‹ Histoire de l'empire de Russie (volume 2)Chapitre 4 sur 18 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

Le grand prince Vassii.1 Dmitriéuitch

La ^raade principauté devient l'apanage des princes de Moscou. — Caractère de l'aristocratie. — Traité. r— Politique de Vassfli, — Mariage. — Le grand prince à la borde. — Destruction de Viatka. — Réunion de Nijnî et de Soutdal aux états de Moscou. — Affaires avec Novgorod. — Invasion dp Tamerlan. — Célèbre image de Vladimir. — Malheurs d'Azof.— Affaires de Litbua» nie. — Prise de Smolensk. — Entrevue du grand prince avec Vitovte. — Russie lithuanienne. — Affaires de Novgorod.— Evénemens de la borde. — Projets de Vitovte. — Nos conquêtes dans la Bulgarie. — Guerre de Vitovte avec les Mogols. — Edigée. —-Mort du prince de Tver. — - Indépendance momentanée àe la grande principauté.

— Succès et imprudence du prince de Smolensk. — Politique de Vitovte. — Mécontentement des Novgorodiens.

— Actes de cruauté du prince de Smolensk. — Rupture avec les Lithuaniens. — Svidrîgaïlo. — Guerres avec la Lîvonie. — Invasion d'Edigée. — Lettre d'Edigée. —

, Mort de Vladimir-le-Brave. — Evénemens de la horde» — Affaires de Novgorod. — Peste. — Eamine, — Idée de la fin du monde. — Mort et caractiwe de Vassili. — Testament. — Traité avec le prince -de Rézan. — Présea»

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envoyés en Grèce. — La fille de Vassili épouse l'empereur d'Orient. — Affaires ecclésiastiques. — Institution judiciaire. — Faits divers. — Vertus de l'épouse de Dmitri Donskoï.

i5 août JL/MiTRi laissa la Russie prête à braver de nou- La grande vcau la colère des khans; maïs son fils Vassili të'de^ent ^*^^* *^^P j^""^^ cncore pour oser briser leur derpX- ]^"S* '^ remit donc l'exécution de ce projet a des Moscou circonstances plus favorables, et reçut la couronne à yiadimir, des mains de Schakmat , ambassadeur du roi de la horde. Cest ainsi qiie la dignité de grand prince devint l'héritage des souverains de Moscou , honneur que personne n'osa plus leur disputer. Boris, prince de Gorodetz, i'aîné des descendans d'Yaroslaf II , s'était , il est vrai , rendu à la horde immédiatement après la mort de Donskoï ; mais Tunique but de cette démarche avait été d'y réclamer Nijni-Novgorod que ses neveux lui avaient enlevée. L'ingrat Tokhtamouisch qui se préparait à attaquer le puissant empire de Tamerlan , ordonna d'abord à Boris de le suivre aux frontières de la Perse ; entité il lui permit de rester à Saraï , et après avoir • ruiné plusieurs villes de son ancien défenseur , il congédia enfin , à son retour, le prince de Gorodçtz , qui partit pour la Russie , muni de nou-

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reaux titres à la principauté de Nijni-Novgorod.

De sages conseillers s'empressèrent de guider, Caractère dans l'administration de l'Etat, le grand prince, crade, à peine parvenu à l'âge de l'adolescence. Entoure de boyards dévoués à sa personne , et de fidèles compagnons d'armes du vainqueur de Mamaï , il acquit à leur école l'habitude de cette politique profonde qui signala son règne de 36 ans ; <ie cette prudence qui caractérisa l'aristocratie : également éloigné de la faiblesse et des passions violentes , il paraissait dirigé plutôt par la timide prévoyance de la raison que par les élans hardis « d'ime grande âme.

Dans la crainte que Vladimir Andréiévitch , onde de Vassili, ne fit valoir des prétentions fondées ^ur son droit d'aînesse et sur l'éclat de ses triomphes, les boyards entreprirent de limiter son pouvoir en l'empêchant de prendre auicune part au gouvernement. Un tel excès d'ingratitude de la part de son neveu blessa vivement Vladimir, qui, fidèle et zélé défenseur de la patrie^ s'était toujours contenté du titre de prince de se- <cond rang ; d'ailleurs il n'avait en aucune manière violé le traité conclu entre lui et Dmitri Doiidoï. Use rendit avec sa cour à Serpoukhof^ sa capitale , et de là à Torjek : fort heureusement £ette rupture , comme celle qui avait existé entre

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lui et le père de Vassîli, fut terminée pâf im ^- nouveau traite' d'alliance que les deux princes signèrent en i588. Outre son ancien apanage et le tiers des revenus de Moscou , Vladimir prit possession de Volok ou de Rjef ; pour compensation-, il promit de se soumettre au jeune Vassili, comme à son supérieur ; d'aller à la guerre avec lui ou avec les armées du grai>d prîîice , de défendre les places fortes que celui-ci lui indiquerait, etc. ; enfin de donner aux khans, sur les revenus de Volok, cent soixante-dix roubles à-compte des cinq mille que leur payait Vassili.

11 n'est pas inutile d'observer que, pendant ses débats avec son neveu, Vladimir s'était retiré dans une province de Novgorod : les souverains de Moscou, exclusivement revêtus du titre de grands princes, regardaient cet état comme leur héritage , malgré le privilège formel de choisir ses princes, que Yaroslaf, dans ses anciens statuts ^ avait concédé à Novgorod. Siméon et Jean, fils -de Kalita, à leur avènement au trône, avaient eu , à ce sujet , des débats avec les Novgorodiens. Vassili se trouvait dans le même cas; au^si ces fiers républicains s'empressèrent-ils de servir le ressentiment de Vladimir, en lui offrant un asile parmi eux , afin de s'en faire un appui ; mais ; voyant la sincère réconciliation de l'oncle

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et du neveu , ils témoignèrent le désir de participer au traité de paix. 11 ne s'agissait plus que du point d'honneur ou d'une simple formalité. (( Nous ne refusons pas, dirent-ils, d* obéir au » prince de Moscou ; mais , puisque nous soin- » mes libres, écrirons nos conditions récipro-^ » ques. » Ces conditions consistaient ordinairement dans la fixation des droits du prince et de ceux du peuple. Vassili y adhéra, et, en présence des bojards de Novgorod , il apposa le sceau de l'Etat au traité qui fut conclu à Moscou ; ensuite il envoya à Novgorod , en qualité de gouverneur, Eustache Sita, seigneur moscovite. Ceci nous mène à remarquer qu'à dater du règne de Kalita, les Novgorodiens n'avaient plus de princes particuliers ; ils étaient sous la puissance immédiate des souverains de Moscou , qui les gouvernaient par leurs lieutenans; car Narimant, Patrice, Lougveni et autres princes russes ou lithuaniens, ne commandèrent depuis ce temps, à Novgorod, qu'avec le titre de voïévodes.

Trois objets principaux devaient occuper la deVisSii» politique du prince de Moscou : il fallait briser les fers de la Russie ou du moins en alléger le poids; opposer de fortes digues aux incursions des Lithuaniens, et augmenter la puissance de la grande principauté par la réunion des apanages.

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encore indëpendans. Vassili d^oya uu zèle in** fatigable pour atteindre ce triple but; mais près* que timide à force de modération, trop leot à force de prudence y il abandonna volontairement à ses successeurs le soin de hâter les progrès gla-' rieux de notre puissance.

Mariage. A l'âge de dix-sept ans , il épousa la jeune Sophie, fille de Vitovte. Exilé de sa patrie par Yagaïlo , ce héros s'était retiré en Prusse chez le grand-maitre de Tordre Teutonique. Une chro-r nique rapporte à ce sujet qu'en i586, VassiU s'étant enfui , de la horde en Moldavie , passa de là en Prusse où il fut arrêté par Vitovte qui lui' offrit de s'engager par serment à épouser Sophie ^ comme le seul moyen d'obtenir sa liberté. Au bout de cinq ans, ajoute la même chronique , le grand prince remplit sa promesse et contracta cette alliance, aussi conforme aux lois de l'honneur qu'avantageuse aux intérêts de l'État. Vitovte , déjà célèbre par son génie et sa valeur , avait beaucoup d'amis en Lithuanie ; tout faisait présumer qu'il ne resterait pas long-temps en exil. Vassili espérait trouver en lui ou un puissant frère d'armes contre Yagaïlo , ou un média** teur dans la paix avec les Lithuaniens. Les boyards moscovites > Alexandre Polé , Bélévoute , et Sélivan , se rendirent en Prusse pour chercher la

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princesse ; à leur retour ils passèrent par Novgorod. Jean Olguimontovitch , prince lithuanien, acco'nipagiià Taùguste fiancée jusqu'à la capitale , où le peuplé vit avec satisfaction la ce- vicr ligi. lébration deis nôces.

Bientôt après , le grand prince se rendit à la '^^*

,,^Hwi P^ j> , 9JuilIct.

horde. Quelques riiôis avant son départ , le tza- l^ g^^nd re'vitch BetVoùt avait été envoyé , au nord , par ^"''torde* Tokhtamouîsch, des rives du Volga et de la Kazanka ; après une marche pénible à travers d'épaisses forêts , il avait ruiné le pays de Viatla , où , depuis le règne d'André Bogolubsky , les éiiîiîgrés de Novgorod vivaient libres et indépendans , tantôt en guerre , tantôt en relations commerciales avec les Tchoudes , leurs voisins. Les Mogols, jaloux, sans doute, du bien-être de cette petite république , trouvèrent facilement un préteicte pour l'attaquer et satisfaire ainsi leur amour pour le pillage. La stupeur produite par une invasion aussi inattendue, fut suffisante pour -vaincre des hommes qui n'avaient pas eu le temps de mettre eh état de défense , leurs villes , fondées depuis deux cents ans au milieu des déserts et des marais. Les uns furent î^?s«™c-

tion fie

passés au fil de l'épée ; d'autres , emmenés par Viatka. Betlout en esclavage , se virent à jamais privés de la liberté. Plusieurs, enfin, qui avaient trouvé

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tin asile dans Tépaisseur des forêts , résolurent xde se venger des Tatars. Réunis aux Novgorodiens et aux habitans d'Oustiougue ^ ils s'embarquent sur de grands bateaux ^ descendent la Viatka, pénètrent dans le Volga , ravagent Youkotine^ Kazan^ les villes bulgares dépendantes des khans , et pillent , sans pitié , tous les marchands qu'ils rencontrent sur leur passage. Néanmoins y ces événemens ne furent pas ce qui obligea le grand prince de se rendre à la horde . Le but de ce voyage ne se découvrit que 'par ses résultats ; qui forment une époque mémorable dans l'élévation graduelle de la principauté de Moscou. On lui fît à la horde l'accueil le plus amical; jusqu'alors aucun des souverains de Russie n'y avait été traité d'une manière aussi honorable. On eût dit que ce n'était point un tri-^ butaire, mais un ami, un allié, que le khan s'empressait de recevoir. Tokhtamouisch , qui lui-même avait donné à Boris la principauté de Nijni y n'hésita pas cependant , à l'instigation des grands de sa cour,, à nommer VassiU prince légitime de cet Etat.. Celui-ci ne s*en tint pas la.; il eut le bonheur de voir tous ses désirs accomplis. Gorodetz , Metçhera , Toroussa et Mouromluifurentcédées, bien que les deux dernières provinces, anciennement dépendç^n tes dçs

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princes de Tchernîgof, n'essent jamais appartenu aux descendans de Monomaque. Les circonstances seules peuvent rendre raison d'une bienveillance aussi extraordinaire. Engagé dans une guerre périlleuse contre le terrible Tamerlany Tokhtamouisch craignait , sans doute , que les Busses ne fissent alliance avec ce conquérant ^ qui , pour punir l'ingrat dominateur de la horde d'Or , dirigeait sa marche des bords de la mer Caspienne et de celle d'Aral , vers les déserts de l'Asie septentrionale. Malgré le silence des annalistes , il est probable que Vassili n'obtint tant de faveur qu'enjoignant à un nouveau serment de fidélité, la promesse d'envoyer de puissans secours à la horde. En qualité de chef des princes de Russie , il avait le droit de répondre des autres, et de tout employer pour séduire ou pour tranquilliser le Successeur de Mamaï. L'avidité des seigneurs tatars et les riches présens de Vassili firent le reste. Déjà Tokhtamouisch avait passé le Volga et le Jaïk ; il s'avançait contee iron ennemi avec une innombrable armée , lorsque le grand prince se hâta de quitter le théâtre de la guerre , accompagné du tzarévîtch XJlan , chargé par le khan de l'installer sur \e trône de Nijni.

Après trois mois d'absence , Vassili revint dans ^*t?bîe7

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sa capitale J son retour fut célébré jiar le peuple '

de Moscou , comme une grâce toi^te particulière

de la Providence. Le grand prince se hàtad'en-

Lcsprin- voycrscs bojards à Nijni; il les fit suivre par

de iNijni- Tambassadeur du kfaan> porteur de Tédit de son

etdisouz- maître. Le prince Boris , dans la plus grande per-

dal reunie» i •. / ii 'x J 'i«i '

à celle de piexité , rassembla son conseil pour délibérer surlé parti a prendre : il voulait faire fermer les portes de la ville, mais il fût trahi par Roumianelz , le premier de ses courtisans. « Prince , lui dit-il ^^ » V ambassadeur du khan et les boyards de » Moscou ne viennent ici que pour resserrer les » liens d'amitié gui vous unissent à leurs mai" » très. Faites-les entrer ^ et gardez- vous de les J) offenser par d'injustes soupçons. Qu'auez-vous » à redouter at^ec des serviteurs dussi fidèles que » nous ? » Le prince se rendit à ces discours insidieux, et il s'aperçut, mais trop tard , qu'il était trompé; les boyards moscovites entrent aussitôt dans la ville , et devant les faabitans rassemblés, ils proclament, au son de toutes les cloches, Vassili, prince de Nijni-Novgorocl, Boris veut en vain appeler sçs gardes : « Nous ne » sommes plus à toi , » ' lui répond le perfide Bûumianetz , qui le livre aux satellites du grand prince. Ce dernier arriva bientôt lui-même avec ses principaux boyards j il établit dans la ville

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un nouveau mode d'administration et confia le gouveraementde cette province à son lieutenant Dtnitri Vsévolo j : c'est; ainsi que' disparut > avec ses£^nag6s> la principauté particulière de Souzâiil> qui jadis avait donne son nom au puissant empire fondé par* André y et qui comprenait toutes les parovinces dé la Russie renfermées entre* Novgorod^ Smolensk^ Tchernigof et Rézan. Boris* étant mort au bout de deux ans y ses neveux • Vassili^ surnommé Kirdiapia^ et Siméon^ firent • de vains efibrts pour reconquérir leur héritage. Ils coururent à la horde ^ implorer la protection^ du khan; Siméon^ avec le secours du tzarévitch Eitiak^ réussit même à prendre Nijni par ruse; mais comme il avait à peine un millier de soldats ^ il ne put conserver sa conquête j il s'élôi^ia , . laksant partout des traces de ses brigandages et de sa cruauté. L'épouse de Siméon resta longttemps captive en Russie , et parvint à se sauver' dans le pays des Mordviens^ dépendant des Ta^ tars ; elle se retira dans un village près d'une église chrétienne fondée par un musulman con-* verti y nottimé Ghazibaba^ Les boyards du grand • prince, envoyés avec un corps de troupes à la? poursuite de cette malheureuse princesse , l'em-^ ■ menèrent prisonnière^ à Moscou. Pendant huit ans, l'infortuné Sinïéon > banni de sa patrie , sans

ainî»^ sans argent , erra avec les Mogols^ au sein de leurs déserts : epfîn après avoir servi succès-' sivement quatre de leurs khans , il eut recours à la clémence du grand prince , qui lui rendit sa famille et lui permit de se choisir un asile en Russie ; Siméon préféra se retirer dans la province indépendante de Viatla ^ où , au bout de cinq mois , il succomba à ses cuîsans chagrins ^ vicftme d'une usurpation justifiée par l'intérêt de rÉtat* Vassili Kîrdîapa, son frère aine, mourut également dans l'exil. Parmi les fils de Vassili et de Boris , les uns entrèrent au service de la cour de Moscou , les autres se réfugièrent à la horde; Alexandre Brougatoï , petit-fils de Kirdiapa , épousa dans la suite une fille du grand prince ^ nommée Vassilissa.

Affaires Guidé par dés principes salutaires au bien de gorod. °^" rÉtat , Vassili crut de sa dignité de déployer toute la sévérité d'un maître absolu , au sujet de nouveaux débats survenus entre lui et les Novgorodiens, qui refusaient de lui payer l'impôt territorial. Il sut , dans cet acte de rigueur , unir avec adresse les intérêts de sa couronne avec l'honneur du chef du clergé. En 1092 , le métropolitain Cyprien , successeur de Pimen , entreprit un voyage de Moscou à Novgorod. A son arrivée , il célébra solennellement la «essia

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dans l'église de Sainte-Sophie , prononça un discours très-éloquent , et fut traité par l'archevêque Jean avec tous les égards dus à sa dignité. Les citoyens les plus distingués , en témoignage de leur considération et de leur estime, lui firent présent , au nom de toute la ville , de plusieurs maisons. Mais lorsque le métropolitain eut positivement déclaré en plein conseil public , que , dans les affaires judiciaires, les Novgorodiens jàe^ vaient s'en rapporter à lui , selon l'ancien usage , l'amitié qu'on lui avait témoignée d'abord fit place à l'indignation. Le possadnil, le chef militaire ^de la ville , et tous les habitans s'écrièrent à la fois : « Nous avons juré de ne » pas reconnaître le poui^oir judiciaire du tné^ » tropolitain , et nous ai>ons mis ce serment par )) écrit. /) — « Donnez-le moi ^ cet écrit , leur dit Cyprien, j^en briserai le sceau ^ et je vous âéga-- }} gérai f de la sorte, de votre serinent. » Le peuple n'y voulut point consentir , et Cyprien partit enflammé de courroux.

Vassilî prit avec ardeur le parti du chef de l'Eglise , car il savait combien les métropolitains contribuaient, par leur séjour à Moscou, à 1^ grandeur du prince; combien leur influence était nécessaire aux progrès rapides de la monarchie. Il «nvoya aux Novgorodiens un aniibassadeur

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chargé de leur xeprëseater qu^ea pbyaat & Dnùtrî JDpnskoï le tribut territorial , ils s'étaient^ par-là >mêine, engagé à le payer à son fils ; il leur ordonnait en outre de reconnaîtra le métropolitain pour }uge suprême des. affaires civiles^ déclarant que dans le cas contraire ils s'ei^posaient aux terribles effets de sa colère. Les Novgorodiens répondirent que les impôts payés par 1^ «peujjle .a^ent toujours fait partie des fonds publics , et que le prince de Moscou devait se contenter des présens qu'on lui fistisait ; que pour ce qui , concernait la seconde prétention de Vassili, relative au métropolitain , elle était entièrement contraire à leur conscience. Cette réponse fut jregardée connue une déclaration de guerre , et les troupes de Moscou^ de Kolomna^ de Zvéi^cp. nigorod et de Dxnitrof , reçurent l'ordre de se mettre en mouvement. Ces troupes , coipmanr Jées par Vladimir-le-Brave , oncle du grand prince , et par Youri , second fils de Dmitri Donskoï , s'emparèrent de Torjek ; elles firent un grand nombre de prisonniers dans les provinces de Novgorod , où les habitans de la campagne s'étaient réfugiés avec leurs biens et leur^ enfans , pour se dérober à l'esclavage ou au £sr de l'ennemi. Déjà l'armée moscovite , rassasiée de carnage, était sur le point de rentrer dans

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ses foyers , lorsque Vassilî apprend qu'aussitôt après le départ de ses troupes , Torjek* a levé l'étendard de la rébellion^ et que Maximin^ Bomme ^évoué au grand prince , a été massacra par les partisans du gouvernement de Novgorod,. U prend alors le parti d!épouvanter les rebelles par un chàtîme^pt aussi cruel qu'inattendu ; il ordonna a ses boyards de retourner sur-le-rohanip à Torjek , et de lui amener les auteurs de l'assassinat. On qn saisit soixante-dix , accusés d'avoir trempé dans le complot , et le peuple rassemblé sur la place publique, fut témoin de l'affreux supplice de ces criminel^, tous condamnés à inort. Déjà couverts de sang et en proie aux plus horribles tortures , on leur coupait lentement les bras et les jambes, en leur répétant : tf C^est ainsi que périssent les ennemis du grand » prince. » Vassili n'avait pas encore vingt ans , et dans cette occasion , comme dans les autres, il avait agi d'après le conseil des boyards , dans l'espérance que la crainte qu'il pourrait inspirer relèverait la dignité de grand prince , tombée avec l'Etat, par le partage de la souveraineté. De leur côté^ les Novgorodiens s'abandonnèrent, par droit de représailles , à toutes sortes d'excès : ils prirent Klitchen , Oustioujna, et livrèrent aux flammes Qu^ougi^e e;t Bielozersk , sans épor-

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gner même les tempks , dont ils enlevaient les^ images précieuses et les livres sacrés j ils allèrent jusqu'à torturer les gens riches , pour apprendre d'eux où ils avaient caché leurs trésors } et suivis d'une foule de citoyens ,^ de laboureurs chargés de fers , ils descendirent la Dvina sur des barques remplies du butin qu'ils avaient fait. A la tête de ces brigands , se trouvaient les deux princes, Roman de Lithuanie et Constantin de Bielozersk , dont le père et l'aïeul avaient péri à la fameuse bataille du Don. Ce jeune prince^ repoussant l'idée de se voir vassal de celui de Moscou , avait saisi avec empressement l'occasion d'entrer au service des Novgorodiens , ennemis de Vassîli ; mais la guerre fut bientôt terminée , et les Novgorodiens , voyant la fer-» meté du caractère de Vassili, pensèrent ^'il valait mieux lui accorder le tribut qu'il réclamait , que de rompre toutes leurs relations commerciales avec les provinces moscovites , et d'ex-* poser ainsi aux plus grands risques leur commerce de la Dvina, que ce prince, maître d'Oustiougue et de Bielozersk , pouvait facilement inquiéter : circonstance toujours prépondérante dans leurs débats avec les grands princes. Il leur fallut encore satisfaire le métropolitain , et cette démarche était d'autant plus nécessaire

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qu'Antoine , patriarche de Constantinople , avait chaudement pris son parti ^ et qu'il leur avait fait dire à! obéir en tout à ce chef de /^ Jglise russe. Us envoyèrent donc à Moscou leurs seigneurs les plus distingués y pour klve au prince de très-humbles excuses et remettre a Cyprien l'autorisation relative au jugement des affaires . civiles. Le métropolitain leur donna sa bénédiction , et le grand prince envoya ses boyards à Novgorod pour ratifier la paix. Le métropolitain fît également partir un ambassadeur auquel les magistrats et le peuple donnèrent trois cent cinquante roubles ^ en signe d'amitié.^

Pendant que le jeune Vassili consolidait sa puis- , ^^wn^^^ sance par de nouvelles acquisitions et par des ^"' actes d'une juste sévérité ; au moment où il contemplait avec joie les dangers qui menaçaient au dedans , comme au dehdrs y l'odieuse horde de Kaptchak y il vit une nouvelle nuée de barbares prête à anéantir l'heureuse création de Jean Kalita y ceUe du héros du Don , et la sienne propre ; prête enfin , pour la seconde fois ^ à couvrir la Russie de cendres et de ruines. Nous avons déjà parlé de Tamerlan (a) , Timour ou Temir-

{a) Par corruption du persan , Timoui^Lenk , c'est-àdire , Timour-le-Boiteax.

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