‹ Histoire de l'empire de RussieChapitre 4 sur 15 · IX. — Toyages «toPienro le Gnmd · texte numérisé non relu

IX. — Toyages «toPienro le Gnmd

Le dessein étant pida de voir tant d'Etatoi et tant dé cours ^a. simple particulier, il se mit Itti-nème k la suite de trois ambassadeurs, comme il s^étaît mis à. la suite de ses géi^ raux à son entrée tri)ôiiq)haBte dans Moseofb

^ Les trois ambassadeur» étaient le> géaêral Le Forty le boyard Alads GottoviB, comml»*saire g^ral des guerres et gouyemesur de la fibérie, le même qui avait signé le traHé d^e paix perpétuelle arec les plénipotentiaires de la Gbine sur les frontières do cet empire, et Vonitiin, dDak on secrétak^ d'Ër* tat, longtemps employé dans ks conr» étran»

gères. Quatre premiers secrétaires, doua»

genUiShommes, deux pages pour chaque anip* bassadeur, une compagnie de cinquante gav^ des avec leurs officiers, tons dd r^imeat Préobazimsky, composaienit la snite pffiQcIpalo de cette ambassade : il jr araM en tout deux ooBts personnes; et leesar^se réservaiKtpoinar tout dMnestiqiie un valet de chambire^ un •komme de livrée et un min, se oonfondalt dans la foule. C'était une cbose inoole dus l^klstohre du mondes ^l'nn roi de vingtr^iaq

Mémoires de Pêtenftoavgsl MémisiNiâaU loitl

aas 'qui abandoimaft ses royafiEBes pour nrîeia régner. Sa Tlctofre mur les Turcs et les Tarta* res, f éclat de son entrée M(«iphantê À Moscou, les DomlMreuses troupes étrangères af«< fectiofiiiées à son service, la mort d'Ivan son frère, la edèture de la princesse Sophie, et, plus encore, le respect gênerai pour sa personne, devient kd répondre de la tranquillité de ses Etats pendant son absence. Il confia la r^^DCe au Doyard Streelmef et au \nëê Romadonoi^i, lesquels devaient, dans les affaire importaoftes, délibérer avec d'autres boyards.

Les troupes formées par le général Gordon restèrent i^losoou pour assurer la tranquillité de la eai^tiâe : les strélitz, qui pouvai^t-la trouMer, f ureait distribués sur les frontières de la Grhnée, pour conserver la conquête d'Aaof, et pour réprimer les incureâons des Tartares. Ayant ainsi pourvu à tout, il se livrait à son aardeur de voyager et de «^instruire.

Ce v<79ge ayant été Toceasion ou le prétexte de Ift sffiaglante ^erre qti traversa si l0ngtQiiips le csar dans tous ses grands projets, a^ etita ^ seconda ; qui détrôna le roi de Potogne Auguste, donna la couronne t Stanislaas, etlaluièta^ qui fitduroideSuèdet Chartes xll, le praoler des conquérants pédant neuf années, et le plus malheureux dos rois pendant neuf «utres; il est nécessaire, pour ^entrer dans le détaS de tes événem^ts, de représenter M eii i^uelle situation éfeatlt alors nhurope.

Le sultan Mustapha H régnait en Turquie^

Sa faible administration ne faisait de grands efforts ni contre Tempereur d^Âllemagne Léopold, dont les armes étaient heureuses en Hongrie, ni contre le czar, qui venaif de lui enlever Azof, et qui menaçsdt le PonirËuxln, ni même contre Venise, qui, enfin, s'était emparée de tout le Péloponèse.

Jean Sobieski, roi de Pologne, à jamais célèbre par la victoire de Choczim et par la délivrance de Vienne, était mort le 17 juin 1696 ; et cette couronne était déjà disputée par Auguste, électeur de Saxe, qui remporta, et par Armand, prince de Conti, qui n*eut que l'honneur d'être élu.

La Suède venait de perdre et regrettait peu Charles XI, premier souverain véritablement absolu dans ce pays, père d'un roi qui le fut davantage, et avec lequel s'es£ éteint le despotisme. Il laissait sur le trône Charles XII» son fils, âgé de quinze ans. C'était une conjoncture favorable en apparence aux projets

• du czar; il pouvait s'agrandir sur le golfe de Finlande et vers la Livonie. Ce n*était pas assez d'inquiéter les Turcs sur la mer Noire ; des établissements sur les Palus-Méotides et vers la mer Caspienne ne suffisaient pas à ses

* projets de marine, de commerce et de puis* sance; la gloire même, que tout réformateur désire ardemment, n'était ni en Perse ni en Turquie ; elle était dans notre partie de l'Europe où l'on éternise les grands talents en tout genre ; enfin, Pierre ne voulait intro« duire dans ses Etats ni les mœurs turques ni les persannes. mais les nôtres.

L^Âllema^e, en guerre à la fois arec H Turquie et avec la France, ayant pour ses idliés TEspagne, l'Angleterre et la Hollande, contre le seul Louis XIV, était prête à conclure la paix, et les plénipotentiaires étaient ^jà assemblés au château de Ryswyk, auprès de la Haye.

Ce fut dans ces circonstances que Pierre e^ son ambassade prirent leur ro«te, au mois d'avril 1697, par la grande Novogorod t de là on voyagea par TËsthonie et par !& Livonie, provinces autrefois contestées entre les Russes, les Suédois et les Polonais, et acquises enfin à la Suède par la force des armes. ^

La fertilité de la Livonie, la situation de R^a, sa capitale, pouvaient tenter le czar; il eut du moins la curiosité devoir les fortifications des citadelles. Le comte d'Alberg, gouverneur de Riga, en prit de Tombrage ; il lui refusa cette satisfaction, et parut témoigner peu d'égards pour l'ambassade. Cette ccmdulte ne servit pas à refroidir dans le cœur du czar le désir qu'il pouvait concevoir

d'être un jour le maître de ces provin- •

ces.

De la Livonie on alla dans la Prusse brandebourgeoise, dont une partie a été habitée par les anciens Vandales: la Prusse polonaise avait été comprise dans la Sarmatie d'Europe ; la brandebourgeoise était un pay? pauvre, mal peuplé, mais où l'électeur, qui se fit <i âoimer depuis le titre de roi, étalait une magnificence nouvelle et ruineuse. Il se piqua de recevoir l'ambassade dans sa ville de

fioBoJgBberg: tvee m ûiste royii On «b m de part et d'autre les présents les pk» magnlâqnes. Le contraste de la parare française»

i^ae Im eonr de Berlin affectait, avec les iongoes robes asfatiqiias «des Rosses, lenrs bannets rebattssés de perles et de pâerreries, levs cimeterres pendants à la ceinture, fit un ef- :fel; singulier. Le oar était vêtu à Tallesnande; un prince de Géorgie, iqid était snec tui, vôtn à la mode des Peraans, étalait one autre sorte de magnifioenoe; c'est le même ^ui fat pris à la journée de Narva, et qui est mort en Suède.

Pierre méprisait iDut t» faste; il eût élé à désirer qu'il eût également méprisé ces plaiiSirs de table dans lesquels rAllemagae nettaât alors sa gloire. €e fut *■ dans un de ces repas trop à la mode alors, anssi daogereox pour ia santé que pour les mœurs, qu'il lira répée contre son £ayori Le Fort ; mais H témoigna autant de regret ds cet emportement passager, qû'ÂkKandnB en eut du meurtre de CUtas. fi denaoda pardon à Le Forts il diealt qu'il Toukit réformer sa nation, et qa^ se pouvait pas encore se réformer lui-môme. Le iréoénl LeFort,dans son manuscrit, knie enoore pldM le ibnd du eaxactèire du cest qu^l ne Mtoe cet excès de modère.

L'ambassade passe par la Piomérasie, fier Boiin ; nne pariBe prend sa route par iâffdalMurg, 1 wtre par Hambourg, viâe qne non grand «ooittneree rendait déjà pni8Banl8,inais

■ Wnoirsf mMMWcrlIidsfje PorL

«m pisâosBl opidenteel masi aœiabie qu'elle reoÉ de^emw deptti& On tourne rera MiBâtti;' oft pane la Westpbalie, el enân on «arrive p» dères dans Asnterdaiik. i:

Le Gflstf je rendit dan» cette ville qoinae j€N» avant Taoïbeasade ; iilogea d'abord dam^ kknHdsoiiide la GoiniMignie des Inde»; maie biBBtOt ft dioâsil «a petil logevant dans les GhaBUars de Paaûranté* Il pirlt un haibitde pâotOy et alft» dans cet équipage au village de» /

Sardam^ où. Ton cimsIniiBait aton beaseeop^ l^oe de vaisB^anz encore qii'aiiio«rd*hi]^ Ce ^

village est anasl grand, anasi peuplé, soatâ ricii6f et ftos propire qne beaueoep de villee opulœtBB. Le czar adinira cette multitude d^bemnee tot^oniffi. occupés ; Fcurdre, Texacti» tilde dee travata, la cétérilbé proâigiease è cooetreire m vaisseau ei à le munir de toee ,

ses agrès» et cette quantité iniat>yable de Bsagaàne et de madones ^oii rendent le tsm- ^

valt plus âKCzle et pkis sûr. Le cxar commença par acbeter me barque^ à laquée â^ tt de ses maisa un mât brisé; ensuite II trar vallla i timtis les partie» de la construjrtîOD %

dïia vatmean, mimant la même vie que les artisans de Sardam^ sf bnbillant, se nourri»» stfit comme eu, trataillant dans les forgesy du» le? corderies, damr ces moulins dont Un quantité prodigieuse borde le village, tst daoa lesqu^ on scia te sapin et le diône» on. tire llmile, on fobrique le papia*, on file les m^tanx deetilei; 11 se fit inscrire dans le sombre des ebarpentieresiMn lenom de Pierre MielMMleff : OQ ra<^|»^att cemmonément matM ^

Fierre (Peterbas); et les ouvriers» d*abord in* terdits d'avoir un souverain pour compagnon, s'y accoutumèrent familièrement*

Tandis qu'il maniait à Sardam le compas et la hache, on lui confirma la nouvelle de 1« scission de la Pologne, et de la double nomination de rélecteur Auguste et du prince de Gonti. Le charpentier de Sardam promit aussitôt trente mille hommes au roi Auguste : il donnait de son atelier des ordres à son armée d'Ukraine, assemblée contre les Turcs.

Ses troupes, commandées par le général Shein et par le prince Dolgorouki, venaient de remporter une victoire auprès d'Azof sur les Tartares, et même sur un corps de janissaires que le sultan Mustapha leur avait envoyé. Pour lui, il persistait à s'instruire dans plus d'un art; 11 allait de Sardam à Amu3terdam travailler chez le célèbre anatomiste Ruysch ; il faisait des opérations de chirurgie, qui, en un besoin, pouvaient le rendre utile à ses officiers ou à lui-même. Il s'instruisait delà physique naturelle dans la maison du bourgmestre Vitsen, citoyen recommandable à Jamais par son patriotisme et par l'emploi de âes richesses immenses, qu'il prodiguait en citoyen du monde, envoyant à grands Arais des hommes habiles chercher ce qu'il y avait de plus rare dans toutes les parties de l'univers, et frétant des vaisseaux à ses dépens pour découvrir de nouvelles terres.

Peterbas ne suspendit ses travaux que povir aller voir sans cérémonie, à Utrecht et à la Haye» Guillaume, roi d'Angleterre et itathoa-

der dés Provinces-Unies. Le général Le Fort était seul en tiers avec les deux monarques.

Il assista ensuite à la cérémonie de rentrée de ses ambassadeurs et à leur audience : ils i

présentèrent en son nom, aux députés des États, six cents des plus belles martres zibelines ; et les États, outre le présent ordinaire qu'ils leur firent h chacun d'une chaîne d'or et d'une médaille, leur donnèrent trois carrosses magnifiques. Ils reçurent les premières visites de tous les ambassadeurs plénipotentiak*es qui étaient au congrès de Ryswick, excepté des Français, à qui ils n'avalent pas notifié leur arrivée, non-seulement parce que le czar prenait le parti du roi Auguste contre \e prince de Conti, mais parce que le roi '#

Guillaume, dont il cultivait l'amitié, ne voulait point la paix avec la France.

De retour à Amsterdam, il y reprit ses premières occupations, et acheva de ses mains un vaisseau de soixante pièces de canon, qu'il avait commencé, et qu'il fit partir pour Ar^ a

khangel, n'ayant pas alors d'autre port sur les mers de l'Océan. Non-seulement il faisait engager à son service des réfugiés français, des Suisses, des Allemands, mais il faisait partir des artisans de toute espèce pour Moscou, et n'envoyait que ceux qu'il avait vus travailler lui-même. Il est très peu de métiers et d'arts qu'il n'approfondit dans les détails; il se plaisait surtout à réformer les cartes des géograr phes, qui alors plaçaient au hasard toutes les positions des villes et des fleuves de ses États peu connus. On a conservé la carte sur 1»-

«jiièlle n traça la coaannfiieatloB de la G8iH»ieiiiie«t de la mer Noire, qull avait <é4& IH*QJetée, et dont il 8?ait 'Chaigé im iogéofour allemand, D<mi]Bé Brak^. La j<»iotloii do œa deux men était plus f aefle que eeUe ée l'Océan et de la Mé(MteiiraQée, exécatée en Fraace; maia Tidée d^imir la mer d*Âxef «t la Caspienne tf rayait alors rimaginatioiL De noQi^eaux établissements dans œ pays M par ralssaiesit d'autant plus conTenaUes que ses snooès lui donnaient de nonvellesespéruioeSi

"Ses troupes remportaient une Tiotoire confire les Taitares assez près d'Âaof, et méDM»

tfoelqves mois a^rès, elles prirent la fille dX)r eu Qrkapi, <qae nous iioa:mioiB Ppécop. Ce ■Qceès servit à le fi^ respecter danaata«e de ceux qui blâmaient un souverain d'a^roir quitté ses États pour exerça* des métien dans Amsterdam. Us virent que les affaires du mo- Barque ne souffirai^t pas des travaux du pi** losoplie fojageur et artisaiL

11 contionadans Aaisterdam ses oooupatiOQB eiHfinaires ùt constmcHieur de vaisseaux, dtegfoieur, de géograplie, de physicien pratique, Jusqi^te milieu de Janvier 1698 ; et alom il partit pour l'ÂngMeiTe, toc^ouni à la auilB de sa propre ambassade.

Le roi Guillaume lui envoya «on yaeht et deux vaisseaux de guerre. Sa maimre de vivre Ait la mêmeme c^le qu'lË B*étail preth crite dans Amsterdam et dans fiantan» I ae logea près du grand cbantler, fi Deptisrd, et nefl*occupa gc^ qu^ t^^nstniire. Les conntructeurs hollandais ne lui «raiest enselgiU'l

qseleor nétbode et leur roatise : il connut « *

mieiu Tart en Angleterre; les yalaseaux «> bàtiaflaient soiTant des proportions vOLihéau^ tiqiaea. U se perfectionna dans cette sdeoce* et bientôt il en pouvait donner des leçons H travaîUa, Mkm la métliode anglaise, à la censtnietion. d*iin vxisBeau qui se trouva mi des meiUesors viriJiers de la mer. L*art^ Thorlogeriet àé^ perfectionné à Lcmdrear, attira son atkentjk)n; il ea connut parfaite /

ment tonte la théoria Le capitaine et ingéniem* Penry, qni le suivit de Londres en Ru»* sie, dit que, depuis la fowtoie de canon»

jusqu^à la âlerie de cordes, il n'y eut aneo» métier qu^ n'observât et auquel il ne Btftfai main toutes les fois qu'il était dans les ate» liens»

On trouva bon, poiur cultiver son amitié,

S[u*il engageât des ouvriers comme il avait '

ait en Hollande; mata, outre les artisans, il eut ce qu'il n'aurait pas trouvé si dsteent à '

Amsterdam, des matbématieienflL, Fergusscm, Eeoflsais, bon géomètre, se mit à son service» Cestluf qui a établi raritfamêtique en Russto' dans les bureaux des flnanees , où Ton ne se *

servait auparavant que de la méthode tartare de compter avec des boules enfilées dans du fil d'arcbaly méthode qui suppléait à Féeritve^ mais embarrassante et fimtive, parce quraprèa; le calcul, on ne peut voir i^ oa s'est trompa Koos n'avons conmi tes chiffes in^ dias dont nous nous servons que par les Arai> *

bes^ aa neuvième siècle; fempire de Russie ne tas a leç» q«e mUtei asB apsè»; (^est le

(Bort de tous les arts : ils ont fait lentement le tour du monde. Deux Jeunes gens de récole des mathématiques accompagnèrent Fergusson; et ce fut le commencement de récole de marine que Pierre établit depuis. Il observait et calculait les éclipses avec Fergusson. L'ingénieur Perry, quoique très mécontent de n^avoir pas été assez récompensé, avoue que Pierre s'était instruit dans Tastronomie : il connaissait bien les mouvements des corps célestes et môme les lois de la gravitation qui les- dirige. Cette force si démontrée, et avant le grand Newton si inconnue, par laquelle toutes les planètes pèsent les unes sur les autres et qui les retient dans leurs orbites, était déjà familière à un souverain de la Russie, tandis qu'ailleurs on se repaissait de tourbillons chimériques, et que, dans la patrie de Galilée, des ignorants ordonnaient à des ignorants de croire la terre immobile.

Perry partit de son côté pour aller travailler à des jonctions de rivières, à des ponts, à des écluses. Le plan du czar était de faire communiquer par des canaux TOcéan, la mer Caspienne et la mer Noire.

On ne doit pas omettre que des négociants anglais, à la tête desquels se mit le marquis de Caimarthen, amiral, lui donnèrent quinze mille livres sterling pour obtenir la permission de débiter du tabac en Russie. Le patriarche, par une sévérité mal entendue, avait proscrit cet objet de commerce; TEglise russe défi^dait le taJbac commA un péché.

nerre, mieux instruit et qui parmi tous les changements projetés méditait la réforme de TEglise, introduisit ce commerce dans ses Etats.

Avant que Pierre quittât TÂngleterre, le roi Guillaume lui fit donner le spectacle le plus digne d'un tel hôte , celui d'une batailla navale. On ne se doutait pas alors que le czar en livrerait un jour de véritables contre les Suédois et qu'il remporterait des victoires sur la mer Baltique. Enfin , Guillaume lui fit présent du vaisseau sur lequel il avait coutume de passer en Hollande, nommé le Royal Transport^ aussi bien construit que magnifique. Pierre retourna sur ce vaisseau en Hollande, à la fin de mai 1698. Il amenait avec lui trois capitaines de vaisseau de guerre, vingt-cinq patrons de vaisseau, nommés aussi capitaines, quarante lieutenants, trente pilotes, trente chirurgiens, deux cent cinquante canonniers, et plus de trois cents artisans.

Cette colonie d'hommes habiles en tout genre passa de Hollande à Ârkhangel sur le Royal Transport , et de là fut répandue dans les endroits où leurs services étaient nécessaires. Ceux qui furent engagés à Amsterdam prirent la route de Narva, qui appartenait à la Suède.

> Pendant qu'il faisait ainsi transporter les arts d'Angleterre et de Hollande dans so.n pasrs, les offici»*s qu'il avait envoyés à Rome et en Italie engageaient aussi quelques artistes. Son général Sheremeto, qui était à la tête de son ambassade en Italie, allait de Rome à

flapleB» à VesAséf k Malte, et le coar pan»* yfkasa» avec les uiirea ani3a«9adeankr fi z.vtàt h volv la diBCipliiie guerriôre à» Allemand «)rès \eâ flottes anglaises et les ateliers de HOllaoda La politlqoî» avait encofe antast de pHrt an tome que rinstnRliioiu L'eatpereiir étiit rallié néeesKiire éa czar etatarè las Turcs. Pierre Tiii Léopeld iottDgaito. Lesdewc nonarques s^enttetbireitt debouÉ^ pMcr éviter les enbarrat» du cérémoniaL

11 n'y eol tien de marqué tew ton s^anrà Vimae que randenne ftte de Thôte et ût l'hôtesse^ q«e Léopold renouvela pour lui, et qot n'avait point été en usage pendant son r^e. Cette fôte, qui se nomme Wlrthschallt, se célèbre de cette manière : retnpertur est rhôtelier, l'impératrice rhOtteUère; le roi des Romains, les arcUdues^ les ardiidiiciiessesflMit d'ordinaire les aides, et reçoivinik dans l'hôtellerie tonteslesnatiofls vétnes à laplvi anoiemse mode de leur pays ; cenx qui sont appelés k la iête tirent au sort des biUets. Soir ekactin est écrit le nom de la natioo et de la condition qu'on doit représenten. Vim a tm MM de mandarin cIiIdoIs, Taxitre de mina tartara^ de satrapei persan ou û» sénateur romaÉa ; une prineesœ tire un billet de^ jardiulève on de laitière ; un prince est paysan ou soldat» On forme ées danses* convenanes à tons ces caractèoresL L'hâte, Ifhôtesse et ta famme servait à tabler Telle est l' ancie n ne instttsh tien* : nuds dam cette occasion, le roi des

Kamiflcrfb d6 l^étejrabouiK '6f ôéhe Ftm.

Romrins» Joseph et la comtesse de Traun ne* prés^tèr^it les anciens Ëgyptiens; Tarohl* dac Ghades et la comtesse de Walstein figo raient les Flamands da temps de Charles* Qobit Uarohidnchesse Marle^lisaheth et H comte de Trau& étaient en Tartares ; Tarchidaobesse Jos^hine, ayec le comte de Yorida, étaient à la persane; Tarohiduchesse lAiu* rianne et le prince Maxhnlilai de Hanovre, en paysans de la Nord-flollande. Pierre »*habllla en paysan de Frise, et on ne lui adressa la parole qu*en cette qtnlité, en hii pariant tovgonire du grand ezar de Russie. Ce sont de très petiteB particularités ; mais ce qui ni^ peQe les anciennes mœurs peut à queftqwes égards mériter qu*on en parle.

Piorre était près de partir de Vienne ponr aller achever de slnstrulre à Valise, iorsqu^U eut la nouvelle d*une révolte qirî tronfolaf t ces Etats*

X. — Goii]iiration punie. — Milice des strélitz aboUa. — Changements dans les mœurs, daiis TEtat et dans nsi^lse.

n wrait pourvu à tout en partant, et mène aux tnoyeus de r^>r!mer une réMll<Hi. €e qu^ faisait de grand et d*utlle pour son piq^s nit la «anse imtoe de cette révohe.

De vfeux boyards, à qvd lesandemies coutumes toient chères, des prêtres ft qui les nouvéBes paraissaient des sacrilèges, commencèrent les troubles. L'ancien parti de la princesse Sophie se réveiHa. Une de ses

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sœurs, dit-on, renfermée avec elle dans le même mottastère, ne servit pas peu à exciter les. esprits : on représentait de tous côtés combien il était à craindre que des étrangers ne vinssent instruire la nation ^ Enfin» qui le croirait? la permission que le czar avait jlonnée de vendre du tabac dans son empire, malgré le clergé, fut un des grands motife des séditieux. La superstition, qui dans toute la terre est un fléau si funeste et si cher aux peuples, passa du peuple russe aux strélitz répandus sur les frontières de la Lithuanie : ils s^assemblèrent ; ils marchèrent vers Moscou, dans le dessein de mettre Sophie sur le trône et de fermer le retouc à un czar qui avait violé les usages en osant s'instruire chez les étrangers. Le corps commandé par Shein et par Gordon, mieux discipliné qu'eux, les battit à quinze lieues de Moscou; mais cette supériorité d'un général étranger sur Tan-* cienne milice, dans laquelle plusieurs bourgeois de Moscou étaient enrôles, irrita encore la nation.

Pour étouffer ces troubles, le czar part secrètement de Vienne, passe par la Pologne, voit incognito le roi Auguste, avec lequel il prend déjàdesmesures pour s'agrandir du côté delà mer E&ltique. Il arrive enfin à Moscou, et surprend tout le monde par sa présence : il récompense les troupes qui ont vaincu les strélitz : les prisons étaient pleines de ces malheureux. Si leur crime était grand, le

' iManoscritsdeLeFort.

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châtiment le fut aussi. Leurs chefs, plusieun 7.

officiers et quelques prêtres , ftirent condamnés à la mort i; quelques-uns furent roués, ( deuxfemmes enterrées vives. On pendit autour ^ \ des murailles de la ville, et on fit périr dans i. d'autres» «supplices deux mille strélitz*; leurs \ corps restèrent deux jours exposés sur les * ', grands chemiQS, et surtout autour du menas- i tère où résidaient les princesses Sophie et ^' Eudoxe. On érigea des colonnes de pierre où le crime et le châtiment furent gravés. Un très grand nombre qui avaient leurs femmes v et leurs enfants à Moscou furent dispersés avec leur famille dans la Sibérie, dans le , * \ royaume d'Astracan, dans le pays d'Azof : f par là du moins leur punition fut utile à TE- "^ tat ; ils servirent à défricher et à peupler des terres qui manquaient d'habitants et de cul-, ^ ture.

Peut-être si le czar n*ayait pas eu besoin d'un ei^emple terrible, il eût fait travailler aux ouvrages publics une partie des strélitz qu'il fit exécuter, et qui furent perdus pour lui et pour TEtat, la vie des hommes devant être comptée pour beaucoup, surtout dans un pays où la population demandait tous les soins d'un législateur ; mais il crut devoir étonner et subjuguer pour jamais Tesprit de la nation par l'appareil et par la multitude des supplices. Le corps entier des strélitz, qu'aucun de

* Hémoires da capitaine et ingénieur Perri, employé i§ Russie par Pierre le Grand. Mannscrits de Le Fort Manuscrits de Le Fort.

«es prédéoesseurs ii*»arait osé seulemeat dfmi&uer, fat cassé à perpétuité, et leur nom il»oti. Ge grand changement se fit sans la BBOtodre fésfetamee, parce qn^ afait été pr^ pué. Le sultan des Tnros, Osman, comme on Ta d^ !!«margué. Ait déposé danft le même iiiècle et égorge, ponr avoir laissé seulement soupçonner aux janiswires qu'il voulait diml* Quer leur nombre. Pierre eut pins de bonfaem*, aérant mieux pris ses mesureSi U ne resta de toute cettegraade milice des stréliti ^e quelques faibles régf ments qui n'^étaiSiA ^us dmgereux, et qui cependant, consenrant encore leur ancien ei^.t, se révoltèrent dans Âstracaa en 17#5, mais larent bientôt p6* primés.

Autant Kerre avait déployé de sévérité dans cette aifaSre d*£tat, autant H montra d^humarnité quand il perdit, quelque temps après, son Hym Le Fort, qui mourut d'une mort prémaJturée, à fà^ de quarante-six ans. fl Pho^ nora d'une pompe funèbre telle qu*on mi ttât aux grands sourârains. U assista lui-mAme aa «onvoi une pique à la main, marchant après î» capitaines au rmg de lieutenant qu*fl

«ralt pris dans le grand régtaent du génâaU enseignant èla ibis àea noMease à respecter le mérite et les grades mfUtalres.

On connut, après la mort de LeFeitt^que Im ««Rangements préparés dans l'Etat ne venatoBIt pas de lui, mais du czar. n s'était confirmé 4ans ses projets par les conversations avec Le Flirt; mais U les aviidt (tous conçus^ tf Jl im exécuta sans luL

DteOB'UMt détruit bu atrÉlili, U ébtUtt des ré^Beots réguli«n snr le iMdèie ail*nuDd ; Ils enrent des habits coaiis et vmtfonaee. w Uea deeas Jaquettw iaeommaàa* dont llB étaient vëtM uipanmit: l'esareiee tatjimTégailm.

Les gardes I^iéiibuloaki étakntt ùtsk fotméfti ce ii«m leur veiwH d» eelt« i>puiiëre ootagafs^ de ciDquHtto boraiMB qttdie czar, JeoB» encttte, ftvalt eiereée duo» la ratraita de Préobviiidci, do ten^ que h sosar SolAle gonvenutt l'Etat; et t'antre régiment àm gardes était aosal étaUJ.

CoBime U avait pana hd-méne par )«i ptos bsB gradea aiiatiirefl. U TOolut qM le» Us d« Ee» b^arde et d> ses knto cowneitçaBsaie par 6tr« loldato arrant d'être affielcff&. D en mit d'anbw anr la flatte ft Véronte et van AaoJ, et H fallut qii'lla fiaKOt ïavçÊvaOf- 8w d^nat^t. Oa n^osait reTMar b.BDiiitttnr qw «ralt donné retcnpte. Les Anglais et Iob HcAandafe trait^afent à mettre cettfr lotte en état, k (XMistniiia des éci«BeB,& étaUir des (duntto^où l'on pOtearàier les vataseanz k Bec«& repreodre le mod onvrage de taJ(Hiatloo dD Tanaïs et an Volga, abandonné par l'Allemand BrakeL Qèe km lee réarmes damr son eonadl d'Etat, duis les flnaneea, dans l'E^^Ise, dans la aoclété laftma, fÉreoteom^

Les ftnancee étidentà pen prèssdmlolaMaii - i en Tuiquia. Chaîne boyard p^att

— lie —

pour ses receveurs des bourgeois, des bourg* mestres, qui n'étaient pas assez puissants pour s'arroger le droit de ne payer au trésor public que ce quMls voudraient Cette nouvelle administration des finances fut ce qui lui coûta le plus de peine; il fallut essayer de plus d'une méthode avant de se fixer.

La réforme dans TÉglise, qu'on croit partout difficile et dangereuse, ne le fut point pour lui. Les patriarches avaient quelquefois combattu Tautorité du trône, ainsi que les strélitz: Nîcon,avec audace; Joachim, un des successeurs de Nicon, avec souplesse. Les évêques s'étaient arrogé le droit du glaive, celui de condamner à des peines affiictives et à la mort, droit contraire à l'esprit de la religion et au gouvernement: cette usurpation ancienne leur fut ôtée. Le patriarche Adrien étant mort à la fin du siècle, Pierre déclara qu'il n'y en aurait plus. Cette dignité fut entièrement abolie : les grands biens affectés au patriarcat, furent réunis aux finances publiques, qui en avaient besoin. Si le czar ne se fit pas chef de l'Eglise russe, comme les rois de la Grande-Bretagne le sont de l'Eglise anglicane, il en fut en effet le maître absolu, parce que les synodes n'osaient ni désobéir à un souverain despotique, ni disputer contre un prince plus éclairé qu'eux.

Il ne faut que jeter les yeux sur le préambule de l'édit de ses règlements ecclésiastiques, donné en 1721, pour voir qu'il agissait en l^islateur et en maître: «Nous nous croirions coupable d'ingratitude envont le Très-

Haut sf , après avoir réfoimé l'ordre militaire et leci\il, nous négligions Tordre spirituel, etc. A ces causes, suivant Texemple des plus anciens rois dont la piété est célèbre, nous avons pris sur nous le soin de donner de bons règlements au clergé. » Il est vrai qu'il établit un synode pour faire exécuter ses lois ecclésiastiques ; mais les membres du synode devaient commencer leur ministère par un serment dont lui-même avait écrit et signé la formule ; ce serment était celui de Tobéissance, en voici les termes : « Je jure d'être fidèle et obéissant serviteur et sijget à mon naturel et véritable souverain, aux augustes successeurs qu'il lui plaira de nommer, en vertu du pouvoir incontestable qu'il en a. Je reconnais qu'il est le juge suprême de ce collège spirituel ; je jure, par le Dieu qui voit tout, que j'entends et que j'explique ce serment dans toute la force et le sens que les paroles présentent à ceux qui le lisent ou qui récoutent » Ce serment est encore plus fort que celui de suprématie en Angleterre.

Le monarque russe n'était pas, à la vérité, un des pères du sjmode, mais il dictait leurs lois ; il ne touchait point à Tencensoir, mais il dirigeait les mains qui le portaient

En attendant ce grand ouvrage, il crut que dans ses Etats, qui avaient besoin d'être peuplés, le célibat des moines était contraire à la nature et au bien public L'ancien usage de l'Eglise russe est que les prêtres séculiers se marient au moins une fois ; ils y sont même obligés, et autrefois» quand ils avaient

~ us ---

très: mufs mie mzltîtirà» de jeiui68 gens et de JetnMB ftlîea» qui font tcbu dans un elof tro cTêtra iiratile9 et de vivre tux détiens d'an* tnif , M parut dangereuse x 11 ardoaaa %a*OA D^eatreralt daos leer olottre» qu'à eii^paate. ans, e'iest^-dlre dm» ud ftge où cette tenta*tiOB Bf prend presque jamids, et il défendit qtt*on y reçût à quelqne âge ^m ee fût ua hemmè revêtu d^un empM puibMe.

Ce règleai^t a été aboAi depuie lul« IcMrar* gu^on a cru devoir plus de condeseendance aux monastères; mais pour la dignité de p»' trfardie, elle n'a jamaisété rétabiley les graaik revemii» du patriarcat ayant été> employés aa payement des troiipe&

Ces^ changeiBents excitèrent d'abord quel»

qoes Bmrmures;: un prôtre écrivit que Pierre était r Antechriid;» parce qa*û ne voulut point, de pati*iarcbe ; et Fart de Timprimerie^ 4^m le csar encourageait^ servit à faire imprimer ocmtre lui des libdkis; mais aussi un autre ptÉtre répondit que ce prince ne pouvait être FAntechrlsty parce que le nonbre de 666 nei se trouvait pt» dans son noia et q^il n*ar^ vait point le 8%ne de la b^& Les pkiinte»

farent bientôt réprimées. Pime,. ^ ett&b, dotma bien pins & son Eglise qu'il ne lui ûta, car II rencUt peu ft peu le clergé ^us rég»^ Her et pk» savant» E a fondé àMoseou trois Mléges, oft l'en a|»prend les langues et où; cmx, qui se destinaient k ïm prêtrise étaient oMigés d*éftudîer«

Une de^rélovmes les pies néoesaairai était

rabolâtoa ou dn nofng VddofwAasemsm de

qofktiB gnmds ctrôntes, «nci^ assijjettûss^ y

ment de TËglise ^i^cqae, aussi perafcienx «>

Sv ceagoi i]ul trsyaâlent aux ouvrag68 pu-' C8i« et «ortout pour les soldats, que le M rMdeime superstitioii des jnify de ne point combattra le jour du sabbat. Aussi, le ezar dlflpensa-i-il au mohis ses troupes et ses ou- ^

vriara de eas caiâmes, dans lesquels d'aiUemps, «ïla^était pas permis de manger, il était dVisa^^ede s^enJhrrer. Il les dispensa mêmede Habstifnence les jours maigres : les aumôniers de yaisseaa et de régiment furent obligés d*en donner Tezemple et le donnèrwt sans lépn-

Le ealendriw était un oljet important L^amiéefet antrefois réglée, dans tous les pays 4b la terre, par les cAiefii de la reli^on, nonseulement & cause des fêtes, mais parce que «nciennement Tastronomie n'était guère oonane wm des prêtres. L'aimée commençait au Bremier de septembre diee les Russes ; il ordonna ^lue désormais raaanée commencerait au premier de janvier, comme dans notre Bufff»e. Ce ehangement fut iniJHqué pour FanaûB 11<«0 à rio«?erture du siècle, qu'il <flt célébrer par an jabiié at par de grandes solanaités. La pop«daee admirait comment le aiar avait pu cliaager le cours du soleiL Qortques obstinés, persuadés que Dieu avait créé le monde en septembre, continuèreat leur anaien s^;m»is 11 changea dans les tmreaiix, dans les lâmncelleries, et bientôt daof 4aat Templre. Pierre n*adoptoit pas le

calendrier grégorien, que les mathématlclenfl anglais rejetaient et quMl faudra bien un Jour recevoir dans tous les pays.

Depuis le cinquième siècle, temps auquel on avait connu Tusage des lettres, on écrivait sur des rouleaux, soit d'écorce , soit de parchemin, et ensuite sur du papier. Le czar fut obligé de donner un édit par lequel il était ordonné de n'écrire que selon notre usage.

La réforme s'étendit à tout Les mariages se faisaient auparavant con9me dans la Turquie et dans la Perse, où Ton ne voit celle qu'on épouse que lorsque le contrat est signé, et qu'on ne peut plus s'en dédire. Cet usage est bon chez des peuples où la polygamie est établie et où les femmes sont renfermées; il est mauvais pour les pays où Ton est réduit à une femme et où le divorce est rare.

Le czar voulut accoutumer sa nation aux mœurs et aux coutumes des nations chez lesquelles il avait voyagé, et dont il avait tiré tous les maîtres qui instruisaient alors la sienne.

. Il était utile que les Russes ne fussent point vêtus d'une autre manière que ceux qui leur enseignaient les arts, la haine contre les étrangers étant trop naturelle aux hommes et trop entretenue par la différence des vêtements. L'habit de cérémor\e, qui tenait alors du polonais, du tartare et de l'ancien hongrois, était, comme on Ta dit, très noble; mais l'habit dest bourgeois et du bas peuple ressemblait à ces Jaquettes plissées vers la

ceinture, qu^on donne encore à certains paa- "vres dans quelques-uns de nos hôpitaux. En général, la robe fut autrefois le vêtement de toutes les nations; ce vêtement demandait moins de façon et moins d'art : on laissait . troitre sa barbe par la même raison. Le czar B^eut pas de peine à introduire Tliabit de nos nations et la coutume de se raser à sa cour ; mais le peuple fut plus difficile : on fut obligé d'imposer une taxe sur les habits longs et sur les barbes. On suspendait aux portes de la ville des modèles de justaucorps : on coupait les robes et les barbes à qui ne voulait pas payer. Tout cela s'exécutait gaiement, et cette gaieté même prévint les séditions.

L'attention de tous les législateurs fut toujours de rendre les hommes sociables ; mais Eour l'être, ce n'est pas assez d'être rassemlés dans une ville, il faut se communiquer avec politesse : cette communication adoucit partout les amertumes de la vie. Le czar iur troûmsitlea assemblées, en italien ridottû mot que les gai^tiers ont traduit par le terme impropre de redoutes. Il fit inviter à ces assemblées les dames avec leurs filles, habillées & ia mode des nations méridionales de l'Europe; il donna même des règlements pour ces petites fêtes de société. Ainsi, jusqu'à la civilité de ses sigets, tout fut son ouvrage et celui du temps.

Pour mieux faire goûter ces innovations, il abolît le mot de golut^ esclave, dont les Russes se servaient quand ils voulaient parler aux czars» et quand ils présentaient des requêtes :

— lit —

tt Oi^doima qo^on se servtt dti biôI ûa roâd^ lùtA signifie 9ujeL Ce changement n^ôta ries & Irobéiasanee, et devait coneiHer VdffeefÊOiL Chaque mois voyait un êtaWssement on «ar f cbangement ncmveau. B porta Tattention JtUH q«i'à faire placer sur le chemin de Moscou ft VtBronèje des poteam peints qnl sereafènt 1I9 cohHifies millaireB de vearste en verste, o^SEit** à-dire à la distance de sept cent ehicftianteF pas, et fit conslniire des espèces de cantvan-' séraita de vingt verstes en vingt verstes»

En étendant ainsi ses soins sur le peuple, snr les marchands, snr les voyageims, fl voulat mettre q«dque pompe dans sa cour, hal»*» sant le faste dans sa personne, et le croyant nécessaire aux antres* Il institua flt^rdre de Saint-André S à limitation de câv ordres dont tontes les coura de l^ort^pe sont rempllea GoUowin, successeur de Le Fort dans ladignfté de grand amiral, fut le premier diev^a^r de cet ordre. On regarda rhonneur d> êtm admis comme une grande récompenses C'est un avertissement qu'on porte sur so! d'ôtn» res^ peecé par le peupto ; cette marque dlbonneur' ne cofite rien à un souvarafai, et flatte Ta» mour-propre d'un 8«(|et, s^ns le rendre^ ptdchsant

Tant d*fainovatiOtt9 utiles étalent reçues avec applaudissement de la plus saine partie de la nation, et les plaintes de» parfisam»

dies anciennes mœurs étalent étouffées par

y la i^iimlm «simu ûa sait toaltfon la aouvaaa style.

les acclamations des bommes raisomialÉai^ pOTidant que Pierre commençaH; cette ertetlon dans Tintérfear de ses Etats» vaut t»è¥6 ayaBt2^;eQse avec fen^ire tore le mettirft et liberté d'étendre «es frontières d'un autre c^ té. Xnstaplia IT, Taincn par le prince Bngàiie à la bataille de Zenta, en 1697, ayant perte la Iforée conqnîse par les Yénitiens, «t n'ayant pn défendre Azof, fut cfblîgé de ftire la paix arec tous ses vainqueurs : elle M; conclue à €arlowitz, entre Petervaradîn et 6«lankemen, lieux devenus célèbres par ses ilé^ faites. Témisvar fut la borne des possessioaa allemandes et des domaines ottomans. Kaminlecl; fut rendu aux Bolonais; la Morée H quelqnes villes de ht Dahnatle, prises par lea vénMeQS»leur restèrent pour quelque tempe; et Pierre 1^' demeura maître d^Azof et de

SaeOiqueB forts construits dans les en\1roii& n'était guère possfMe au czar des^agranâir du côté Ses Turcs, dont les forces, aupara^ Tant divisées et maintenant réunies, seraient tombées sur luL Sesproîets de marine étaient trop grands pour les PaîushMéotides. Les ^tabllsBcments çur la mer Caspienne ne comportaient pas une ilotte guerrière ; il tourna donc ses desseins vers là mer Baltique, «ans abandonner la marine du Tanaîset du ¥élga.

Xl.«-eatt«B OMiw U Siiè(lt.ftBtaille da nopra.

n «*cmvratt abus une ^-ande scène tmi Im AnfciànBdIa la Suède. Dne des princifialtt causes de toutes les vévolotfens qiâ wnh^

rent de rîngrîe jusqu'à Dresde, et qui désolèrent tant d'Ëtats pendant dix-huit années, fut Tabus du pouvoir suprême dans Charles XI, roi de Suède, père de Charles XIL On ne peut trop répéter ce fait; il importe à tous les trônes et à tous les peuples. Presque toute la Livonie avec TEsthonie entière avait été abandonnée par la Pologne au roi de Suède Charles XI, qui succéda à Charles X, précisément pendant le traité d'Oliva : elle fut cédée, comme c'est l'usage, sous la réserve de tous ses privilèges. Charles XI les respecta peu. Jean Reginold Patkul, gentîhomme livonien, vint à Stockholm, en 1692, à la tête de six députés de la province, porter au pied du trOne des plaintes respectueuses et fortes * : pour toute réponse on mit les six députés en prison, et on condamna Patkul à perdre V honneur et la vie : il ne perdit ni Tun ni l'autre; il s'évada, et resta quelque temps dans le pays de Vaud, en Suisse. Lorsque depuis il apprit qu'Auguste, électeur de Saxe, avait promis, à son avènement au trène de Pologne, de recouvrer les provinces arrachées au royaume, il courut a Dresde représenter la facilité de reprendre la Livonie, et de se venger, sur un roi de dix-sept ans, des conquêtes de ses ancêtres.

^ Norherg, chapelain et confesseur de Charles XII, dit dans ion Histoire, «qn'it eut rinsolenoe de se plaindre des vexations , et qu'on le condamna & perdre l'honneur et la vie. « C'est parler en prôtre de despo» tisme. U eftt dû savoir qu'on ne peut dter l'honneur • ~~ citoyen qui fait son devoir.

DaBS le môme temps, le czar Pierre pensait & se saisir de ringrie et de la Garélie. Les Russes avaient autrefois possédé ces provinces. Les Suédois s'en étaient emparés par le droit de h guerre, dans le temps des faux Démétrius : ils les avaient conservées par des traités. Une nouvelle guerre et de nouveaux traités pouvaient les donner à la Russie. Patkul alla de Dresde à Moscou ; et animant deux monarques à sa propre vengeance, il cimenta leur union, et nàta leurs préparatifs pour saisir tout ce qui est à Torient et au midi de la Finlande.

Précisément dans le même temps, le nonveau roi de Danemark, Frédéric lY, se liguait avec le czar et le roi de Pologne contre le ieune Charles, qui semblait devoir succomber. Patkul eut la satisfaction d'assiéger les Suédois dans Riga, capitale de la Livonie, et de presser le si^e en qualité de général major.

Le czar fit marcher environ soixante mille hommes vers ringrie. Il est vrai que dans cette grande armée il n*y avait guère que douze mille soldats bien aguerris qu'ii avait disciplinés lui-môme, tels que ses deux régiments des gardes et qudques autres ; le reste était des milices mal armées ; il y avait quel* quee Cosaques et des Tartares circassiens; mais n traînait après lui cent quarante-cinq pièces de canon. Il mit le siège devant Narva^ petite ville en Ingrie, qui a un port com* mode, et il était très vraisemblable que la place serait bientôt emportée.

Donte VEmKfp& sitt twooÉneat C3iarte8 XII, n'ayant iMkS (Mt-huit ans «eeomplis, tlla aftta- 4ps9t touB oes «DB601Î8 I'qii après rantre» deeh eendili doBu le Danemark, finit la goerre de fianenark aa moins de sÈc semaines; envoya du BBCDWPS à iïiga, en ût iev^r le siège, ert: mnte anx Busses denuit DVanra, su milfea des glaoea» au mois ^de novembre.

La caar, comptant sur la pite de Ift ville, était jttéÀ Nowigorod, avienant «^«e M son ûwrori flenz&off, alors iîeutenant dans la compsi^e des bombardiers éa régiment Préobtbzinsky, devenu depuis feld-maréchal et prince, faDMme dont la alngalière fortune mérite «u'mi en parie allleuns avee pltis d'étendue

Ri0Rie laissa 45on armée et ses Instruolâons pour ie 'riége a«prhice de Grcflf, originaire de tlajidre, qui d^wiîs peu était passé à son eer- Yioe"*- Le f>rinoe Dolgoroukl fat le eommSssaire de l'arméa La jalousie entre ces deux tbttbf >et l*a3}Beace du esar, lureait en partie eanie 40 la déâdte inouïe de ïlarva. CbarkssXH nyant àébmfOLé à Peraau, tm livonle, aiwc ses trovpes, au mois d*ootol>re, iTavance au aoid à Revel, défait dans ees quartierB un eoifs «ranoé éta Russtij. Il mardie,'et enlwt encore un «ulre. Les lujwrds ratoureent «u ornsp ëennt Jtawa,. et jr portent f^épouvaiMu Upendaait «m étnit dq^ w mois de novembte» flarva, «pmlmie mai assiégée, était prè» de«a rendre^ Le gemie vol de Suède n'avait

Voyez VHitiùiH de tktaiieê JTdT.

pw alors avec M neuf ntUie boMuras^ «t s»

pouvait opposer que dix i^èees â^artilkuriei^ oeniquaramte^cinq eano&s^ dcmt les retraBr»

(âiQBients des Russes étaient bordés. Toaie»

les reliions de ce ten^M-lÀt tous les histo* riens sans eieeptifùB^ ibnt monta* Faméerusse Jevant Ilerva i qoatr&'rùigt mille combattanlBi Les mémoires qu^on m'a fait temr disent soixante, d'antres, quarante mflle; quoi qu'il en soit,, il est cortain que Gharle» n'en atait pas neuf mille, et que cette Joui^ née est une de celles qui proorent que l»

grandes victoires ont souyunt été renumrtéetf par le plus petit nombre depuis la batidlle (TArbelles*

Gibarlea ne balança pas à attaquer, avee sa petite troupe, cette armée si supérieure; et,, profitant d*un voit viotent et d'une grosse neige que ce vent portait eoutre les Rxisses,. H fondit dans leurs retranchements, à Tàide de quelques frièces de canon avaDtageusemeaft postées. Les Russes n'eurent pas le temps de se» reconnaître au milieu de ce nuage de neige qui leur donnait au visage, foucteogréa par les canons qu'ils ne venaient pas, et n'i- BMf^nant poini quel petit nomJore ils avalent àeoBri)attreb

Le dnc de drot voulut dônnet désordres, et te prince DolgoroukI ne voidut pas les re^* œvoir. Les officiers russes se soulèvent con* tre les ofûclem afiemands: ils massacrent le secrétaiire du dne^ le colomrt Lyon^ et plu* sieum autres» OueuB quitte 8(m poste; le tu* , ■ulle,.la emifusk>ni la terreur iMinique». se

répandent dans toute Tarmée. Les troupes suédoises n^eurent alors à tuer que des hommes qui fuyaient. Les uns courent se jeter dans la rivière de Narva, et une foule de soldats y fut aoyée ; les autres abandonnaient leurs armes et se mettaient à genoux devant les Suédois. Le duc de Groï, le général AUard, les officiers allemands, .qui «raignaient plus les Russes soulevés contre eux que les Sué^ dois, vinrent se rendre au comte Steinbock ; le roi de Suède, maître de toute Tartillerie, voit trente mille vaincus à ses pieds, jetant les armes, défilant devant lui nu-tête. Le knès Dolgorouki et tous les autres généraux moscovites se rendent à lui comme les généraux allemands ; et ce ne fut qu'après s'être rendus quMls apprirent qu'ils avaient été vaincus par huit mille hommes. Parmi les prisonniers se trouva le fils du roi de Géorgie, qui fut envoyé à Stockholm; on l'appelait Mitdleski, czarowitz, fils du czar : ce qui est une nouvelle preuve que ce titre de czar ou tzar ne tirait point son origine des césars romains.

^ Du côté de Charles XII il n'y eut guère que douze cents soldats de tués dans cette bataille. Le journal du czar, qu'on m'a envoyé de Pétersbota*g, dit qu'en comptant les soldats qui périrent au siège de Narva et dans la bataille, et qui se noyèrent dans leur fuite, on ne perdit que six mille hommes. L'indiscipline et la terreur firent donc tout dans cette journée.

Les prisonniers de guerre étaient quatre fois plus nombreux que les vainqueurs ; et» si on

en croit Norberg s le comte Piper, qui fut depuis prisonnier des Russes, leur reprocha qu'à cette bataille le nombre des prisonniers avait excédé huit fois celui de l'armée suédoise. 3i ce fait était vrai, les Suédois auraient' fait soixante-douze mille prisonniers. On voit \ par là combien il est rare d'être instruit des détails. Ce qui est incontestable et sin^lier, c'est que le roi de Suède pejrmit à la moitié dos soldats russes de s'en retourner désarmés, et à l'autre moitié de passer la rivière avec leurs armes. Cette étrange confiance rendit au czar des troupes qui, étant enfin disciplinées, devinrent redoutables V

Tous les avantages qu'on peut tirer d'une bataille gagnée, Charles XII les eut : magasins immenses, bateaux de transport chargés de (M^visions, postes évacués ou pris, tout le pays à ia discrétion des Suédois; voilà quel fut le firuît de la victoire. Narva délivrée, les débris des Russes ne se montrant pas, toute );& contrée ouverte Jusqu'à Pleslcou , le czar parut sans ressource pour soutenir la guerre; et le roi de Suède, vainqueur en moins d'une année des monarques de Danemark, de Polo* gne et de Russie, fut regardé comme le premier homme de l'Europe, dans un âge où les autres n'osent encore prétendre à la réputa-

1 Page 489, tome premier, édition in-4o, k la Hâve.

• Le chapelain Norbefg prétend qn'aprôB la batailla le Narva le Rrand-torc écrivit aossitôt une lettre d« £Ucitatioii aa roi de Suéde, en ces termes : Le sultan boisay par la grâee de ùieu^ au roi CharUê llh «te. La lettre est datée de Père de la création da monde.

tioii. Mais Pierre, qui dans Bcm oitfaofcère « vaft «ne constance in^nranlabley ne fkt découn^ dans aacun de ses projiets.

Un évéque de Russie composa une prière ' % saint Nicolas, au sujet de cette défaite ; <m la récita dans Im Russie. Cette pièce, qui fait Toir l'esprit dm temps et de quel^ ignorance Pierre a tiré son pays, disait que les enragés et épouTantablesSuédoisétaient des sorciers; on s*7 plaignait d'avoir été abandonné par saint Nicolas. Lesévéques russes d*aii4oiu> dluii n'écriraient pas de pareilles pièces ; et» sans faire tort à saint NiooiaB> on s'aperçut bientôt que c'était à Piene qu'il fSallait s'a* dresser.

xn. — Kêssoannii après la MUafil» de Narta; M dé^ nstre entièrtmem réparé. •*-'6oDqpâl6 de Pioan ifa«près de Narva iaÂBie.-''âes trayajuL dans loa eoiDlra —La peraonne gai fat depols impératrice, prise oans le MO d*iuie vil». — Saoeès de nene; son triomitlie ilfOBcom *.

Le esar, ayant qaitt6 son «nuée é^nxA Nurva» sorla fin de noipeiAbm 1700, pcmr se ceneertsr avec le nol de Pologifee, a|^Mit m chemin la Tieloira des Suédois. Sa constance était aussi iaélNnuikAiIe que la indcnr de GhailQs XU était isMpide «t opintttre. dlf-

i de estliapilaiéerdatttlaiatQMtrt dw leanunz^ei dninèoBs de ee temps-là, efc se inatw dans rflùlio^ d$ (MorUiJa, roi â$ suède.

%T\sê tout entier, ainsi (pie les soïtraMs, daloitnuU delPlette le Giand,eaTo}é di Meorara»

léra ses conférences avec Augnstet pour porter un prompt remède au désordre dë« affaires. Les troupes dispersées S9 rendirraii & la C^ande-Kofogorod, et« de là» à Plei^u» . •ur ]e lac Peipus.

G*était beaucoup de se teoir sur la défen* sire après un si rude échec : « Je sais bien^ Âsait-il, que les Suédois seront longtemps su» périenrs, mais efi^n Ils nous apprendront à lesTSiftere. »

Piare, après avoir pourvu aux premiera besoins, après avoir ordonné partout des 1^ vées» court à Moscou faire fendre du canon»

n avait perdu tout le sien devant Narra ; on manquut de bronze, il iH*end les cloches ûm élises et des monastères. Ce trait ne mai^ qnait pas de superstition, mais aussi il ne marquait pas dimpiété. On foèrlque doue av^ec â»& cloches cent gros canons, cent quarante»

trois pièces de campagne, depuis trois Jusqu'à six livres de balle, des mortiers, des obus; il les envcHO à Pleskou. Dans d'autres pays, un ehc^ ordonne, et on eiécute; miris alors il ftdlait que le czar fît tout par hd* même. Tandis qu'il hâte ces préparatiils, il négocie avec le roi de Danemark, qui s'engage à lui fburair trois régiments de pied et trois de cavalerie; engagement que ce roi n'osa remplir.

A peine ce traité est^fl sli^é^ q«*fl revoie vers le théâtre de la guerre : il va trouver le roî Auguste & Binan, sur les lh>ntière9 de Gouriande et de Lithuanie. Q fiHalt fortiier ee prince dans la résolution 4e seuteiyrla

guerre contrei Charles XII ; il fallait engager U diète polonaise dans cette guerre. On sait assez qu un roi de Pologne n'est que le chel dune république. Le czar avait Tavantage d'être toigours obéi; mais un roi Ue Pologne, un roi d'Angleterre, et aigourd'hui un roi de Suèden négocient toujours avec leurs sujets.

Patkui et les Polonais partisans de leur roi assistèrent à ces conférences. Pierre promit des subsides et vingt mille soldats. La Livonie devait être rendue à la Pologne, en cas que la diète voulût s'unir à son roi et Faider à recouvrer cette province ; mais les propositions du czar firent moins d'effet sur la diète que la crainte. Les Polonais redoutaient à la fois de se voir gênés par les Saxons et par les Russes, et ils redoutaient encore plus Qiarles XII. Ainsi, le plus nombreux parti conclut à ne point servir son roi, et à ne point combattre.

Les partisans du roi de Pologne s'animèrent contre la faction contraire ; et enfin, de ce qu'Auguste avait voulu rendre à la Pologne une grande province, il en résulta dans ce royaume une guerre civile.

Pierre n'avait donc dans le roi Auguste qu^un allié peu puissant, et dans les troupes saxonnes quNm faible secours. La crainte qulnspirait partout Charles XII réduisait Pierre à ne se soutenir que par ses propres forces.

Ayant couru de Moscou en Courlande pour 8*aboucher avec Auguste, il revole de Cour« lande à Moscou pour hftter Taccomplissement

de ses promesses. Il fait en effet marcher le

grince Repnin avec quatre mille hommes vem liga, sur les bords de la Duna, où les Saxons étsdent retranchés.

Cette terreur commune augmenta quand Charles, passant la Duna malgré les Saxons campés avantageusement sur le bord opposé, eut remporté une victoire complète ; quand, sans attendre un moment, il eut soumis la Courlande, qu^on le vit avancer en Lithuanie, et que la faction polonaise, ennemie d'Auguste, fut encouragée par le vainqueur.

Pierre n'en suivit pas moins tous ses desseins. Le général Patkul, qui avait été Tàme des conférences de Birzen, et qui avait passé à son service , lui fournissait des officiera allemands, disciplinait ses troupes, et lui tenait lieu du général Le Fort; il perfectionnait ce que Tautre avait commencé. Le czar fournissait des relais à tous les officiers et même aux soldats allemands, ou livoniens, ou polonais, qui venaient servir dans ses armées ; il entrait dans les détails de leur armure» de leur habillement, de leur subsistance.

Aux confins de laLivonie et de TEsthonie, et à Toccident de la province de Novogorod, est le grand lac Peipus, qui reçoit du midi de la Livonie la rivière Vélika, et duquel sort au septentrion la rivière de Naiova qui baigne les murs de cette ville de Narva, près de la-

Sielle les Suédois avaient remporté leur cébre victoire. Ce lac a trente de nos lieues communes de long; tantôt douze, tantôt quinie de large : il était nécessaire d*; entre-

tenir une fl<ytte pour empêcher leer vatanam suédois dlnsntter la province de Norogoiod, ponr être à portée d^entrer aur leurs oOtes, mais surtout pour former des msteiota. Kene»

pendant toute Tannée I7#i , fit oonstroire sur ce lac cent d^oii-galères, qui p<Nrtaient enTiron cinquante hommes chacune; d^autres bar- <rees furent armées en guerre sur le lac Ladoga. Il dirigea lul-mèrae toius les ouvmgM «t fit manœuvrer ses nouyeaivx mateiots. GeiiK qui avaient été employés, en I697« s&t les Palus-Méotfdes» Tôtairat alors près de la Baltique. Il quittait souvent ses ouvrages pour aller à Moscou et dans ms autres pmrinces affermir toutes les innovattas ccnnmencées et en Mre de nouvellesi

Les princes qui ont employé le loisir de la paix à construire des ouvri^s publics se sont fttit un nom; mais que Pierre, après f infbrtune de Narva, s'occup&t à joindre par des canaux la mer Baltique, ia m^ Caspienne et le Pont-Euxin, il y a là plus do gloire véritable que dans le gain d'une b&caille. Ce fat en 1702 qu'il commença h crhoser ce proiimd c»3al qui va du Tana|& au Volga. ly autres canaux devaient faire communiquer par des lacs le Taqaîs avec la Duna, dont la mer Baltique reçoit les eaux à Riga; mais ce aeeci&d projet était encore fort éloigné, puisque Pierre était bien loin d^avoir Riga en sa puissance.

Charles dévastait la Pologne» et Pierv» faisait venir dé Pologne et de Saxe à M osoou des berg»*s et des brebis pour atveir deslsi»

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