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Mais Jean-Sigismond fit des conditions si peu acceptables, que le congrès se sépara an printemps 1 560 , après avoir toutefois prolongé la trêve pour un an» Les Tores aussi se tenaient à cette époque assez tranquilles sur les frontières , et la trêve avec Sigismond fat de nouveau pro~ longée, au printemps de 1561. Sur la fin de cette année, Melckior Balassa se rangea do côté de Ferdinand. Un aventurier 5 Jean Heraclidés, se disant despote ou dominateur des îles de Samos et de Paros, proprement un rebelle moldave, avait en été 1561 entrepris, conjointement avec Antoine Szekély , une course en Moldavie. II vainquit le vayvode Alexandre , fut reçu avec solennité à Suczava par l'évéque et les boyards, et prodamé prince de Moldavie. Après une nouvelle défaite, Alexandre s'enfuit à Constantinople. Les Turcs , ayant appris que l'empereur Ferdinand avait donné à Heraclidés de l'argent pour soudoyer des troupes allemandes et polonaises, commencèrent les hostilités vers la fin de la même année. Melckior Balassa combattit dans la haute Hongrie contre François Neméthi et Etienne Bathori, généraux de Sigismond. Au mois d'avril 1562, le pacha de Bude marcha dans la haute Hongrie, et assiégea avec 20,000 hommes Hadad (dans le comitat de SzolnolO; mais au bout de seize jours il renonça i cette attaque. Le 5 avril, Jean Balassa fut vaincu au siège du château de Szecsén par le Sandschack de Filek. fin revanche Zriny battit Arslan - Beg près de Monossle , et le palatin Nadasdy fit reconquérir par Valentin Magyar et le comte de Salm, Hegyesd, dans le comitat de Tolna» Les Szeklers, révoltés contre Jean-» Sigismond, furent réduits au commencement de juin. Dans le cours du mois d'août, Busbek apporta de Constantinople une trêve qu'il avait conclue , le 7 janvier, pour huit ans avec la Porte , et dont les principales conditions furent, qte l'Empereur payerait durant cette trêve au sultan un
.reùs annuel de 30,000 écus d'or, monnaie de Hongrie, et que les deux Souverains , comme aussi Jean - Sigismond de Transylvanie, et les vayvodes de Moldavie et de Valachie resteraient pendant ces huit années en possession des pays et villes qu'ils occupaient. Les différends qui pourraient survenir au sujet des limites , devaient être accommodés à l'amiable par des plénipotentiaires des deux parties.
Le 20 août 1563, commença la Diète de Presbourg, qui adopta la proposition que fit l'Empereur d'élever aussi Maximilien à la dignité de rot* de Hongrie* Ce prince fut couronné en cette qualité , le 8 septembre , dans la même ville. Les négociations avec Jean-Sigismond continuèrent dans cette année et les suivantes, sans amener le résultat désiré.
Ferdinand avait, au mois d'avril 1560, ordonné que toutes les cures et écoles en Hongrie seraient occupées par des Catholiques, et que les biens qui avaient auparavant appartenu à l'Église, mais se trouvaient maintenant en d'autres mains, retourneraient à leur destination primitive. Les prélats hongrois tinrent plusieurs synodes provinciaux, pour mettre ces ordonnances royales à exécution. Les évêques commencèrent alors à persécuter les Luthériens avec la plus grande dureté.
Ferdinand avait, bientôt après son avènement à l'Empire, de nouveau visité la Bohème. Le 8 novembre 1558 , il fit son entrée solennelle dans Prague , accompagné de son deuxième fils, l'archiduc Ferdinand , qui remplissait la place de gouverneur -général de Bohème. Ensuite il convoqua une Diète , où l'on régla les impôts, fixa les subsides pour la guerre turque , comme aussi les secours d'hommes à fournir par les pays bohèmes pour la Hongrie, et fit plusieurs propositions pour l'amélioration du monnayage , le rétablissement des mines d'argent de Kuttenberg, négligées depuis quelque temps, la navi-
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gation de l'Elbe etc. L'Empereur assista à rassemblée dès Etats, qui fut tenue à Prague en septembre et en octobre 1561* L'année suivante, il conféra l'archevêché de Prague^ vacant depuis 1431, au grand-maître des chevaliers dé la Croix à Tétoile rouge, Antoine Bruss. Un des principaux» soins de l'empereur Ferdinand fut de réunir les deurt partis de religion en Bohème, les Catholiques et le» Utraquistes. Il espérait venir à bout de ce grand dessein par la permission générale de communier sous les deux espèces qu'il avait sollicitée du souverain pontife. La bulle papale qui accordait cette faculté , fut publiée le 23» juin 1564, dans les églises, et l'on commença en mêmer temps à la mettre effectivement en pratique à l'office divin. Rien ne paraissait plus propre à faire oublier pour toujours ces dissentions intestines, qui avaient causé aux pays bo-« hèmes de si grands et si longs malheurs. Pour écarter autant que possible tout ce qui pouvait fournir matière à de nouvelles fermentations, les Luthériens et Picardites ne furent point légalement tolérés dans le pays. Néanmoins, la religion protestante se fit beaucoup de prosélytes en Bohème; et particulièrement les professeurs de l'université de Prague penchaient vers la doctrine nouvelle»
L'empereur Ferdinand I mourut à Vienne, le 25 juillet 1564, dans la soixante - deuxième année de son âge. Déjà à Linz, le 7 septembre 1532, puis le 1 juin 1543 à Prague, Ferdinand I avait fait son testament. D'après cet acte Maximilien, prince premier -né, devait hériter les royaumes de Hongrie et de Bohème. Il fut réglé que ce prince et ses deux frères, Ferdinand et Charles, posséderaient conjointement tous les autres anciens Etats héréditaires d'Autriche, et qu'aucune séparation des provinces ne pourrait avoir lieu pour ces princes avant que le plus jeune d'eux, Charles, n'eût atteint sa dix-huitième année. En cas que la race masculine de Ferdinand I vînt à s'é-
teindre , sa fille aînée était appelée à la succession des royaumes de Hongrie et de Bohème , et les États héréditaires d'Autriche devaient passer à l'empereur Charles- Quint, ou à ses descendants mâles. La reine Anne, épouse de Ferdinand, étant morte à Prague, le 27 janvier 154? 0, Ferdinand I ajouta, le * du mois suivant, i cet acte un codicile, dans lequel il confirmait et répétait les principaux points du testament et octroyait le partage des pays. À Vienne, le 25 janvier 1554, il dressa un supplément à ses dernières volontés, par lequel il prescrivait dès à présent , d'une manière fixe et précise , comment le partage concédé à ses fils devait se faire après sa mort, afin de prévenir les démêlés qui avaient souvent désuni sa famille , et causé tant de désastres au pays. Ces statuts (Hausordnung) forent ensuite signés par les trois princes qui, après le décès de leur père, se conformèrent scrupuleusement au mode de partage , ordonné dans son testament. Ferdinand statua en outre que Maximilien II , et dans la suite toujours l'aîné de ses héritiers mâles, serait le chef de la Maison d'Autriche; que ce dernier recevrait, tant en son propre nom qu'en celui des autres archiducs, l'investiture des fiefs de l'Empire et que les archiducs séparés ne pourraient commencer aucune guerre, sans en avoir reçu auparavant le consentement du chef de la famille. Un grand nombre d'articles déterminait les revenus des princes et des princesses; la dot de ces dernières ; la succession des princesses dans les royaumes de Hongrie et de Bohème après l'extinction de tous les princes mâles de la
■) La reine Anne n'est pas seulement louée pour le soin qu'elle eut de ses «niants, et pour avoir aimé uniquement son royal époux , mais encore pour avoir été l'une des plus belles et des plus sages princesses de son temps. Guidée par une piété vive et sincère, elle fut la mère des pau- ▼res et la bienfaitrice de l'Église: elle fonda plusieurs monastères et embellit plusieurs temples. Sa mort fut pour son époux un sujet de chagrin et une perte réelle pour tous ses sujets.
Maison de Habsbourg « Autriche , comme aussi le droit d'hérédité qu'avait, ce cas avenant, la ligne habsbourgeoiseespagnole sur les antres pays autrichiens ; le retrait de l'arrière-fief de l'Empire, Wurtemberg, après l'extinction de là famille ducale régnante de ce pays} le partage du trésor de la Maison d'Autriche, des insignes royaux, des arsenaux <fcc.
Conformément aux dispositions de Ferdinand 1 , son fils aîné MaximiNen eut les royaumes de Hongrie et de Bohème et Tarchiduché de haute et de basse Autriche. À Ferdinand, deuxième prince, furent donnés le comté de Tyrol et tous les pays antérieure d9 Autriche en Souabe, dans la Forêt-Noir e, en Alsace, dans leSundgau et le Brisgau; enfin Charles, qui était le plus jeune, eut en partage la Styrie, la Carinthie, la Carniole, la Marche vénède , Vis trie , la Gorice et Trieste. Des
neuf filles de l'Empereur défunt, Elisabeth (vécut de 1526 -* 1545) était mariée au duc de Lithuanie , et ensuite roi de Pologne, Sigismond II Auguste; Anne (1528-1587) au duo Albert V de Bavière; Marie (1530-1584) à Guillaume, duc de Clé ves 5 Catherine (1533 - 1572) au duc François H de Mantoue (en secondes noces à son beau -frère Sigismond -Auguste de Pologne); Éléonore (1534-1594) à Guillaume III, duc de Mantoue $ Barbe (1539 - 1572) au duc Alphonse II de Ferrare; Jeanne (1547 - 1578) à François - Marie de Médicis , grand - duc de Toscane. Les trois autres princesses, Madeleine, Marguerite et Hélène , prirent le voile dans l'abbaye noble de Hall en Tyrol , qu'elles avaient fondée.
L'empereur Ferdinand, dont l'histoire est étroitement liée avec celle de l'empereur Charles - Quint , son frère , avait été élevé avec grand soin en Espagne sous les yeux de son aïeul maternel , le roi Ferdinand - le-
Catholique. Dès m jeunesse il montra An vif penchant pour les arts et les sciences ; il les encourageait constamment, il aimait et protégeait les savants. Ferdinand connaissait les auteurs classiques grecs et romains , et était versé dans la philosophie, l'histoire et la théologie. Ilpos-* sédait parfaitement les langues allemande, espagnole, flamande et française, et savait aussi un peu l'italien et le latin.
Sur le front de Ferdinand se peignaient la droiture et la bonté de coeur , qui étaient les principaux traits de son caractère. Dans son jeune âge ce prince, qui avait l'esprit vif, était facile à émouvoir; actif sans relâche dans le* affaires d'État; tout ouvert et décidant d'un ton positif; quelquefois bouillant et emporté. Il joignait à une grâce infinie cet air noble et majestueux qui convient à un Souverain. Il était juste , impartial , politique sans duplicité* courageux sans ostentation , et si scrupuleux observateur de sa parole , qu'ayant promis un jour une gratification i un officier qui s'en était depuis rendu indigne, il la lui accorda pourtant, en disant „qu'un Souverain devait avoir plus d'égard à sa promesse qu'au mérite de celui auquel il l'avait faite." Paroles sublimes et vraiment royales qui sont dignes d'être gravées en lettres d'or au temple de mémoire , où ses vertus lui assurent une place. Dans la vie domestique, Ferdinand 1 était un modèle de continence, de modération, de sobriété et d'ordre ponctuel.
Ferdinand avait une grande intelligence de Fart militaire ; il acquit dans ses campagnes beaucoup d'expérience et déploya sur le champ de bataille la valeur la plus intrépide. Cependant où il pouvait éviter la guerre, il le faisait par inclination intérieure , par amour sincère pour l'humanité. D maintint sérieusement et sévèrement la paix publique et l'améliora par de nouveaux décrets.
Dans l'administration de ses vastes États , ce monarque montra une grande pénétration d'esprit , une par-
faite connaissance des constitutions des différents royaumes et provinces , et une activité si bien réglée , que toutes les branches des affaires marchèrent constamment dans le meilleur ordre. U fit dans ses États plusieurs lois, concernant les mines et les fiefs, et fonda le magnifique cabinet de monnaies 1 doit ï confia d'abord la direction à Wolfgang Laz (Xazius) , son médecin, conseiller et historiographe»
Ferdinand I , quoique intimment attaché à la religion de ses pères, ne manifesta point son zèle pour la Foi catholique en employant le far et le feu contre les Luthériens ; mais il chercha à terminer les querelles religieuses par la persuasion et des conférences pacifiques; et il n'eut recours aux armes, que lorsque les défenseurs fanatiques des novations se levèrent avec force ouverte contre les lois fondamentales de f État et les droits si anciens de
r£glise. Cependant , dans la suite , lorsque le premier orage fut apaisé, et que l'intérêt politique ne chercha plus à faire servir la doctrine nouvelle de prétexte pour pécher en eau trouble , Ferdinand pencha visiblement vers la tolérance, l'expérience de tous les temps lui ayant appris que la persécution d'une secte quelconque ne fait qu'en multiplier les prosélytes.