitula le 5 du mois suivant. Les Saxons furent expulsés de la plupart des villes bohèmes. Arnheim reconduisit , encore avant la fin du mois de mai, son armée que Wallenstein menaçait d'envelopper, ea Misnie. Le duc de Friedland acheva , par la conquête d'Egre, de Falkenau et d'EUnbogen, la délivrance de la Bohème. Le général suédois Duval et Arnheim attaquèrent, du côté de la Lusace, la Silésie où ils prirent Glogau , et ayant remporté des avantages près de Stei-

nau, ils forcèrent les Impériaux à se retirer dans la hante Silésie.

Déjà plusieurs semaines s'étaient écoulées depuis l'expulsion des Saxons de la Bohème, sans que le duc de Friedland songeât à marcher au secours de l'électeur Bfaximilien, qui l'en avait itérativement requis. Ce ne fut qu'au mois de juin, après que l'Empereur lui eut exprès* sèment ordonné de réunir ses forces à celles de Maxinûien , qu'il se mit en marche vers le Haut-Palatinat , et rejoignit près d'Egre l'armée bavaroise. Le roi Gustave accourut pour empêcher cette réunion , mais il arriva trop tard; et comme l'armée réunie lui était beaucoup supérieure, il se retira jusqu'à Nuremberg , où il prit une position qu'il fit entourer de fortes batteries. Le 6 juillet, Wallenstein arriva dans le voisinage de cette ville , et occupa un camp près de Zirndorf sur la Rednitz, à une lieue de la position suédoise. Quoique l'armée de Wallenstein fût forte d'environ 40,000 combattants et que celle du roi n'en comptât que 20,000, le duc Albert n'osa cependent hasarder un combat. Tous les deux continuèrent à fortifier leurs positions ; chacun cherchait à contraindre son adversaire à la retraite > en lui coupant le transport de vivres. Mais bientôt le roi de Suède reçut des renforts, qui le mettaient en état de se mesurer avec son redoutable ennemi. La plupart des divisions que Gustave- Adolphe avait laissées dans différentes places au Rhin et au Danube , arrivèrent successivement près de Nuremberg. Le duc Bernard deWeimar, qui avait déjà menacé le Tyrol d'une invasion, et le landgrave Guillaume de Hesse amenèrent pareillement leurs corps au roi. Le 28 août, Gustave -Adolphe rangea son armée, qui s'était accrue à 70,000 hommes , en ordre de bataille , et présenta le combat à Wallenstein, qui ne se mut point de son camp. Cependant les deux armées manquaient déjà en-

tièremetit de vivres et ne savaient comment s'en procurer dans la position qu'elles occupaient Enfin, sor la nouvelle mal fondée, comme si le duc de Priedland était parti avec la plus grande partie de ses troupes, et n'avait laissé qu'on faible corps pour l'occupation du camp , Gustave- Adolphe se détermina à entreprendre une attaque contre ce dernier. Le 2A août au matin, les Suédois assaillirent les retranchements des Bavarois ; mais ils furent repousses par Wallenstein avec les troupes impériales. Après que le feu des canons et des mousquets eut duré pendait plusieurs heures , le roi donna le signal de la retraite.

Ce prince brava encore pendant deux semaines la disette toujours croissante, qui le contraignit enfin, le 8 septembre , à se mettre en marche. U passa à côté de la position de Wallenstein, et prit la direction par Net* stadt-sur-FAisch vers Windsheim. Il laissa une forte garnison dans Nuremberg. Le duc Albert ne bougea m pour attaquer Nuremberg, ni pour aller à la poursuite du roi. Le 13 septembre, il leva son camp et prît le chemin de la Saxe. L'électeur de Bavière se dirigea vers le Danube, pour couvrir son pays que Gustave -Adolphe avait dessein d'envahir une seconde fois. Le duc Bernard de Weimar fut envoyé en Franco nie, au Mein.

Wallenstein avait fait partir les généraux GaHas et Holke en avant pour la Saxe et la Misnie , où ils s'étaient rendu maîtres de plusieurs places. Il paraissait que le duc Albert avait l'intention de prendre ses quartiers d'hiver dans ces pays. Sur ces entrefaites, Arnheim avec Tannée saxonne avait conquis presque toute la Silésie. Wallenstein, prévoyant que le général Arnheim et le duc Bernard accourraient, celui-là de la Silésie, et celui-ci de la Franconie, en Saxe pour se réunir contre lui, ordonna au général Pappenheim, qui se trouvait dans la basse Saxe , où il avait combattu avec succès contre des

6880» et des Suédois, 4e venir le rejoindre. Après que rtte réunion eut été effectuée , le duc de Friedland maria, le 22 octobre, avec son armée, forte alors de 25,000 «mes , devant Leipzig et força cette ville , ainsi que i château de Pleissenbourg, à capituler. Le lendemain, i corps impérial occupa Halle 5 mais ayant ensuite entreris «ne attaque sur le château de Moritzbourg, il fut relusse par la garnison suédoise.

Sur les instantes prières de l'électeur de Saxe , le n Gustave- Adolphe s'était dirigé vers la Thuringe et il jcopa, le 30 octobre, un camp retranché près de Naum- Mnrg. Le duc Bernard de Weimar s'était déjà réuni au )i. Wallenstein avait pris une forte position près de Veissenfels. Le 3 novembre, le roi se vit obligé par le t>id rigoureux à mettre ses troupes en cantonnement. ie duc Albert , qui s'imaginait que le roi resterait pen- Aot assez longtemps dans l'inaction , voulant profiter de *t intervalle, commanda le général Pappenheim avec ne forte division , pour effectuer la réduction du château e Moritzbourg près de Halle. Le même jour où Papenheim se mit en marche, Wallenstein quitta aussi son wnp près de Weissenfels et se porta vers Leipzig. Les liemins gâtés ralentirent tellement sa marche , qu'il ne ut atteindre que lAitzen , et se vit obligé de s'y arrêter osai le 5 novembre. Ce jour -là, Wallenstein détacha ncore deux colonels avec leurs régiments vers Zwickau t Altenbourg, pour occuper les routes qui conduisent s Bohème.

Le roi de Suède , qui avait été instruit de tous ces touvements, partit , le 5 novembre , de Naumbourg pour lier attaquer son ennemi. Dès le soir du même jour , il eut des combats entre les avant-postes des deux partis. se roi voulait attaquer , le lendemain à la pointe du jour, armée de Wallenstein qui ne comptait alors que 12,000

combattants. Le duc envoya des ordres réitérés et pressants à Pappenheim, pour le faire revenir sur-le-chaafi À peine ce Générai les eut - il reçus , qu'il se mit a marche avec la cavalerie , et commanda à l'infanterie 4e le suivre aussi rapidement que possible. Les deux armées passèrent la nuit sous les armes. Le 6 novembre au matin, Wallenstein marcha dans la plaine à gauche de Lutzen , espérant d'empêcher la bataille jusqu'à l'arrivée de Pappenheim. Un brouillard épais favorisait son plai. Le brouillard s'étant dissipé vers les onze heures avait midi, le roi ordonna l'attaque. Le combat commença entre Finfanterie avec une grande animosité. La grande route, montante et enclose de deux fossés, devant la position des Impériaux fut emportée d'assaut par les Suédois et perdue de nouveau. Alors le roi Gustaphe - Adolphe meaa lui-même la cavalerie au combat Une balle de mousquet lui fracassa le bras gauche. Il se fit porter hors du combat j mais il tomba derrière son armée entre les mains de cavaliers impériaux qui ne le connaissaient point , et fut tué avec tous ceux qui raccompagnaient. Le duc François-Albert de Saxe - Lauenbourg eut seul le bonheur de s'échapper, et fut par cette raison fréquemment accusé d'avoir assassiné le héros suédois. Dans l'entre faite, la force supérieure des Suédois réussit à vaincre la courir geuse résistance des Impériaux. Le duc de Friedland s'était déjà mis en marche pour opérer sa retraite , lorsque Pappenheim avec la cavalerie arriva enfin sur le champ de bataille. Il attaqua résolument les Suédois, les repoussa, leur enleva de nouveau les canons qu'ils avaient conquis; mais il fut blessé mortellement. Ses cavaliers, comme aussi Finfanterie impériale , qui avait encore une fois renouvelé l'attaque, furent alors forcés à vider le champ de bataille , qui était couvert de 9000 morts des deux partis. Wallenstein se retira avec son armée à Leipzig.

li - même se rendit alors par Zwickau à Prague , où il finit de mort les officiers, à la mauvaise conduite desfuels il attribuait la perte de la bataille. Le duc Bernard de Weimar , qui avait pris le commandement de l'armée suédoise , s'étant réuni avec les troupes saxonnes, forç^ au bout de quelques semaines , les Impériaux à évacuer la Saxe.

La mort du roi de Suède ne produisit point les résultats que le parti catholique s'en promettait. Il est vrai que les princes et les États évangéliques étaient fort consternés, parce qu'ils craignaient que la Suède ne cessât de prendre part ultérieurement à la guerre germanique, et ne les abandonnât à la discrétion de leurs adversai-» res ; mais le chancelier du royaume de Suède , le baron Axel d'Oxenstierna, fut autorisé par le conseil d'État, qui gérait la régence à la place de Christine, fille de Gustave - Adolphe , âgée seulement de seize ans qu'on avait proclamée reine, à continuer la guerre en Allemagne entièrement dans le sens de Gustave - Adolphe. Le comte palatin Frédéric suivit , le 19 novembre 16&2 àMayence, le roi de Suède au tombeau. Tout lePalatinat inférieure ou du Rhin , à l'exception de Heidelberg et de Frankenthal, était alors au pouvoir des Suédois, et Philippe , frère de Frédéric , prit la régence pour Charles- Louis, fils de ce dernier, encore mineur. L'électeur Jean- Georges de Saxe était depuis longtemps las de l'oppression suédoise , et ne cachait plus du tout ses sentiments. H lui était surtout insupportable de voir la direction des affaires évangéliques dans l'Empire germanique confiée à une Puissance étrangère j et cependant depuis la mort de Gustave-Adolphe, le directoire demeurait aux Suédois. L'électeur Jean-Georges le tint au-dessous de sa dignité de dépendre avec son armée et son peuple de la volonté d'un grand -officier de l'État suédois. En conséquence,

lorsque le baron Oxenstierna invita l'électeur à entrer dis* la confédération de tous les Protestants allemands 9 à laquelle on travaillait , le prince saxon s'en excusa, et 1 accepta l'entremise du roi de Danemark, qui s'efforçait de le réconcilier avec l'Empereur. On conclut en effet ose trêve et proposa de tenir, au mois de juillet 1633, m congrès à Breslau pour négocier la paix. Mais cette assemblée n'eut point lieu. L'armistice fut dénoncé, et les hostilités commencèrent de nouveau. L'électeur de Brandebourg déclara, en janvier 1633 à Berlin, qu'il était disposé à accéder à l'Union évangélique.

Le 13 avril 1633 , les États des quatre cercles de Franconie, de Souabe, du haut et du bas Rhin, signera* à Heilbron l'alliance avec la Suède. D'après ce traité d'union, la guerre devait être continuée avec tous kl efforts possibles, jusqu'à ce que l'ancienne constitution germanique eût été rétablie; que les Etats protestants eussent été confirmés dans les biens ecclésiastiques, cou* vents et abbayes, dont ils avaient été dépossédés par Tédit de restitution; qu'une paix général eut été effectuée et qu'on eût donné à la couronne de Suède la satisfadioi qui lui était due. Le directoire fut conféré à Oxenstierna; on lui adjoignit, il est vrai , un Conseil de guerre protestant , mais on concéda néanmoins exclusivement au chancelier du royaume le droit de décider. Les quatre cercles s'engagèrent à lever une armée. La Suède devait rester en possession des pays allemands qu'elle avait conquis , jusqu'à la fin de la guerre et jusqu'à ce qu'elle eût été entièrement dédommagée. A Heilbron les Suédois et les Allemands unis avec eux renouvelèrent aussi, le 13 avril , l'alliance avec la France. Le 14 du mène mois, Oxenstierna céda, au nom du royaume de Suède, le Palatinat du Rhin a la famille de Frédéric Ensuite le chancelier donna une grande partie des terres catholiques

conquises au landgrave de Hesse - Caâsel , aux dots de Wurtemberg, de Saxe - Wef mar , de Brandebourg et autres princes et Etats évangéliquea. U espérait par là perpétuer la haine entre eux et les Catholiques, et unir les religionnaires d'autant plus étroitement à la Suède , de toquette couronne ces pays devaient dépendre comme fiefs et par conséquent les possesseurs comme vassaux.

Le baron d'Oxenstierna s'étant assuré, par ces traités, Passistance d'une grande partie de l'Allemagne évaiH géKque, poussa alors les opérations militaires avec autant d'intelligence que d'activité. La force militaire des confédérés s'était divisée , depuis la mort du roi Gustave* Adolphe, en plusieurs grands corps d'armée. Au mois dt ■ai 1633, le rinngrave Othon- Louis et le comte palatin Chrétien de Birkenfeld achevèrent par la réduction de ■Vankenthal et deHeidelberg, la conquête du Palatmat du Rhin. Bernard de Weimar, après avoir occupé Bamfcerg, s'était réuni à Gustave Horn et s'avança, au mois de mars, vers la Bavière. Aldringen, qui avec un corps, composé d'Impériaux et de Bavarois, avait réduit au prin-i temps M emmingen et Kempten , se retira devant la su-» périorité ennemie jusqu'aux bords de l'Iser. Vers le même temps il se forma une conspiration parmi les principaux officiers de l'armée protestant, qui exigeaient des recoin-* penses proportionnées à leurs services. Pour apaiser ces troubles, on distribua aux chefs des biens d'Église ©athô-> Kques de la valeur d'environ cinq millions d'écus de Suède, et on donna quelque argent aux soldats. Au mois de juin, Horn se rendit maître de Pappeohehn et de Neumarkt dans le Haut-Palatinat , sans que le général AU diringen, en partie à cause de l'infériorité de ses forces, M partie retenu par les ordres de Wallenstein , eût tenté de l'en empêcher. Enfin Horn marcha ei Souabe devant Constance qu'il attaqua inutilement. Dans le comté de

Tyrol; menacé dfune invasion ennemie , Tardiidiichene Claudine, qui gouvernait le pays, en qualité de tutrice de son fils Ferdinand - Charles , dirigea les travaux pour k défense des défilés de la frontière avec autant d'énergie que de sagesse. Le duc Georges de Lunebourg et k feldmaréchal suédois Knipphausen vainquirent en Weatphalie les généraux catholiques Gronsfeld et Merode, et enlevèrent Hammeln et Osnabruck. Le landgrave de Hesse-Cassel soumit plusieurs villes.

Un corps suedo-saxon, sous les ordres des généran Ârnheim et Mathias, comte de Tburn, commença, an mok de janvier 1633, les opérations en Silésie par la prise de Brieg, de Strehlen et de Grotkau. Ce corpa confédéré m comptait que 24,000 combattants, tandis que Wàllenstek avec 40,000 hommes était posté en Bohème, entre Piba et Egre , ou il restait dans une inaction que personne itf pouvait comprendre. Enfin au mois de mai , le duc laissa le général Holke avec quelques milliers d'hommes en Bohème , et se mit avec sa force principale en marche vers la Silésie. Il assit son camp près de Neisse et évita k combat que lui présentèrent les confédérés. Il entama arbitrairement des négociations avec Arnheim , et offrit au Suédois et à leurs alliés une paix extrêmement avantageuse. Le 29 mai , il conclut avec les Généraux euemis une trêve de quinze jours , qui ensuite fut plusieurs fois prolongée. Oxenstierna tenait les propositions deWallenstein pour une ruse , afin d'arrêter les Suédois dam leurs opérations , et recommanda au comte de Thurn la plus grande prudence. Mais l'électeur de Saxe fit des conditions de paix les plus extravagantes.

Les négociations avaient duré jusqu'à la fin du mois de septembre. Comme elles n'avaient amené aucun résultat , le duc de Friedland se mit inopinément en marche, comme si son intention était de se porter en Iiusace. Le

général Holke avait déjà, avant la trêve, envahi la MUne et conquis Leipzig. Arnheim évacua alors la Silésie, et accourut pour couvrir l'électorat de Saxe. Dès que Wallenstein fut informé de ce mouvement, il se dirigea sur le corps suédois du comté Thurn qui était alors isolé près de Steinau - sur - l'Oder et sur le général Duval, et les fit prisonniers avec leurs dix mille hommes. Toutefois il rendit, immédiatement après, la liberté au comle de Thura qui 9 comme coupable de haute trahision , aurait d& être Induit devant les tribunaux de Bohème. Ensuite Wallenstein conquit Liegnitz, Gross - Glogau , Crossen et Viancfort-sur-l'Oder. Il divisa bientôt après son armée, Cm corps longea la Warthe pour pénétrer en Poméranie, nais resta dans l'inaction après la prise de Landsberg, lie duc de Friedland marcha avec le deuxième corps en Iiusace. Le comte de Schafgotsche était demeuré avec one division en Silésie, où il prit Ohlau, mais attaqua Breslau en vain. Vers le même temps, Wallenstein avait offert de nouveau la paix aux électeurs de Saxe et de Brandebourg.

Un corps auxiliaire de 12 à 14,000 Espagnols s'était rassemblé dans le duché de Milan, et devait être conduit m Allemagne par le duc de Feria. Sa première destination était de dégager, conjointement avec le général Aldringen, les villes de Constance et de Brisac, atta* quées par les Suédois; il devait ensuite défendre l'Alsace contre ces derniers et les Français. Wallenstein craignait d'être restreint, par l'arrivée de la force militaire espagnole, tant dans son autorité, jusque-là illimitée, que dans tes négociations équivoques avec les ennemis. Sous pré-n texte, que l'apparition d'une armée étrangère en Ailemagne retarderait décidément la conclusion de La paix jo'il tenait, disait-il, déjà en mains , il protesta contre la narche des Espagnols. Mais le duc de Feria ne se laissa

point arrêter dans son expédition et arriva, au mois é* septembre, en Allemagne, où il se joignit an général Aldringen et à on corps de Bavarois, et dégagea m octobre Constance et Brisac

Lorsque Aldringen alla rejoindre l'infant dvEspagM an Rhin, la Bavière fat laissée sans défense, et menacé* par le duc Bernard de Weimar. L'électeur pria WaBen-t stein de détacher an moins un petit corps de 5000 hommes vers le Danube pour soutenir les Bavarois. Mais le 4m répondit qu'il n'avait point de troupes superflues. Il n'obéit pas davantage aux ordres réitérés ds l'Empereur qri lui enjoignait de protéger la Bavière , et resta avec sot armée en Lusace , s'occupant de la conquête de Gmrfe et de Baotsem

Cependant le duc Bernard de Weimar s'était renda maître en novembre de Ratisbonne, de Straubingen, di Cham et de plusieurs autres places en Bavière. Comme ces conquêtes mettaient aussi Passau et Lins en danger, le duc Albert se mit enfin en marche vers les limites de la Bavière , et fit investir Cham. Mais peu de temps après, il retourna avec ses troupes & Pilsen , sous prétexte que les Saxons menaçaient d'envahir la Silésie. L'Empereur ordonna de nouveau à Wallenstein de conduire sans délai rarmée en Bavière et d'attaquer le duc Bernard. Mais le Généralissime, au lieu d'exécuter les ordres de son Souverain, mit ses troupes en quartiers d'hiver. Ferdinand D avait aussi en même temps ordonné au général baron de Suys, commandant en chef de la haute Autriche, de s'avancer vers la Bavière, Mais le duc de Friedland osa commander au baron de Suys de faire halte, et le menaça de la peine de mort s'il suivait cet ordre de l'Empereur. Les pays autrichiens se plaignaient avec amertume des logements militaires qui ruinaient entièrement ces provinces, déjà tout épuisées. Cependant Wallenstein n'avait

égard ni là ces plaintes , nf aux répréseàt&tioas de - HBmpereur, et il prétendait qu'il agissait uniquement ' #après les conditions qui lui avaient été accordées par le Monarque, lorsqu'il s'était chargé du commandement» * Vm* empêcher la ruine totale de ses États, et prêter au ~ Barrarois l'assistance qu'on leur devait, Ferdinand II* tenir aucun compte des raisons alléguées par Watr , lui enjoignit encore une fois de quitter les c*nen Bohème, de marcher au Danube et d# les Suédois. Comme dans ce temps-là le cardinal Bon Ferdinand, frère du roi Philippe IV, voulait conduire «i deuxième corps d'infanterie espagnole, enrôlé à Milaii) dans les Pays-Bas, l'Empereur donna ordre au duc AL» bert de faire passer 6000 cavaliers à cette division.

Le duc de Friedland avait, par sa désobéissance obstinée, donné à l'Empereur de justes sujets de mécontentement. L'inaction où il était resté dans les derniers mois$ m pouvait être attribuée qu'à une incapacité intellectuelle^ survenue subitement , ou à une intelligence secrète avec l'ennemi. Son indocilité antérieure dans Tannée 1632, lorsqu'il reçut l'ordre de marcher au secours du duc Maximilien de Bavière, non moins que les négociations multt* pliées qu'il avait entamées avec la Suède et la Saxe, à rinsu de l'Empereur, et qui avaient causé un désavantage manifeste par le retard qu'elles avaient apporté aux opé* rations, . compromettaient sans contredit sa renommée» Anssi Wallenstein ne se dissimulait-il point qu'il aurait à rendre compte de la conduite qu'il avait tenue. Connaissant d'ailleurs le grand nombre et la puissance de ses ennemis, et convaincu qu'ils ne manqueraient point de taxer de haute trahison l'apparence, en effet fort suspecte, qui avait accompagné ses dernières actions, le duc devait craindre avec raison que l'Empereur ne lui ôtât pour la seconde fois le commandement» L'envoi des 6000 cavaliers

qu'on lui demandait, loi parut être Pavant -coureur de ta disgrâce. Dans la position critique où il s'était enveloppé par sa propre faute, il ne lui restait que le choix ou de donner volontairement sa démission, ou de prévenir sa chute prochaine par la révolte ; car il avait le caractère trop fier, trop violent, pour attendre s6n renvoi arec résignation. Nous verrons bientôt quel parti prit ce personnage fameux qui, à force de finesse et de dissaralation , s'était rendu si impénétrable que ses véritables sentiments, ses véritables intentions, sont encore aujourd'hui un problème. Le 11 janvier 1634, Walfenjstein fit proposer par le général Elo (Tllow), dans» Conseil de guerre à Pilsen , ces questions : „si Famée pouvait , suivant les ordres de l'Empereur , quitter daas cette saison les quartiers d'hiver en Bohème et aller chercher d'autres cantonnements en pays étranger; ai Foi était en état de commencer dans cette saison le siège de Ratisbonne ; enfin si l'on devait affaiblir l'armée en détachant 6000 cavaliers pour renforcer celle de l'Infant" Les Généraux et officiers présents ayant répondu négativement, l'armée impériale resta en Bohème. Les ennemis du duc de Friedland profitèrent de cette opposition, pour engager l'empereur Ferdinand a éloigner le Géaéralissime pour la seconde fois du commandement des «rmées. Quelques historiens, nommément Michel Friedicender '), rapportent que Wallenstein, dès qu'il apprit ce qu'on tramait contre lui, était prêt à prévenir sa destitotm et voulait , comme il était accablé de douleurs de gostte violentes et avait des plaies ouvertes aux jambes, se retirer dans ses terres , mais que les principaux officiers de l'armée, au nombre de quarante, à qui le duc devait des

') Comparez François Fârster: Biographie de Waitensteim9 due de Friedland, d'après les lettres autographes du duc, les actes et documents èa archives secrètes dPÈtul à Vienne. Prague etc.

Arriérâmes de solde considérables, le persuadèrent £ garder le commandement général. D'autres , au contraire* prétendent que le due de Friedland, abusé par des rêve* astrologiques qui lui avaient promis une couronne, aspirait à celle de Bohème, et méditait déjà alors le projet de pas* ser à l'ennemi, pour combattre conjointement avec 4)6 fermer , la Maison d'Autriche jusqu'à ce qu'il l'eût en-* fièrement anéantie; après quoi, ajoutent ces mêmes écri^ vains, il voulait garder la Bohème et la Moravie pour lui, «t partager les autres pays autrichiens entre ses amis si partisans. Le 12 janvier, les Généraux et colonels s'eagagèrent par écrit à ne pas abandonner le duc de Fried- Jand et à verser pour lui jusqu'à la dernière goutte de leur aang, „tant qu'il resterait au service de l'Empereur et tes emploierait pour l'avantage de ce monarque4* ; c'était la danse littérale dans la minute, dont on fit la lecture aux eolonels, laquelle clause toutefois Illo avait omise à dessein dans l'exemplaire qui leur fut présenté posr la signature* Lorsque quelques-uns de ces offieîers remarquèrent la tromperie et protestèrent contre cet acte , ils furent étourdis par le vin et les persuasions, et finirent par signer aussi.

Cette ligue avait été principalement l'ouvrage des officiers allemands et bohèmes , tandis que les italiens et les espagnols la représentaient à l'Empereur comme étant dirigée contre sa vie et son trône. Comme Wallenstein avait , vers le même temps , conféré le commandement général en Autriche et en Silésie à des hommes qui lui jetaient entièrement dévoués, Ferdinand ne douta plus que l'explosion du complot ne fut prochaine. En conséquence, ce Souverain chargea les Généraux qui lui étaient restés fidèles, d'arrêter Wallenstein, ainsi que ses adhérents les plus affidés, et de prévenir, selon les circonstances de quelque manière que ce fût, la révolte.

Le 2* janvier , l'Empereur fit expédier un édit, fi |£

déposait Wallenstein , transportait le commandement m chef au comte de Gallas , et assurait une amnistie gcofr» ride à tous les officiers impliqués dans la conspiration k Pilsen , à l'exception dlllo et de Terzky. Les Générm ci -dessus nommés firent alors toutes les dispositions nfr* cessaires pour empêcher la révolte d'éclater» Ils occnpè rent avec quelques régiments , dont les chefs étaient Hèles à l'Empereur, les villes de Budweis et de Tabor. P»mlomini rassembla près de Linz quelques milliers d'hommes, avec lesquels il voulait s'avancer vers Pikm» Le baron de Suys se rendit en toute baie à Prague, pour s'assurer de cette capitale et des régiments qui y étaient m garnison. Wallenstein, ayant été instruit que plumems chefs avaient déserté sa cause, adressa une proclamation à l'armée pour l'avertir, que les colonels ne pouvaient recevoir des ordres de personne que de lui-même ou des généraux Mo et Terzky. 11 ordonna en même temps, que les places fortes en Bohème restassent occupées par ses troupes; que les autres régiments se rassemblassent jusqu'au 23 février dans le voisinage de Prague et y attendissent son arrivée. Terzky prit le devant vers la capitale, pour préparer l'armée à se mettre en marche. La nouvelle loi parvint en chemin que Wallenstein avait été déclaré rebelle et mis hors de la loi, que Prague et Leitmeritz avaient été occupées pour l'Empereur, et que les troupes lui avaient prêté un nouveau serment de fidélité. Quelques écrivains racontent que Wallenstein , informé de l'arrêt prononcé contre lui , manda encore une fois les colonels et donna, le 20 février, une lettre réversale , par laquelle il déclarait, qu'il ne lui était jamais venu dans ridée d'entreprendre la moindre chose contre l'Empereur ou la religion; ils y ajoutent qu'il envoya deux fois des députés à l'Empereur, avec l'offre de se démettre du commandement et de coin-

paraître partout où son Souverain l'exigerait, mais que eea messagère forent tontes les deux fois arrêtés par le comte Piccolomini et n'arrivèrent pas à Vienne.

Le dne de Friedland, ayant alors appris que Piccolo* mini, Gallas et Maradas s'avançaient contre lai9 quitta PBsen et arriva, le 24 février, avec une escorte de 200 dragons, conduits par le colonel Bottier, à Bgre, où 0 voulait attendre le résultat des négociations qu'il avait no** ées avec le chancelier Oxenstierna et Bernard de Wei* màr* Selon d'autres rapports, ce ne fut que lorsque vit que se» ennemis avaient juré sa ruine, et l'avaient perdi dans l'esprit de l'Empereur, qu'il était prêt à se jeter dans les bras du duc de Weimar , pour se soustraira au danger qui le menaçait. Mais c'était trop tard. Le dut de Friedland reçut enfin lui-même dans la nuit la patente impériale publiée contre lui j ce qui l'engagea à livrer sur» le -champ Egre et EUnbogen à l'ennemi. Le colonel et commandant d'Egre, Buttler, le lieutenant-colonel Gordon et le major Lesly avaient l'intention de se saisir de la personne de Wallenstein, et de prendre ensuite les ordres ultérieurs de l'Empereur. Mais , comme le danger devenait trop imminent et que leurs forces n'étaient rien en comparaison des secours que Wallenstein pouvait recevoir du dehors, ils se déterminèrent à prévenir par un acte de violence un plus grand mal. En conséquence, les généraux Mo , Terzky , Guillaume Kinsky et le capitaine Neuraan, aide -de -camp du duc de Friedland, qui se trouvaient à table au château d'Egre, furent surpris, dans la soirée du 25 février 1634, et hachés en pièces par une troupe de dragons. Ensuite le capitaine Deveroux avec quelques gens armés pénétra dans la demeure de Wallenstein qui, éveillé de son premier sommeil , tomba sans résistance , le sein percé par un coup de partisanne.

Le rat' Ferdinand de Hongrie et de Bohème fut

Homme par l'Empereur son père commandant en chef de Tannée. Il se mit, au mois de mars, en marche de Prague vers le Haut-Palatinat, et chassa en peu de temps les Suédois de tout ce pays. Les Bavarois avaient conquis Strasbingen. Le Roi se réunit alors avec eux , et marcha sur Batisbonne. Les Suédois ne rendirent la place que le 26 juillet. Tandis que le Roi était retenu pendant si longtemps avec la force principale dans ces contrées , les armes impériales avaient éprouvé sur tons les autres points de rades revers. Le duc Bernard avait, le 22 juillet, emporté Landsfcerg d'assaut, et Aldringen était tombé, en défendant vaillamment cette ville. Les Saxons , sous Arnheim , après avoir expulsé les Impériaux de la Lusace , étaient entrés en Silésie, avaient défait, le 13 mai, un corps impérial près de Liegnitz, et ensuite enlevé Breslau et Gross-Glogau. Avec une division suédoise Banner conquit en juillet Francfort-sur-rOder et Crossen. Arnheim et Banner marchèrent ensuite vers la Bohème. Les Saxons prirent Gitschin, les Suédois Leitmeritz et Melnik, et tons les deux réunis parurent, à la fin de juillet, devant Prague; mais ayant trouvé cette capitale dans un bon état de défense, ils se retirèrent jusqu'à l'Elbe. Les Suédois alors se rendirent maîtres de Saaz, et les Saxons prirent Naumbonrg. Le Roi fit partir à la hâte quelques régiments 4a Danube pour la Bohème , et Collorédo se vit par ce renfort à même de chasser les Suédois et les Saxons du pays. Dans Tentrefaite, le roi Ferdinand remonta avec sa force principale le Danube et s'empara, le 16 août, de Donaowœrth. Ce prince continua ensuite sa marche sur Nœrdlingue. Le feldmaréchal Horn et le duc Bernard réunirent en toute hâte leurs troupes , pour couvrir cette place. Us réussirent à renforcer, encore avant l'arrivée de Tannée impériale, la garnison de la ville. Ensuite ils se placèrent frès de Bopfingen , pour y attendre le rhingrave Othon-

Louis et le fekhnaréchal Kratz, qui devaient arriver avec leurs troupes en peu de jours. Dans l'intervalle le Roi avait déjà reçu un renfort considérable, attendu que le cardinal-*» infant s'était joint à lui avec 15,000 Espagnols et Italiens» fl fit pousser le siège de Nœrdlingue avec la plus grande activité; et la ville avertissait depuis plusieurs nuits les chefs confédérés, par des signaux convenus , du péril instant où elle se trouvait, afin qu'ils ne tardassent point à venir la délivrer.

Les Généraux alliés tinrent un Conseil de guerre. Le duc de Weîmar voulait sans retard essayer de faire lever le siège de la ville ; mais Horn et la plupart des autres chefs insistèrent fortement sur la nécessité d'attendre les renforts. Le corps d'armée du feldmaréchal Kratz arriva effectivement. Mais le rhingrave n'avait encore atteint que Gœppingue lorsque Tannée se mit, le 5 septembre , ei marche de Bopfingen. Elle parut au soir devant la pos** tion des Impériaux. Le lendemain à la pointe du jour, les Suédois attaquèrent les hauteurs qui dominaient cette position* Après un combat de huit heures , ils furent défaits totalement, perdirent 18,000 hommes, 80 canons, 300 drapeaux et étendards, et tout le bagage. Le margrave Fré* déric d'Anspach se trouvait parmi les morts, Gustave Horn, iavec les généraux Kratz , Rosstein et Schaflelitzky, puis quatorze colonels étaient au nombre des prisonniers. La fierté des Impériaux fut évaluée à 1500 hommes.

Le gain de cette bataille, qui est une des plus fa*- -menées qui aient été données sous le règne de Ferdw «and II, eut les suites les plus avantageuses pour les Impériaux. Tout l'attirail de guerre et le bagage , laissés à JBopfingen , tombèrent entre les mains des vainqueurs. La "ville de Nœrdlingue se rendit le 7 septembre. Alors Far» jnée impériale se divisa, pour tirer des conjonctures favorables tout le profit possible. Les Bavarois in vestirentAugs-

bourg, qui toutefois ne tomba qu'au mois dé rtart 4e Tassée suivante. Le duo de Lorraine marcha par la Ferét- Noire dans le Brisgau, qu'il enleva aux Suédois, ensuite an Alsace. Le cardinal -infant continua sa marche vers les Paya -Bas. Le comte Piccolomini se porta en Franeonie, où il s'empara de plusieurs places fortes. Le Roi occupa le duché de Wurtemberg , et conquit Heilbron et Waibiingen, les seules villes, qui avaient osé faire résistance. Le duc Éverard s'était sauvé à Strasbourg» ? Le chancelier d'Oxenstierna reçut à Francfort -surfe-Mem la première nouvelle de la bataille deNoerdling* Le congrès j assemblé depuis le 7 avril dans cette ville, où le chancelier cherchait a persuader les deux cercles de Saxe à entrer dans la ligue de Heilbron, fut dissous le 16 septembre, sans avoir atteint le but désiré. Les restes d§ l'armée vaincue s'étaient rassemblés près de Heilbron. Lt rfcingrave avec sa division se joignit à eux ; mais il mourut, le 16 du mois suivant, au grand regret du parti évaagélique qui perdait en lui un de ses plus vaillants et de ses plus heureux chefs. Le duc Bernard de Weimar fut cou* traint par le manque d'argent et de vivres à conduire l'armée au delà du Rhin, et l'électeur de Saxe traitait déjà de la paix. Le duc Georges de Lunebourg s'occupa pendant tout l'automne à faire le siège de la ville de Munden qu'il voulait s'approprier , et refusa tout envoi de troupes dans les cercles supérieurs, demandé par Oxenstierna. Dans cette situation fâcheuse , le chancelier réclama l'appui de l'Angleterre, de Venise, de la Hollande et de la France. D remit, sur la fin de septembre, à cette dernière Puissance la forteresse de Philipsbourg , et le 1 novembre on convint i Paris d'un traité préliminaire avec les délégués allemand* Les principales conditions en étaient : que le roi de France entretiendrait une forte armée sur la rive gauche du Rhia, et un corps de 12,000 hommes sur la rive droite en Aile-

; qu'il fanerait on subside d'un déni million dB livres , pour contribuer aa payement de la solde arriérée des troupes allemandes ; qu'on remettrait , pour la sûreté da roi., F Alsace aux troupes françaises, qui occuperaient provisoirement ce pays , à titre d'hypothèque. On convint ta outre que les villes impériales, depuis Brrsac jusqu'à Constance, seraient conquises par les efforts réunis des al* Ken, et mises ensuite sons la protection da roi. Il fut toutes fins stipulé, qu'après la future conclusion de la paix, «a Souverain évacuerait tons les pays et villes en deçà <& BU*; qui lui avaient été donnés en nantissement, et neré4 flânerait aucune espèce de dédommagement pour léserai* de la guerre. Cette convention fut signée à Worms pap les États confédérés de l'Allemagne, le 18 décembre 1634J Le 11 mars de Tannée 1695, ils confièrent le commande^ ment général de l'armée alliée au duc Bernard de Saxe* Weimar. Encore avant la signature de l'alliance , Col* mar, Schlettstadt et plusieurs autres villes en Alsace avaient déjà été remises aux Français. Un corps de troupes dé cette nation aida aussi le duc Bernard à dégager, le 12 dé* cambre (1634), la ville de Heidelberg, investie par les impériaux. i

Les Français avaient choisi Philipsbourg pour leu» principale place d'armes, pendant la guerre qu'ils allaient faire en Allemagne ; ils y avaient transporté l'attirail et les munitions de guerre, mais n'avaient laissé qu'une garnison de 500 hommes dans cette forteresse si impor-» tante. Le 14 janvier 1635, le colonel impérial Bamberger enleva Philipsbourg par surprise. Le butin qu'on y trouva était immense» Tous les princes et particuliers des contrées voisines, ou les Impériaux et les Espagnols s'étaient montrés depuis le commencement de la guerre , avaient sauvé leurs eiïeis précieux et leurs meilleurs biens meu~ Mes dans cette forteresse, alors tenue pour inexpugnable,»

Tous ces trésors tombèrent entre les nains des troupes impériales. Outre cela, 128 canons de métal , de grands magasins de munitions et de vivres, seise tonnes et deux coffres pleins d'or , et quantité d'effets et d'armes de va* leur furent enlevés à l'ennemi.

Dès le mois de mai 1634, des négociations avaient commencé à Leitmeritz entre les plénipotentiaires de l'Empereur et de Télecteur de Saxe ; mais on n'avait pu s'accorder sur les conditions* La victoire de Nœtdlingue décida aussi du système politique de cet électeur. On reaous les négociations à Pirna et conclut, le 24 novembre 1631) une paix préliminaire qui fut suivie par un traité définitif qu'on signa à Prague, le 30 mai de l'année suivante. L'électeur y stipula , au nom des Évangéliques de la co*+ fession d'Augsbourg, et non en celui des Protestants fà général, par où conséquemment les Réformés furent exclus du traité. À l'égard des biens de l'Église catholique, qui se trouvaient dans les mains des Protestants , on établit les principes suivants : les abbayes , couvents et domaines médiate , que les Protestants s'étaient appropriés encore avant le traité de Passau , ou avant la paix de religion , leur furent laissés, aux termes de cette dernière convention ; les abbayes et biens immédiats , qui avant le traité de Passau ou la paix de religion, et les deux espèces d'abbayes et domaines, en cas que les Évangéliques s'en fussent mis en possession après le traité de Passa ou la paix de religion , et les eussent peut-être encore en mains le 12 novembre 1627, jour de l'émanation de l'édit de restitution, devaient être rendus aux Catholiques. Ce-< pendant il fut accordé aux possesseurs évangéliques m délai de quarante ans , à compter du jour de la signature du traité de Prague, pendant lequel ils avaient encort à rester en paisible jouissance de ces biens. Il fut réglé 4I«ie , pendant ce temps-là , on travaillerait à un arrange-

sent particulier entre les anciens propriétaires catholiques*, et les propriétaires protestants actuels de ces possessions» Dans tons les cas particuliers, où Ton ne parviendrait pas à effectuer une transaction , la même voie de droit restait ouverte, après la quarantième année , aux deux parties qui leur avait été accordée , le 12 novembre 1627. Cependant le* biens ecclésiastiques, relativement auxquels le Conseil astique d'Empire ou la Chambre impériale avait déjà pro* nonce un jugement spéciel en faveur des anciens posses-* •sors, en furent exceptés, et ces décisions devaient être juridiquement accomplies. L'archevêché de Magdebourjg fut laissé au prince Auguste de Saxe, l'évêché de Halber* stadt à l'a*chiduc Léopold. On assura à la Noblesse ion ipédiate de l'Empire et aux villes impériales l'exercice libre du culte évangélique, dans le sens delà paix de re4 ligion. >

Pour les pays autrichiens en Allemagne, la décision sur la tolérance du culte évangélique fut, par exception ; entièrement remise à la volonté de l'Empereur, Pour ce qui concernait le Palatinat , l'arrêt de l'Empereur fut maintenu , hormis qu'on assura à la veuve et aux en* fants de Frédéric un entretien, convenable à leur rang. Ferdinand II promit d'accorder aux ducs de Mecklembourg la paix et leur pardon. L'Empereur et les Catholiques, d'une part, et les Protestants, d'autre part, s'engagèrent réciproquement à restituer les uns aux autres toutes les con«* quêtes, faites depuis l'apparition des Suédois en Allemagne. Les Protestants s'obligèrent aussi à aider l'Empereur et les Catholiques à reconquérir les territoires et possessions , qui leur avaient été enlevés par les Suédois ou par les Française Le monarque promit une amnistie complète à tous les Protestants allemands , qui accéderaient sans tarder au traité de paix, à l'exception toute-* fois des personnes qui étaient enveloppées dans les trou*

Mes de U Bohème, on dans les démêlés palatins, pub les sujets de l'Empereur et de la Maison d'Autriche q« avaient pris les armes contre eux, et enfin le duc de Wam temberg, le margrave Frédéric de Bade-Durlach, et plusieurs comtes et Nobles des quatre cercles sopérieon de l'Empire. H fut convenu, que les troupes impériales et saxonnes se réuniraient, pour réduire par la force des armes tous ceux qui s'opposeraient à la paix, et que peu l'entretien de cette armée d'exécution , les États et ks villes de l'Empire payeraient cent vingt mois romains, es six termes dans l'espace d'une année et demie. L'Empereur accorda aux Silésiens la liberté de religion. D eéda à l'électeur de Saxe la haute et 1» basse Lassos* comme un fief masculin de la Bohème, pour les posséder héréditairement. Ces deux pays furent remis , le 2% avril et le 10 mai 1636, à la Saxe.

La paix de Prague eut dans le commencement le sort , que les deux parties s'en plaignirent, les Catholiques parce que l'Empereur avait fait de trop grandes concessions aux Protestants, les Protestants parce que les avantages qu'on leur avait accordés, ne leur suffissiez point Néanmoins en été 1635, les ducs Guillaume, Albert et Erneste de Saxe - Weimar , puis les ducs de Meoklembourg , de Brunswick -Lunebourg et de Poné~ ranie, l'électeur de Brandebourg, beaucoup d'autres prfah ces, comtes et Nobles, les villes de Francfort -sur- le- Mein, d'Erfort, de Lubeck, de Hambourg, de Brème et de Brunswick , donnèrent leur adhésion à ce traité. Les ambassadeurs wurtembergeois furent , à Heilbron , renvoyés par le roi Ferdinand , parce que le duc avait ét4 exclu de la paix. Le landgrave de Hesse-Cassel était tout dévoué aux Suédois. Le margrave de Bade -Dur* lach et le duc Bernard de Weimar tenaient pour la France. Louis XIII promit à ce dernier , par le traité de

frt-€tarmain-en-Laye du 26 et 27 octobre 1685, qrïl lui erait des subsides annuels pour l'entretien d'une armée 18,000 hommes , pendant tout le temps que la guerre lit , et qu'à la paix il lui procurerait la possession ). Oxenstierna adressa des reproches fort amers lecteur Jean -Georges de Saxe, à cause de la paix irée qu'il avait conclue au mépris des engagements ractés antérieurement Mais cela n'empêcha point Kmédiatement après il nouât avec le prince saxon des mations, dont le but était l'entière évacuation de l'Aliène par les Suédois. L'électeur offrit an chancelier suédeux millions et demi de florins, pour le dédommager frais de la guerre. Mais Oxenstierna ayant demandé, ïtre d'une somme d'argent pour l'armée, la Poméranie ' le royaume de Suède, les négociations furent rompues. Le roi de France, profondément affecté de la perte >bilipsbourg , résolut de soutenir avec d'autant plus icacité les ennemis de l'Autriche. L'électeur de Trêves kit mis sous la protection de ce monarque, et toutes ses £8 fortes étaient occupées par des troupes françaises, linand ne pouvait pas laisser impuni un pareil acte rahison. Le gouverneur de Luxembourg surprit , le iars 1635, avec un corps espagnol la ville de Trêves. 5t main basse sur la garnison française , et l'électeur conduit prisonnier à Vienne. Louis XIII , regardant entreprise comme une nouvelle offense de la part Autriche, renouvela, le 28 avril 1635 à Compiegne, ince avec la Suède. Le 19 du mois suivant , il fit trer par un héraut d'armes la guerre au roi d'Esté, par ou la rupture avec l'Empereur aussi était ine. Le rot de France avait déjà auparavant (le 3 sr 1635} conclu un traité avec la Hollande, par lequel leux Puissances étaient convenues de partager entre tous les Pays-Bas espagnols.

Les maréchaux Chatillon et Brezé défirent dès le 20 mai les Espagnols près d'Avein^ dans le pays de Lu enbourg. Ils se réunirent dans la contrée entre Liège et Maastricht à l'armée du prince d'Orange, qui par là s'accrut à 50,000 hommes. Cette force considérable se borna à faire inutilement . le siège de Bruxelles et de Louvain. Comme Louis XIII laissait manquer ses troupes d'argent et de provisions, la plus grande partie en fat moissonnée par des épidémies, et le reste s'embarqua ea Hollande pour retourner dans son pays. Au mois d'août, Bernard de Weimar et le cardinal la Valette passèrent près de Mayence le Rhin. Après qu'ils eurent dégagé les villes de Deux - Pont et de Mayence assiégées , la première par Gallas, la seconde par le comte de Maosfeld , et qu'ils eurent fait infructueusement quelques mouvements vers le Me in, la disette de vivres les contraignit en septembre à repasser le fleuve. Ils marchèrent vers Metz, vivement poursuivis par Gallas, qui leur enleva leur bagage et leur artillerie. Les deux armées restèrent pendant tout l'automne en Lorraine, sans tenter la moindre entreprise. Les Espagnols s'étaient ouvert par la conquête du fort dit Schenkenschanze le chemin de la Hollande. Le duc de Rohan s'empara de la Valteline, pour fermer ce pays aux marches des troupes impériales. Le gouverneur espagnol de Milan , comte Serbelloni , et les généraux Gœtz et Fernemond , qui s'avançaient par le Tyrol , cherchèrent à déloger Rohan de cette contrée. Mais le duc repoussa toutes leurs attaques. La division française du maréchal Crequi, réuni aux troupes des ducs de Savoye et de Piémont, firent la guerre en Lombardie sans vigueur, et assiégèrent Valence-sur-le-Pô en vain.

L'année suivante (16363, Bernard de Weimar et la Valette se rendirent maîtres, le 4 juillet, d'Alsace~Zabern 5 et le duc de Condé assiégea Dole en Franche-

é. Mais dans le cours du mois suivant, Gallas passa le Rhin près de Brisac, délivra Dôle, mais attaqua Saint- Jean de Laone en Bourgogne sans succès, et se» vit enfin contraint par la disette et le mauvais temps 'àr se retirer au delà du Rhin. Les Espagnols avaient déjà en juillet pénétré des Pays-Bas dans là Picardie ef conquis la Chapelle, Ohatelet et Corbie. Le général Jeani de Werth franchit l'Oise et s'avança jusqu'à Saiht-Dénis; dans le voisinage de Paris. En Italie, les ducs de Savoy e et de Piémont et le maréchal Crequi livrèrent au générât! espagnol Leganez un combat sur les bords du Testa, et restèrent maîtres du champ de bataille.

La part active que la France prenait à la guerre, eut une influence décisive sur les événements du nord de1 l'Europe. En été 1635, les Impériaux avaient fait de grands progrès contre les Suédois. Banner se vit obligé d'évacuer Magdebourg, Hildesheim, Brunswick, et de se retirer en Poméranie. Mais par l'entremise de la France, l'armistice entre la Suède et la Pologne, qui durait depuis 1629, fut prolongé, le 12 septembre à Stumsdorf, pouf vingt-six ans. Cette convention était d'autant plus avantageuse pour les Suédois , que l'électeur de Saxe venait de commencer les hostilités contre eux. Au mois d'octo*-, bre , Banner rassembla promptement les troupes qui sb trouvaient en Poméranie , en Prusse et dans là Vieille^ Marche, et les conduisit à l'Elbe. Les Saxons furent vaincus, le 2 novembre, près de Dœmitz, et le 17 dtf mois suivant dans le voisinage de Kyritz.

Oxenstierna conclut, le 20 mars 1636 à Wismary encore un traité de subsides avec la France; et le landgrave de Hesse - Cassel s'obligea , le 12 octobre, à continuer la guerre, moyennant un secours d'argent de 200,000 écus qu'on devait lui payer annuellement. Eu West pbalîe, les Impériaux perdirent, le 1 janvier 1636,

la bataille près de Haselnne contre la général suédob Kniepbausen , qui toutefois fut tué dans ce combat Le feldmaréchal suédois Alexandre Lesly et le landgrave de liesse - Cassel dégagèrent, le 14 juin, la ville de Hanau. En revanche le général impérial Gœtz ravagea le pays de Hesse. Banner avait en janvier entrepris me expédition dévastatrice en Misnie. Le dessein qull avait de contraindre par cette invasion les Impériaux à évacuer la Poméranie et le Mecklembourg, ne fut point accompli H fut, au contraire, lui-même obligé, au mois d'avril, de m retirer vers l'Elbe jusqu'à Werben. Au mois de mai, rélecteur de Saxe et le général impérial Hatefeld commencèrent le siège de Magdebourg. Banner n'entreprit ries pour la délivrance de cette ville, qui se rendit le 3 juillet. Dans le même temps les Suédois avaient aussi été dusses de la plus grande partie du pays de Brandebourg. L'armée impero- saxonne campa en septembre dans là Marche de Brandebourg, près de Wittstock» Banner et Wrangel attaquèrent, le 24- du même mois, cette position. Le combat, qui fut fort opiniâtre, finit à l'entrée de la mot) sans qu'on pût dire, lequel des deux partis était vainqueur. L'électeur conduisit ses troupes près de Werben derrière l'Elbe, et ensuite par Magdebourg à Leipzig. Le général Hatzfeld marcha avec les siennes par le pays de Magdebourg et la Thuringe dans la Hesse , où il se joignit aa général Gœtz , qui avait été rappelé de la Westpbalie. Banner avait suivi les Impériaux dans la Hesse. Lorsque vers la fin de novembre Hatzfeld et Gœtz se dirigèrent de nouveau vers l'Elbe , Banner se mit aussi en marche vers la Misnie , dans la vue d'attaquer les Saxons avant qu'ils se fussent réunis à Hatzfeld. Pendant cette marche il prit, le 22 décembre, Erfort, le 5 janvier 1637 Torgau, et commença ensuite le siège de Leipzig. Mais rapproche des généraux Hatzfeld et Gœtz le contraignit

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à renoncer, le 6 février, à cette entreprise. A Torgau il s'arrêta jusqu'au mois de juin. Comme alors les Impériaux cherchèrent à le couper de l'Oder et à l'envelopper, Banner partit subitement avec ses troupes , gagna par des marches forcées le fleuve précité et échappa sans perte en Poméranie.

La princesse de Transylvanie Catherine Bethlen se trouvait, après la mort de son époux, par rapport au gouvernement, sous Tentiëre dépendance de son beau -frère, le gouverneur Etienne Bethlen et du conseil d'État , dépen* dame dont elle cherchait, par différentes voies, bien que toujours en vain, à s'affranchir. La Diète hongroise, as* .semblée au mois de mai 1630, s'occupa de l'organisation des eomitats, des revenus de la Hongrie, de la défense du royaume, des impôts et des prestations en nature. Georgeê Rakotzi profita des troubles intérieurs de la Transylvanie pour s'emparer, en janvier 1631, delà souveraineté de ce pays. Catherine abdiqua, et la Diète de Schœssbourg choisit Rakotzi pour prince de TransyU vanie. Il fut confirmé , au mois d'avril, dans cette dignité par le sultan. L'empereur Ferdinand , qui avait refusé de reconnaître Rakotzi pour prince de Transylvanie, envoya le palatin Nicolas Ësterhazy avec un corps de troupes au delà de la Teisse ; mais dès le 3 avril on conclut une trêve à Cassovie. Tous les efforts qu'avait faits le roi Gustave- Adolphe pour exciter le prince & faire la guerre à l'Empereur , étaient restés infructueux , et Georges ne songeait qu'à s'affermir en Transylvanie.

Au mois de mai 1633 à Ëpériès, la paix préliminaire de Rakotzi avec l'Empereur fut conclue et ratifiée, le 28 septembre, par les États de la Transylvanie. Dans l'année 1634, les Turcs, incités par la Suède , firent des démonstrations hostiles. Ils concentrèrent des troupes sur les frontières, et redoublèrent leurs courses dont, malgré

là trêve, ils n'avaient pu s'abstenir entièrement Par conséquent l'Empereur envoya le ministre Buchhaim à Constantinople pour faire des représentations k ce sujet La Diète, commencée au mois de décembre, examina les griefs réciproques des Catholiques et des Protestants, s'occupa des hostilités turques, de la défense du pays, des droits et péages <fcc., et finit en février 1635.

Les querelles de Rakotzi avec Etienne Bethlen et son parti prirent alors une face sérieuse. Bethlen sollicita et obtint en 1636 l'assistance de la Turquie; Rakotzi, au contraire , ne trouva ni auprès de l'Empereur , ni auprès du roi de Pologne, l'appui espéré. Ce dernier Souverain se borna à lui permettre, malgré lui, d'enrôler quelques mille hommes dans son pays. L'Empereur lui conseilla de s'accommoder avec Bethlen, persista dans sa neutralité, et fit marcher un corps d'observation vers les frontières de la Transylvanie. Les Turcs s'avancèrent vers cette principauté; mais, après qu'ils eurent essuyé en octobre plusieurs échecs dans les combats près de Szalonta et de Pankota, la paix entre le prince Rakotzi et Bethlen fut rétablie par un accommodement.

L'empereur Ferdinand, qui vieillissait entre les succès et les revers, désirait ardemment la fin d'une guerre qui désolait depuis tant d'années l'Allemagne , et rendait si malheureux les peuples de cette vaste contrée. Dan» cette louable intention, il avait, au mois d'avril 1636, donné plein pouvoir au roi de Danemark pour ménager une réconciliation avec la Suède. Le pape Urbain VIII et le duc de Mecklembourg, animés du même sentiment, cherchèrent de toute manière à seconder les vues pacifiques de l'Empereur, et à accélérer l'ouverture des négociations. Mais ni le congrès qui s'assembla en novembre 1636 à Cologne pour rétablir, sous la médiation du pape, la paix entre la France, l'Empereur et l'Espagne, ni celui

de Hambourg , où le rot de Danemark voulait moyenner celle entre l'Empereur et la Suède, ne conduisirent à aucun rapprochement. En revanche , l'Empereur eut, avant de mourir, la satisfaction de voir son fils Ferdinand élevé à la dignité de roi dès Romains. Le 22 décembre 1636, ce prince fut éiu à Ratisbonne par tous les électeurs, à l'exception de l'électeur de Trêves (encore détenu à Vienne}, et couronné dans la même ville, le 30 du mois précité. L'empereur Ferdinand II ne survécut que peu de temps à l'élévation de son fils. Il mourut à Vienne, le 15 février 1637, dans la cinquante-neuvième année de son âge , et dans la dix - neuvième après son avènement à l'empire.

Jamais aucun monarque n'a été plus différemment jugé par les contemporains que Y empereur Ferdinand IL Autant un parti Ta préconisé, autant l'autre s'est enchaîné contre ce prince. La postérité, certes, ne sanctionner» point toutes les louanges dont l'ont comblé les Catholiques; mais elle approuvera sans doute bien moins encore le mal qu'ont dit de lui leurs antagonistes. Ces derniers semblent avoir oublié les conjonctures difficiles où se trouvait Ferdinand II à son avènement 5 l'obligation naturelle où est chaque Souverain de combattre et de rendre innuisibles les ennemis irréconciliables de sa Maison y de son pays, de sa religion ; ils semblent avoir oublié leur propre opiniâtreté , leur instigation par les Etats étrangers , et tant d'autres raisons qui rendirent vaines toutes les tentatives, faites par Ferdinand II , pour effectuer une réconciliation et rétablir la paix. Cependant, il se trouva parmi les contemporains aussi des hommes équitables, impartiaux et exempts de préjugés , qui apprécièrent les vertus de ce prince, et en ont transmis le tableau à la postérité. ■

D'après leur témoignage, Ferdinand II était un père tendre, un maître bon et confiant, un prince juste , un

Souverain actif et diligent. La. châsse et la sraMp y étaient presque ses seuls délassements* Les affaires fh y bliques étaient examinées et discutées au conseil d'Éty y et Ferdinand exigeait des assesseurs la plus granfa franchise dans les débats. Il joignait toujours la droitm et la sincérité à la bonté de coeur et à l'affabilité, la c«h fiance en Dieu à une fermeté inébranlable dam» les dangers. Il était dévoué avec un zèle passionné à la religion catholique. Cependant ce n'est que l'entière conviction acquise par une expérience de cent ans (1519 - 1619), qu'il n'existait pas encore en ce temps - là des moyen*, pour convertir les zélateurs fanatiques d'alors de la doctrine nouvelle en sujets obéissants d'un prince catholique et en voisins accommodants de concitoyens de cette religion, qui peut avoir prescrit a Ferdinand II les rigoureuses, les dures mesures qu'il employa effectivement contre les Protestants, mesures qui dépeuplèrent une grande partie des Etats autrichiens , surtout la Bohème , dont les habitants abandonnèrent leur patrie plutôt que de renoncer à leurs opinions religieuses. Au reste , si ce Souverain restreignit la liberté de conscience , il ne porta du moins aucune atteinte à la constitution politique de ses pays, ni supprima leurs droits et privilèges. 11 les soulagea, au contraire , autant que les circonstances malheureuses et impérieuses du temps le lui permettaient , les gouverna avec douceur et sagesse, et s'il se servit de moyens coêrcitifs contre les religionnaires > ce fut probablement par la raison , qu'effrayé des grands et rapides progrès que faisait dans ses pays le Protestantisme, il ne lui restait d'autre choix pour la conservation de l'État et de la religion de ses pères ; mais il est certain que la rigueur dont il crut devoir user, était étrangère à son coeur, et que ce ne fut qu'à regret qu'il y eut recours. Ferdinand II fit aussi de bonnes lois et ordonnances ; il fonda plusieurs

instituts pour l'éducation de la jeunesse et d'autres établissements utiles , et fit en général tout ce qu'on peut attendre d'un Souverain soigneux du bonheur de ses sujets; en sorte qu'un célèbre historien !) a eu raison de dire que les vertus de l'empereur Ferdinand II appartenaient à lui, ses défautes au destin et k son temps»

*) Jean-Baptiste Nani.

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