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,^565— Koutchoum, nouveau tzaràe Sibérie, garantit à la Russie la soumission de ce pays. Jean prit Kontchonm sous sa protection ^ à condition que celui - ci lui donnerait chaque année mille înarti^s zibelines et qu'il fournirait mille écureuils à Fenvoyé moscovite charge de recevoir le tribut. Ce traité , muni d'un sceau d'or , fut porté en Sibérie par Tofficier Tchaboukof. La peste, là famine, la tyrantiie avaient épuisé la
Commerce Russie ; mais son commerce était florissant. Les tzars de Schamakha, de Boukharie, de Samarcande et dé Khiva firent parvenir des présens à Moscou, afin d'^obtenir pour leurs sujets la liberté d'exercer le commerce à Astrakhan, à Kazan, ainsi que dans les autres villes de la Russie. Malgré l'inimitié bien connue du sultan , les négocians russes continuaient leurs opérations dans les villes de Cafia et d'Azof , ainsi .que les Turcs et les Arméniens le fiiisaient à Moscou : le tzar lui-même envoyait au-delà de la mer Caspienne des fourrures précieuses tirées des magasins de la couronne et les marchands moscovites en expédiaient à Anvers , à Londres et même à Ormus. La ligue anséatique, dont le principal commerce avec les Russes avait lieu à Narva, mettait tout en ilsage pour attirer sur elle la bienveillance de Jean, jalouse
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de^ Anglais (5g) qui jouissaient des bonnes grâces 1565 — du tzar et de privile'ges exclusif^ dans ses États, ' surtout depuis Tavénement d'Elisabeth au trône, cette illustre reine ,-doue'e d'un génie extraordinaire et des plus séduisantes qualités, ayant su gagner Famitié de Jean. La société russç de Londres offrait à ce prince des diamans d'un grand prix; Elisabeth lui écrivait des lettres flatteuses.
Djenkinson ^ son ambassadeur, fit trois fois le Ambasvoyagé de Moscou^ d'où il se rendit en Perse, gietcrre.'* chargé pour le schah, de la part du tzar, d'une commission secrète dont il s'acquitta avec beaucoup de zèle (4o). En récompense, les marchands anglais obtinrent, en 1667 et iSôg, de nouveaux privilèges en Russie. On leur accorda le passage pour se rendre en Perse , avec la permission d'çtabKr une colonie sur la Vouitchegda, de chercher des mines de fer et de fondre ce métal ^ sous la condition qu'ils enseigneraient cet art aux Russes , et paieraient une denga de droit par livre de fer exportée en Angleterre (4 1). De leur côté;> les Anglais s'engageaient à montrer toutes leurs marchandises au trésorier du tzar, et à vendre en Angleterre ou en Perse celles qui leur seraient confiées par le souverain russe. Du reste , ils avaient pleine faculté de commer^
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i565— cer en to^$ lieux ^ sai^s payer aucuns droits; ils étaient libres de cmistruire , où . boa leur semblait^ des magasins^^ des maisous^ eafiu de battre monnaie pour leur propre compte. Us relevaient du tribunal de Vojpritchninayqni avait F inspection de leur quartier à Moscou. Long-Jemps les négocians ansëatiques firent d'inutiles efforts pour nuire aipc Anglais dans Tesprit de Jean. En vain les rois de Pologne et de Suède tàcbaient de persuader à la reine Elisabeth qu'il était contre ses intérêts de co^tribuer , par les avantages du commerce^ à la puissan^çe do la Russie (4^)^ M ne résultait de ces tentatives que des mécontentem^ws mutuels de peu d'importance^ qui se terminaient toujours à l'amiable. Par exemple > en 1 568 , Thomas Randolph , ambassadeur d'Elisabeth, resta quatre mois à Mo.scou sans voir le tzar (45), alors indisposé contre les marchands anglais, parce qu'ils haussaient tous les ans le prix de leurs marchandises. Enfin il ordonna à Randolph de paraître en sa présence j mais il ne lui fit pas donner de chevaux. La suite de l'ambassadeur fut oblige de se rendre à pied au palais, ou aucun des officiers du tzar ne salua le représentant d'Elisabeth, Le fier Anglais, offensé de cette injure, se couvrit sur-le-champ. A cet acte de vigueur, on s'atten-
dait à voir éclater le courroux du tzar : il accueil- »5fiS — lit au contraire Randolph aTec honte , l'assura de Faïuitié qu'il portait à sa chère sœur Elisabeth^ et rendit ses bonnes grâces aux marchands anglais. Une autre fois il eut avec lui y pendant la nuit , une entrevue de trois heures^ à la suite de laquelle il expédia à la reine un gentilhomme nommé Sayin^ chargé d'une m,îssion secrète^ dont nous ne connaissons l'objet que par la réponse d'Elisabeth^ ccMiservée dans nos archiyes. Cette mission est fort curieuse et sert à démontrer toute la pusillanimité de Jean. Sans avoir encore essuyé de revers^ ce prince^ qui effrayait les puissances envi réarmantes ^ éprouvait une secrète terreur, redoutait un châtiment, ne rêvait que révolte, bannissement; il ne rougit pas d'é- Le tzar crire à Elisabeth pour lui communiquer ses projet de craintes et lui demander, en cas d^événement, gieterre. un refuge dans son royaume : humiliation digne d'un tyran ! Guidée par la prudence , Elisabeth lui répondit qu'elle formait des vœux pour le voir régner avec gloire sur la Russie; mais qu'elle était prête à le recevoir en Angleterre , avec sa femme et ses enfans , si, par suite d'une secrète cofi^iration , des séditieux ou ses enne* mis extérieurs le forçaient de quitter sa patrie. Elle ajoutait qu'il serait libre de vivre dans telle
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^565-^ partie de l'Angleterre qu'il jugerait à propos de choisir, d'y observer toutes les cére'monies du culte grec, d'avoir des gens à lui, de voyagef selon son bon plaisir et de retourner en Rus- ^ sie quand il le désirerait (44)- ^oxir gage de la sincérité de ses promesses , Elisabeth lui donnait sa parole de souveraine chrétienne^ ainsi qu'un acte autographe écrit par elfe eii présence de tous les grands officiers de la couronne, du grand chancelier Bacon, des lords North, Russel, Arundel et autres , déclarant que l'Angleterre serait toujours prête à réunir ses forces à celles de la Russie contre leurs enneniis communs. Cependant, malgré' le bon accueil que Savin avait reçu en Angleterre, ses rapports au tzar ne furent pas très-favorables aux Anglais : il lui dit que les avantages du commerce de Londres étaient l'unique obj et des pensées de la reine (45); mais ce qui surtout irrita le monarque fut de recevoir la réponse de cette princesse par son propre ambassadeur, et non par un envoyé anglais ; toutefois il ménagea son amitié , car il avait réellement fornié le projet de s'enftiir en Angleterre en cas de nécessité , idée qui lui avait été suggérée par un nïédecîn hoUandstis , nommé EliséeBomélius. Ce misérable aventurier, chassé d'Allemagne , ayant trouvé accès auprès du tzar.
avait réussi à lui plaire par ses intrigues : il ^^ nourrissait dans son âme la crainte , les soupçons; noircissait à ses yeux les boyards et le peuple; annonçait des révoltes^ des séditions^ afin d'alimenter la fureur de Jean (46). Dans le mal ainsi que dans le bien , les souverains ont toujours de zélés serviteurs , et Bomélius a mérité d'être placé en tête de cette première caté^gorie, c'est-à-dire, parmi les ennemis de la Russie. Le ciel, à la vérité, leur réservait un châ- . timent; mais le festin sanglant de la tyrannie n'était pas encore terminé, et nous allons voir s'ouvrir un nouveau théâtre d'horreurs.
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