‹ Histoire de l'empire de Russie (volume 4)Chapitre 14 sur 23 · Tome X · texte numérisé non relu

Tome X

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lilé , six. roubles la livre ; Tauiie de velours, de Damas, de salin, près d'un rouble; une pièce de drap iin anglais , trente roubles, plus ordinaire , douze , et une aune, vingt altines; une pièce de perkale, deux roubles ; un tonneau de vin de France, quatre roubles; un de citrons , trois roubles ; de harengs, deux roubles; le poud de sucre, de quatre à six roubles ; de sucre d'orge , dix roubles ; de clous de girofles et de canelle , vingt roubles ; de riz, quarante copecks; d'huile , un rouble et demi ; de poudre à canon , trois roubles ; d'encens, trois rotd)les; de vif-argent , sept roubli's, de plomb , deux roubles; de cuivre travaillé, deux roubles; de fer en lame, quarante copecks ; de coton, deux roubles; de bois de sandale , un rouble ; une main de papier, quarante copecks. Outre cela, les étrangers nous procuraient une quantité de leur argent monnoyé , en évaluant l'écu de Hollande à douze altines. Un seul vaisseau apportait quelquefois jusqu'à quatrevingt uiille écus, qui payaient le droit d'entrée comme les marchandises; ce droit, en général, était très-considérable; par exemple, les Isolais

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qui faisaient le commerce des chevaux , payaient à la Couronne cinq pour cent du prix, et, outre cela, donnaient encore au Tsar, et à son choix, la dixième partie de leurs troupeaux de chevaux. Un beau cheval nogai ne coûtait pas moins de vingt roubles.

Le commerce d'échange que nos marchan'Js faisaient dans nos ports septentrionaux , avec les nations Européennes, leur présentait assez d'avantages pour qu'ils ne songeassent pas à aller par mer dans d'jmtres pays. Mais il est intéressant de savoir qu'à cette époque nous avions déjà des vaisseaux à nous. En iSgg , un V;.isseaux ambassadeur de Bons revint d Allemagne sur deux grands vaisseaux qu'il avait achetés et armés à Lubeck, avec un pilote et des matelots qu'il y avait loués (23.")).

Le commerce anséatique, naguère si célèbre et si utile à la Russie , presqu'entièrement détruit par la concurrence de l'Angleterre et de la Hollande , essayait de retrouver , dans les ruines de Novgorod, les traces de son ancienne splendeur. En i5c)6 , le Tsar permit de nouveau à la ville de Lubeck, d'y établir un bazar (236). Mais Novgorod, Pskoff et toute

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la Russie regrctlaicntencore la perle de Narva; et les Suédois qui en étaient maîtres, étaient un obstacle à la prospérité de cet établissement.

« Trouvant dans le commerce un moyen » d'enricliir la Couronne , dit Fletcher , et « s'occupant peu du bien-être des Négocians, « les Tsars ne favorisent guère non plus la j) civilisation , sont ennemis des innovations » et ne laissent entrer chez eux d'étrangers Civilisation. « q»^ les gcus néccssaircs à leur service ; ils » ne permettent pas à leurs sujets de quitter » leur patrie, dans la crainte des lumières » que Tesprit naturel des Russes, esprit qui « se fait remarquer même dans les enfans, » les rend particulièrement propres à acqué- » rir (23-). Les seuls Russes qui paraissenl de j) temps en temps en Europe , sont les Am- >) bassacleursou les déserteurs ». Ce récit est en partie dénué de vérité : nous ne voyagions pas, parce que cela n'clait pas dans nos usages et que rien n'avait encore éveillé en nous ce sentiment de curiosité, apanage d'un esprit cultivé. Il n'était point défendu aux marchands défaire le commerce hors de leur patrie; et

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le despolo Ivan envoyait en Europe des jeunes gens pour s'y instruire. Il est vrai que les étrangers n'étaient admis cliez nous qu'avec choix et circonspection. En i-^qi, Nicolas Varkolclie, ambassadeur de Piodolphc , écrivit à Boris , qu'un certain comte Italien nommé Scotti , appelé à Moscou par Ivan , désirait servir Fédor; que ce Comte , distingué par l'Empereur et par plusieurs Souverains, possédait le don de toutes les langues qu'on parlait sur la terre, et toutes les sciences; au point que , ni en Italie , ni en Allemagne , on ne pouvait trouver personne à lui comparer. Loris répondit: « Je loue l'intention du » Comte, homme aussi noble et aussi instruit. j> Notre grand Souverain, bienveillant pour » tous les étrangers qui nous arrivent , le w distinguera sans doute, mais je n'ai pas » encore eu le temps de lui en parler ». Il n'y a nul doute que le Comte ne fut connu en Russie pour un espion ou pour un homme dangereux et que cette raison n'ait fait rejeter ses offres; car, non seulement nous ne refusions pas les gens instruits, mais nous les invitions à venir chez nous ; témoin John

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Dee , illustre inalhcmaticien , astrologue cl alchimisle , que la reine Elisabeth appelait son philosophe, et (pil se trouvait alors en Bohème : Fédor lui fit proposer par les négoeians de Londres, deux mille livres sterlings par an , à quoi Boris ajouta mille roubles , la table du Tsar et tout le serviee , pour profiter, à ce que Ton prétendait, de ses connaissances pour la découverte de nouveaux pays au iSord-est , au delà de la Sibérie. Mais n"esl-il pas plus j)robable que c'était pour lui confier l'éducation du fils de Boris , que, dans ses pensées secrètes , le père destinait déjà au Trône? La réputation d'alchimiste et d'astrologue relevait encore aux yeux de l'ignorance celle de mathématicien; mais Dee, dont l'imagination n'était tendue qu'à îa recherche de la pierre pliilosophale , et fier dans sa pauvreté , refusa les propositions du Tsar en témoignant sa reconnaissance , et sembla ainsi avoir prévu, par les calculs de l'astrologie , sa science favorite , le sort futur de la Russie et de la famille de Boris.

Ce que nous recherchions avec le plus de zèle en Europe , c'était des métallurgistes '

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pour nos mines de Pelchera, découvertes déjà en 1491 , mais qui étaient presque inutiles par le manque de mineurs habiles. En i5()7 , lorsque le Tsar envoya auprès de l'Empereur le gentilhomme Véhaminoff, il lui ordonna de nous procurer en Italie , à quelque prix que ce fut , des ouvriers qui sussent trouver et couler l'or et l'argent. Outre quatre ou cinq mille soldats étrangers que Fédor payait, la Slohode de la Jaousa^ à Moscou , se peuplait chaque jour davantage d'Allemands qui , du temps d'Ivan, s'enrichissaient par la vente de l'eau-de-vie et de l'hydromel , et étalaient un luxe scandaleux ; leurs femmes ne voulaient porter que des habits de velours et de satin. Sous le règne de Boris, ils obtinrent de nouveau la permission d'avoir une église , et quoiqu'ils vécussent séparés , ils communiquaient librement et amicalement avec les liusses. Les Tsars , en suivant lidèlement les principes divan III , et en attirant, au moyen de l'or et des honneurs , les artistes , les savans Européens , en multipliant les écoles paroissiales et le nombre des lettrés parmi les employés, auxquels la noblesse même portait

t'iivie l^à cause de Timporlance qu'ils avaient acquise dans le gouvernemenl , les Tsars, disje, étaient loin de redouter les lumières; ils cherchaienl au contraire à les propager autant qu'ils le pouvaient ou savaient le faire , et si nous ne connaissons pas leur pensée, nous voyons leurs actions favorables à la civilisation de la Piussie , dont nous présenterons ici quelques nouveaux résultats.

Une opération d'arpentage qu'on lit, depuis 1587 jusqu'en 1094 , dans le pays de la Dvina, sur les deux rives du Yolga (208) , et probablement dans d'autres provinces, donna peutêtre lieu à la composition du premier ouvrage Genmrtriect dc géométric en^angue Russe. Les copies que Amhiaeiiqut. ^^^^^ ^^ avons ne vont pas au-delà du dixseptième siècle. Ce livre est appelé, Lkrc de science profonde , par l'auteur , « qui donne j) un moyen facile de mesurer les endroits « les plus inaccessibles , les plaines, les éléj^ valions et les vallées, à Faide du compas ». Il explique la division de toutes les contrées habitées de la Piussie en charmes et en parties, pour les impôts à payer à la Couronne. (On comptait dans une charrue quatre cents arpens

i]c bonne terre, et dans une pmik, six). C'est à eelte époque également (|ue nous rapportons le premier Jivre trarilhmél'ujue v^oc)) , écrit d'une manière peu intelligible. Dans la préface de cet ouvrage , il est dit : « Sans cette » philosophie des nombres , inventée par les » Phéniciens , et une des sept sciences libérales , » on ne peut être , ni philosophe y ni docteur , m » négociant h ahi le ., et par sa connaissance , on » obtient la phi s grande fai'cnr auprès du Tsar ». A la tin (le ce livre, on parle du cycle, de la composition du corps liumain et de la pliisiognomonie. Dans les deux livres , dans celui qui traite de la géométrie et <lans celui de rarillimétique , on emploie , pour les calculs , des lettres slaves et des cbiîlres. C'est à cette ciiifrirsou

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epoque que, dans les papiers diplomatupies, ciite. nous commençâmes à nous servir de cbiifres secrets. En i5qo, l'en voyé Ivanoff écrivit de Lithuanieau Tsar au moyen d'un nouvel alphabet^ emprunté à l'ambassadeur d' Autriche , Nicolas Yarkofche (240). Le livre intitulé , GJograpi.ie. Géographie détaillée de V empire de Russie^ fut probablement composé sous le règne de Fédor, puisque nous y trouvons les noms de

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Koiirsk, Voronègeel Osko] , villes construites de son temps, et que nous n'y trouvons pas ceux des villes plus modernes fondées par Godounolf , telles que ilorissoif sur le Donelz septentrional , et celle de Tsaref-Borissoi à remhoucliure de la Protva (241). Ce livre , copié en 1627 au Bureau rnilitalrc , décide pour nous plusieurs questions géographiques importantes, en désignant, par exemple, où se trouvaient Tancienne Ugorie , l'Obdorie , la capitale de Bâti et les camps des Nogais. LiiLhaïuit. Le champ de la littérature ne nous offre point de moisson abondante , depuis le temps d'Ivan jusqu'à celui de Godounoff ; mais le langage s'épura , et il s'embellit d'une nouvelle harmonie. On ne trouve de véritable éloquence inspirée par le sentiment , que dans les lettres de Kourbsky à Ivan. Jojndrons-nous au nombre des écrivains, Ivan lui-même, auteur d'écrits pompeux et prolixes^ tant religieux que satiriques (242) ? Il y a de la vivacité daiis son style et de la force dans sa dialectique. 3-.es meillenres productions de ce siècle, sont , le Licre fies degrés, les ries des Saints , par Macaire , cl les ceiii chapitres du grand Concile,

Il est probable que le mélropolilain Dionisi mérita le surnom de Grammairien par quel- (jiies écrifs estimés ; mais nous ne les connaissons pas. Le patriarche Job a décrit la vie, les vertus et la mort de Fédor, d'un style fleuri et qui n'est pas dépourvu de chaleur. ^ tiici comme il parle de son héros : « Ses vertus » l'ont égalé aux plus dignes Souverains de » l'antiquité ; il i^ut rornement et la lumière » de ses contemporains , et le plus bel excm- » pie pour ceux à venir; sans s'attacher au » vain éclal de la terre, il nourrissait son ame » royale de la parole de Dieu , et tel (pi'une » source inl,arissable, il répandait ses bienfaits » sur Tunivers. Il prospérait , avec sa tendre » épouse , dans la pratique de la vertu et dans » la foi divine... Il n'avait qu'un seul bien sur » la terre , un seul rejeton de la dynastie ré- « gnante , et il fut privé de sa fille chérie ; afin » qu'il donnât l'exemple d'un cœur brisé par » la douleur, et qui cependant se soumet, » avec une humilité chrétienne, à la volonté » du Tout-Puissant, tandis que la nation en- » tière se livrait au désespoir.... O nouvelle » effrayante et terrible ! Le Tsar adoré de la

r Russie passe flans les hrns de VFJerncl / » INIais ce n'est point par la mort, c'est par » un sommeil tranquille ; l'àme s'envole et le » corps reste immobile.... Nous ne voyons, » ni frémissemens , ni convulsions.... Voilà » le moment des sanglols et non des discours; » de la prière et non de l'éloquence.... La pa- « rôle du Prophète s'accomplit sur nous : » Qui donnera une source à mes larmes , afin » que je puisse assez pleurer !'.... Tout est dou- » leur, tout est plainte.... Dès ce moment le « Trône antique et brillant de la grande Rus- M sie commence son veuvage , et la populeuse » et grande ville de Moscou devient une triste » orpheline (240) ». Job qui devait le Patriarcat à Boris, et qui lui était sincèrement dévoué, dit de lui dans ce discours : « Aux » temps heureux de Fédor , gouvernait sous » lui son illustre beau-frère et serviteur^ » homme supérieur, unique en Russie, non j) seulement par l'éclat de son rang , mais » aussi par sa profonde sagesse , sa bravoure » et sa piété. Par ses soins, cet Empire floris- » sait dans une paix glorieuse, à l'étonnement » de tout le monde et même du Tsar , et à la

» gloire du Régent, gloire qui rclontissait , » non seulement clans notre patrie , mais dans >' les contrées les plus éloignées de l'univers , « d'où arrivaient chez nous des ambassadeurs j> avec des dons précieux, pour se prosterner » devant le Tsar , et contempler la beauté » éclatante, la sagesse , les vertus du Piègent, » au milieu d'un peuple heureux par lui, au >» milieu de la Capitale qu'il avait si magniii- » quemenl embellie ». Job écrivit aussi une lettre de consolation à Tépouse de Fédor, lorsqu'elle pleurait la perte de sa iille chérie (244)- Il conjurait Irène d'être non seulement mère, mais Tsarine et chrétienne ; il condamnait sa faiblesse avec le zèle d'un pasteur, mais il plaignait son malheur avec la sensibilité d'un ami , ranimant en elle l'espoir de donner un successeur au Trône. Cet écrit est plus remarquable par l'intérêt du sujet que par les pensées et l'éloquence. Le Patriarche , en rappelant à Irène les préceptes de l'Evangile sur la confiance qu'on doit mettre dans le Très-Haut, ajouta : « Qui mieux (jue loi connais l'Ecri- « ture-Sainte? Tu peux en instruire les au- » très , conservant dans Ion cœur et dans ta

» mémoire tous les principes de sagesse qui y » sont renfermés ». Irène, élevée à la Cour cFlyan, avait rinstruciion cle son temps ; elle lisait la Bible et les œuvresdes Pères les plus célèbres de notre Eglise, Les Russes possédaient déjà une Bible imprinne el publiée à Ostrog; mais les œuvres des Saints-Pères n'existaient qu'en manuscrits (245). Parmi les traductions manuscrites des ouvragcsd'auleursanciens, en langue Slave ou llusse , cjue l'on connaissait alors et que nous conservons dans nos bibliothèques , se trouve la disserlalion de Gallien sur les élemens du grand et du petit univers , sur l'âme et le corps, traduite du latin, langue que les Pousses , quoi qu'en dise un étranger contemporain, n'avaient point en horreur : pauvres encore dans les moyens de s'instruire, ils profilaient de toutes les occasions de satisfaire leur curiosité ; souvent ils cherchaient h trouver un sens là où il n'y en avait pas, à cause de Tignorance des copistes ou des traducteurs, et mettaient une patience admirable à recopier des livres remplis de fautes. Celle obscure traduction de Gallien se trouvait parmi les manuscrits de Saint Cvrile de Biélo-

oz(;'io,elpar conséquent existait déjà au quinzième sièele. Faisons également, mention d'un manuscrit qui avait rapport à la médecine , traduit du Polonais, en 1 588, pour le voïévode de Serpoukholf , Thomas Boutourlin. Ce monument de la science et de Tignorance de ce temps, est très-curieux par rapporta la langue et par la traduction hardie de quehjues noms ou de quelques termes techniques (246;. C'est peut-être au temps de Fédor ou de Godounoi'f que se rapportent également les anciennes chansons Russes, dans lesquelles il est question de la conquête de Kazan et de la Sibérie ; des orages du règne d'Ivan ; du vertueux ISikita Romaiiovitche , frère de la tsarine Anaslhasie ; du scélérat Mai ou ta wSkouratoff; des invasions des Khans en Russie. Les contemporains racontent et leurs descendans chantent ks événemens. La mémoire trompe, Fimagiiiation amplifie , le goût moderne coirige, mais ftsprit reste et conserve quelques traits marquans du siècle ; et , non seulement dans nos chansons de guerre ou de chasse, mais même dans celles d'amour , on retrouve le cachet de l'antiquité : on y voit comme Tem-

3j2 iiisToir. e

prt'inte d'un ol)jel (jui n'existe plus pour nous; nous y entendons eomme Técho d'une voix qui ne résonne plus; nous y trouvons la iraî- Ciieur de sentiment que Tliomnie perd avee les années, et les nations avec les siècles. Ou connaît la chanson sur le tsar Ivan (247).

<f On Viyail nnîlie la gloire de la ville de Moscou ; j) On voyait naître aussi la tyriiuuic du Tsar terrible. w Son coup d'essai dans les arnie^- fut la prise de Kazun ; « Et ce fut en passant fju^ il s'empara d'ylstrakhan »,

Sur le ills d'Ivan condamné à mort :

« L 'astre terrestre va tumhcr ; » La bougie , fuite de la cire la plus pure , va s 'éteindre ; » ]\ous allons perdre le Tsaréoitche ».

Voici celle sur un guerrier qui va mourir dans un stèpe sauvage , sur un lapis étendu auprès d'un feu qui s'éteint :

« Le sang coule de ses plaies sur la cendre brûlante ; » A sa tête se trouoe un crurifi v ; » A sa droite est son gluicc acéré ; » A sa gauche son arc détendu , )) Et à ses pieds se tient son fidèle coursier. » En mourant il dit au coursier :

>• Lorsrpie je mourrai ., o mon coursier fitlclc ! » Coui>re de terre mon corps blanc , >• Au milieu de ce vaste désert ;

» Cours ensuite dans la sainte Russie ;

M Salue mon père et ma Tncie\

» Pur le ma Itencdirtiuu à mes petits enfants ;

n Dis à ma jeune veuçe :

» Que j'ai rontnii/c une autre union.

n J 'ai pris en dot la vaste plaine ;

n C'est une flèche qui m 'a marié ;

n C 'est un glaive acéré qui m 'a mis au lit.

» Tous mes amis et frères m'ont ahandonné ;

» Tous mes compagnons se sont dispersés ;

» // n'y a que toi, mon excellent coursier,

» Qui m 'as se r\ù fidèlement jus(fu 'à la mort » .'

Nous rapporterons encore un fragment de la chanson sur un guerrier tué , auquel les joncs servent de lit, un buisson d'oreiller , une sombre nuit de couverture, et sur le corps duquel pleurent une mère, une sœur et une jeune épouse :

« Hélas ! la mère pleure comme unfleui>e roule ses flots ; » La sœur pleure comme coulent les ruisseaux ; » L'épouse pleure comme la rosée qui tumùe. » Le sa eil paraîtra et fera disparaître la rosée ».

Ces poésies et d'autres pièces populaires qui se distinguent par la vérité du sentiment et par la hardiessse des expressions, se raprochent plutôt du seizième que du dix-huitième siècle,

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