‹ Histoire de l'empire de Russie (volume 4)Chapitre 6 sur 23 · Tome X · texte numérisé non relu

Tome X

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)) Russie. L'arg(Mit est (''i;a!emoiil n('( essai rc » pour augmenter vos parlisans à la Diète. Sa- » vez-vous que riunpcrejir, pour appuyer le :» choix de IMaximilien , s'engage à envoyer » iout Je suite à notre Sénal , six cent mille 3> florins, (t autant chaque année, pendant » Tespace de six ans, et le roi d'Espagne huit » cent mille , pendant huit ans » i"

Les Ambassadeurs répondirent: « Le Tsr.r » tient une nombreuse armée de cavalerie lé- » gère prête à votiT défense; il vous promet » les Cosaques du Volga, du Don, et ceux » de la Crimée, car se sera Saidet Ghireï , j) sujet du Tsar , qui sera leur Khan. Le Tsar j> est prêt à vous donner également des se- » cours pécuniaires, mais sans prendre (Fen- 3> gageraens à cet égard. Glt)ririez-vous de la :» générosité de rAutriche et de l'Espagne; » mais songez que le souverain orthodoxe ne »» désire pas la Couronne royale, pour sa >) gloire et pour ses intérêts, mais unique- » ment pour votre tranquillité et votre gran- » deur. Depuis combien d'années le sang » chrétien ne coule-t-il j)as d:\us l(\s combats •) entre la Piussie et la Lithuanie? Le Tsar

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» son;;o à melirc à jamais lin à cette calamité, r> et vous , sans y avoir égard , vous pesez l'or » tic l'Espagne et de rAutriehe. Qu'il en soit >' ce c[U(; vous voudrez ; et si vous préférez » l'argent au n'pos de la chrétienté, appre- » nez que le Tsar ne veut point être marchand, » et qu'il ne veut acheter ni des partisans , ni » votre Couronne ; qu'il ne veut point entre- » tenir la cupidité d'hommes insensibles au » bien de la patrie, et les armer les uns contre » Jes autres dans leurs dissentions tumul- « tueuses à la Diète, car il n'aime ni les que- » relies, ni l'anarchie ».

Cette fermeté produisit un grand effet sur les Députés : ils se levèrent, se concertèrent secrètement pendant quelques minutes , et eniin ils annoncèrent avec mécontentement aux Ambassadeurs, que Fédor ne monterait pas sur le trùne de Jagellon ; et lorsque Godounoff et Troëkouroff leur proposèrent de différer l'élection et d'envoyer des dignitaires à Moscou, ])our avoir de nouvelles explications avec le Tsar, le cardinal Radzivil et d'autres Députés répondirent : « Ce que vous »♦ proposez est une dérision. Nous nous som-

» mes réunis à Varsovie de tous les points de j> la Litbuanie et de la Pologne ; voilà la hui- » tiènie semaine que nous y passons eomme » à la guerre, perdant argent et repos, et vous » demandez encWe une autre Diète ! Nous ne » nous séparerons pas sans avoir fait noire » choix »! Alors les Ambassadeurs de Fédor leur conseillèrent d'élire Maximilien , ami de la llussie. « Nous n'avons pas besoin de vos » conseils, répondirent grossièrement les » Seigneurs; c'est à Dieu et non au Tsar de >i Russie que nous obéissons ». ils voulurent au moins conclure alors un traité de paix ; mais ils ne s'accordèrent pas davantage sur les conditions: la Litbuanie demandait Smolensk et le pays de Seyersk , et Fédor, Dorpat. On se sépara mécontens les uns des autres , mais les négociations n'en furent pas moins continuées.

Ce jour même et les jours suivans , il y eut des disputes très-vivesentre les membres de la Diète et les partisans de l'Autriche, de la Suède et de la Russie (83). Les j)remiers , surtout le Clergé et tous les Evèques , disaient que leur conscience ne leurpermettait pas d'avoir

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un Souverain tl'une autro religion , un hérétique, et les Seigneurs laV([ues «le leur parti , ajoutaient: « L'ennemi naturel et enthirei de » la Liihuanie et de la Pologne ne montera n sur le trône, avec la puissance oppressive » de la Russie , que pour écraser nos libertés, » nos droits et nos lois. Vous vous êtes plaints » lorsqu'Elienne amena avec lui quelques >> centaines de Hongrois ; que sera-ce lorque « nous verrons ici des milliers de fiers et fa- » rouches Moscovites (84)! Croyez-vous que » leur orgueil leur permette de se réunira » nous? Ne voudront-ils pas plutôt joindre « notre monarchie à celle de Moscou, comme » une manche à un habit » ? D'autres ravalaient Fédor en l'appelant un homme d'un esprit faible , incapable de gouverner , de mettre un frein à la licence et de faire respecter le pouvoir royal, ajoutant qu'à peine dans six mois il serait parmi eux, et que les Turcs, ennemis irréconciliables du Tsar, qui avait conquis deux ou trois états Musulmans, auraient , en attendant , le temps de s'emparer de Cracovie. Les Seigneurs de notre parti répliquaient : « La première loi d'un Etat est sa

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» sûreté. Par le choix de Fédor nous nous » réconcilions avec un ennemi puissant, et » nous trouvons en lui un délenseur contre » une autre puissance ennemie non moins » redoulal)le, la Turquie. Le Sultan nous dé- ») fend de faire monter Fédor sur le Irone ; » mais doit-on Técouter ? Ne devrait-on pas » justement faire le contraire de ce qu'il déi> sire? Quanta ce qui regarde la religion , » Fédor est baptisé au nom de la Sainte Trij) nité ; et nous savons qu'il y a une église » grecque à Rome ; par conséquent le Pape » ne condamne pas cette religion , et il pern mettra sans doute au Tsar de la garder, en » lui imposant peut-être quelques conditions. 5) Fédor a généreusement donné la liberté à » nos prisonniers ; il a rendu la tranquillité » à ses propres Etats; deux fois il a vaincu le » Kban. Ami de la paix , il a le désir de réu- » nir deux puissances dont la haine mutuelle » a causé tant de calamités, et, ({uoique Sou- » verain absolu, il veut régner au nom delà » loi sur des hommes libres. Où voyez-vous » donc la faiblesse de son esprit ? N'est-il pas « plutôt un monarque humain et sage ? Et

•» sans inlellij;cnce , pourrait-il gouverner les » Russes, peuple inconslanl et rusé (85)? » D'ailleurs la faiblesse d'esprit dans un mo- » narcpie est moins pernicieuse à l'Etat que i> des troubles intérieurs. Nous ne denian- » dons rien de nouveau : combien d'entre » vous, avant Téiection et après la fuite de » Henry, voulaient un roi Moscovite, dans » la persuasion qu'Ivan aurait laissé la lyran- » nie en Russie, et ne serait venu chez nous » qu'avec une puissance protectrice? Y a-t-il « ([uelque chose de changé depuis ce temps, j> à moins que ce ne soit en mieux, puisque » Fédor ne se montre pas tyran, même à » Moscou , qu'au contraire il aime ses sujets » et en est aimé » ?

Ces raisons engagèrent la Diète à renouveler les négociations; les Députés curent une seconde conférence avec nos Ambassadeurs, à Kamenetz, et demandèrent que le Tsar donnât tout de suite au Sénat cent mille florins , pour les frais de la guerre ; qu'il construisit des forteresses , non sur le Don , où elles ne pouvaient servir qu'à la Russie , mais sur la frontière Sud-ouest de la l.,ithuanie ; qu'il

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