‹ Histoire de l'empire de RussieChapitre 7 sur 45 · TOMB IX · texte numérisé non relu

TOMB IX

nina.

g8 HI^TMRS

i5e^ Schouïa^ Gaiitck^ Yourievetz^ Balakna^ Vologda^ Oustiouguç^ Staraïa-Rous^ > Kargopol^ Yaga^ lui appartenaient en toute propriété^ ainsi que les dépendances de Moscou et autres villes^ a;^ec leurs rerenus. . ^

2,^. U annonça qu'il choisirait mille satellites parmi les princes^ les gentilhommes et les en&ns boyards^ lH qu'illeur donnerait^ dans ces districts^ des fiefs dont les propriétaires seraient transférés dans d'autres lieux.

5*. Il s'en^para, dans Moscou méme^ de plusieurs rues d'où il fallut chasser tous les gentilslicnnmes et employés qui ne se trouvaient pas inscrits dans le millier du tzar.

4"* Il désigna des officiers particuliers pour son service, tels que des trésoriers, un intendant , des sommeliers, et jusqu'à des cuisiniers , boulangers et artisans.

S"". Gomme s'il eût pris en haine les augustes souvenirs du Kremlin et lés tombeaux de ses an-^ cêtres , il ne voulut pas babiter le magnifique palais de Jean III ; en dehors des murs du Kremlin , il en fît construire un nouveau, entouré de remparts élevés ainsi qu'une forteresse. Cette partie de la Russie et de Moscou, ce millier du tzar, cette cour nouvelle* formèrent ensemble, une propriété particulière de Jean IV , placée

SOUS sa dépendance immédiate et^i^Çut le nom i585. éi opritchnincu Tout le reste, c'est-à-dire TEmpire entier , désigne sous celui de communes , fut confié aux boyards , aux 'princes Belzky> Mstislavsky et autres. Jean ordonna aux ancietis dignitaires de TÉtat , Au grand écuyer, à Tintendant du palaû^ aux trésoriers et secrétaires de rester dansleursaépartemens respectifs >ilV décider toutes les affaires civiles et de s'en rapporter aux boyards pour celles d'importance. Il fut permis à ceux-ci d'adresser des rapports au nwnarque dans les cas extraordinaires, et surtout dans les affaires relatives à la guerre: c'est-à-dire que Jean semblait vouloir se débarrasser de TEm^ pire pou!» se renfermer danfe le cercle étroit d'un prince apanage. Et ce qui prouye que le monarque et l'État ne signifiaient plus la même chose en Russie, c'est qu'il réclama du trésor public une somme de 100,000 roubles pour les frais occasionnés par son voyage de Mo5C(Hi au bourg d'Alexandrovsky, Personne n'osa contredire une volonté que l'on regardait comme une Ipi suprême, et la nouvelle organisation fut proclamée.

Le 4 février, Mosco^ vit remplir les conditions seconde annoncées par le tzar, au clergé ain^.igu'aux 1^^^*: boyards, dans le bourg d' Al^xandro^sJ^; |^^m* *'**^* mença les exécutions des prétendus tràîf tes' ac- ;

lOO HI«TaiRfi»

i995. cuses d'aToir oonspirë , nyec Kourbsky ^ coi^tre les jours du mofaarqae^ de la.teariae Anastasie et de ses eti&iis. La première victiiiie fat le cëlèbre vcHévûàe, priaoe AlexaiwirçGorlMiti-Schottïsky, descendant de Saint-Vladimir , de Vsev^d-ler ^rand et des anciens prlnoes de Sousdal : cet liomme ^ d'un génie' profond ^ mUÂtatre habile^ anime d'une ëgale ardeur pour la religion et la pairie; qm> enfin ^ a^it puissamment contrit bue à la réduction du royaume de Kazan y fut condamné k mort ainsi que son fils Pierre ^ jeune kompie de dix sept ans. Ils se raidirent tous deux au lieu du supplice avec calme et di^ gttité y sapg ^yeur et se taoant par la mam : afin de ne pas^e témoin de ia^naortde^ Tagleur de sesi jours ^ Pierre présenta le premier sa télf au glaive ; mais son père fe fit reculer en disant avec émotion : te non , monfUs^que jenetevoie » pas mourir! » Le jeuae homme lui cède la place^ et aussitôt la tête du prince est détachée du corps ; sOn fila la prend entoe ses mains^ la couvre de baisers^ et levant les yeux au ciel 5 il se livre d'un air serein entre les mains du |>ourreau. Le beau-frère deGorbati, Pierre Khovrin, Grecd'origîne; le grand-officier Golovinyle prince Soukhoï-Kachin^ grand échanson^ le j^rince iHerre Gorensky furent décapites le même jour. Le

prince Scheriref fut empalé; cm raj^porte qi«& ijMS. cet inlbrttmé supporta pendant un jour entier ses hori^ikles souffrances ^ mai» que soutenu par la religion^ il les oubliait pour chanter le cantique de Jésus. £»es deux boyards princes SLourakin et Némoï furent contraints d'embrasser l'ëtat monastique : un grand nombre de gentilshommea et d'enfans-boyards virent leurs biens confisqués : d'autres furent exiles à Kazan^ eux et leurs &-* milles : Yakovlef^ l'un des^ seigneurs le& plua marquans^ proche paren^ de la vertueuse Ânasta^ sie^ avait aussi encouru la disgrâce du tzal* ; mais, dans le cours dk ses cruautés , celui-*ci aimait k &ire parade de sa prétendue clémence. Yakov^ lef reçut son pardon > moyennant un serment par écrit, revêtu de là signature dfs évéquea, et par lequel il s'engageait à ne jamais fuii; pour se rendre en l^ologne, auprès du pape^ de l'em- ' pereur, du sultan pu du prinee JTlàdimir An-dréié(^itch/ti à n'entretenir aucune relation avec ce dernier.

Nous avons parlé plus haut de l'exil .du voléyode Vorotinsky, boyard de preiriicre classe. Privé de tou«*ses biens^ il était resté quatre ans à Biélo^zéro, recevant > pour chacun, une centaine de roubles du trésor de Jean : ce prince se décida enfin à rappeler ViUustre exilé à la cour

I03 HISTOIRS

i565. et au conseil ; il exigea ^ pour garantie de sa fi- * délite', un serment semblable à celui d'Yakovlef; ensuite il le^nomma gouremeur de Kazan et seigneur de Novossilsk, ayant soin d'ajouter que cette faveur était due à l'intercession du métropolitain et des éyêques. Comme le tzar avait défendu au clergé de ^'intéresser au sort des condamnés , il cherchait à le flatter par cette gracieuse expression ; mais il n^existait plus d'intercesseurs ! Les prêtres se bornaient à arroser de larmes les autels du Très-Haut , à lui adresser de ferventes prières pour le sâlut dès malheureux. D'autres boyards, Léon Soltikof, Serébrianoï, Âkhliabinin, Plestchçiéf, furent obligés^ de fournir des cautions pour garantie de leur inviolable fidélité au service du tzar. En cas de fiiite, leurs répondans, nobles où înarchands , devaient verser au trésor une somme considérable : par exemple :25,ooo roubles, c'est-à-dire environ 5oo,ooo de notre monnaie actuelle , pour le prince Sérébrianoï ; précaution aussi inutile que honteuse pour un souverain ! Mais ce souverain n'était plus qu'un tyran! • Après les proscriptions, le tzar ^'occupa immédiatement de la formation de sa nouvelle garde. Son conseil était composé d'Alexis Basmanof, de Maluta-Skouratof, du prince Via-f

z^msky (9) et d'autres fevoris. On leur amenait iSss. des jeunes gens ^ dans lesquels on ne recherchait pas la distinction du mérite^ mais une certaine audace ; cites pour leurs débauches et une corruption qui les rendait propres à tout entreprendre. Jean leur adressait des questions sur leur naissance^ leurs amis^ leurs protecteurs, \ On exigeait surtout qu'il^ n'eussent aucune espèce de liaison avec les grands boyards : l'obscurité^ 1 la bassesse même de l'extractiop était un titre d'adoption. Le tzar porta leur nombre jusqu'à 6^000 hommes ^ qui lui prêtèrent serment de le servir envers et contre tous ; de de'noncer les traîtres, de n'avoir aucune relation avec les citoyens de la commune y c'est-à-dire avec tout ce qui n'était pas inscrit dans la légion des élusy de ne connaître ni parenté, ni famille, lorsqu'il s'agirait du souverain. En récompense , leur tzar leur abandonna non^seulement les terres, mais encore les maisons et les biens-meubles de douze mille propriétaires qui fiirent chassés, les mains vides, des lieux affectés à la légion, de sorte qu'un grand nombre d'entre eux , hommes distingués par leurs services , couverts d'honorables blessures , se trouvèrent dans la cruelle nécessité de partir à pied, pendant l'hiver, avec leurs femmes et leurs enfans , pour d'autres domaines

to4 HI5TOXR£^

15^.. tbigofis^ et cUsetts^ Les. pa3»in)ft fiy eM fgal^aeot riclimes de cet acte dfin justice ; les nouveaux gentilshommes^ naguères misérables y çieveous tQi|t à coup grasM^ sei^etirs> voulaieiit colorer leur bassesse à JEnrce de magEti&cence , et^ pour sabyenir à leurs» dépenses y ils accablaieiit les laboureurs d'impôts et de travail. I^ana peu de temps les yillages fîiretit rumés^ malheur de peu d^importàuce si on le compare à ceux dont il fui smiyi : oa s'apei^çut bientôt que kt Russie entière était mqe proie dërotue par Jean^ iv à ses satel* lites. Ils paraissaient toujours fondés en droit aux yeux des tribuua^ux et il n'existait contre eux ni lois 9 Ri justice. Le légicmnaire pouvait iinqpu^ némeut opprimer^ piller son yoisin^ et si celuirci osait s'en plaindre y il s'en tenait offensé et F im-* posait k une aiifteiide. Dans le nombre des crimes de cetteépoquedésastreuse^ les paisibles citoyens dirent ^ ayec efiroi^ s'introduise dans Moscou la coutume suiyantje. Un légiomiaii^ faisait ca«ch^r so£t valet ^ muni de plusieurs effets^ dans la maison d'un gentilhomme oii d'un mai?chand et publiait ensuite la fuite et le yol prétendu ^ ee domestique : il en appelait aux tribunaux ^ ré« clamait un officier de police, trouvait soafuyard^ porteur dfôi efl^ déclarés^ et il exigeait du mal* tre de la maison > entièrement îmiocent, cinq

]>& Russis. io5

eénts et jmqu'à ttHle roobles y quelqtieCbis même i S05v dayattlage» Il n'y avait pas mojenrde s'en tirer: il &Uait ou payer sur-le-champ ^ ou aller à la correction, c'est-à-dire cpi'à dé&iut de satisfao ticm y l'acusateur avait le droit de traîner son débiteur sur la grande place et de le battre de verges jusqu'à ce qu'il eût acquitte sa dette. Souvent le tëgioiuiaire laissait luinoiéme quelqu'^Set dans une riche boutique y d'où il sortait pour revenir ensuite accompagne d'un prépose de la police^ et^ sous le prétexte qu'on lui«#iif dë«robe l'objet de sa réclamation y il ruinait le marchand ; quelquefois il arrêtait un homme en plieuie rue et le conduisait au tribunal oà il se Joignait d'avoir été outragé ou injurié par lui;' adresser une parole grossière à un opritchnik eât été insulter le tsar lui-même r en pareil cas 5 rimiecent accusé ne pouvait éviter les peines corporelles qu'en payant une forte somme : en un mot > depuis le gentilhomme jusqu'au bourgeois y ton» les citoyens de la commune étaient attérés et muets devant un légionnaire* Les premiers y disent les annales du temps y étaient le gibier; lea seconds y les che^senrs. Épouvantable état de choaes toléré par Jean y qui vdulait pouvoir compter sur le zèle de ses sicaires dans l'exécution des nouvelles cruautés qu'il méditait ! Fins

I06 HISTOIRB

i566. ils étaient détestés^' plus il leur témoignait de confiance; cette haine générale était pour lui un gage certain de leur fidélité. Son esprit inrentif lui fit^ trouver un symbole digne de ces dévoués serviteurs : toujours à cheval, importaient, attachés à leur .celle, des têtes de chiens et des bar lais y pour annoncer qu'ils mordaient \es ennemis du tzar et qu'ils balayûietU la Russie (lo).

siobodo Le nouveau palais avait Fapparence d'une for-

Alexan- ■*

droTftki. teresise inexpugna' le. Cependant le tzar ne s'y cro^î#pas encore en sûreté , et, prenant en aversion le séjour de Moscou, il fixa, depuis ce moment, sa résidence la plus ordinaire dans le bourg d'Alexandrovsky, qui devint une ville embellie d'églises, de maisons et de boutiques en pierre. Son célèbre temple de Notre-Dame resplendissait à l'extérieur de l'éclat des couleurs les plus vives, enrichies d'or et d'argent : sur chaque brique était représentée une croix (i i). Le tzar habitait un grand palais entouré d'un fossé et d'un rempart : les officiers de la cour , fonctionnaires 1 civils et militaires, occupaient des maisons séparées : les légionnaires avaient leur rue particulière, ainsi que les marchands. Il était expressément défendu d'entrer ou de sortir à l'insu de Jean, et, pour faire exécuter cette mesure de sur* veillance , on établit un corps^de-gardc à troisu

Vie mo-« nastiqae

verstes de la Slobode. Dans ce château menaçant^ enyi]X)imë de sombres forêts y le tzàr consacrait au serrice diyin la plus grande partie de son temps j cherchant à calmer le trouble de son âme par de continuels exercices de dévotion : il imagina même de transformer sq|i palais en mo- de Jean nastère et ses favoris en moines. Il doxma le nom àà frère» h 3oo légionnaires choisis parmi les plus dépravés y prit le ûtTe^abhé ^ puis institua le prince AthanaseViazerasky^ trésorier, etMaluta Skouratof, sacristain. Après leur avoir distribué tles calottes et des soutanes noires y sous lesquelles ils portaient des habits éclatans d'or^ garnis de fourrures de martre (12) , il composa la règle du couvent et prêcha l'exemple dans son étroite observance. Voici la description de ceUe singulière vie monastique. A trois heures du matin y le tzar y accompagné de ses enfans et de Skouratof ^ allait au clocher pour sonner matines : aussitôt tous les frères se rendaient à l'église : celui qui manquait à ce devoir était [iuni ^ par huit jours de prison. Pendant le service, qui durait j usqu'à^six ou sept heures, le tzar chantait y lisait, priait avec tant de ferveur, que toujours il lui restait-sur le front des marques de ses prosternations* A huit heures on se réunissait dé nouveau pour entendre là me^, et à dix tout

ro6 BXSTOIBE

iSôd^. le monde âe mettait à table ^ eiceptë Jean qm lisait^ debout et à hante roïx y de salutaires instructions (i5). ti'abondançe régnait clans les repas : on y prodiguait le Yi% l'hydromel^ et chaque jour paraissait un jour de fête. Les restes du festin étaient partes sur la place publique pour être distribués aux paurres. L'àbbé , c'est-à-dire le tzar, dînait après les autres (i 4); il s'entrettoait y avec ses favoris y des choses de la religtoh, sommeillait ensuite, ou bien allait dans les prisons pour faire appliquer quelques malheureux à là torture. Ce spectacle horrible semrblait l'amuser : il en revenait chaque ^ois avec une physionomie rayonnante de contentement. Il plaisantait , il causait avec plus de gaîté que dWdinaire (i 5). Â huit heures on allait à répres; enfin à dix , Jean se retirait dans sa chambre à coucher oit, l'un apf es l'autre, trois aveugles lui faisaient des contes, qui l'endormaient pour quelques heures» A minuit il se levait et commençait sa^ journée par la prière (i6) ! Quelquefois on lui faisait à l'église des rapp<»rts sur les: affaires du goi(vernement; quelquefois les i^rdres les plus sanguinaires étaient donnés au chant des matines ou pendant la messe (17)- Pour rompre l'uniformité de cette* vie, Jean fitisait ce qu'il a[^lait des touméeê. Il, visitait

alors les mooAgtères voi&tns et éloignés^ alkit im;. ii2specter le3 Ibrtepess^ &ur les fron6ères , ou poufsuiTre les hêtes samya^s dans les forêts et les déserts^ pi^rant à toutes là chasse de l'ours; mais dans tous les lieux, dans tous les instaos> il s'occupait d'affairelB; car^ malgré leurs prétendus pauyoirs dans radministration de l'État, les boyards de la commune n'auraient pas asé prendre la moindre décisi<m sans sa Tolonté* Lorsqu'il arrÎTait en Russie des ambassadeurs étra0ge9:*s /de distinction , le tzar paraissait dans Moscou arec sa magnificence aocoutumëe , et les recelai! soleunellement au nouveau palais du iJUrendif^^ pvès de l'élise Saint* Jean; on l'y voyatt aussi, mais rarement , daus d'autres cir* constenceB importantes, et alors les légionnaii»es, vétas de leurs habits dorés, r^uplissaient le diâteau , sans fermer néaniuoiins le chemifi du trône aux Tieux boyards, n^is les regardant d'un œil de dédain , enorgueillis , cornue de vils esclaves , de leur indigne faveur.

Jean témoignait encore une considération par* Favoiis

, , • . étranger»

tieuiière à quelques prisonniers livoniens. Au du Tsar. mois de juin i565, accusant les citoyens de Dorpat de secrètes négociations avec l'ex-grandr maître de l'Ordre (18), il les avait fait déporter à Vladimir^ Ouglitck, Kostroma, Nijni-Nov*

IIO HliiTOIRS

ftS/^* gorod , eux ^ leurs femmes et leurs eûfans ; inaià il leur accorda ime existence honnête et un pasteur de leur religion. Yettermann^ ministre de Dorpat^ eut la permission d'aller de ville en ville pour consoler ses frères ^^ns leur exiL Lé tzar^ qui estimait singulièrement cet homme vertueux^ le chargea de mettre en ordre sa bibliothèque ^ ^ dans laquelle Yettermann trouva quantité de

livres précieux, sans doute apportés de Rome par la princesse Sophie (19)* Les Allemands Eberfeld, Kalb, Taube^ Krause entrèrent au service du prince , dont ils parvinrent à gagner la confiance par d'adroites flatterie^. On assure même qu'Eberfeld le sollicita à embrasser la confession d' Augsbourg , et lui en démontra la pureté par écrit et de vive voix (20). Ce qu'il y a de certain, c'est que le tzar permit aux luthériens d'avoir un temple à Moscou (21),. et qu'il condamna le métropolitain à une £)rte amende pécuniaire, pour une insulte faite par lui à l'un de ces étrangers. Il vantait.sans cesse leurs coutumes, se faisait gloire de son origine germanique > voulait former, en Allemagne ,, des alliances pour son fils et sa fille, afin de consolider ses relations d'amitié avec l'Empire. Dans ses entretiens particuliers avec, ses favoris étrangers, il se plaignait à eux des boyards , du clergé.

DB RUSSIK, III

et ne leur dissimulait pas son projet d*extenni-* i^ner Jies premiers (22), pour régner ensuite plus librement ^ entoure de la nouvelle nohlesse qui lui était dévouée comme à un père > comme à im bÎMiÊiiteur ^ tandis que les boyards regrettaient le temps ^ oii^ protégés par Adaschef^ ils vivaient en liberté et tenaient leur souverain tn esclavage. Tels étaient les discours de Jean. Naturellement ennemis de la Russie , devenue redoutable pour les puissances voisines y et sans autre désir que celui de complaire au tzar^ les étrangers ne songeaient pas ^ sans doute y à le tirer de sa funeste erreur ^ à changer le cotirs de ses sombres pensées ^ à s'exposer à. son couroux par le langage de la vérité : ils pouvaient même voir avec un secret plaisir Forage qui.

monarchie , car le tzar était acharné à la perte de ses meilleurs généraux^ de ses plus sages conseillers. Ils gardaient donc le silence ou bien encensaient le tyran; le^ Russes de distinction , privés d'ui^ libre accès auprès du souverain^ et sous la dénomiDation presque ignominieuse de boyards de la commune ^ se trouvaient impudemment ofienséa par les infâmes légionnaires ^ . ntenacés de Fexil ^ de la mort ; de sorte que ni eux> ni le clergé n'osaiest élever la voix. Maiâ

tl2 HISTOIRE »

i^. lorsque le yënéruble Âthanase^ ëpnisë par une maladie de langueur, ou succombant sous le poids des souffrances de Fâme , eut abandonne la métropole , alors en \it paraître un homme qui , enhardi par ses vertus et l'amour de la patrie, entreprit, à Texemple de Sylvestre, de convertir le tzar : ihoins heureux que lui , il ne put que mourir pour son pays avec la <xmrontié dn martyre.

Afin de' faire preuve du zèle qui Fanimait pour le bien de FEglisè ^ Jean voulut lui donner un pasteur dîstingité par ses vertus chrétiennes et il fixa d'abord son choix sur Germain, archevêque de Rezan,. Ce prélat refusa long-temps une dignité dangereuse danis de semMabIcs circonstances et sous un tel prince ; cependàrit il se vit fbrcéde céder à sa volonté positive. Déjà leà évêques étaient rassemblés à Moscou, l'acte d'élection était rédigé , et Germain , se préparant à la cérémonie du saci:*è, habitait depuis quelques jours le palais ées métropolitains. Dans un entretien particuKer avec le tzar, il voulut éprouver son cœur: il Im parla en pasteur de l'Ëglise> avee calme, avec douceur, mais aussi avec une certaine énerve sur les péchés et lé repentir dm chrétien, lui traçant le tableau de là mort, du j»» gement dernier, des supplices éternels réservés

DE RUSSIE. Il8

auxmdchans.Leprince, tombédans une profonde i56li. rêverie , le quitta d'un air farouche. Il fut rapporter à ses favoris les discours de Farcbevêque et leur demanda ce qu'ils en pensaient. « Seigneur, » nous sommes cVdpis, répondit Alexis Basma- » nof , que Germain veut devenir un autre SyU » vestre. Il cherche d effrayer votre imagination » et fait V hypocrite y dans V espoir de vous mai*- » iriser. Mais pour nous y pour iwu$'^mèmey » gardez -vous d'un pareil pasteur. » Germain fat chassé du palais ^ et Jean chercha un autre métropolitain.

Au milieu des glaces de la mer Blanche^ dans Grandeur l'ile de Solovky, désert sauvage, mais célèbre par metronoiila sainteté de Sabatius et Sosime^ ses premiers lippe. ermites, on voyait briller d€ l'éclat de ses vertus \t prieur Philippe, fils du boyard Kolitchof» Il avait ^ dans les plus belles années de 6a jeunesse^ renoncé aux vanités du monde, et donnait aux religieux l'exemple de la vie la plus austère. Sa renommée parvint jusqu'au tzar, qui enrichit son monastère de vases précieux, de piei^^erieg et par des concessions territoriales. Il lui fit parvenir dé l'argent pour construire des églises en pierre, des digues^ àt% hotetieries; car ce prieur ne se lx>rpait pas à être le sage pasleurd^ la communauté, il se montrait eneore admidis-

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