CHAPITRE V
Rodolphe IL De 1576 à 1612.
Couronné rot des Romains, de Hongrie et de JBohème, Rodolphe II prit, après la mort de son père, les rênes du gouvernement. Le 4 février 1577 , il ouvrit en personne la Diète à Prague où il fut inauguré par les Étala de la Bohème. Le 28 du même mois , l'empereur Rodolphe donna au roi Philippe II d'Espagne l'investiture de Milan. Ensuite Rodolphe confirma le pacte de succession réciproque du royaume de Bohème avec les pays saxons. En été il tint successivement des Diètes en Moravie , en Silésie et en Lusace , et reçut l'hommage de ces provinces. Dans chacune de ces assemblées, il avait bénévolement confirmé les droits et franchises des pays respectifs, et s'était par là concilié l'affection des peuples de ces contrées. Les bourgeois de Prague particulièrement se sentirent flattés par la déclaration de Rodolphe, qu'il avait choisi le château royal de cette capitale pour sa résidence ordinaire.
Les peuples s'attendaient à vivre heureux et tranquilles sous le gouvernement d'un prince , qui montait sur le trône dans la fleur de son âge, — il était dans sa vingtquatrième année, — et sous les auspices les plus favorables. Un calme parfait régnait dans tout l'Empire. L'Autriche, la Hongrie et la Bohème, qui avaient été constamment en butte à des secousses politiques, jouissaient d'un repos
|oi dès longtemps n'avait par été leur partage. La Porte Ottomane même, jusque-là si turbulente et si avide l'agrandissement, ne songeait pas à troubler cette tran- [uillité générale. L'amour de Rodolphe pour la paix et le epos était connu. La réputation de ses talents et de ses astes connaissances s'était répandue partout , et l'exellent exemple de son illustre père, dont la sagesse et la irudence avaient su presque éteindre la haine réciproque les partis religieux , pouvait lui servir de guide dans sa arrière politique. Mais l'éducation que reçut le jeune krince à la Cour d'Espagne , gâta toutes ses heureuses ispositions. Cependant l'empereur Maximilien , malgré i connaissance qu'il avait du caractère de Philippe II, et a ton qui régnait à sa Cour , n'avait pu se dispenser de onfier son fils au monarque espagnol. Philippe n'avait, près la mort tragique de Don Carlos (f le 4 juillet 568} , point d'enfants , et par conséquent la monarchie spagnole paraissait alors devoir devenir un jour l'héritage 'un prince de la ligne autrichienne de la Maison de labsbourg. Par là Maximilien fut mis dans la dure, mais resqu'inévitable nécessité d'envoyer son fils Rodolphe à ladrid, pour être élevé sous les yeux de la nation, dont était le futur Souverain présomptif. Les fruits de ce icrifice porté à la politique, furent cependant perdus. Le )i Philippe s'était remarié (le 4 mai 1570} avec l'archinchesse Anne, fille de l'empereur Maximilien. Cette rincesse lui donna, le 14 avril 1578, un fils, Philippe III, ni depuis régna sur l'Espagne. Lorsque Maximilien, fort écoutent de la direction qu'avait prise la culture d'esprit g son fils , le rappela de Madrid , il était déjà trop tard )ur effacer de L'âme du prince les impressions qu'elle rait reçues.
Le cercle de Bourgogne, ou les Pays-Bas, avait, >mme on sait, lors du partage des États laissés par
Maximilien I, passé à l'empereur Charles-Quint et à ses descendants. Les peuples de ces pays, quoique sujets de l'Espagne, se gouvernaient d'après leurs propres lois. Philippe II essaya, au commencement de son règne, d'extirper la doctrine protestante dans ces pays, et de supprimer les privilèges des différentes provinces de cette contrée; lesquels ne paraissaient pas compatibles avec la forme di gouvernement monarchique. Marguerite de Parme, file de Charles - Quint, avait depuis 1559 gouverné avec mie sage modération les peuples des Pays-Bas, extrêmement jaloux de leurs franchises , et qui ne souffraient point la plus légère oppression. Philippe adjoignit à cette princesse le fier, avare et sévère évéque d'Arras et cardinal Granvelle. L'érection de trois archevêchés et de treize nouveaux évéchés , dont le gouvernement assura l'entretien par la suppression de plusieurs abbayes et couvents, ainsi que par la réduction des revenus superflus d'autres prélats , excita un grand mécontentement parmi les États des Pays-Bas. La Noblesse crut son influence sur l'administration de l'État compromise par la création de tant de nouveaux évêques qui agrandissaient le parti royaliste. Les Protestants avaient tout à craindre de cette mesure. La dureté de Granvelle acheva d'irriter les esprits, et causa une fermentation générale dans le pays. Une opposition puissante s'éleva contre le gouvernement, à la tête de laquelle se trouvaient Guillaume de Nassau, prince d'Orange, gouverneur des provinces de Hollande, de Zélande, d'Utrecht et de Frise occidentale, puis les comtes Lamoral d'Egmont, gouverneur de la Flandre et de l'Artois, et de Hornes, amiral des Pays-Bas. La Cour d'Espagne se vit par là obligée de rappeler en t564 le cardinal de Granvelle j mais cette mesure conciliante ne satisfit point l'opposition, qui aspirait aussi à obtenir pour le cercle de Bourgogne la liberté de conscience, telle
qu'on l'avait accordée aux neuf autres cercles de l'Empire. Le comte Bgmont se rendit, Tan 1565 , en qualité èe plénipotentiaire da conseil d'État des Pays-Bas, à Madrid pour mettre au Roi clairement sous les yeux la situation critique des Pays-Bas, relativement aux affaires religieuses, aux abus qui s- étaient introduits dans l'admi* sistration de la justice , et au désordre dans lequel se trouvaient les finances. Bfais soà voyage resta pour la plus grande partie infructueux , et les évéques appelés au conseil d'État se déclarèrent principalement contre tout Ménagement dans la poursuite des hérétiques.
Au mois d'octobve 1565, Philippe II fit émaner de Madrid un édit, qui ordonnait aux peuples des Pays-Bas d'accepter purement et simplement les décrets du concile de Trente, d'introduire l'inquisition espagnole , et d'exé* euter les lois contre les hérétiques qui, à la vérité, avaient déjà été établies , le 29 avril 1550 à Bruxelles, par P empereur Charles -Qoint, mais qui n'étaient pas exactement observées. Cette ordonnance répandit un mécontentement général dans le pays. Plusieurs gouverneurs déclarèrent l'exécution de ces mesures rigoureuses impossible, fin hiver 1566, on fit les premières démarcbes ouvertes pour s'y opposer; c'est-à-dire, quatre cents Nobles s'associèrent à Bréda et dressèrent une réqnéte, tendante a Caire supprimer l'inquisition. Au mois d'avril , une députation présenta cette pétition à la Gouvernante à Bruxelles. La duchesse Marguerite, ayant pris lecture dnplacet, promit aux députés de l'appuyer auprès du roi son frère.
En effet, Philippe II paraissait, sur les représentations de Marguerite, disposé à modifier ses ordonnances $ mais au mois d'août, une révolte sérieuse éclata en Flandre et dans l'Artois , et se répandit avec rapidité dans tous les Pays-Bas. On fit d'abord la guerre avec une fureur fanatique contre les croix et les images j mais on attaqua
bientôt aussi les couvents et églises; et en peu de jours plusieurs monastères furent détruits. La Gouvernante et les seigneurs confédérés, effrayés du danger dont le pays se voyait menacé de la part de la populace furibonde, conclurent, le 24 août, une transaction et Marguerite promit de suspendre jusqu'à nouvel ordre Pinquisition et les lois contre les hérétiques , comme aussi de tolérer le culte luthérien. En même temps , Marguerite ami pour s'opposer avec vigueur à de nouveaux excès de la part de la populace. Cette princesse fit lever des troupes, ot» cuper les places fortes , poursuivre et exécuter les au* teurs de la révolte. Ces mesures énergiques et la nouvelle qu'une armée espagnole était en marche d'Italie, alarmèrent aussi les Grands qui avaient pris part secrètement à ces désordres. Une grande partie de ces seigneurs abandonnèrent le pays, et la ligue de Bréda fut dissoute. Le prince d'Orange , qui était connu comme chef de Topposition , se retira dans le pays de Nassau , domaine de sa famille.
Don Ferdinand de Tolède, duc d'Albe, chevalier de la Toison d'or, arriva, au mois d'août 1567, avec une armée composée d'Espagnols et d'Allemands dans les Pays - Bas. 11 avait reçu de Philippe II des pouvoirs illimités, avec l'ordre d'employer le fer et le feu pour subjuguer la révolte et détruire l'hérésie. Digne ministre d9un tel maître, le duc d'Albe commença la poursuite des mécontents avec une telle rigueur, que la duchesse Marguerite se démit, dès le mois de décembre, du gouvernement , et partit de Bruxelles pour l'Allemagne et l'Italie, au grand regret des peuples des Pays-Bas, qui n'avaient eu qu'à se louer de son administration. Le duc d'Albe succéda à cette princesse, eu qualité de capitaine-général des Pays-Bas. Après le départ de Marguerite, le duc d'Albe, devenu maître absolu des affaires, donna l'essor
à son caractère violent et sanguinaire. Il alluma partout des bûchers , fit élever de tontes parts des gibets, commit les cruautés les plus inouïes , et viola les capitulations avec la perfidie la pins atroce. H fit arrêter les comtes d'Egmont et de H ornes (Philippe de Montmorenci) , et après les avoir retenus pendant longtemps en prison, il les fit joger , comme fauteurs de la rébellion , par un tribunal extraordinaire , établi i Bruxelles, qui les condamna k être décapité 5 ce qui fut exécuté au mois de juin de Tannée 1668. Plusieurs autres personnes de rang et un grand nombre d'individus des autres classes du peuple subirent le même sort , et les absents , parmi lesquels se trouvait aussi Guillaume de Nassau, prince d'Orange, furent proscrits et leurs biens confisqués. Le prince alors prit les armes, et fit en 1568 attaquer les Pays-Bas sur plusieurs points. Dans cette lutte la victoire se déclara le plus souvent pour le duc d'Albe qui , croyant alors n'avoir plus à craindre aucune résistance, introduisit en 1569 effectivement l'inquisition.
Afin de tenir en bride les villes puissantes , le duc d'Albe résolut d'y faire bâtir des citadelles ; et pour faire face aux frais de cette construction, il établit de nouveaux impôts très-vexatoires. Mais il trouva auprès des États et de la nation toute entière une opposition fort décidée. Le prince d'Orange avait encore envoyé beaucoup d'armateurs qui poursuivaient avec bonheur les vaisseaux des Espagnols, et causèrent grand dommage au commerce de ces derniers. Ces armateurs formèrent bientôt une flotte considérable, et commencèrent alors , par des descentes dans les provinces maritimes , à donner une grande inquiétude au gouvernement espagnol. En 1572, les mécontents pénétrèrent en Hollande , et conquirent Briel et Vliessingue. Alors la Hollande, la Zélande, la Gueldre, Over - Yssel , Utrecht et la Frise , se déclarèrent pour le
prince d'Orange. La plupart des villes de ces provinces ouvrirent leurs portes aux Gueux-de-mer, c'est ainsi que les appelait le duc d'Albe ')• Vers le nulles du mois de juillet,, les États de ces provinces tinrent «ne assemblée à Dordrecht, et dressèrent les premières bases de II constitution qui fonda la république des Pays - Bas vis. Don Frédéric de Tolède, fils du duc d'Albe, conquit, 3 est vrai, dans les années 1572*1573 laGueldre,Zutpben, O ver-Yssel , la Frise , puis les villes de Naarden et de Haarlem en Hollande, et dévasta ces provinces de la minière la plus cruelle ; mais en 1573 il fut obligé de lever le siège (T Alkmaar. Gertruidenbourg était , le 28 août, tombé au pouvoir de Poyet , un des Généraux du prince d'Orange, et la flotte espagnole avait été battue sur le Zuyder-See, le 11 octobre de la même année. Philippe D, alarmé des progrès des rebelles, et mécontent de la tyrannie du duc d'Albe , parce qu'elle n'avait pas atteint le but qu'on s'était proposé, le rappela, en novembre 1573, des Pays-Bas qu'il avait régis pendant six ans avec une barbarie si effroyable , que de centaines de milliers d'habitants les plus industrieux abandonnèrent pour toujours le pays, et allèrent s'établir en Allemagne, en Suisse, en France et en Angleterre.
Le nouveau gouverneur-général, Don Louis Zunigo
') Voici ce qui donna lieu au sobriquet de Gueux qu'on appliqua depuis aux religionaires des Pays-Bas. Le comte de Barlaimont , favori de la duchesse Marguerite, apercevant parmi le grand nombre des députés de l'association de Bréda, qui vinrent en 1566 demander à cette princesse la suppression de l'inquisition, plusieurs gentilshommes moins riches que lui, dit à la Gouvernante qui craignait un soulèvement, qu'il n'y avait aucune raison de s'alarmer, et que ce qu'elle voyait, n'était qu'une bande de Gueux. Les Nobles confédérés, loin de se trouver offensés par ces paroles injurieuses du comte, s'habillèrent dès ce moment tous de gris, portant à leurs chapeaux de petites écueUes et de calebasses de mendiants, et en buvant hautement à la santé des Gueux, lorsqu'ils se traitaient les uns les autres.
tir.
ie Requesens, grand -commandeur de Castillé, persoiH nage également remarquable par sa naissance et par son mérite personnel, tenta de recouvrer par la douceur et 1& condescendance ce que le duc d'Albe avait perdu par sa cruauté tyrannique. Mais l'amnistie générale , publiée au mois de juin 1574, ne fit aucune impression sur les esprits irrités. L'année espagnole se vit obligée de lever le liège de Leyde, et les troupes royales se révoltèrent parce qu'elles ne recevaient point leur payement. Enfin, les conjonctures devinrent si menaçantes, que Philippe II accepta la médiation que lui offrait l'empereur Maximi- Ben II. Mais le congrès de pacification , assemblé à Bréda, se sépara en juillet 1575 , sans avoir amené le résultat désiré* Le commandeur de Requesens étant mort , le 5 mars 1576 , Philippe confia le gouvernement an conseil d'État de Pays-Bas. Au mois de juillet, les troupes espagnoles se mutinèrent de nouveau, s'emparèrent des villes d'Alost en Flandre, de Maestricht et d'Anvers et pillèrent ces cités. Le 8 novembre de la même année, le prince Guillaume d'Orange conclut, pour les provinces septentrionales, la Hollande et la Zélande et leurs alliés, avec les États des provinces méridionales, le Brabant , la Flandre , l'Artois , le Hainaut , réunis à Gand, le traité d'union et de confédération connu sous le nom de Pacification de Gand. D'après ce pacte fédératif , les troupes espagnoles devaient être chassées du pays. On abolit les lois contre les hérétiques. La religion catholique fut maintenue dans toutes les provinces, à l'exception de la Hollande , de la Zélande et des pays qui leur étaient alliés. Le prince Guillaume accepta la place d'amiral -général et de gouverneur royal en Hollande et en Zélande , que lui avaient offerte les États. Le 9 janvier 1577, les États des provinces méridionales signèrent à Bruxelles un nouvel acte dont les principaux articles
forent : qu'ils défendraient la religion catholique et le traité de Oand ; qu'ils prêteraient , à la vérité , au roi Philippe l'obéissance qu'ils lui devaient; mais qu'ils réuniraient toutes leurs forces pour expulser du pays les Espagnols et leurs partisans. Les provinces septentrionales refusèrent d'acccéder à cette convention.
Telle était la situation des affaires, lorsque Don Juan d'Autriche, fils naturel de l'empereur Gbarkt- Quint, à qui Philippe H venait de confier le gouvernement des Pays-Bas, arriva à Luxembourg. Ce prince signa» le 12 février 1577 a Marche en Famine, petite ville da duché de Luxembourg, avec les États un accommodement qu'avait ménagé l'empereur Rodolphe IL Don Juan promit d'effectuer la confirmation royale du traité de Gaad. On convint de tenir une assemblée générale des Etats; les troupes étrangères devaient être éloignées dn pays, et les privilèges des différentes provinces confirmés. Le 17 février, le conseil d'État a Bruxelles, ainsi que les Étais des provinces méridionales, et le 7 avril le roi Philippe confirmèrent le soi-disant Edit perpétuel, qui toutefois fat rejeté par le prince d'Orange et les provinces de Hollande et de Zélande. Don Juan envoya alors les troupes espagnoles en Italie $ cependant il rétine les troupes allemandes et fit occuper par elles le château de Namur (2* juillet). Mais un pareil dessein sur Anvers échoua. Alors les citadelles que le duc d'Albe avait fait construire, tant en cette ville que dans plusieurs autres, furent rasées par le peuple. Don Juan fit revenir en toute hâte les Espagnols d'Italie, ce qui n'empêcha point que le prince d'Orange ne fût élu par les États de Brabant à Bruxelles régent, •oua le titre de conservateur de leur repos (22 octobre 1577> Dès le 8 septembre les États des Pays-Bas •▼littt atUicité le roi Philippe II de rappeler Don Juan, tott^a»** prisée avait à chaque occasion manifesté son
iversion pour les habitants de ces provinces. Toutefois m parti de la Noblesse catholique , mal disposé pour le Mince d'Orange, ne voulait pas laisser le pouvoir dans es mains d'an régent évangélique. Cette résolution était Hurtoat fondée sur les violations du traité de Gand que la populace luthérienne en Hollande s'était plusieurs fois permises , en déposant les magistrats catholiques , et en l'emparant par force des églises. Ce parti offrit en septembre 1577 à Y archiduc Mathias <T Autriche le gouvernement des Pays-Bas. Ce prince , qui était fier, ambitieux et fort entreprenant, accepta cette proposition et le rendit, au commencement d'octobre, de Vienne dans les susdites provinces, sans en avoir prévenu, à ce qui paraît, l'empereur Rodolphe II son frère, et la Cour de Madrid. Le 7 décembre 1577, Don Juan fut déclaré par les États perturbateur du repos et ennemi du pays, à cause de l'occupation astucieuse du château de Namur. Après que Mathias eut accordé quelques conditions restrictives , .par rapport à la religion et à l'administration du pays, il reçut, le 20 janvier 1578, le serment de fidélité des Étals » Bruxelles, en qualité de gouverneur -général j et le prince d'Orange fut confirmé, le même jour, dans le gouvernement des provinces septentrionales , et comme ieutenant de l'Archiduc.
Alexandre Farnèse , fils de Marguerite de Parme, n-devant gouvernante des Pays-Bas, arriva avec les roupes espagnoles d'Italie dans ces provinces. Don Juan commença la guerre contre les États et battit, le 31 janvier 1578, leur armée près de Gemblours. Louvain, Diest et plusieurs antres villes en Brabant et en Hainaut, ie rendirent aux troupes de ce prince. Mais le 8 février, a puissante cité d'Amsterdam se joignit aux provinces confédérées. L'aimée des États se trouva forte de 50,000 tommes par les secours que lui envoyèrent plusieurs
princes protestants d'Allemagne» Outre cela, les États avaient reçu de la reine Elisabeth d'Angleterre des sommes d'argent considérables, à la place des troupes qu'elle leur avait promises, et le duc d'Anjou avait 9 en juillet, concentré un corps de 9000 hommes sur la frontière au Hainaut, pour soutenir l'armée confédérée. lie 13 août à Mons, les États wallons (catholiques) conclurent une convention avec le duc , par laquelle ils le proclamèrent protecteur de la liberté flamande , et lui donnèrent mène l'espérance de le choisir pour leur Souverain. Lie 1 octobre, Don Juan fut enlevé par une mort subite, que presque tous les historiens assurent n'avoir pas été naturelle. Peu de temps auparavant, il avait remis le gouvernement à Alexandre Farnèse.
Ce prince employa toutes les ressources de la phu fine politique , de même que la sévérité et la force militaire , pour rétablir la domination espagnole dans les Pays-Bas. Les provinces étaient désunies entre elles. Les deux partis religieux se persécutaient avec une grande animosité. A la vérité le prince d'Orange ménagea , le 16 décembre à Gand, un accord entre les Catholiques et les Protestants; mais dès le 6 janvier 1579 , les provinces d'Artois , de Hainaut et Douai, conclurent entre elles une union pour le maintien de la Foi catholique et de la souveraineté espagnole. Le 17 mai ils signèrent dans l'abbaye de Saint* Vaste à Arras une transaction avec Farnèse, par laquelle ils se soumirent de nouveau entièrement au roi d'Espagne, moyennant l'assurance que Fédit perpétuel et la paix de Gand seraient maintenus, et que les troupes étrangères quitteraient le pays. Les cinq provinces septentrionales : la Gueldre et Zutpben, la Hollande, la Zélande, CJtrecht et la Frise , au contraire, conclurent, le 23 janvier 1579 à Utrecht, une confédération, par laquelle ces pays se soustraiaient entièrement a la
domination espagnole* Over-Yssel et Groningue accédèrent aussi plus tard à cette union. Le 29 juin, Farnèse prit Maestricht d'assaut. Tous le» Pays-Bas furent déchirés par les factions , et la guerre civile désolait déjà plusieurs de ces provinces.
Dans l'entrefaite, la Cour de Madrid avait accepté la médiation que loi avait offerte l'empereur Rodolphe. Les négociations commencèrent à Cologne , au mois de mat 1579. Les principaux plénipotentiaires furent: de la part de l'Empereur les électeurs de Trêves et de Cologne; de la part de l'Espagne le duc de Terranova, et de la part des provinces néerlandaises le duc cTArschot. Mais le congrès fut rompu en janvier 1580, parce que les envoyés espagnols n'étaient pas autorisés à accorder aux États la liberté de conscience. Ainsi donc, au printemps, la guerre intestine commença entre les Wallons du duc de Parme et les adhérents du prince d'Orange qui furent soutenus par des Anglais. Par un édit, daté de Maastricht le 15 mars, le roi d'Espagne proscrivit de nouveau le prince Guillaume. Comme les États confédérés reconnurent l'impossibilité de faire avec leurs propres forces seules la guerre à l'Espagne , les provinces de Brabant , de Flandre , de Hollande, de Zélande, de Malines, de Groningue et de Frise conclurent, le 19 septembre 1580 à P lésais- les -Tours, un traité avec la France , dans lequel ils transportaient à François - Charles de Valois, duc d'Anjou, frère du roi Henri III de France, la souveraineté des Pays-Bas héréditairement pour lui et ses descendants mâles, et le reconnaissaient pour leur prince. Le roi Henri promit des subsides notables. A Bordeaux le 23 janvier 1581, le traité fut juré par les plénipotentiaires respectifs. En vertu d'une convention secrète avec le duc d'Anjou , le prince Guillaume d'Orange fut proclamé régent souverain de la Hollande, de la Zélande et de la Frise. Le 26 juillet 1581
à la Haye, les provinces des Pays-Bas confédérées renoncèrent, par nne déclaration publique, à l'obéissance du roi d'Espagne. Dans ces conjonctures fâcheuses, rardnduc Matbias , se voyant sans autorité , quitta son poste de gouverneur - général qu'il ne pouvait plus conserver avec honneur, et retourna, au mois d'octobre 1581 , par Cologne en Autriche. 11 fut fort mal reçu par Rodolphe il son frère qui , de même que le roi d'Espagne , était trèsmécontent de la conduite que l'Archiduc avait tenue dans les Pays - Bas. L'Empereur ne lui permit point de se rendre à Prague , et lui assigna la ville de Lins pour résidence.
Vers le même temps, il s'était de nouveau élevé, dans plusieurs contrées de l'Allemagne, des troubles an sujet de la religion. En Autriche , où Maximilien II avait, » non permis, au moins toléré l'exercice du culte protestant, les seigneurs et chevaliers luthériens avaient depuis 1574 tenu , du consentement de ce Souverain , des assemblées religieuses dans la salle de l'hôtel des États a Vienne: tous les habitants de cette capitale qui professaient la même doctrine , se pressèrent dans la suite pour y être admis , et les prédicateurs franchirent bientôt dans letr aèle fanatique les bornes de la prudence et de la modération. La religion catholique et les cérémonies ecclésiastiques, le pape, les moines etc. furent pris pour objets de leurs attaques. Outre cela, ces ministres se glissèrent, contre le sens exprès de la concession faite par Maximilien, dans les maisons des bourgeois, et employèrent toi» les moyens possibles pour gagner des partisans à leur secte. Parmi 1* Noblesse le nombre des Luthériens s était déjà tellem#*t aoera, que dans les affaires du pays qui étaient du tMt 4m wata, les Protestants avaient acquis une prèles Catholiques. Pour obviera fut obligé de restrein-
Hé les limites de la tolérance que les religionaires avaient ÉÉmfestement outrepassées. v<
pu Jj archiduc Erneste, gouverneur de l'Autriche, défttdit, le 7 juin 1577, aux bourgeois de Vienne de prendre part au culte protestant. Au commencement de mai 1678, l'empereur Rodolphe somma les États évangélifues de l'Autriche d'interdire aux prédioants téméraires, «rationnés ci- dessus , l'exercice de leurs fonctions et de Abstenir de toute tentative ultérieure pour propager le Protestantisme parmi les basses classes de la nation. Gomme les États refusèrent de se conformer à cet ordre souverain, Rodolphe II eut recours à des moyens plus rigoureux. Par un décret du 21 juin , le culte protestant et l'école évangélique à Vienne furent supprimés, et les prédicateurs et professeurs bannis du pays. La même chose eut lieu, immédiatement après, dans plusieurs autres endroits, particulièrement dans les villes et bourgs de la basse Autriche appartenants au Souverain. Les habitants luthériens de ces places furent sommés de revenir au giron de l'Église catholique, et on leur fixa pour cet effet certains termes, après l'expiration desquels les récalcitrants devaient quitter les pays. Les temples furent également fermés dans les lieux appartenants à la Noblesse dont les possesseurs 5 en contravention à l'ordonnance impériale , accordaient aux bourgeois de Vienne l'accès aux prêches. Mais toutes ces mesures, au lieu de rendre les religionaires plus dociles , ne firent qu accroître leur obstination; ce qui engagea l'Empereur à user encore d'une plus grande sévérité. 11 fut ordonné, qu'avant d'être nommé à un emploi de magistrature dans les villes et les bourgs , qu'avant même d'obtenir le droit de bourgeoisie, chaque candidat serait tenu de subir un examen dans la doctrine chrétienne et de garantir par un serment sa fidélité à l'Eglise catholique romaine. Il fut enjoint à l'université
de Vienne de ne promouvoir personne au doctorat on de lui conférer une plaça de professeur, qui n'aurait pas fait auparavant la confession de Foi prescrite. Au mois de novembre 1580, la vente de tous les livres luthériens fut aussi défendue. Les inconvenances grossières que les membres évangéliques des États se permettaient dans la Diète envers les prélats et autres seigneurs catholiques, ayant presqu'entièrement éloigné ces derniers des assemblées délibérantes, par où la direction des affaires les plus importantes du pays , surtout celles qui concernaient les contributions , se trouvait entre les mains des Protestants, Rodolphe II exhorta les seigneurs et chevaliers catholiques à remplir leurs devoirs comme membres du collège des États , et promit de les protéger contre toute offense ultérieure.
Les Protestants, qui étaient fort aigris de ces restrictions, que leurs propres ministres avaient provoqués en portant, par leur prosélytisme, atteinte a la religion dominante du pays, mirent tout en usage pour se procurer la liberté de conscience. Ils avaient remis , dès Tannée 1578, à l'archiduc Erneste, gouverneur « général de l'Autriche , une représentation à ce sujet. Mais ce prince les éconduisit, en leur dépeignant vivement les abus qu'il» avaient faits des privilèges religieux qui leur avaient été concédés. Deux ambassades que les religionaires envoyèrent pour le même objet à l'Empereur, n'eurent point un plus heureux succès. Les États protestants de la haute Autriche s'engagèrent entre eux , le 5 septembre 1578, à continuer, nonobstant la défense de l'Empereur, l'exercice de leur religion dans leur hôtel à Linz. Mais ceux de l'Autriche intérieure arrachèrent, dans la Diète de 1578 à Brade, par des menaces à Y archiduc Charles la permission d'exercer leur culte tant dans leurs domaines, que dans les villes de Gratz, de Clagenfort et de Laibach.
En juillet 1579 , la populace protestante de Vienne se souleva pour obtenir l'autorisation et pratiquer librement leur religion. Mais on étouffa bientôt cette sédition. Dans Tannée 1581, l'Empereur ordonna par un édit aux Frères moraves ou Pîcardites de quitter la Bohème. L'archiduc Charles interdit, dans la Diète an printemps 1582, aux bourgeois de l'Autriche intérieure l'exercice du culte protestant V archiduc Ferdinand de Tyrol se vit obligé d'éloigner de son territoire les prédicants du Luthéranisme qui y avaient plusieurs fois troublé la tranquillité publique.
Cependant les dangers dont la Hongrie était toujours menacée de la part des Turcs, et Pétat de confusion ou se trouvaient les Pays - Bas , engagèrent l'Empereur à tenir, le 3 juillet 1582r une Diète à Augsbourg, ou ce prince rendit compte aux États des rapports avec la Porte Ottomane depuis la trêve conclue 1575 avec le sultan Amurat et la mort de l'empereur Maximilien III. Nous savons que ce monarque s'était proposé de disputer , les armes à la main, à Etienne Bathori la possession de la couronne de Pologne. Un corps de troupes impériales avait déjà passé les frontières de la Transylvanie et pénétré en Pologne; un autre marcha par la Marmaros vers ce royaume. Mais Rodolphe II rappela ces troupes d'abord après son avènement au trône. Les Turcs avaient en 1576-1577 entrepris plusieurs courses dans les pays autrichiens.
L'archiduc Charles, régent de l'Autriche intérieure, fut alors confirmé par l'empereur Rodolphe dans la place de Général en chef héréditaire des frontières de Croatie et d'Esclavonie. L'Archiduc fit fortifier en Styrie les villes de Gratz, de Furstenfeld et de Radkersbourg , en Croatie Canissa, Pétrinia, Varasdin et autres endroits, et posa le fondement de la place d'armes de Carlstadt. Les États de l'Autriche intérieure s'obligèrent à payer an-
nuellement certaines sommes pour l'entretien ides forteresses croates et dos troupes, destinées à défendre ces frontières. Pour la construction de Caristadt ils accordèrent une somme particulière de 200^000 florins. . En revanche , les arrangements à faire pour la défense des frontières de Croatie devaient dépendre de la direction d'un Conseil de guerre séant à Grate. Les demeures des Uscoques, qui étaient particulièrement chargés delà défeise de ces frontières , étaient sous la dépendance du Généralat. Le ban de Croatie demeura régent des districts do pays qui n'étaient pas soumis au Généralat, comme aussi juge supérieur et chef des habitants de ces cantons.
Dans la Diète de Presbourg, en février 1578, les Etats approuvèrent V organisation de la Limite militaire de Croatie , et acceptèrent aussi l'archiduc Charles pour commandant-général des frontières hongroises. Sur ces entrefaites , les Turcs avaient continué leurs incursions. L'archiduc Charles, usant de représailles, leur fit enlever en 1579 Ruzin, Zrin et plusieurs autres places. En septembre 1580, le bey de Posséga fut battu près de Copreinitz-sur-la-Drave. D'autres bandés ottomanes éprouvèrent une défaite sur la Teisse, près de Nadodvar.
Christophe Bathori, vayvode de Transylvanie, avait, en avril 1581 , fait choisir par les Etats son fils Sigismond , âgé de neuf ans , pour son successeur. Le roi Etienne de Pologne avait consenti, malgré lui, à cette mesure , contre laquelle Rodolphe protesta , mais qui fut approuvée par le sultan. Christophe étant mort peu de temps après (le 27 mai 1581), un comité de douze Transylvains fut chargé de l'administration du pays, pendant la minorité de Sigismond ; mais le roi de Pologne confia , le 6 mai 1583 , la régence à trois gouverneurs. Etienne Nyari, ambassadeur du roi de Hongrie, avait conclu à Constantinople une prolongation de la trêve,
i finissait, pour hait ans , h compter du 1 janvier 1581. moins, la guerre avec les pachas turcs des frontières tïnua sans interruption. Des châteaux furent réciproent assiégés, assaillis et dévastés, des villages pillés saccagés ; des combats sanglants eurent lieu et beaude Chrétiens furent trainés en esclavage par les Maétans. La seule circonstance qui distinguait cette lutte e guerre effective , c'était celle que le sultan ne mit %^uit exprès pour cela un corps d'armée en campagne, que les agressions se firent d'après le caprice de pachas Rt&culiers, sans déclaration de guerre et sans justi- .> Station, c'est-à-dire à la manière des brigands. ^ ^ Dans Tannée 1581 l'Autriche intérieure, la haute et b 11 basse Autriche s'unirent pour la défense commune t ^*ntre les attaques de Turcs, qui avaient de nouveau àqniété plusieurs de ces provinces par des courses dévastatrices. L'archiduc Charles appuya, dans la Diète dlAugsbourg en 1582, la demande que fit l'Empereur d'un secours contre les Turcs , par un mémoire, dans lequel il détaillait la misère et les désastres que les provinces de FAutriche intérieure , ainsi que les frontières croates et vénèdes, confiées à sa garde, éprouvaient par les invasions continuelles des Ottomans. Les Etats de l'Empire, surtout les princes et États protestants, en général, et toutes les villes se montrèrent peu disposés à consentir à la demande de l'Empereur. A la fin cependant on accorda un secours de quarante mois romains en argent , à répartir en cinq années. Les États promirent en outre dix mois romains, payables sur-le-champ, en cas que le sultan commençât une guerre formelle contre la Hongrie, ou contre d'autres pays chrétiens.
Un événement fort inattendu alarma, cette année, l'Empire. Gebhard de Truchsess comte de Waldbourg, archevêque et électeur de Cologne, embrassa en décembre
1582 publiquement la confession cTAagsboorg, et prodama l'exercice libre de la religion dans son diocèse. Mais les États du pays rejetèrent ces no varions , incompatibles avec la paix de religion; le pape excommunia Gebhard, qui dans rintervalle s'était marié avec la comtesse de Mansfeld , et il ordonna qu'on élût un nouvel archevêque. lie Chapitre métropolitain déclara à Gebhard la guerre et choisit , le 23 mai 1583 , le prince Erneste de Bavière , évêque de Liège et de Fribourg, pour archevêque de Cojogne. Expulsé de toutes ses possessions par des troupes bavaroises et espagnoles , l'ancien électeur trouva d'abord un refuge en Angleterre , et plus tard à Strasbourg, où il remplit les fonctions de doyen du Chapitre jusqu'à sa mort , arrivée le 21 mai 1601.
Ce fut aussi dans la Diète d'Augsbourg en 1582, que l'empereur Rodolphe proposa aux Etats d'adopter le nouveau calendrier '), que le pape Grégoire XIII avait introduit par une bulle, en date du 2A février 1581. Les États de l'Allemagne s'opposèrent à l'adoption de cette réforme nécessaire , parce qu'ils appréhendaient sans aucun fondement que les peuples , en recevant de la Cour de Rome des lois dans l'Astronomie , n'en reçussent aussi
') Ce calendrier fut appelé grégorien , parce que le pape Grégoire XIII acheva de le faire corriger. Notre calendrier nous vient de Romains, premier roi de Rome, qui partagea l'année en dix mois. Nama-Ponvpilius, son successeur, y ajouta deux mois. Cet ancien calendrier, sujet à beaucoup d'erreurs , fut corrigé par Jules - César , et prit le nom de julien, Charlemagne l'introduisit en Allemagne. Comme on le trouva encore fautif, on [parla de le corriger dans plusieurs conciles, mais sans effet. Enfin Grégoire XIII, ayant appelé à Rome plusieurs astronomes, le fit rectifier. Ce fut l'ouvrage de dix ans On l'envoya à toutes les nations de l'Europe. Les Catholiques s'empressèrent de l'accepter; mais il fut rejeté par les Protestants. Les deux calendriers causèrent beaucoup de confusion en Allemagne jusqu'en 1700, où les Protestants acceptèrent également le grégorien; depuis ce temps toutes les nations chrétiennes, les Russes et les Grecs exceptés, ne se servent plus d'autre calendrier.
des lois dans la religion. Toutefois l'Empereur, convaincu de la nécessité de régler le Style en Allemagne d'après le calendrier, déjà adopté par l'Italie et antres Etats voiras, enjoignit, par un décret du 4 septembre 1583, à tous leç pays autrichiens d'Allemagne l'introduction du calendrier grégorien, et elle fut en même temps recommandée avec instance aux états de l'Empire germanique. L'archiduc Charles de l'Autriche intérieure, et larchiduc Ferdinand, Souverain du Tyrol et des pays d'Autriche antérieurs, ordonnèrent aussitôt l'introduction du nouveau calendrier dans leurs provinces. La Diète de Bohème aussi décréta que le nouveau calendrier romain serait reçu dans les pays de Bohème , de Moravie et de Silésie , à commencer de Tannée suivante 1584. Alors les États catholiques de l'Empire ne firent plus difficulté d'adopter le nouveau Style. Mais les Protestants restèrent encore plus d'un siècle fidèles à l'ancien calendrier. Dans la Diète de Hongrie, qu'ouvrit Rodolphe en personne, le 1 mars 1583, ce monarque proposa d'introduire le calendrier grégorien dans le royaume. Mais les Etats s'en excusèrent également par la raison qu'ils craignaient de concéder par là une influence dominante à la Cour pontificale. Néanmoins , le Roi recommanda aux évêques le nouveau calendrier, et de cçtte manière celui-ci se répandit successivement en Hongrie aussi.
Le roi Etienne de Pologne étant mort, le 13 décembre 1586, une partie des États du royaume élevèrent, le 18 août de l'année suivante, sur le trône le prince Sigismond de Suède , fils de la princesse polonaise Catherine, soeur de Sigismond- Auguste, dernier roi du sang des Jagellons. Une autre faction , dont les chefs étaient le comte Stanislas Gorka , vay vode de Posen , et le chancelier du royaume , Zborowsky , proclama , le 22 août, Maximilien , frère de l'empereur Rodolphe. Les deux
concarrents se rendirent en Pologne, à la fcHe de anelenes troupes. Maxunilien , qui avait ea vais sonanê Cracarie de lai ouvrir les portes, ayant essayé, le 25 awreaaWe 1587, un échec près de cette ville, se mn en S3éaie. Sigisntond fat coaronné à Cracovie. le 27 dn aatissaîvaaC Cependaat Maxiaûliea, ayaat été renforcé en jaarii r 1588 par qaelqaes troapes volontaires aangrssae*. fins près Piwcaea en Silésie aa eaïaat à Tmimtx ÀrYmmami i, général de SigïsBMad, atd était fort sasêrienreà la sienne (24 janvier). L'Arcatdae rat vanscs. assiégé dans Ktscnen et fait priinanirr. le 28 da nèac astis. H lai eandak aa caateaa de Krasaostaw près I an an. et ne reeaa rra sa bnerte na'aa nm d'anal de fanarr inirnwe, après avilir fawflfnai renencé à la ceainane de Pologne ca Éavear de Sigis— ad Cet accanunadenaani ne fit par h BtédiaàaB des Csars de lUaae et dTnpnçn-
Nalgré la paix renchte encre la 11— y if es la Pane ÏÏTrianar In hiniilifn uaiiaaiiii isnjimn U8iettnre 15SS. le earps famée da parka de Bade, fait de 12AUD aananes. «ai avait tnui.pi» ane nnaaac ssr Soùksn». M aaun et en grande partie anéanti par ane «ma* de 3000 lUpat «ai etak asraame an secaan de lapant*. Bk nareanWe an enferra an Tares le cnHeaa de Gnaaan par aaynrita, Tlaîa fFanjHim inalaai i lim aat nianiiÉiynmTave*k>Tarc».iearntii ininn cecnàtcaa, «I ii—j—i «a and ISS» an «an le cens de In dernière aaî ie» deaot aanées aières ravagèrent les *f CaaaKM. «"£rû* et d~AnW-aWyalr jaaaaa
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Porte se ; réservait le droit de regarder la trêve comme rompue et de recommencer les hostilités, si le cens stipulé l'était pas ponctuellement payé , ou si l'Empereur s'immisçait dans les affaires de la Pologne, ou enfin si les Uscoques de Zengg ne cessaient leurs incursions sur le territoire. ottoman. L'archiduc Charles, régent de l'Autriche intérieure et commandant de la limite militaire de Croatie, étant mort le 10 juillet 1590, V archiduc Emette géra , comme tuteur de l'archiduc Ferdinand , fils aîné de l'archiduc Charles, l'administration politique et le commandement militaire dans ces pays. -
Dans l'année 1591 , les Turcs recommencèrent leurs ravages avec plus d'audace que jamais. Hassan, pacha de Bosnie, voulant se venger des invasions des Uscoques, Bt parcourir la! Croatie par ses troupes. Les commandants impériaux répondirent à ces agressions par d'égales hostilités. En avril 1592, Hassan conquit Chrastowitz au mois de juin Bihatsch, et fit ensuite construire le château dePétrinia. Le 19 juillet, il battit le ban Thomas Erdôdy, près de Breszt-sur-la-Colape; après quoi il attaqua Sissek, mais sans succès. Le grand danger qui menaçait alors les pays autrichiens, engagea l'Empereur à convoquer des Diètes dans toutes les provinces, pour inviter les États à appeler promptement sous les drapeaux les hommes en état de porter les armes, et à presser avec activité les enrôlements et autres préparatifs de guerre. L'archiduc Erneste et. le margrave Charles de Burgau furent nommés commandants des troupes rassemblées au camp près de Carlstadt et d'Agram. Sur ces entrefaites, Rodolphe avait sollicité le secours des princes d'Allemagne , du roi d'Espagne , du pape et des Etats dltalie. Les troupes hongroises , comme celles du margrave de Burgau, arrivèrent au mois de novembre près d'Agram, pour empêcher les Turcs de s'avancer davan-
tage en Croatie; mais la saison était déjà trop avancée et le temps trop mauvais , pour entreprendre encore une opération de quelque importance.
Hassan pacha avait investi , an mois de join 1593, Sissek pour la seconde fois ; mais le ban Krdôdy, le opitaine du pays vénède, Rupert Eggenberg, et le commanda* de Carlstadt, André d'Anersperg, qui avaient rassemblé dans Agram un corps de 5000 hommes tout an pkm, s'avancèrent résolument au secours de la place menacée. Le pacha se mit en marche de Sissek, à la tète de 20^000 hommes , et passa la Colape sur un pont qu'A avait bà dresser sur cette rivière, pour aller à la rencontre de ses ennemis. Mais ayant été attaqué par les Impériau dant qu'il effectuait son passage, il fut anéanti avec aon armée, dont à peine 2000 hommes échappèrent à la mort Parmi ceux qui perdirent la rie dans cette journée, se trouvaient Hassan lui-même, le neveu du sultan, Mehmed % saadschak de Herzégovine*, et quarante beys. Les HKOOO Turcs qui étaient restés près de Sissek, pour continuer le siège de cène forteresse, informés de la défaite de leurs frères* prirent précipitamment la fuite.
Le sultan Amoral* irrité de la victoire que les Impériaux venaient de remporter, dcdara en juillet fformdlesMMM la guerre à ITmprii m , H ordonna à Signmsni Maikori* \avrode de Tirons vivante* de la fouMnrmrr également de son cotew Mais ce prince setuk en secret aft* a\*e t empereur Redolphe IL n%ayaut pn faire autremem dus» la situation critique en 2 se trouvait. Pir wn*>qo*uft à ne chercha qua çignev du tespn, et inwiw» i siv|pottw ses piojeis w ses nmicmmn ucn YtMWU se Amant de Tcepoir que la guerre prendrait u leur ftwoiuJHo qui lut petmummt de su éedarer ouverte-
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avec vigueur; et la désunion qui régnait entre les Généraux impériaux lui en facilita Texécution. Les Turcs, après avoir pris Sissek d'assaut, le 24 août, passèrent la Save, et dévastèrent le pays jusqu'aux portes d'Agram par le feu et la flamme. Le 2 octobre, Sinan pacha arriva avec une armée de 40,000 hommes devant Vesprim. La garnison s'enfuit de la place $ mais ayant été atteinte par Femiemi, elle fut en partie faite prisonnière, en partie passée au fil de l'épée. Le 13 octobre , Sinan pacha fit commencer le bombardement de Pallota» Cette place se rendit, après une courte résistance, par capitulation. U avait été stipulé qu'il serait permis à la garnison de sertir librement ; mais à peine fut-elle à quelque distance de la place, qu'on l'enveloppa et massacra impitoyablement» Après cette expédition , le grand vizir mit ses troupes en quartiers d'hiver. Peu de temps après, le sultan, qui était engagé dans une querelle avec la Perse , rappela Sinan pacha de la Hongrie. Sigismond Bathori, qui avait retardé la marche de ses troupes jusqu'à ce que la campagne fut terminée , reçut une forte réprimande de la part du sultan, avec Tordre de se joindre immanquablement, Tannée prochaine, à Tarmée de grand vizir.
Cet acharnement des Turcs contre les Hongrois, tant de traités violés, ces brigandages autorisés par la Porte, auraient dû apprendre assez aux États delà Hongrie, que le dessein de s'emparer de tout ce royaume était héréditaire chez les empereurs ottomans. Cependant les magnats et les députés du pays, aveugles sur les dangers qui les entouraient , au lieu de prendre les mesures que les circonstances exigeaient si impérieusement, restaient dans une inaction qui étonnait l'Europe , et indignait les vrais amis de leur patrie. Pendant que les Turcs prenaient des villes et désolaient les campagnes, la Diète délibérait sur les subsides nécessaires à l'entretien de Tarmée et a la
défense du royaume. Ce ne Art qu'au mm dectobre qu'un corps de 18,000 hommes à pied et an sombre proportionné de cavaliers, composé de différentes tempes hongroises, allemandes et bohèmes, se rassembla près de Comorn-sur-Ie-Danube. Les générant Pmlfyj llardegg^ Zrini^ Nadatdjf et Redern conviaient de couvrir Dotis , menacé d'une attaque de la part des Tura, et d'assiéger Albe-Royale. Le 27 et 28 octobre, l'armée chrétienne passa le Danube. L'avant- garde conquit, k SI do même mois, nn des faubourgs iTAlbe-ReYale. Le pacha de Bude accourut an secours de la place et attaqua le 2 novembre, le camp do générai Hardegg; mais il fut repoussé avec perte de ItyOOO hommes. Malgré ce succès brillant, l'armée impériale leva le siège d*AIbe- Royale qui était vigoureusement défendue, et se retira à Cnmora H à Raab, les troupes avant faitlear temps et abandonné leurs drapeaux, sans qu'on eftt pu les
Un corps particslier de 111000 heunmes, dans la haute Hongrie sons les ordres de Christophe Ti*f*nUicà+ qui avah reçu de la giande aisée quelques renforts sens Patfr, enleva vers la in de novembre, Saahadka et Divin aux Turcs. Fîlek était assiégé depuis le 10 du même mois. Le pacba de Témeswar s'avança, à la tête de l&OOO limmri» pour délivrer la place. Tîefeuhaeh alla aver 7000 hemmes à la restent! c de I ennemi % surprit le pacha sans sus camp a qsatre lieues nv ffis^ r^* *^ omeupcn* ci ^m ce csrps s armée en fafek L» pacàa lui-même et phnikm a miffiers de Turcs furent ta*** et trame pièces de csnsn avec tost le bagage tKnbït*n> an pnufmè drs bufniim I/armée triomphale pt* VU* dTama* (2C a*v*ndc*> La «adcBe capitula. asMs thtonuuat ânreut ahisdtnsén par les Sa èissmtaiu Tufcuànrh prit également ses
À cette époque, la direction supérieure du départe-? art de la guerre subit de grands changements. Le prince Panne, Alexandre Farnèse, gouverneur - général des lys-Bas, étant mort le 3 décembre 1593 , l'archiduc *ne*te fut nommé par le roi Philippe II pour succéder défunt dans le gouvernement des susdites provinces.
1 défense des frontières et la direction des forces milires en Hongrie furent confiées à l'archiduc Mathia*. archiduc MaximiHen régit alors, comme tuteur du ince Ferdinand, l'Autriche intérieure, et dirigea la dé* ise des frontières en Croatie.
L'archiduc Mathias , s'étant mis i la tête de l'armée e son frère Rodolphe destinait contre les Turcs, ouvrit la mpagne de 1594 par le siège deNovigrade, qui se rendit
2 mars. Dans le même mois Berzentze , Chorgo et isieurs autres places en Croatie furent conquises. L'Ardue avait l'intention de faire le siège de Strigonie, et nnée s'était déjà mise en marche vers cette ville; mais temps rigoureux et les mauvais chemins nécessitèrent prince à la rappeler aComorn et à la mettre en quartiers
cantonnement. Raab fut désigné pour lieu de rassemblent de l'armée pour le mois d'avril suivant.
L'empereur Rodolphe avait, avec toute l'activité exigeaient les dangers qui menaçaient toute la chréité, envoyé des ambassadeurs dans toutes les contrées l'Europe, pour engager les Souverains de ces pays à secourir Contre l'ennemi commun. Dès le mois de rier, Stanislas Clopitz, hetman ou chef d'un corps de X)Co$aque$ $aporégien$ '), au service de l'Empereur,
*) Cette milice s'est rendue plus tard et encore de dos jours si remarquable, que je ne puis me dispenser d'en foire une briève description. Quelques étymologistes font dériver le nom des Cosaçves de Kosnk dans la Cubardie ; mais il est beaucoup plus Traisemblable qu'il Tient de Masmkf qui Tout dire en turc autant que brigand, et en tatare autant que cavalier léger ou chevau-léger, ou peut-être d'une province Kascbia,
avait été envoyé avec des lettres de Rodolphe an czar Féodorlvanowitsch à Moscou, comme aussi aux vayvodcs
Il se peut qu'ils soient d'origine tatarc Lear plas beDe statue d'à présent ils la doivent évidemment à l'union avec des femmes dn sasg circassien, de qui ils tiennent aussi une plus grande propreté (en comparaison des Russes proprements dits) et le meilleur soin du corps, b parlent la langue russe , mêlée de mots polonais et turcs. Leurs demeures , qui sont peu spacieuses, sont assises sur de» fleuves. Le» occupation en temps de paix consiste dans l'entretien du bétaû, la triture de la vigne et le jardinage. L'agriculture ne s'étend que sur les productions ordinaires de la campagne, et l'industrie sur les nécessUês à la vie les plus pressantes. Dans quelques endroits on mit aussi s commerce. En temps de guerre les Cosaques sont comsne cavales légère fort à leur place. La lance leur sert d'arme principale ; fls eaployent aussi le sabre et les pistolets, et même Tare en cas de besoin. Dans l'at laque régulière on ne peut employer que les Cosaques propnv ment organisés militairement et enrégimentés, surtout cou dn Dm Les antres sont redoutables, i cause de la vigueur agile de leurs petit! chevaux (qui peuvent faire 10 à 12 milles par jour et sont instruits i franchir des fossés, à traverser les rivières les ptus rapides, et i gravir d'un pas sûr au bord des précipices), et à cause de leur intatigabûité dans les charges plusieurs fois réitérées, surtout pour les fuyards et ceux qui marchent par détachements isolés, comme aussi pour k« attaques sur le bagage etc. Comme ils ont les sens fins, ils sont excellents pour le service des avant-postes et pour Eure la patrouille On peut diviser les Cosaques en trois grandes classes. A. Les Cas»*» JHti/or osâtM ou de la petite Russie ; ils prirent probablement origine pendant les guerres polonaises dans le XIV*»* siècle, où les habitants de ces contrées, inquiétés par des irruptions ennemies, cherchèrent sûreté sur les rives du Bug et du Niester; ils y construisirent des nuisons, se donnèrent une constitution militaire et firent des courses déprédatrice* sur les terres des peuples voisins. Le roi Sigismond 4e Pologne concéda à ces dangereux colons, qui furent alors appelés CV- Mftref 8mporê§iemM, une pièce de terre au-dessus des cataractes dn Nieper, et Tscherkask ou Tseherkassi devint leur capitale, d'où provient le nom de Commue* Ttrkerkmstient. Etienne Balhori leur donna 1576 des institutions particulières, et forma de ce peuple guerrier six régiments , chacun de mille hommes sous un hetman ou chef particulier. Sigismond III restreignit leurs droits, leur défendit les courses qu'ils avaient coutume de taire, et voulait les contraindre à embrasser la religion catholique. D s'ensuivît une longue guerre , dont le résultat fut que Jean -Casimir se vit obligé 1067 de céder les Cosaques en partie Tins et an partie aux Russes. B. Les ('<»««•*« dm Dom ,
aron de Valachie et Janus de Brzesc  Moscou se lavait en outre l'envoyé impérial Varcorius. Cet am~ ssadeur reçut non -seulement du czar l'assurance, qu'il lit disposé à seconder les vues de l'Empereur, mais il ofita encore de la présence d'une ambassade persanne à Cour de Russie pour poser la bftse d'une union poliue entre le Souverain de la Perse et l'Empereur , laelle union se réalisa effectivement pins tard. Le roi de dogne fut, à la vérité, empêché par la paix qui existait Ire lui et le sultan , de soutenir publiquement Ffimpeur, toutefois il s'engagea à ne mettre en aucune manière stade aux plans de ce monarque , et d'accomplir le mr de l'Empereur, pour autant qu'il n'était pas en condiction ouverte avec les stipulations du dit traité de paix. ;s princes et Etats d'Italie promirent leur soutien et de rgent. Le pape envoya et soudoya 500 fantassins et 0 cavaliers 9 et imposa une contribution de guerre de : pour cent sur les revenus ecclésiastiques. Le grandis de Toscane, les ducs de Mantoue, de Ferrare, de
•ont sortis plusieurs colonies de Cosaques, nommément ceux de Tecek, de Mocdock, du Bug» d'Oural, d'Orenbour& du Volga,, de Derbent et de la Sibérie etc. Ces derniers se subdivisent en Cosaques Tountouscs et Souriais ou Bratskis, et ea ceux de Tobokk , de- Tamsk et tflrkouisk. C. Les Cosaques Tsckernomorskis ou de la mer Noire, que les Polonais appellent Haidamnques. Ou compte en tout 800,000 (selon d'autres 600 à 700,000) Cosaques en état de porter les armes , dont 10^000 seulement firent service dans la guerre de sept ans , et bien 100,000 peut • être dans celle de 1812 — 1814, non compris ceux qui portaient 1» nom de Cosaques sans appartenir à cette troupe leste et courageuse. On sait que dans cette campagne à jamais mémorable, qui décida du sort de l'Europe y les- Russes levèrent aussi des paysans ordinaires, les armèrent, dans leur costume national, d'une lance et les placèrent sur des chevatuu Quoique ces hordes ramassées fussent naturellement mal disciplinées,, on ne les en confondit pas moins avec les Cosaques réguliers ; en sorte que le pillage et les excès que commettaient ces Cosaques - Paysans , comme aussi leur peu de bravoure, f latent attribués aux Cosaques réguliers.
Parme et d'CJrbifto , et les républiques de Venise , de Gènes et de Lacques donnèrent en partie des troupes, en partie des subsides* Une alliance plus étroite fut négociée avec Sigismond Bathori, vay vode de Transylvanie. Ce prince fit dès le printemps 1594 ses dispositions, pour s'affranchir de la dépendance de la Porte Ottomane. Mais une partie des États du pays étaient fort mécontents de ce projet, et se conjurèrent en été pour livrer le* prince aux Turcs , et proclamer Balthasar Bathori, soi cousin , Souverain du pays. Mais le complot ayant été découvert, Balthasar et les autres conjurés forent misa mort. Cet événement engagea le prince Sigismond à s'nir encore plus étroitement à l'Empereur; et son ministre Etienne Bocskai poussa avec grand zèle les négociations à Prague ; cependant ce ne fut qu'au mois de janvier de Tannée suivante, qu'on en vint à une conclusion.
La Diète bohème , tenue au mois d'octobre 1593 à Prague, avait assuré i l'Empereur un secours de troupes et d'argent pour trois ans ; et en effet au printemps 1594 un corps de 6000 cavaliers bohèmes et quelques troupes d'infanterie, sous les ordres du comte Sébastien de Scfalick, de Rodolphe de Tieffenbach et de plusieurs autres chefs, se mirent en marche pour la Hongrie.
Le 23 mai 1594, l'Empereur avait ouvert en personne la Diète d'Empire à Batisbonne , et demandé avec instance des secours contre les Turcs. Les princes protestants, dans l'assemblée tenue au mois de mars à Heilbronn, étaient convenus entre eux de n'accorder absolument aucun subside a l'Empereur, avant qu'ils n'eussent obtenu de lui le redressement de leurs griefs de religion. Malgré leur opposition , une grande majorité des États vota des sommes assez notables. Mais comme le versement des contingents ne devait se faire qu'en plusieurs années , et que le premier payement n'échéait qu'à Noël
9*, après la fia de la campagne qu'on allait ouvrir, ces ooors ne produisirent point l'avantage que l'Empereur m était promis.
L'archiduc Mathias, qui avait pris le commandement l'armée, forte de 50,000 hommes, marcha au mois de û sur Strigonie* Pendant qu'il faisait le siège de cette le, on tint, le moi suivant, dans le camp une Diète, qui corda plusieurs contributions de guerre et une levée inérale. Le baron de Tieffenbacb avait déjà , le 6 avril, mmencé avec 20,000 hommes le siège de Hatvan. Le cha de Bude et Hassan, beglerbey de la Grèce, accourent avec 15,000 hommes au secours de la place. Mais brave Tieffenbacb alla avec une partie de ses troupes la rencontre de l'ennemi , le battit et le chassa vers >sth. Les Turcs alors évacuèrent plusieurs châteaux de tte contrée. Le grand vizir Sinan s'étant mis en marche iBude, à la tête de 100^000 hommes, pour délivrer tagonie, Mathias leva, le 20 juin, le siège, et prit une tfftion derrière le Danube , entre Raab et Comorn. Le ■aid vizir conquit, le 23 juillet, Dotis et assiégea Raab. n corps de 25,000 Tatars de la Crimée était arrivé par Pdogne en Hongrie, et ravageait le pays à une grande eudee. Le grand vizir fit, au mois d'août, passer la abate à oette horde sauvage , et dévaster le territoire itrichen jusque dans le voisinage de Vienne. Ua autre rps db 8000 Turcs entreprit des courses vers Altenurg, mais il fut repoussé par le général Nadasdy. ieffènbtch avait, vers Le milieu du mois de juin, repoussé te nouvelle tentative que firent les Turcs pour dégager fttvan ; nais un assaut général qu'il entreprit, le 18 juin, r la place, échoua et coûta la vie à un grand nombre de s plus vaillants guerriers. Alors les troupes hongroises >andonnèruit par bandes le camp, et Tieffenbach n'avait lère plus (e 2000 soudoyers allemands sous ses dra-
peaux, lorsque le grand vfcrir se mit en mouvement pou marcher sur Hatvan. Par conséquent Tieffenbach s'était vu obligé de lever le siège de cette forteresse et de se retirer vers Cassovie. Le 7 septembre, le grand vizir força le passaga du Danube. L'armée royale quitta son camp retranché, et se replia sur Altenboorg. Raab tomba, le 29 septembre, ad pouvoir des Ottomans, et immédiatement après, Papa eut le même sort* Le vizir assiégea en octobre Comorn; mais l'archiduc Mathias, dont l'armée s'était de nouveau accrue au nombre de 40,000 hommes, ayant fait mine de s'avancer de son camp près de Bischdorf pour dégager Comorn , le vizir leva, le 28 octobre, le siège de cette ville et reprit avec la plus grande partie de son armée par Bude le chemin de Constantiaople L'archiduc Mathias ne put poursuivre les Turcs, pare qu'une partie de ses troupes, surtout la milice bon groise, retournèrent, bientôt après, arbitrairement dam leurs foyers et qu'on se vit obligé de licencier les soldtfs allemands, faute d'argent.
L'archiduc Maximilien, qui avait rassemblé tans l'Autriche intérieure et en Croatie une armée de 2QO00 hommes, conquit, le 10 août, Pétrinia, et ordonna lt dé-* molition de cette forteresse. Pendant ce siège , le oksel Lenkowitsch s'était rendu maître de Chrastowitz et de Gora. Les Turcs évacuèrent alors Sissek , aprèft avoir mis le feu à la ville. Mais encore à l'entrée de l'hver, les Turcs avaient repris Chrastowitz et Gora , et canmeacé à bâtir une nouvelle forteresse sur les ruines dePétrinuu Pendant que le vayvode de Transylvanie négociât encore sur le traité avec l'Autriche, ce prince, comm< aussi les vayvodes de Moldavie et de Valachie, avaieit déjà fait commencer les hostilités contre la Turquie. In corps de 6000 hommes, composé de troupes de ces paf s , et Stanislas Chlopitz avec ses Cosaques pénétrèrent par la
Bulgarie jusque dans le voisinage cPAdrianople , dévastèrent le pajs par le feu et le fer, inquiétèrent en novembre la marche du grand vizir qui retournait à Constantinople, et lui arrachèrent une partie du butin fait en Hongrie.
L'archiduc Mathias ouvrit , le 10 janvier 1595, la Diète à Presbourg. Bientôt après , on reçut la nouvelle que le sultan Amurat III était mort le 18 janvier, et que son fils Mahomet III lui avait succédé sur le trône. Sur ces entrefaites, Sigismond Bathori de Transylvanie s'était rendu auprès de l'Empereur i Prague, et y signa, le 28 janvier, l'alliance contre la Porte. La suzeraineté de la Hongrie sur la Transylvanie, le droit de succession des descendants de Sigismond sur cette principauté, la réversibilité, à défaut de ces derniers, à Rodolphe et à ses successeurs furent confirmés» Pour consolider cette alliance, l'Empereur promit au prince la main d'une des filles de l'archiduc Charles de Styrie, et en cas qu'une mauvaise issue entraînât la perte de la Transylvanie, un asile et un établissement convenable à son rang dans les États autrichiens. Les hospodars de Moldavie et de Valachie furent compris daos cette convention. Après qu'elle eut été confirmée par les États de la Hongrie , on envoya des ambassadeurs au roi de Pologne pour l'inviter à y accéder. Mais ce prince refusa d'y consentir. Le traité de Prague fut bientôt suivi du mariage de Sigismond avec Yarchiduchesse Marie - Christine. Etienne Botskai se rendit à Gratz, où il épousa, le 5 mars 1595, la princesse au nom de Bathori, en présence de l'archiduc Maximilien, frère de l'Empereur et de Ferdinand, frère de l'archiduchesse. Elle fut ensuite conduite à Albe -Julie (Weissenbourg) en Transylvanie, où elle arriva dans les premiers jours d'août , et fut reçue par le prince et le peuple avec des témoignages de joie extraordinaires.
L'armée principale en Hongrie était commandée par
f archiduc Mathias et le ctimte Charles de MmnsfeH, jusqu'alors général au service d'Espagne, que l'Empereur créa, au mois de mars à Prague, chevalier et éleva à la dignité de prince. Les corps d'armée dans la hante Hongrie étaient sou* les ordres de l'archiduc Mamimilien et de Christophe Tieffenbach. Le grand -duc Féodor de Moscou envoya, au mois d'août, IStyOOO ducats à l'Empereur à Prague, et se donna toutes les peines possibles , pour engager le roi de Perse à vue attaque contre les Turcs. Lorsque les troupes qu'on attendait de la Bohème et des pays autrichiens , de Pays- Bas , de l'Italie et de l'Empire germanique, furent arrivées, Tannée compta au delà de 65,000 hommes, parmi lesquels se trouvaient 14,000 cavaliers. Depuis le commencement de l'année, les Impériaux avaient fait plusieurs courses heureuses au delà du Danube , et s'étaient emparés , le 18 janvier , de la ville de Waitsen. Au mois de mars, m corps dUeiduques bulgares et de Rasciens avait surpris et pillé Sophie. Le général de Mansfeld ayant , aa mois de juin , concentré Tannée près de Comorn , traversa le Danube et arriva le 1 juillet devant Strigonie. Le 4 août, il mit en fuite l'armée du pacha de Bude et du beglerbey de la Grèce, qui marchait au secours de la place menacée. I/ennemi perdit 14,000 hommes et 37 pièces d'artillerie. Mansfeld étant mort le 18 août, 1 archiduc Mathias prit lui-même le commandement du corps de siège. Sur la in du mois d'août, un corps de troupes ottomanes, qui se rassembla près d'Alt-Ofea (ancienne Bade) pov tenter encore une fois la délivrance de Strigonie ; mais il fut surpris et dispersé par une division de 8000 hommes, commandée par Charles de Burgau, qu on avait envoyée pour soutenir les assiégeants. Le 2 septembre, Strigonie •o rendit par capitulation. Les Turcs évacaèreat la plupart éw flUtam* ***** dans la contrée jasqaa Bade, et se
concentrèrent près de cette ville ; mais ayant été de veau surpris par la cavalerie chrétienne, ils s\ dans la place même. Le général du pape, Aldobrandini, etPalfy conquirent, après six jours de siège, le château de Visségrade, le 30 septembre. Le château de Waitzen fit évacué par les Turcs , après qu'ils y eurent mis le feu. L'Archiduc, voulant poursuivre ses succès, avait formé le projet d'attaquer la ville de Papa $ mais le départ des troupes wallonnes et italiennes qui, ayant fait leur temps, avaient persisté à demander leur congé, et l'insubordination de celles qui restèrent sous les drapeaux , vinrent déranger tous ses plans.
L'archiduc Maximilien , ayant été renforcé , au mois d'octobre , par quelques troupes de la grande armée et par 7000 Transylvains , passa la Teisse , s'empara de plusieurs châteaux, et commença le siège de Szolnok. Mais la disette de vivres et les émeutes des soudoyers contraignirent également ce prince à abandonner cette entreprise et à se retirer à Cassovie, où ses troupes furent mises en quartiers d'hiver.
Sigismond Bathori soutenait, depuis le commencement de l'année, le vayvode Michel de Valachie contre la force ottomane , qui menaçait ce pays. Plusieurs pachas turcs forent battus par lés alliés; et de vastes cantons de la Bulgarie sur la rive droite du Danube jusqu'à la mer Noire dévastés. Enfin en automne le grand visir Sinan pacha pénétra avec une armée formidable au delà du Danube et occupa Bukarest et Tergowischt. Mais ses troupes éprouvèrent un échec dans les montagnes, où elles furent attaquées par les Valaques. Vers la fin d'octobre, Bathori luimême se rendit de la Transylvanie en Valachie, et Sinan repassa en toute hâte le Danube. Les alliés conquirent, le 7 novembre, Giurgévo. Les généraux de Bathori, Albert Kiraly ec Georges Borbely, avaient enlevé dans cette
campagne an grand nombre de places et de châteaux dans la hante Hongrie , et s'étaient enfin rendus maîtres aussi de la forteresse de Lippa.
En Croatie , les colonels Lenkowitsch , Eggendorf, Herberstein , Thomas Erdôdy et plusieurs autres firent la guerre avec vigueur et succès. Ils emportèrent Babolta, au mois d'août. Le mois suivant, Pétrinia, nouvellement fortifié par les Turcs , la forteresse de Chrastowitsa et plusieurs autres châteaux tombèrent au pouvoir des Impériaux. Dans le cours de novembre, la ville de Bihatscb fut surprise et brûlée. Malheureusement la discorde se mit alors entre les Généraux croates et allemands, et empêcha de profiter de tous ces avantages.
La nouvelle s'étant répandue vers le même temps, que le sultan Mahomet III conduirait lui-même, Tannée suivante (1596), ses phalanges en Hongrie, l'Empereur fit faire des préparatifs dans tous ses Etats, pour résister à ce redoutable ennemi. L'armée chrétienne devait être portée à 70,000 combattants, dont 24,000 à cheval. Le prince de Transylvanie se concerta, au mois de mars à Prague, avec l'Empereur sur les opérations de guerre, et en avril à Carlsbourg avec les Etats de son pays sur les armements nécessaires pour soutenir la lutte dangereuse où Ton allait se voir engagé. Les hospodars de Moldavie et de Valachie promirent de joindre leurs forces à celle de l'Empereur et du prince transylvain pour combattre les Ottomans.
Cependant, malgré tous ces apprêts formidables, les événements militaires se réduisirent dans les premiers mois de 1596 à des attaques réciproques sur différentes places, sans qu'on en vînt à une action sérieuse. Jusqu'au mois de mai, Rodolphe II n'avait pas même encore désigné un Général en chef dans la basse Hongrie j car sa défiance contre l'archiduc Mathias , excitée et entretenue
par les pronostics trompeurs du célèbre astronome Tycho de Brahé '), avait déjà atteint alors an haut degré. Le 1 juin, l'Empereur nomma à cette place son frère Tarda* duc Maximilien, grand -maître de l'ordre Tectonique. Encore avant l'arrivé de ce prince à Tannée, Adolphe de Schwarzenberg la conduisit au delà du Danube et occupa, le 24 juillet, la ville de Waizen que le Turcs avaient abandonnée. Le 15 août , T Archiduc commença le siège de la forteresse d'Hatvan, qui fut emportée d'assaut, le 3 du mois suivant. De là il retourna peu de jours après à Waissen, ayant reçut Tavis que Mahomet s'était mis en mouvement de Belgrade vers Bude, à la tète de 200^000 hommes. Mais lorsqu'on fut informé que le dessein da sultan était , non pas de tenter une attaque sur Vienne* comme on Pavait cru généralement, mais de faire la ooflf» quête d'Erlau, TArchiduc conduisit l'armée à Strigonie.
B) Ce «rant qui, au témoignage de La Lande, occupe lé premier rang dam l'histoire de l'Astronomie, était né 1546 à Landseron en Suède. W était issu d'une ancienne maison de Suède et de Danemark qui descendait de Nohammer, parent du roi Sucrier l'ainé, et donna à la Suède plusieurs grands hommes d'État et même des rois (Valdémar et Magnus-Ladislas). Tycho commença ses études académiques à Copenhague, où l'observation d'une éclipse de soleil (1560) fit une si profonde impression sur lui, que dès ce moment il se voua dans cette ville, et plus tard aussi à Leipzig, presque uniquement aux études astronomiques. 11 acquit bientôt une si grande réputation que le roi Frédéric D le prit sous sa protection particulière. Ce prince le fit voyager en Allemagne, en Italie et en Suisse , et pour l'attacher au service de son pays , il lui donna non - seulement de grands appointements , mais lui fit aussi présent de file dllyeen et lui assigna des sommes considérables pour la construction d'un observatoire, et en outre plusieurs bâtiments pour l'enseigne* ment de l'astronomie et les opérations de la chimie, avec une imprimerie particulière etc. Après la mort du roi Frédéric, Tycho de Brahé perdit le soutien du gouvernement; comme d'ailleurs on lui défendit même les occupations astronomiques, et qu'il avait de puissants ennemis à la Cour, auxquels il ne pouvait résister, il se vit contraint de quitter entièrement sa patrie. Mais il trouva un nouveau protecteur dans Rodolphe H qui l'appela à Prague, lui fit arranger un nouvel observatoire, et en outre un laboratoire de chimie.
Les Turcs ayant effectivement commencé, le 18 septembre, le siège de la ville d'Erlau, M aximilien, pour sauver cette place importante , se mit en marche de Strigonie, tandis que Baibori s'avançait de Lippa avec ses Transylvains. D'an autre côté , Palfy à la tête de 11,000 Hongrois de la levée en masse , et Tieffenbach avec sa division s'approchaient également pour coopérer i la délivrance d'Erlau. Mais le prince Maximilien, arrêté dans la marche par le mauvais temps et la disette de vivres, s'avançait avec une telle lenteur que la forteresse tomba, le 14 octobre , par une révolte de la garnison , entre les mains des Mahométans. Sigismond Bathori se réunit , le 18 octobre, près de Miskolz avec l'Archiduc. Tieffenbach et Palfy rejoignirent également ce prince , quelques jours après. L'armée combinée comptait 32,000 cavaliers et 28,000 fantassins, avec 120 canons. Le 26 octobre, l'avant- garde ottomane, forte de 32,000 hommes , fat défaite près de Kerestès, et poursuivie par la cavalerie jusque dans le camp. Le sultan s'enfuit à Szolnok. Mais la cavalerie des Chrétiens s'étant dispersée pour piller le bagage ennemi, la garde du sultan, qui était déjà coupée, se jeta sur les Chrétiens isolés, qui prirent la fuite. Cicala pacha profita du moment favorable, et poursuivit avec une partie de l'arrière-garde turque les fuyards. Le désordre et la terreur gagnèrent rapidement l'infanterie chrétienne. Tout se dissipa , et se retira en toute hâte en partie avec l'Archiduc surCassovie, et en partie avec Bathori sur Tokai. Dans F entrefaite Cicala pacha avait aussi continué sa retraite à Szolnok. De cette manière les camps respectifs avec tout le bagage et toute l'artillerie restèrent abandonnés, et furent pillés par les traineurs des deux armées et par les gens de la campagne du canton. Ce ne fut qu'au troisième jour que les Turcs retournèrent sur le champ de bataille. Sigismond Bathori
conduisit les Transylvains dans leur pays. Le sultan marcha avec la plus grande partie de l'armée par Belgrade vers Constantinople. Elle fut attaquée dans les montagnes de Bulgarie par les Transylvains et les Valaques, et perdit 7000 hommes. En Croatie, le pacha de Bosnie avait, le 14 septembre, commencé à assiéger" avec 20)000 hommes Pétrinia. Mais le colonel Lenkowitsch, secondé par Draskowitz et Thomas Erdôdy, étant venu avec 9000 hommes au secours de la place , battit les Turcs et les força ainsi à lever le siège. Une seconde tentative que ces derniers firent, quelque temps après, pour' s'emparer de la même forteresse , n'eut pas un meilleur succès.
En février 1597, Sigismond Bathori arriva à Prague,et conclut avec l'empereur Rodolphe un traité, par lequel il cédait la Transylvanie à ce monarque, qui lui donna en échange les principautés d'Oppeln et de Ratibor en Silésie, et une pension annuelle de 50,000 écus. Dans quelques articles secrets l'Empereur promit au prince transylvain que, si l'inclination que celui-ci avait déclaré avoir pour l'état ecclésiastique, n'était pas à vaincre, il consentirait à la dissolution de son mariage avec l'archiduchesse Marie - Christine , lui conférerait le plus riche évêché des États autrichiens, et lui procurerait le chapeau de cardinal.
On concerta aussi à Prague , tant avec le prince de Transylvanie , qu'avec les ambassadeurs du vayvode de Valachie, le plan d'opérations pour la campagne suivante* La Diète autrichienne à Vienne en janvier 1597, la Diète bohème » Prague, celle de Hongrie à Presbourg au mois de février, comme aussi les Diètes en Moravie et en Silésie , avaient accordé à l'Empereur les secours qu'il demandait, pour continuer la guerre contre les Turcs* Dans cet hiver le pape et le roi d'Espagne avaient aussi
envoyé des ambassadeurs en Pologne, pour engager le roi Sigismend i prendre part à la guerre contre les Mabométans ; mais tons ces efforts échouèrent , à cause des grandes sommes que les Polonais demandèrent pour leur assistance. Les Persans, qui avaient fait en Asie une invasion sur le territoire ottoman, envoyèrent des amhaimapdeurs à Prague, pour inviter l'Empereur à pousser vigoureusement la guerre contre les Ottomans. Comme en outre le czar de Moscou commençait, de son côté aussi , à inquiéter les Turcs , la Porte se vit obligée de diviser ses forces j ce qui était une circonstance dont les Chrétiens espéraient tirer avantage.
L'armée principale des Chrétiens se trouva réunie, an mois d'août , dans le camp entre Altenbourg et Wieselbourg. Déjà auparavant (le 23 mai), les généraux Bern8tein et Palfy avaient surpris et emporté Dotis d'assaut. Le général Tieffenbach étant mort à Cassovie, Henri Lassota le remplaça dans le commandement en cbef dans la haute Hongrie. Lorsque l'archiduc Maximilien, q» commandait Tannée principale, commença les opérations, il n'avait pas plus que 26,000 hommes. La ville de Papa, investie depuis le 13 août, fut prise d'assaut, le 20 do même mois. L'Archiduc assiégeait Raab depuis le 9 septembre. Au commencement du mois suivant, une année ottomane de 40,000 hommes arriva dans le voisinage de Dotis, pour dégager cette ville. Comme les forces de l'Archiduc se trouvaient alors réduites à 20,000 hommes, et que les renforts qu'il attendait de l'Autriche et de la Hongrie, au lieu de s'avancer, demeuraient immobiles sur la Leitha à Bruck, ce prince se vit obligé de se retirer dans File de Schutt, et vers le milieu d'Octobre à Comorn et à Strigonie. L'armée chrétienne ne fit rien pour sauver Dotis , qui fat évacué , le 12 octobre , par la garnison, réduite à l'extrémité. Mais ensuite l'Archiduc occupa
avec 15,000 hommes un camp retranché près de Waizen. Les^Turcs, au nombre de 40,000, s'avancèrent pour l'attaquer. Maximilien avait fait sortir la garnison du château de Waizen , et ordonné qu'on y mit le feu. Les Turcs campèrent, le 2 novembre, vis-à-vis de la position bien choisie et fortifiée du prince autrichien, et l'attaquèrent à différentes reprises. Toutefois on n'en vint point à une bataille générale, et les assauts partiels furent repoussés. Les Turcs alors conclurent une suspension d'armes , et s'en retournèrent à Bude. Palfy occupa de nouveau Waizen. L'archiduc Maximilien conduisit l'armée par Strigonie à Comorn.
La Diète de Hongrie > ouverte le 25 janvier 1598, par l'archiduc Maximilien, accorda des subsides et des contingents en troupes , et consentit à une levée en masse, si besoin en était. L'archiduc Mathias devait commander les forces principales, et avoir sous ses ordres Nicolas de Palfy et Adolphe de Schwarzenberg. L'archiduc Maximilien et Georges Basta furent désignés pour prendre possession de la Transylvanie, au nom de l'Empereur, Il fut enjoint aux Généraux de commencer les opérations de la campagne prochaine par la reprise de la forteresse de Raab, regardée à juste titre comme le boulevard de l'Autriche du côté de la basse Hongrie.
Le 29 mars 1598, Palfy et Schwarzenberg enlevèrent effectivement Raab par une attaque inopinée et à l'aide de pétards. Le 10 avril, la Transylvanie, comme aussi le Grand - Wa radin , Lippa et les autres places de la haute Hongrie, qui avaient appartenu à Sigismond Bathori, furent remises aux commissaires impériaux. Le prince partit pour la Silésie où il prit , le 19 juin , possession des principautés d'Oppeln et de Ratïbor. Les Turcs alors commencèrent à menacer la Transylvanie. Ils furent à la vérité battus, le 7 juillet, sous le murs de Lugos qu'ils
avaient attaqué; mais ils conquirent Czanad, Arad et Nagulak , et se préparèrent à faire le siège du Grand- W arad in. Cependant Sigismond Bathori se repentit bientôt du marché qu'il avait fait avec l'Empereur, en lui cédant la Transylvanie pour les principautés d'Oppeln et de Ratibor, dont les palais étaient dans un fort mauvais état, et les revenus d'un très-modique rapport. Il cherchait par conséquent un prétexte pour rompre ses engagements ; et la négligence avec laquelle Rodolphe II remplissait les siens, lui en fournit un fort plausible, vu qu'on ne payait point au prince de Transylvanie la pension promise par 1 Empereur. Sigismond quitta secrètement, déguisé en moine, la Silésie et arriva à Clausenbourg, sans avoir été découvert. 11 fit arrêter les commissaires impériaux, chargés de prendre possession du pays , et s'arrogea de nouveau le gouvernement. Le parti des mécontents , à la tête duquel se trouvait Etienne Bocskai , oncle du prince, le soutint , il est vrai , dans cette démarche ; mais Sigismond se vit trompé dans l'espérance qu'il avait conçue de se réconcilier avec la Porte ; et le pacha de Témeswar if en continua pas moins les hostilités contre la Transylvanie. Le prince alors se mit à négocier de nouveau avec l'archiduc Maximilien, qui était tombé malade à Cassovie, ainsi qu'avec l'Empereur à Prague.
Le vayvode Michel de Valachie, par le traité conclu le 9 juin à Tergowischt, avait formellement renoncé à la domination ottomane, s'était soumis, comme feudataire, * l'Empereur et au royaume de Hongrie , et avait promis de payer un cens annuel, et de fournir des troupes ci des subsides pour faire la guerre aux Turcs. Au mois de septembre, le vayvode franchit le Danube, entra en Bulgarie et mit eu fuite le corps d'armée , que le pacha de Silistria avait rassemblé dans le voisinage de Nicopolis.
Le vizir Omar pacha assiégeait depuis le 1 octobre
avec 48,000 Turcs la ville de Grand- Waradin. Melchior de Rœdern, qui commandait la place, défendit le château avec an tel courage, que l'ennemi renonça à son entreprise. L'archiduc Mathias , avec l'armée principale , s'était mis en mouvement fort tard en été. Pendant ce temps -là, Schwarzenberg et Palfy avaient enlevé aux Turcs Dotis, Pallota, Vesprim et plusieurs autres places fortes. Le 5 octobre, Schwarzenberg commença le siège de Bude; mais il fut obligé de le lever, le 3 novembre, à cause de la rigueur du temps*
Les plénipotentiaires transylvains , Démétrius Napragyi et Etienne Bocskai, étaient arrivés à Prague pour négocier sur les conditions du raccommodement, proposées par Sigismond Bathori. Ils avaient , en cas de nécessité, plein pouvoir pour consentir à une cession itérative de la Transylvanie , moyennant toutefois la concession de plus grands avantages pour le prince et son épouse. Mais toujours inconstant et faible, Sigismond Bathori céda, le 21 mars 1599 à Mediasch, la Transylvanie à son cousin, le cardinal André Bathori. Sigismond passa en Pologne, et l'archiduchesse Marie-Christine, son épouse, se rendit à Gratz. La nouvelle de la démarche inconcevable , faite par Sigismond, étonna d'autant plus Bodolphe II et les ambassadeurs de Bathori que ces derniers avaient conclu, le 6 avril à Prague , un nouveau traité par rapport à la cession de la Transylvanie. Les efforts du cardinal, pour apaiser la colère de l'Empereur et s'arranger avec ce monarque, furent inutiles, malgré l'entremise du pape Clément VIII qui s'employa pour mettre les deux princes d'accord. Georges Basta et le vayvode Michel de Valachie reçurent de l'Empereur Tordre d'attaquer la Transylvanie. Le cardinal fut vaincu, le 28 octobre, par le prince Michel entre Schellenberg et Hermanstadt et tué dans la fuite, peu de jours après. La plupart des places fortes de
la Transylvanie se rendirent au prince Michel. Dmm I>atrefaite , Georges Basta s'était mis en marche de Cassovie ; il s'avança par le Grand - Varadin eu Transylvanie, où son principal soin fut d'engager Mïcbel à évacuer ce pays dont la pins grande partie étah en son
Une épidémie dévastatrice qui régnait à Pragu obligé l'Empereur Rodolphe à transférer, cm 1599, sklence à Pilsen. Le monarque reçut dans cette vile ne ambassade da grand - prince de Moscou, Boris Godeuev. Une alliance fat conclue entre le czar et rRmpereur , à qui le premier prince fit offrir 40.000 hommes contre les Ottomans. Mais renvoi de ce secours u*eut point Dca, par la raison que le roi de Pologne refusa aux Rosses le passage par ses États. L'année suivante (1600) « parut aussi dans Prague une ambassade persane qui déclara, au nom du scbab « que ce prince se proposait d'attaquer les possessions ottomanes eu Asie. Après on séjour de deux mois dans la capitale de Bobème , les envoyés de Perse retournèrent dans leur pavs. après avoir reçu de TEmpereur Tassuranee « qu'il étah résolu à combattre les Turcs arec une vigueur redoublée.
PbiKppe I1% roi d'Espagne, cessa de vivre le 13 oeptemtHc 159& Quelques mois avant sa mort (6 mai), ce prince avait accordé i Farrbiduc Aitert ■), frère de
M C* |rà«*» <|tt fit <fer» i JtMbâi m» ks yen àm rai FUippe D soo *W*K tétai* ttHK a r«tat «ésMàpe. ■ droit, niiif il idrji été itunmmiw <ra 15TT et «fao JTntes en t>~5eartfnaL. et en 1595arrt*- **p» * IfcM* U rm *%&■»« Tiré «Mné. t'a 15*4. TÎre-wi *
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mpereur Rodolphe II, la main de sa fille Isabelleaire-Eugénie) et avec elle la souveraineté indépendante
avec l'Espagne , pour rendre par là le calme à ses États, dévastes par une guerre civile de 36 ans, priva les provinces unies d'un puissant allié. Dans la même année, le roi Philippe 11 céda formellement la souveraineté des Payg- Bas à sa fille l'infante Isabelle -Claire -Eugénie, qu'il avait fiancée à l'archiduc Albert Ce prince, s 'étant démis du cardinalat et de toutes ses autres dignités ecclésiastiques, se mit, au mois de septembre, en voyage pour ramener d'Espagne sa nouvelle épouse. Le 5 septembre 1599, les archiducs Albert et Isabelle arrivèrent à Bruxelles, et furent inaugurés comme Souverains des Pays-Bas. Ensuite l'Archiduc fit des préparatifs pour continuer la guerre contre les provinces unies ; mais il fut vaincu pour la seconde fois près Nieuport par le prince d'Orange, et presque fait prisonnier (1600). L'année d'après, il marcha devant Ostende qu'il assiégea pendant plus de trois ans. Au mois d'août 1604, cette ville , qui fut appelée la nouvelle Troie à cause de sa longue et héroïque défense, se rendit à l'habile général espagnol, Ambroise Spinola , qui avait amené d'Italie un renfort de 8000 hommes. Ce siège, un des plus remarquables que l'histoire connaisse , coûta aux Espagnols 50,000 hommes et quatre millions de florins ; la défense avait presque coûté encore davantage aux États Généraux ; mais ils en furent dédommagés par l'acquisition des villes de Grave et de Sluys, que leurs troupes avaient enlevées pendant le siège aux Espagnols, tandis que ces derniers n'avaient conquis qu'une ruine, qui resta longtemps inhabitée* Le 9 avrd 1609, il fut conclu une trêve de douze ans entre les provinces unies, d'une part, et l'Espagne et l'archiduc Albert d'Autriche, d'autre part. Après l'expiration de la trêve, le prince Albert arma pour renouveler la guerre; mais une maladie de langueur le conduisit au tombeau, le 13 juillet 1621, au grand regret des Belges, dont il avait gagné les coeurs par sa piété, sa douceur, sa modération, son affabilité et sa bienfaisance. Ce prince n'ayant point laissé d'enfants de son union avec Isabelle , Philippe IV , roi d'Espagne , devint Souverain par regrèa des Pays-Bas, et fut inauguré au mois de mars 1623; mais l'infante continua à les régir comme gouvernante - générale , avec toutes les prérogatives dont elle avait joui pendant qu'elle en était la Souveraine. Cette princesse , aussi distinguée par sa fermeté et son courage *) , que par sa piété et sa sagesse, défendit le Brabant contre les attaques du prince
*) Isabelle accompagna son époux à l'armée» dam les diverses campagnes de ce prince. Se trouvant au fameux siège d'Oatende, elle résolut» dit-on, de ne changer de linge qu'après la prise de celte place. On ne fixe point à quelle époque Isabelle fit cet étrange voeu ; mais Ostende ayant résisté Irois ans et quelques mois , le linge que portait cette princesse avait pris une teinte fauve à laquelle on donna le nom de Coultur IêabêlU*
des Pays-Bas pour lui et les descendante qm aaftraie* de cette union. Comme l'Archiduc était alors absent i Bruxelles, la cérémonie du mariage se fit par procnratta à Madrid (8 mai 1598)5 et ce ne fat que le 15 avril de Tannée suivante, que l'archiduc Albert célébra dans la capitale d'Espagne personnellement ses noces avec Infante Isabelle. Le même jour, Philippe WL, ils et successeur de Philippe II et frère de cette princesse, épousa l'archiduchesse Marguerite d'Autriche, fille de Farchkhc Charles de Styrie. Une soeur de cette princesse, Fardûduchesse Anne , qui était mariée depuis 1595 a* roi &'gismond III de Pologne, était morte Tan 1598. Ce prince, après avoir pendant longtemps, mais en Tain, lutté pour la couronne de Suède, épousa, le 11 décembre 1605, sa belle -soeur Constance, troisième fille de l'archiduc Charles de Styrie. Le 23 avril 1600, l'archiduc Ferdinand célébra à Gratz son mariage avec la princesse Marié- Anne de Bavière. De cette union naquit, le 13 juillet 1608, an fils, Ferdinand. Peu de mois avant (le 29 avril 1608) , la mère de l'archiduc, Marie, avait terminé sa carrière. Le 18 octobre de la même année, la plus jeune des soeurs de Ferdinand, l'archiduchesse Marïe-Made- Imine , fut mariée au prince Came de Médicis , fils du grand - duc de Florence.
Le duc Frédéric de Wurtemberg obtint, par la transaction conclue à Prague le 2* janvier 1599 , de TEmpereur, que la suzeraineté sur tous les pays wnrtembergeois, qui appartenait a l'Autriche depuis le traité de Kaaden de l'année 153&, fût dissoute moyennant une somme de rachat de 400,000 florins. Toutefois l'expectative sur le
<Kfc*rç»> déjoea par sa prudence et son énergie mie coaqùatioa tanée penr ériger tes Bays-Bas catnoaqoes en république mdépea- ***** (1&2X donna asile à Marie de Médias, lorsque cette reine te ** «htl* * fuittsr la France, et mm* peu de tempe aptes (1 dé-
duché de Wurtemberg et de Teck, en cas de l'entière extinction de la race masculine actuelle des ducs de Wurtemberg, resta expressément réservée à la Maison d'Autriche. Ce traité fut confirmé, par des actes particuliers, tant par les États du pays de Wurtemberg, que par les archiducs d'Autriche et tous les princes électeurs de l'Empire.
Le général en chef en Transylvanie, Georges Basta, n'avait pu venir à bout d'en éloigner le vay vode Michel qui, pour prix de ses services, prétendait régner sur les États qu'il avait conquis. Après s'être fait inaugurer par les habitants du paya, il demanda à l'Empereur l'investiture de la Transylvanie, la concession de tous les biens de la famille de Bathori, des subsides annuels, le rappel de Basta etc. Sur ces entrefaites , Sigismond Bathori qui , comme presque tous les princes qui ont abdiqué, regrettait le trône dont il venait de descendre, soutenu par des troupes polonaises et par le prince de Moldavie, Jérémie Mogila, s'était mis en mouvement pour reconquérir ta Transylvanie. Par conséquent Michel marcha, à la tète de 50,000 hommes, vers la Moldavie, défit en plusieurs combats l'armée du vayvode Jérémie, composée de 30,000 Moldaves, Polonais, Turcs etTatars, et s'empara ensuite de tout son pays. Cependant Michel , ayant essuyé au mois d'août plusieurs échecs, se retira vers la Transylvanie. Ce prince fut alors sérieusement sommé par Georges Basta d'évacuer cette principauté. Comme il ne voulut pas acquiescer à cette demande, le Général autrichien marcha contre lui , l'attaqua , le 18- septembre, dans sa position près de Miriszlo , et le battit complètement. Le vayvode s'enfuit par Cronstadt à Tergovischt. Les Polonais s'avancèrent bientôt après de la Moldavie, et occupèrent la plus grande partie de la Valachie. Le prince Michel alors pria l'Empereur de lui accorder un sauf-conduit , et se rendit en décembre 1600 par Vienne à Prague.
Au printenps de l'année 1600. oè Fj tenait une Diète à Presbourg, pour délibérer nr la levée de troupes et les contribution nécessaires poar la pagne prochaine, des ambassadeurs ottomans panât Hongrie et firent, le 17 mars à Saint-Georges, a rente des ouvertures de paix à l'Archiduc Mai*, on avait des preuves convaincantes que la Porte ae cherchait par cette négociation qu'à endormir l'Empereur, les envoyés furent reçus avec beaucoup de froideur , ci voyés peu de jours après.
L'année principale de l'Empereur étah par Philippe-Emmanuel de Vaodemont, duc de Mercoev, Français de nation. Elle ne se rassembla qu aa mois de septembre, et fut peu nombreuse. Faute de payement, b garnison de Papa, composée de 1200 François et Wallons, excita une révolte, et conclut avec le pacha de Bosnie une convention pour lui remettre la forteresse. Mais elle fut assiégée par Adolphe de Schwarzenberg et, après que ce Général eut été tué par une balle , réduite par François Xadasdy. Les Turcs prirent , le 4 septembre, Babohsa. Le 8 du même mois, le grand vizir Ibrahim commença le siège de Canissa. Le duc de Mercoeur, qui s'était avancé pour délivrer la place, s'efforça de justifier le choix que l'Empereur avait fait de lui j il attaqua, deu jours de suite (le 11 et le 12 octobre), les assiégeants qui lui étaient fort supérieurs en nombre : mais n'entrevoyant aucune possibilité de dégager la place, il se retira à Raab. La forteresse assiégée tomba le 20 octobre 1600.
Ka Transylvanie, le 4 février 1601, dans la Diète
do Clauseabourg, Sigisnwad Bathori fut pour la troisième
fois proclamé vayvode. et Etienne Czaki commis gou-
WMtr jusqu'à l'arrivée du prince. Bathori arriva à U
UN du la Moldavie en Transylvanie, reprit, le
I dba gouvernement, et chercha ensuite à
&y faire confirmer par le sultan. Georges Basta s'était retiré à Kœvar et à Husst. Par ordre de l'Empereur , 3 se raccommoda avec le vayvode Michel de Valachie, contre leqoel il nourrissait un ressentiment vindicatif qu'il avait longtemps caché au fond de son coeur. Ce prince avait fait , au mois de mars à Prague , sa sommission à l'Empereur, et offert son assistance pour reconquérir la Transylvanie. Il se joignit alors à Basta pour attaquer BathorL Moïse Szekely , général de ce dernier , fut vaincu , le 3 août , près de Goroszlo , sur la Szamos , et le prince Sigismond s'enfuit par Cronstadt en Moldavie. Basta en usa avec la principauté comme avec un pays conquis , et imposa aux villes de fortes contributions. Le prince Michel , de son côté , laissa de nouveau apercevoir l'intention de s'approprier la Transylvanie; mais n'osant espérer d'en obtenir le consentement de l'Empereur, il entra en correspondance avec le pacha d'Erlau , avec le kan des Tatars et les Polonais. Mais le général Basta, ayant découvert les intrigues de Michel, le fit arrêter, le 19 août, dans sa tente près de Torda par quelques soldats impériaux qui, furieux de la résistance opiniâtre qu'il leur opposait , le tuèrent sur la place. Un certain Georges Radul fut nommé vayvode de Valachie. Bathori, soutenu par un corps considérable de Turcs et de Tatars, entra bientôt après de nouveau en Transylvanie.
L'archiduc Mathias et le duc de Mercoeur, qui commandaient la grande armée, composée de Hongrois, d'Allemands et de Wallons, prirent, le 20 septembre 1601, Albe-Royale d'assaut et battirent, le 15 octobre, l'armée turque du pacha de Bude , qui voulait attaquer cette forteresse. L'archiduc Ferdinand et le duc Vincent deMantoue commandaient l'armée en Croatie. Celle-ci, forte de 27,000 hommes, et formée d'Autrichiens, de Croates, Italiens et Espagnols , commença , le 10 septembre , le
siège de Canissa. Le général Herman-Christopbe Rosswurm, qu'on avait détaché avec on corps considérable de la grande armée , vint , le 14 novembre , renforcer les assiégeants. Mais c'était peu de combattre les hommes, il fallait vaincre aussi la nature : l'hiver faisait déjà sentir ses rigueurs; un vent du nord soufflait avec impétuosité; les soldats expiraient de froid k leurs postes ; les chevaux manquaient de fourrage $ épuisés de fatique , engourdis de froid, ils tombaient sous les cavaliers. Tant d'obstacles forcèrent, le 18 novembre, l'Archiduc à lever le siège. Le duc de Mercoeur mourut peu de temps après ; l'empereur Rodolphe regretta la perte de ce brave Général, qu joignait à un génie supérieur beaucoup de modestie, d'affabilité , de douceur et de franchise. Au mois de février 1602 , Bathori fit de nouvelles propositions de paix à Basta qui , de son camp près de Dees , dominait par la terreur sur la Transylvanie. Sigismond céda , en juillet, de nouveau cette principauté à l'Empereur , se contenta de quelques biens en Bohème avec une pension de 50,000 écus et se mit, immédiatement après , en voyage pour la Bohème. L'obstiné Moïse Szekely éprouva une défaite sur la Afaros, près d'Albe - Julie , et se réfugia avec quelques chefs du parti mécontent auprès des Turcs i Témeswar.
t)ans la haute Hongrie, à Cassovie, Jacques Barbiano, comte de Belgiojoso, était à la tête des troupes impériales. Le feldmaréchal Rosswurm commandait, sous l'archiduc Mathias, l'armée principale. Celle-ci était encore campée près d'Altenbourg, lorsque le grand vizir et Hassan, pacha de Bude, assiégèrent Albe-Royale, et se rendirent maîtres de cette ville par la trahision et la révolte de la garnison. Rosswurm commença , le 29 septembre , le 4bgp de Bude et s'empara de Pesth, le 5 du mois suiis k froid pénétrant qui était survenu, obligea le
feldmaréchal à lever, le 18 novembre, le siège de lu première de ces villes. Pendant ce temps -là, ses corps détachés avaient conquis plusieurs châteaux. Les Tares, à qui les rigueurs de la saison avaient frayé un chemin sur les fleuves glacés , firent , de leur côté, de fréquentes courses dans les contrées voisines. Dans le cours de cette année, les Turcs bosniaques avaient étendu leurs déprédations jusqu'à Radkersbourg en Styrie.
Le besoin et la misère s'étaient tellement accrus en Transylvanie, que le général Basta, pour soulager ce pays, se détermina, au commencement de 1603, à faire passer la plus grande partie de ses troupes dans la haute Hongrie. Moïse Szekely, profitant de cette diminution des forces impériales, partit, au mois d'avril, de Témeswar, à la tête d'une armée turco-tatare, entra en Transylvanie, et s'empara rapidement de presque tout le pays. H fut proclamé prince par les Transylvains, et confirmé en cette qualité par le sultan. Oonstadt seul se défendit résolument, et pendant le siège de cette place Moïse fut surpris, vaincu et tué, dans la nuit du 17 au 18 juillet, par le prince Radul de.Valachie. Le pacha de Témeswar et Albert Nagy cherchèrent à rallier les troupes dispersées ; mais ils furent mis en déroute et défaits près de la porte de fer par Henri Duval, comte de Dam pi erre , général de l'Empereur. Basta occupa de nouveau avec toutes ses troupes la principauté de Transylvanie.
La guerre en Hongrie et en Croatie ne conduisit, cette année, à aucun événement important. On se livra plusieurs petits combats, et conquit de* part et d'autre quelques châteaux. Le général Rosswurm alla camper, au commencement de septembre , devant Bude et remporta, le 29 du même mois, plusieurs avantages sur l'armée que Hassan-Kara-Jatzig avait amenée de laNatolie. Il termina la campagne , dans les derniers jours de no-
vembre , par la prise de Hatvan. Les négoeïat'teits, entamées avec le pacha de Bude, ne conduisirent à aven résultat. Les Turcs de Bosnie et de Croatie firent de nouvelles incursions en Styrie, et traînèrent plusieurs centaines d'habitants en esclavage.
En janvier 160ï, la mort du sultan Mahomet I1L «pu eut pour successeur son fils Achmet l, encore en âge de minorité, donna occasion de renouer les négociations avec le pacha de Bude; mais les prétentions outrées qu'on formait de part et d'autre, les firent de nouveau échouer. Ea été de la même année, le commandement en chef de la grande armée, sous l'archiduc Malhias, fut conféré à Georges Basta ; celui à Cassovie demeura an comte Belgiojoso et celui en Transylvanie fut confié au comte Thomas Caprioli. Hassan , pacha de Bade, occupa en septembre les villes de Pesth et de Hatvan , abandonnées par les Impériaux.
Etienne Boctkai, onde de Bathori du côté matent!, entretenait avec Gabriel Bethlen une correspondance tendante à arracher, par le secours des Turcs, la Transylvanie à la Hongrie. Ayant à se plaindre de différentes vexations qu'il avait essuyées de la part des commandants impériaux dans la haute Hongrie, il s'était rendu auprès de l'Empereur à Prague pour en obtenir justice. Cependant il était déjà auparavant entré en intelligence avec les pachas de Gyula et de Témeswar, qui avaient voulu ■■tnaujar Ltppa; mais ils furent battus par Dampierre. Parmi le butin oa tronva de» papiers qui instruisirent le général commandant Belgit^so des intrigues perfides de lWskaï. Pour prévenir les suites de cette conopi BeUriajoso a* sur -le -champ attaquer les eai-
t de Bocsfcai « qui se mil alors ouvertement à la tête
, ci excita les Ueiduques réglés, qui ser-
i U révolte. Ce corps était
de la cavalerie qu'avait mise sur pied les sept heiduques, situées dans le comitat de Szabolcs, et a pour la plus grande partie étaient protestantes. Le •% octobre , après qu'on eut quitté le camp près d'Ado-
B . *t*a, dans le comitat de Bihar, 6000 de ces Heiduques, ••M les ordres de Dampierre , se soulevèrent , surprirent •< repoussèrent , près de Dioszeg, les troupes allemandes, qui étaient en marche du Grand - Waradin , et %e réunirent ensuite avec Bocskai à Debretzin. Bel-
1 fiiojoso se retira du Grand-Waradin à Tokai. La partie protestante des Nobles de la haute Hongrie, puis les 'villes de Cassovie, d'Eperiès, de Barfeld, de Leut* aehau , de Ktesmarkt et autres endroits 9 se déclarèrent pour Etienne Bocskai. Belgiojoso fut assiégé, mais en Tain, dans le château de Zips jusqu'au mois de décembre de la même année (1604).
L'Empereur ordonna à Sigéfroi Kollonits , capitaine supérieur du pays en deçà du Danube , et à Georges Basta de comprimer la sédition avec un corps de 20,000 hommes qu'on avait, après le départ des Turcs, rassemblé près de Strigonie, Dans l'intervalle, Bocskai fit conclure, le 19 novembre 1604, à Pesth, une alliance avec le grand vizir Mehmet. Son général Biaise Nemethy avait, peu de jours auparavant, été battu près d'Osgyan par Basta, qui le fit prisonnier et le livra au supplice. Basta s'avança par Edélény, surprit un camp des révoltés et des Turcs, les vainquit , enleva Szendrœ près cTEperiès et plusieurs autres villes du pays de Zips, dégagea Tokai et força aussi par ses habiles manoeuvres les rebelles à lever le siège de château de Zips. Mais l'attaque qu'il entreprit sur Cassovie échoua par la disette de vivres, et par les émeutes qui avaient fort affaibli son armée. Basta se mit, le 8 décembre, en marche pour retourner a Eperiès. Après que ce Général eut, en hiver 1604-1605 , renforcé
les garnisons de Tokai et d'autres places de cette contrée, il continua sa retraite par les comitats de Zips, de Liptau, de Thurocz et de Neutra , vers Presbourg. Alors les Nobles, demeurés fidèles à l'Empereur tant dans la hante Hongrie qu'en Transylvanie , furent en peu de temps vaincus par Bocskai, à l'aide des Ottomans ; la plupart des places encore occupées par les Impériaux tombèrent en son pouvoir ; les autres furent assiégées par les rebelles. Le 18 avril 1605, Bocskai, qui était un orateur aussi éloquent que brave guerrier, tint à Szorencs une assemblée des États, qui le proclama prince de Transylvanie et des districts hongrois qui naguère étaient encore réunis à cette principauté. Sur ces entrefaites, les généraux de Bocskai, qui suivaient Basta dans sa marche, avaient conquis presque tout le pays sur la rive gauche du Danube. Szathmar, Hust, Neutra, Tyrnau et File de Schatt avaient déjà été enlevés par les Transylvains. Seulement Tokai se défendit jusqu'en avril de Tannée suivante, et le Grand- Waradin résista avec un courage intrépide à toutes les attaques de l'ennemi.
Le 18 mai 1605, Michel Szobor, général transylvain, qui était posté avec ses troupes près de Skalitz sur la M orave, fit émaner des proclamations, par lesquelles il cherchait à exciter les Moraves et les Silésiens à la révolte. Des bandes dUeiduques se mirent à ravager les cercles de Hradisch et de Brunn ; après quoi ils se fixèrent près de Gœding où ils retranchèrent leur camp. Mais la levée en masse de Moravie , soutenue par des Bohèmes, les forcèrent bientôt par quelques combats heureux à évacuer le pays. D'autres chefs de rebelles passèrent le Danube, et parcoururent les comitats occidentaux. Leurs hordes dévastèrent en même temps , conjointement avec des bandes turques et tatares , au mois de juin , la basse Styrie et les cantons d'Autriche voisins, jusque vers
Vienne, tandis que d'autres troupes d'Heiduques faisaient des courses dans le Marchfeld jusque devant cette capitale. Bocskai, à qui l'archiduc Mathias avait envoyé deux fois (en mai et en juin) des plénipotentiaires à Cassovie avec des propositions d'accommodement, fit enfin remettre au prince qaelques articles préliminaires , comme base des futures négociations ultérieures.
Cependant le grand vizir Mehmet avait , vers la fin d'août 1605, investi Strigonie, que la mutinerie des troupes de la garnison et le désordre qui régnait dans la ville, firent tomber entre les mains des Ottomans. Neuhaeusel, assiégé par les troupes de Bocskai et un corps turc , se rendit le 17 octobre. Le 10 septembre à Clausenbourg, Bocskai avait reçu le serment de fidélité des Grands, et le 14 du même mois à Megyès celui de la Diète. Le 28 octobre, à Saros-Patrak, Bocskai reçut une lettre du sultan, par laquelle la dignité de prince lui fut confirmée. Le 11 du mois suivant, dans la plaine de Bakos près de Bude, Etienne Bocskai fut installé par le grand vizir, moyennant la remise d'un drapeau , comme prince de Transylvanie et même désigné , par le présent qu'on lui fit d'une couronne, pour futur roi de Hongrie, laquelle dignité toutefois Bocskai eut l'esprit de refuser. 11 fut obligé de promettre fidélité au sultan. Le grand vizir lui annonça qu'il serait affranchi pendant les premières dix années de tout cens, et que dans la suite il ne payerait annuellement que 10,000 ducats.
A Karpfen , le 19 novembre , Bocskai reçut la réponse de l'Empereur sur les articles préliminaires qu'il avait proposés. La plupart n'avaient été acceptés qu'avec de grandes modifications, et plusieurs avaient été entièrement refusés. En même temps Etienne apprit , que des plénipotentiaires impériaux négociaient avec Ali, pacha de Bade , pour conclure une paix séparée , à l'exclusion de
Bocskai et de ses partisans, et qu'As traitaient <Fm ance de famille avec le roi Sigismond de Pologne, fclp1* conséquence, il réitéra ses propositions d'accommodoNÉ f* i et les appuya par une longue représentation, qui fotptriis à Vienne par deux ambassadeurs du prince. Deux uW de ses partisans furent envoyés à Constantinopte, p* engager le divan à faire la paix avec l'Empereur, H flattant de l'espoir quelle se ferait sous sa médiation.
L'archiduc M atbias conclut , à Vienne le 15 jumei 1606, au nom de Rodolphe II son frère, une trêve am Bocskai, laquelle devait durer jusqu'au 24 juin. Le 9 février, une série d'articles fut acceptée par un traité préliminaire. Un de ces articles portait que l'archidaft Mathias, en raison de l'absence du Roi, serait noué Gouverneur (Gubernator) du royaume de Hongrie. En conséquence de cet arrangement , l'Empereur déféra, le 21 mars à Prague , à l'archiduc Mathias cette dignité avec pleine autorité et puissance. Après que plusieurs de susdits articles préliminaires eurent encore été l'objet de longues et difficiles discussions , les plénipotentiaires respectifs signèrent enfin, le 23 juin 1606 à Vienne, le traité de pacification définitif. Les points principaux furent: que l'exercice de la religion serait libre; que la paix sertit en même temps conclue avec les Hongrois et avec les Turcs aussi ; que Bocskai se chargerait de ménager au moine une trêve de longue durée entre l'Empereur et la Porte et que, si cette dernière Puissance ne voulait pas accepter une paix équitable, la Hongrie et la Transylvanie s'uniraient pour faire la guerre aux Ottomans ; que l'archiduc Mathias gouvernerait la Hongrie , à la place du Roi absent; que la couronne serait rapportée dans le royaume et conservée à Presbourg. À l'égard de la personne et des prétentions de Bocskai, il fut réglé qu'il posséderait héréditairement la grande - principauté de
Fransylvanie, le district oriental de la Hongrie jusqu'à la ire gauche de la Teisse , y compris la ville de Tokai, pois les comitats d'Ugocsa , de Beregh et de Szathmar. On stipula aussi que, si le prince Bocskai venait à mourir sans laisser d'héritiers mâles, tous ces pays reviendraient i la couronne de Hongrie. Ge traité de paix ayant été ratifié par l'Empereur, le 6 août, à Prague, les députés plénipotentiaires des Etats de la Hongrie, comme aussi ceux le la Bohème, de la Moravie, de la Siiésie, de la Lusace, pois de la haute et basse Autriche, et de l'Autriche intérieure, le confirmèrent le 23 et 25 septembre 1606 à Vienne.
Depuis le mois de mars on avait aussi fort activement négocié avec les Turcs ; mais ce ne fut qu'au 20 octobre que les plénipotentiaires de l'archiduc Mathias, de Bocskai et du sultan , se réunirent à l'embouchure de la Sittva (Sittoatorok)) vis-à-vis d'Almos. Le 11 novembre, on conclut une trêve de vingt ans, à compter du 1 janvier 1607. L'état de possession actuel fut pris pour base du traité. L'Empereur devait payer la somme de 200,000 florins , une fois pour toutes ; moyennant quoi le cens annuel stipulé antérieurement fut entièrement supprimé. Il fut aussi réglé, que tous les trois ans l'Empereur et le sultan se salueraient l'un l'autre par l'envoi d'ambassadeurs avec des présents , et que les deux monarques se donneraient réciproquement le titre iï Empereur. On convint en outre , qu'il serait permis de rétablir de vieux châteaux sur les frontières, mais non d'en construire de nouveaux j que toutes les courses et brigandages cesseraient et que les transgresseurs de cette défense seraient punis. L'empereur Rodolphe ratifia ce traité à Brandeis, le 9 décembre 1606.
Etienne Bocskai ne jouit pas longtemps de sa fortune; il mourut à Cassovie, le 29 décembre 1606. A Gausenbourg le 8 février 1607 , les Transylvains choi-
surent Sigismond Rakotzi, qui avait été jusqu'alors leur gouverneur, pour prince. Il fut reconnu par Fempereor Rodolphe. Au mois de février, les villes de Caasovie, de Leutschou et autres furent remises aux commissaires impériaux, et Ton commença l'exécution de quelques-uns, des autres points du traité de paix , qui ne dépendaient point de la délibération de la Diète. On laissa aux Hetduques le choix, ou de se vouer à la culture des champs, ou de prendre service dans les troupes impériales»
Dans les pays allemands de la Maison d'Autriche la persécution des Protestants avait , dans les dernières années, fréquemment troublé la tranquillité publique. Dans plusieurs villes et villages de la basse Autriche les prédicateurs évangéliques avaient été supprimés. Le magistrat et la bourgeoisie de Waidhofen-sur-1'Yps bravèrent les ordonnances du gouverneur, l'archiduc Emeste, et rétablirent les prêtres luthériens dans leurs églises. Les commissaires impériaux, qui arrivèrent en novembre 1586 à Waidhofen pour exécuter la réformation, coururent grand danger dans une émeute populaire. L'exemple qu'on fit des perturbateurs exaspéra les esprits, sans qu'on atteignît le but qu'on s'était proposé.
En haute Autriche une sédition s'éleva, Tan 1594, dans le cercle dit Hausruck- Viertel^ et se répandit sur plusieurs endroits de ceux de Muhl- et de Traun^Viertel, où partout les prêtres catholiques furent chassés. Mais le baron Godard de Starhemberg ayant battu en 1595 les émeutiers près de Neumarkt, dans le cercle de Muhl- Viertel) ils se soumirent pour la plus grande partie. En automne de Tannée suivante , le peuple de la campagne dans la haute Autriche se leva de nouveau , refusa de payer les contributions et de fournir des troupes pour la guerre turque. On fut encore une fois obligé d'employer la force contre eux , et de punir de mort les principaux moteurs de la rébellion.
Dam la basse Autriche la révolte avait également éclaté. L'archiduc Léopokl, comme évêque de Passau, et l'administrateur de l'évéché de Wiener-Neustadt, Clésel, ayant cherché d'introduire dans leurs diocèses la communion sous une seule espèce , les insurgés pillèrent l'abbaye de Lilienfeld, et assiégèrent Saint-Hippolyte. Mais cette ville fut dégagée par les colonels Kollonitsch et Morawetzky. Bientôt après , les paysans essuyèrent une défaite dans la plaine nommée Steinfeld, non loin de Wilhelmsbourg. Leurs chefs, ayant été faits prisonniers, forent exécutés à Vienne, le 21 octobre 1597.
Dans le même temps qu'on travaillait à la réformation en Autriche, l'archevêque de Salzbourg, Wolfgang- Thierry de Raitenau, s'efforçait aussi de ramener ses sujets évangéliques au giron de l'Eglise. Le 9 juillet 1588, il publia l'édit de réformation , et le 3 septembre de la même année, les obstinés furent bannis du pays.
\j archiduc Ferdinand d* * Autriche intérieure ayant atteint, le 4 décembre 1596, l'âge de majorité, les Etats de la Styrie lui prêtèrent, le 12 du même mois à Gratz, serment de fidélité. En janvier 1597 l'archiduc fut aussi inauguré en personne à Clagenfort comme duc de Carin~ thie , et en février à Laibach comme duc de Camiole. L'inauguration à Gorice, Gradisca, Trieste etc. se fit par des commissaires. L'archiduc commença, bientôt après, la réforme dans ces pays par la tentative qu'il fit d'éloigner tons les prédicateurs protestants.
L'Empereur avait en 1596 émis pour la haute et la basse Autriche un décret , par lequel il était défendu aux États protestants de soutenir les basses classes de leurs coreligionnaires en matière de religion, et de tenir des prêches dans les villes et bourgs appartenants au Souverain. Mais cette loi fut transgressée aussi souvent qu'on m trouvait l'occasion, et le culte évangélique qu'on exerçait
jusqu'alors à l'hôtel des États àLinz, de mène que le gymnase qu'on avait supprimé dans cette ville, furent arbitrairement rétablis par les Etats. En 1598 le repos public fut aussi troublé dans la ville deSteyer et plusieurs autres endroits par un tumulte qu'excitèrent les Protestants. L'Empereur alors établit en 1600 une commission de réforme, et les Etats furent forcés, par la menace de fortes peines pécuniaires et de la perte de leurs franchises, à la soumission. L'archiduc Léopold, évêque de Passau , et le cardinal - évéque de Vienne Qésd abolirent , par ordre du pape Clément VIII , en 1600 h communion sous les deux espèces pour les laïques dans leurs diocèses.
Les prélats , chargés du soin des âmes dans les différents districts des provinces de l'Autriche intérieure, la Styrie, la Carinthie et la Carniole, savoir le patriarche d'Aquilée, l'archevêque de Salzbourg et l'évêque de Seckau, s'étaient déjà fortement opposés antérieurement à la propagation du luthéranisme. Mais en plusieurs endroits , particulièrement àVillach, la bourgeoisie brava l'autorité de ces pasteurs et prit les armes. Le 13 septembre 1598, l'archiduc Ferdinand bannit à perpétuité les prédicateurs et maîtres d'école protestants de Gratz, de Judenbourg et de toutes les villes , bourgs et territoires appartenants au Souverain. Les bourgeois évangéliqnes furent sommés de rentrer dans le sein de l'Eglise romaine. On permit à ceux qui refusèrent de changer de religion, de sortir du pays avec tout leur bien , après avoir payé une taxe de vingt pour cent Ces mesures furent effectivement mises à exécution , Tan 1599. Dans les provinces de l'Autriche intérieure , la communion sous les deux espèces fut également abolie dans le cours de Tannée suivante.
Pour la Bohème l'Empereur ordonna en 1602, qu'ex-
cepté la religion catholique et celle des Utraquistes, au-» cune autre ne serait tolérée. Les anciens édits contre les Picardites furent réitérés et alors étendus aussi sur les Luthériens et les Calvinistes. On défendit à toutes ces sectes de tenir des assemblées religieuses j on ferma leurs temples et églises , et leurs adhérents furent exclus des emplois publics.
Les Protestants de l'Empire germanique s'étaient plaints depuis une longue suite d'années des procès , instruits par le Conseil aulique d'Empire et la Chambre impériale, contre les religionnaires j de l'administration défectueuse de la justice ; de la restitution des biens ecclésiastiques que les Protestants s'étaient appropriés, réclamée par les Catholiques dans les Diètes; de la prétendue violation du traité de Passau et de la paix de religion; de l'imposition continuelle pour la guerre turque; du peu d'égard qu'on avait à leurs griefs qu'ils avaient présentés à différentes reprises à l'Empereur et à l'Empire etc. L'électeur palatin Frédéric IV était depuis plusieurs années le meneur actif de toutes ces intrigues, qui avaient pour but d'engager les Protestants à s'unir étroitement et à s'opposer ouvertement au chef de l'Empire et aux États catholiques. L'exécution du ban contre les Protestants à Aix-la-Chapelle, ordonné en décembre 1597 par la Diète de Ratisbonne , causa aux religionnaires de nouvelles inquiétudes. Il tinrent en 1599 plusieurs assemblées , se liguèrent pour maintenir la paix de religion , et convinrent entre eux de ne point payer la contribution accordée par la Diète de Ratisbonne pour la guerre turque, mais de retenir l'argent pour leur propre défense. Les Protestants s'assemblèrent de nouveau en février 1603 à Heidelberg, où les électeurs Frédéric IV du Palatinat, et Joachim - Frédéric de Brandebourg, l'administrateur de l'archevêché de Strasbourg, Jean -George» de Bran-
debourg, le comte palatin Jean de Deu-Pwto, le
margrave Georges - Frédéric d'Anspach, le landgrave Maurice de Hesse, et le margrave Erneate - Frédéric de Bade formèrent, le 12, une union pour la défense défont droits et franchises contre les actions en justice intentée» par le Conseil aulique d'Empire, contre la Chambre impériale , ainsi que contre la confiscation des abbayes et couvents sécularisés dont ils étaient menacés* On devait établir à Heidelberg un directoire de l'union, et ériger par des secours d'argent communs une cause de confédération.
Dans la Diète , ouverte le 21 mars 1603 à Ratisbonne par l'archiduc Mathias, ce prince demanda, au nos de l'Empereur, l'argent nécessaire pour l'entretien de l'armée destinée à agir contre les Turcs. Malgré la vive résistance des Protestants, les Etats de l'Empire accordèrent un subside de quatre-vingt-six mois romains, dont vingt devaient être payés encore dans le cours de Tannée 1603 et le reste dans les trois suivantes. L'examen des griefs des Protestants , comme tous les autres objets de délibération portés devant la Diète, furent renvoyés à une future assemblée des Etats.
Dans la ville impériale de Donauwœrth en Souabe, le magistrat et le plus grand nombre des habitants étaient depuis 1577 attachés à la doctrine luthérienne. Au mois d'avril 1606, le peuple insulta une procession que faisaient les Catholiques. Le Conseil aulique d'Empire ordonna une rigoureuse instruction de l'affaire. Le 3 août 1607, la ville fut mise au ban de l'Empire , et l'Empereur chargea le duc Maximilien de Bavière d'exécuter la sentence. Ce prince , charmé d'avoir une occasion de faire valoir ses prétentions sur Donauwœrth , qui avait autrefois obéi aux ducs de Bavière, rassembla aussitôt ses troupes, investit cette ville et la força à se rendre (17 décembre). C'est ainsi
su
que cette viHe rentra mus l'obéissance des ducs de Bavière, qui ensuite ont trouvé le moyen de s'en faire confirmer la possession. Les princes évangéliques protestèrent inutile^ment contre la réduction de Donauwœrth. Mais l'effet de eette mesure rigoureuse se montra dans la Diète qui commença, le 12 janvier 1608 à Ratisbonne , sous la présidence de l'archiduc Ferdinand. L'Empereur fit demander avant tout aux États de nouveaux secours d'argent, qui étaient d'autant plus nécessaires que les Turcs se montraient disposés à se mêler des menées continuelles des mécontents en Hongrie , et à rompre ainsi la paix de SKttvatorok. Après cela seulement on devait délibérer sur les affaires de justice , sur les troubles de la guerre dans les Pays-Bas, — en tant qu'ils avaient une influence désavantageuse sur les cercles de l'Empire limitrophes — enfin sur la monnaie et la matricule de l'Empire. Les États catholiques approuvèrent cet ordre des propositions , et se déclarèrent prêts aussi à fournir de l'argent pour la guerre turque. Mais les Protestants exigèrent qu'on examinât auparavant les affaires de justice , qu'on redressât leurs griefs et confirmât amplement le traité de Passau et la paix de religion. L'archiduc Ferdinand leur fit espérer l'accomplissement de leurs voeux, et envoya en effet un courier à Prague pour avoir de nouvelles instructions à cet égard ; mais les Protestants n'attendirent pas la résolution de l'Empereur, et quittèrent Ratisbonne à la fin d'avril, après avoir de nouveau présenté leurs plaintes, peu de jours avant. Le 6 mai , arriva la réponse de l'Empereur. Elle contenait l'ordre de dissoudre la Diète, afin de pouvoir , après une mûre délibération , reprendre les objets contentieux dans une future assemblée des Etats. L'empereur Rodolphe était, à cette époque, en mésintelligence avec différents princes de sa Maison. Il avait depuis longtemps manifesté tantôt une inaction
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insouciante, tantôt fane timide irrésolution dans d'Etat. Tycho de Brahé, qui déshonorait ses réelles et ses rares talents par les rêveries de l'astrologie judiciaire et de l'alchimie, mais qui du reste était m homme estimable, inspira à l'Empereur une si forte inclination pour les sciences occultes , que ce prince leur consacrait une grande partie de son temps. L'illusion que Tycho de Brahé se faisait à lui-même, produisit un bien plus grand mal encore. Comme l'interprète des constellations qui , selon son opinion , gouvernent les destinées humaines , il persuada l'Empereur que sa vie serait mise en danger par un prince de son sang. Cette prédiction funeste accrut encore la défiance naturelle de Rodolphe, et contribua à faire perdre son affection aux personnes de sa famille, et à l'en éloigner. L'astronome désigna aussi plusieurs ministres et autres personnages de crédit à la Cour comme des ennemis dangereux du monarque. Le renvoi de ces fonctionnaires et l'isolement complet et pénible dans lequel Rodolphe vécut dès ce moment , furent les suites de la confiance que ce prince avait eue dans ces prophéties qu'il tenait pour infaillibles. Après la mort de Tycho de Brahé, arrivée le 2* octobre 1601, d autres hommes , qui se vantaient d'avoir des connaissances secrètes, gagnèrent la faveur de Rodolphe, et ce Souverain ne vécut alors presqu'exclusivement que pour l'étude de l'alchimie, de l'astronomie et de l'astrologie, puis pour la peinture, les arts mécaniques, la botanique, la zoologie et la chimie. Pendant ce temps - là , ses favoris et conseillers s'emparaient de toute l'autorité et remplissaient, par l'abus qu'ils en faisaient, le peuple d'inquiétude et de tristes pressentiments pour l'avenir.
Quoique l'Empereur fût déjà fort avancé en âge , il éludait constamment les propositions de mariage qui lai furent faites de toutes parts ; il s'efforça même d'empêcher
mtê Aères de se marier. D n'avait fait nos plus aucune disposition pour régler la succession dans ses propres États , et pour assurer à la Maison d'Autriche la possession de la couronne impériale d'Allemagne* Rodolphe s'était aussi aliéné le coeur de ses sujets protestants par les oppressions que les ministres , les gouverneurs des provinces et les évêques leur faisaient souffrir avec la prétendue autorisation de l'Empereur. Dans ces circonstances impérieuses, Y archiduc Mathias, héritier naturel du trône de Hongrie et de Bohème, et futur Souverain de l'Autriche, se crut obligé de prévenir, par une intervention efficace , les suites funestes qui menaçaient de résulter de ce déplorable état des choses pour l'intérêt de toute la famille de Habsbourg, et pour le bien-être de ses pays. Les Protestants s'étaient effectivement adressé en secret à ce prince , pour obtenir sa protection et son assistance, et Tune et l'autre leur avaient été assurées par l'Archiduc Lorsque l'Empereur éleva en 1606 Mathias à la dignité de gouverneur du royaume de Hongrie , ce prince fut investi d'un pouvoir étendu , et il exerça dès lors une influence décisive sur les affaires de l'Autriche.
Mathias se concerta à Vienne avec l'archiduc Maximilien son frère, puis avec Ferdinand et Maximilien- Brneste de Styrie, ses cousins, sur la situation critique de l'État Ces trois princes conclurent , le 25 avril 1606, avec Mathias un traité secret dans lequel , sous prétexte que l'Empereur était empêché par une faiblesse d'esprit fort inquiétante de prendre soin du gouvernement , ils déclaraient Mathias chef de la Maison de Habsbourg, lui
assuraient le soutien dont il pourrait avoir besoin , et lui promettaient aussi de l'appuyer de toutes leurs forces , en cas qu'il fût trouvé nécessaire d'élire un roi des Romains. L'archiduc Albert, qui résidait aux Pays-Bas, accéda à cette union à Bruxelles, le 11 novembre 1606. Les archi-
ducsLéopold et Charles de Styrie, qui étaierttoÉ) avaient été compris dans le traité. ■ •
L'Empereur avait , comme il a été dit phstaijF^ ratifié le traité de paix conclue à Vienne avec BraMt r\ ainsi que la trêve avec la Porte Ottomane ; mais Bocèi WT étant venu à mourir, Rodolphe hésitait à faire les ama- v* gements nécessaires à l'exécution de ces traités. Àk vérité il avait, aa commencement de Tannée 1607, ie» connu Sigismond Rakotzi pour prince de Transylvaa») mais s'étant bientôt après repenti de cette condescendance) il refusa, au mois de juillet suivant, de la manière h plus positive de reconnaître Sigismond en la dite qualité. Comme l'Empereur avait manifesté son indignation contre Mathias en désignant l'archiduc Ferdinand de Styrie pour le représenter dans la Diète de l'Empire, convoquée à cette époque à Ratisbonne , on crut généralement que Rodolphe avait l'intention de nommer son cousin Ferdinand corégent , et de lui laisser tous ses États , au préjudice de Mathias et de ses autres frères. Afin de prévenir le tort que l'Empereur voulait lui faire, l'archiduc Mathias commença par convoquer, en sa qualité de gouverneurgénéral de la Hongrie , les Etats de ce royaume , le 2 janvier 1608 à Presbourg, et se rendit en personne dans cette ville , peu de jours après. Le maintien de la pacification de Vienne et de la trêve de Sittvatorok fut déclaré premier but de l'assemblée et l'on invita, le 24
janvier, les Etats confédérés des pays héréditaires d'Autriche à agir de concert avec les Hongrois.
L'empereur Rodolphe avait fait connaître son mécontentement de cette démarche en indiquant une autre Diète, à la vérité également à Presbourg, mais pour le mois de mars 1608; et comme ce nonobstant les Etats se réunirent au temps fixé par l'Archiduc, l'Empereur ordonna par décret du 23 janvier à rassemblée de se séparer , comme
étmrt terne à son aura. Mais les sommations de la Porte} relativement à l'exécution da traité de paix, devenant chaque jour plus pressantes , on ne pouvait remettre jusqu'à l'époque désignée par l'Empereur pour l'ouverture do la Diète, les délibérations sur les moyens à employer pour la pacification et la sûreté du pays. Bn conséquence, les Etats insistèrent sur l'accomplissement de la paix do Vienne en général , et particulièrement sur celui du premier article qui concernait le libre exercice de la religion* Pour appuyer ce traité et celui de Sittvatorok , comme aussi pour se défendre contre les Ottomans , on ordonna des armements et des levées de troupes. Ensuite (1 février) les États de la Hongrie et ceux de la haute et basse Autriche formèrent une ligue , tendante à maintenir les deux traités. Dans un écrit adressé à l'Empereur, les États cherchèrent à s'excuser de ce qu'ils avaient fait sur le danger imminent où se trouvait le royaume; et ils sollicitèrent en même temps l'entremise du Corps germanique auprès de l'Empereur.
Le 2 et 3 février, les décisions de la Diète furent signées par les Etats de la Hongrie. Ceux de la Moravie accédèrent, le 19 avril, à l'union du 1 février. Des plénipotentiaires hongrois conclurent, le 25 mars à Neuhœusel, un traité avec la Porte Ottomane , ensuite duquel un ambassadeur devait se rendre, d'ici à quarante jours, à Constantinople avec de$ présents de paix. Sigismond Ragotzi de Transylvanie , vieillard infirme, ayant bientôt senti que le fardeau dont il se chargeait était au - dessus de ses forces, avait résigné, le 3 mars 1608, et le même jour Gabriel Bathori fut élu prince par les Etats du pays*
Dès le 23 février, l'Empereur déclara nuls tous les actes de la Diète de Presbourg. Comme les armements, ordonnés par ce prince immédiatement après , semblaient annoncer qu'il avait dessein de dissoudre la ligue par la
force des armes, les Etats confédérés se préparèrent également à la défense» Mathias envoya des ambassadeurs à la Diète de l'Empire , ainsi qu'aux princes électeurs 9 pour justifier sa conduite et mettre les États de l'Allemagne dans ses intérêts. Un de ces envoyés fut arrêté à Ratisbonne ; et ce ne fut que par les papiers qu'oi trouva sur lui que Rodolphe II eut connaissance du pacte fait entre les archiducs, et de l'étendue de la confédération formée contre lui. Dans ces circonstances critiques, l'Empereur fit partir le cardinal-évêque d'Olnratz, François comte de Dietrichttein l)? pour Vienne, afin de prévenir par l'entremise de ce sage et respectable prélat les suites sérieuses qu'il avait à craindre par cette conspiration. Il consentit à confirmer les traités conclus avec Bocskai et la Turquie; mais il exigea en même temps la dissolution de la ligue des États de la Hongrie et de l'Autriche. D demanda aussi que Mathias renonçât à l'union, conclue le 25 avril 1606, ainsi que l'avaient déjà fait les autres archiducs. Mais les réponses évasives de Mathias faisant voir clairement, que ce prince méditait encore d'autres actes de violence , Rodolphe ordonna d'accélérer les armements. En effet , l'Archiduc ne visait à rien de moins qu'à s'emparer du gouvernement. Il avait depuis longtemps sondé les esprits des Hongrois et des Autrichiens. Ce prince s'était aperçu que ces peuples , reconnaissants des grands services qu'il leur avait rendus par la valeur avec laquelle il avait combattu les Turcs, avaient bien plus d'attachement pour lui que pour Rodolphe. Ils reprochaient à ce monarque l'indifférence avec laquelle il se reposait du sort de leur pays sur ses Gouverneurs et ses Généraux. Us ne cachaient pas même le désir d'être gouvernés par un prince qui avait exposé ses jours pour
0 Ce seigneur appartenait â la branche de cette ancienne et célèbre Maison qui fut élevée 1631 à la dignité princière par l'empereur Ferdinand IL
la défense de l'Etat. Mathias profita de ces dispositions favorables pour mettre , aussitôt que possible , son plan à exécution.
Ce prince partit le 15 avril de Vienne, à la tète de 10,000 hommes, et marcha à Znaim. Par les troupes qui ▼inrent en toute hâte de la Hongrie et de la Moravie , son armée s'accrut eu peu de jours à 25,000 combattants. On vit arriver à Znaim des ambassadeurs du pape et du roi d'Espagne, puis le cardinal Dietrichstein, afin d'empêcher l'archiduc Mathias de s'avancer plus loin. Ils furent suivis par une députation des Etats de la Bohème, qui demandèrent à l'Archiduc des éclaircissements sur sa marche hostile ▼ers les frontières de leur royaume. Mathias différa de donner une réponse décisive jusqu'à ce qu'il fut arrivé à Czaslau. Il manda dans cette ville la Noblesse bohème du voisinage et lui annonça , que son intention était de persuader l'Empereur à lui céder l'administration de la Hongrie, de l'Autriche, de la Bohème et de la Moravie. Les envoyés des électeurs de Brandebourg et de Saxe offrirent leur médiation, et obtinrent effectivement une trêve de huit jeurs. Néanmoins l'Archiduc fit avancer son avant-garde jusque dans le voisinage de Prague.
Sur ces entrefaites, Rodolphe avait tenu, le 19 mai, une Diète à Prague. lies Protestants profitèrent de la situation très * fâcheuse où se trouvait l'Empereur , pour lui demander le libre exercice de leur culte, et différentes autres concessions. Rodolphe leur accorda quelques-uns des articles réclamés qui concernaient l'administration du pays, et leur donna l'assurance, que leurs griefs, relatifs à la religion , seraient redressés dans la prochaine Diète. Surquoi les États résolurent de mettre sur pied une armée de 34,000 hommes pour la défense de l'Empereur. A la vérité, Mathias se rapprocha avec ses forces principales encore davantage de Prague; mais les conférences
tenues à Dubetz, pins tard à Lieben, amenèrent, le 25 juin, la conclusion d'an accommodement. LTBmperew abandonna à son frère Mathias le royaume de Hongrie et Yarchiduché d'Autriche au-dessus et au-dessous de FEns, lui transporta l'administration de la Moravie et lui concéda, avec l'expectative du trône bohème, le titre de roi désigné de Bohème. Mathias céda en échange i l'Empereur sa part au Tyrol et aux pays de l'Autriche antérieure. Cet arrangement fait, Tannée de Mathias évacua la Bohème. Le 14 juillet, il fit son entrée à Vienne, et fut proclamé, le 26 du même mois, margrave de Moravie par les Etats du pays assemblés à Olmutx. Ses plénipotentiaires conclurent , le 20 août à Cassovie, avec les envoyés de Gabriel Bathori un traité , par lequel la paix de Vienne fut confirmée. Après que Mathias eut accordé aux Hongrois leurs demandes en matière religieuse et politique, et confirmé les articles de la pacification de Vienne , il fut couronné roi de Hongrie à Presbourg, le 19 novembre 1608.
Les Etats évangéliques de la basse Autriche, avant de prêter au roi Mathias le serment de fidélité, avaient demandé, comme condition préliminaire, qu'il leur accordât le libre exercice de leur religion. Les États de la haute Autriche formèrent même, le 30 août, une ligue à Linz, pour rétablir dans un seul et même jour le culte luthérien dans tous les lieux, où il avait existé auparavant. Mais le Roi fit réprimer, au mois de septembre, cette conduite arbitraire. Comme les États protestants de la basse Autriche virent alors , que Mathias n'était pas disposé * satisfaire leurs prétentions, ils se rendirent de Vienne àHorn, et envoyèrent de là une lettre circulaire aux États catholiques , dans laquelle Us avertissaient ces derniers que, s'ils ne refusaient pas de prêter foi et hommage au Roi, les Protestants protesteraient contre cet acte. Ils
Tannèrent aussi pour leur défense, et sollicitèrent l'appui les Hongrois, des Bohèmes, des Moraves et de différents irinces et Etats protestants d'Allemagne. Us persistèrent nême encore dans leur refus de prêter serment de fidélité vol Roi, après que les Etats catholiques et le magistrat de Vienne eurent, le 16 octobre, effectivement fait hommage i ce prince. Malgré l'entremise de l'archiduc Maximilien, m ne put venir à bout de vaincre l'obstination des États irotestants. Mathias se proposait de réduire les récalcirants par la force des armes. Mais comme une telle dislention intestine pouvait entraîner après elle des maux nealculables, il accepta la médiation des Etats de Moravie. Lie 19 mars 1609 à Vienne, Mathias signa le soi-disant Décret de capitulation, par lequel il accordait aux États hrangéliques de la haute et basse Autriche , et par une iddition verbale aux villes et bourgs de l'Autriche aussi, a liberté de religion, toutefois en termes vagues et qu'on louvait interprêter de diverses manières. Après cela, les iitats de la basse Autriche prêtèrent, le 24 avril à Vienne, »t ceux de la haute Autriche, le 22 mai à Linz, effectivenent le serment de fidélité.
Au mois de juin, dans la Diète à Olmutz , les États nthériens de Moravie insistèrent également sur la liberté le religion pour leur pays. Mais les Catholiques de cette irovince surent empêcher l'acquiescement à cette demande* Lies Etats de l'Autriche intérieure demandèrent , vers la in de Novembre , à l'archiduc Ferdinand également le ibre exercice de leur religion, qui toutefois leur fut usé par une résolution de ce prince , en date du 8 embre 1609.
Le 28 janvier de la même année , avait commencé i Diète à Prague, dans laquelle les griefs des Bohèmes rotestants, concernant la religion, devaient être examinés t soumis à la décision de l'Empereur. Ce monarque se
montra disposé à accorder aux Utraquistes le libre exercice de leur culte* Mais, comme il refusait la même faveur aux Frères moraves, et que les Utraquistes demandaient une liberté illimitée de religion, la Diète fut dissoute, le 1 avril, sans qu'on eût pu s'accorder. Les Utraquistes s'adressèrent alors au roi Mathias et aux électeurs et princes protestants d'Allemagne , pour en obtenir du secours. Ils tinrent des assemblées, de leur propre autorité, et déployèrent une telle fermeté et résolution , que Rodolphe trouva nécessaire de les tranquilliser par un édit du 20 mai. Il convoqua une nouvelle assemblée des Etats, pour terminer entièrement les querelles de religion. Mai* ayant refusé, cette foi aussi, d'accorder aux Protestants U liberté illimitée de religion qu'ils demandaient, et s'étant borné à confirmer, par un décret du 5 juin, l'exercice de leur culte, tel qu'il avait eu lieu jusqu'alors, les Utraquistes protestèrent, le 13 juin, contre toute limitation ultérieure, et résolurent immédiatement après de mettre sur pied uoe armée , pour défendre la liberté de leur religion et leurs autres droits et privilèges. Ils nommèrent le comte Henri- Mathias de Thurn , Léonard de Fels et Jean de Bubna commandants des troupes. Ils choisirent aussi parmi leurs coreligionnaires trente directeurs, pour gérer leurs affaires. Vers le même temps , une députation des princes et Etats de Silésie était arrivée à Prague, pour demander pareillement la liberté de religion. Dans ce pays les Protestants s'étaient depuis plusieurs années opposés à toute restriction , et on s'était vu obligé d'employer la force, pour ramener les villes de Troppau et de Breslau à la soumission. Les députés silésiens entrèrent , au mois de juin 1609, dans la ligue des Utraquistes bohèmes. Rodolphe , pressé de toutes parts , se décida enfin à céder aux voeux de ces sectaires. U accorda, le 11 juillet 1609, Mr des lettres impériaux aux Utraquistes de Bohème une
entière liberté de leur coite. Le sous-consistoire et l'académie à Prague leur furent rendus , et on leur permit de bâtir de nouvelles églises et écoles. Par d'autres lettres impériaux du 20 août , ie libre exercice de la religion fut aussi octroyé aux Protestants de la haute et basse Silésie. En même temps l'Empereur leur promit que la charge de capitaine -général du pays, que remplissait depuis 1608 Farchiduc Charles de Styrie, qui venait d'être nommé évêque de Breslau, serait dès à présent administrée par ni prince séculier* En effet, Rodolphe conféra alors cette dignité au duc Charles d'Oels.
La sentence de ban exécutée contre les Protestants de Donauwœrth avait fait craindre aux Etats évangéliques de l'empire d'Allemagne, que les Catholiques ne méditassent d'anéantir entièrement la doctrine luthérienne. Du moins l'électeur palatin Frédéric sut si bien persuader ses coreligionnaires de l'imminence de ce danger, qu'il les engagea à conclure , le 4 mai 1608, une Union de dix ans pour la défense de leur religion. La plupart des princes, Etats et villes évangéliques accédèrent à cette ligue. Mais Félecteur de Saxe refusa absolument de prendre part à cette confédération , tant par jalousie contre l'électeur palatin Frédéric, à qui Ton avait conféré le directoire de TUnion, que par haine contre la doctrine réformée que Frédéric professait.
Les États catholiques , de leur côté , avaient avec raison conçu des inquiétudes à l'égard des vues de l'Union, d'autant plus qu'elle tenait ses projets et négociations soigneusement cachés. Après plusieurs conférences , qui eurent lieu à Coblence, Fulde et quelques autres endroits, le duc de Bavière, les évéques de Wurzbourg, de Bamberg, de Passau, de Strasbourg, de Constance et d'Augsbourg , le prévôt d'EUwangen et l'abbé de Kempten, se confédérèrent enfin, ie 10 juillet 1609 à Munich,
pour se défendre contre tontes les entreprises que TUttoa pourrait tenter contre les Catholiques. Le 30 août, les trois électeurs ecclésiastiques , l'évèque de Ratisbonne et plusieurs autres Etats entrèrent dans cette ligue catholique , dont la durée fut fixée à neuf ans. Le souverain pontife et le roi d'Espagne promirent de soutenir la ligue par des subsides considérables.
La contestation qui , à cette époque , s'éleva sur la succession de Juliers , augmenta encore les troubles en Allemagne, déjà assez agitée par la querelle de religion- Jean - Guillaume , duc deCléves, de Juliens et de Berg, mourut le 25 mars 1609 sans postérité. La Maison de Saxe formait des prétentions sur cet héritage, et les fondait tant sur l'expectative que l'empereur Frédéric IV lui avait octroyée, le 26 juin 1483, et que les empereurs suivants avaient itérativement confirmée, que sur le pacte de famille fait en 1526, à l'occasion du mariage de la princesse Sibylle deCléves avec Tel ecteur Jean-Frédéric de Saxe. La succession fut encore réclamée par le comte palatin Phifippe-Louis deNeubourg, époux d'Anne, soeur du duc défunt, pour son fils Wolfgang-Guillaume, et par l'électeur Jean - Sigismond de Brandebourg, en qualité d'époux d'une fille de la soeur aînée du duc Jean-Guillaume, déjà décédée, Marie -Eléonore, mariée au doc Albert-Frédéric de Prusse, de la Maison de Brandebourg. Tous deux s'appuyèrent sur le décret de réhabilitation de l'empereur Charles V de l'année 1546, par lequel le droit de succession avait été aussi concédé aux descendants féminins du duc Guillaume , alors régnant. La troisième soeur du duc Jean - Guillaume, Madeleine, veuve du duc palatin Jean de Deux -Ponts, et Charles d'Autriche, margrave de Burgau , qui avait épousé la princesse Sibylle, fille cadette du duc défunt, demandèrent un partage égal du pays entre toutes les quatre soeurs ou leurs
jNftMmndaota. D'un autre côté, le duc Charles de Nevere, ^/«■wwte de la Marche, et les ducs de Bouillon et d'Arem- . *^rg9 parents éloignés du duc Jean - Guillaume , récla- ^ dirent une partie de ce riche héritage. L'électeur de . brandebourg et le comte palatin Wolfgang - Guillaume ^■b Neubourg firent occuper militairement les États de ^/léves. Mais l'Empereur, qui avait à juger à qui la ■Kcession de Jean- Guillaume devait appartenir, exigea pe les prétendants attendissent sa décision. Alors les pinces, qui avaient pris possession du pays, convinrent artre eux, le 10 juin 1609 à Dormund, d'attendre à la vérité que l'affaire fut juridiquement examinée et décidée, jftais de garder conjointement dans l'intervalle les pays contestés , et de les défendre contre toute attaque. Mais l'empereur Rodolphe annulla, par un édit du 7 juillet 1609, la convention de Dormund , et envoya des commissaires, pour prendre possession de ces pays jusqu'à la décision définitive de cette affaire. En même temps il chargea Y archiduc Léopold de Styrie , évéque de Strasbourg et de Passau , d'administrer les États de Juliers pendant leur séquestration.
Au commencement du mois d'août, Léopold arriva à Juliers et mit la ville en bon état de défense. L'électeur de Brandebourg et le comte palatin de Neubourg, comptant sur la promesse que l'Union évangélique , l'Angleterre , la France et la Hollande leur avait faite de les secourir efficacement, protestèrent contre la séquestration, ordonnée par l'Empereur. Dans l'assemblée des princes, tenue le 7 juillet 1610 à Prague , l'Empereur investit Félecteur Chrétien II de Saxe des Etats de Cléves, après toutefois que ce prince eut donné une lettre réversale par laquelle les droits des autres prétendants furent réservés. Cependant Rodolphe II ne jugea pas à propos de rappeler les troupes qu'il avait envoyées dans le pays de
Jatiers, et qri s'étaient aspirées de
appartenantes à la succession dn
D'an antre coté, les princes de Brandebnsswç et de
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l'gli Pour terminer le différend sur la succession de Ju- ; Hbn* et rétablir la tranquillité en Allemagne, l'Empereur zzfj/mt fait tenir , au mois de septembre, un congrès de fe#ÉMes à Cologne. Mais après deux mois de négociations, *Ptt* assemblée se sépara sans avoir pu atteindre le but L'*^îtar lequel elle avait été convoquée. Enfin les princes, * ? #Étant de nouveau réunis à Jutterbock, le 31 mars 1611, ^^ftoposèrent une transaction portant que la Saxe, moyenflut le remboursement des sommes dépensées lors de ^*«Mceupation des Etats de Cléves, pourrait se mettre pro- *** MKàrement en possession commune de ces pays avec *jJJfecteur de Brandebourg et le comte palatin de Neul*T^*llfo en attendant que l'Empereur, après avoir consulté Sélecteurs, examinât et décidât la contestation. Les ^Acteurs de Saxe et de Brandebourg signèrent avec plusieurs princes présents cet accord , qui fut confirmé par ffiatpereur. Mais L'accommodement définitif du différend fs'on avait attendu de cette convention , fut entravé par les protestations de Fé lectrice de Brandebourg, comme proprement cohéritière, et du comte palatin Wolfgang- Guillaume de Neubourg.
Cependant, de nouvelles mésintelligences s'étaient élevées entre l'Empereur et le roi Mathias. Rodolphe se répandait en plaintes contre son frère, qui n'avait pas rempli les conditions du traité du 25 juin 1608, et donné à l'Empereur la satisfaction qu'il lui devait pour les offenses laites antérieurement à la dite convention. D'autre part, le Roi se plaignait de ce que Rodolphe aliénait de lui, Mathias, les esprits des peuples des pays qui lui avaient été cédés, et de ce que les troupes que F archiduc Léopold avait rassemblées dans le voisinage de Passau , paraissaient menacer ces pays d'une invasion.
Le congrès de princes à Prague, déjà mentionné, avait commencé au mois de mai 1610. Les archiducs Ferdinand , Maximilien et Léopold , pais un envoyé de l'archiduc Albert, les électeurs de Mayence , de Cologne et de Saxe , les ducs de Bavière et de Brunswick et le landgrave de Hesse-Darmstadt assistèrent à cette assemblée. L'administration suprême de la justice , l'affaire de la succession de Juliers, celle qui concernait la ville de Donauwoertb, dont les Protestants réclamaient l'ancienne immédiateté etc. devaient être mises en délibération. Mais les princes furent fort sagement d'avis, que le premier objet dont ils avaient à s'occuper, c'était la parfaite réconciliation entre l'Empereur et son frère. Le 15 septembre, Rodolphe II et tous les princes réunis à Prague signèrent un acte d'accommodement dont les principaux articles étaient: que le roi Mathias ferait faire des excuses à l'Empereur par rapport aux événements qui avaient précédés la conclusion du traité du 25 juin 1608; qu'il reconnaîtrait Rodolphe pour chef de la Chrétienté et de la Maison d'Autriche, comme aussi pour seigneur suzerain relativement à tous les pays autrichiens qui lui avaient été cédés; que Mathias ne prendrait part à aucune confédération dirigée contre l'Empereur, la Maison d'Autriche ou l'Empire germanique , et que tous les traités antérieurs , contraires à cet article , seraient annullés. Il fut aussi stipulé , que le roi Mathias ne s'immiscerait en aucune manière dans les affaires de l'empire d'Allemagne, et qu'il ne prendrait aucune résolution arbitraire dans celles qui concernaient toute la Maison d'Autriche, on lorsqu'il s'agirait de faire la guerre ou la paix avec la Turquie ou autres Puissances, mais qu'il en réserverait la décision à l'Empereur. Les deux parties contractantes étaient tenues de renvoyer, dans l'espace d'un mois après la ratification de ce traité , les troupes rassemblées sur
tes frontières ira, si cela ne pouvait se faire par des motifs importants, Mathias devait du moins s'engager à n'employer les siennes ni contre l'Empereur et ses pays, ni contre les princes et Etats de l'Empire qui étaient fidèles à ce monarque. En revanche l'Empereur promit de ne pas se servir de ses troupes contre son frère. Le 9 octobre, Mathias signa cette convention à Vienne. Quelques jours après, les archiducs Maximilien et Léopold, et l'ambassadeur de l'archiduc Albert, se présentèrent devant l'Empereur, pour s'acquitter de la dépréciation stipulée; mais le monarque ne permit point qu'elle s'effectuât, et déclara qu'il se contentait de la bonne volonté que Mathias lui témoignait, et qu'il pardonnait et oubliait tout le passé. Il est à croire que rien n'aurait plus troublé la paix domestique , si la persistance de Rodolphe à vouloir priver Mathias, en tout ou en partie, de son héritage légitime, n'avait rallumé le flambeau de la discorde.
Rodolphe H avait eu auparavant l'intention de transporter tous ses États à son cousin, l'archiduc Ferdinand de Styrie; mais comme ce prince l'avait offensé en prenant part à la ligue de 1606, il jeta les yeux sur l'archiduc Léopold, frère de Ferdinand , à qui il voulait du moins procurer le trône de Bohème. L'armée que ce prince avait rassemblée dans le voisinage de Passau , se trouvait toujours prête à sa disposition. Il pouvait aussi compter sur un grand nombre de partisans en Bohème; il en avait même dans le Conseil de l'Empereur 5 ceux-ci craignaient le ressentiment de Mathias auquel ils avaient été constamment opposés; et c'était pour mettre ce prince hors d'état de ce venger qu'ils voulaient faire placer la couronne sur la tête de Léopold, qui en attendant ne quittait pas la Cour de son oncle à Prague, Le traité, conclu avec le roi Mathias , stipulait à la vérité le licenciement les troupes passaviennes , et l'Empereur , de même que
Léopold , avaient effectivement fait expédier des ordres pour les congédier j mais, comme on ne pouvait pas payer les arrérages de leur solde qui étaient fort considérables , elles restèrent dans leurs quartiers pour y attendre leur payement. Enfin, au mois de décembre 1610, ce corps d'armée, sous la conduite du colonel Ramée, se ait en marche vers la haute Autriche, où on le fit cantonner. Le roi Mathias adressa des plaintes fort amères à l'Empereur au sujet de cette violation de territoire , et ami pour défendre la rivière d'Ens. Des envoyés impériau excusèrent cette invasion qui n'était , disaient-ils , qa'o passage pour se rendre dans les cantonnements qu'ei devait assigner aux troupes passaviennes soit en Bohème, soit en Tyrol , jusqu'à ce qu'on leur eut payé la solde qê leur était due, ou qu'elles fussent congédiées. Ces troupes avaient effectivement fait quelques mouvements vers les frontières de la Styrie, qui semblaient indiquer le desseii de se rendre en Tyrol. Mais au commencement de février 1611, ce corps d'armée franchit le Danube et entra en Bohème, occupa Krumau , Budweis, Pisek et Tabor, et marcha vers Prague. Rodolphe, prévoyant les suites fâcheuses qu'aurait l'entrée de ces troupes en Bohème, envoya un héraut à leur rencontre à Beraun, avec l'ordre de retourner sur-le-champ à Krumau et d'y attendre le payement de leur solde. Mais le colonel Ramée répondit qu'il venait pour défendre l'Empereur contre ses ennemis, occupa le Mont-Blanc et, le 15 février, aussi le Petit- Côté (Kleimexte) de Prague.
Les Etats de Bohème ayant appelé le roi Mathias à leur secours, ce prince avait rassemblé une armée, composée de Hongrois , de Moraves et d'Autrichiens, et s'était mis en marche vers ce royaume; ce qui engagea l'Empereur à faire tous ses efforts pour éloigner les Passaviens de la capitale. Il ordonna aux États de les contenter; et comme
an n'eut aucun égard à ses ordres , Rodolphe donna ans Passaviens 300,000 florins à compte de la paye qu'on leur devait; sur quoi le colonel Ramée évacua le Petit-Côté et reconduisit ses troupes à Budweis. L'archiduc LéopoM ne crut pas devoir s'arrêter plus longtemps dans la capitale et retourna à Passau. Cependant, Mathias s'avançait à marches forcées par Iglau et Czaslau vers Prague , et y entra , le 24 mars, au milieu des applaudissements du peuple. Alors l'Empereur, contraint de s'accommoder aux circonstances critiques où il se trouvait, convoqua une Diète générale de Bohème, de Silésie et de Lusace à Prague et déclara , le 11 avril , aux Etats qu'il désirait que son frère Mathias fût sans retard proclamé roi effectif de Bohème.. Les États y consentirent ; mais ils dressèrent une capitulation , que Mathias fut obligé de jurer avant son couronnement. Mathias promit de confirmer , dans le terme de quinze jours après avoir reçu la couronne, les privilèges du royaume de Bohème en matière de politique et de religion, comme aussi les traités de 1608, 1609 et 1610. A l'égard d'autres points; savoir: le rétablissement de l'union entre la Bohème, la Hongrie et l'Autriche, le renouvellement des anciennes conventions d'hérédité avec la Pologne et la Saxe, l'autorisation, demandée par les États de tenir à leur gré des assemblées de cercle et de former des établissements pour la défense du pays, la décision en fut remise à la prochaine Diète générale.
Le 23 mai , Mathias fut couronné roi de Bohème par le cardinal - évêque d'Olmutz, comte de Dietrichsteku Le 3 du mois suivant , il donna aux États la confirmation promise des privilèges politiques et religieux du pays. Le 11 août, le traité définitif entre l'Empereur et le Roi fut signé. Rodolphe se réserva sa résidence au château de Prague. On lui assura une rente annuelle de 300,000 florins d'Empire, payable sur les revenus des pays cédés,
et la jouissance à vie des quatre seigneuries de Pardubitz , de Brandeis , de Lissa et de Pezerau. Mathias satisfit les troupes passaviennes , qui furent licenciées. En Lusace et en Silésie, le Roi reçut l'hommage dans les mois de septembre et d'octobre. Le 8 décembre 1611, on célébra à Vienne le mariage du roi Mathias avec Anne, fille de l'archiduc Ferdinand de TtyroL Les princes électeurs d'Allemagne tinrent depuis le 14 octobre jusqu'au 12 novembre une Diète à Nuremberg , où l'Empereur et le roi Mathias envoyèrent des plénipotentiaires. L'assemblée délibéra sur l'élection d'un roi des Romains, et les électeurs convinrent de se réunir pour cet effet en avril 1612 à Francfort Les anciens griefs relativement au Conseil aulique d'Empire , à la Chambre impériale, à l'administration entravée de la justice etc. , furent remis sur le tapis à Nuremberg. On traita avec l'Empereur pour la convocation d'une Diète générale , où Ton devait examiner ces objets et remédier à tous les défauts.
Mathias ne se vit pas plutôt en paisible possession de l'Empire autrichien , qu'il s'occupa des affaires de Transylvanie. Ce pays gémissait , sous le gouvernement de Gabriel Bathori, dans une dure oppression. Ce prince extorquait non - seulement de fortes sommes à ses sujets aisés , mais il persécutait aussi les Catholiques de la manière la plus cruelle , et devint bientôt l'objet delà haine générale. Dès le mois de mars 1610, une conspiration , à la tête de laquelle se trouvait son chancelier, Etienne Kendy, fut découverte et punie. Poussé par son avidité de faire des conquêtes , Gabriel surprit en décembre 1610 le prince valaque Radul, avec lequel il avait naguère contracté une alliance, et le chassa de son pays. Radul se rendit en toute diligence auprès du roi Mathias à Vienne, pour se procurer l'appui de ce prince, et ensuite auprès du pacha de Bude , afin d'obtenir la protection de
la Porte Ottomane. Plus tard Radul passa en Pologne où 3 enrôla des troupes. Gabriel , après avoir fait ravager la Valachie , retourna en Transylvanie. Au mois d'avril 1611, Bathori se vengea de la bonne réception que Radul avait trouvée à Vienne , par la dévastation des contrées de Szathmar et de Kallo. Mathias, irrité de cette audace, ordonna, vers la fin du mois de juin, au capitaine-général à Cassovie, Sigismond Forgacs, de marcher en Transylvanie avec uue forte armée. Pendant cette marche, les Heiduques se révoltèrent; ils battirent même le général du Roi , Etienne Palfy, près de Dioszeg , et passèrent à l'ennemi. Sur ces entrefaites, le prince Radul était rentré dans la Valachie ; il se mit en marche pour la Transylvanie ou les Saxons , qui accoururent en foule se ranger sous ses drapeaux, renforcèrent son armée. Bathori fut défait, le 12 juillet, près de Cronstadt. Le général Forgacs , qui avait également pénétré en Transylvanie , investit au mois d'août le prince Gabriel dans Hermanstadt. Mais les propres troupes de Bathori , André Nagy à la tête des Heiduques , et deux corps auxiliaires ottomans arrivèrent de plusieurs côtés au secours de la place assiégée. Le général Forgacs, ayant été coupé de manière à ne pouvoir opérer sa retraite par le plus court chemin, se dirigea sur Mediasch et Cronstadt, d'où il marcha ensuite par les forêts moldaviennes et la Pologne, et revint en Hongrie, après avoir perdu la plus grande partie de son armée.
Le prince Radul se retira vers le même temps en Valachie. Les troupes auxiliaires turques et tatares se mirent alors à ravager elles-mêmes la Transylvanie , et amenèrent 12,000 Szeklers en esclavage. lEn automne 1611 , le palatin Thurzo négocia à Tokai une trêve qui fut signée le 17 décembre. Gabriel Bathori parcourut, Tannée suivante, sa principauté, ne respirant que la
vengeance, et saccageâtes places, surtout dam le des Saxons , qui s'étaient révoltées contre loi, âm\ cruauté inhumaine. Mais cette conduite , digne des barbares, n'empêcha point qu'un nouveau soulè n'éclatât bientôt après. André Getzi et Gabor qui étaient a la tête des insurgés, ne se sentant pas forts pour lutter contre les forces de Bathori, inph l'appui du sultan Achmet , qui leur promit effecti?< son assistance. lie prince Bathori, alarmé de cette ti^^ ance, s'adressa, de son côté, au roi Mathias pour obi son secours. Comme ces troubles menaçaient la H< de grands dangers, un ambassadeur du Roi se aussitôt à Constantinople, et chercha à détourner laPtrtr de toute intervention dans les démêlés transylvains, qâ lui avait d'ailleurs été défendue par le dernier traité. Bfta* le sultan ne paraissait pas disposé à se laisser arrêter core ultérieurement par la paix de Sittvatorok dans Y\ cution de ses projets. On craignait généralement que le sultan n'eût l'intention d'occuper la Transylvanie , et de s'approprier ce pays.
Tandis que le roi Mathias songeait aux moyens de conserver à la Hongrie le calme et la paix dont jouissait depuis quelque temps ce royaume, l'empereur Rodolphe H était allé chercher dans la tombe un repos qu'il n'avait pas trouvé sur la terre. Ce prince, accablé de chagrins et de regrets, était tombé malade sur la fin de décembre 1611, et son mal empira de telle sorte qu'il termina, le 20 janvier 1612 au château de Prague, sa pénible carrière, après avoir régné trente-six ans.
Rodolphe II, confié jusqu'à l'âge de douze ans aux soins de sa mère , princesse fort pieuse , et envoyé ensuite en Espagne pour y achever son éducation, avait adopté tous les sentiments religieux qu'on avait pris a tache de faire germer dans son âme. La nature l'avait
doué (Tua esprit et d'un jugement solide , qui le mettait à même tant de faire dès sa jeunesse de grands progrès dans les sciences que d'acquérir des connaissances dans Fart difficile de régner. Il dirigea, pendant une grande partie de son long règne, les affaires des États autrichiens et de l'empire d'Allemagne avec une sagacité qui voilait son défaut d'énergie et de résolution*
La Bohème, où Rodolphe passa la plus grande partie des années de son règne , parvint sous lui au plus haut point de prospérité ; l'exploitation des mines fut améliorée, la police organisée , le commerce encouragé par des arrangements confortables j et Prague devint une des plus belles et des plus riches villes de l'Allemagne. La Moravie,, la Silésie et les deux Lusaces étaient si bien unies au royaume de Bohème, que l'état florissant de ce dernier devait nécessairement se répandre aussi sur ces provinces* L'archiduché d'Autriche, les pays de l'Autriche intérieure (la Styrie, la Carinthie et la Carniole), le comté de Tyrol et les possessions autrichiennes antérieures, administraient différents princes de la Maison impériale , en partie en qualité de gouverneurs, et en partie comme Souverains particuliers , en quelque sorte indépendants. Dans toutes ces contrées la désunion qui régnait entre les États catholiques et protestants, devint pour elles la source de grandes souffrances. Des deux côtés l'animosité allait croissant de jour en jour , et chaque parti surpassait l'autre en intolérance , dès qu'il acquérait assez de force pour braver et accabler ses antagonistes. La tolérance, accordée par l'empereur Maximilien II , avait des bornes déterminées $ mais , comme les Protestants cherchaient sans cesse à les outrepasser , le gouvernement , pour garantir la religion dominante du danger dont elle était menacée, sévit obligé de restreindre les concessions faites aux adhérents de la doctrine nouvelle. Il en résulta du mécontentement , des
troubles intérieurs , des révoltes , ouvertes de la part des religionnaires, qu'excitaient encore et soutenaient les pays étrangers»
L'empereur Rodolphe avait , il est vrai , des forces suffisantes pour réprimer les séditieux ; mais une bonté iiinée l'empêcha d'employer les mesures rigoureuses, par lesquelles les Souverains espagnols cherchaient à dompter l'esprit rebelle de leurs sujets dans les Pays-Bas. Il ignorait que la clémence doit toujours être accompagnée d'une certaine fermeté; qu'il faut épargner le sang des factieux, mais leur montrer le glaive avec lequel on aurait pu le faire couler. En Hongrie aussi la querelle de religion aurait suffi pour troubler la tranquillité publique et pour empêcher le développement de la prospérité de l'État, quand même ce royaume n'eût pas sans cela été plongé dans une profonde misère par son démembrement entre les trois dominations autrichienne , ottomane et transylvaine , ainsi que par les guerres de dévastation dont ce pays était si souvent le théâtre.
L'amour excessif de Rodolphe pour les arts et les sciences fut une des causes de ses disgrâces. S'il s'était contenté de les encourager et de les protéger , on aurait célébré sa générosité , sa bienfaisance ; mais en s'y appliquant lui-même avec trop de passion et avec trop d'assiduité , il rendit un mauvais service à son pays, parce qu'il leur consacra une trop grande partie de son temps, et ce à une époque où les affaires publiques réclamaient impérieusement toute son attention et tous ses soins. Souvent il se livrait , dans une tranquillité insouciante, i l'étude dans des moments où une autorité ferme et sage, jointe à une modération pleine de dignité , pouvait seule arrêter les progrès de grands désastres. Cependant on ne peut disconvenir, que de sa prédilection pour les arts et les sciences résultèrent aussi de grands avantages pour ses
États. Tons les hommes recommandables par leur savoir étaient admis à sa Cour et traités avec distinction. H employa les célèbres astronomes Tycho de Brahé et Jean Kepler pour dresser les tables rodolphines. 11 fit des collections de pierres, d'antiques, de tableaux, qui font encore aujourd'hui le plus bel ornement des cabinets de Vienne. Les historiens de la Bohème donnent les plus grands éloges aux soins que mit ce Souverain à améliorer l'éducation, à multiplier les écoles et à inspirer l'amour de Fétude à ses sujets» Lui-même était versé dans les langues anciennes et modernes $ il se distinguait surtout dans l'histoire naturelle, l'astronomie, les arts mécaniques, la zoologie, la botanique et la chimie. Plus jaloux de répandre les bornes des connaissances humaines que de reculer les limites de son Empire , Rodolphe II n'avait en aucun temps montré de l'inclination pour les armes; ce qui fit qu'il négligea l'administration militaire. Aussi les caisses de guerre étaient-elles presque toujours vides, et on n'avait jamais des fonds suffisants pour payer les troupes; d'où il résulta que le succès de campagnes, heureusement commencées, fut bien des fois anéanti par les émeutes et la trahison des soudoyers. Les armements contre les Turcs furent en outre encore entravés, en Hongrie par les dissentions intestines et par les guerres avec les princes de Transylvanie , et dans les autres pays autrichiens par la malveillance de la Noblesse protestante, enfin dans l'Empire germanique par la lenteur que les États mirent à fournir leurs contingents , ou par le refus ouvert de tout secours de la part des Protestants.
L'empereur Rodolphe était doux, affable envers ses sujets, généreux sans être prodigue, économe dans son ménage, simple dans ses moeurs, ennemi d'un vain luxe. Lorsqu'il fut plus avancé en âge, une longue suite de revers et de contrariétés avait changé son caractère ;
son esprit n'avait pas la force de dominer les circonstances difficiles, ni de s'élever an -dessus des coups du sort L'astrologie judiciaire et l'alchimie , auxquelles plus tard il se voua exclusivement, exercèrent surtout une influence fort préjudiciable à son corps et à son âme. B devint mélancolique , morose , craintif et méfiant. Ce fut la confiance aveugle qu'il avait dans le premier de ces arts chimériques, qui l'induisit à vouloir frustrer Matbias et ses autres frères de sa succession en faveur de parents plus éloignés. Ce procédé , qui était un exemple de dangereuse conséquence, eut pour l'empereur Rodolphe lui-même des suites très-funestes ; car dès ce moment tous les malheurs, toutes les humiliations s'accumulèrent sur ce bon prince, et abreuvèrent d'amertume ses dernières années.