‹ Histoire de l'empire de Russie (volume 3)Chapitre 12 sur 38 · Tome IX · texte numérisé non relu

Tome IX

Of

l58^ .HISTOIRE

CHAPlTaE IV.

Suite du règne de Jean le Terrible.

Licenciement de Vopritchnina. — Godounôf. — Affaires de Crimée. — Guerre en Esthonie. — Révolte dans la province de Kazan. — Mariage.de Magnus. — Trêve avec la Suède. — Affaires de Pologne. — Alliance avec FAutriche. — Batory, élu roi de Pologne. — Guerre de Livonie. —Trahison de Magnos. — Lettre de Kourbskj. — Sixième époque des meurtres. — Di^utes sur la primauté. — Exemple de fidélité. — Cinquième et sixième ^ mariages de Jean.

1573. Jean rentra triomphant à Moscou. La fortune semblait le favoriser ! Les désastres'^ les dangers^ les ennemis ^ les maladies mortelles ^ la famine , tout ayait disparu : le khan était dompté ; le Sultan ne songeait plus à la guerre : la Lithuanie et la Pologne , sans roi , recherchaient sincèrement l'amitié de la Russie : la Suède n'avait dans son gouvernement ni forces ^ ni régularité^ et le tzar , qui avait. laissé une armée nombreuse

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en Livonie, trouvait à Moscou soixante-dix mille «57». vainqueurs prêts à de nouveaux triompher; niais sans tirer le glaive^ sans effusion de sang^ il lui était facile d'exécuter une grande œuvre , d'accomplir l'important projet de son père, et de replacer sous la domination de la Moàcovie , en ^ vertu d'une élection paisible et volontaire , les pays perdus dans les temps désasti'eux dé Bâti , en y aj<)|itant encore l'ancien patrimoine des Piastes , c'est-à-dire de devenir roi de Pologne. Le trouble intérieur d'une âme haineuse pouvait seul l'empêcher de jouir d'une perspective si favorable à son ambition. Toutefois il semblait qu'en délivrant la Russie de la peste et de la famine , le Ciel eût voulu aussi adoucir le coeur d'un. souverain qui avait éprouvé, par les horreurs d'une tyrannie sans exemple , l'inébranlable fidélité de ses sujets. Il n'apercevait plus l'ombre d'unie résistance, le moindre danger , pour sa personne : il avait exterminé ce qu'il appelait les ambitieux y les fiers amis d'Adaschef , vertueux et principaux agens de la première époque de son règne : leurs rangs, leurs richesses étaient devenus le partage de nouveaux digni-* taires , muets cômplaisans de sa cruauté. Ras- Licencie. snré de la sorte , il abolit tout à coup , au joyeux r^^ritcbétonnement de ses sujets , l'odieuse légion des

iS?*. opritchniks , jusqu'alors le bras droit de reiler*

minat€ur; qui, depuis sept apoées., couvraient

' la Russie de sang, de ruines, et déchiraient

l'État. Ge nom terrible disparut avec son hideux

symbole; ainsi que l'extravagante division des

\ ** provinces , des villes , de la cour, des tribunaux et de l'armée, ha commune méprisée reprit Je nom de Russie. Les élus, dépouillés de leur uni-* forme > se rangèrent parmi les courtis^iis oridi** naires, ou au nombre des fonctioimaires d'£tat> des militaires , n'étant plus soumis à un chef de . bandes sanguinaires , mais à un souverain qui paraissait disposé à n'établir aucune différence entre ses sujets. Les Russes osèrent penser que le terme dès meurtres, des pillages était arrivé! que la mesure de leurs maux était comblée ! Ils osèrent espérer que la patrie affligée trouvei'ait enfin le repos sous l'égide d'un pouvoir légal.

Quelques actes de justice exercés par Jean, à cette époque , servaient à entretenir ces espérances. A-yaût déclaré que les ennemis du magnanime Philippe étaient d'impudens calomniateurs , il exila dans File de Valam l'artificieux Païssy , prieur de Solovky ; l'évêque de Rezan, l'indigne Philothée , ftit dépouillé de son ï'arig* L'officier Robylin , cruel et farouqhe surveillant

de Philippe^ fut renfermé dans le monastèfe de i^:». Fîle Kameny : plusieurs autres complices du crime furent chassés avec ignominie de la pré-r sence du tzar. Le peuple satisfait voyait, dans leurs revers, la preuve que la Providence hV vait point abandonné la Russie à une aveugle fatalité j qu'il e3:istait un vengeur éternel, et une justice céleste.

Le principal satellite de la tyrannie existait encore ! M aluta Skouratof, pour qui la faveur de Jean ne se démentit jamais^ semblait, ainsi que son royal ami, réservé à un autre tribunal que celui des hommes. Par affection pour lui ( si toutefois les tyrans peuvent en avoir pour per-. sonne ) le monarque comluençait alors la fortune d'un j eune bomm e , gendre de Maluta , et parent dé la première épouse de Jean. Boris Godounof; Godounof . qui déjà nourrissait le germe dès vertus d'un grand homme et d'une criminelle anpibition, était comblé de tous les dons de la nature : il avait une taille majestueuse , une belle physionomie , un esprit pénétrant , et , dans ces temps de ter-r reur , il se tenait auprès du trône ensanglanté , saiis se souiller par une odieuse participation aux meurtres, funeste solidarité qu'il savait éviter avec adresse ! Il attendait une époque plus fortunée , et brillant au milieu des féroces oprit*

1575. chniks^ autant par la douceur de son caractère que par la beauté de son physique , complaisant en apparence 9 inébranlable dans la profondeur de ses vues , courtisan plutôt que guerrier, Godopnof ne paraissait sous les drapeaux de la patrie, que près de la personne du monarque et au nombre de ses écuyers. Bien qu'il n'eût encore aucun rang distingué , il figura parmi les premiers officiers de la cour aux noces de Jean avec Marpba , et sa femme y remplit une charge que Fon donnait ordinairement à la première dame; témoignage de l'extrême Êiveur dont il jouissait auprès du monarque ! Peut-être cet am-^ bitieux adroit, désirant acquérir des titres à la reconnaissance de la patrie, cohtribua-t-il à la suppression de Vopritchnina ? Sans faire entendre au tzar le langage de la vertu, que ce monarque détestait, il lui parla, sans doute, avec cette politique indulgente qui ne rebute pas les mauvais princes et qui , fermant les yeux sur une infinité de choses réprptivées par la conscience, mais qu'elle considère comme essentielles pour leur bien-être personnel, ne rejette que le mal inutile dans ce sens : car, ainsi que nous le verrons bientôt, le tzar ne corrigea point ses mœurs , et quoiqu'il eût brisé l'instrument de la tyrannie pour lequel il avait, jusque-là, mon-

tré t^iit de [»iédilectiQQ ^ il n'en continua pas 157a. moiiip à vivre en tyran ! > . • .

U était satisfait des di^positiona du peuple re- Affaires connaissant : il se trouvait afiranchi de la honte , débarrassé de la crainte, et, à son retour dans la capitale , il reçut avec hauteur le messager du khan. Les dépêches de Devlet-Ghireï assuraient qu'il n'avait pas eu la moindre intention d'envahir la Russie et que le désir de conclure la paix l'avait', seul, coi^duit à Moscou. « Vos voïé- » vodes , disait -t il, se vantent d'une prétendue A> victoire : je ne me suis décidé à retourner sur » mes pas qu'entraîné par les instantes prières » des Nogaïs> dont les chëyaux étaient liarassés » de fatigue; et, d'^ailleurs, les petites éscar- » moucher qui ont eu lieu prouvent assez la su* M périorité de courage des Tatars sur les Russes. >j Nous faudfa-t-il donc réclanier toujours As- >j trakhan et Kazan les armes à la main? Ren- » dez^noûs ces villes et nou,s devenons amis à » jamais : cette concession de votre part rfie sau- » vera d'un péché ; car, d'après notre loi, /nous Al ne pouvcms laisser les royaumes musulmans }} entre les mains des infidèles* Nous n'ambi- » tionnons pas vos richesses : nous avohs pour ' » voisins, d^un côté les Polonais, de l'autre les }) Tcherkesses; nous ferons la guerre aux uns

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|57Q. » dant ma captmté ^ j'ai fait périr lés traîtres )) russes qui ont voulu te perdre ; ils ont ëtë se- » crètement immolés de ma main^ et il n'en reste » plus dans ces lieux un seul au nombre des }) vivans. Je plaisantais à la table de mon sôu- » verain pour l'égayer; aujourd'hui je meurs » pour Dieu et -pour lui. C'est par une grâce » partiduiière du Très-Haut que je respire enyy core* C'est l'ardeur de mon zèle'pour ton ser- », vice qui me stoutient , afin que je puisse re- M tourner en Russie pourrécommencer à divertir » mon prince. Mon corps est en Crimée, mais » mon âme est avec Dieu et ta majesté. Je ne » crains pas la mort, je ne crains que ta dis- » grâce ! » C'étaient des misérables de cette espèce qu'il fallait à Jean pour son amusement et, à ce qu'il croyait, pour sa sécurité. Il racheta Griaznoï au moyen d'une rançon de 2,000 roubles, et Divy mourut prisonnier à Novgorod. Cet événement causa de vifs regrets au tzar, car, pour obtenir la liberté de cet illustre captif, le khan était prêt à sanctionner un traité d'alliance avec la Russie , abandonnant ses prétentions sur Astrakhan. Toutefois on expédiait de Moscou en Crimée des lettres bienveillantes , moins relatives à la paix que pour obtenir sur ce pays des renaeignemens qui contribuèrent fortement à la

tranquillité de la Russie. *En eSety une famine 157:4. désastreuse désolait la .Tauride : les cosaques du Don et du Dnieper y faisaient de continuelles invasions. Les premiers s'étaient tnême emparés d'Azof^ et^ bien qu'ils n'eussent pu s'y maintenir*, ils ti'en avaient pas moins étonné Constantinople par leur audace. Le khan ^ livré à des inquiétu-^ des sans cesse renouvelées^ redoutait à la fois Iccourrottx du Sultan , une révolte intestine , et l'accroissement de puissance que la Russie devait obtenir d'un projet dont il entendait parler, c'est-à-dire celui jEbrmé par les grands de Pologne de placer Jean sur le trône de leur pays.

Les circonstances , garantissant la sûreté des Relation

i» •\ t • • • avec la Po

frontières sud-est de l'Empire, laissaient au tzâr lognc. entière faculté de s'occuper d'autres affaires importantes de politique extérieure. Les grands de Pologne et ceux de Lithuanie le suppliaient d'avoir pitié de leur patrie en deuil et de ne trou- ' bler, par aucun acte d'hostilité , ni le royaume, ni même la Livonie , au moment où une paix étemelle était sur le point dg se conclure. Le tzar fit appeler en sa présence Voropaï , ambassadeur de Pologne, et lui manifesta ouvertement le désir d'être nommé successeur de Sigismond : puis faisant parade de sa puissance , de ses richesses, il s'accusa franchement de ses

s Po-

15721. cruautés ^ cherchant , comme à Fordinaire ^ à les excuser par la perfidie des boyards. Son discours, remarquable par une feinte naïveté, par une condescendance , une modération bien éloignées de son naturel , est un des traits caractéristiques de Fesprit de Jean, or Théodore , dit-il à Fam- )i bassadëur , tu m'as annoncé , au nom des » grands de JPologne , la mort de mon frère Si-

-. » gismond Auguste. J'avais déjà appris cette y) nouvelle, mais sans y ajouter foi ; car, nous » autres monarques chrétiens , on nous fait sou- » vent passer pour morts, tandis que par la » grâce de Dieu nous vivons et prospérons » maintenant ; j'y donne confiance , et m'en » afflige d'autant plus qu'il ne reste de Sigis- >y mond , ni fils, ni frère pour avoir soin du sa- » lut de son âme et veiller à la conservation de >i S£L mémoire. Il n'a laissé que deux sœurs dont ^ » l'une est mariée; mais comment se conduit- ' » elle en Suède ? Malheureusement cela est connu » de tout le monde ! L'autre vierge, sans défen- » r seurs , sans protecteur , n'a que Dieu pour » appui ! Dans ce moment vos grands sont sans » chef; car, bien que vous ayez beaucoup de » têtes ^ vous n'en avez pas de celles supérieures )) capables de réunir toutes les pensées, toutes » les conceptions élevées d'un homme d'Etat,

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» ainsi qu'on voit FOcéan rëunir toutes les sour- ^s^a. » €es..^«.. Long-temps ennemis ^ mon frère Si- » gismond et ^oi , avions vu enfin nos haines ^ apaisées , Tamitié commençait à s'établir » entre nous; chaque jour l'aurait vue raffewnir, » et Sigismond n'est plus!.... L'impiété lève la >i tête et le christianisme est abaissé ! Si vous >i vous décidiez à me reconnaître pour votre sou- >i verain , vous verriez que je sais être un Mo- » nargue défenseur I L'impiéjté cesserait de se » réjouir y et ni Constantinople y ni la superbe >i Rome y ne nous feraient plus supporter d'hu- » filiations. On m'a décrié dans votre patrie y D me signalant comme un prince irascible et M cruel: je ne démens pas cette assertion ; mais » si l'on me demande contre qui se déploie ma » rigueur^ je répondrai contre les méchans. }} Quant aux bons^ je leur donnerais^ sans hé- » siter^ jusqu'à la chaîne d'or, jusqu'aux vête- » mens que je porte..... » Ici le dignitaire Maluta Skouratof^ interrompant le discours de Jean^ lui dit j « Tzar autocrate ! vos trésors ne sont » point épuisés;, vous avez de quoi faire des lar- » gesses à vos serviteurs fidèles. — A Vilna , » comme à Varsovie y poursuivit le tzar y l'on » n'ignore pas l'opulence dont jouissaient mon M père et mon aïeul. Je suis deux fois plus riche

1573. » et pins fort qu'eux y soit dit en passant. Est-il » étonnant que vos rois aient de rattachement » pour des sujets qui les aiment ? Les miens ont » voulu me livrer entre les mains du khan : » places entre lui et moi , ils ont refasc de com- » battre 5 tandis que sans remporter la victoire ^ » ils m'auraient au moins ménage le temps de me » préparer à une nouvelle bataille. J'aurais reçu » avec reconnaissance ^ comme un témoignage » de leur zèle^ une seule flèche^ un seul fouet des » Tatarsl Je n'avais auprès de ma personne que » six mille guerriers : toutefois le nombre su^ - » périeur de l'ennemi ne m'a point intimidé ; » mais voyant la mauvaise foi de ceux chargés » d'exécuter mes ordres ^ je me suis éloigné de » ma capitale ^ qu'un seul millier de braves au- » rait pu sauver. Qu'auraient fait l'ai«mée-et le n peuple y lorsque les hommes de distinction ne » voulaient pas se défehdre? Le khan a incendié » Moscou et l'on ne m'a pa& même instruit de » cet événement. Voilà les actions de mes » boyards ! J'ai feit périr les traîtres , mais les » traite-t-on mieux à Vilna ? Le scélérat Vie- » torin n'y a-t-il pas été mis à mort, convaincu » du projet d'attenter à la vie de notre firère » Sigismond? On a répandu le bruit que j'avais » pris part à ce complot, calomnie atroce autant

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» qu'absurde! » (Ce Victorin avait été écartelé i57». à y ihjia en 1 563 y comme coupable d'avoir en^ treteuu ime correspondance secrète avec le tzar de Môscovie. ) a Qui peut me noircir aux yeux M d^ vos compatriotes ? Mes ennemis ! des traî- » tresl Kourbsky et ses pareils. •••>• Kourbsky! » cet homme a prive mon fils ( montrant le n tzarévitch Jean ) de sa mère : il m'a enlevé » une épouse chérie > et , j'en appelle Dieu à té- » moin 5 je ne pensais pas à le punir de mort y » mais seulement à le priver pour quelque temps n de la dignité de boyard et des biens qu'il te* » nait de ma libéralité. £n un mot ^ voule&-vous M savoir si je suis bon ou méchant? Envoyezn moi vos enfans pour me servir avec fidélité : » comblés de mes Êiveurs^ ils pourront apprécier » la vérité I . * Si^ par la volonté du Tout-Puissant^ I» je suis appelé à régner sur vous> je promets » d'observer scrupuleusement vos lois, de res- » pecter vos franchises et privilèges, de les » étendre même s'il en est besoin. Dans le cas où » les grands songeraient à choisir pour roi un » des deux tzarévitchs, dites^leur que je ne con- » sentirai jams^s à me séparer de mes enfans. ») Enfin, si vous ne jugez pas à propos de me n reconnaitï*è pour vôtre souverain , vos grands n ambassadeurs pourront convenir avec moi des

1573. » conditions de la paix. Je ne tiens pas à Polotsk: » je <5onsentirai même à joindre à la cession de » cette ville quelques-uns de mes domaines hé- » reditaires , pourvu que vous in'«ibandonniez » la Livonie entière jusqu'à la Dvina. AlorâPmoL >» et mes epfans > nous nous engagerons ^ par un » serment solennel^ à ne jamais porter la guerre » en Pologne, tant que notre maison régnera sur » la Russie. En attenda^nt je ne violerai point la » trêve convenue entre nous, el j'attendrai vos » ambassadeurs pour lesquels je vous donne des » lettres de sûreté. Mais songea que le temps est » précieux. »

Guerre en Quelquc^ jours après cette conférence, Jean quitta Moscou, avec ses deux fils, pour aller organiser ses troupes à Novgorod , et tenir parole au roi de Suède. L'autoinne était très-avancé. Le tzar ayant trouvé l'armée prête à marcher , lui fit faire un mouvement sur Narva et en prit luimême le commandement. Il avait auprès de lui ses principaux boyards ainsi que le roi Magnus, enlevé de vive force à Ârènsbourg et amené à Jean plutôt comme prisonnier que comme son futur neveu. En un seul jour quatre-vingt mille Russes pénètrent en Esthonie, oùpersonne ne s'attendait à leur arrivée. De paisibles gentilshommes passaient la semaine de Noël à se

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jouir dans leurs châteaux; de sorte que les dé- 15^». tachemens de Pavant-garde russe trouvaient partout des banquets , de la musique et des bals. Comme l'ordre avait été donné de n'épargner personne , les soldats pillent les maisons , égorgent les habitans , violent les jeunes filles , sans rencontrer aucun obstaole jusqu'à la forteresse de Yittenstein : là > cinquante Suédois , secondés par les habitans de la ville et de la campagne y essayèrent de s'opposer à l'armée de Jean. Vit- 1573, tensteiû fut emportée d'assaut , mais le tzar y perdit son ami. Maluta Skouratof trouva une mort honorable sur les remparts de cette forteresse^ comme pour prouver que ses crimes avaient outre-passé la mesure des châtimens teiv restres ! A cette nouvelle, Jean, au lieu d'exhaler de douloureux regrets, laissa éclater une violente fureur : après avoir fait transporter , accompagné d'une riche aumône , le corps de Maluta au monastère de Saint- Joseph de Volotzk (son père, sa mère et son fils y étaient enterrés ) , il fit élever un bûcher où furent brûlés vifs tous les prisonniers suédois et allemands : holocauste digne des mânes d'un mortel qui n'avait respiré qu'homicides I

Maître de cette place importante, Jean écrivit au roi de Suède une nouvelle lettre remplie d'in-

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