Tome IX
1572. La première affaire dont il s'occupa après son retour à Moscou ou à la Slobode Akxandrovsky ^ causa ua scandale jusqu'alors inoui dans F£glise russe, c'est-à-dire qu'ayant choisi pour feioftme Anna Kohovskoï, d'une naissance oloscure^ il se maria pour la quatrième fois, ne jugeant pas mèm>e nécessaire de demander la bénédiction ëpiscopale; cependant, touché de repentir^ il convoqua bientôt les évêques et les conjura de confirmer ce mariage. A cette époque, Cyrille étant décédé, le concile était présidé par Léonidas, archeTeque de Novgorod, prélat avide de richesses, complaisant et vii. Lorsque les évêques furent solennellement réunis dans l'église de l' Assomption, Jean leur parla en ces termes : D^es mèchems ont fait périr , par leurs sortilèges , Anastasie , ma première épouse : la seconde ^ princesse teherkesse , également empoisonnée j a expiré au milieu de douloureuses convulsions. J'ai long^temps hésité cb^oM de me décider à un troisième mariage ^ commandé par mon tempércmhent et par la position de mes enr fans fui n'ont pas encore> atteint t^â^e de raison y leur jteunesse m'empêchait de quitter le monde ^ * et y pipre sans femme me paraissait scandaleux. Béni par le métropolitain Cyrille y j'ai cherché long-temps une épouse ^ que j'ai enfin
choisie après un mûr exarttert. Mais la haine iS^a. et Venvie ont fait périr Marpha qui y réeh lementy n*a été tzarîne que de nom. A peine fiancée y elle a perdu la santé y et y quinze jours après son hymeuy elle est morte pierge. Désespéré y abattu par le chagrin y Je voulais me consacrer à la vie monastique^ mais ayant reporté • m£s regards sur la jeunesse de mes enfans et la détressé de mes États y j^ai osé me marier une quatrième fois* Je supplie les saints épéques de m^ accorder V absolution et leur bénédiction. Cet acte d'humilité d'un souverain puissant ( disent les actes de ee concile) toucha profondément rassemblée des prélats qui versaient des larmes sur la faute et sur le coupable. On fit lecture des canons oecuméniques , on en discuta Fapplicati(Mi et il fut décidé que le mariage serait confirmé en faveur du fervent, de V humble repentir du monarque y et en' lui intimant défense d^entrer dans Féglis^ avant le jour de Pâques^ coiûrae de s'approcher, jusque-là, delà sainte table et de ne manger de pain béni que les jours de fête. n lui était également ordonné de se placer à l'église, pendant une année, avec les pénitensy et une autre avec les fidèles. Mais, en cas de guerre, on le relevait de cette pénitence, dont les prélats se chargeaient eux-mêmes, s'énga-
^5^a. géant en même temps à prier poui^ la tzarîne Anne. Afin que Faction illégale du tzar ne trou* vât point d'imitateurs parmi le peuple , ils me* nacèrént d'un anath^me fulminant celui qui ag^vrii. oscrait couvolcr en quatrièmes noces. L'acte d'absolution fiit signé par trois archevêques, seize évêques , plusieurs archimandrites et les prieurs des coixvens les plus respectés. Ayant ainsi tranquillisé la conscience de lean^ ils s'ocçu^ pèrent d'une autre affaire importante , l'élection
Mai- d'un métropolitain. Antoine^ archevêque de Polotsk> fut honoré de ce titre.
Cependant le tzar, bien qu'il désirât la paix> faisait des préparatifs de guerre : il appelait au service tous les enfans-boyards > faisait fortifier Bolkhof , Orel, villes du midi^ fondées depuis peu de temps dans un désert, entrait en négociations avec plusieurs puissances de l'Europe, et renouvelait l'alliance de la Russie avec l'An- ' gleterre . L'indifférence qu'avait montrée la reine Elisabeth, lors de la confidence du projet de chercher un asyle en Angleterre , avait vivement excité lé mécontentement du tzar, et peu s'en fallut qu'il ne chassât de seê États tous les marchands de Londres, accusés d'une avidité déloyale. Afin de l'apaiser, Elisabeth lui envoya, pour la quatrième fois, Jenkinson, chargé
de lui porter les assurances d*une amitié sincère «5^a^ et inaltérabk. Jean répondit : « Pourquoi donc w la reine, imiquement occupée des avantages » du commerce anglais , ne m*a-t-elle pas té^ n moigné le moindre intérêt dans des circons- » tances décisives pour mon sort ? Je sais que le » négoce est d'une grande importance pour un » État ; mais les affaires particulières des sou- » verains doivent passer avant celles des ma r- » chands. » Jenkinson cherchait à justifier Élisabèth , en rejetant tout le tort sur Fignorance des interprètes qui avaient mal rendu ses expressions animées d'une vive amitié pour le tzar. Il s'informa des griefs reprochés aux marchands anglais, et, récapitulant les services qu^ils avaient rendus à la Russie, il s'efforça de prouver que , conformément à la volonté de leur reine , îk avaient contribué aux succès de nos armes en Livonie, en s'opposant aux entreprises dès puis-r sances du Nord, dont Fintention était d'intercep- * ter la communication maritime de Narva, afin de priver la Russie des avantages du commerce delà Baltique. Satisfait de ces explications, Jean déclara qu'il faisait grâce à tous les Anglais, sans vouloir expliquer leur délit. Il ajouta : « Je n'accuse pas ceux à qui je pardonne. Soyons >> amis comme auparavant. Le secret que j'ai
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'^7^- » cQiifié à la Reiue ne doit jàwais être divulgué. » A la vçrité les circonstances sont cjiangée$ » aujourd'hui ; toutefois , en cas de jbeaoin ^ j'ou- » vrirai mon âno^ à Elisabeth ^ ma kien«^imée » sqeur^ avec une confiance absolue. » C^est-àdire qu'après la destruction de ses prétendus ennemis domestiques ^ il ue songeait jplus à se réfugier à Londres. Je^Jj^inson^i ayant dond obten]i pour les marchands de sa nation une au- , torisation nouvelle de commercer en Russie^ proposa d'établir à Astrakhan un comptoir pour les échanges de marchandises avec la Perse et de construire des magi^^ius à JColmogore. Il de-^ manda ensuite ^
1*^. Qu'on laissât aux artistes et ouvriers anglais qui se trouvaient k Moscou pleine liberté de retourner danç leur patrie ;
2". Qu'il fut tenu compte aux négocians anglais 4e U yaleur des marchandises par eux fournies à crédit à. plusieurs gentilshommes du tzar suppliciés j
3^ Que le montant des pertes à eux occasion^ pées par l'incendie de Moscou ^^ leur fût également remboursé.
Il paraît que ces diverses réclamations furent désagré^nl^les au tzar. Il répondit que les étrangers étaient maîtres d'habiter ou de quitter la
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Russie : au sujet des dettes, ii promit de &ire '57a. prendre des informations sur leur validité , ajoutant que dorénavant il 11e voulait plus en entendre parler ; enfin qu'il ne pouvait être responsable des donunages de l'incendie et des effets du courroux céleste y qui avaient réduit en cendres la ville de Moscou. Jenkinson^ muni d'une lettre amicale pour Elisabeth ^ &t congédié avec honneur.
Dans ses nouvelles relations avec le Dane- Négocia-
1 iTfci T /'iM • lions avec
marck et la rologne^ Jean^ ndèle aux anciennes i« Danemaximes 9 se conduisait avec une orgueilleuse la Pologne opiniâtreté. Frédéric, roi de Daneiharck , qui ne lui avait pas donné connaissance de son alliance avec la Suède , ne paraissait prendre aucun intérêt h la destinée de Magnus ; mais il donnait au tzar de continuelles assurances de son amitié inaltérable : il se plaignait de ce que les Russes enlevaient aux Norvégiens leurs terres y leurs pêcheries 9 et demandait des lettres de sauvegarde pour les ambassadeurs de Maximilieu, qu'une affaire importante appelait à Moscou, (c Frédéric fait très-bien, répondit le » tzar , de vouloir être jiotre ami fidèle j usqu'à » la mort; mais ce que je n'approuve pas, c'est » que , sans notre permission , il contracte al- )) liance avec l'ennemi de la Russie. Il faut qu'il
iS^a. » change de système ; qu'il embrasse la même » cause que nous^ et persuade aux Suédois de » se soumettre à nos Tolontes. Quant aux affaires » de la Norvège, nous prendrons à ce sujet » d'exactes informations , afin de lui en . rendre » satisfaction dans un court délai. Nous atteni> dons les ambassadeurs de notice frère Maxi- » milieu. La route est libre pour leur arrivée » ici , comme pour leur retour en Allemagne. » Harabourda , envoyé de Pologne , déclara à Jean que, dans plusieurs villes d'Allemagne, on faisait circuler sous son nom des lettres injurieuses pourSigismond, remplies de mensonges et d'absurdités. Il demandait que le tzar désavouât hautement ces calomnies répandues par la haine. « Le duc Magnus , disait-il , envahit les domai*- 1) nés royaux avec le secours des Russes, et, au » mépris des articles du traité , ceux-ci ont oc- » cupé Tarvast. Enfin Sigismond serait disposé » à céder à la Russie plusieurs villes de la Li- » vonie, en échange de Polotsk. » Chelkalof, secrétaire du tzar , fut chargé de répondre à ces diverses demandes. Selon lui , les libelles répandus contre le roi avaient été forgés parles Allemands , Taube et Kreuse , pour réfuter les choses indiscrètes avancées par Sigismond. Ces deux vagabonds s^ étant réfugiés en Pologne , le roi
^oït les enpqyw à Moscou pour y subir la peine lî?^quHls ont méritée et a alors y ajoutait-il^ le tzar » déclarera incessamment à tous les souverains » de V Europe que ces lettres y offensantes pour » Sigismondj sont apocryphes : quant à la ville » de Tarvasty elle est occupée par nos troupes n parce qu^elle nous appartient Jfagnus n^at-n taque point les domaines de la Pologne ^ mais » seulement ceux de la Suède. Si le roi veut aban- >i donner toute la Livonie à la Russie ^ nous lui » céderons Polotsh et la Courlande : et au sur'n plus f pour terminer une affaire de cette im-- » partance y Jean attendra d Pshofles ambassa- » deursduroi
En efFet^ le tzar se disposait à faire un nouveau Depan de voyage h Novgorod pour conclure la paix ou con- «o^go^od^ tinuer la guerre avec la Suède , qu'il méprisait ; et dan$ quelles circonstances K ... , au moment où^ ne recevant pas de nouvelles de la Tauride^ il lui était facile de deviner les intentions hostiles du khan! lorsque^ déjà^ des bruits, avantcoureurs du danger y annonçaient une nouvelle invasion des Tatars , et que la sûreté de Moscou, celle de la Russie, nécessitaient la présence du souverain dans une capitale à peine sortie de ses cendres , faible , encore effrayée par Faffreux souvenir de ses derniers malheurs ! Ce projet de
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1573. Jean semblait n'avoir d'autre but que celui de chercher sa sûreté personnelle dans une contrée éloigaée. Il fit expédier sur Novgorod quatre cent cinquante chariots chargés de trésors et partit^ emmenant ayec lui sa jeune épouse 9 ses deux fils y le izarévitch Michel ^ fils de Kaïboula ; Etienne 9 voïév.ode de Moldavie; Badoul^ voievode dé Valachie ; les frères de la tzarioe^ Grégoire et Alexandre Koltovsky , un petit nombre de boyards^ ses favoris ^ ses secrétaires et sa troupe d'élite. La preuve qu'il prévoyait le siège de Moscou^ c'est qu'il en confia là défense aux princes Takipatof et JDolgorouky • 11 laissa aussi un corps d'armée en campagne. Le plus illustre de 3es capitaines , le prmce Michel Vorotinsky , le boyard Schérémétief ^ les princes Odoïevsky et Khovansky^ ses dignes compagnons d'armes y étaient campés sur les rives de FOka pour attendre et repousser les Tatars, Le tzar leur donna son bataillon allemand composé de sept mille hommes et commandé par Georges Fahrénsbach; mais lui-^même était déjà loin de sa capitale !
A son arrivée à Novgorod^ il envoya des renforts à Dorpat ^ k Fellin ; il attendait des nouvelles du roi de Suède y et il écrivait à Sigismond que le succès des affaires d'État dépendant du
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choix des honumes par qui elles étaient traitées j 1673. le Castellan Trotzkjy , Eustaehe Voloyitch et le secrétaire Harabourda lui paraissaient^ plus que tous l^s autres grands de Pologne ^ habiles à procurer à leur patrie uue paix solide avec la Russie : le Roi ue jugea k propos d'acquiescer aux désirs de Jeao^ car il lui répondit que ses ambassadeurs seraient des dignitaires aussi es^ timés que Volovitch et Harabourda'. Cette lettre de Sigismond fîit sa dernière au tzar. Il mourut le .18 juillet^ laissant aux grands de son pays le conseil d'offrir la couronne dés Jagellons au mo^ narqùe moscovite. Us s'empressèrent d'annoncer au tzar la mort de Sigismond^ promettant d'entamer bientôt avec ' lui des négociations d'une haute importance. Une perspective nouvelle, favorable à l'ambition de Jean , s'ouvrait devant lui. . • . t Néanmoins y à cette époque ^ le désir de conquérir de nouveaux États occupait moins sa pensée que les moyens de conserver les siens.
Devlet-Ghîreï semblait, depuis quelque temps, livré à une complète inaction. Il se re-* posi^it, mais sans desseller êes chevaux. Peu sa*tisfait d'avoir désolé la Moscovie, d'avoir abaissé v l'orgueil de Jean , il conservait Ifespoir de s'enrichir, une autre fois encore, de butin et de pri-
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ï572. sonniers , sans livrer bataille; il se croyait certain d'atteindre notre capitale , de détrôner, même d'expulser le tzar sans rencontrer d'obstacles et n'ayant qu'à tuer des hommes désarmés. Un jour il dit à seslioulans^ aux princes, aux grands de sa cour, « au lieu de perdre son )) temps à une correspondance fallacieuse , il » faut décider, avec le tzar de Moscovie en » personne , l'affaire d'Astrakhan et de Kazan. » Aussitôt il se précipite , par une route qui lui* était déjà connue , vers le Don et TOngra , traversant, sans aucun danger, des stepps, des villes incendiées, des villages en ruine, et à la tête d'une armée telle que les khans n'en avaient point rassemblée depuis M amaï , Tokhtamouich et Âkmet. Il s'y trouvait des Nogaïs, des Janissaires du Sultan et un train d'artillerie considérable. Les Russes, peu nombreux, se tenaient renfermés dans leurs forteresses; rarement voyait-on en campagne quelques cavaliers; encore y paraissaient-ils comme éclaireurs , et non pas pour combattre. Bientôt le khân découvrit rOka, et, sur la rive gauche de ce fleuve, à trois* verstes de Serpoukhof, il aperçut l'armée moscovite dans des retranchemens , garnis de fortes batteries. Cet end«H>it était regardé comme le plus propre -au passage; le khan, trompant
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l'attention .des Russes par une vive canonnade, i^v'^trouva un gué moins défendu, de sorte que le jour suivant il était sur la rive gauche de l'Oka et sur la route de Moscou ^
Cette nouvelle parvint à Novgorod le 3i juillet. Le tzar, dissimulant le trouble intérieur dont son âme était agitée, donnait des fêtes et des banquets à l'occasion des nodes de son beau-frère Koltovsky , et disait noyer des enfans-boyards dans le Yolkhof. Il avait encore des troupes, mais il n'était plus temps de les envoyer à la défense de la capitale. Il attend donc, dans l'inaction, des nouvelles décisives, tandis que Moscou , livrée à la frayeur, apprenait que déjà le khan désignait dans son enceinte les maisons que devaient habiter les grands de Crimée. C'était le moment de décider si le tzar courroucé avait raisQn> d'accuser les généraux russes de lâcheté , d'insousiance , de froideur pour le bien-être et la gloire de leur patrie.
Vorotinsky , abandonnant d'inutiles retranchemens, se jçta à la poursuite de l'ennemi, parvint à l'atteindre , le força de s'arrêter et de combattre, le i". août , près de Molody , à cinquante verstes de Moscou. L'armée du khan s'élevait à cent-vingt mille hommes , celle des Russes était bien inférieure en nombre : la vie-
157a. toire dcYait procurer aux Tatàrs Astrakhan et Kaxan, et leur faciliter une libre retraite ; les Russes combattaieûtpôur tout ee qui pouvait les attacher à la vie , pour la religion , la patrie , leurs familles. Moscou délaissée par son souverain ' lear causait un vif attendrissement ^ augmenté encore par Fidce qu'elle ne s^était relevée de ses cendres' que pour subir une nouvelle deëtmction. Bientât commença un combat à mort . et les rives de la Lopasnia et du Rojaï furent inondées de sang. ^Otttre les ravages de l'artillerie, les combattans , acharnés Vun contre l'autre , s'égorgeaient à IWme blanche et cherchaient, au milieu de la mêlée , à l'emporter d'audace et d'opiniâtreté. Vorotinsky combattait et observait en même temps les mouvemens de Fennemi : il faisait manéenvrer, il encourageait ses troupes ; il inventait des ruses de guerre et attirait les Tatars dans des positions où ils se trouvaient exposés au feu des batteries cachées, qui en enlevaient, à la Ibis, des files entières. Au moment' où les deux armées fatiguées de mouvemens rapides dans tous lés sens, commençaient à faiblir, à désirer la fin de l'action , Vorotinsky , couvert de sang et de sueur , se fraie un passage par un vallon étroit et tombe sur les derrières de l'ennemi.... Cette habile manœuvre fixa la victoire
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et décida du sort de la bataille. Le khan, profi- 1572. tant delà nuit, s'enfuit dans les déserts, aban- victoire tiu donnant aux Russes ses bagages, ses tentes et son Fodnskv? propre drapeau ; selon le rapport des contemporains, il ne ramena en Tauride qu^environ vingt mille cayaliers. Les plus illustres de ses princes restèrent sur le champ de bataille, et Diyi-Mourza, ie héros des infidèles , le fléau , l'exterminateur des chrétiens, se rendit prisonnier au brave Alatjhin de Souzdal. Dans cette journée, l'une de& plus mémorables de nos annales , les Russes sauvèrent et leur capitale et leur honneur ; ils affermirent leur domination sur Astrakhan et Kazan, vengèrent l'incendie de Moscou, et, sinon pour toujours, au moins pour long-temps, ils imposèrent respect aux Tatars de Crimée. La terre engloutit, leurs cadavres entre la Lopasnia et le Rojaï, à l'endroit oii l'on voit encore de nosjx)urs de hautes élévations, monumens de cette célèbre victoire , ainsi que de la gloire du prince Vorotinsky.
Le 6 d'août, cette nouvelle parvint à Novgorod. Le dignitaire Davidof et le prince Nogtef , témoins d'un triomphe auquel ils avaient coopéré, en apportèrent }es trophées au tzar. C'était deux arcs et deux sabres de De vle*-€rhireï , qu'ils lui remirent avec l'expression d'une joie à laquelle
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157a. ils n^ëtaient plus habitués. Us le félicitèrent au nom de ses vaillans vpïévodes qui , après Dieu, lui attribuaient toute leur gloire. Etranger au sentiment de la reconnaissance il ne vit, dans cet événement , que le bonheur d'être délivré de ses inquiétudes ; il combla de faveur les messagers et les voiévodes^ fit sonner les cloches , chanter un Te Deum jour et nuit^ pendant une semaine entière ; et signalant lui-même sa pusillanimité , comme pour prouver que la crainte seule de Uinvasion du khan^ et non pas les affaires de Li vonie ou de Suède ^ lui avait fait abandonner sa capitale^ il se hâta d'y retourner avec son épouse^ ses fils et toute sa cour^ afin de recevoir les actions de grâce du peuple pour le salut de la patrie.
Lcuie Avant de quitter Novgorod, Jean écrivit une Suède, lettre fulminante au roi de Suède, a J'avais » pensé, lui disait-il, que toi et ton pays, châtiés • » par notre colère, vous étiez revenus de vos or- » gueilleuses prétentions , et j'attendais tes am- » bassadeurs ; ils ne viennent pas et tu fais courir » le bruit que 7^ te demande la paix !.... Je « vois que le sort^ de la Suède ne t'inspire au- » cune pitié et que tu comptes sur tes richesses. )) Informe-toi comme le khan de Crimée a été » traité par nos voïévodes. Nous allons partir
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» pour Moscou ; mais nous reviendrons à Nov- 1572. n gorod au mois de décembre^ et tu verras alors » comment le tzar de Aussie et son armée dfe- » mandent là paix aux Suédois. »
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