‹ Histoire de l'empire de RussieChapitre 10 sur 45 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

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Suite du règne de Jsjy LE Teubjblb*

Mort de la Tzarine. — Quatrième époque des meurtres , €t la pins terrible. — Désolation de Novgorod. — Pskof sauvé. — Su|)p}ices à Moscou. — Bouffions du Taar. -*- Famine etPeste»-**Relatîons avec laPologne.-^&oyaume de Livonie. — Faveur de Magnus auprès du Tzar. — Ambassade à Constantinople. — Invasion du camp de Tauride. — Incendie de Moscou. — Nouvel hymen de Jean. — Cinquième époque des meurtres. — Mort de la Tzarine. — Voyage de Jean à Novgorod. — Affaires de Suède. — Quatrième mariage de Jean. — Alliance avec Elisabeth. — ' Négociations avec le Danemarck et la Pologne. — Séjour du Tzar à Novgorod. — Invasion des Tatars. — Célèbre victoire du prince Vorotynsky . — Lettre au roi de Suède.

,56g. iVJ.ARiE, seconde épouse de Jean^ mourut le UuariM! ^*'* septembre iSôg^ sans doute peu regrettée par le tzar lui-même, bien que, par reàpect pour les convenances , la Russie entière dût faire paraître une profonde affliction (47) : le cours des

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affaires fut interrompu; les boyards , les gens de ^S^ robe> se revêtirent d'habits de deuil ^ qui consistaient alors en pelisses de velours ou de damas ^ scms ornemens d^or. On célébrait daus toutes les villes des services funèbres; on distribuait de riches aumônes aux pauvres, aux couvents, aux églises ; on faisait parade d^une feinte douleur qui cachait la consternation générale excitée par la tyrannie de. Jean. Dix jours étaient à peine écoulés que déjà il donnait des audiences aux ambassadeurs des cours étrangères , dans le palais de Moscou ; mais il se hâta bientôt de retourner dans l'affreuse solitude d'Alexandrovsky^ pour forger de nouvelles èonspirations, pour inventer de nouveaux supplices. La mort de

se& deux épouses , si différentes l'une de l'autre par les qualités de l'âme y produisit des résultats également fuwstesé Anastasie avait emporté dans la tombe les vertus de Jean IV ; Marie sem-« blait lui avoir légué la faculté de se surpasser ei^côre dans la carrière des' cruautés. Il fit ré* pandre le bruit que cette princesse avait, comme Ânastasie , été empoi^nnée par de secrets ennemis , voulant ainsi préparer l'Empire aox nouveaux transports de sa rage.^ me époque

Tandis qu'on avait fait périr les innocéns^tres, eci» un vrai coupable vivait tranquille k la courbie.

1569. du tyran. Celui qui , au mépris des lois, avait voulu monter sur le trône; qui, lors de la maladie du tzar, avait refusé de lui obéir, s'était réjoui à F idée de s^ mort prochaine, avait soudoyé les grands et les soldats pour les exciter à la révolte ; le prince Vladimir enfin existait encore ! Seize ans s'étaient écoulés depuis ses fautes , mais le tzar en conservait le souvenir et se défiait toujours de lui. Aucun boyard n'osait entretenir des relations d'amitié avec ce prince. Il n'était entouré que d'espions chargés de l'observer et de rapporter la moindre parole indiscrète qui lui serait échappée. Quel puissant motif pouvait donc sauver ce malheureux du trépas? serait-ce l'horreur naturelle que l'on éprouve à. tromper ses mains dans le sang d'un de ses proches? Il faut le supposer, car il est des momens oii le tyran le plu3 endurci se trouve comme arrêté dans ses fureurs : il est homme quelquefois encore ; il n^âime plus le bien , mais il craint l'excès dans le mal; tix)ublé par sa conscience , il croit l'apaiser par l'idée qu'il existe des forfaits dont il Vest abstenu; mais ce frein ofire de faibles garanties l Le crime précipite dans le crime, et, malgré le pardon qui lui avait été annoncé en i56S, malgré l'hypocrisie de Jean, qui lui témoignait constam-r

meut de la déférence, de Fainîtié, le prince iSCg. Vladimir devait prévoir le sort qui lui était réservé. En témoignage de bienveillance, le tzar lui avait assigné un emplacement considérable dans le /Kremlin , pour y faire construire un palais magnifique; il lai avait accordé les villes de Dmitrof , Borovsk et Zvinigorod , ayant repris en échange ses anciens fiefs de Vèreja, Âlexin et Staritza , sans doute parce que le pouvoir de ce prince lui semblait moins redoutable avec de nouveaux fiefs, qu'appuyé sur des propriétés héréditaires où se conservait encore l'ancien esprit du système féodal. Au printemps de Fannée 1569, ayant rassemblé à Nijni-Novgorod une armée destinée ^ la défense d'Astrakhan , Jean la confia , sans hésiter ,' à son valeureux cousin; mais cette prétendue confiance causa sa disgrâce et la perte de celui-ci. Le prince s'était renduàNijniparKostroma, où il avait été reçu en grande cérémonie par le clergé et les citoyens , empressés de lui offrir l'expression de. leur dévouement à sa personne. Aussitôt que cette nouvelle fut parvenue à Moscou , le tzar donna des ordres pour y faire amener les commandans de Kostroma qu'il envoya au supplice. En même temps il écrivit affectueusement à son cousin pour l'engager à se rendre auprès de lui.

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>569. Vladimir se mit en route sur-le-champ avec ses enfaos et son épouse et s'arrêta au village de Stotin , situe à trois vertes d'Alexandrovsky. Ayant donne connaissance de son arrivée^ il attendait les ordres du tzar , lorsque tout à coup il aperçoit une troupe de cavaliers arrivant au grand galop , le sabre à la main comme pour un combat. On entoui^ le village. Jean qui était au milieu de la troupe descend de cheval et

entre danfe la maison d'un paysan. Alors Va^ili Griaznoï et Maluta Skouratof viennent trouver le prince Vladimir pour lui annoncer qu'il atait ccmspiré conti'e les jours du monarque. Le cuisinier du tzar, soudoyé à cet effet, se présente comme accusateur , déclarant que Vladimir lui avait donné de l'à^rgent et du poison pour atten»ter à la vie de Jean (48). Après cette scène préparée , on l'amène devant le tzar avec sa femme et âes deux jeunes fils : ils tombent à ses pieds, protestent de leur innocence et demandent à entrer dans un couvent* « Traîtres, s'écrie*-t-il , » i^oïis m^ aviez préparé du poison^ eh bien , » vous allez le boire ! » Aussitôt on apporte la coupe fatale. Vladimir , prêt à quitter la vie, hésitait cependant à se donner la mort de sa propre main , lorsqu'Ëudoxie , son épouse , femme d'esprit et de mérite ,• voyant qu'il n'est

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point de salut pour eux^ qu'il n'existe plus de jfîCgpitié dans le cœur de leur meurtrier, essuie ses larmes et dit à son mati'avec fermeté : Notre mort n^ est pas un suicide ^ c'est le tyraji qui nous empoisonne : mieux vaut encore mourir de la main du tzar que de celle du bourreau. Vladimir fait ses adieux à son épouse , bénit ses fils, prend la coupe d'une main assurée et la vide. Eudoxie et ses enfans ayant suivi son exemple , ils se mettant à prier ensemble; le poison commençait à opérer : Jean fut témoin de leurs convulsions y de leur mort (49) ! - • . Il fit appeler les dames et les suivantes de la princesse Eudoxie et leur dit : a Voilà les cadavres dé mes enne-^ >• mis 1 vous étiez à leur servi<:e , mais je veux » bien user de clérnence ertvers vous et je vpus » fais grdqe de la vie. »?Saisies d'-horreur à la vue des corps inanimés de leurs maîtres, elles s'écrient d'une voix unanime : « Monstre san- » guinaire ^ nous ne voulons point de ta miséri- » corde! N4>us t'avons en exécration l Jkis-^fmus » mettre en pièces^ nous méprisons la vie et les » tourmens. » Dans les transports de leur juste iaidignation ces jeunes femmes bravaient la mort et la honte même. Jean doiui^ l'ordre de les dépouiller de leurs veteniens et de les fusiller. Euphroçine, mère^de Vladimir, princesse autre-

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