Tome V. j
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traité anciennement concla avec lui. Du consentement de ces deux princes^ cette alliance fut approuvée et garantie par le souverain de Moscou , qui ( trop prudent pour ne pai respecter le lion blesse) n'avait pas l'intention de devenir Tennemi 4e son beau-jpere , dans un moment où il avait tant de sujets de crainte du c6te de 4a horde; car, depuis l'invasion de Tamerlan, il avait interrompu toute communication avec elle , sous le prétexte qu'il n'en connaissait pas le souverain indepen- légitime . En effet^elle était partagée entre Xokhtainenunce mouîsch^ ScfaadibdLetKoiritcfaak. Les troubles indc pnnci- térieuTsqui déchiraient alors l'empire desMogols, troubles que n'avait pu même calmer leur célèbre victoire sur les Lithuaniens, étaient la seule cause qui les empêchât de porter leur attention sur la Moscovie. De son côté, Vitovte recherchait, plus que jamais, l'amitié de Vassili, afin d'éloigner ce prince de toute alliance avec Oleg et Youri , prince exilé de Smolensk , d6nt la fille Anastasie s'était mariée à Youri , frère du grand prince , au moment où Jean , fils de Vladimir-le- Brave^ avait épousé une petite -fille d'Oleg. Il était facile de prévoir que le prince de Smolensk voulait profiter des désastres de la Lithuanie ; aussi suppliait- il instamment son beau -père Oleg éd lui vendre son tr6ne. Yassili le d^irait éga*
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kment ; cepetidanl il refusa de leur prêter ûBcun secours. Persuadés au moins de ses banaes dispositions à leur égard, Oleg et Youri rassemblé- i4o'rent une armée et allèrent inopinémeiit assiéger if pruden- Sniolensk. Les habitans de cette ville détestaient lldeSmZ le gouvernement lithuanien ; ils ouvrirent leurs ^"*^; portes et reçurent avec transport leur soirrerain légitime. Le jour où le peuple se livrait à la joie d*un si beau triomphe fut malheureusement si^ gnalé par un affreux massacre : Youri , altéré de vengeance, fit mourirle prince Romande Brian<^/ lieutenant de Vitovte et descendant de S. Michel de Tchcmigof, ainsi qu'une foule de boyards de Smolensk, partisans des Lithuaniens* Il ignorait qu'en pareille circonstance la clémence est commandée , non-seulement par Thumanité, mais plus encore par les intérêts du souverain. On voyait tomber, les têtes des pères et des époux; mais les femmes , les enfans , les amis des victimes restaient et pouvaient dire , afin d^ réveiller la haine du peuple contre un prince cruel : « L'^ étranger VUovtë tégnait paisible^ » TTtent dans nos murs y tandis qu^un prince » russe n^y est rentré que pour se baigner dans » notre sang, w La modération succède rarement à un acte de cruauté. A la nouvelle de la prise de Smolensk , Vitovte se présenta devant
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cette ville avec une nombreuse armée et des canons. Youri ayant découvert que plusieurs citoyens avaient formé le complot de se rendre aux Lithuaniens , il les fit tous périr sans pitié , repoussa l'ennemi et conclut une trêve avec lui. 1402. Encouragé par ses succès et par Thumiliatioii des Lithuaniens , le prince de Rézan envoya son fils Rodislaf avec Tordre de faire la conquête de Briansk , afin d'arracher , s'il était possible , cet ancien apanage de Tchernigof au pouvoir des étrangers. Mais Vitovte eut le temps de prendre ses mesures : un de ses meilleurs généraux était alors Lougveni , fils d'Olgerd , qui\ dès l'année 1 392 , a son retour de Novgorod en Lithuanie^ avait épousé Marie , sœur de Vassili ; cette princesse était morte , au bout de cinq ans de mariage , à Mstistavle , d'où son corps fut transporté a Moscou. Lougveni> envoyé par Vitovte, se réunit k ^ Alexandre de Starodoub, attaqua les Rézanais près de' Luboutsk , et les battit complètement ; le prince Rodislaf tomba lui-même entre les mains de l'ennemi. Cette victoire , dans les conjonctures où il se trouvait alors , était fort importante pour Vitovte , en ce qu'elle rendit le courage aux Lithuaniens et porta l'efiroi dans le cœur des Russes. Vitovte, qui haïssait Oleg, se vengea en condamnant Iç fils de ce prince à être enfermé dans
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un cachot , où il languit enchaîné pendant trois années entières ; il ne fut délivré qu'après avoir payé une rançon de deux mille roubles ; le vieux Oleg n'avait pu survivre au malheur de son fils ; il était mort revêtu de Thabit monastique : ce prince , doué d'un génie extraordinaire , et le plus illustre des souverains de Bézan , long-temps ennemi acharné de Dmitri et des Moscovites , fut chéri de son peuple , et l'on ne saurait refuser de justes éloges à ses derniers efforts pour rendre à sa patrie les provinces conquises par les Lithuaniens. Appelé d'abord du nom chrétien de Jacques , il prit en se faisant moine celui de Joachim^ et fut enterré dans le couvent de Solotchin , fondé par lui près de Rézan. Féodor , son fils , hérita de son trône où il fut affermi par une autorisation spéciale du khan Schadibek. Il en fut chassé quelques temps après par Jean , prince de Pronsk ; mais il conclut la paix avec lui et régna paisiblement dans son apanage , après avoir fait une étroite alliance avec le prince de Moscou, son beau-frère.
Vitovte resta quelque temps sans inquiéter le '4^repos de Youri , prince de Smolensk ; enfin il rassembla une armée qu'il envoya à Viazma, sous les ordres de Lougvenî , dont il connaissait tout le courage et en qui les Russes eux-mêmes avaient beaucoup de confiance, parce qu'il était de leur
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religion. Lougvem s'empéra^ sang combat^ de la v31e de Vîazma où il fit prisonniei* Jean , prince de cette ydle ; et Vîtovte, avec toutes ses forces *4'^4- réunies, s'avança alors contre Snwknsk. Deux mois du siège le plus opiniâtre , de continuelles décharges d'attillerie , tous ses efforts, en un mot, furent inutiles > et il fut obligé de se retirer, tant cette ville était bien fortifiée et surtout bien défendue par Youri. Les environs de Smolensk seuls fuient ^vastes par l'armée lithuanienne. Cependant Yauri , qui redoutait une nouvelle attaque , résolut d'avoir une entrevue avec le grand prince : il laissa son épouse et ses boyards à Smolensk et partit aussît&t pour Moscou^ après leur avoir donné sa parole d'être bientôt de, retour. Il fut accueilli avec bonté : w Prince généreux , » dit-il à VasaQi , sojea mon protecteur : Vitovte n vous e&tin^ ; tâchez de nous réconcilier ou ac- )> cordez-moi votre secours dans le cas où il nié- » priserait vôtre médiation. Si ce que je vous » propose ne vous parait pas admissible^ deve- » nez a la fois mon souverain et celui de Smo- » lensk ; car j'aime mieux vous servir qtie de voir n un étranger sur le trôsne des deseendans de » Monomaque . » Cette offre était sans doute bien séduisante, mais, persuadé que Vitovte avait la ferm^ intention de tout sacrifier pour reconqué-
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rîr Smolensk , et <jae la réunion de cette fn*mcipautë à celle de Moscou serait une dëclaration de guerre , le grand prince refusa également d'être médiateur^ protecteur et souverain de Smolepsk ; il suivit son système qui était de vivre en paix avec les Lithuaniens , tant que Vitovte respecterait le territoire moscovite. Tel est le récit ded annalistes ; cependant le long séjour de Yoûri à Moscou prouve du moins qu'il n'avait pas re*-» nonce à l'espoir de réussir dans ses tentatives : la perfidie vint bientôt traverser ses projets.
Ce |Mrince y implacable ennemi des Lithuaniens y avait des ennemis plus dangereux encore pai*mi les boyards de Smolensk y irrités du supplice de leurs frères. Us profitèrent de l'absence de Youri pour appeler sjecrèteinent Vitovte et pour lui livrer la ville. Les troupes lithuaniennes s'emparèrent de la forteresse sans la moindre résistance : elks en désarmèrent la garnison , firent prisonniers quelques seigneurs restés fidèles à leur prince : mais^ du reste, elles ne causèrent aucun mal aux habitans^ olMj||vant le meilleure ordre et la plus exacte discipline. L'épouse de Youri fut envoyée en Litbùanie , et Vitovte, une fois entièrement maître de la principautdde Smolensk y mit ses lieutenans dans toutes les places importantes, détruisant de la sorte les espérances
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des perfides boyards russes , qui s'étaient îmagiae que le prince lithuanien leur donnerait ces charges. Quant aux citoyens et aux habitans de la / campagne , il leur accorda des privilèges particuliers, afin de se concilier l'affection du peuple qu'il voulait irriter contre Youri. U réussit parfaitement dans ce projet; car la valeur des troupes Politique de Smolcusk contribua principalement à la vic-
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toire qu'il remporta , quelques années après, dans ime sanglante bataille livrée aux Allemands, et où il resta plus de soixante mille hommes sur la place. C'est ainsi que cette ancienne ville russe , prise la première fois par ruse , la seconde par trahison, resta pour cent dix ans attachée à la Lithuanîe ; mais ce fut la dernière de leurs conquêtes eh Russie; car nous touchons bientôt a l'heureuse époque ou notre patrie va recouvrer ses possessions envahies.
La nouvelle inopinée de la prise de Smolensk fut un coup de foudre pour Youri ; le grand prince même en fut si étourdi qu'il lui \'mt à l'idée qu'on avaiW^oulu le jpuer. Il fit appeler Youri , l'accabla de reproches et lui dit : a Im- » posteur, ton intention était sans doute de me » séduire par tes insidieuses propositions,, car » Smolensk n'a pu, sans tes ordres, ouvrir ses » |)ortes aux Lithuaniens. » En vain ce prince
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infortuné lui protesta que la faute en était aux boyards qui l'avaient trahi ^ rien ne put dissiper les soupçons de Vassili ; et Youri n'ayant plus aucun espoir de protection , aucune garantie pour sa sûreté personnelle à Moscou^ prit lé parti de chercher Tune et l'autre à Novgorod.
Les tentatives fréquentes de Vassili pour atta- tcntem^nl quer la liberté et les possessions de cette repu- gorodicnl blique y y causaient de continuelles alarmes y et rempêchèrent de vivre long-temps en paix avec le grand prince. En i4oi , Vassili fît arrêter publiquement, à Moscou, Jean, archevêque de Novgorod , venu pour plaider avec zèle la cause de ses concitoyens. Quelques mois après , les troupes du grand prince saisirent dans Torjek deux illustres boyards , ennemis du prince , et s'emparèrent de tous leurs bieps , sans aucune déclaration de guerre; l'armée moscovite, commandée par Aïfal et Gerassim, son frère, tous deux moines défroqués, tous deux traîtres à Novgo- ' rod , entra dans la province de la Dvina , y fit prisonnier le lieutenant , beaucoup de boyards , et ravagea tout lie pays ; mais , battue près de Rolmogore , elle fut forcée de fuir en abandonnant ses prisonniers* Le séditieux Aïfal , après avoir échoué de la sorte dans ses perfides complots contre sa patrie, exerça dans la suite ses
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brigandages sur la Kama et le Volga /où il avait plus de deut cent cinquante barques ; lon^^temps captif chez les Tatars, il périt enfin à Viaika de la main de Rassokhîn ^ comme lui déserteur noygorodien. Le grand prince rendit la liberté aux boyards arrêtés dans Torjck , ainsi qu'à Farche^ yéque Jean , renfermé depuis trois ans dans une cellule du monastère St, -^Nicolas : cependant Novgorod , craignant pour l'avenir de sembla^ blés actes de violence ^ se pré|Hirait k défendre vigoureusement ses droits.
Sur ces entrefaites^ Yonri^ accompagné de son ffls Féodor , de son frère Vladimir et du prince Siméon de Viazma , psTrut au milieu du peuple , et lui demanda un asile contre ses ennemis. La générosité que les^Novgorodiens se plaisaient à déployer dan$ de pareilles circonstances , l'idée , si flatteuse pour leur, orgueil de protéger un des princes russes les plus distingué» , persécuté par Vitovfe et abandonné du grand fHcince , tout le$ décida à recevoir cet illustre fugitif avec les témoignages du plus vif intérêt : ils firent plus j ils lui composèrent une espèce d'apanage , formé de treize villes , parmi lesepielles on comptait ftous • sa , Ladoga et autres , à condition qu'il emploierait son bras valeureux à défendre l'intégrité de leur territoire , qu'il leur consacrerait ses talens ,
ses veilles et jusqu'à sa vie même. Des sermens mutuels cimentèreat cet accord également désa* gréable à Vitovte et au grand prince. Le premier, alors en paix avec les Novgorodiens, se plaignit de ce qu'ils accordaient leur amitié et leur confiance à son plus cruel ennemi ; quant à Vasstli , il ne put voir sans déplaisir que , dans une circonstance aussi importante ^ ce petijd^ eut agi de sa propre autorité, sans consulter le souverain de Moscou. Cependant Youri ne resta pas longtemps dans les Etats de Novgorod ; accoutumé à régner en despote , il se lassa bientôt de la dépendance où le tenait'le conseil national , et il retourna à Moscou avec de nouvelles espérances dans la protection du grand prince. Vassili , alors i4o^irrité contre Vitovte , dont les troupes avaient fait incursion dans le territoire de Pskof , reçut Youri très-amicalement^ et le nomma gouverneur de Torjek : mais, par un acte infâme qui le con-* vrit d^opprobre aux yeux de toute la Russie , ce ^isérablese vitbientôt privé de la faveur du grand ^
prince et de la compassion des hopimes. • Sîméon , prince de Viazma, qui partageait ave« Crime du celui de Smolensk tous les malheurs de l'exil , Si- Smoiensk. méon , son ami et son plus fidèle serviteur , avait une femme belle et vertueuse, nommée Julienne . Voluptueux autant que cruel, Youri brûlait de-
puis long-^temps du désir affreux de souiller la couche de Siméon ; enfin , ayant épuisé tout ce que la séduction et la ruse ont d'odieux , il osa commettre publiquement le crime le plus atroce. Au milieu d'un grand repas , donné dans son palais^ il poignarda le prince de Viazma, dans Tespérance dé profiter de la frayeur de sa malheureuse épouse pour satisfaire son infâme passion. La princesse, pour qui rien n'était aussi prédeux que l'honneur , saisit un couteau avec la ferme intention de poignarder le meurtrier ; mais celui-ci détourne le coup et reçoit une forte blessure à la main. La colère succédant alors à la lubricité , Youri tire son sabre , poursuit Julienne jusque dans la cour, la coupe en morceaux et la fait jeter à la rivière. Un crime aussi épouvantable serait fait pour déshonorer le siècle où il fut commis , si l'impression qu'il produisit dans tous les cœurs ne justifiait ce siècle aux yeux de la postérité. Gomme un autre Gain , Youri marqué du sceau de l'infamie ^ objet du mépris universel , trop coupable pour oser paraître encore devant les princes ou devant le peuple , Youri se réfugia à la horde ; pendant quelques mois il erra dans les déserts, et termina sa carrière dans un couvent de la principauté de Rézan. Il fut le dernier des princes souverains de Smolensk issus de Bos-
tîslaf Mstislaviteh , petit-fils de Monomâque.
Enfin^ te temps était venu où te prince de Mos- Rupture
ftVCC les Lil'
COU et celui de Lithuanie ne savaient plus con- thuanicns. tenir leur inimitié. Pskof , affranchie par les Novgorodiens de tout vasselage^ était alors gouvernée par ses propres lois ; elle recevait ses lieutenans de la main de Vassili , mais elle s'était réservé le choix de ses magistrats et de ses princes , au nombre desquels elte admettait quelquefois dés étrangers ; car André CMgerdovitch et Jean , son fils, j avaient régné pendant quelque temps. Cette liberté ne fit point le bonheur des Pskoviens : menacés d'un côté par l'ordre de Livonie, de l'autre par Vitovte , ils imploraient vainement le secours des Novgorodiens , leurs frères. Novgo-, rod, jalouse du commerce florissant de sa rivale , non-seulement lui refusait toute assistance et ne faisait jamais aucune mention d'elle dans ses traités de paix avec les Allemands et la Lithuanie y mais elle envoyait souvent ses troupes pour l'inquiéter et même pour l'assiéger ; elle échouait toujours danisses projets, et faisait avec Pskof des traités toujours enfreints. Ajoutons que cette ville fut encore en proie à la peste , qui s'y renouvela plusieurs fois. Le ri^sé Vilovte profita du malheur des Pskoviens, et, pOur couvrir sa perfidie du voile de l'honneur , il envoya à Novgorod la déclara-
lion de guerre qu'il venait de faire aux Pskoviens : il tomba à Timproviste sur leur teiritoire , et s'empara de la ville de Kolojë où il fit onse mille Russes prisonniers. Pendant ce temps le grand--» maître de Livonie ravageait les ^învirons d'Ifc^ borsk . d'Ostrof et de Kotelno. Les Pskoviens ne perdirent pas courage ; ils se vengèrent de Vitovte en dévastant Véliki-LoukietNovorjef, âé* pendances de ce prince ; ils enlevèrent aux Lithuaniens l'étendard de Kolojé, et défirent les Allemands près de Kirempé : m»îs s'apei'cevant que la lutte était trop inégale , ils eurent recours au monarque de Moscou, Bien qu'à l'exemple d^ Novgorod ils eussent un système politique tout particulier, et qu'ils dépendissent, en effet, fort peu du grand prince, cependant Vassîli , qui prenait le titre de prince de Pskof, résolut de l'être de fait comme il l'était de nom ; il envoya dans cette ville son frère G>nstantin , et , tandis que celui-ci demandait raison à Vitovte de ses démarches, il ordonna de fortes levées de troupes. Son système de circonspection li'était pas changé : c'est-à-dire , que tout en désirant la paix , il voulait également prouver qu'il était prêta faire la guerre , s'il n'y avait que ce moyen d'opposer une digue aux avides Lithuaniens , et de sauver les provinces de Russie encore indépendantes.
La.réponse de Vitovte fut dictée par la fierté. VassiK fit aussitôt un traité d'alliance avec Jean , prince de Tyer j et donna à ses boyards l'ordre de s'emparer des villes lithuaniennes de Serpeïsk^ Kozelsk et Viazma; mais les troupes moscovites revinrent sans avoir pu obtenir le moindre silccès. Affligé d'un début aussi malheureux l bien persuadé que Yitovle allait fon* dre sur Moscou avec toutes ses forces^ le grand prince ^ au mépris de l'opinion des plus anciens boyards y prit le parti de renouer des relations amicales avec la horde ; il implora le secours de Schadibek , auquel il représenta que les Lithua« niens étaient leurs ennemis communs. Vassili avait eu soin de ne parler ni de tribut ni de dépendance : il ne demandait que l'assistance du khan ^ et le jeune Schadibek, cédant aux conseils dés amis du prince de Moscou, lui envoya ef-* feetivement quelques tœupes. Le grand prinœ rencontra Vitorte près de la Krapîvna ( dans lé goureraement de Toula); mais au lieu de se battre, on jugea plus à propos d'entamer des négociations ; car des deux cètes on évitait éga?^ lement une af&ire décisivç. Le hâros lithuanien avait encore trop présente à la mémoire aa défaite sur la Yorskla ^ pour se confier , en aveugle , à la fortune ; il crut plas conforma à ses m*é-
rets de conclure une trêve , après laquelle on se retira.
>4o7« Cet armistice n'amena point la paix ; quelques mois après , les lithuaniens brûlèrent et réunirent à leurs possessions Odoïef , dont les princes , descendans de S. Michel de Tchernigof , dépendaient , en quelque sorte , des princesT de Rézan. Vassili y de son coté , s'empara de Dnaitrovetz , après quoi il signa ^ avec son beau-père, sous les murs de^Viazma, un second armistice, qui dura fort peu de temps encore. Un an auparavant , Alexandre Nelub , fils . du prince Jean , avait quitté la Lithuanié et s'était retiré à Mos^ cou , avec plusieurs de ses compatriotes. £nti*é ^ à notre . service , il avait reçu , en apanage , Péréïaslavle Zalesskjr. Ce prince fut bientôt suivi a
i4o8. Moscou par Svidrigaïlo Olgerdovitch , qui , mé-
gaïio. content des villes de Seversk , de Briansk et de Strarodoub , dont il avait reçu l'investiture des mains de Vitovte , vint offrir ses services au grand prince , dans l'espérance de devenir un jour souverain de toute la Litbuanie. Il était accompagné de l'évêque de Tchernigof, de plusieurs princes et d'une foule de boyards de toutes les villes de la petite Russie. Ces émigrés étaient en si grand nombre, que le palais de Moscou put à peine les conteiiir, lorsqu'ils se présentèrent
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