‹ Histoire de l'empire de Russie (volume 5)Chapitre 5 sur 20 · livre à · texte numérisé non relu

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Toula, pêche pressante : « Le khan assiège la ville , M il a une artillerie formidable et des janis- » saires du sultan dans son armée, m A Knstant même la garde à cheval reçoit l'ordre de partir , et le corps principal celui de traverser rOka. Dès que le tzar eut entendu la messe et reçu la bénédiction de l'évêque Théodose, il monte lui-même à cheval et va rejoindre l'arinée. Ses rangs innombrables , l'éclat et le bruit ^es armes, le mouvement de la marche , les cris |ojeux; des soldats qui semblaient moins mar-

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cher au combat qu'à une fête ^ formaient un spectacle imposant et formidable. Les annalistes ne déterminent pas le nombre de ces troupes : ce On aurait cru,^ disent->ils seulement y que toute » la Russie était sous les armes. » Cependant une armée considérable était encore à Sviaga et àMourom^ ensuite une autre à Kolomna uniquement composée de gentilshommes et de l'élite des enfans-boyards, de Novgorodiens et d'autres iiabitans des provinces du nord. Le même soir plusieurs régimens traversèrent l'Oka , et le tzar en personne s'approcha de Kochir. Là , un nouveau courrier du prince Temkin lai apporta l'heureuse nouvelle que Toula était sauvée. Le 23 juillet , le khan avait livré l'assaut ^ et le s janissaires , secondés par le feu terrible de l'artillerie qui tirait à boulets rouges sur la ville , s'étaient précipités sur les murs ; mais quoique Toula fut .entièrement dégarnie de troupes , ses guerriers ayant tous rejoint les drapeaux du tzar y elle possédait un commandant et des citoyens coua*ageux : les uns étaient occupés à éteindre les incendies y tandis que les autres s'opposaient avec autant d'intrépidité que de succès^ aux attaques des janissaires. Le khan se disposait à livrer le .lendemain un second assaut ; mais ayant appris qu'une puissante armée arrivait dé Kochir au

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secours de la ville , il s'éloigna pendant la nuit. Les citoyens de Toula ne quittèrent point les murailles^ et aux premiers rayons du jour, s^étant aperçus de la fuite de l'ennemi , ils distinguèrent .d'un autre côte des tourbillons de poussière: Fuite du nC^est le tzar, s'écrièrent-ils, gui arrive à

khan. a • « m ^ i

» notre secours ! >> Aussitôt us se mettent a la poursuite de l'ennemi , s'emparent de ses canons , et lui tuent beaucoup de monde ^ entre autres le prince Kambîrdei , beau-frère du khan : la courageuse ardeur qui les animait était partagée par les femmes et les enfans mêmes, dont les faibles bras secondaient leurs efforts. Les voïévodes Tcheniatef et Kourbsty étant arrivé?, occupèrent la position où l'armée du khan avait campé. Jean, satisfait du succès 'que ses généraux venaient d'obtenir , fit reposer son armée , et passa la nuit près de Kochir.

Il reçut le lendemain une nouvelle plus satisfaisante encore : Tcheniatef et Kourbsky , dont les corps ne se composaient que de quinze mille hommes^ avaient battu plus de trente mille ennemis qui dévastaient les environs de Toula : n'ayant pas été informés de la retraite du khan , ils s'avançaient pour faire leur jonction avec son armée , lorsqu'ils rencontrèrent les voïévodésVusses • Le prince Andri Kourbsky , à la fleur de l'âge ,

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s'illustra dans cette affaire sanglante où il reçut i55ï. deux blessures , Tune a la tête , Tautre à l'épaule. Les Tatars , vivement poursuivis , essuyèrent une nouvelle défaite sur les bords de la petite rivière de Chevorona , où les Russes délivrèrent un grand nombre de leurs Compatriotes prisonniers , et s'emparèrent de tous les équipages et de beaucoup de chameaux abandonnés par le khan. On apprit par les prisonniers qu'il avait eu l'intention de marcher directement sur Moscou y dans la supposition que le tzar était sous les murs de Kazan; mais qu'informé delà force de l'armée russe ^ il avait tâché de s'emparer au moins de Toula , afin de diminuer la honte de sa retraite.

De retour à Kolomna y Jean fit parvenir à la xroph tzarine^ à son frère et au métropolitain ^ les ^^^^^^' détails de ces brillans succès et de la fuite de l'ennemi : il envoya aussi à Moscou les dépouilles de l'ennemi, consistant en canons, chameaux et prisonniers y afin d'encourager la capitale par ces trophées reçus des mains de la victoire. Ensuite il fit ses dispositions pour la campagne de Kazan , et régla la marche des troupes : la cavalerie de la garde y la gauche de l'armée et la réserve, furent dirigées sur Vladimir et Mourom, où il les conduisit en personne ; les

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principaux voïévodes devaient se porter sur Rézan et Metchera y pour se réunir à lui dans Murmu- l^s plaines en deçà d'Alatir. Cependant l'armée wcc* "" commençait à murmurer : les Novgorodiens et les enfans - boyards se plaignaient de ce que le tzar ne les laissait pas jouir d'an instant de repos ; ils disaient que depuis plusieurs mois sur le pied de guerre^ ils avaient éprouvé des fatigues continuelles , et ne pouvaient continuer la campagne , épuisés qu'ils étaient de forces et d'argent. Le tzar fut vivement affecté de ces propos y mais il ne donna aucun signe de mécontentement : il fît dresser une Uste des guerriers dévoués qui désiraient servir la patrie , et une autre de ceux qui^ par paresse ou à défaut de moyens^ renonçaient à la gloire et refusaient de prendre part aux plus brillans exploits : « Les premiers , dit-il , me seront aussi M chers que mes propres enfans ; je veux » gu^on me fasse connaitre leurs besoins y et n*je partagerai avec eux tout ce que je pos- » sède. Quant aux autres ^ ils peuvent rester ; » je n^ ai pas besoin de poltrons dans mon ar^ » mée. » Ces paroles produisirent un effet ex-' traordinaire ; tous s'écrièrent à la fois : « Nous' » irons partout ou notre souverain voudra nous n conduire; il reconnaîtra ensuite nos -services

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» et ne nous abandonnera pas- » Ceux même des enfans-boyards auxquels une modique fortune laissait le moins de ressources , cachaient leurs besoins , espérant que par la suite ils trouveraient un dédommagement certain dans les bienfaits du tzar.

Ce fut le 3 de juillet que les armées se mi- Camparent en mouvement. Jean pria avec la plus vive ferveur devant Timage de la Ste. Vierge, qui s'était trouvée à l'armée de Dmitrî-Donskoï , lors de la bataille contre Mamaï , et déposée dans l'église de l'Assomption à Kolomna. Dans sa route , il s'approcha avec vénération du tombeau d'Alexandre Nevsky, ce héros de la Russie , et bénit la mémoire des saints intercesseurs de Mourom. Arrivé à Vladimir , il apprit que l'épidéinie de Sviaga avait cessé ses ravages ; que l'armée était enflammée de zèle ; que les princes Mikoulinsky, Sereberny, et le boyard Daniel-Bomanovitch s'étaient portés contre les rebelles des montagnes, dont le plus grand nombre était rentré dans le devoir et avait prêté un nouveau serment de fidélité à la Russie. Une dépêche qui lui parvint à Mourom, lui annonçait que son épouse était tranquille , pleine de confiance dans la divine providence; que le clergé et le peuple ne celaient d'invoquer

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le ciel pour la conservation du prince ainsi que de Tannée. Le métropolitain écrivait à Jean d'un style à la fois amical et conforme à la dignité d'un chef de l'église : « Que votre âme soit » pure et chaste ^ disait-il ; soyez humble dans » la bonne fortune et courageux dans le mal- )i heur. Les vertus d^un soui^erain sauvent son » empire. » Le tzar et ses voïévodes lisaient ces lettres avec respect. « Digne pasteur de l^ église j >) répondit Jean au métropolitain , nous vous re- » mercions de vos instructions chrétiennes^ nous » les gravons dans notre cœur. Continuez-nous » vos sages conseils ^ et aidez-nous aussi de » vos prières. Nous avançons contre l^ ennemi. » Puisse le seigneur nous donner les moyens » de rapporter bientôt la paix et le repos aux » chrétiens I » Jean agissait avec une activité ^ extraordinaire; on le voyait tantôt à cheval, tantôt à pied , inspecter les régimens , les hommes ou les armes. D'après ses ordres on divisa les enfans-boyards par centaines , ayant chacune pour chef un des guerriers les plus recommandables par leur naissance. Schig-Alei s'embarqua sur le Volga po^r se rendre devant Kazan, accompagné du prince Pierre Boulgakof et des Strélitz ; ensuite ayant fait préparer des ponts , il traversa FOka immédiatement après l'armée.

et passa la nuit da ^o juin dans la forêt dç i55a. Ssikana y sur les bords de la Veletema , à trente verstes de Moui^om. Le second camp était sur la Chilekcfaa ; le troisième ^ sous \à tiUe de Sakana. Les princes Kassîinofsly et TemniLofsky se Joignirent à l'armée avec la caraflerîe légère sous leurs ordres, composée cfe l^atars et de Mordvîens. Lé i". d'août on célébra la féfe de \dt bénédiction deé eaux sur la ririère de Mana , tfjie Vûttaée traversa le lendemain sous Alatir , et lé 4 d'ao&t elle aperçut , avec une grande allégresse y les corps des princes Mstislaf > Tcbenîatef , RourbsXy et Rhîlkof. Ces deux armées nombreuses, marcbant à travers des déserts et de somlwes forêts , avaient pour moyens de nourriture , les ressources de la pèche et de la cbasse , les^ fruits sauvages et les baies que produisaient ces vastes solitudes. « Noua n^ aurions avec mfus aucune^ propisions , » écrit un témoin oculaire; la nature nous » ptépatcni partout Une table abondante ; noua » teTÈcoTttrionê à chaque irtatant dejwmbreux » troupeaux d* élans; les poissons fourmillaient M dans les rivières ^ et les oiseaux i^eruiient I» tomber à nos pieds, n

Dans la ville de Boroufcbéief se trouvaient des ambassadeurs de Sviajsk et des Tcbérémisses, qui

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