Tome IX
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i57^. à rhomme^ occa$ionnè]?eat bientôt^ sur plusieurs points y une maladie contagieuse et mortelle, lie tzar donna Tordre d'iutercepter les communications ^ et des patrouilles de cavalerie arrêtaient ceux qui arriyaient sans passe-ports ^ ou par des chemins détournés: Il ëtgit même enjoint aux soldats de brûler ces voyageurs ainsi que leurs chevaux et bagages (74)- Cette caUmite' dura jusqu'en 167 3.
Mais ni le destin^ ni le tyran n'étaient encore rassasiés de victime ! Nous ne terminerons pas ici^ nous suspendrons seulement le tableau des malheurs de Is^ Russie pour fixer nos regards étonnés sijr Jean IV, qui paraissait y être in- 'différent, et pour le suivre dans les rapports de son activité politique.
Relations Au priutemps de l'année ï570, les amb^ssalogne . deurs de qagismond arrivèrent a Moscou , à 1 etfet de conclure la paix et dans l'espoir de Is^ procurer également y' par leur médiatiop ^ au roi de Suède (75), Mais ceci n^entrait en aucune façon (lans les vues de Jean. Reçus par ce priucç eu audience secrète , les envoyés lui dirent qu'à la mort de Sigisippnd, évéïieii^ent peu éloigné selon toute apparence^ les grands de Pologne songeaient à offrir la CQl:^*onne royale 4U t^ar^ comme à un prince de race slavonne , u^onarque
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chrétien et puissant. Jean reçut ces ouvertures *^T' avec les dehors de l'indiffërence et sans donner un aveii formel. Il répondit froidement : parla grâce de Dieu et les prièreà de nos ancêtres j la grandeur de la Russie est assurée* Qu^ai-ye be^ soin de la Lithuanie et de la Pologne î Toutes fois y si cette pensée vous occupe réellement^ voaa depez éviter de nous déplaire en suscitant des difficultés dans la sainte entreprise de la paix des Chrétiens. Malgré ces dispositions réciproques y les négociations n'eurent d'autre résultat qu'une trêve dé trois alis^ que Sigismond sanctionna à Varsovie ^ en présence dé nos ambassadeurs. A leur retour, ceux-ci annoncèrent au tzar que les grands de Pologne le considéraient comme leur futur maître et désiraient lui faire épouser la princesse Sophie , soeur du roi ; qu'ils ne voulaient se soumettre , ni à l'empereur, faible dé- ^ feiiseur de^ ses pf^opres États , ai aux aiutres sou-< verains plus ou moins inférieurs en puissance au tzar de Moscovie, ennemi terrible, mais dont kl protection [offrait le plus de garantie : l'am-' bitieux Jean ajoutait foi à ces discours et croyait déjà porter sa main sanguinaire sur la couronne 4}es Jagellons !
En attendant, il s'occupait avec ardeur des af^ Royaume fiiireir de la Livonie. Taube et Kruse , ses f^
1570. voris, élevés par lui à la dignité de membres du conseil 9 lui inspirèrent l'idée de former, au moyen des ci-devant domaines de l'Ordre Teutonique , un royaume particulier sous la dépendance immédiate de la Russie : ils lui donnaient l'assurance que , dans le cas oîi il prendrait ce partie les Livoniens se déclareraient en sa faveur, chasseraient de leur pays les Suédois et les Polonais, et deviendraient, eux et leur roi, les plus fidèles sujets% du tzar. Dès l'année i565, Jean avait, si l'on en croit les rapports contemporains, proposé la couronne de Livonie, sous le titre de vassal , à Furstemberg , son illustre prisonnier. Ce vieillard magnanime avait répondu à cette proposition qu'il aimait mieux terminer ses jours dans la captivité que de trahir sa conscience et les vœux sacrés de son Ordre(76). En 1669, 'I'^^^^ ^^ Kruse, qui possédaient l'entière confiance du tzar, entrèrent en relations avec les habitans de Revel,qu'ils engageaient à reconnaître sa domination , leur promettant Fdge d^ory la Jiberté et la paix. Contemplez y disaient-ils, le sort de la Livonie^ depuis douze dns, elle offre une suite non inter^rompuè d^è^ pouvantables calamités y de carnage et de déso^ lation. Il n^y a de garantie ni pour la i^iey ni pour la fortune des citoyens. Nous servons le
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puissant tzar de Moscoi/ie ^ mais y loin d^ avoir 1570. trahi notre première ^ notre véritable patrie , son bien-être %t son salut sont l^objet de nos désirs. Nous sapons que ce prince a formé le dessein de fondre y avec toutes ses forces ^ sur la Liponie pour en chasser les Suédois , les Polonais et les Danois. Où sont vos défenseurs ? L^ Allemagne ne songe pas à vous secourir : vous connaissez V indolence y là faiblesse de V Empereur. Le roi de Danemarch^n^ oserait pas adresser au tzar un mot téméraire. Sigismond décrépit a perdis sa fierté^ et tandis qvUil demande la paix à Mos^ cou y il opprime ses sujets de Livonie. La Suède attend la vengeance de Jean^ prêt à la châtier. F^ous-mémes seriez déjà assiégés si une peste cruelle , ravalant la Russie , n'avait jusqu'à ce jour empêché le tzar de s^ occuper de la
guerre. Il aime les Allemands ; il est issu de la maison de Bavière (j^) y et il vous donne parole que y sous sa domination ^ Revel sera la plus Heureuse des villes. Choisissez un souverain parmi les princes d'Allemagne : ce n'est pas, vous y mais seulement ce souverain qui dépendra de Jean y ainsi que les princes d' Allemagne dé^ pendjent de l' empereur ^ et pas autrement . Jouissez des douceurs de la paix ^ de la liberté y de tous les avantages du commerce , sans payer d'im-^
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i5jo. pAlê, aans être exposé9 omx fatigues du service militaire. Le tz,ar ne yet^t être que votre bienr faiteur. En même temps ils offraient, au nom de leur maître , le titre de roi de LÎTOuie à Go» thard , duc de Gourlande. On n'ajouta aucune foi à deux hommes regardés comme d'odieux émissaires du tyran de la Moscovi^. Jlevel ne voulut pas trahir la Suède.et Gothard resta fidèle à Sigismond. Alors l^ agens du tzar s'adressèrent à Magnus, prince danois, souy€rî4n de l'île d'OEsel , et, séduit par eux , ce jeune honime crédule consentit à devenir rinstrument de la politique de Jean , à l'insu du roi de Panemarck, son frère (78).
Pour témoigner %b^ confîiance dans l^s brillantes promesses qu'on lui avait faites, Magnus résolut de se rendre en personne auprès du t^ar» Il apprit à Dorpat le scyrt de Novgorod (79) : frappé de terreur , il fut au moment de s'en retourner; toutefois l'ambition l'emporta sur toute autre considération, et, continuant son voyage^ il arriva à Moscou avec une extrême magnificence, suivi de deux cents chevaux et d'un grand Bienveii- ïWïïl^ïe d'ofiicicrs OU de gens de service (80). II. tzar^ pour ^^ accuciUi ftvcc imo bienveillance toute par- Magnus. ti^J^lîè^e ; on lui donna des fêtes , et bientôt l'entr^rise projetée rççut son exécution. Le tzar
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timi^mk Magnks^ rai de Lironie : eèluif^i le rè^ 1S70. coBfiat pouï» son père et $o«iYeraiQ martre j enn sttite îl obtittt rhoimeuf d'êtte ch<yfsi poi» Fépoux d*Euphëmie, fille de Finfortuné prince YkrdîMiif et nièce din soraverain. Gepeiïdsint la noce fut (îîffisrée jusqu^àî de pltt& favorableiS circonstances. Jean promit à la fiancée tine dot de cinq tonneaux d'or; par égard pour son futur allié , il rendît la liberté aux prisonnier^ de Dorpat et lui donna tme arhiée destinée à chasser les Snédois de FEsthonie. Magnus ^ à la tête des troupes russes ', ayant k sa suite un grand nonibre d'Allemands, entra en LiTonie. Il annonçait à la fois aux habitans sa royatité> la fayeur de Jean , la réunion des domaines de Tordre , enfin Faurore de la tranquillité et du bonheur public. De leur côté, Taube et Kruse, munis des pleins-^pouvoirs du tzar, garantissaient solennellement sa bonne foi et sa sincérité : ils donnaient par écrit et de vive Voir Fassitrance que la Livonie resterait puissance indépendante , n'ayant à payer qu'un léger im^ pot à la Russie ; que led fonctionnaires mosco« vites y seraient remplacés par des Allemands, chargés seuls de gouverner le pays , au nom du roi- et dès lois. Quelques personnes, séduites par céa i^testations , se livraient à- la; joie ; leur
.ï5:o. illusion ne tarda pas. à s'évanouir ! Victime de son ambition et de sa crédulité' , M agnus attira sur la malheureuse Livonie de nouvelles calamités.
Ce prince suivait en tous poipts les avis de Taube et de Kruse : ce fut d'après leurs conseils que, le 2 5 août, il se porta sur Revel à la tête de vingt-cinq mille Russes et d'une nombreuse troupe d'Allemands, espérant soumettre cette ville sans effusion de s^ng ; mais les habitans rejetèrent toutes ses propositions. « Nous con- » naissons , dirent-ils , l'hypqcrisie du tzar : le » tyran de son peuple ne saurait devenir le )) bienfaiteur d'une nation étrangère. Magnus, >i jeune et sans expérience, est sans dqute en- » touré de conseillers perfides ou insensés , et » doit s'attendre , en Russie , au sort du prince » Michel Glinsky ; mais Reveine veut pas avoir » celui de Smolensk (8 1 ). » Le siège commença^ et avec lui des maladies contagieuses et mortelles se déclarèrent , tant dans la villes que dans le camp des Russes , qui montraient plus de patience que de bravoure et d'habileté. l^es travaux du siège les fatiguaieiit inutilement; l'effet de leur artillerie était presque nul. Ayant occupé des hauteurs vis-à-vis la porte de Revel, ils construisirent des. toui*s de bois, du
haut desquelles ils lançaient dans la place des iSt». boulets et des grenades ^ sans causer de notables dommages à l'ennemi. Cependant les froids de l'hiver commençaient. Les ge'néraux moscovites Yakovlef , Lykof et Krapotkin , incapables de s'emparer de Revel , se contentaient de la dévastation des villages d'Esthonie. Au mois de février ils expédièrent en Russie deux mille traîneaux chargés de butin (82). Us espéraient que la famine forcerait sous peu les assiégés à ouvrir leurs portes; mais la flotte suédoise les avait approvisionnés abondamment en munitions de guerre et de bouche. L'armée laissait éclater son mécontentement ; M agnus y au désespoir ^ accusait de ses revers les conseillers du tzar , et ne savait quel parti prendre. Il tenta d'envoyer encore à Revel son confesseur SchrafFer pour faire de nouvelles propositions aux habir tans. Ce ministre éloquent leur assurait avec effronterie « que Jean était un monarque vrai- » ment chrétien; qu'il préférait l'Église latine » à la grecque et se déciderait facilement à em- » brasser la confession d' Augsbourg ; que , sé- » vère par nécessité , mais seulement à l'égard }) des Russes , il était le véritable ami des AUe- >} ipands ; enfin que, par une résistance hors de » propos, Revel ne faisait que retarder l'àge^
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1570. » d^or dont la LÎTonie avait irn gage ceiiaÎQ »' dafis la perdoone de son jeune i^i. » Fbiir toute réponse on lui ordonna de se retirer^ et le 16 mars y après être resté plus de sept mois sous les murs de Reyel^ Magaus leva le siège ^ mit le feu à ses travaux , et se retira à la tête de sa troupe allemande à Oberpalen^ que le tzar \n\ avait donné par anticipation sur sa future royauté» L'armée russe prit ses cantonnemens dans la Livonie orientale (83).
L'inutilité de cette première tentative était laite pour irriter le tzar; instruit^ dans le même temps , que les rois de Suède et de Danemarck venaient de eonclure entre eiix un traite d'alliance ^ il en témoigna à Magnus le plus vif mécontentement , accusant son frère d'avoir rompu l'amitié qui l'unissait A la Russie^ pour rechercher celle d'un ennemi de Moscou (84)- Un autre événement inattendu vint augmenter encore l'inquiétude du tzar et de Magnus. Taube et Kruse^ redevables au premier de leur liberté, de leur élévation et de leur opulence , ayant perdu après le siège infructueux de Revel la confiance du nouveau roi de Livonie, et craignant de perdre aussi telle de Jean , oublièrent leurs sermens et Fhonneur, entrèrent en relations çeerèteS' avec les Suédois, avec les Polonais, et
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formèrent le dessein de s'emparer de Dorpat iS^c pour le livrer ensuite à l'une de ces puissances. Ce projet leur paraissait de fisictlé exécution^ car ils pouvaient disposer des Allemands à la solde du tzar qui , ne le servant que pour la paye , n'hésitaient pas à le trahir. D'un autre côté ^ les habitans les plus considérable^ de Dorpat ', ayant été long^temps prisonniers en Russie ^ dé* testaient y plus encore que les autres Livoniens^ la domination moscovite : on pouvait donc supposer^ de leur part^ une coopération active dans l'entreprise projetée. Pleins de cette idée , les factieux pénètrent dans la ville de vive force ; ils égorgent les premières sentinelles y appellent leurs amis^ leui^ frères, criant que l'heure de la liberté et de la vengeance est enfin arrivée. Mais lés habitans surpris restèrent tranquilles spectateur^ de ce qui se passait , et, aucun d'eux ne s'étant rangé du côté des traîtres, en peu d'instans les Russes en vinrent à bout. Ils sabrèrent les uns , chassèrent les autres , et dans leur colère, accusant les citoyens de complicité, ils mirent à mort plusieurs înnocens.
Taube et Kruse (85) se hâtèrent de prendre la fuite. Repoussés par les habitant de Re vel qui ne voulaient ni les voir, ni les entendre , ils furent chercher un asyle dan^s les Etats de Pologne.
i57o. Le roi , et plus particulièrement lé duc de Courlande^ firent un honorable accueil à ces insensés > dans l'espoir d'en tirer des secrets impprtans sur les affaires de Russie j toutefois ils n'apprirent que le de'tail des horreurs enfante'es par la tyrannie de Jean (86). Ce» hommes qui, l'année précédente , avaient , dans leurs dépêches à Tem- . pereur Maximilien, présenté Jean comme seul prince en état de chasser les Turcs d'Europe , ayant une armée innombrable , expérimentée , invincible (87), maintenant qu'ils avaient trahi la Russie, assuraient Me^ximilien , ainsi que plusieurs autres souverains, de la faiblesse de notre patrie et de la possibilité , sinon de la soumettre, au moins de l'affaiblir. Magnus, bien qu'étranger à ces odieuses intrigues , craignit d'en devenir la victime et d'éprouver les effets du courroux de Jean ; il se hâta donc de quitter Oberpalen et de s'en retourner à l'île d'CŒlsel.
Mais le tzar, inébranlable dans ses desseins, savait dissimuler son dépit, et supporter, avec une apparente tranquillité, les revers les plus graves. Il essayait de dissiper les inquiétudes de Magnus par de nouvelles protestations de bienveillance ; et, lui ayant annoncé avec chagrin la mort subite de la jeune Euphémie, sa fiancée, il lui proposa , aux mêmes conditions et avec la
même dot (88), la main de Marie , sœur de cette *5:o, princesse^ encore en bas âge, lui renouvelant la promesse de conquérir , à son profit y la province d'Esthonie. Magnus, consolé, accepta de nouveau le titre de fiancé d'une parente du tzar, s'attendant à recevoir à la fois sa main et une couronne* Il écrivit à son frère, à l'Empereur, aux princes, qu'en recherchant l'alliance de la Russie^ il n'était pas guidé par une vaine ambition; mais qu'animé d'un véritable zèle pour les intérêts de la chrétienté , il désirait devenir médiateur entre J'Empire et cette grande puis- * sauce, dont les forces, réunies à celles des autres souverains de l'Europe, pourraient arrêter les progrès des armes musulmanes. Effrayée des projets ambitieux du Sultan, toute l'Allemagne et l'Empereur lui-même avaient, à la vérité, conçu cette espérance; néanmoins, comme nous le verrons bientôt, le tzar songeait moins à la défense de l'Europe chrétienne cpntre les infidèles qu'aux intérêts de sa. politique particulière. Il cherchait la manière la plus sûre de soumettre ]à Livonie, et d'abaisser l'orgueil des habitans de Rével, qui osaient le traiter de tyran , et qui , fiers de leur victoire remportée sur les Russes , avaient institué une fête annuelle en commémoration de leur triom-
1570. ph« (89). L'affreuse calamité qui désolait Moscou et toute la Russsie occidentale avait retarde jusqu'alors la Tcngeauce éclatante ^u'il méditait c<mtre cette ville •
Âmbas- Fidèle au principe de ne pas augmenter le Constanti- nombre des ennemis de la Russie y Jean voulut éviter une guerre infructueuse avec le Sultan^ dont les bonnes intentions pour l'Empire étaient propres à tenir en respect le khan de Tauride. A cet effets un officier nomme Novossibof se rendit en 1670 à Constantinople^ pour complimenter Selim à l'occasion de son avéïœment an trône* Dans une lettre aifectueuse^ Jean rappellait à ce prince toutes les relations d^amitié qui avaient existé entre la Russie et la Turquie depuis le règne de Bajazet; il lui témoignait son étonne-^ meiït de l'invasion de l'armée ottomane dans les États russes y sans préalable déclaration de guerre, et lui offrait paix, alliance et amitié. Mon maure j disait Norossilzof aux pacbas, n^est paa Vennemi de la religion de Mahomet. Plusieurs de ^es ifaêssaux professent hautement le tulte du prophète et l^ adorent dans leurs înosquées : tels sont le tzar Sahim^Soulat à Kassimoff y le tzarivitch Kaiboula à Yourieffyjbah à Sourogiky les princes Nogaïs à Rojnanof; car en Russie tout étranger pit en liberté dans sa croyance/ a
Kadom, dans la province de Metachéw ^ plur »57o. sieurs fonctionnaires publics du tzar suivent la foi musulmane. Il est vrai que Simèon, défunt tzar de Kasan^ et le tzarévitch Mourtoza^ ont embrassé le christianisme^ mais ce sont eux gui Vont désiré^ qui ont demandé le baptême. No*- Tossilzof eut lieu d'être satis&it du gracieux accueil du Sultan; il remarqua seulement que ce prince ne s'était pas informé de la santé de Jean 9 et que^ contre l'usage ordinaire^ il ne l'avait pas invité à dîner avec lui.
Cette ambassade^ et une autre partie en 167 1^ 1571. ne produisirent . pas les résultats heureux que l'on en attendait^ bien que^ pour complaire à Selim^ le tzar eût consenti à la démolition de la nouvelle forteresse construite dans le pays de Kabarda. Le fier Sultan voulait qu'on lui abandonnât Astrakhan et Kazan ^ ou du moins il exigait que y conservant ces deux villes sous sa domination^ lé tzar se reconnût tributaire de l'Em-r pire ottoman; proposition absurde qui resta sans réponae. On apprit bientôt à Moscou que Selim demandait à Sigismond de lui céder Kief^ propre à Êiciliter une invasion en Russie; qu'il avait donné Tordre de construire des ponts sur le Da-^ nube y et de fermer des approvisionnemeos dans la Moldavie; qu'à l'instigation des Turcs, le
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i5^u khan se préparait à attaquer les Russes; enjSn^ qu'un tzaréyitch de Crimée avait battu Temgrouk, beau-père du tzar^ et fait ses deuï fils prisonniers. Devlet-Ghireï , dans ses relations immédiates avec Moscou* recommençait ses menaces^ exigeant^ avec un tribut, la restitution des royaumes de Bâti, c'est-à-dire Kazan et Astrakhan. Le tzar avait reçu, de Donkof et de Pontivle , la nouvelle que Farmée du khan s'était mise en mouvement, et que les éclaireurs russes avaient aperçu , dans les stepps , des nuages de poussière, ainsi que des feux pendant la nuit, et les traces d^une cavalerie nombreuse, dont le bruit et les hennissemens des chevaux se faisaient entendre au loin. Le^ généraux moscovites étaient cantonnés sur les rives de FOka , et Jean, accompagné de son fils, alla deux fois visiter son armée à Kolomna et à Serpoukof. Déjà quelques escarmouches avaient eu lieu aux environs de Rezan et de Koschira; mais 5 sur tous les points, les Tatars de Crimée se montraient en petit nombre et disparaissaient aussitôt : de sorte que le tzar finit par se tranquilliser. Il déclara que les rapports des hetmans, chargés de la surveillance des frontières , étaient dénués de fondement , et dans le courant de l'hiver il congédia une grande partie de son armée.
Ses inquiétudes ne tardèrent pas à renaître j 1571. car^ à rapproche du printemps, le khan, quiduThâliT avait rassemblé toutes ses hordes, enVàhit, à la tête de plus de cent mille hommes , et avec une incroyable promptitud'e , les contrées méridionales de la Russie» Là , il rencontra quelques enfans-boyards fugitifs, bannis de Moscou par la terreur. Ces ti*aîtres lui annoncèrent que, da4is l'espace de deux années, la famine, là peste et de continuelles exécutions ataient détruit la plus grande partie de Farmée de Jean, dont les restes se trouvaient çn Livoûie, ou: "en garnison dans des forteresses. Le chemin de Moscou , dissiienU ils , est ouvert :' d peine le tzar pourra-t-il ^ par point d^ honneur j feindre de se mettre en campagne avec ses opritchnihs peu nombreux y et * bientôt il s^enfuira dans tes déserts du nord. Ifous répondons sur nos têtes dé la sincérité dé ces rapports y et nous serons lès guides fidèles de V armée tatare. Malheureusement ces perfides avaient dit la vérité. Le norhbre des vOïëvodès, ainsi que des troupes disciplinées^ était c^fiosidérablement diminué. Les prince^ Belzky, Mstislavsky, Vorotynsky; les bdyards Morozô^ e* Sehé* rémétief firent de promptes dispoisîtîons pour occuper les rives de TOka; elles devinrent inn— ■ tiles (90); car les Tatars, évitant leur rencontre.