Tome V
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justifier aux yeux de Dmitri, qui lui accorda une très-grande considération , a la suite d'une action vraiment digne d'un disciple de J&us- Christ. Sous le métropolitain Alexis ^ on vit à Novgorod des hérétiques , connus sous le nom de fles stvi' Strigolniks , ainsi appelés de Carpo Strigolnik, homme du peuple , aussi fanatique que superstitieux, qui soutenait que les vrais chrétiens devaient fuir comme des usurpateurs les prêtres .russes, tous coupables de simonie. Cet homme eut bientôt un grand nombre de prosélytes, qui cessaient de fréquenter les églises. Le peuple , indigné de leur licence et de leurs discours téméraires , précipita dans le Volkhof , Carpo , le diacre Nilita et un autre de leurs adhérens, comme les trois principaux auteurs du schisme. Cet acte de sévérité ayant augmenté le nombre des hérétiques , bien loin de le diminuer, Alexis, archevêque de Novgorod , en écrivit au patriarche Nile , qui donna à Denis plein pouvoir d arrêter lé- mal dans sa racine , par de sages exhortations. Denis se rendit sucessivement à Nov- ^ gorcki et à Pskof , où les Strigolniks avaient aussi leurs zélateurs ^ il leur projuva que le paiement fixé par la loi n'était point usure , et il coimbla de joie tous les orthodoxes , en rattachant ces ouailles égarées au giron de la sainte église. Le
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grand prince sut apprécier une œuvre aussi méritoire : il résolut de mettre Denis à la place de Pimen , et lui ordonna de partir pour Constan* tinople y afin d'obtenir le consentement du patriarche , dont il était certain d'avance. Le vœu de Dmxtri fut accompli ; maïs Vladimir Olgerdovitch, de Kief, fit arrêter le nouveau métropolitain , au moment où celui-ci revenait de Grèce, pour retourner à Moscou. Il lui déclarai que Cyprien était le seul et légitime chef d^ notre église, et l'ambitieux Denis mourut prisonnier à Rief. Désarmé ,^ pour ainsi dire, par un sort contraire à ses desseins , le grand prince ^ qui avait échoué tdeux fois dans la nomination d'un métropolitain , voulut au moins que l'ancienne capitale de 8t.- Vladimir et Moscou n'eussent qu'un seul pasteur. Punen et Cyprierx se rendirent à Constantinople pouç j vider leur querelle , et le premier 4e ces deux prélats fut suivi , par ordre du gr^nd prince , de Théocjioi^e , archimandj?ite du couvent de St.-Siméon , chargé de présens et de lettres, pour le patriarche. Trois ans s'écoulèrent^ sans gue cettp affaire fût terminée. Enfin Cyprien resta métropolitain de Rief , et Pimen retourna à Moscou i d'où il partit un an aprè3pour la Grèce , à l'insçu du grand prince , qui le voyait d'(|sseî5 mauv;giîs œiL
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Ceci arriva un mois avant la mort de Dmîtrides Per- L'événement le plus mémorable de notre histoire ecclésiastique de ce temps , est la conversion des Permiens à la religion chrétienne. Le vaste pays qui s'étend depuis les bords de Dvina septentrionale jusqu'à la chaîne des monts Ourals , était , depuis des siècles , tributaire des Russes , qui en retiraient de l'argent et des fourrures , sans avoir jamais songé à forcer les habitans à changer de religion. Un jeune ipoine , nommé Etienne , fils d'un prêtre d'Oustiougue , forma le dessein d*être l'apôtre de ces contrées idolâtres. 11 apprit la langue des Permiens, eu représenta les sons par un alphabet particulier de vingt-quatre lettres, et traduisit, dans leur idiome , les livres saints les plus importans. Afin de se familiariser aussi avec la langue grecque , il fit un assez long séjour à Rostof, dans le monastère de St,-Grégoire ïhéologue , dont il voulait connaître la fameuse bibliothèque. Ainsi préparé à Fapostolat, il demanda la bénédiction à Gérassim , évêque de Kolomna , vicaire du métropolitain : il se munit de lettres de la part du ^rand prince pour sa sûreté personnelle , et partit pour la Permie , où il se mit à prêcher le Dieu de vérité. Ces hommes grossiers et plongés dans l'ignorance , n'étaient pas féroces. Ils écou-
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tèreiit ses instructions avec ëtonnemeht. Plusieurs s'empressèrent de recevoir le baptême } d'autres , et surtout les prêtres et les sorciers permiens, furent alarmés de cette innovation : (c Comment , w disaient-ils, ajouter foi aux discours d'uïi » homme arrivé de Moscou ? Ne sont-ce pas » les Russes qui depuis si long- temps oppri'^ » nient la malheureuse Permie , par leur$ //n- » p&ts et leurs violences? (Quelle iPéritêy quel » bien pouvons-nous attendre de nos tyrans ? » Quoi ! serviteurs fidèles d'un grand nombre » de dieux protecteurs de notre patrie y de dieux » qui ne s'annoncent que par leurs bienfaits ^ » nous les changerions pour un seul dieu , pour >) un dieu étranger et inconnu! Ne sont ^ ce » pas ces divinités tUtélaires qui pous envoient » les martres y les zibelines et les renards y four^ n rares précieuses qui servent d'ornement aux )) seigneurs russes j dont ils font commerce j oi^ » qu'ils dorment en présent aux Grecs et aux » JlllenHwds? O peuple!' tes maîtres sont des » vieillards expérimentés ^ tandis ijue ce nova^ » teur est un étranger jeune d'âge et par con^ » séquent de raison, » Cependant ^ grâces aux lettres du grand prince , a la protection du Ciel et à la douceur naturelle de son caractère ^ Etienne vit accroître ses succès dans L'œuvre qu'il
avait entreprise. Le nombre des néophytes s'augmenta bientôt jusqu^à mille j près de l'embouchure de la Vime , il bâtit une église , où iï chanta le Créateur de l'univers en langue permienne ; ceux mêmes qui étaient le plus attachés au paganisme , virent avec intérêt les cérémonies de la religion chrétienne et admirèrent la beauté du nouveau temple. Etienne, qui voulait enfin les convaincre de la faiblesse de leurs idoles, réduisît en cendres une de leurs plus fameuses pagodes. Pendant que le peuple contemplait cette scène avec effroi , et que les sorciers poussaient d'affreux hurlemens , le saint homme prêchait la parole de Dieu. Pâma, le principal enchanteur, fit de vains efforts pour défendre sa religion : les idoles dévorées par les flammes, attestaient leur impuissance. Pâma s'offrit à passer, sain et sauf, par le feu et par l'eau , exigeant qu'Etienne en fît autant, (c Je ne coin- » mande point aux élémens , répondit le mô- » deste apôtre ; mais le Dieu des chrétiens est y) grand. Je suis prêt à te suivre. » L'intention dé Pâma avait été de l'effrayer ; mais voyant la résolution de son adversaire , il refusa de subir cette épreuve , et mît ainsi le comble au triomphe de la religion chrétienne. Enfin, persuadés par les instructions d'Etienne, les habitans se
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firent baptiser par troupes entières : ils brisèrent eux-mêmes leurs idoles . dans les maisons • dans les rues ^ sur les chemins et dans les bois sacrés. Enfin ils livrèrent aux flammes les fourrures pré-^ cieuses offertes en don à leurs dieux insensibles , de même que les robes de fin lin dont ils les enveloppaient. Les plus célèbres idoles des Permiens et des Obdoriens y étaient Voïpel et la Vieille d^Or ^ statue en pierre qui représentait une vieille femme avec deux enfans. Les superstitieux oflraient leurs plus beaux rennes en sacrifice ' à cette déesse , et frottaient , avec le sang de ces animaux^ la bouclie et les yeux de l'idole , qui alors répondait , dit--on , aux questions de ceux qui désiraient percer le mystère de leur avenir. Les chroniques ajoutent que près de ce lieu , dans les montagnes , on entendait souvent un bruit semblable à celui de§ trompettes. Après avoir fondé deux nouvelles églises et des écoles pour l'instruction des jeunes gens qui se destinaient à l'état ecclésiastique , Etienne partit pour Moscou , afi|^ d'obtenir la création d'une métropole à Ferme. Dmitri connaissait personnellement ce jeune apôtre , et le métropolitain Pimen partageait la bienveillance que le grand prince avait pour lui ; tous les deux trouvèrent Etienne digne de porter le titre d'é-
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vêque , et le nouveau prélat retourna dans la . contrée civilisée par ses soins ; il y mérita le nom de pète des Permiens : car c*était peu de les instruire , il les comblait de bienfaits ; pendant la famine , il leur fit venir du blé de Vologda , et alla en personne plaider leur cause auprès du gouvernement de Novgorod. En un mot , Tintroduction du christianisme dans cette province , où il fut établi par la seule force de la vertu et des prédications apostoliques , fut la plus heureuse époque pour les habitans de cette contrée • Le peuple , reconnaissant , parle encore , avec transport , des actions de son premier instituteur ; elles hous ont été transmises par le moine Epiphane , disciple de S, Serge. Etienne , qui avait consacré ,sa vie à répandre des bienÊiits^ voulut terminer ses jours à Moscou. II mourut dans cette ville, sous le règne de Vassilî Dmitrîévîtch. Tan t3g6; il reçut le titre de saint, et son corps fut enterré au Kremlin , dans l'église de la Transfiguration.
Relations Parmi les événemens mémorables arrivés du Gièce. temps de Dmitri , il faut remarquer les fréquens voyages que les ecclésiastiques grecs, surtout ceux de Palestine, firent à Moscou, pour y rassembler des aumônes. Le plus célèbre de ces voyageurs fut Nîphont, archimandrite de Jérusalem, qui
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acheta le patriarchat avec l'or qu'il emporta de la Russie. Opprimés par les infidèles, les Grecs, habiles à profiter de la vénération de nos ancêtres pour la Terre-Sainte , leur demandaient , sous prétexte de reconstruire le temple du Seigneur, de l'argent qu'ils employaient ensuite beaucoup plus pour eux-mêmes que pour les besoins de l'église. Au moment de son entière décadence , exclue, pour ainsi dire, par l'inimitic de Rome, du système politique des puissances chrétiennes, la Grèce se trouvait alors, en général, étroitement liée, par l'unité de religion, à la Russie, dont Moscou voyait renaître la puissance ; si les Russes étaient hors d'état de défendre Constantinople, ils versaient dans son sein une partie de leurs richesses , au moyen des présens considérables qu'ils envoyaient à l'empereur et au patriarche. Comme jadis à Rief, l'habitant de Constantinople trouvait une seconde patrie au fond de la Moscovie : il y rencontrait des sa vans qui aimaient la langue grecque , car le métropolitain Alexis s'en servait toujours pour signer son nom. Le commerce ou la dévotion attiraient sans cesse, à Constantinople, un gr^nd nombre de Russes qui y demeuraient ordinairement dans le monastère de Saint- Jean-Baptîste. Afin de donner au lecteur une idée précise de l'itinéraire
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de Moscou à Constantinople , tel qu'il existait alors, nous allons citer ici quelques passages des mémoires d'un prêtre russe , qui fit le voyage de Voyage Grècc avec le métropolitain Pimen. (f Nous sor- » times, dit-il, de Moscou le i3 avril iSSg, » le mardi de la Semaine sainte ; le métropoli- » tain ordonna à Michel, évêque de Smolensà, et » à Serge , archimandrite du couvent de Saint- » Sauveur, d'écrire tous les événemcns rçmar- » quables du voyage. Nous arrivâmes le samedi » saint à Kolomna et le jour de Pâques nous des- » cendimes l'Oka pour nous rendre à Rézan : » nous fumes reçus, à quelques verstes de Péréias- » lavle, par les fils d'Oleg, bientôt suivis du prince » lui-même, des boyards et du clergé avec les » croix. — Oleg traita Pimen avec de grandes » marques d'estime et d'amitié, et le dimanche, )} jour de S. Thomas, il l'accompagna hors des » murs de la ville. Il ordonna > en outre, à Sta- » nislas, Funde ses voïévodes, de nous escorter » jusqu'au Don, afin de nous protéger contre les » brigands qui infestaient ces parages. Nous » étions suivis par trois canots et une grande » barque que l'on conduisait sur roues; le jeudi » ces embarcations furent lancées sur le Don. Le s vendredi nous arrivâmes au district de Michel ^ IL où il existait autrefois une ville* C'est là que
;) nous fîmes nos adieux aux boyards d'Oleg , » aux eTeques Jérémie de Rézan , Théodore de » Rostof , Euphrosius de Souzdal et Danîel de » Zpénigorod. Il n'y eut qu'Isaac de TcliernîgoF » et Michel de Smolensk , qui , le dimanche , » s'embarquèrent avec Pimen, et descendirent ») le Don.
)) 11 est impossible de se figurer quelque chose » de plus triste que ce voyage. Partout des landes » et des déserts à perte de vue; pas un village , h pas un homme ; des bêtes sauvages , des chè- » vres, des élans, des loups, des ours , des lou- » très , des castors, errant sur les bords du fleuve , )) regardent les voyageurs comme un phénomène )) dans ces contrées : des nuées de cygnes , d ai- 3) gles , d'oies sauvages et de grues volaient sans » cesse au-dessus de nos têtes. A peine retrou ve- ) t-on , sur ces tristes rivages, quelques vestiges )) des cités florissantes , qui s'y élevaient jadis.
i> Le lundi nous longeâmes la Metcha et la )) Sosna ; le mardi, la Louka-Ostraïa j le mercredi » le Rrivôï-Bor , et après six jours de naViga- » tion nous arrivâmes à l'embouchure du Voro- » nège . Le 9 de mai, nous fumes reçus par Youri , » prince d'Eletz, descendant de Michel de Tcher- )) nigof, par ises boyards, et par une foule in- » nonibrable de peuple. Conformément aux ox^-
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» dres qu'il avait reçus d'Oleg, ce prince témoi- » gna beaucoup d'amitié au métropolitain et lui » fournit tout ce dont il avait besoin pour con- » tinuer son voyage.
» De là nous arrivâmes a la Sosna Tikhaïa(c'estn à-dire tranquille ) , sur les bords de laquelle » nous aperçâmes un rang de colonnes de pierres » blanches^ semblables à de petites meules, et » dont le travail et l'aspect étaient admirables.
>) Nous laissâmes derrière nous les rivières du » Yarrouge , de Bitiougue et Khoper , et le cin- » quième dimanche après Pâques, nous passâmes >i tout près de l'embouchure de la Medvéditsa et » d'autres rivières; le mardi nous vîmes Serklia » ( autrefois Sarkel ) , ville ancienne dont il ne » reste que les ruines. C'est là que pour la pre- » mière fois nous aperçûmes, sur les deux rives » du Don, les Tatars de la horde de Sarikhosa, » ainsi qu'une innombrable quantité de brebis , » d'agneaux , de taureaux , de chameaux et de » chevaux. L'idée que nous étions déj^à dans le » pays de cesbarbares , nous fit frémir d'horreur : » cependant ils ne firent de mal à personne; ils » nous demandèrent seulement où nous allions » et nous doimèrent du lait. Nous traversâmes » de la sorte les camps de Voulat et d'Acbou- 3) gouine. La veille de l'Ascension nous arriva-
ï) mes à Azof , ville des Francs , et pendant la » semaine des Saints Pères nous nous embarquâ- » mes sur un vaisseau^ àrembouchure du Don. » Le voyageur raconte ensuite que les Génois auxquels Pimen avait emprunté de l'argent , au nom du grand prince , lors de son séjour en Grèce , en 1 58o , l'arrêtèrent comme débiteur de mauvaise foi et voulurent le mettre en prison ; mais que le métropolitain paya largement sa rançon et continua heureusement sa route par la mer d'Azof et la mer Noire.
Dmitri, prodigue de ses bienfaits envers lesGrecs
qui visitaient Moscou , attira également d'autres
Européens en Russie. Parmi ses patentes , il s'en
trouve une adressée à un Franc , nommé André ,
( probaWement génois de nation ) par laquelle il
lui accorde une propriété dans le pays de la Pet-
cbora ^ qui avait jadis appartenu à Mathieu^ oncle
de cet André. 11 est dit , dans cet écrit, que les ha- italiens i
bilans de la Petchora devaient lui obéir , et que
lui , a son tour , d'après les anciennes institutions^
s'engageait à y surveiller la tranquillité publique.
Ceci prouveque dans le quatorzième siècle même,
Moscou ne rejetait point les étrangers , qui
pouvaient contribuer à sa civilisation, et détruit
la fausse dPnion que *^ jusqu'au règne de Jean III,
elle n'eut aucune rel?\tion avec l'occident de l'Eu-
nolre service.
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rope. Les Génois d'Azof et deTauride servaient d'entreposeurs entre l'Italie et Moscou.
Monnaies Sous le' règne de Dmitri Donskoï^ les Russes de
au lieu de* i • • , f i*.i i
kounes. la grandç principauté remplacèrent les peaux de martres par une petite monnaie d'argent , dont ils prirent le modèle chez les Tatars. L'argent des Mogols n'était ^ dans leur ancienne patirie , ainsi qu'en Chine , autre chose que de l'écorce d'arbre et des morceaux de peaux, marqués du sceau du khan; mais dans la Boukbarie et le Kaptchak ils avaient une monnaie d'argent qu'ils appelaient ianga , et uixe de cuivre ^ laquelle ils donnaient le nom de poula. hes Russes adopte^ rent ces noms; ils appelèrent leur monnaie d'argent denga , et cell^ de cuivre poulL Les dernières étaient déjà en circulation du temps du père de Dmitri; cependant les plus anciennes monnaies d'argent qui nous soient, parvenues , furent frappées sous le règne du vainqueur de Mamaï; elles pèsent ^ 4^ zçlotnik (a), et portent l'effigie d'un cavalier. Dans le traité de paix conclu , en 1 375 , entre le prince de Tver et Dmitri , il est encore question de kouues; mais dans ceux postérieurs on comptait déjà par altiiwB et par (b) dengas.
{a) La smèm^ partie, d'une oftceraase. 9 {b) Ualtiue se composait de six dengas.
La dernière année du règne de Dmitri est remarquable par l'introduction des bouches à feu en Russie. On écrit qu'un moine franciscain ^ noomié Consti^ntin Anglitsenn ou Barthold Schwarz ^ ayant inventé la poudre à canon vers lioTdf °ja le milieu du XIV* siècle , fit part de cette décou- l^^^n en verte aux Vénitiens , alors en guerre avec les ^"*"«- Génois. En 1 358 . les Français la connaissaient déjà , et en 1 346 , Edouard III , roi d'Angleterre , dut la victoire de Crécy à l'emploi du canon. Tout porte k croire que , bien avant cette époque , les Arabes faisaient déjà usage de la poudre. Les bistoriens orientaux du XIIP siècle, en décrivent les terribles effets, et ea 1 3i2 , Abalvalid-Ismaël- Ben- Asser , souverain de Grenade , possédait un parc d'artillerie. Il n'est pas douteux que cent ans avant Barthold Schvarz , le moine Roger Bacon connaissait la manière de faire la poudre : car il en décrit clairement les propriétés et la force prodigieuse, dans son, ouvrage de nullitate Magiœ* Ce que notre annaliste rapporte de Varme extraordinaire du Turc, que Kontchak, prince des Polovtsi, avait dans son armée, lors de sa guerre avec nous, en 11 85, fait présumer que l'arme de cet homme était une bouche à feu. Mais ce ne fut qu'en 1 389 que les Allemands les introduisirent en Russie.
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Quoique Ton parle de canons lors du siège de Moscou^ ea i582, il ne faut pas comprendre sous ce nom les bouches à feu d'aujourd^hui , înais d'énormes machines au moyen desquelles les assiégés lançaient des pierres contre les assiégeans. Sous le fils de Dmitri on fabriquait déjà de la poudre à cancm dans Moscou.
Nous ajouterons à la description de ce règne ce que nos annalistes disent de l'apparition de Comttes. deux comètcs , dont l'une fut visible pendant l'hiver de 1 368 , et l'autre , qui parut au printemps de 1 58a , annonça , selon eux , l'invasion de.Tokhtamouisch. Il est digne de remarque que l'année d'ensuite , la neige couvrait encore les champs de Moscou, un mois après Pâques, et Hivcrjas- ç^q ^q^ ^^ ^^ traîneau jusqu'au 20 avril. Des avrU. météores extraordinaires, de grandes sécheresses et de: violens incendies furent , en général , trèsfréquens pendant le règne de Dmitri.
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