‹ Histoire de l'empire d'Autriche depuis les temps les plus reculés jusqu'au règne de Ferdinand I, Empereur d'Autriche; en six époquesChapitre 6 sur 12 · MUE · texte numérisé non relu

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Chrétiens avaient commencé d'autant pins tôt leurs arme* ments, et les avaient exécutés avec une célérité et un accord •ares. Le pacha Mustapha de Bosnie fut désigné par le raltan pour remplacer Arslan dans le pachalic de Bude.

L'Empereur pressa , à Vienne au mois de juin , les >réparatife de guerre avec grande activité. On vit arriver >rès de cette capitale une infinité de princes, de comtes et le chevaliers d'Allemagne, de France, d'Italie, à\ Angleterre, de Pologne et d'autres contrées. Plusieurs d'entre *ux amenèrent des corps de troupes plus ou moins considérables. Le 12 août, l'empereur Maxhnilien se mit en mouvement avec les troupes rassemblées près de Vienne, les conduisit àAltenbourg, où il les passa en revue. Cette irmée principale comptait, y compris les troupes sous les ordres du comte Frédéric de Salm , campées près de Comorn , environ 80,000 combattantes , parmi lesquels étaient 25,000 cavaliers. L'archiduc Ferdinand avait, sous PEmpereur, le commandement en chef. Les troupes allemandes de l'Empire , qui faisaient partie de cette armée, consistaient en 16,000 fantassins et 6000 chevaux. lie nombre des guerriers autrichiens qui se trouvaient & l'armée, était de 8000 hommes, et celui dès Hongrois de 2500. Parmi les principaux chefs se trouvaient: le margrave Philippe de Bade -Bade, le comte Frédéric de Salm; les comtes palatins Wolfgang de Deux-Ponts et Richard le Simmern ; Ferdinand , deuxième prince de Bavière ; le duc Jean - Frédéric de Poméranie; les comtes de Schwarzbourg , d'Helfenstein , de Barby , de Hardeck, rOettingue et plusieurs autres. Indépendamment de cette irmée principale, il y avait le corps de 12,000 hommes, commandé par Lazare Schwendi, dans la haute Hongrie >rès de Cassovie , la division d'Etienne Dersfi , forte de $000 hommes , près de Neutra , afin en Croatie le corps le l'archiduc Charles et du ban Pierre d'Erdôdy. Un

nombre de troupes considérable était en outre distribué dans les différentes garnisons.

L'Empereur avec la grande année marcha, en descendant le Danube , à Raab où il occupa un camp qu'il fit retrancher avec grand effort, et dans lequel il était résolu d'attendre l'attaque du sultan. Mais Soliman ne s'approcha point de cette position. Il avait déjà, au mois de juillet, envoyé le pacha de Bude avec 36,000 hommes devant la forteresse de Gyula, qui se rendit le 1 septembre, faute de vivres. Encore dans le cours du mémo moisJenô tomba aussi. Zapolya avait, avec 16,000 Transylvains et auxiliaires tatars, attaqué, au mois d'août, Szathmar et Tokai. Le nouveau pacha de Bosnie, Mehmet, avait été surpris et tué près de Sziklos par on corps de troupes envoyé de Szigeth. Soliman s'était proposé d'attaquer Erlau; mais ayant appris la défaite da pacha de Bosnie , il franchit le Danube près d'Esseck et se dirigea avec son armée principale, forte d'environ 200,000 hommes, vers cette forteresse, dont la conquête flattait l'ambition de Soliman. Le comte Nicolas de Szrini) qui commandait dans cette place importante, n'avait que 2500 soldats ; mais la confiance qu'ils avaient dans la bravoure de leur Général , doublait leur force et leur courage. Quinze assauts que les Turcs entreprirent sur la place, furent heureusement repoussés. Les assaillants avaient déjà perdu près de 30,000 hommes; mais ils s'étaient cependant emparés de la ville neuve , et plus tard de la vieille ville aussi. Zrini se vit alors resserré dans le château, et dut renoncer a l'espoir de continuer la résistance, la disette étant parvenue au plus haut degré. Enfin au seizième assaut, le 7 septembre, le héros hongrois fit avec les deux cents braves guerriers qui lui étaient restés, une vigoureuse sortie et périt avec tout son monde, les armes à la main. L'ennemi pénétra alors,

est vrai, daim la citadelle, laissée sans défense; mais il grand nombre de Tores furent encore emportés par les (radrières, auxquelles on avait mis le feu. L'armée krétienne, rassemblée près de Raab, n'avait fait aucun mûrement pour secourir cette importante forteresse et *8 défenseurs héroïques.

Soliman II , qui régnait depuis 46 ans , était mort ■bitement trois jours avant la prise de Szigeth $ mais le rand vizir sut si bien cacher cet événement , que persane ne Tapprit avant que Sélim II, fils et successeur s défunt, ne fut arrivé à Tannée. Le nouveau sultan rerarna avec la plus grande partie de Tannée par Belgrade Constantinople. Il laissa le pacha Pestan avec un corps ombreux de Turcs et de Tatars en Hongrie. Jeaniigismund leva, vers le milieu du mois d'octobre, le siège e Tokai, et se vit obligé d'attaquer et de mettre en fuite es propres auxiliaires tatars et valaques , qui s'étaient §voltés et avaient fait de terribles ravages dans le pays. /Empereur ne laissa sur les frontières dans la haute [ongrie et les comitats sur le Raab et le Waag , puis entre » Danube et la Drave, qu'autant de troupes qu'il fallait pour ccuper les forteresses de Raab, d'Oedenbourg, de Canissa tc^ et pour s'opposer aux courses des Ottomans. Toutefois *s Tatars pénétrèrent, en s'en retournant, d'un coté îsque vers Cassovie, et de l'autre jusqu'à Sarvar-sur-laruns, et enlevèrent un grand nombre de gens de la camagne. La majeure partie des soldats chrétiens s'en résumèrent pour cet hiver chez eux.

Vers le milieu de novembre (1566), l'Empereur [invoqua une Diète à Vienne. Au commencement, les itats ne voulaient se charger des contributions de guerre, u'après que Maximilien leur aurait accordé le libre exerice de la religion ; mais ce prince ayant insisté avec grande >rmeté sur l'accomplissement pur et simple de ses de-

mandes, ils se soumirent à la volonté du Souveraia. Maximilien visita alors la Diète des Moraves à Bruno , des Silésiens à Troppau ; et l'archiduc Ferdinand assista & celle des Bohèmes à Prague, dans lesquelles Diètes on traita avec les Etats relativement aux contingenta de subsides et de troupes nécessaires à la continuation de la guerre contre les Ottomans*

Le général Lazare Schwendi ne demeura pas mactif, cet hiver, et fit dans chaque rencontre éprouver des échecs à l'ennemi. Vers la fin de Tannée 1566 , fl assiégea Szadvar qui se rendit , le 15 janvier 1567 9 par capitulation. Ensuite il attaqua le château de Munkacs; et, après s'être rendu maître de cette place (le 21 février), il marcha sur Husst , qu'il avait assiégé en vain dans la campagne précédente. A peine l'attaque de cette forteresse fut -elle commencée, que le pacha de Bude fit prier Schwendi de lever le siège , afin que les négociations de paix qu'on était & la veille d'entamer, ne fussent point troublées par cette entreprise. Comme le Général autrichien n'eut aucun égard à cette proposition , le sultan Sélim ordonna au pacha Pestan et au beglerbeg de Bornante de réunir leurs forces et de dégager Husst. Maximilien avait, au printemps, fait continuer les armements avec tous les efforts possibles. Ce prince assista, an mois de février et de mars 1567, en personne aux Diètes de Troppau , de Brunn et de Prague , afin de hâter le fournissement des Secours d'hommes et d'argent qu'il avait demandés aux Silésiens, aux Moraves et au Bohèmes pour la guerre turque. La Diète germanique fut ouverte à Ratisbonne par le duc Albert de Bavière, en qualité de commissaire impérial. Le 9 mai, les Etats de l'Allemagne accordèrent à l'Empereur pour les deux campagnes prochaines, par conséquent encore dans les années 1567 et 1568, et notamment pour chaque

aimée douze mois romaines. Cependant malgré tons grands préparatifs de guerre, aucun événement important n'eut plus lieu. Les troupes Zapolyennes conquirent en avril Kovar , Nagybanya , Tschervar et Erdod ; et le pacha Hassan de Témeswar s'empara des Dedés, de Putnok, de Monok et de plusieurs autres châteaux. Mais Albert de Wys, l'un des ambassadeurs impériaux qui avaient été retenus à . Constantinople lorsque la guerre éclata, ayant obtenu une trêve, il arriva au mois de juin un firman du Grand - Seigneur qui enjoignait à Jean-Sigismond, comme aussi aux pachas des frontières, de ne pas continuer les hostilités. Au mois de juillet , une am* bassade impériale , à la tête de laquelle étaient Antoine Veranzi, évêque d'Erlau, et le conseiller de guerre Chrétien de Tieffenbach, se rendirent à Constantinople, pourvus du cens pour une année et de riches présents. Le sultan avait déjà contremandé la marche de son armée en Hongrie, et Schwendi avait, par ordre de l'Empereur , cessé de faire le siège de Husst La Diète hongroise , ouverte au mois d'août à Presbourg , approuva la trêve conclue avec la Turquie ; mais ce nonobstant elle accorda de nouveaux subsides pour la continuation des armements.

Le 22 août, les envoyés de l'Empereur arrivèrent à Constantinople et commencèrent alors les négociations» Comme le sultan Sélim était à cette époque fort occupé, tant par les troubles en Arabie que par sa querelle avec la Perse, et qu'il avait d'ailleurs en vue d'enlever File dé Chypre aux Vénitiens , il signa, le 17 février 1568, à Adrianople une paix ou plutôt une trêve pour huit ans. Dans ce traité, où fut compris aussi Jean - Sigismond Zapolya, il fut stipulé, que chacun garderait ce qu'il avait conquis pendant la guerre. Les ambassadeurs impériaux étant de retour à Vienne , la paix fut publiée , le 1 mai 1568. Le général Schwendi résigna alors le commandement en chef de l'armée, qui fut conféré à Jean Ruber.

Jean - Sigismond de Transylvanie , toujours inquiet et turbulent, ne put se tenir tranquille, même après b conclusion de la paix. 11 fit tramer parmi quelques Nobles hongrois une révolte , i la tète de laquelle se trouvaient les trois beaux - frères , Georges Botskai, Jean Balassa et Etienne Dobo , qui voulaient aider Zapolya à se rendre maître de toute la Hongrie. Heureusement on découvrit ces intrigues assez à temps pour les déjouer. Les chefs de la conspiration furent arrêtés et traduits en justice par ordre de la Diète, assemblée à Presbourg, au mois dTaoftt de Tannée 1569. Cependant, comme la faible santé de Jean-Sigismond faisait prévoir qu'il ne vivrait pas longtemps , les Grands de Transylvanie , pour assurer leur propre sort futur, cherchèrent & amener un accommodement avec l'Empereur. La Pologne se chargea de la médiation. Les négociations commencèrent à Prague, au mois de mai 1570, et furent continuées en été à Spire, ou les envoyés transylvains et polonais avaient suivi l'Empereur. Là fut conclu un traité de paix préliminaire, par lequel Jean - Sigismond déposa le titre de Roi et se contenta de celui de Prince Sérénissime. Il conserva la Transylvanie et une partie de la Hongrie contigue & ce pays, comme possession indépendante et héréditaire pour ses descendants mâles , notamment les comitats de Bihar, de Szolnok moyen, de Kraszna et de Marmaros, avec la forteresse de Husst. Les États de Transylvanie obtinrent le droit , si Jean - Sigismond venait à mourir sans postérité masculine , de se choisir eux-mêmes on prince , qui toutefois devait toujours être le vassal du royaume de Hongrie. Il fut en outre convenu, qu'une alliance défensive serait conclue entre Maximilien et Jean - Sigismond , et qu'une des nièces de TEmpereur, Marie de Bavière ou Sophie de Juliers , en donnant sa main au prince transylvain, cimenterait le traité. En septembre 1570, cette

convention fat ratifiée par Jean-Sigismond et les Transylvains les plus notables , et puis le 31 septembre 1571 i Prague par l'Empereur aussi. On traita ensuite le mariage du prince de Transylvanie avec Marie de Bavière ; mais Jean était attaché aux nouvelles erreurs; c'en était assez pour qu'il fût odieux à la princesse , avant même de Favoir vu. La fille du duc de Juliers paraissait disposée à remplir les engagements de l'Empereur; mais le prince qui avait essayé un refus s'en vengea par un autre. Cette querelle légère en aurait pu faire naître de plus sérieuses; mais la mort de Jean - Zapolya , arrivée dans la nuit du 13 au 14 mars 1571, prévint les malheurs dont oit était menacé. Les États élurent, le 25 mai, pour prince souverain Etienne Bathori de Sofmyo , ci - devant ministre, qui fit bientôt oublier Jean-Sigismond. Il fut confirmé dans cette dignité tant par l'empereur Maximilien que par le sultan Sélim. Mais la Transylvanie continua à être déchirée par des troubles intérieurs. Déjà sous le règne de Jean - Sigismond non - seulement les querelles entre les Luthériens et les Réformés , mais aussi les intrigues d'une nouvelle secte, qui se propageait rapidement, celle des Unitaires , avaient tenu le pays dans une dangereuse agitation. En octobre 1571 Bathori se vit obligé de comprimer une révolte des Szeklers par la force des armes. Un nouveau soulèvement de ce peuple prit en 1575 une fin fort sanglante. Les adversaires de Bathori en Transylvanie surent aussi exciter constamment de nouvelles querelles entre l'Empereur et le prince. Les Turcs continuaient à violer la trêve par de fréquentes irruptions en Hongrie, à surprendre des châteaux et à livrer des combats sanglants aux commandants royaux.

Plusieurs Puissances chrétiennes, à cette époque, avaient pris les armes pour repousser de leurs côtes tes flottes ottomanes, ainsi que les escadres des Etats bar-

baresques d'Afrique. Le roi Philippe D d'Espagne fit dès Tannée 1558 entreprendre par son vice - roi de Naples, le duc de Médina - Céli , une grande expédition maritime contre Tripoli , qui toutefois eut une mauvaise issue. La tentative que Don Juan de Mendoza fit en 1563 pour dégager Oran , n'eut pas un meilleur succès. En 1565 la flotte espagnole secourut Hle de Afalthe, assiégée par les Mahomètans. Dès lors les Turcs dévastèrent les côtes napolitaines presque chaque année ; ils pénétrèrent fort avant dans l'intérieur du pays et pillèrent même une partie des faubourgs de Naples. Dans Tannée 1566 , la Porte s'empara aussi de File de Chios , appartenante à 1a république de Gènes. En 1570 les Turcs avaient fait une descente dans Tîle de Chypre, dont ils convoitaient depuis longtemps la possession et qu'ils avaient déjà cherché plusieurs fois à enlever à Venise, et achevèrent la conquête de ce pays par la prise de Vicosia qu'ils emportèrent d'assaut, le 9 septembre 1570 , ainsi que par celle de Famagusta qui capitula le 18 août de Tannée suivante, après s'être défendue jusqu'au dernier moment avec une bravoure digne des plus grands éloges. Le pape Pie V, le roi d'Espagne et la république de Venise se liguèrent contre le sultan Sélim. Mais l'Empereur et les rois de France et de Portugal refusèrent d'accéder à cette union. Le 7 octobre 1571, Don Juan <T Autriche ^ commandant en chef de l'amée alliée , secondé par Colonna , amiral du pape , et par Veniéro, chef de l'escadre vénitienne, remporta la grande victoire navale sur les Ottomans dans la baie de Lépante. Plus de cent vaisseaux ennemis furent pris, quatre -vingt coulés à fond, vingt -cinq mille Turcs tués et cinq mille faits prisonniers.

Depuis cette défaite, dont la gloire doit être attribuée ai» Espagnols , et surtout à Don Juan d'Autriche , la marine ottomane n'a pu jamais entièrement se relever, et

ce fat vu grand bonheur pour la chrétienté. Les Puissances confédérées pressèrent alors de nouveau l'empereur Maximiiien d'entrer dans la ligue contre les Mahométans» Mais ce prince pressentait la courte durée de cette alliance; et comme il aurait eu alors à lutter seul contre toutes les forces ottomanes, il refusa itérativement de prendre part à la coalition. L'événement justifia les pré* visions de Maximilien. La mort du pape Pie V (1 mai 1572) porta la première secousse à la confédération, bien qu'elle fit aussi confirmée par Grégoire XIII, successeur du pontife défunt. L'inaction ou Don Juan d'Autriche fut tenu dans la campagne de 1572 par les ordres secrets du cabinet de Madrid, amena la discorde parmi les alliés et entraîna enfin la dissolution de la ligue. Don Juan ayant été obligé de s'abstenir de toute opération décisive , et même à lever le siège de Navarin , le pape et les Vénitiens se plaignirent hautement de ce que la Cour d'Espagne compromettait par ses intrigues l'avantage commun. Comme malgré cela le gouvernement espagnol ne paraissait pas disposé à pousser vigoureusement la guerre, Venise négocia une paix séparée avec la Turquie. Le traité fut effectivement conclu, le 15 mars 1573, mais sous ées conditions fort dures et onéreuses pour la République. Les Vénitiens rendirent aux Turcs tout ce qu'ils avaient conquis dans cette guerre , et leur cédèrent File de Chypre. Us s'obligèrent en outre & payer pour l'île de Zante à la Porte un tribut annuel de 1500 ducats, et lui payèrent 300,000 ducats de dédommagement. Bn revanche Venise recouvra tous les privilèges de commerce dans la Turquie. Une paix de trente ans suivit cette guerre, qui avait coûté à la République une de ses plus belles colonies, et l'avait convaincue qu'il lui était impossible de résister à la longue aux forces redoutables de l'Empire ottoman.

La perte du royaume de Chypre porta le coup le plus funeste à la république de Venise. Ce revers, joint à tous ceux qu'elle avait essuyés depuis la ligue formée contre elle à Cambrai (1508), l'obligèrent à changer de système. Venise renonça à l'esprit de conquête, pour ne pins songer qu'à sa propre conservation. Avant ce temps-là, les Vénitiens s'étaient mêlés presque dans toutes les guerres de l'Europe; depuis, ils ne pensèrent qu'à se maintenir en paix , à amortir leurs dettes (qui après la guerre de huit ans (1508-1517) s'élevaient à cinq millions de ducats), et à faire renaître, autant que possible, leur ancienne prospérité. Mais si depuis les Vénitiens brillèrent moins par les armes, leurs progrès dans les arts furent d'autant plus éclatants. Au temps du doge François Dondolo ') (1545-1553), les beaux arts étaient déjà très florissants dans Venise. Sous le dogat de Jérôme Priuli (1*56- 1559), les statues, sculptées par le célèbre Sansovino, furent posées sur leur base, et les fameux peintres Titien, Paul Veronèse et Tintoretto ornèrent de leurs tableaux les temples et les palais bâtis par Scamozzi et Paul Palladio.

Cependant le pape et l'Espagne continuèrent la guerre contre la Porte. Don Juan d'Autriche conquit le royaume de Tunis ; mais les Espagnols furent bientôt forcés d'évacuer ce pays. En 1576 le gouverneur espagnol de Mondejar repoussa des côtes de Naples les Ottomans qui avaient fait une descente dans ce royaume.

Le duc Jean «Frédéric de Saxe donnait encore toujours au chevalier de Grumbach et à ses partisans asile

0 Depuis André Gritti, mort en 1539 , Venise avait en dans l'espace àt 30 ans huit doges; savoir: Pierre Lando (1539-1545); Franc** Donato (1545 - 1553) ; Marc- Antoine Trérisani (1553-1554) ; Français Venièro (1554 -1556); Laurent Pri«(i (1556 - 1559) ; Jeràme Primti, frère du précédent (1559-1567); Pierre Lorédano (1567-1570); Loniê Moeénigo (1570 - 1576).

dami la ville de Gotha. Comme toutes les remontrances amiables ne parent vaincre l'obstination du prince saxon, l'Empereur le mit, le 12 décembre 1566 , au ban de l'Empire et chargea l'électeur Auguste de Saxe de l'exécution de cette sentence. Le monarque délia les sujets du duc Jean - Frédéric de leur serment de fidélité , et leur enjoignit d'obéir provisoirement au duc Jean - Guillaume, frère du prince proscrit. Gotha et le château de Grimmenstein furent investis , dès le 24 décembre , par les troupes électorales. Les bourgeois se défendirent pendant plusieurs mois avec beaucoup de courage , parce que le duc leur avait persuadé que l'attaque de l'électeur avait pour but la compression de la foi évangélique ; mais ayant enfin été instruits que l'entreprise contre leur ville avait été amenée par la protection opiniâtre, accordée par leur duc à Grumbach et à d'autres perturbateurs, ils se saisirent de toute la bande et se rendirent , le 14 avril 1567, par composition. Grumbach et ses suppôts furent livrés i Félecteur de Saxe et exécutés à Gotha, le 18 du même mois. On démolit les fortifications de cette ville, ainsi que le château de Grimmenstein. Le duc Jean - Frédéric et ses fils furent dépouillés de leurs États, qui passèrent à son frère Jean - Guillaume de Saxe-Weimar. Le duc Jean - Frédéric , qui avait été fait prisonnier , fut envoyé à l'Empereur, Ce Souverain , voulant mettre le prince déposé hors d'état de troubler de nouveau la paix publique, le fit enfermer dans une prison, où il resta jusqu'à sa mort (9 mai 1595}. Â la sollicitation des princes de l'Empire, l'Empereur rendit dans la Diète de Spire en 1570 aux fils mineurs du duc Jean «Frédéric leurs droits sur ses États. Après que l'arrangement avec leur oncle, le duc Jean - Guillaume, eut été effectué , le 6 novembre 1572 àErfort, ces jeunes princes recouvrèrent Gotha, Cobourg, Eisenach et plusieurs autres villes et bailliages.

lie duc Jean - Guillaume toutefois conserva Weimar, Iéna, Altenbourg, Saalfeld et quelques autres endroits.

Outre la réintégration des princes saxons, d'antres affaires importantes furent encore traitées dans la Diète de Spire en 1570. On régla, le 13 juillet, par des lois rigoureuses les enrôlements et le fournissement de troupes pour des États étrangers , et réforma les abus qui s'étaient introduits à cet égard au grand détriment di repos et de la sûreté de l'Allemagne, De nouvelles ordonnances fort sévères furent rendues concernant l'observation de la paix publique et le règlement d'exécution contre les transgressent de cette loi. Mais la proposition que fit l'Empereur d'établir un arsenal général, d'ériger des caisses de munitions et de tenir constamment sur pied quelques troupes dans chaque cercle, ne fut point adoptée par les Etats. La Diète accorda à l'Empereur un nouveau secours de douze mois romains simples pendant trois années , pour la construction de places fortes et l'entretien des troupes qui en formeraient la garnison. L'imprimerie fut mise sous la surveillance particulière des autorités , et il fut expressément ordonné, que rien ne pouvait être imprimé sans avoir auparavant passé la censure et avoir reçu la permission des magistrats.

Le 7 juillet 1572, mourut Sigismond - Auguste, roi de Pologne, sans laisser d'enfants. Avec lui s'éteignit la race masculine des Jagellons. Une soeur de Sigismond- Auguste était unie au roi Jean de Suède. Une seconde soeur, aussi déjà fort avancée en âge, n'était pas encore mariée. L'Empereur avait des prétentions sur cette couronne, parce que sa mère Anne, princesse de Hongrie et de Bohème, était la fille du Jagellon Uladislas, auquel le trône de Pologne aurait dû appartenir par droit de primogéniture, mais qui y avait renoncé en faveur de son frère cadet. Maximilien s'efforça de procurer la possession du

royaume de Pologne à on de ses fils. L'archiduc Erne$te^ second fils de l'Empereur, fut proposé par le pape Gré-* goire XIII pour rot aux Polonais. Les Lithuaniens se montrèrent fort bien disposés pour le prince autrichien. Tjes Polonais protestants aussi votèrent en faveur du fils d'un monarque, généralement aimé à cause de sa tolérance. Les États de Bohème , assemblé» à Prague en 1573 9 envoyèrent différentes fois des ambassadeurs à Varsovie, pour engager les États de Pologne, réunis pour l'élection d'un roi , i choisir un prince autrichien. Mais Charles IX, roi de France, travailla avec tant d'activité pour son frère, le duc Henri d'Anjou, que celuici fut en effet élu roi de Pologne , le 10 mai 1573 > et couronné le 15 février de Tannée suivante»

Charles IX étant mort le 10 mai 1574, sans laisser de postérité , la couronne de France revenait de droit i son frère Henri , roi de Pologne. Dès que ce prince eut reçu la nouvelle de la mort de Charles IX, il s'évada secrètement de Cracovie , sortit du royaume sans notifier son départ au Sénat et se rendit à Vienne , où il fut accueilli par l'Empereur avec une grande cordialité. Henri, craignant la vengeance des Protestants en Allemagne, à cause de la part qu'il avait prise au fameux massacre de la Saint-Barthélémi, se rendit par la Styrie, la Carinthie et M antoue i Venise , où il s'embarqua pour la France. Les États de Pologne déclarèrent , le 25 mai 1575 , le trône royal vacant. Maximilien fit alors de nouvelles tentatives pour y placer son fils Erneste; mais le parti autrichien, i la tête duquel se trouvaient le prince de Radzivil, grand -maréchal de Lithuanie, et le primat Uchansky, archevêque de Gnèse, préférant cette fois le père au fils, élurent, le 12 décembre 1575, Maximilien lui-même pour leur roi. Une ambassade apporta à ce monarque à Vienne les conditions dressées par les

États, les soi-disant Pacta contenta '}, etKimta i venir prendre possession du trône. Il s'en falint cependant beaucoup que cette élection fût unanime» Une faction, composée pour la plus grande partie de la basse Noblesse, et ayant pour chef le palatin de Cracovie , Pierre Zborowsky , s'y opposa et proclama de son côté , le 14 du même mois, la princesse Anne, soeur de Sigismond- Auguste, comme héritière naturelle, reine de Pologne^ et élut Etienne Bathori, prince de Transylvanie , que le sultan aussi avait recommandé aux Polonais pour rei à condition qu'il épouserait la reine Anne* EtienAe remit dans la Diète de Mediasch, le 25 janvier 1576 , le gouvernement de. la Transylvanie à son frère Christophe qui prit alors le titre de Vay vode. Une nouvelle assemblée générale des États, ouverte à Andrejow, le 18 janvier 1576, confirma, à la pluralité des voix, l'élection d'Etienne. Ce prince fut couronné le 1 mai à Cracovie ; et le lendemain il épousa la reine Anne qui avait alors cinquante ans. Maximilien hésita longtemps s'il accepterait une couronne dont la puissance était fort limitée par les Pacta conventa, qui n'avait que des revenus peu considérables et n'était pas même héréditaire. Dans les susdites conventions il était entre autres statué, que Maximilien, quoique Souverain d'Allemagne, de Hongrie, de Bohème, d'Autriche etc. , résiderait constamment en Pologne; que durant les deux premières années il ne quitterait pas un moment le royaume, et que plus tard il ne s'en éloignerait que du consentement de la Diète plénière et pour peu de temps seulement, afin de soigner les affaires d'État de ses autres pays; que l'Empereur entretiendrait à ses frais une armée polonaise de 10,000 hommes et un corps de

0 C'est ainsi qu'on appelait les conventions que le roi de Pologne nouvellement élu, et la république s'obligeaient mutuellement à observer et à maintenir.

réserve de 5000 cavaliers allemands, toujours prêt à marcher au secours de la Pologne , en cas qu'elle fàt attaquée ; que l'Empereur ferait construire de ses propres moyens quatre nouvelles forteresses sur les frontières de la Pologne , et rétablir les anciennes places qui avaient besoin d'être restaurées; qu'il payerait de ses propres fonds, dans le terme d'un an , toutes les dettes nationales de la Pologne , ainsi que la solde arriérée des troupes. Enfin les Polonais stipulèrent encore , qu'ils, ne seraient point obligés de prendre part aux guerres turques , ni de prêter assistance aux Hongrois dans leurs expéditions militaires. Quelqu'étrange et onéreuse que fût cette capi* tulation , l'Empereur la signa enfin à Vienne , le 23 mare 1576. Ce prince faisait déjà des préparatifs pour détrôner son concurrent , lorsque sa mort dissipa Forage dont la Pologne était alarmée.

Tandis que la Transylvanie avait été troublée par des conspirations et des émeutes , la tranquillité publique fut aussi troublée en Croatie par une révolte des paysans qui se répandit jusqu'au delà des frontières de ce pays. Les gens de la campagne avaient porté plainte contre les oppressions de leurs seigneurs fonciers; mais le Ban et les États du pays , au lieu de leur faire justice, les réprimèrent sévèrement pour s'être permis cette démarche. Alors les paysans croates entre la Save et la Colape (Oulpa) prirent les armes (1573). Ils surent se faire beaucoup de partisans dans la basse Styrie, en Carinthie et en Carniole, et commirent les plus horribles excès contre la Noblesse. Mais l'archiduc Charles , le ban DrascovUa et le commandant des Vscoques ') Lenkowitsch, battirent

0 Celaient des colons militaires d'origine slave, qui avaient quitté la Grèce et s'étaient établis dans les contrées frontières de le Croatie, dépeuplées par les irruptions turques. Ils avaient pris l'engagement de défendre ces cantons contre les Ottomans 9 auxquels ils se firent bientôt connaître comme des adversaires valeureux.

Farinée des paysans en plusieurs rencontras , et punirent les rebelles par la dévastation de leurs villages. Les Turcs profitèrent de ces troubles pour faire des courses en Croatie , et surprirent et pillèrent, le 1 février 1573, Canissa.

Sur ces entrefaites, X archiduc Rodolphe, fils aîné de l'Empereur , avait, le 25 septembre 1572, été couronné roi de Hongrie. Ensuite les princes électeurs de l'Allemagne l'avaient élu roi des Romaine à Ratisbeme, le 27 octobre 1575. La crainte d'un interrègne, pendant lequel les rois de France et d'Espagne pouvaient tenter de réaliser leurs projets connus sur le trône d'Allemagne, et troubler le repos de l'Empire , non moins que la né* cessité d'avoir un chef suprême capable de protéger la patrie allemande contre le danger dont elle était menacée de la part des Turcs , furent le principal motif de cette prompte concordance des sentiments chez les électeurs. Rodolphe , qui avait déjà été couronné rot de Bohème, le 22 septembre 1575, reçut alors, le 1 novembre de la même année, la couronne royale romaine.

La Cour impériale s'étant plainte auprès de la Porte Ottomane des hostilités commises 1573 en Croatie, le Divan allégua pour excuse, que la trêve avait seulement été conclue avec Maximilien, en sa qualité de roi de Hongrie $ depuis que l'Empereur avait cédé la couronne de Hongrie à son fils Rodolphe, comme la Porte le supposait faussement, ce traité, disait -elle, avait perdu sa vigueur. Le sultan Sélim étant mort, en décembre 1574, on négocia avec son successeur Amurat III sur la confirmation de la trêve qui, au mois de septembre de l'année suivante, fut prolongée pour huit ans.

En décembre 1575, l'Empereur indiqua une Diète d'Empire à Ratisbonne. Le but principal de cette convocation était d'obtenir le secours des États contre les

Turcs, ne longue et triste expérience ayant prouvé qai des trêves ne mettaient point les pays limitrophes de l'Empire ottoman à Fabri des incursions dévastatrices de ces redoutables voisins, et qu'il était de nécessité urgente de fortifier les places frontières de la Hongrie et d'y mettre de bouses garnisons, pour protéger ce royaume, ainsi qae pour couvrir les pays allemands contigus à ce dernier. .[

L'assemblée fat ouverte le 25 juin 1576» Les Étals accordèrent en octobre des secours d'argent notables* pendant six années , «avoir pour claque année dix mois romains simples. Outre cela, ils promirent une subvention extraordinaire de dix mois romains en cas que, pendant cet espace de temps, le sultan lui-même, ou un beglerbeg on pacba, avec une armée considérable envakîl là Hongrie on un autre pays chrétien voisin.

Les Etats de l'Allemagne avaient plusieurs fois engagé f Empereur à réclamer la province de Lhronie, appar* tenante à l'Empire, que les Russes avaient conquise. Mais 9s n'avaient pu convenir, ni dans la Diète de Spire, ni dans les assemblées à Francfort et à Nuremberg, à qui c'était de porter les frais de l'ambassade qu'on devait *pouv cet effet envoyer à Moscou. Dans Tentrefaite , l'Empereur lui-même avait dépêché Jean de Cobenzèl, comme son plénipotentiaire, au czar Ivan Wasilowitsch , l'avait invité à une alliance contre les Turcs , et prié aussi dp soutenir les prétentions de la Maison d'Autriche sur 1$ trône de Pologne. Le Czar accéda avec empressement à ces propositions. Il fit signifier par une ambassade aux Polonais, qu'ils eussent à choisir entre un roi de la Mai* son d'Autriche avec l'amitié de la Russie et l'alliance contre tous les ennemis , ou la dévastation de leur pays par le feu et le fer, s'ils persistaient à vouloir Bathoii pour Souverain. Il envoya une seconde ambassade à l'Empereur à Ratisbonne , auquel il fit proposer de con*

fermer une coalition entre toutes les Puissances chrétiennes contre les Mahométans.

Le 2 septembre 1564, l'Empereur avait de nouveau fait publier dans les pay* autrichien* la permission de communier sous les deux espèces, accordée par le souverain pontife. Vers la fin du mois de novembre , fl s'employa énergiquement auprès du chef de l'Eglise pour qu'il consentît au mariage des prêtres. L'archiduc Charles en fit de même par une lettre qu'il écrivit à Pie V, le 30 da même mois. Maximilien réitéra sa demande encore dans Tannée 1565. Mais le pape refusa de se rendre à ces sollicitations.

En Bohème une Diète avait été ouverte , le 29 juin 1565, par l'archiduc Ferdinand, alors gouverneur-général du royaume. Les seigneurs bohèmes s'engagèrent à marcher en personne avec leurs vassaux contre les Turcs, en cas que l'Empereur lui - même prît le commandement de l'armée. Dans l'assemblée générale , convoquée à Vienne en 1566 pour régler les armements à faire contre les Turcs, les Etats de l'Autriche demandèrent une parfaite et entière liberté de religion. Maximilien assista en personne à la Diète, tenue en février et en mars 1567 i Prague. On y décréta que sur trente hommes en état de porter les armes , il en serait levé un pour la guerre tir* que , et qu'on en lèverait un sur dix pour la défense da pays. L'Empereur abolit les Compact* ou la convention conclue par le concile de Baie (1433) avec les États de la Bohème , en vertu de laquelle les Catholiques et les Utraquistes étaient seuls et exclusivement tolérés en Bohème. Cet acte souverain fit alors effectivement jouir les peuples de ce royaume d'une pleine liberté de religion La plus grande partie de la Noblesse demeura, il est vrai , fidèle à l'Eglise catholique 5 mais la plupart des bourgeois utraquistes embrassèrent le Luthéranisme. Là

secte Aes Frères bohèmes, qui jusque-là avait été en butte à beaucoup de persécutions, s'accrut alors de jour en jour* Le décret qui défendait aux Israélites d'établir leur do* micile en Autriche, fut renouvelé par les ordonnances de l'Empereur du 31 octobre 1567 et du 1 février 1572. Dans ta Diète, qui fut tenue le 18 août 1568 à Vienne pour l'amortissement des dettes du pays, Maximilien autorisa les États protestants de la basse Autriche, mats seulement aux seigneurs et chevaliers , k exercer libre* ment leur religion dans leurs propres villes , village», châteaux, maisons et édifices à la campagne. Toutefois il leur enjoignit de faire dresser auparavant un agenda spirituel solide, qui servirait ensuite dérègle de Foi à leurs eo-religfonnaires. Pour la confection de cet ouvrage, on fit venir de l'Allemagne quelques théologiens protestants. Dans la Diète de Linz, l'Empereur accorda aussi, le 7 décembre 1568, aux États évangéliques de la haute Autriche une égale permission pour le libre exercice de leur culte.

Dans la Diète bohème en 1569, qui dura six mois, l'Empereur demanda aux États de la Bohème, de la Moravie, de la Silésie et de laLusace, assemblés à Prague, de fortes subventions pour le rétablissement des vieille* forteresses en Hongrie, pour la construction de nouvelles places fortes , et pour l'érection d'arsenaux et de magat*» zins de guerre. Après des discussions fort orageuse*, l'assemblée se sépara sans avoir voté les sommes que le monarque avait demandées. Maximilien convoqua , au commencement de 1570, de nouveau les États, qui satisfirent cette fois-ci une petite partie des demandes royales. Pendant le séjour de l'Empereur à Prague , il reçut la visite des électeurs de Saxe et de Brandebourg, du dur de Bavière et de plusieurs autres princes. Le 4 mai 1570, l'archevêque Antoine de Prague donna la bénédiction

nuptiale à l'archiduchesse Anne, fille aînée deTEmpereur, et aa roi Philippe II d'Espagne, qui fat représenté par l'archiduc Charles , oncle de la fiancée. Au mois de juifi Maximilien partit pour Spire, où la Diète d'Empire s'était assemblée. Dans cette ville la seconde princesse impériale, Elisabeth, fat mariée (le 22 octobre} par procuration à Charles IX, rai de France. I*a princesse Anne consomma son hymen avec Philippe d'Espagne i Ségovie, le 14 novembre 1570. Le 14 janvier de Tassée saivant à Prague, l'Empereur confirma le nouvel agenda religieux des États protestants d'Autriche, et leur assjur* par un acte en due forme le libre exercice de leur culte, avec exclusion toutefois des villes et bourgs appartenants au Souverain. Déjà depuis Tannée 1567 il existait à Eue un gymnase protestant, qui dans la suite (1578} fat transféré à Linz. Le 7 septembre 1570, l'Empereur octroya rétablissement d'une imprimerie protestante à Stem en basse Autriche. E&1574 le monarque accorda aux Etats évangéliques de la basse Autriche la permission de tenir leur service divin à Vienne dans l'hôtel des Etais, plus tard aussi dans l'église des Frères mineurs.

Dans Tannée 1571 , l'Empereur assista aussi i U Diète de Bohème , où furent réglés les contingents d'argent , de troupes et de munitions que les pays bohèsies avaient à fournir. Le 30 avril , F archevêque Antoine de Prague intima encore une fois aux Catholiques qu'il leur était permis de recevoir la communion sous • les deux es* pèces. Maximilien confirma (28 juin), dans la capitale de Bohème, les anciens pactes d'hérédité de ce royaume avec l'électeur et les ducs de Saxe.

Le margraviat de Moravie jouit dqrant tout le régie de Maximilien d'une parfaite tranquillité. L'Empereur éternisa sa mémoire dans ce pays par l'érection de Tswversité d'Olmutz, qui fut fondée en 1567.

Maximilien était allié par ses soeurs aux dics de Florence , de Mantoue et de Ferrare , Pie V avait , par une balle du 27 août 1569, élevé le duc de Florence, Côme de Médicis , à la dignité de grand-duc. Ce prince fut même solennellement sacré et couronné en cette qdalité par le souverain pontife à Rome ("5 mars 1570) , maigre la protestation de l'ambassadeur impérial, le comte Prosper d'Arco, qui déclara cet acte attentatoire k l'autorité du chef de l'Empire. Néanmoins le fils de Côme , Françoise Chartes, époux de Jeanne d'Autriche, ayant succédé k son père, le 21 avril 1574-, l'Empereur, qui n'avait jamaiè reconnu la dignité supérieure dont le défunt avait été re* vêtu par le pape, nomma son beau -frère grand -du* é'Etrurie, faisant valoir ainsi ses droits de suzeraineté sur la Toscane, que le souverain porttife semblait vouloir s'arroger. Maximilien avait favorisé le duc Guillaume III de Mantoue,' marié à V archiduchesse Eléonore, en érigeant son margraviat de Montferrat en duché. Alphonse II d'Esté , époux de Barbe d'Autriche , marcha en 1569 an secours de l'Empereur en Hongrie. Ce prince fut le dernier duc de Ferrare} car lorsque Alphonse mourut le 27 octobre 1597 sans laisser d'enfants, son cousin César d'Esté, qu'il avait institué son héritier 7 se vit tellement menacé par les armes spirituelles et temporelle du pape Clément VIII qu'il céda, le 13 janvier 1598, par ëon~ ventkm 4e duché de Ferrare à FÉtat ecclésiastique. A partir de cette époque , la Maison d'Esté fut réduite i la possession des duchés de Modène et de Reggio.

A Ratisbonne, le jour même où le recez de l'Empire fut publié, le 12 octobre 1576, mourut Maximilien H dans la quarante-neuvième année de son âge. Son épouse Marié , fille de l'empereur Charles - Quint, qui après la mort de son époux se retira au couvent de Sainte - Claire à Villamonte près de Madrid , ne le suivit que le 26 fé-

vrier 1603 dans l'éternité. Quinze enfants furent les fruits de cette union. Six fils survécurent à l'empereur Maximilien. Rodolphe, né le 18 juillet 1552, lui succéda sur le trône. Erneste, né le 15 juin 1553, fut nommé, l'aa 1593, gouverneur -général des Pays-Bas espagnoles; mais il cessa de vivre dès le 20 février 1595. JtfoMt», • né le 24 février 1557, succéda à son frère sur le trône impérial Maximitien vit le jour, le 12 octobre 1558. Il fat depuis le 22 août 1587 jusqu'en 1589 revêtu de la dignité de roi de Pologne, devint en 1595 grand - maître de Tordre Teutonique et fut , après l'extinction de la ligne tyrolienne , chargé par l'empereur Rodolphe II de l'administration du Tyrol et de l'Autriche antérieure. Il mourut le 2 novembre 1618. Albert naquit le 13 novembre 1559. U devint le 4 mars 1575 cardinal, en 1583 gouverneurgénéral du Portugal, 1594 archevêque de Tolède et fut, le 20 avril 1595, nommé par le roi Philippe d'Espagne gouverneur-général des Pays-Bas. Albert quitta bientôt après l'Etat ecclésiastique et épousa, le 8 mai 1598, à Bruxelles par procuration, et le 15 avril 1599 en personne à Madrid, l'infante Isabelle-Claire-Eugénie, fille du roi d'Espagne , après que ce monarque eut cédé , par acte expédié le 6 mai 1598 , à cette princesse la souveraineté des Pays - Bas. Albert termina sa carrière le 16 juillet 1621 à Bruxelles , sans laisser de postérité. Par conséquent, les Pays-Bas retournèrent par dévolution à la couronne d'Espagne. L'infante Isabelle mourut eu décembre 1566. Venceslas^ né 1560, devint grand -prieur de Tordre de Saint-Jean de Jérusalem , et mourut déjà le 7 novembre 1578. Les archiducs Ferdinand, Charles et Frédéric étaient également morts fort jeunes. Les mariages de l'empereur Mathias et de l'archiduc Albert ne laissèrent point d'héritiers. L'empereur Rodolphe et ses autres frères n'avaient jamais été mariés. Par con-

séquent avec le dernier des six fils de Tempereur Maximilien II, l'archiduc Albert, finissait la tranche au~ trichienne de la race allemande de Habsbourg. Comme aussi la branche tyrolienne s'était déjà éteinte en 1595, la ligne allemande des Habsbourgeois ne continuait plus à fleurir que dans la branche Syrienne, dont le chef était Ferdinand, qui réunit sur sa tête la couronne impériale d'Allemagne avec les couronnes de Hongrie et 4s Bohème. ♦ /

Quant aux filles de M aximilien II; Anne (née 1549) était, comme il a déjà été rapporté , mariée à son oncte, le roi Philippe II d'Espagne , dont elle fut la quatrième épouse; Elisabeth (née 1554} fut unie depuis 1570 jusqu'en 1574 à Charles IX, roi de France. Après la mort de ce prince, elle fonda à Vienne un monastère en honneur de la Sainte- Vierge, et y termina ses jours en 1592; Marguerite mourut comme religieuse au couvent de Sainte-Claire àVillamome en Espagne, le 5 juillet 1633 j Éléonore et deux autres princesses, qui portaient le nom de \Marie, moururent en bas âge.

L'Empire et l'Autriche perdirent en Maximilien un excellent Souverain. Aussi sa mort causa-t-elle un deuil général dans toute l'Allemagne , où aucun prince n'a été plus regretté. Maximilien avait reçu , sous les yeux de son oncle Charles - Quint et de son père Ferdinand , une éducation fort soignée. Il eut pour instituteur le célèbre Augé-Ghislain Busbecq (Busbecke} qui lui enseigna tout ce qui était nécessaire à un prince appelé à gouverner un vaste Empire. Il parlait et érivait l'allemand, l'espagnol, Htalien, le français, le flamand, le bohème, le hongrois et le latin , avec une égale facilité. Maximilien attirait à sa Cour les hommes renommés parleur érudition, et se plaisait à discuter avec eux sur des matières scientifiques. Né avec des inclinations entièrement portées au bien , sa

vie ne fat qu'on tissa de bonnes actions. La candeur de son âme et son affabilité lai avaient gagné tons les coeurs. Il était accessible à tout le monde et écoutait avec patience les plaintes de ceux qu'il admettait à son audience. Il n'était pas ennemi des plaisirs de la vie sociale; nais il ne passait jamais les bornes de la modération et de la sobriété. Il se distinguait aussi de ses contemporains par me politesse de moeurs et amabilité rares dans la conversation ').

Dans les affaires du gouvernement Maximilien était actif, laborieux, et sa sollicitude pour le bien-être de ses peuples infatigable. Déjà dans sa jeunesse ce prince avait manifesté une grande intelligence des affaires politiques et judiciaires, ayant assisté par ordre de son père aux séances du conseil d'État , dont il étonnait souvent les membres par ses bons et sages avis. Il sut concilier dans toutes ses actions l'amour de la justice avec une saiae politique. Pendant les trois années qu'il administra l'Espagne, en qualité de gouverneur -général ([1548-1551), il acquit toutes les connaissances et la réputation bien méritée d'un bon régent , quoiqu'il n'eût pas encore atteint sa vingt -unième année lorsqu'il entra en charge.

Maximilien II avait pris part, sous Charles-Quint, à la campagne de 1544 contre les Français, et à la guerre de Smalkalde en 1547. Mais il ne montra jamais beaucoup de penchant pour les armes et les combats. Rétablir la paix au dehors , et maintenir la concorde dans l'intérieur, c'était-là l'objet principal de sa constante sollicitude. Une prudence innée et une constitution faible rendaient ce prince peu propre à des entreprises hardies et périlleuses; ce qui Ta fait taxer de pusillanimité par quelques historiens. Quant au reproche qu'ils lui font , d'être resté spectateur

0 Henri de Valois disait, que dans toutes les Cours qu'il avait visitées, il n'avait jamais trouvé un prince plus accompli

oisif de l'attaque des Tares, au siège de Szigeth, ils n'ont pas réfléchi, que dans l'état critique ou se trouvait la Hongrie à cette époque , la perte d'une bataille aurait pu entraîner celle de tout le royaume , et avoir les suites les plus funestes pour l'Autriche et même pour l'Allemagne.

Dans les affaires de religion, Maximilien montra une tolérance personnelle, qui empêcha que la haine qui bouillait dans les esprits échauffés, n'éclatât. H avait d'ailleurs pour maxime, que les affaires spirituelles ne devaient pas être décidées par le glaive temporel, et qu'on ne parvenait jamais à changer l'opinion publique, surtout en matière de religion , par des moyens violents. C'est pourquoi il accorda dans ses pays héréditaires aux différentes croyances les mêmes droits et une égale protection. L'exemple 'du Souverain produisit l'heureux résultat que les sujets, nonobstant la différence des confessions de Foi, vécurent ensemble en bonne union. Même la Bohème , si souvent déchirée par des dissentions religieuses, jouit pendant tout le règne de Maximilien d'une tranquillité parfaite. La meilleure preuve du mérite éminent de l'empereur Maximilien II, c'est l'accord commun des historiens allemands, autrichiens, hongrois et bohèmes, soit catholiques, soit protestants , qui tous le représentent comme un modèle d'impartialité, de justice , de sagesse et de bonté.

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