SI
chrifltiaaisDM en Rnesiey quelques sectesy ami que daoB les autres fiUta, car les sedtes BOiit Bon^nt le fruit de rigoarance, aùBlMaa que 4e la scienoe prétendiie. Mais ia Ruam e«t]afiealigEaflidEâat€br61ieii>où laieli|;iQxi n'ait pas «scîté des guerres ciTiles , quoi* go^fdie ait produit quelques tumultes.
Ia 'ËBdB (de œs tYuiofo^y composée au*»
Jourd'hui d'euTiioa deux nuâe mâles, et de leqoeHe il est Mt meatkMi dans le déuombuexûenif eei la plus ancienne ; elle s'établit dès le dounème siècle par des zélés qui wnàeni Quelque «omoaiBSEDoe du Nouveau Testament^ us eurent et loot encore la prétentioci de tooa les mectaiffes, celle de le sume à la lettre, accimmt tous les autres «hvétieus de telAeheleeat, ne iwilant point souffrir qu'un prêtre qui a bu de l'eau-de-vie confère le baptême; assurant, aifee JésufrCfaiist, qu'il n'y a ni premier ni dernier parmi les fidèles, et eurtmrt qu'snfidèie peut se tœr pour l'amour de son SuiTeva». C'est, sek» eux, un très-gmod yé* dbé de dive Méima trois Ibis; il ne faut le dite -qoe deux, et ne donner jamais kt bénédiction qu'avec trois doigts. Nulle aœiétéd'aiileurs n'est ni plus ré^ée ni plus sérèxe dans ses mœuffs^ us vivent comme les ^isaJoeos; nuÉi ils n'admettent point oomme eux les ai»- li
très chrétiens dans leurs «ssemblées ; «'est ce qui fait que les entres leur ont imputé tontes les abominations dont les païens aecusèieoit lesfeemiersGaliléens, doutœux-ci chargèrent les^estiques, dont k» eatholsqnes ontâtargé^ i
les pBotMÉmts* On iesv eaonvent impnti4'é»
— fâ —
gorgep un enfant, de boire son sang, et de se mêler ensemble, dans leurs cérémonies secrètes, sans distinction de parenté, d'âge ni même de sexe. Quelquefois on les a persécutés; ils se sont alors enfermés dans leurs bourgades, ont mis le feu à leurs maisons, et se sont jetés dans les flammes. Pierre a pris avec eux le seul parti qui puisse les ramener, celui de les laisser vivre en paix .
• Au reste, il n*y a dans un si vaste empire
Sue vingt-nuit sièges épiscopaux, et du temps e Pierre on n'en comptait que vingt-deux ; ce petit nombre était peut-être une des raît sons qui avaient tenu l'Eglise russe en paix.
Cette Eglise d'ailleurs était si peu instruite, que le czar Fédor, frère de Pierre le Grand^ mt le premier qui introduisit le plain-chant chez elle.
Fédor, et surtout Pierre, admirent indifféremment dans leurs armées et dans leurs conseils ceux de rite grec, latm, lutjiérien, calvini»te; Ils laissèrent à chacun la liberté de servir Dieu suivant sa conscience, pourvu que l^tat fût bien servi. Il n'y avait dans cet em- ^ pire de deux mille lieues de longueur aucune
\^ église latine. Seulement, lorsque Pierre eut
établi de nouvelles manufactures dans Astrakan, il y eut environ soixante familles catholiques dirigées par des capucins; mais quand les jésuites voulurent s'introduire dans ses Etats, il les en chassa par un édit au mois d'avril 1718. Il souffrait les capucins comme des moines sans conséquence, et regardait les jésuites comme des politiques dangereux.
Ges jésuites s'étaient établis en Russie en 1685 : ils furent expulsés quatre ans après : il3 revinrent encore, et furent encore chassés. L'Eglise grecque est flattée de se voir étendue dans un empire de deux mille lieues, tandis que la romaine n'a nas la moitié de ce terrain en Europe. Ceux au rite grec ont voulu surtout donseryer dans tous les temps leur égalité avec ceux du rite latin, et ont toujours cnint le zèle de TEglise de Rome, qjulls ont
Î^ris pour de l'ambition, parce qiren effet 'Eglise romaine, très-resserrée dans notre hémisphère, et se disant universelle, a voulu remphr ce grand titre.
Il n'y a jamais eu en Russie d'établissement pour les Juifs, comme ils en ont dans tant d'Ëtatsdel'Europe, depuis Constantinople jusqu'à Rome. Les Russes ont toujours fait leur commerce par eux-mêmes et par les nations établies chez eux. De toutes les Eglises grecques, la leur est la seule qui ne voie pas des synagogues à côté de ses temples.
Suite de l'état où était la Russie avant Pierre le GfTond. — La Russie, qui doit uniquement à Pierre le Grand sa grande influence dans les affaires de l'Europe, n'en avait aucune depuis qu'elle était chrétienne. On la voit auparavant faire sur la mer Noire ce que les \^
Normands faisaient sur nos côtes maritimes de l'Océan, armer du temps d'Héraclius quarante mille petites baraues, se présenter pour assiéger Constantinople, imposer un tribut '
aux Césars grecs. Mais le grand knès Yladi- l
mir, occupé du soin d'introduire chez lui le
dixisffaiâsmey et fal^ué des tioidilei Iiit6t» * tins ât sa malscm, amblit enoore «es Etats
en les partageant entre «es enfants, ils forent presgne tous la proie âes Tarlares, qui asser- ',\ virent la Rusâe pendant deux cents aanéei.
Ivan Basinidès la délivra et l'agrandit ; mais après lui les guerres civiles la ruinèrent.
n s'en fallait beaucoup , avant Pierre la Griuid, que la Russîefûtaussi puissante, m'élis e&t autant de terres cultivées, autant de sa* jetSj mutant de revenus que de nos Jours. Ole ne possédait rien dans la Finlande, rien daiiB la Uvonie, et la Livonie seule Tant mieux que ( n'a valu longtemps toute la Sibérie. Les Ckwa*
ques n'étaient point soumis; les peuples d'Asârakan obéissaient mal, le peu de commerce que Ton faisait était désavantageux. La dmt Blanche, la Baltique, celle du Pont-Euidn^ d'Âzof et la mer Caspienne, étaient entièrement inutiles à une nation qui n^vait pas nn vaisseau, et qui môme dans sa langue manquait de terme pour exprimer une flotte. S'fl n^eût fallu qu'être au-dessus des Tartares et des peuples du nord jusqu'à la Chine, la Russie Jouissait de cet avantage; mais n fallait >] s'égaler aux nations policées, et se mettre ea
eût d'en surpasser un Jour plusieurs. Une telle entreprise paraissait impraticable, puis» qu'on n'avait pas un seul vaisseau sur les mers, qu'on ignorait absolument mu terre la discipline militaire, une les manutetureB les plus simples étaient a peine encouragées, et que l'agriculture môme, qui est le praaiier mobUe de tout, était négligée. Elle exige fla
gouvenieineQi dd VtLïi&otàon et des encoim geaidiilsi et c'est ce qui a feit trouver au» Anglais dans. leurs blés im trésor supérieur è celui de< leurs kioes*
Ce peu te culture des avts nécessaires mimtre assee qu'on n*a?ail pas d'idée des beanx-artsi ^ deviennent nécessaires à leur tour quaaa on a tout le reste* On aurait pu envoyer quelijues naturels du pajs s'instruue chez iea étrangers; mais la différence des langues^ des mœurs et de la religion s'y op^ posait; une loi môme d'Etat et de reMgîoa, également sacrée et nernicieuse, défendait aux Russes de sortir de leur patrie, et semr bkdt lea condamner à une étemelle igno^ raaœ. Us» possédaient lea plus vastes Etats de TuniveiSy et tout y était à fairey Enfin. Pierre naquity et la Russie fut formée.
fleureusement, de tous les grands législar teurs du monde^ Pierre est le seul dont lliisr toire solibien connue. Celles des Thésée^ des Romulusy oui firent beaucoup moins que lui; celles des fondateurs de tous les autres Etats policésy sont mêlées de fables absurdes; et nous avons ici l'avantage d'écrire des vérités^ •
qui passeraient pour des fables si elles a'é- '
taient attestées. ^ '
m. — Dw MKètNB da PieiM le Onnd.
Ul lunille de Pierre était sur le trOaie> é^ puis Tan 1613. La Russie, avant ce temps, avait essuyé des révolutions qui éloignaient «icore la réfoime et les arts« C'est le sort de
if
toutes les sociétés d'hommes. Jamais il n'y eut de troubles plus cruels dans aucun royaume.
> Le tyran Boris Godunow fit assassiner, en
i597, rhéritier légitime Démétri, que nous
^' nommons Démétrîus, et usurpa Vempire. Un
jeune moine prit le nom de Démétrius, prétendit être le prince échappé aux assassins ; et, secouru des Polonais et d'un grand pcurti que les tyrans ont toujours ' contre eux, il chassa Tusurpateur et usurpa lui-môme la couronne. On reconnut son imposture dès
âu'ilfut maître, parce qu'on fut mécontent e lui : il fut assassiné. Trois autres faux Dé- I métrius s'éle\èrent l'un après Tautre. Cette
' suite d'impostures supposait un pays tout en
désordre. Moins les hommes sont civilisés,
{>lus il est aisé de leur en imposer. On peut uger à quel point ces fraudes augmentaient a confusion et le malheur public. Les Polonais, oui avaient commence les révolutions en établissant le premier faux Démétri, furent sur le point de régner en Russie. Les Suédois
{partagèrent les dépouilles du côté de la Finaude, et prétendirent aussi au trône ; l'Etat f était menacé d'une ruine entière.
Au milieu de ces malheurs, une assemblée, composée des principaux boyards, élut pour souverain, en 161J, un jeune nomme de quinze ans, ce qui ne paraissait pas un moyen sûr de finir les troubles. Ce Jeune homme était Michel Romanov (Ij, grand-père
(I) Les Rnsses écrivent Romanow ; les Français ne m ••rrent point du w. On prononce aussi RomantraT.
du czar Pierre, fils de Tarchevôque de Rostow, surnommé Philarète, et d'une religieuse, allié par les femmes aux anciens czars.
Il faut savoir que cet archevêque était un seigneuf puissant que le tyran Boris avait forcé de se faire prêtre. Sa femme Sheremeto fut aussi contrainte de prendre le voile ; c'é* tait un ancien usage des tyrans occidentaux chrétiens latins; celui des chrétiens grecs était de crever les yeux. Le tyran Démétri donna à Philarète Tarchevêché de Rostow, et renvoya ambassadeur en Pologne. Cet ambassadeur était prisonnier chez les Polonais, alors en guerre avec les Rusées, tant le droit des gens était ignoré chez tous ces peuples.
Ce fut pendant sa détention que le jeune Romanov, filjs de cet archevêque, fut élu czar. On échangea son père contre des prisonniers polonais, et le jeune czar créa son père patriarche ; ce vieillard fut souverain en effet sous le nom de son fils.
Si un tel gouvernement parait singulier aux étrangers, le mariage du czar Michel Ro< manov le semble davantage. Les monarques des Russies ne prenaient plus des épouses »
dans les autres Etats depuis l'an 1490. Il pa- «
ralt ^ue, depuis qu'ils eurent Kazan et Astra* kan, ils suivirent presque en tout les coutu- \
mes asiatiques, et principalement celle de ne se marier qu'à leurs sujettes. *
Ce qui ressemble encore plus aux usages de l'ancienne Asie, c'est que, pour marier un czar, on faisait venir à la cour les plus belles i
ffllea des provinces; la grande maîtresse de
la tovEf les reeemt cliez eOe^ 1» logeait aé» poiéinpiiC, et les faisait manger tonCei enscm ble. Le caar les vofdA on sons un Dam eai^ pommé, ov sans dégutsement. I<e Jour du mariage était fixé^ sans fue le dioix fftC ea» core eonna ; et le joar marqué, on présentait un habit de nooe à celle sur qui le choix se* etel était tanbé; on distribuait d'autres ba* bito aux prétendantes, qui s'en retournai eut cbea elles, iljeut quatre exemples de parefib mariages.
Cest de cette manière que Micliel RomaaoT ^usa EudoKe, fille d'un pauvregentilhomine 1 luxmné Stresbfieu. Il cultivait ses champs lui*
même avecses^omestiques, lonque des^âiambè&ans, envoyéspar le czar avec des présentSy lui apprirent que sa fille était sur le trtee. Le nom de cette princesse est encore dier ft ht Russie. Tout cela est éloigné de nos mœura, et n'en est pas moins respectable,
n est nécessaire de dire que, avant l'élection de Romano¥, un grand parti avait élu le prince Ladîslas, fils du mi de Pologne Sigtomond itt. Les provinces voisines de la Suède avaleut oièrt la couronne à un frère de Gustave-Adolphe ; ainri la Russie était dans la même tltuation où Ton a tu si souvent la Pologne, chat qui le droit d'élire un monaroue a étt une source de guerres dvilea. Mais les flusses n'imitèrent point les Polonais, qui Ibnt un contrat avec le roi qu'ils élisent. Quoiqu'ils eussent éprouvé la tyrannie, ils ae soumirent à un Jeune homme sans rien ériger de lui.
La Russie n'avait Jamais été «n royaiunia
ileetil; malt la race mascuHite 4e» «adeat
inaveniin» ayant manquéy mu ezars wê av6*
tendante ayant péri nMlhauieœenMnt mm
loi demie» tfoiibles, il fallut, coomie an 1%
lUf élite un monarque, et cette ôleetiiMicaiiia
de noPTelles guerres avec la Pologne et la *!
Suède, qui combattirent peur leurs ^étendus
dioits au tiAne de Russie. Ces droits de mr*
renier une nation malgré éUe nese sovtieft*
natti jamais longtemps* Les PotonaiSy d'ua
côté, après s'être avancés Jusqu'à Moacon, et
Efsès des plagies qui étaient les expéditions
militalnB de ces temps-là^ eondurent ima
tr^e de qaatoue ans. La Pologne^ pair œtta
tKiKe, demeura en possession da dnchô da
Smolensk, dans lequ^ le Borysthène prend sa
source. Les Suédois fireal aussi la paix; ila
restèrent en possession de ringrie, et pn^«
rent les Russes de taule commnaicalion aiFec
lamer Baltique ;. de sorte que cet empireresta.
plus me Jamais séparé du vest» de Iffiuxopek.
Ml cU i i AolmaKioT, depuis cette paix^ régaai traaqaille, et il ne se £t dans ses Etats aueiiir* chaiM^ement qui corrompit ni qui pccfectioBr nfttl^dminletration. Après sa mort, aninte en ifM^ 80». fils Alexis lficliaek)wita, ou fil» de Wcbel, âgé de seixa ansyrégM par léiisait bdnéditwewOn peut remavquerqna leaczafl»^ \*
éftaîeai saeiéspâr le j^atxiarcke soivaiit quidr quaaittea daCenstantmopAe^ celaprëa qaelei p^dveli&de Russie était assit lar la méaaeT estrade amitié- sawreiaîfi«eiiaffeotaiU tonJoaflR une égalité qui choquait le pouvoir sapséiaa* i
AMi MimackimUM, fié air JjjWisIl — A l trff
Be maria comme son père, et choisit parmi les filles qu'on lui amena celle qui lui parut la plus aimable. Il épousa une des deux filles du boyard Miloslawski, en 1647, et ensuite une Nariskin, en 1671. Son favori Morosov épousa 1 autre. On ne peut donner à ce Morosov un titre plus convenable que celui de visir, puisqu'il était desjjotiqùe dans l'empire,' et que sa puissance excita des révoltes parmi les strélitz et le peuple, comme il est arrivé souvent à Gonstantinople.
Le règne d'Alexis fut troublé par des séditions sanglantes, par des guerres intestines et étrangères. Un chef des Cosaques du Tanaïs. nommé Stenko-Rasin, voulut se faire roi a Astrakan; il inspira longtemps la terreur^ mais enfin vaincu et pris, il finit par le dernier supplice, comme tous ses semblables,
{^our lesquels il n'y a jamais que le trône ou 'échafaud. Environ douze mule de ses partisans furent pendus, dit-on. sur le grand chemin d'Astrakan. Cette partie du monde était celle où les hommes, étant le moins gouvernés par les mœurs, ne l'étaient que par les sup- plices, et de ces supplices affreux naissaientla servitude et la fureur secrète de la vengeance. ' Alexis eut une guerre contre la Pologne; elle Hit heureuse, et terminée par une paix qui lui assura la possession de Smolensk, de Kievie et de l'Ukraine; mais il fut malheu- ' reux avec les Suédois, et les bornes de rempire étaient toujours très-resserrées du côté de la Suède.
Les Turcs étaient alors plus à craindre; ils
tombaient sur la Pologne et menaçaient les
pays du czar voisin de la Tartarie Crimée,
l'ancienne Chersonèse taurique. Us prirent, •
en 1671, la ville importante de Kaminieck,
et tout ce qui dépendait de la ?ologne en /"
Ukraine. Les Cosaques de l'Ukraine, qui
n'avaient jamais voulu de maîtres, ne savaient
alors s'ils appsTtenaient à la Turquie, à la
Pologne ou à la Russie. Le sultan ManometlY,
vainqueur des J\)lonais, et qui venait de leur
imposer un tribut, demanda, avec tout Tor-
gueil d'un Ottoman et d'un vainqueur, que le
czar évacuât tout ce qu'il possédait en i
Ukraine, et fut refusé avec la môme fierté.
On ne savait point alors déguiser l'orgueil
Sar les dehors de la bienséance. Le sultan, ans sa lettre, né traitait le souverain des Russes que de hospodar chrétien, et s'intitulait iréS'gloriettëe majesté y roi de tout Vunivers. Le czar répondit qu'il n'était pas fait pour se soumettre à un chien de mahométan, et que son cimeterre valait bien le sabre du grand sei" gneur.
Alexis alors forma un dessein qui semblait »
annoncer l'influence que la Russie devait ^
avoir un jour dans l'Europe chrétienne. II •
envoya des ambassadeurs au j>ape et à près- v
que tous les grands souverains de l'Europe, *'
excepté à la France, alliée des Turcs, pour tôcher de former une ligue contre la Porte ottomane. Ses ambassadeurs ne réussirent dans Rome qu'à ne point baiser les pieds da pape, et n'obtinrent ailleurs que des vœux impuissants, les querelles des princes chré*
tiens et les intéiôta qui tiaissent de ces jSUA* rdles mêmes les mettant touiouia boEsoetat de se réunir contre rennemi de la chrétienté. Les Ottomans cependant menaçaient de snbjuguer la Pologne, qui refusait de payer le tribut. Le czar Alexis la secourut du Mé de la Crimée» et le général de la couroxme, Jean Sobieski, lava la honte de son pays diuis le sang des Turcs à la célèbre batailla de Ghoczîm, qui lui fraya le chemin au trûoe.
Alexis disputa ce trône, et proposa d'unir set vastes Etats à la Pologne, comme les Jagellons y aTaîent joint la Litnuanie ; mais plus son offre était grande, nM)ins eUe fut acceptée. Q était très digne, dît-on,, de ce nouveau rojwme, par la manière dent il gouvernait les siens : c^est lui qui le premier fît rédiger un code de lois, quoique mipafrait; il introduisit des manu^tures de toile et de soie, quivà la vérité, ne se soutinrent pas^ mais qii'S eut le mérite d'établir. Il peuplades déserts, vers le Volga et la Kama, de familles Htbuaniennes, polonaises et tartares, prises dans ses guerres. Tous les prisonniers auparavant étaient esclaves de ceux auxqucâb ils lombldent en partage; Alexis en fit des cultivateurs; il mit, autant q;ullput, ladîscmline dkns sea armées; enfin, il était di^e aétre te père de Pierre le Crand; mais il n'eut Ite temps de perfectionner rien de se qu'il en* treprit :une mort prématurée l'enleva à Fâm & quarante-six ans. au commencement ai 1679, selpn notre caf«Bidrier| oui avance tou^ fours de onselours suit celui des Russes*
--es —
TéSkr AUaakfiMz. — A^iès Alexis, fib Ae Michel, tout vetomba dans la eonfiision. 11 latoait, de ma premier mariage, deux princea «t^sixfœineeBses. L'alné, Fédor, mcmtasiir le trtae, âg^ de quinze an«, priaee d'un teoi^ tament faible et valétudinaire et d'un mélite qui ae tenait pas de la faibieeee de een «opps.AleK», son père, Tavait fdKTeconiiaitre ^Qfur «on succefiseur un an aupara*vant. G'eiit ^diud qu'en usèrent les rois de France dej^ois Hugues Gapet jusqu'à Louis le leime, 0t tant d'autres souverains.
Le second des fils d'Alexis était f ? aa^ oa Jean, encore plus oaaltraité par la nature qae «on «ère Fédor, presque privé de la vue et ée la parole, ainsi que de fa santé, et atlaqué eoavent de convulsions. Des six filles «aées <de ce prenrîer mariage, la seule célébrera Ëa- 9ope Alt la princesse Sophie^ distinguée pair les talents ae son 'esprit, mais malhoureuBament plus connue encore par le aaai -qu'elle voulut faire à Pierre le Grand.
Alexis, de son second mariage aviec uoe autre de ses sujettes, fille du boyard Nariskia, laissa Pierre et la princesse Nathalie. Itorre, né le 80 mal 1672, et, suivant le aouveau style, 10 juin* avait à peine quatre ans et Aemi quand if perdit son père. On n'admaît point les enfants d'an second lit, et <ni ne ^attendait pas qu'il dût an Jour régnmr.
L'esprit oe la famille de ^nnanov fat toujours de pollcer l'Etat : tel flot encore le eaiac- Iftfo de Fédor. Nous atoas déjà remarqué^ en ffarkat de Moscou, quii encouragea le»
citoyens à bâtir plusieurs maisons de pierre. Il agrandit cettf capitale; on lui doit quelques règlements de police générale; mais en voulant réformer les boyards, il les indisposa tous. D'ailleurs, il n'était ni assez instruit, ni assez actif, ni assez déterminé pour oser concevoir u n cbangement général. La guerre avec les Turcs, ou plutôt avec les Tartares de la Crimée, qui continuait toujours avec des succès balancés, ne permettait pas à un prince d'une santé faible de tenter ce grand ouvrage. Fédor épousa, comme ses autres prédéces'' seurs, une de ses sujettes, originaire des fronjji tières de Pologne; et Tayaut perdue au bout
d'une année, il prit une seconde femme, en 1592, Marthe Mateona, fille du secrétaire Apraxin. Il tomba malade quelques mois après de la maladie dont il mourut, et ne laissa point d'enfa' ts. Comme les czars se mariaient sans égard à la naissance, ils pouvaient aussi choisir, du moins alors, un successeur sans égard à la primogéniture. Il semblait que le rang de femme et d'héritier du souverain ^ût être uniquement le prix du mérite; et en cela '* l'usage de cet empire était bien supérieur
«^ aux coutumes des Etats les plus civilisés.
Fédor, avant d'expirer, voyant que son frère Ivan, trop disgracié de la nature, était incapable de régner, nomma pour héritier des Russie^ ^n second frère Pierre, qui n'était âgé que de dix ans, et qui faisait déjà concevoir de grandes espérances.
Si la coutume d'élever des sujettes au rang • de czarine était favorable aux fenmieS| il y en
avait une autre bien dure': les filles des czara 86 mariaient alors rarement; la plupart passaient leur vie dans un monastère. «
La princesse Sophie, la troisième des filles du premier lit du czar Alexis, princesse d'un at*
esprit aussi supérieur que dangereux, ayant vu qu'il restait à son frère Fédor peu de temps à vivre, ne prit point le parti du couvent, et, se trouvant eatre ses deux autres frères qui ne pouvaient gouverner, Tun par son incapacité, l'autre par son enfance, elle conçut le dessein de se mettre à la tête de l'empire ; elle voulm, dans les derniers temps de la vie du czar Fé- .
dor, renouveler le rôle que joua autrefois Pulchérie avec l'empereur Théodose, son frère.
SV. — Ivan et Pierre.— Horrible sédition de la milice
des strélitz.
A peine Fédor ftit-il expiré *, que la nomination d'un prince de dix ans au trône, l'exclusion de l'aîné et les intrigues de la princesse Sophie, leur sœur, excitèrent dans le corps des strélitz une des plus sanglantes révoltes. Les janissaires ni les gardes prétio- • rlennes ne furent jamais si barbares. D'abord, t deux jours après les obsèques du czar Fédor, ils courent en armes au Kremlin ; c'est, comme V on sait, le palais des czars à Moscou : ils comr mencent par se plaindre de neuf de leurs colonels, qui ne les avaient pas assez exactement
* * Tiré tout entier des mémoires envoyés de Moscou et ^
éePétersbonrg.
ntioai »i loftii, I. 8
payés. Le ministère est obligé de casser les
t colonels et de donner aux strélitz Fargent
qu'ils demandent Ces soldats ne sont pas con-
, tents : ib veulent qu'on leur remette les neuf
ofâciers, et les condamnent» à la pluralité des voix, au supplice qu'on appelle des batogues : YOici comme on inflige ce supplice.
On dépouille nu le patient ; on le couche sur le ventre, et des bourreaux le frappent sur le dos avec des baguettes, jusqu'à ce que le Juge dise : Ce$t assez» Les colonels, ainsi traités par leurs soldats, furent encore obligés de les remercier, selon l'usage oriental des criminelfl, qui, après Avoir été punis, baisent la main de leurs juges; ils ajoutèrent à leurs remercîments une somme d'argent, ce qui n'était pas d'usage.
Tandis que les strélitz commençaient ainsi kaù faire craindre^ la priacesse Sophie, qui les animait sous main pour les conduire de crime en crime, convoquait chez elle une as-
* semblée des princesses du sang, des généraux
d'armée, des boyards, du patriarche, des évê-
\ ques, et même des principaux marchands ; efie
leur représentait que le prince ivan, par son db^t d'aînesse et par son mérite, devait *• «voir l'empire, dont elle espérait en secret
tenir les rênes. Au sortir de rassemblée, cAle lait promettre aux strélitz une augmentation 4e piQre et des présents ; ses émissaires excitent surtout la soldatesque contre la fomille f des Nariskin, et principalement contre les
deux Narii^n, Mres de la jeune cnrine douairière^ mère de Pierre I•^ On persuade
aux stréliti cpi'uA de ces frèites» nonuBè Jean, a pris la robe du exar, qju'il s'est mis sur h^ trùoe^ et qn'il a vooki étovffer Le prkiGe Iraa; od i^^^ute (p*iia malheureux iwdeekii bcUandaia, nommé: DodM Vangad, a empoiacmoié le czar Fédor. Enfin, Sophie fait re^ Bifêttre entre leurs mains une liste de qiaaf nnte sdgneurs, quTellei^pelle lawsennemia et eeox éè TËtat, et qu'ikb doivent massacren. Rien ne ressemble plus aux proscrij^tkmff de SyUft et des triumvxr» de Rome. Ghristieim II les aT»t renouvelées en Dan^nark et en Suèdes On vobiI par là que ces barreurs simt de tout pagps dans les tenq» de trouble eÉ d'anarcMe.
ÛB j.ette d'abord par les femètres lea knès Dcdgdrooki et MafTeu ^; les aIréliliE les reçoL- Tenl sur la pointe de lemn piques, le» d6pottilTenit et les traâiient sur la grande place. Ausâtât, ils entrent dans le palais ; ils j troc* Test ma des oncles dis czar Pierre» AÂianaae Mariakiiny frère de la. jeune casriiie ; ils. le massacrent de la même manière; ils forcent les portes d^une église vc^sine,. où trois proscrits s'étaient réfugiés;, ils les arrachent de r»xtel, les dépouillent et les assassinent k coups deeouteau*
Lemr fisreur était si anreogle que», voyant paflBer un jeune seigneur de la maison de Sidtikofr <9i'il8 aimatort» et qui n'était point cnr 1a liste des; proBcriA^ quelques-uns d'euK,, igrant pris ce- jeune homme pour Jean Maste*-
Ou Mathaoff : o'MtMatlhievdaas AOtm langiB;.
kin, quMls cherchaient, ils le tuèrent sur-lechamp. Ce qui découvre bien les mœurs de ce temps-là, c'est qu'ayant reconnu leur erreur, ils portèrent le corps du jeune Soltikof à son père pour Tenterrer, et le père malheureux, loin d'oser se plaindre leur donna des récompenses pour lui avoir rapporté le corps sanglant de son fils. Sa femme, ses filles, et réponse du mort, lui reprochèrent sa faiblesse. « Attendons le temps de la vengeance, » leur dit le vieillard. Quelques strélitz entendirent ces paroles; ils rentrent furieux dans la chambre, traînent le père par les cheveux et regorgent à la porte de sa maison.
D'autres strélitz vont chercher partout le médecin hollandais Yangad : ils rencontrent son fils; ils lui demandent où est son père; le jeune honmie, en tremblant, répond qu'il l'ignore; et, sur cette réponse, il est égorgé. Ils trouvent un autre médecin allemand :
« Tu es médecin, lui disent-ils; si tu n'as pas empoisonné notre maître Fœdor, tu en as empoisonné d'autres; tu mérites bien la mort » Et ils le tuent.
Enfin ils trouvent le Hollandais qu'ils cherchaient; il s^était déguisé en mendiant; ils le traînent devant le palais ; les princesses, qui aimaient ce bon homme et qui avaient confiance en lui, demandent sa gr&ce aux strélitz, en les assurant qu'il est un fort bon médecin, et qu'il a très bien traité leur frère Fédor. Les strélitz répondent que non-seulement il mérite la giort comme médeciUi mais
aussi comme sorcier, et quMls ont trouvé ches lui un grand crapaud séclié et une peau de serpent Ils ^'outent qu'il leur faut absolument livrer le jeune Ivan Nariskin, qu'ils cherchent en vain depuis deux jAurs; qu'il est sûrement caché dans le palais; qu'ils y mettront le feu si on ne leur donne leur victime. La sœur d'Ivan Nariskin, les autres princesses, épouvantées, vont dans la retraite où Jean Nariskin est caché : le patriarche le confesse, lui donne le viatique et l'extrêmeonction, après quoi il prend une image de la Vierge, qui passait pour miraculeuse; il mène par la main le Jeune homme, et s'avance sMt strélitz, en leur montrant l'image de la Vierge. Les princesses en larmes entourent Nariskin, se mettent à genoux devant les soldats, les conjurent, au nom de la Vierge, d'accorder la vie à leur parent; mais les soldats l'arrachent des mains des princesses; ils le traînent au bas des escaliers avec Vangad ; alors Ils forment entre eux une espèce de tribunal; Ils appliquent à la question Nariskin et le médecin. Un d'entre eux, qui savait écrire, dresse un procès-verbal; ils condamnent les deux infortunés à être hachés en pièces :
c'est un supplice usité à la Chine, en Tartarie, pour les parricides : on l'appelle le supplice des dix mille morceaux. Après avoir ainsi traité Nariskin et Vangad, ils exposent leurs têtes, leurs pieds et leurs mains sur les pointes de fer d'une balustrade.
Pendant qu'ils assouvissaient leur fureur aux yeux des princesses, d'autres massacraient
/ t0iisceiiiqiillieiirétaiaitoâi^iXtOaflii£9^^
à Sophie.
^ Cette exécutioa horrible finit par prod»-
, mer souverains le& deux princes Ivaa ei
, , Pierre^ en leur associant leur sœur Sophie en
q»Mté de corégente. Alors ette afiprottiRik tous leurs crimes et les réeomp^isa, confisqua les biens des proscrits et les donna aux: assassins ; elle leur permit même d'élever us monument» sur lequel ils firent graver lea Aoms de ceux qu'ilis avaient massacrés» comme traîtres à la patrie; elle leur drama cuafin ( des lettres patentes par les^eUea die le&re-
merdalt de l^u* aèle et de leur fidâité.
T. — GonTeniemeiit de la minoesM Scphîe. — Qoirselle siDgolJère de religion. — Gonspiratieo.
Voilà par quels degrés la princesse Sophie < BMmta en effet sur le trône de âussie aao»
être déclarée czarine., et voilà les premier» exemples qu'eut Pierre I*' dewsAt les yeux.
Sophie eut tous les honneurs d'une souveraine : sMi buste sur les monnaies, la signature pour toutes tes expédition»» la pceiâère place au conseil» et surtout la puissance s»prtoa EUe avait beaucoup d'esprit, faisait môme des vers dans sa irâgue^ écrivait et pariait bien ; une figure agréable relevaât encore tant de talenta^ son ambition seule k« ternit
Tiré tant entier dee IfËttains «o^egrés éB tâlen-
Elle maria son frère Ivan suivant la contume dont nous avons vu tant d'exemples.
Une jeune Soltikof» de la maison de ce même Soltlkof que les strélitz avaient assassiné, fut choisie au milîeu de la Sibérie, où son père 4x»nmandait dans une forteresse, pour être nrésentée au czar Ivan à Moscou. Sa beauté remporta sur les brigues de toutes ses rivales; Ivan répousa en 1684. Il semble, à chaque mariage d^un czar, <)u^on lise Thistoire d'Assuérus^ ou x^e du second Théodose.
An milieu des fêtes de ce mariage, les strélitz excitèrent un nouveau soulèvement ; et, qui le croirait ? c'était pour la religion, c'était pour le dogme. S'ils n'avaient été que soldats, ils ne seraient pas devenus controversistes ; mais ils étaient bourgeois de Moscou. Du fond des Indes jusqu'aux extrémités de l'Europe, quiconque se trouve ou se met en droit de pader avec autorité à la populace peut fonder une secte ; et c'est oe qu'on a vu dans tous les temps, surtout depuis que la fureur du dogme est devenue l'arme des audacieux «t le joug des imbéciles.
(kl avait déjà essuyé quelques séditions en Bussîe, dans les temps où Ton disputait si la bénédiotioa devait se donner avec trois doigts 4>u Avec deux. Un certain Abakum, archiprètre, avait dogmatisé sur le Saint-nEs^rit, qui, selon ^Evangile, doit iUominer tout âdele, aar Tégallté des premiara chrétiens» sur ces -paroles de Jésus : U n'^ aura ni premier ni -dernier. Plusieurs citojens, phiâeurs strélitz, embrassèrent les opinions d^Àbakum ; le
parti se fortifia ; un certain Raspop en fut le chef. Les sectaires enfin entrèrent dans la cathédrale où le patriarche et son clergé officiaient ; ils \e chassèrent, lui et les siens, à coups de pierres, et se mirent dévotement h leur place pour recevoir le Saint-Esprit. Ils appelaient le patriarche loup ravisseur dans le oercail^ titre que toutes les communions se sont libéralement donné les unes aux autres.
On courut avertir la princesse Sophie et les deux czars de ces désordres ; on fit dire aux autres strélitz, qui soutenaient la bonne cause, que les czars et TEglise étaient en danger. Le parti des strélitz et bourgeois patriarcaux en vint aux mains contre la faction des abakumistes ; mais le carnage fut suspendu dès qu^on parla de convoquer un concile. Aussitôt un concile s'assemble dans une salle du palais : cette convocation n'était pas difficile; on fit venir tous les prêtres qu'on trouva.
Le patriarche et un évéque disputèrent contre Raspop, et au second syllogisme on se jeta des pierres au visage. Le concile finit par couper le cou à Raspop et à quelques-uns de ses fidèles disciples, qui furent exécutés sur les seuls ordres des trois souverains, Sophie, Ivan et Pierre.
Dans ce temps de trouble, il y avait un knès Ghovanskoi, qui, ayant contribué à Télévation de la princesse Sophie, voulait, pour prix de ses services, partager le gouvernement On croit bien qu'il trouva Sophie ingrate. Alors 11 prit le parti de la dévotion et des raspopites persécutés; il souleva encore une pa^e
des strélitz et du peuple au nom de Dieu : la conspiration fut plus sérieuse que Penthousiasme de Raspop. Un ambîtieujc hypocrite ya toujours plus loin qu'un simple fanatique. Chevanskoi ne prétendait pas moins que Tempîre; et, pour n'avoir jamais rien à craindre, il résolut de massacrer les deux czars et Sophie, et les autres princesses, et tout ce qui était attaché à la famille czarienne. Les czars et les princesses furent obligés de se retirer au monastère de la Trinité, à douze lieues de Moscou. C'était à la fois un couvent, un palais et une forteresse, comme Mont-Cassim, Corbie, Fulde, Kempten, et tant d'autres chez ^es chrétiens du rite latin. Ce monastère de la Trinité appartient aux moines basiliens ; il est entouré de larges fossés et de remparts de briques garnis d'une artillerie nombreuse.
Les moines possédaient quatre lieues de pays à la ronde. La famille czarienne y était en sûreté, plus encore par la force que par la sainteté du lieu. De là, Sophie négocia avec le rebelle, le trompa, l'attira à moitié chemin et lui fit trancher la tête, ainsi qu'à un de ses fils et à trente-sept strélitz qui l'accompagnaient
Le corps des strélitz, à cette nouvelle, s'apprête à marcher en armes au couvent de la Trinité : il menace de tout exterminer ; la famille czarienne se fortifie ; le? boyards arment leurs vassaux ; tous les gentilshommes accourent ; une guerre civile sanglante commençait Le patriarche apaisa un peu les vtrélitz ; les troupes qui venaient contre eux
de tous c6tés les intimidèrent; Os passèrent enfin de la fureur à la crainte, et de la crMnte à la plus aveugle soumission; changement ordinaire à la multitude. Trois mille sept cents des leurs, suivis de leurs femmes et ae leurs enCants, se mirent une corde au cou« et marchèrent en cet état au couvent de la Trinité, que trois Jours auparavant ils voulaient réduire en cendres. Ces noalheureux se rendirait devant le monastère, portant deuxà deux un bill<^ et une hache;, fls se prosternèrent à terre et attendirent leur supplice : on leur pardonna. Ils s'en retournèrent a Moscou en bénissant leurs maîtres, et prêts, sans le savoir, k renouveler tous leurs attentats à la première occasion.
Après ces convulsions, TEtat reprit un extérieur tranquille. Sophie eut toij^ours la principale autorité, abandonnant Ivan à son incapacité et tenant Pierre en tutelle. Pour augmenter sa puissance, elle la partagea avec le prince Basile GaUltzln, quWe fît généralissime administrateur de TEtat et garde des sceaux; homme supérieur en tout genre & tout ce qui était alors dans cette cour orageuse, poli, magnifique, n'ayant que de grands desseins, plus instruit qu'aucun Russe, parce qu'il avait reçu une éducation meilleure, possédant môme la langue latine, presque totalement Ignorée en Russie; homme d'un esprit actif, laborieux^ d'un génie au-dessus de son siècle» et capable de changer la Russie, s'il en avait eu le temps et la pouvoir» comme fil en avait la volonté» (Test Fâoge
tiM
qii6 ^Ett de loi la Neuville, eauyoïyé pour lors de la Pologne en Russie, et les éloges des étraogffl^ sont ies noiiis suspects^
Ce ministre «contint la milioedes stréUtat en •âistrituoiit les plus mntiiis dans des réglgaents en Uknlne, à Ktaxa^ en Sibérie. CTest isoos son admiaistratioia que la Pologne, longtomps rirale de la Russie, céda, en 1686, toutes ses prétenttons surlesghoidesprovtiiixs de Smolensk et de rukriine. G*est lui qui, le premier, fit envoyer, en 1687, «e aiftbas- «ade &ï France, pays qui était, depuis vh^ ans, «hms toute sa glQn*e, par les eonquèites et les nouveaux étaUlsseaieirts de Louis KIV, par sa magnificenoe, et surtout par la perfection dasi irtB, sans lesquels on n'a que de la grandeur et point de gloire ^fédtable. La Fmce B^ivait eu encens aucune corresponûuiQB «vec la Russie, on ne la connaissait pas, et l'Acadénto des iascriptkM» célébra par ane nédai3le cette ambaande, connue si eUe fût venno des Indes; mais, mal^pré la médadfle, Tambassadeur Dolgorouki éclioua; il essuya môme de violents dégoûts par la coniMte de ses domestiques; on pkt mieux flitt de . tolérer leurs Hautes; mais la cour de Louis XIV ne pouvait prévoâ* alors que la BussiB et la France compteraient un jour parmi ieuis avantages celui d'ètreétroitement
L'Etat était idors tranqniite au dedans, tonfouni resserré du «été de la Suède, mais étendu du oMé de la Polegoe, sa nouvelle alliée; «ocaolinuellemeat en alarmes vers la Tar^
tarie Crimée et en mésintelligeiice arec la Chine pour les frontières.
Ce qui était le plus intolérable poor cet empire, et ce qni marquait bien qu^il n'était point parvenu encore à une administration vigoureuse et régulière, c'est que le kan des Tartares de Crimée exigeait un tribut annuel de soixante mille roubles, comme la Turquie en arait imposé un à la Pologne.
La Tartarie Crimée est cette même Chersonèse taurique, célèbre autrefois par le commerce des Grecs, et plus encore par leurs fables; contrée fertile et toujours barbare, nommée Crimée, du titre des premiers kans, qui s*appelaient crim avant les conquêtes des enfants de Gengis. C'est pour s'affranchir et se venger de la honte d'un tel tribut, que le premier ministre, Gallitzin, alla lui-même en Crimée à la tête d'une armée nombreuse. Ces armées ne ressemblaient en rien à celles que le gouvernement entretient aujourd'hui ; point de discipline, pas même de régiment bien armé; point d'habits uniformes, riep de régulier; une milice, à la vérité, endurcie au travail et à la disette, mais une profusion de bagages qu'on ne voit pas même dans nos camps, où règne le luxe. Ce nombre prodi- ^eux de chars qui portaient des munitions et des vivres dans des pays dévastés et dans des déserts, Auislt aux entreprises sur la Crimée. On se trouva dans de vastes solitudes, sot la rivière de Samare, sans magasins. Gallitzin fit dans ces déserts ce qu'on n'a point, je penser fait ailleurs : il employa trente mille hommes
à bâtir sur la Samare une ville qui pût servir d'entrepôt pour la campagne prochaine ; elle fût commencée dès cette année, et achevée en trois mois l'année suivante, toute de bois à la vérité, Avec deux maisons de briques et des remparts de gazon, mais munie d'artillerie et en état de défense.
C'est tout ce qui se fit de singulier dans cette expédition ruineuse. Cependant Sophie régnait; Ivan n'avait que le nom de czar, et Pierre, âgé de dix-sept ans, avait déjà le courage de l'être. L'envoyé de Pologne, la Neuville, résidant alors à Moscou, et témoin oculaire de ce. qui se passa, prétend que Sophie et Gallitzin engagèrent le nouveau chef des strélitz à leur sacrifier le jeune czar; il paraît au moins que six cents de ces strélitz devaient s'emparer de sa personne. Les mémoires secrets que la cour de Russie m'a confiés assurent que le parti était pris de tuer Pierre I«% le coup allait être porté, et la Russie était privée à jamais de la nouvelle existence qu'elle a reçue depuis. Le czar fut encore obligé de se sauver au couvent de la Trinité, refuge ordinaire de la cour menacée de la soldatesque. Là il convoque les boyards de son parti, assemble une milice, iait parler au capitaine des strélitz, appelle à lui qudques Allemands établis dans Moscou lepuis longtemps, tous attachés à sa personne, parce qu'u favorisait déjà les étrangers. Sophie et Ivan, restés dans Moscou, coiyurent le corps des strélitz de leur demeurer fidèles; mais la cause de Pierre, qui se plaint d'un attentat
médité eontreisa persomie et contre «iiÉière* t'emporte sur c^le û^mie princesse et d\m czar dont le seul aspect éloignait les «œurs. Tous les eomi^toes ùreat piinls «rec une seirérité à laqiQette ie pays jetait Alors aussi ac<- ^soutwBoé qa'anix attentats; q«elques->QiiB forent décapités» après airoir éprouvé le sappMee dn knout 01L des batogues. Le chef des stré- §itE périt de celte ^BHli»!ièpe ; on coupa la langue à d^autres cpa'on soupçonnait Le priBce ^lafiitein, qui aTait un de ses parents suprës -du czar Pierre, obtînt H vie; msâ^ dépenaillé <le «tons ses biens, qui étaient immenses, il fut TBlégué sur le cbemin <f Archange la Ffeu- "vilie, présent à toute cette -catastrophe» dit qu'ion prononça la sentence à GaUîtEM «a «es Imnes: « Il t'est ordonné, par le très dlémei^ CEar, de leTendre à Karça, ville sous le ptfte, •et ûy Twtesc ie reste de tes jours, f^ bcmté esdtrème de Sa Majesté t^aecorde trois sous par jour.»
il sY A point de ville sous le pôle. Karga «st au soixante et deuxième degré de latitude, iâx degrés et demi seulement plus au nord que Moscou. CeM qui aurait {nMoncé <sette senteRce <eftt été inauvais géograpiie ; on prétend que la NeuviUeaété trompe par un nq^ port Infidèle.
(Enfin la princesse S€pliîe M recondidte dans son monastère de Hescou, après a^K>ir ,iégBé longtemps; t;e changemoit était nn assez graôid suj^ce.
De *oe moment, Piore régna. Son frère Ivan ifeut d'autre part au gouvemement que oeHe
de voir son nom dans les Mtes publics; U Boena une ¥ie privée, et mourut en 1696.
TI. -- Règne de Pierre I», — Gommencemem de b.
grande réforme.
Pierre le Grand avait une taille hautes, déi* gagée» bien formée, le visage noble, des yeui animés, un tempérament robuste, propre à tous les exercices et à tou& les travaux ; son esprit était juste, ce qui est le fond de toua les vrais tal^its; et cette justesse était mêlée d*une inquiétude qui le portait à tout entr^ prendre et à tout faire; Il s^en fallait beaucoup que son éducation eût été digne desoa génie : Tintérêt de la princesse Sophie avait été surtout de le laisser dans rignoraace, et de Tabandoimer aux excès que la jeunessetp Foisiveté, la coutume et son rang ne reufdaient que trop permis. Cependant il était léc^nment mariéy et il avait épousé, comme taus les autres czars, une de ses sujettes, fille du ooloiiel Lapuchin; Hiais étant jeune,, cf* B^ayant eu pendant quedque temps d*autr« prorogative du trône que celle de se lîvr^ k aes plaisirs, les liens sérieux du mariage ne le retinrent pas assez. L^ plaisirs de la table avec quelques étrangers, attirés à Moscoiu par le ministre Gallitzin, ne firent pas auguirer qu*il serait un réf(Mrmateur ;. cependant, mat gré les mauvais exemples, et môme midgré ks plaislra» M s^appliqualt à Tart militaire et au gouvernement : on devait déjà reconnaîtra ma Ini le germe d'un grand homme.
On s'attendait «icore moinâ. au!un psino»
— «-^er^ »
qui était saisi d^un effroi machinal qu! allait jusqu'à la sueur froide et à des convulsions quand il fallait passer un ruisseau, deviendrait un jour le meilleur homme de mer dans le Septentrion. 11 commença par dompter la nature en se jetant dans Peau, malgré son horreur pour cet élément; Taversion se changea même en un goût dominant
L'ignorance dans laquelle on réleva le faisait rougir. Il apprit de lui-même, et presque sans maître, assez d'allemand et de hollandes pour s'expliquer et pour écrire intelligiblement dans ces deux langues. Les Allemands et les Hollandais étaient pour lui les peuples ies plus polis, puisque les uns exerçaient déjà dans Moscou une partie des arts qu'il voulait faire naître dans son empire, et les autres excellaient dans la marine, qu'il regardait comme l'art le plus nécessaire.
Telles étaient ses dispositions, malgré les penchants de sa jeunesse. Cependant il avait toujours des factions à craindre, l'humeur turbulente des strélitz à réprimer, et une guerre presque continuelle contre les Tartares de la Crimée à soutenir. Cette guerre avait fini, en 1689, par une trêve, qui ne dura que peu de temps.
Dans cet intervalle Pierre, se fortifia dans le dessein d'appeler les arts dans sa patrie.
Son père Alexis avait eu déjà les mêmes vues; mais ni la fortune ni le temps ne le secondèrent ; 11 transmît son génie à son fils, mais plus développé, plus vigoureux, plus opiniâtre dans les difficultés»
fiAlexis avait fait venir de Hollande à grands frais le constructeur Bothler *, patron de vais- *^
seau, avec des charpentiers et des matelots, .^
qui bâtirent sur le Volga une grande frégate et un yacht; ils descendirent le fleuve jus* qu^à Astracan ; on devait les employer avec des navires qu'on allait construire pour trafiquer avantageusement avec la Perse par la mer Caspienne. Ce fut alors qu'éclata la ré- i
volte de Stenko-Rasin. Ce rebelle fit détruire 1^
les deux bâtiments, qu'il eût dû conserver pour i, i
son intérêt; il massacra le capitaine ; le reste r • ^
de l'équipage se sauva en Perse, et de là gagna t
les terres de la compagnie hollandaise des In- . !
des. Un maître charpentier, bon constructeur •
resta dans la Russie, et y fut longtemps ignoré.
Un jour, Pierre se promenant à Ismael-of,^ »
une des maisons de plaisance de son aïeul, )
aperçut, parmi quelques raretés, une petite chaloupe anglaise qu'on avait absolument abandonnée; il demanda à l'Allemand Timmerman, son maître de mathématiques, pourquoi ce petit bateau était autrement construit ^ que ceux qu'il avait vus sur la Mosca. Timmerman lui répondit qu'il était fait pour aller à voiles et à rames. Le jeune prince vou- ♦ * lut incontinent en faire l'épreuve; mais il fallait le radouber, le ragréer; on retrouva ^ ce même constructeur Brant; il était retiré & Moscou ; il mit en état la chaloupe, et la fit - * * voguer sur la rivière d'Yauza, qui baigne les faubourgs de la ville. ^
* Mémoir de Pétersbonrg et de Moscou.
Pierre fit â'anspixier aa elialoiipe rar tn rpand lac, dans là vcrisinage du monastère de la Trinité; il fit bâtir par Brant deux Arégate» et trol^ yacbts, et en fut lui-même le pSotei Eiifin, k»igt«nps après, en 1694, il. alla à Âr^ chaagel, et, ayant fait construire un petit vaisseau dans ce port par ce même Brant, il s'embarqua sur la mer Glaciale, qu'aucua souverain ne vit jamais avant lui ; il était escorté d'un vaisseau de guerre hollandais, commandé par !e capitaine Jolson, et suivi de tons les navires marchands abordés à ArkhaAgel. Déjà il apprenait la manceuvre, et, malgré Fempressâment des eourtisaiis à imiter lenr maitre, il était le seul qui rapprît
Q n'était pas moins difûdle de former des troupes de terre affeetîosmées et disciplinées que d'avoir une ilottei. Ses premiers essais de miurine sur un lac avant son voyage d'Archaagd semblèarent seulement des amiasements da Ténfance de Thommes d& génie, et ses premii^^es tentatives pour former des troupes ne parurent aussi qu'un jeu. C'était pendant la» régence de Sophie, et si l'on efit soupçonné ce. jeu d'être sérieux, il eût pu M être fùfneste.
Il donna sa confiance à un étranger ; c'est ce célèbre le Fort, d'une noble et ancleoBie ûJBille du Piémont, transplantée depuis brè»
de deux sièclea à Genève, où elle a occupé les premiera emplois. On voulut l'élever drâs le négoce, qui seul a rendu considéralde eette ville, autrefois connue uniquement par la controverse»
Scyh génie, ^i le -portait à de plus grandes choses, lui fit quitter la maison paternelle >
4ès llige de quatorze ans; il senrît quatre ^
mois en qualité de cadet dans la t^taddle de Miirseiile; de là, il passa en Hollande, servit ^^
cpelque t^aps volontaire, et fut blessé au 'Siège de Grave sur la Meuse, ville asssez Ibrte, |
tfue le prince d*Orange, depuis roi d'Angle- J
terre, reprit sur Louis XIV en 1674. Cherchant «ensuite son avancement partout où Fespé- Taaee le guidai, !1 s*emb8rqua, <ai 1675, avec i
^mn colonel Mlemand, nommé Verstîn, qui s^é- ' l
tait ftdt donner par le czar Alexis, père de '*
Ptore, une commission de lever quelques ^nidots dasis les Pays-Bas et de les amener au port d'Ai^khangél. Maisquand on y arriva, après «voùr essayé tous les périls de la ma*, le czar Alexis n^âait pliis ; le gouvemanent avait «cliaiigé; la Ikissie était troublée : le gouver^ neur d'Arkhaxkgel liussa longtemps Verstin,Le ¥ort et toute sa troupe dans la plus grande misère, et les menaça de les envoyer au fond de la Sibérie ; chacun se sauva comme il put ' •
-LeFort, maenquaiit detoat, adlaii Moscou et se '
wésenta su résident du Danemark, nommé é^ H(Hm, qui le fit son secrétaire; il apprit k
la langue russe ; quelque temps a|»*ès, il trou- '
Ta le moyen d'être présenté au czar Pierre.
L'ahié, fvan, n*étalt pas ce qu'il lui fallait; » *
Pierre le goûta, et lui donna d'abord une *■
«on^agnie d'infanterie. A peine Le Port avattia servi ; il n'était point savant ; il n'avait ^
étudié à fond aucun 3n% mais il avait beau- «o«p vu avec le talent de t^ea voir; sa
, conformité avec le czar était de devoir tout à son génie ; il savait d'ailleurs le hollandais et l'allemand, que Pierre apprenait, comme les langues de deux nations qui pouvaient être utiles à ses desseins. Tout le rendit agréable à Pierre; il s'attacha à lui; les plaisirs commencèrent sa faveur, et les talents la confirmèrent ; il fut confident du plus dangereux dessein que pût former un czar, celui de se mettre en état de casser un jour sans péril la milice séditieuse et barbare des strélitz. Il en avait coûté la vie au grand sultan ou padisha Osman, pour avoir voulu réformer les janissaires. Pierre, tout jeune qu'il était , s'y prit avec plus d'adresse qu'Osman. Il forma d'abord dans sa maison de campagne Préobazinsky une compagnie de cinquante de ses plus jeunes domestiques ; quelques enfants de boyards furent choisis pour en être officiers ; mais, pour apprendre à ces boyards une subordination qu'ils ne connaissaient pas, il les fit passer par tous les grades, et lui-même en donna l'exemple, servant d'abord comme tambour, ensuite soldat, sergent, et lieutenant, daçs la compagnie. Rien n'était plus extraordinaire ni plus utile. Les Russes avaient toujours fait la guerre comme nous la faisions du temps du gouvernement féodal, lorsque des seigneurs sans expérience menaient au combat des vassaux sans discipline et mal armés ; méthode barbare, suffisante contre des armées pareilles, impuissante contre des troupes régulières.
Cette compagnie, formée par le seul Pierre»,
fut bientôt nombreuse, et devint depuis le régiment des gardes Préobazinski. Une autre compagnie, formée sur ce modèle, devint l'autre régiment des gardes Semenouski.
Il y avait déjà un régiment de cinq mille hommes sur lequel on pouvait compter, formé par le général Gordon, Ecossais , et composé presque tout entier d'étrangers. Le Fort, qui avait porté les armes peu de temps , mais qui était capable de tout, se chargea de lever un régiment de douze mille hommes, et il en vint à bout ; cinq colonels furent établis sous lui ; il se vit tout d'un coup général de cette petite armée, levée en efiTet contre les strélitz autant que contre les ennemis de l'Etat.
de qu'on doit remarquer ^ et ce qui confond bien l'erreur téméraire de ceux qui prétendent que la révocation de l'édit de Nantes et ses suites avaient coûté peu d'hommes à la France, c'est que le tiers de cette armée, ap-
Î^elée régiment , fut composé de Français reùgiés. Le Fort exerça sa nouvelle troupe comme s'il n'eût Jamais eu d'autre profession. Pierre voulut voir une de ces images de la guerre, un de ces camps dont l'usage commençait à /«'introduire en temps de paix. On construisit un fort qu'une partie de ses nouvelles troupes devait défendre, 3t que l'autre devait attaquer. La différence entre ce camp et* les autres fut qu'au lieu de l'image d'un combat % on donna un combat réel, dans le-
' MaDiiscrits du générai Le Fort.
fiuel II y eut 4es soldats de toés et l>eMicoiip àB blessés. Le Fort, qol oommandait Fattaqne» k*eçut une blessure considérable. . Ces Jeux ësi^glants devaient aguerrir les troupes; cependant fl fallut de longs travaux, et même jde longs mallieursy pour en venir à bout Le csar mêla ces fêtes guerrières aux soins qu^fl se dcMUiait pour la marine; et» comme il avait Mt Le Fort général de terre sans qu'il eût eocore commandé» il le fit amiral sans qu'il eût jamais conduit un vaisseau ; mais il le voyait digne de Tun et de Tautre. Il est vrai que oet amiral était sans flotte, et que ce général n'avait d'armée que son régiment
On réformait peu à peu le grand abus du militaire, cette ind^iendance dâ boyards, qui amenaient à l'armée les milices de leurs
Saysans ; c'était le véritable gouvamement es Francs, des Huns, des Gotns et des Vandales, peuples vainqueurs de l'empire romain dans sa décadence, et qui eussent été exterminés s'ils avaient eu à combattre les anciennes légions romaines disciplinées, ou des armées telles que celles de nos jours.
Bientôt l'amiral Le Fort n'eut pas tout & Ut un vain titrer il fit construire i^ar des Hollandais «tdes Vénitiens des barques loi^^es^ et même deux vaisseaux d'environ trente pièces de canon, à Temboucliurede la Véronise^ qni se jette dans le Tanaîs ; ces vaisseaux pouvaient descendre le fleuve, et tenir en respect les Tartares de la Crimée. Les hostilités avec ces peuples se renouvelaient tous les jours. Le czar avait à choisir, en 1689,
entre la Turquie, la Suède et la Chine, à ^ il ferait la guerre. U faut commencer par faire voir en ouek terme» 11 était avec la Chine*, et quel mt )e premier tcaké ùà pab que firent, les ChinoîflL
'Vn. — GoBgiàftefe lE«Hé airvc In diiiiois ■•
On doit â*a{>ord! se représenta- qn^iei»
étaient les limites de l'empire chinois et de Tempire russe. Quand on est sorti de la Sibérie proprement dite^ et qu^on a laissé loin au midi cent hordes de Tartares, Kalmouks blancs, Kalmouks noirs, Monguls mahométans, Ifonguls nommés idolâtres, on avance yersr le cent trentième de^ de longitude, et au cinquanteKieuxième de latitude, sur le fleure aAraur ou d^Amour. Au nord de ce fleuve est une grande chaîne de montagnes qui s^étend jusqu'à !a mer Glaciale par delà le cercle polaire. Ce fleuve qui coule, l'espace de cinq cents lieues, dans » Sibérie et dans la Tartarie chinoise, va se perdre après tant de détours dans la mer de Kamtchatka. On assure qu*à son embouchure dans cette mer, on pêche quelquefois un poisson monstrueux, beaucoup plus gros que Fhippopotame du Nil, et dont la mâchoire est enm ivohre plus dur et plus parfait On prétend que cet ivoire faisait «ttrefois un objet de
* Tbré des mémoires envoyés de la Chine, de ceux d» Pétersbonrg, et des lettres rapportées dansrhistoire de la Gbine, compilée pas dttHalaa.
commerce, qu^on le transportait par la Sibérie, et que c est la raison pour laquelle on en trouve encore plusieurs morceaux enfouis dans les campagnes. C'est cet ivoire fossile dont noub avons déjà parlé ; mais on prétend qu'autrefois il y eut des éléphants en Sibérie, et que des Tartares, vainqueurs des Indes, amenèrent dans la Sibérie plusieurs de ces animaux, dont les os se sont conservés dans la terre.
Ce fleuve d'Amour est nommé le fleuve Noir par les Tartares mantchoux, et le fleuve du Dragon par les Chinois.
C'était ^ dans ces pays si longtemps inconnus, que la Chine et la Russie se disputaient les limites de leurs empires. La Russie possédait quelques forts vers le fleuve d'Amour, à trois cents lieues de la grande muraille. Il y eut beaucoup d'hostilités entre les Chinois et les Russes au siget de ces forts ; enfln les deux Etats entendirent mieux leurs intérêts ; l'empereur Cam-hi préféra la paix et le commerce à une guerre inutile. Il envoya sept ambassadeurs à Nipchou, l'un de ces établie sements. Ces ambassadeurs menaient environ dix mille hommes avec eux, en comptant leur escorte. C'était là le faste asiatique; mais, ce qui est très remarquable, c'est qu'il n'y avait point d'exemple dans les annales de l'empire d'une ambassade vers une autre puissance ; ce qui est encore unique , c'est que les Chinois n'avaient jamais fait de traité
1 Mémoires des jésaites Pereira et Gerbiiloii.
de paix depuis la fondation de l'empire. Deax 5
fois subjugués par les Tartares, qui les attaquèrent et qui les domptèrent, ils ne firent Jamais la guerre à aucun peuple, excepté à quelques nordes, ou bientôt subjuguées, ou bientôt abandonnées à elles-mêmes sans au- I
cun traité. Ainsi, cette nation si renommée pour la morale ne connaissait point ce que nous appelons droit des gens^ c'est-à-dire ces règles incertaines de la guerre et de la paix, ^
ces droits des ministres publics, ces formules de traités, les obligations qui en résultent, les disputes sur la préséance et le point d'honneur.
En quelle langue d'ailleurs les Chinois pouvaient-ils traiter avec les Russes au milieu des déserts? Deux jésuites, l'un portugais, nommé Pereira, l'autre français, nommA Gerbillon, partis de Pékin avec les ambassadeurs chinois; leur aplanirent toutes ces difficultés nouvelles, et furent les véritables médiateurs. Ils traitèrent en latin avec un Allemand de l'ambassade russe qui savait cette langu& Le chef de l'ambassade russe était Gollovin, gouverneur de Sibérie; il étala une plus grande magnificence que les Chinois, et par là donna une noble idée de son empire à ceux qui s'étaient crus les seuls puissants sur la terre. Les deux jésuites réglèrent les limites des deux dominations : elles furent posées à la rivière de Kerbechi, près de l'endroit où l'on iiégociait Le midi resta aux Chinois, le nord aux Russes, n n'en coûta à ceux-ci qu'une petite forteresse qui se trouva bâtie au delà des limites;
OB Jura imepafx éternelle^ étjvprha qn^uoB eontestatioiis, les Russes et les GhlncKis la Jurèrent S au nom du même Dieu, en ces termes : « Si quelqu'un a Jamais la pensée secrète de rallumer le feu de la fuerre, nous prions le S^gnemr souverain de toutes <Âo- BQSy qui connaît les oceurs, de ifmnir ces tnittres par une mort précipitée. »
Cette formule, commune à des cailnols «t à des chrétiens, peut faire connaître deux choses imoporb^ntes : la première, que le gouvernement chinois n'est ni athée cd idolâtre, comme on l'en a si souvent accusé par des imputations contradictoires ; la seconde, que tous les peuf^es qui cuitivent leur raison recomiajssent en effet le même Dieu, malgré tous Ses égarements de cette raison mal instruite. Le trsHé fut rédfgé en latin, dans deux exesnyiaires. Les ambassadeurs russes signèrent les premiers la copie qui leur demeura ; ^ les danois signèrent aussi la leur les premiers, sdon l^osage des nations de l'Europe qui traitent éd couronne li couromie. On observa "un autre usage des nations asiatiques ^et des premiers figes du monde connu ; le traité fat gravé sur deux gros maîtres qui dirent poœs pour servir de bornes aux deux empih*es K Trois ans après, le czar envoya le Danois llbrand fde en ambassade à la CÛne, «t le commerce établi a subsisté âq[mi8 avec
« M80, «MptOBibMii. Jt Mteoises dala Ghiot.
* Le§ colonnas ne fareot |M)int «leYées. tif on an opoit Tanteor de la nouvelle histoire de BuBiie,
ayantage |iifiqu'& nne n:q[>tiir8 entre la Bwrie ^
et la dbifie, en 1722 ; mais, après cette intav *
ruptlon» il a repris une Dourelle Tigueim
Tin. — • Expédition yers les Faim^Héetides. — Gkn- • qaèlB dTlzof . — Le cxar envoie des jeiiMi feoa nistniire dam les pairs étnaeen.
n ne fat pas ai aisé d*a¥Oirla paix avec lea l>urcs r le Umips môme paraissait yenu de s^élever sur leurs ruines. Venise, accabiliée MT eux, commençait à se relever. Le même Morosini, qui avait rendu Candie aux Tujrca^ leur prenait le Péloponèse, et cette conquise hâ mérita le sumoiu de Péloponësiaquêf lionnear qui rapp^ait te temps de ki répubii- »
que romanis UeM^iereur d'Allemagne^ Léo* poldC avait quelques succès contre Tempire turc en Hon^e, et les Polonais repoussaient au moins les courses des. Tartares ée €iimée.
Pierre profita de ces drconstanees pour aguerrir ses troupes, et pour se desiner, s'il pouvait, r^npire de la mer Noire. Le général Gordon marcha le long du Tanaïs vers ^ Aaof avec son mnd régiment de dnq miUe w hommes; le général Le Fort avec le sien de douze siUle, un corps de strélîta commandé par Sheremeto ^ et Shein^ (Mîginaire de Proase^ un corps de Cosaques, un grand train d*art&l6rle: tout foi prâl pour cette exf^édt- ^ tieik ^
' Sberenetow on Shepemetof, o«i, aalfantinia attae artfieayaphe GaosoMeisif. f
€ette grande armée s^avance sous )es oiv dres du maréchal Sheremeto, au commencement de l'été 1695, vers Azof, à l'embouchure du Tanaïs, et à l'extrémité des Palus- Méotides, qu'on nomme ayjourd'huî la mer de Zabache. Le czar était à Tarmée mais en qualité de volontaire, voulant longtemps apprendre avant de commander. Pendant la marche, on prit d'assaut deux tours que les Turcs avaient bâties sur les deux boi*ds du fleuve.
L'entreprise était difficile; la place, assea bien fortifiée, était défendue par une garnison nombreuse, bes barques longues, semblables aux saïques turques, construites par des Vénitiens, et deux petits vaisseaux de guerre hollandais, sortis de la Véronise, ne furent pas assez tôt prêts, et ne purent entrer dans la mer d'Azof. Tout commencement éprouve toujours des obstacles. Les Russes n'avaient point encore fait de siège régulier. Cet essai ne fut pas d'abord heureux.
Un nommé Jacob, natif dé Dantzick, dirigeait l'artillerie, sous le commandement du général Shein ; car on n'avait guère que des étrangers pour principaux artilleurs, pour ingénieurs, comme pour pilotes. Ce Jacob fut condamné au châtiment des batoguespar son général Shein, Prussien. Le commandement alors semblait affermi par ces rigueurs. Les Russes s'y soumettaient, malgré leur penchant pour les séditions, et, après ces châtiments, ila servaient comme à l'ordinaire. Le Dantzickoia pensait autrement; il youlut se venger; il
encloqi: le canon, se jeta dans Azof, ein« brassa la religion musulmane et défendit la place avec succès. Cet exemple fait voir que l'humanité qu'on exerce aujourd'hui en Russie est préférable aux anciennes cruautés, et retient mieux dans le devoir les hommes qui, avec une éducation heureuse, ont pris des sentiments d'honneur. L'extrême rigueur était alors nécessaire envers le bas peuple ; mais quand les mœurs ont changé, l'impératrice Elisabeth a achevé par la clémence l'ouvrage que son père commença par les lois. Cette indulgence a été même poussée à un point dont il n'y a point d'exemple dans l'histoire d'aucun peuple. Elle a promis que, pendant son règne, personne ne serait puni de mort, et a tenu sa promesse. Elle est la première souveraine qui ait ainsi respecté la vie des hommes. Les malfaiteurs ont été condamnés aux mines, aux travaux publics; leurs châtiments sont devenus utiles à l'Etat, institution non moins sage qu'humaine. Partout ailleurs on ne sait que tuer un criminel avec appareil, sans avoir jamais empêché les crimes.
La terreur de la mort fait moins d'impression peut-être sur des méchants, pour la plupart fainéants, que la crainte d'un châtiment et d'un travail pénible, qui renaissent tous les jours.
Pour revenir au siège d'Azof, soutenu désormais par le même honmie qui avait dirigé les attaques, on tenta vainement un assaut, et, après avoir perdu beaucoup de monde, on fut obligé de lever le siège.
La cozifltanee dans toizke emlrefMrîae Umaait le caractère de Pferre. Il conduisit une arv mée plus considérable ^core devant Azof sa prôiteHips de 1696. Le caar Innm, san firère,. violait de mourir. Qacrfqae son aatmrité B'eâH pas été gênée par Iran, qui n'avaHi que le:
nom de czar, elle r«ndt Umioar» été un peu par les Menséances. Les d^enses et la mal»
son d'Iyan retournaient par sa mort à irentF&^ tien de Karmée ; c'était un seeouars pour un Etat qui n'avait pas alors d'aussi grancte rev^ BUS qu'aujourd'hui Pi^re écrivit à f anpereur Léopold, aux Ëtats41énéraux^ àrétecteor de Brandebourg, pour en obtenir des ingénieurs, des^ artille«rs^ des* gens de mer. Il en^ gagea à sa scide des Calmoucks^ dont la ea^ yalerie est très utile contre celle des: Tartare» de Grimée.
Le succès le plus ilattem*' pour le ezar full celui de sa petite flotte, qui fot enfin comr> pliè^ et bien gouvernée^ Elle battit les saîques turques envoyées de Gonstantinople^ et en prit quelques-unes» Le sié^ fut pcMiasé réguli^ement par tranchées, non pas tout à Ikit selon notre méthode ; les tranchées étaieiLt trois ibis plu» pn^bndes^ «t Les parapete étaient de hauts remparts. Enfin les assiégés rend^r^t la place le 28 juillet n. st, sans «ocun honneur de la guerre, sans emporter ni âmes ïà munitions, et ils furent oblIgès^ de livrer le transfuge Jacob aux assiégeanAa.
Le ezar voulut cTahmii, en forttfaBiÂaoi; en te eomvrant par des fbrtsy en creosaot ua port capable de c^mtenir les plus gioa Taisu
BesuXy se rendre mattre ^u détroit de Oai^ de ce BcKspliore cimmérieB qui domte entrée oans le Pont-fiuxin, lieux oélèbres autircfois |Nur les armements de Mithridate. H laLsa trente-deux saîques armées devant ÂEof *» et f^iépara tout pour foncier contre les Turcs Ttœ flotte de -fieuf vaisseaux de sdxanté piè-* ces tiecanon, et de «{uaraate et un portant depuis trente jusqu'à cinquante pièces d'ai^tfOerie. & exigea ipie les plus gr&nds seigneurs, les plus riches né^cfants contribuassent h, cet armement; et croyant que les IMens des ecclésiastiques devaiwt servir li la cause commune, il obligea le patriarcbe, les évêques, les archimandrites, à payer de leur argent cet effort nouveau qu'il faisait pour IliOBneur de sa patrie et poiur Tavanta^ de la chrétienté. On *ût faire par les Ck)saques ded bateaux légers, aoxquete ils sont accoutumés, fft tjtâ peuvent cdtoyer nsënient les ri- ^rages de la C^rtmée. La Turquie devait être •larmée d'un tel armement, le premier qu^on eftt jamds tenté sur les Palus-lféotides. Le piiQlJetéitalt de chasser pour jamais les Tartares et les Turcs de la Crimée et d'établir ensuite mÊLjgtwoA commerce aisé et libre avec la Perse car la Géoiigie. CTest le ni^me commerce qae nreiit autrefois les Grecs à Golchos, et dans eette CSiiersoBèse Tanrtque, ^ue le csar sem»blait devoir fiKramettre.
Vaftnquear des Tores et des Tartarea, il wtÊLrA aecovtamer «on peuj^ à la gloire
'^ Vémoires de le Toit
eomme aux travaux. Il fit entrera Moscou son armée sous des arcs de triomphe, au milieu des feux d'artifice et de tout ce qui put embellir oette fête. Les soldats qui avaient combattu sur les saïques vénitiennes contre les Turcs, et qui formaient une troupe séparée, marchèrent les premiers. Le maréchal Sheremeto, les généraux Gordon et Shein, Tamiral Le Fort, les autres officiers généraux, précédèrent dans cette pompe le souverain, qui disait n'avoir point encore de rang dans
I armée, et qui, par cet exemple, voulait faire sentir à toute la noblesse qu'il faut mériter les grades militaires pour en Jouir.
Ce triomphe semblait tenir en quelque chose des anciens Romains : il leur ressembla surtout en ce que les triomphateurs exposaient dans Rome les vaincus aux regards des peuples, et les livraient quelquefois à la mort; les esclaves faits dans cette expédition suivaient l'armée; et ce Jacob qui l'avait trahie était mené dans un chariot, sur lequel on avait dressé une potence, à laquelle il fut ensuite attaché, après avoir souffert ^ supplice v de la roue.
On frappa alors la première médaille en Russie. La légende russe est remarquable :
Pierre /, empereur de Moscovie. toujourr augusie. Sur le revers est A201 avec ces piotSf vainqueur par les flammes et les eaux*
Pierre était affligé, dans ce succès, de ne voir ses vaisseaux et ses galères de la mer d'Azof bâtis que par des mains étrangères.
II avait encore autant d'envie d'avoir un port
«ip la mer Baltique que sur le Pont-Euxîn.
Il envoya, au mois de mars 1697, soixante jetlnes Russes du régiment de Le Fort en Italie, .la plupart à Venise, quelques-un? à Livourne, pour y apprendre la marine et la construction des galères; il en fit partir quarante autres * pour s'instruire en Hollande de la fabrique et de la manœuvre des grands vaisseaux ; d'autres furent envoyés en Allemagne pour servir dans les armées de terre, et pour se former à la discipline allemande.
Enfin, il résolut de s^éloîgner quelques années de ses Etats, dans le dessein d'apprendre h les mieux gouverner. Il ne pouvait résister au violent désir de s'instruire par ses yeux, et même par ses mains , de la marine et des arts quMl voulait établir dans sa patrie. Il seproposa de voyager inconnu en Danemark, dans le Brandebourg, en Hollande, à Vienne, à Venise et à Rome. 11 n'y eut que la France et l'Espagne qui n'entrassent point dans sod plan : l'Espagne, parce que ces arts qu'il cherchait y étaient alors trop négligés; et la France, paçee qu'ils y régnaient peut-être avec trop de faste, et que la hauteur de Louis XIV, qui avait choque tant de potentats, convenait mal à la simplicité avec laquelle il comptait faire ses voyages. De plus, il était lié avec la plupart de toutes les puis*sances chez lesquelles il allait, excepté avec la Firance et avec Rome. Il se souvenait encore, avec quelque dépit, du peu d'égardi
1 Manuscrits du général Lb Fort
■inoiRs Bi tm, I.
386 Lovki XIY avait eus pour TambaiBaéa e 1687, qui n'eat pas autant de sueeèi quede célébrité; et enfia il prenait dâyà le parti i'Auguate, électeur de Saxe» à qui le prinee s Gontl discutait la eeufonne de Pologoék