‹ Histoire de l'empire de RussieChapitre 18 sur 45 · Tome; IX · texte numérisé non relu

Tome; IX

3o6 HISTOIRE

1573— milien s'affaiblissaient de jour en jour : il se montrait irrésolu^ et tout en comblant d'ëgards nos ambassadeurs à Ratisbonne^ il n'envoyait pas les siens à Moscou : de nouvelles et inutiles relations entretenues avec Jean^ par courriers , excitaient ïe mécontentement de celui-ci y étonne d'abord des difficultés que faisait la cour de Vienne de lui accorder le titre d^empereurou ài^ tzar de Russie ^ se bornant à Tajppeler tzar de Kazan et â^jistrahhàn; ensuite, de ses continuelles réclamations au sujet de la misérable Livonie, qu'elle s'obstinait à regarder toujours comme une province germanique. Toutefois lès réponses de Jean à Maximilien ne contenaient riea que de poli et d'amical; mais son zèle pouf faire donner à Ernest la couronne de Pologne se refroidissait à tel point qu'il apprenait sans colère l'opposition que les grands de l'État éprouvaient de la part des chevaliers de la petite noblesse relativement à cette élection» La diète présenta alors comme candidats : i *. Ëmest; :î®. Ferdinand^ frère de Maximilien ; 3*. le roi ou le prince de Suède; 4^. Alphonse, ducdeModène. Il n'était, ' en aucuiie façon , question du tzar ; car il n'avait

pas voulu se désister formellement des propositions par lui faites en 1674 et entièrement in-r compatibles avec les teis de la république : en

second Iteu, il n'avait pas jugé à propos d'en- J^^~ veyer ses plénipotentiaires à Varsovie , et il se contentait de menaces^ de secrètes intelligences , avec quelques seigneurs polonais. Cependant de fréquens courriers le tenaient au courant de . ^ tous les mouveniens de la diète» De son palais de la Slobode il voyait le jeu et la lutte des passions sur ce bruyant théâtre , où Fesprit et Félôquence excitaient de vifs applaudissemens , tandis que For et la force y décidaient de tout ; tumultueuse assemblée où Fon ne se bornait pas à de violentes disculpions y mais dans le sein de laquelle on allait jusqu'à tirer le glaive ; après avoir enfin rejeté tous les candidats , elle choisit deux souverains à la place d'Ernest , c'est-àdire l'Empereur lui-même et Etienne Batory, nom peu connu jusqu'alors et destiné / dans l'histoire de Russie , à une célébrité honteuse pour Jean.

En i574 1^ sultan Sélim^ instruit de la fuite de Henri , avait fait entendre aux grands de Pologne que l'élection du prince d'Autriche, élevé dans des sentimens de haine contre l'empire Ottoman ^ deviendrait pour les deux Etats une inévitable source de guerre etdecalanvités. Celle du prince de Russie lui paraissait également funeste» Selon lui , il était préférable de

^573— placer la couronne sur la tête du plus vertueux ^^* des seigneurs polonais, ou d'appeler au trône le roi de Suède ; que s'ils voulaient mieux éncîore, ils devaient élire Batory, prince de Traitisylvanie, illustre par ses grai»lès qualités , et dont les liaisons d'amitié avec la sublime Porte garanti'^ ï-aient le bonheur et la gloire de l'Etat. Cette proposition frappa les esprits, car le Sultan était regardé comme le plus redoutable ennemi du royaume de Pologne ; et bientôt Varsovie , Cracovie retentirent du nom d^Étîenrie : il ne devait à ses ancêtres ni l'iionneur d'être prihce souverain > ni sa puissance , mais uniquement à son génie ^ à son noble caractère , aU choix des autorités et du peuple de Transylvanie : il avait rétabli la paix, la sécurité, la tolérance dans ce payô demi-sauvage et inculte, peuplé d'hommes grossiers, turbulens, diflféréns d'origine ainsi que de croya^nce. Bieji que professant la religion catholique romaine, sa modération lui avait concilié l'amour des Luthériens et des Cal* vinistes. Il avait su acquéi*ir la confiance du Sultan et rendre eta même tènips d'importans services à l'Empereur. Éjgalehiènt distingué par sa bravoure, son esprit éclairé, son éloquence, son extérieur pkin de majesté, il conservait, à l'âge de 4^ ans, une beauté mâle; en un mot

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ceux des Polonais qui songeaient à la prospérité 1573 — de l'Ëtat ne pouvaient désirer un plus digne mo» ^ narque. Leur parti se grossissait à la voix de Samuel Zborovsky^ homme d'un haut rang ^ qui avait été exilé en Transylvanie et comblé des bienfaits d'Etienne. Ainsi ^ d'im côté, l'amour de la patrie, de l'autre l'or de Batôry agissaient de concert en faveur de ce prince , moyens appuyés encore par la haine nationale et invétérée des Polonais contre la maison d'Autriche. Cependant le sénat était dévoué à l'Empereur et à Ernest ;. mais au moment décisif de l'élection , une vpix retentitdans la diète : « Nou^ voulons Batory« Il » nous donnera la paix avec les Turcs et la vic^ » toire sur tous nos entremis. » Aussitôt la noblessée répète à grands cris Batory / Batory l En vain quelques membres de l'assemblée voulurent représenter qu'il était tributaire des infidèles , et quç choisir un esclave des sultans pour chef d^une république chrétienne, serait une chose honteuse ; le prince de Transylvanie n'en fut pas Batory est moins proclame roi par Jean Zamoisky , mare* Pologne. chai de la couroppç , l'évéque de Cracpvie et une partie considérable de Ja noblesse de Pologne. De leur côté^ le Primat et le$ Séniiteur& réunirent leurs voix pour l'élection de Maximilien ^ prince valétudinaire, comme pour complaire,

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1S73 — par la perspective peu éloignée d'une nouvelle élection, à une séditieuse noblesse avide de dicter des lois dans les' diètes. Chacun des deux partis informa Fobj et de son choix de l'honneur qui lui était fait, et Maximilien , déjà au lit de la mort, écrivit à Moscou qu'il était roi de Pologne. Je ni en réjouis y répondit le tzar : mais Balofy est d Cracopie / En effet il venait d'y arriver avec le drapeau du Sultan et sous le titre de roi.

Cet événement était de nature à contrarier les vues de plusieurs grands polonais c{ui désiraient Féodor pour souverain , dans l'espérance que ce jeune tzarévitch, innocent des cruautés dé son père, fixerait son séjour en Lithuanie; qu'il adopterait leurs moeurs, leurs usages et qu'aimant comme seconde patrie un pays qui professait la même religion que lui , il assurerait l'intégrité de l'Etat par une paix solide avec les Russes et lui ferait recouvrer non- seulement Polotsk, mais peut-être aussi Stnolensk et toute la contrée de Seversk. Pourquoi ^ disaient-îls à Fastanof, envoyé de Jean, votre maître a- 1- il montré aussi peu de zèle pour sa gloire et notre prospérité? Comment ses ambassadeurs ne sont^ ils pas i>enus proposer à la diète des conditions compatibles avec les vrais intérêts des demx

MtatsI Nous n^aùjitms pas F Empereur etnotts ^^i^ haïssons JBatory, conime un passai dé Sélim» Quelques uns d'entre ^ux pensaient même^'il ^tait encore temps d'agir et qu'il serait possible d'annuler l'élection illë^le des deux rois, si Jeâii voulait adresser aux grands de Pologne des lettres flatteuses et des prësens , et si une a^mée rus^e entrait sans délai en Lithuanie. . . . . Mais sur ces entreÊiites Maxinotilien mourut, le ta octobre 1576, et Batory fut couronné à Cracoviie,^ après avoir solennellement juré d'observer l'engagement consenti par Henri, .ainsi que les Lois de la république. Il promettait égal^neat d'épouser la spéur de Sigisnuc^nd-Âuguste^ âgée, alors de 5o ans; de conclure une alliance avec l'em|)ire Ottoman; de réprimer l'audace da Uian de Tauride; de délivrer > les armes à la main, tous ks captifs chrétiens ; de garantir la sûreté de l'État par la construc^n de nouvelles forteresses, de commander toujours les armées en personne, enfin de rendre à la Lithuanie les provinces que les tzars de Moscovie lui avaient enlevées, si le sénat et la naticm voulaient foire là guerre aux Russes. Loin de nous ^ disait-^il , toute crairUe pusillanime Ij^ ai une garde aguerrie, de la force dans le bras et du courage dans I0 cœurl Cette noble ^s«urance fît cesser toute

1073 -T espèce de disseâsions ; elle imposa silence aux mécontèns ^ et d^une voix unanimie on s'écria en Pologne, comme en Lithuanie> vipeléToiBatoryt La «oritenaiice de Jean offrait les dehors de Fiiidifïërence et de la tranquillité. Ayant appris que des ambassadeurs d'Etienne étaient en route pour se rendre auprès de lui, il ordonna de les recevoir aitec les honneurs dûs à leur rang. Curieux de connaitre l'extraction de Batory et quel titre lui accgrdait, dans leurs dépêches, le Sultan, l'Empereur et les autres souyerains 9 les boyards adressèrent ^à ce sujet diverses ques*- «tions aux ambasisadeùrs, dont la réponse se bœua â ces \ mots : « Le tzar if^ema h, fïtrh df Etienne »'dans la lettre fûè nous lui apportons* » Les envoyés podônàis furent présentés: à Jean ; il les reçut y assis sur sxm trône , la couroÂneen tête , . ^yànt J| '. ses ' cotés Taîné. des tzaîrévitchs. Lés boyards ■ étaient placés siir de$ banquettes dans la salle de réc^tion , les gentilshommes et les secrétaires dans le vestibule ; les enfans boyards se/ tenaient debout, sur l'escalier et dans les eôrridors qui omduisaient aux appartemens du téar> ddnpant sur la Moskva : le quai, jusqu^à l'église Me l'Annonciation, était couvert d'une loule de marckands, de fonctionnaires publics, touêpétti^ déMirc^ d^m'; et op apercevait, sur

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la place> les strëlitz sou8 les armes. Le tzar î573 s^ys^.pris la leUre .de Batory, s'infiurma de la s^nté, du Hoi ; mais il n^Avita point les &a,\ojés à 4Î0W. Cette lettre dicte'e par la politesse' et la mode$tie renfermait Ifi promisse dfÉti^nne d'observer, jusqu'au tern^ convenu^ /a trêve opec ses ifoisi/iSy et ^^mandait un po^^fjLior; ou une lettre de, sûreté pour. le Jibre passage des grands ambassadeurs de Pologoa jusqu'^, Moscou, assurant le tzar de son sii^ère ampur de la paix: il se plaignait de M axi^l,iUen qui > a^imé de haine contre lui, osajit le çalo^mnier et Ji'^ppeler tributaire des Turcs , tapdis que . lui-rméme payait au Sultan des sommes dix foic) plus fortes et s'humiliait 46y^^t la^piiissance ottomane beaucoup plus que ne l'avaient jamais fait les prince^ de Transylvanie. Le^ boystrds repondirei^t, ^u nom du tzar, .qu^ le roi |ltienne provoquait évidemment la guerre, parce que , i"!. sa lettre ne donnait p9§ à Jean le. titr^ de tzar., ni celui 4e prince dq SmolçnskiCt 4^ pQlotSrk; t^tre généralement reconnu et, que les. insensés pblonaia li^i réfugient seuls , tandis qu' ils» accolaient le nom dç. vfii.h, GusfO'Pe de Suè46> bie» qu'il ne fût pas . i|^e ' tétei . ço^çonnéç ; a^. il .osait f traiter le t^F de frèare , lui simple vqïévodft'4e. Transylym^^ > ^)^ 4u ^rpi 4e) Hpugr jie ^ ^t conséquem-

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1573 — ment tout au plus l'égal des princes Osrtrovsky, ^ Belzky, ou MstislaTsky ; 5". il s'arrogeait le titre de souverain de la Livonie. On congédia les envoyés en leur annonçant que si le roi voulait e'tablir avec Jean des liens de fraternité, il fallait qu'il renonçât à ses prétentions- sur la Livonie , et que , dans ses dépêches , il nommât celui-ci iiur^ grand duc de Smolehsk et de Polotsk : toutefois on accorda la lettre de sûreté demandée pour les ambassadeurs.

Ceci se passait au mois de novembre i5j6. Jean, qui avait deviné le caractère de son antagoniste, dont la jfèrraeté , l'inflexibilité lui enlevaient l'espoir d'airriver au but désiré par de simples menaces, et d'obtenir, par ce moyen, la cession volontaire de la LiVonie, résolut d'attaquer, avec toutes ses forces, les possessions suédoises et polonaises daps cette province. Les circonstances semblaient favoriser ses projets. Le roi de Suède, pour complaire à la reine, son épouse, s'entourait de Jésuites, introduisait de nouveau la religion latine dans ses États , s'aliénait l'affection de ses sujets, excitait des révoltes, des schismes , et se trouvait hors d'étal d'opposer une vigoureuse résistance aux entreprises des Russes. Etienne, engagé dans une guerre contre la Prusse, s'occupait du siège de la ville de Dantzig

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révoltée. Devlet-Ghireï, craignant d'encourir le «573 — mépris des Russes par uft état d'inaction prolongée, avait osé, dans le courant de Fannée 1^76 , se mettre en campagne avec cinquante mille cavaliers ; mais bientôt il était retourné sur ses pas , à la nouvelle que les troupes moscovites campaient sur les Ijords de TOka ; que Jean lui-^méme était à Kalouga , et que , dans une audacieuse incursion , les cosaques du Don s'étaient emparés d'Islam-Kirmen. Décidé à la guerre, ïe tzar fit, en conséquence, les dispositions que commandait la sûreté de FEtat : il augmenta la garnison des places fortes au sudest et à Toccident de la Russie pour s'opposer aux incursions du khan et des Polonais. 11 établit sur le Volga une force navale considérable formée des habitans des bords de la Dvina , de ceux de Ferme et de Souzdal , destinée à tenir en respect les séditieux Tchérémisses, Àstrakhau et les Nogaïs , ainsi qu'à se réunir aux cosaques du Don pour agir contre la Tauride même. Ensuite il se prépara à décider du sort de la Livonie.

On était alors au commencement de l'année 1577. 1677, époque funeste pour ce hialbeureux pays et dont la multitude croyait trouver lé présage dans les phénomènes de la nature. L'automne

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1577. avait produit d'effroyables ouragans : pendant rhivery la fureur des vents enlevait les neiges et formait des tourbillons tels qu'on n'en avait jamais vus , de sorte que la Baltique était couverte de débris des vaisseaux submerges : les rivages et les grandes routes e'taient bordés de cadavres humains engloutis dans le$ ondes ^ ou Guerrcde dai>s Ics uciges également orageuses : ce fut dans ce ^moment que cinquante mille russes ^ partis de .Novgorod , s'avancèrent sur Revél. Les habitans de cette ville attendaient en ^ain des secours , par mer , de la Finlande ^ de la Suède et de Lubek; les vaisseaux qui leur apportaient des vivres et des troupes avaient péri dans la tempête, ou , cédant à la violence des vents contraires 5 s'étaient vus forcés de retourner dans leâ ports d'où ils étaient piartis. L'anxiété , la tei^ reur régnaient dans Revel, et le roi de Suède écrivait à Jean, comme par ironie, qu'ils n'arvaient réciproquement aucun motif pour se faire Ja; guei?re r/a Suède^ disait-il, a /7r/« des arrangement avec V empereur d^ Allemagne au sujet de la cession de Reveh, et si vous ambitionnez la, possession de cette ville y c^est à V héritier de Maximilien qu* il faut vous adresser pour l^ob^ tenir- '

Cependant le courage des habitans de Revel

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était soutenu par le souyenir des ëi;éi^mens de^ 1^77. 1 57 1 , époque où ils avaient vu , du haut de leurs, murailles^ la fuite de Magnus; en conséquence^ sous le commandement du général suédois Horn , ils reçurent les Russes avec une prudentç valeur. Les principaux voïévodes du tzar étaient le je^ne prince Féodor Mstislavsky et Jean Schérémeti^f, le plus ancien des capitaines moscovites^ qui avait juré à son maîtl*e de prendre Revel ou de périr dans cette eut rep];'ise. L'artillerie des assié* geans^sous les ordresdu prince Nicétas Rostovsky, avait dans ses rangs plusieurs canonniers ailemands et écossais. Ou ouvrit lé siège le 25 janvier , et quatre jours après toiites les batteries d'attaque commencèrent un feu qui dura environ six semaines > sans aucun résultat décisif. Le feu prenait aux églises ^ aux .maisons ^ les. citoyens l'éteignaient aussitôt : ils entretenaient une canonnade continuelle et faisaient de fré-r queutes sorties, dans lesquelles ils avaient quelquefois l'avantage sur les Russes , de sorte que le nombre de ceuxr-cijse trouva considérablement diminué par suite des combat$ , du froid et des maladies. Schérémetief tint sa parole. Une prit pas Revel , mais il fut tué d'un coup de cauon dés remparts. Les restes de ce valeureux voïévode titrent transportés à Moscou avec le butin

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"577- enlevéetles prisonniers esthoDtens on finlandais y car^ au mépris de la trêve de deux ans conclue avec la Finlande^ le prince Mstislavsky envoyait la cavalerie tatare dévaster ce pays , en traversant le golfe sur la glace. Dans l'intention d'effrayer les assiégés^ et pour encourager leurs propres troupes^ les généraux moscovites faisaient courir le bruit de l'arrivée prochaine du tzar devant la. place ; inutile subterfuge ! Les habitans de Revel savaient par le traître Mourza Boulât y déserteur du camp russe | que le tzar nf avait pas quitté Moscou : ils savaient aussi que nos généraux découragés n'inspiraient plus aucune confiance aux soldats; ils repoussèrent donc avec fierté toutes les. propositions d'accommodement qui leur furent faites par Mstislavsky^ ce qui décida les Russes à lever le siège. Le 1 3 mars ^ ils mirent lé feu à leur camp, encombré de cadavres, et s'éloignèrent après avoir feit dire aux habitans quHla leur disaient adieu pour peu de temps*

Ce nouveau trioinphe de Revel occa:sionna la dévastation des domaines du tzar en Livonie. Les Russes , en petit nombre , se trouvèrent attaqués et vivement poursuivis non-seulement par les Suédois ou les Allemands, mais encore par les paysans de l'Estbonie. Dans cette occasion , Yve

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Sçh^nkenberg^ fils d'un monnoyeur de Revel et 1577. surnomme Annibal à cause de son audace y parvint à s'illustrer. On le vit paraître à la tête des laboureurs armés ^ à l'aide desquels il prit Vittenstein ^ incendia Pernau > et livra au pillage plusieurs petites villes ou châteaux du pays d'Erven en Virlandie. U torturait, il massacrait impitoyablement les prtsoni^iers russes ; il excitait partout une vengeance inhumaine qui ne tarda pas à retomber sur son pays ; car l,es troupes qui a valent fait le siège de Revel avec si peu de succès, n'e'taient que l'avant-garde de l'armée du tzar.

Aux premiers jours du printemps, ce priace . se rendit, avec ses deux £Lls,,à Novgorod. Cette^ ville fut désignée avec Pskof comme point de i^union des forces militaires de son vaste empire. Bientôt on vit y arriver des contrées du midi ou du noiti, chrétiennes ou infidèles, des soldats pa|i;is des bords de la mer Caspienne, d'autres des côtes de l'Océan septent]:;ional, les Circassiens, les.Nogaïs, les Mordviens, les Tatars, priiic.es,.mourzas,hetmans, enfin tous les voïévodes, à l'exception^e ceux à qui était confiée la garde des frontières, depuis le Dnieper jusqu'au Voronège. Immédiatement après letzar, l'armée était sous les ordres de Sahim-Boulat ,

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«577. ex-tzar de Kassimofy ^t qui / dèveniu chrétien ^ s'appelait Sirr^ôri^ grùnd-duc de Tver. Des princes coramandaieiit diffërens corps de'tachéi. Depuis long-tempà les Russes n'avaient pas vu d'armée aussi formidàbrè. On croyait généralement qu'elle se précipitelrait sUr ReveL Lès habitans de Riga envoyèrent à cette ville plusieurs Vaisseaul chargés de Me et de munitions de guerre : armez^vùus d'un hotiyeaU cùutage , écrivaient-ils j "préparez -vous à Un frùisiètfte orage^ le plus terHble de iùus.Putése le Tout- Puissant vous protéger cette fois encore contre Içs efforts d'un tyran impie t.... Le tzar quitta Novgorod le 1 5 de juin : il s'arrêta environ un fiatois à PskofVoiiil feit rejoint pat» lyfagnus ^ tremblant à Pftpproche du parjure dont il allait se^ rendre coupable y ainsi ' que nbus lé verrons bientôt : le tear, qui ighorait eiicore sesi projets perfides, lui donna l'ordre de marcher sur Vendra avec sa troupe allemande; ensuite il pénétra lui-même, le ^5 juillet, dans la Livonie méridionale , au gr^nd étonnement des Polonais qui .occupaient cette province et tjui' se croyaient en paix avec la Russie. C'est ainsi que commeùça entre Jean et Batory , uneguerre si importante par ses résultats ! Étierine Chodkévitch , général en chef, n^étant pas préparé à la défense, prit la

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fiiite et fut bientôt suivi de tous les autres voie- »577vodes; de sorte que, dans quelques jours , Jean se rendit maître de M arienhausen y Luitzen , Aositten, Dunebourg, Kreutzbourg, Laudon, dont les défenseurs , Allemands et Polonais, demandaient merci sans tirer Fépée. Ceux qui se soumettaient spontanément étaient remis en liberté , la moindre hésita;tion de la part des autres les faisait rester prisonniers. Le tzar, ayant fait raser la forteresse de Laudon et placé des garnisons russes dans les autres, détacha le voïévode Thomas Boutourlin contre la place de Zesvéghen, commandée par le frère du traître Taube, Les Russes s'emparèrent d^abord du faubourg, Alors Boutourlin écrivit à Jean que les assiégés , re- , jetant le pardon qu'on leur offrait > étaient décidés à se défendre jusqu'à la mort : aussitôt ce 21 Aoftt. prince arriva en personne devant la place, qu'il fit battre en brèche par toute son artillerie. A l'aspect deleurs murailles écroulées, les Allemands tombèrent à ses pieds ; mais l'heure de la hiiséricorde était passée ! Les plus distingués d'entf cf eux furent empalés; on vendit les autres aux Tatars. Berson , Kaltzenau , se soumirent sans capitulation et il fut permis à tous les Allemands qui s'y trouvaient de sie retirer en Gourlande, avec leurs femmes et leurs enfans.

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