‹ Histoire de l'empire de RussieChapitre 5 sur 15 · MV W · texte numérisé non relu

MV W

Des avec lesquelles oa pût fabriquer de Ixms draps; il établissait des manufactures de lioget des papeteries; on faisait venir par ses ordres des ouvriers en fer, en laiton, des armuriers, des fondeurs; les mines de la Sibérie étaient fouinéés. U trayaillait à enrichir ses Etats et à les défendre.

Charles poursuivait le cours de ses victoires etl^dssait vers les Etats du .czar assez de trooipes pour conserver» À ce qu'il croyait, toutes là possessions de la Suède. Le desselQ était di^ pris de détrôner le roi Auguste et de poursuivre ensuite le exarjnsqu^à Moscou avec ses armes victorieuses.

î! y eut quelques petits combats cette aimée entre les ÎUisses et les Suédois. Ceux-» d ne furent pas tCMiyours supérieurs, et, dans les rencontres mêmes où ils avaient ravaor tage, les Russes s'aguerrissaient Enfin, un an après la bataille de Narva, le czar avait d^à des troupes si bien diseipilnées, qu'elles vainquirent un des meilleurs généraux de Charles.

Pierre était alors & Pleiakou, et de là D envoyait de tous côtés des corps nombreux pour attaquer les Suédois. Ce ne fut point un étrangper, mais un Russe qui les défit. Son général Skeremeêo enleva près de Derpt, sur les frontières de la Livonie , plusieura quartiers au général suédois Slipenbak, par une manouvre babile, et ensuite le battit lui- . même. On igagoa pour la première fois des drapeaax niéaoiâ, au nombre de guatropet c'^étatt beaucoiu) alors.

Les lacs de Peipus et de Ladoga furent quelque temps après les thé&tres de batailles navales ; les Suédois y avaient le même avantage que sur terre, celui de la discipline et d'un long usage ; cependant les Russes combattirent quelquefois avec succès sur leurs demi-galères; et, dans un combat généi^lsur le lac Peipus, le feld-maréchal Sheremeto prit une frégate suédoise.

C'était par ce lac Peipus que le czar tenait continuellement la Livonie et l'Esthonie en alarme; ses galères y débarquaient souvent plusieurs régiments ; on se rembarquait quand le succès n'était pas favorable ; et s'il Tétait, on poursuivait ses avantages. On battit deux fois les Suédois dans ces quartiers auprès de Derpt, tandis qu'ils étaient victorieux partout ailleurs.

Les Russes, dans toutes ces actions, étaient toijgours supérieurs en nombre : c'est ce qui fit que Charles XII, qui combattait si heureusement ailleurs, ne s'inquiéta jamais des succès du czar; mais il dut considérer que ce grand nombre s'aguerrissait tous les jours, et qu'il pouvait devenir formidable pour luimême.

Pendant qu'on se bat sur terre et sur mer vers la Livonie, Tlngrie et l'Esthonie, le czar apprend qu'une flotte suédoise est destinée pour aller ruiner Arkhangel: il y marche. On «est étonné d'entendre qu'il est sur les bords de la mer Glaciale, tandis qu'on le croit à Moscou, n met tout en état de défense, prévient la descente, trace lui-même le plan

(Tune citadelle nommée la nouvelle Dwlna^ pose la première pierre, retourne à Moscou»

et de là vers le théâtre de la guerre.

Charles avançait en Pologne, mais les Eus* ses avançaient en Ihgrie et en Livonie. Le maréchal Shemereto va à la rencontre des Suédois, commandés par Slipenbak; il lui livre bataille auprès de la petite rivière d'Embac, et la gagne : il prend seize drapeaux et vingt canons. Norbergmet ce combat au premier décembre 1701, et le journal de Pierre le Grand le place au 19 Juillet 1702.

Il avance; il met tout à contribution; il prend la petite ville de Marienbourg, sur les confins de la Livonie et de Tlngrie. Il y a dans le nord beaucoup de villes de ce nom; mais celle-ci, quoiqu'elle n'existe plus, est cependant plus célèbre que toutes les autres par Faventure de Timpératrice Catherina

Cette petite ville s'étant rendue à discrétion, les Suédois, soit par inadvertance, soit à dessein, mirent le feu aux magasins. Les Russes irrités détruisirent la ville, et emme» nèrent en captivité tout ce quMls trouvèrent d'habitants. Il y avait parmi eux une Jeune Livonienne, élevée chez le ministre luthérien du lieu, nommé Gluk ; elle fût du nombre des captife: c'est celle-là même qui devint depuis la souveraine de ceux qui Pavaient prise, et qui a gouverné les Russes sous le nom d'irn* pératrice Catherine.

On avait vu auparavant des citoyennes sur le trOne : rien n'étaitDlus commun en Russie^

«t dans tous les royaumes de l'Asie^ que les mariages des souverains arec leurs s^}ettes ; mais qu*une étrangère, prise dans les ruines d'une ville saccagée» soit devenue la souveraine absolue de Tempire où elle fut amenée captive, c'est ce que la fortune et le mérite n'ont fait voir que cette fois dans les aimales du monde.

La suite de ce succès ne se démentit poibt en Ingrie: la flotte des demi-gaières russes sur le lac Ladoga contraignit celle des Snédois de se retirer à Yibiu^, à une extrémité de ce grand lac ; de là ils purent vofr à rantre bout le siège de la forteresse de Notebourg, que le czar fit entreprendre parole général Sberemeto. C'était une entreprise bien plus importante qu'on ne pensait; elle pouvait donner une communication avec la mer Baltique, objet constant des desseins cb Pierre.

Notebourg était une place très forte, bfttle dans une île du lac Ladoga, et qui, dominant sur ce lac, rendait son possesseur maître du cours de la Neva, qaî tombe dans la mer : elle ùit battue nûît et joUr, depuis le 18 septembre Jusqu'au 12 octobre. Enân, l'es Russes montèrent à Tassant par trois brècbes. La garnison suédoise était réduite à cent soldats en état de se défendre ; et, ce qxai est bien étonnant. Ils se défendirent, et ils obtinrent sur la brèche même une capitulation honorable; encore le colonel SUpenbak, qui commandait dans la place, ne voulut se rendta ^'i condition qu'on lui permettrait de faire

Tenir 'deux offices suédois du poste lepki»

vaisînt pour examiner les brèc&es» ^t pour rendre compte au roi sou maître que quatrevlQgt-trois combattants qui restaient alors» et cent cinquante-six blessés ùa malades, ne B^étaîeut rendus à une armée entière qœ quand n était Impossible de combattre plus longtemps et de conserver la place. Ce trait seul £siit voir à quels ennemis le czar ayait à faire, «l: éb «qo^e né<9iB9sn6 a?ait été pour lui ses elforts et sa discipline militaire.

Il distribua des médailles d^or aux officiers^ et récoRipensa tous les «oMats ; mais aiussi il en fit punir qoe>qiies^Bs qtti avaiesit fù! h xm assaut 1 letffB camarades leur crachèrent au ▼isage, et ensuite les arqnebusèrent pour joindre la iMMite sa supplice.

Notebourg fut répané : sûq mm fut diangê en celui ^ ^ulsselboui^, ville de la chf^ parce ^fue cette place e^ la clef de Hngrie et de la finlande. Le premier gou'^emeisr fut ee même Mesizikaff, qui était devenn très bon cfflcier, et qui sMtant signalé mérita cet faon« neur. ISon exemple encourageait qufconqw «fait dn âiérite sons naissance.

Apvès cette Cfampf^e de 1702, le czartou* .

hrt que Sheraneto et ^ens les officiers eu!

8\^taiem distingués entrassent en triompW dsns ffioscoii. Tons les prisenniers faits ^ans cette ^nmpagne marchèrent % la suHe des TftinqueiMT on portait devant eux les 4ra* peaux et les ét^idards des Suédois, avec le^ pavffîon 4e la frégane prise snr le lac Pd^pus. Pierre travailla lui-même aux prépan^

tifs de la pompe, comme II avait travaillé aux entreprises qu'elle célébrait

Ces solennités devaient inspirer Fémulatîon, sans quoi elles eussent été vaines Charles les dédaignait; et depuis le Jour de Narva il méprisait ses ennemis» et leurs efforts, et leurs triomphes.

xni.— Réfonnes & MoMon.->Nonveaiix succès.— Fondation de Pétersbourg. — Pierre perd Narva, etc.

Le peu de séjour que le czar fit à Moscout au commencement de Thiver 1703, fut employé à faire exécuter tous ces nouveaux règlements, et à perfectionner le civil ainsi que le militaire; ses divertissements mêmes furent consacrés k faire goûter le nouveau genre de vie qu il introduisait parmi ses si^ets* CTest dans cette vue qu'il fit inviter tous les bovards et les dames aux noces d'un de ses bounons :

il exigea que tout le monde y parût vêtu à Tanclenne mode. On servit un repas tel qu'on le faisait au seizième siècles Une antienne superstiton ne permettait pas qu'on allumftt du feu le Jour d un mariage, pendant )e froid le plus rigoureux; cette coutume fut sévèrement observée le Jour de la fête. Les Russe? ne buvaient point de vin autrefois, mais de l'hydromel et de l'eaunde-vie ; il ne permit pas ce Jour-là d'autre boisson : on se plaignit en vain; il répondit en raillant:

« Vos ancêtres en usaient ainsi ; les usages

1 Tiré da Journal dû Pierre le Grand.

anciens sont toujours les meilleurs. » Cette plaisanterie contribua beaucoup à corriger ceux qui préféraient toiyours le temps passé au présent, ou du moins à décréditer leurs murmures : et il y a encore des nations qui auraient besoin d^un tel exemple.

Un établissement plus utile fut celui d^une imprimerie en caractères russes et latins, dont tous les instruments avaient été tirés de Hollande, et où Ton commença dès lors à imprimer des traductions russes de quelques livres sur la morale et les arts. Fei^usson établit des écoles de géométrie, d^astronomie, de navigation.

Une fondation non moins nécessaire fut celle d'un vaste hôpital, non pas de ces hôpitaux qui encouragent la fainéantise et qui perpétuent la misère, mais tel que le czar en avait vu dans Amsterdam, où Ton fait travailler les vieillads et les enfants, et où quiconque est renfermé devient utile.

Il établit plusieurs manufactures; et dès qu'il eut mis en mouvement tous les nouveaux arts auxquels il donnait naissance dans Moscou, il courut à Veronèje, et il y fit commencer deux vaisseaux de quatre-vingts pièces de canon, avec de longues caisses exactement fermées sous les varangues, pour élever le vaisseau et le faire passer sans risque audessus des barres et des bancs de sable qu'on rencontre près d'Azoph ; industrie à peu près semblable à celle dont on se sert en Hollande pour franchir le Pampus.

Ayant préparé ses entreprises contre les

un marais où les grands vfteseatix ne pouvaient aUbrder; mais bientôt après ils virent les fortifications s'avancer , une ville se former, et enfin lajpetite lie de Gronslot, qui est devant la ville, devenir, en 1704, une forteresse imprenable , sous le canon de' laquelle les plus grandes flottes peuvent être à l'abrL

Ces ouvrages, qui semblaient demander un temps de paix , s^exécutaient au milieu de la guerre, et des ouvriers de toute espèce vlK naient de Moscou, d'Âstracan, de Razan, deru«v kraine, travailler à la ville nouvelle. La difficulté du terrain, qu^il fallut raffermir et éle- Ter, réloignement des secours, les obstacles imprévus qui renaissaient à chaque pas en tout genre de travail, enfin les maladies épidémiqaes qui enlevèrent un nombre prodigieux de manœuvres, rien ne découragea le fondateur : il eut une ville en cinq mois de temps. Ce n^était qu^un assemblage de cabanes, avec deux maii^ns de briques, entourées de remparts, et c*était tout ce qu'il fallait alors; la constance et le temps ont fait le reste. 11 n'y avait encore que cinq mois que Pétersbourg était fondée, lorsqu'un vaisseau hollandais y vint trafiquer : le patron reçut des gratifications , et les Hollandais apprirent bientôt le chemin de Pétersbourg.

Pierre, en dirigeant cette colonie, la mettait en sûreté tous les jours par la prise des postes voisins. Un colonel suédois, nommé

^ rroi, 17 mai, Jour de la PentBCâli, fondation dt PétoKboing.

CroHiort, s*était f>osté sur la rivière &^tra, et menaçait la ville naissante. Pierre court à lui avec ses deux régiments des gardes, le défait et lui fait irepasser la rivière. Ayant ainsi mis sa vUle en sûreté , il va à Olonitz commander <^ la construction de plusieurs petits vaisseaux» ' I -

4 et retourne à Pétersbourg sur une frégate •;

qu'il a fait construire, avec six «bâtiments de ^ transport, en tittendant qu^on achève les * autires. * ^

^ Dans ce temps-là môme il tend toigours la mafn au roi de Pologne ; il lui envoie douze mille hommes d'infanterie, et tm subside de trois cent mille roubles, qui font plus de quinze ' cent milld francs de notre monnaie. Nous avons déjà remarqué qu'il n'avait qu'environ cinq millions de roubles de revenu; les dé- » penses pour ses flottes, pour ses armées, pour tous ses nouveaux établissements, devaient • répuiser. Il avait fortifié presque à la fois No- •

vogorod, Pleskou, Kiovie, Smolensko, Àzoph, Arkhangel. Il fondait une capitale. Cependant, 11 avait encore de quoi secourir son allié d'hommes et d'argent Le Hollandais Corneille, le Bruyn, qui voyageait vers ce tempslà en Russie, et avec qui Pierre s'entretint, comme il faisait avec tous les étrangers, rapporte que le czar lui dit qu'il avait encore trois cent mille roubles de reste dans ses coffres, après avoir pourvu à tous les frais de la guerre.

Pour mettre sa ville naissante de Pétenh bourg hors d'insulte, il va lui-même sonder U profondeur de la mer, assigne l'endroit où

-.•oSf

H doit^lever le fort de Gronslot, en Ml un nodèle en bois, et laisse à Menzikoff le soin de fidre eiécttlfBr l'ouvrage sv son tnodèlei De là, il va passer lliiTer i Moscoo, pour y établir insensiblement tous les changements <9u*il fait dans les lois, dans les mœurs, dans ies usages. Il règle ses finances et y met bon ordre ; il presse les ouvrages entr^ris sur la VercHièje, dans Azo;^, dans un port quil établissait sur les Palus-Méotides, sous le fbrt de Taganrok. «

La Porte, alarmée» lui envoya un ambassadeur pour se plaint de tantde préparatifs ; fi répondit quil étaâlt le mattre dans ses EtatSi^ -comme le grand BSignenr dans les i^ns, et qiie«e n'était point enfMndrela paix qne de rendre la Rnsi^e respectable sur le Pont-

Retourné à Pétersbourg, il trouve sa nou- * velle eitactelle de Gronslot fondée dans )a

mer et adirée; il la garnit d'artilleriei II

t fallait, pour s*afliHTOir dans Tlngrie et pour

i^épaver entlèr^nent la disgrftce essuyée devait Narra, prendre enfin cette ville. Tandis qu*il fait les préparatifs de ce siège, une petite iottede brigantins suédois paraîtsur lelac Peinas pours^opposer à ses desseins. Les demî-gaières russes vont i sa rencontre, Tatlaqdentet la prennent tout aitîère; ^le portait quatreiringt^x-holt canons; Aïon on assiège Narvi

J par terre et par mer; et, ce qui est plus sil^

guHer, on aasiége en ndme temps la ville de l^erpt en Estiioniei Qttl opdralC qu*il y eût une université dans

Derpt? GvAtaire^Adolphe TavAit fondée» et ^le n'iaYait pas rendu la ville plus oélèbro. Derpt n'est oomind que par Tépoqne de ses deux sièges. Pierre va inoessananent de Tonà Vwaibre presser les attaques et diriger toutoi les opérations. Le génâral suédois Sl^penb^ ,

était auprès de Derpt» avec; environ deux nilk '

cinq cents honunes. "2

Les assiégés attendaient le moment où ii allait jeter d» secours dans la place. Pierre ,<

imagina une riEse de guerre dont oaiàesesert pas as8e& Il fait donner à deux régiments d'in- (

ûuiterie» et à un de cavalierie, des uniformest des ètandards, de» drapeaux suédois. Ces T

imétendus Suédois attaquent les tranchées* Les Russes feignent de fuir ; lagamison, trompée par Tapparence, fait une sortie : ilors les httx attaquants et les attaqués se réunissent; ik fondent sur la garnison, dont la moitié est tuée» et l'autre moitié rentre dans la ville» Siipenbak anrive bientôt en effet pour la seoûôrir^ et il est entièrement battu* Enin»

Derpt est contrainte de capituler au moment que Pierre allait donner un assaut généraL

Un asseï grand échec, que le czar reçoit en même temps sur le chemin de sa nouvelle villede Pétersbourg, ne l'empêche ni de continuer à b&tir sa villet» ni de presser le siège de Narva. 11 avait, conune on Ta vu, envoyé des troupes et de l'argent au roi Auguste, qu'oi;^ détrônait; ces deux secours furent également inutiles. Les Russes» joints aux Lithuaniens du parti d'Auguste, furent absolument défaits m Gourlande par le général suédois Leven-

haupt Si les vainqueurs avaient dirigé leurs efforts vers la Livonîe et Tlngrie, ils pouvaient ruiner les travaux du czar, et lui faire perdre tout le fruit de ses grandes entreprises. Pierre minait chaque jour Tavant-mur de la Suède, et Charles ne s'y opposait pas assez: il cherchait une gloire moins utile et plus brillante.

Dès le 12 juillet 1704, un simple colonel ^ suédois, à la tête d*un détachement, avait fait

w élire un nouveau roi par la noblesse polonaise

dans le champ d'élection, nommé Kolo, près de Varsovie. Un cardinal primat du royaume, et plusieurs évêques, se soumettaient aux volontés d'un prince luthérien, malgré toutes les menaces et les excommunications du pape : tout cédait à la force. Personne n'ignore comment fut faite Télection de Stanislas Leczinsky, et comment Charles XII le fit reconnaître dans une grande partie de la Pologne.

Pierre n'abandonna pas le roi détrôné ; il

I redoubla ses secours à mesure qu'il fut plus

malheureux; et, pendant que son ennemi faisait des rois, il battait les généraux suédois en détail dans l'Esthonie, dans Tlngrie, courMt au siège de Narva, et faisait donner des assauts. Il y avait trois bastions fameux du moins par leurs noms : on les appelait la Victoire^ VHonneur et la Gloire, Le czar les emporta tous trois l'épée à la main. Les assiégeants

j entrent dans la ville, la pillent, et y exercent

toutes les cruautés qui n'étaient que trop ordinaires entre les Suédois et les Russes.

Pierre donna alors un exemple qui dut loi

concilier les cœurs de ses nouveaux sqjets t il court de tous côtés pour arrêter le pillage et le massacre, arrache des femmes des mains de ses soldats; et ayant tué deux de ces em* portés qui n'obéissaient pas à ses ordres, il entre à l'hôtel de ville, où les citoyens se ré* fugiaient en foule : là, posant son épée sanglante sur la table : « Ce n'est pas du sang des habitants, dit-il, que cette épée est teinte, mais du sang de mes soldats que j'ai versé pour vous sauver la vie. »

N. B. Les chapitres précédents et tous les saivants sont tirés dn Jonmal de Pierre le Grand, et des mé* moires envoyés de Pétersboorg, confrontés avec tous les antres mânoires.

XIY. — Tonte l'Insrie demeure à Pierre le Grand, tandis qne Charles XII triomphe ailleurs. Elévation de Ifenzikoff. Pétcrsbourg en sûreté. Desseins tonjoors exécutés malgré les victoires de Charles.

Mattre de toute Tlngrie, Pierre en conféra le gouvernement à Menzîkoff, et lui donna le titre de prince et le rang de général major. L'orgueil et le préjugé pouvaient ailleurs trouver mauvais qu'un garçon pâtissier devînt général,gouverneur et prince ; mais Pierre avait déjà accoutumé ses sujets à ne se pas étonner de voir donner tout aux talents, et rien à la seule noblesse. Menzîkoff, tiré de son premier état dans son enfance par un hasard heureux qui le plaça dans la maison du czar, avait appris plusieurs langues, s'était formé aux aifàires etauxarmîes; et ayant su d*abord

— lôO —

flejrendre a^éable à son mattroy il mA «e rendre nécessaire : il hAtait les travaux de Pôterâbourg : on y b&tissait d^à plusieurs maisoiis de briqaes et de pierres» un arsenal^ des magasins; on ackeviutlesfortificatiofis,* les palais ne sont venus qu'après.

Pierre était à peinô étùM dans Narva, qu^ll offrit de nouveaux secours au noi de Po* logne détrôné : il nronût eaoore des Iroupes, outre les douze mille hommes qu'lil avait ôéjk envoyés ; et en effet il fit partir pour les frontières de la Lithuanie le général Repnin, av64s stz miUe hommes de cavalerie et si£ mille d'icâuîterie. H ne perdait pas de vue sa oo^ lonie de Pêtersbotxrg un seul mom^it : ta ville se bâtissait, la marine s*augmentaît; des vaisseaux, des frégates se construisaient dans les chantiers <d*01oni><a : il alla les fiiàra ache^ ver, et les condtdsit à Pétersbouiig,

Tous ses retours à Moscou étaient marqués par des entrées triomphantes : c'est ainsi qu^il y revint cette année, et il n'en partit que pour aller (aire lancer à Teau son premier vaisseau de quatrer-vingte pièces de canon, dont il avait donné les dimâosîons Tannée précédente sur la Veronèje.

Dès que la campagne put s'ouvrir en Pologne, il courut à Tannée qu'il avait envoyée sur les frontières de la Lithuanie au secours d'Auguste; mais pendant qu'il aidait ainsi son aOié, une flotte suédoise s'avançait pour détruire Pétersbourg et Gronslot, à peine bâties : elle était composée de vingt-deux vidsseaux. de cinquante-quatre & aoixAntû^'^aatre

pfèoes de emon, de «ix Urésates^ cto^ âeox g»yotea à booibes, de deux brûlots. Les titmpes de transport firent leur desceota dtns la petite île de K0tiiu Ua cotonel msse» nonaié Tolboguio» àjuA fait eooclier son régiflnnt vefttre 4 terre pendant f ne les Suédois déberquaient sur le rivage^ ie fit \eret tout à conp; et le feu lut si ^fU eft si bien ménagé, çue les Suédl^ romneniés» fur^st obkigés de regafner leurs vaisseaux, d'abandonné leusrs morto^ et de laisser trois cents prisonniers.

Cependant leur flotte restait touijoani dans ees parasesr» et menaçait Pétersbom*g* Hé firent cBiQore une diesceirte, et furent repousBés de même : des troupes de terre avançaient de VIborg, sous le général suédois MeiiM; dlea marchaient du c(Mjé> de Sblass^bourg' :

c^étaJÉ la plusgrandieeixtreiyrsse qu'eftt encore lûte Charie» Jill mit icsi Ëtats que flferre aralt «OB^nlsem créés; les Smédois foorent répons^flée partout» et Féterabourg resta tranqulte.

Pierre,, de son odtév avançait vera )a Courlende,. et veaiBift pénétrer jusqu'à Riga. Son i4attétaJAde pnendre la Livonie, tandla^pie Cbiriies XIl ache?ait de soomettre la Pologiœ ait. neiuiKHiu: roi qskH M avait deimé* Le ezar était encore à Vilna, en Lithuanie, et son ma^ réaimt$beceni0to s^aipproc^Miit die 10 ttau, capitaJ&idè kl Courhuiclsç maàs» Il y tnma lè généml Lenrenliaapt^ d^à eél^sre par |^uè d'une vinMra II se donna une bataille ran^ gée daa» ua lieu? appdé Gémayen^iof ou Q^ Bftaverai: > . ■ -

Ilanë ett affidtes^ oft Slexpérkiioe elr It dfs^

cipline prévalent, les Suédois» (quoique infé* rieurs en nombre, avaient toigours Tavantage : les Russes furent entièrement défaits, toute leur artillerie prise. Pierre, après trois batailles ainsi perdues à Gémavers, à Jacobstadt, à Narva, réparait toujours ses pertes, et en tirait même avantage*

n marche en forces en Ck>urlande, après la Journée de Gémavers; il arrive devant Mittau, s'empare de la ville, assiège la citaddile, et y entre par capitulation.

Les troupes russes avaient alors la réputation de signaler leurs succès par les pillages, coutume trop ancienne chez toutes les nations* Pierre avait, à la prise de Narva, tellement changé cet usage, que les soldats russes commandés pour garder dans le chfttean de Mittau les caveaux où étaient inhumés les grands ducs de Gourlande, voyant que les corps avaient été tirés de leurs tombeaux et dépouillés de leurs ornements ,« refusèrent d*en prendre possession, et exigèrent auparavant qu'on fit venir un colonel suédois reconnattre Tétat des lieux : il en vint un en effet qui leur délivra un certificat par lequd il avouait que les Suédois étaient les auteurs de ce désordre.

Le bruit qui avait couru dans tout Tempire qne le czar avait été totalement défait àla fournée de Gémavem lui fit encore plus de tort que cette bataille même. Un reste d'anciens strélitz, en garnison dans Astracan»

8*«ihardit sur cette fausse nouvelle à se ré* volter : ils tuèrent le gouverneur de la ville,

et le czar fut obligé d*y envoyer le maréchal Sheremeto avec des troupes pour les soumettre et les punir. •

Tout conspirait contre lui : la fortune et la valeur de Charles Xll, les malheurs d*Auguste, la neutralité forcée du Danemark, les ^

révoltes des anciens strélltz, les murmures d^un peuple qui ne sentait alors que la gêne de la réforme et non Futilité, les mécontentements des grands assujettis à la discipline militaire, Tépuisement des finances , rien ne découragea Pierre un seul moment : il étouffa la révolte ; et ayant mis en sûreté Tlngrie, I

s'étant assuré la citadelle de Mittau, malgré Levenhaupt vainqueur, qui n'avait pas assez de troupe pour s'opposer à lui, il eut alors \ ^

la liberté de traverser la Samogitie et la Lithuanie.

Il partageait avec Charles XII la gloire de dominer en Pologne ; il s^avança jusqu'à Tykoczin : ce fut là qu'il vit pour la seconde fois le roi Auguste ; il le consola de ses infortunes, lui promit de le venger, lui fit présent de quelques drapeaux pris par Menzikoff sur les partis des troupes de son rival : ils allèrent ensuite à Grodno, capitale de la Lithuanie, et y restèrent jusqu'au 15 décembre. Pierre, en par- •* tant, lui laissa de l'argent et une armée, et, selon sa coutume, alla passer quelque temps de lliiver à Moscou, pour y faire fleurir les arts et les lois» après «voir fait une campagne * très difficile.

XV. — Tandis crae Pierre se soutie&t dans sec oonqaSU» et polioe ses Blats, son ennemi Charles gagne des batailles, domine dans la Pologne et daos la Balte, àogaatty malgcéwieTictoire des Rvaaea, reçoit la loi daChaiiMyXII. n renonce à la luronne; il liyre Patkul. ambassadeur da esar. Meurtre de Patkol^ oondamné à la yoqa.

nerre à pet&e étailt à MosoM^ q^VL «ppH€ qtieCbarlesXII, partout «?letculdtti, 8*ii?nnçitt dn côté de Grodno poor coinbaltre wa année.

Le roi auguste avait été «Migé ûb fair d»

Grodno, et se retiraft en liftto vem la Saxe, arec quatre r^ments de dragons rtm&è ; 6 aiMblissait «ini^ l'armée de son preneeleiar, et la décourageait par sa retraita; le «eso* trouva tous les cbemius de Grodno oioeupés par les Suédois, et son armée disperate*

Tandis quH rassemfblalt ses quartiers aveo une peine extrême en Lithuanie, le ot^èbre ScUnâlembourg, qui était la dernière ressource d*Augtiste, et qiâ B^aoqull: depuis «anft de gloire par Ut défense de Gorfou eontud lee Turcs, avançait du c6té delà grande Pologne, )vec environ douze mîMe Saxons et six iMUe Ausses tirés des troupes qœ le cear avait confiées à ce malheureux minces SebuSeRibourg 4vait une juste espmaiêe de soutenir la fOTtune d'Auguste : fl voyait Caiatrles Ili occupé alors du côté de la Ulhuanie ; Il a*y avait €[ù>e]ivfron dix mfUe Suédois, sous le généru RenseUld, mi pussent arrdtel* sa mareheifi 8*«vançaitdonc avueoentasieeJUB* qu^aux frontières de la Sllésie, qui ^est le pas-» sage de la Saxe dans la haute Pologne. Quand

il Alt pthê €hi bourg de Fraustadt,. sur les iyontiôres de ^logne, il troiiva le maréobal Rensc^ld qai venait lui livrer bataille.

Qaelque effort que je fasse pour ne pas rôpèiér ce que f ai d^ dit dans rhistoire de C3iaiie(» £11, ^ dlois retf re ici qn^il j anait éax^ Tarmée saxonne un régiment frmiçais q^y ayant été fait prifloonier tout entter à la faneuse bataille d^Hochstett, avait été forcéde servir dans les troupes saxonnes. Hes mémoires disent qu^on hxi avait oeoflé la garde de Partifl»^; ils «cloutent que ces Fraxiçais, firappéa de la ^(Are de Charles Xil, et méeontents du serviee de Saaie, posèrent les armes dès qpiHi» virent tes ennemis, et demandèrent d^ètre reçus parmi les Suééoîs, qu^ls serrl- TCDft depuis, e& effet. Jusqu'à la fin de la gœrrèk Ce fut là le commencement et la sfgnal dHne déroute entière; il ne se sauva pas trois batalttons russes, et encore tons les s^dats fsi.échappèreirt étalent blessés : tout le reste fut tué sans qu^on fît quartier à peMéane. Le ckapeUda Norberg prétend que lemot desSnéckés, dans cette bataiHe, était:

Àmfwm de Dimy et que ocIhI des Humes était : Muêsacrea tout t mais ce furent les Suédois qui massaorèrenit tout an nom de Dieu. Le czar même assaro, dans un de ses manifestes ^ qw beaucoup de prisonniers roflBtts cosamsies, kabmmks f uff^aort tués tmiia fours après la bataille.. Les troupes tnrégttlfères des deux années avalent aoceni*

• tumé les généraux à ces cruautés; il ne

s*en commit jamais de plus grandes dans les temps barbares. Le roi Stanislas m*a fait l'honneur de me dire que, dans un de ces combats qu'on livrait si souvent en Pologne, un officier russe, qui avait été son ami, vint,

; après la défaite d'un corps qu'il commandait

se mettre sous sa protection, et que le géné- I. rai suédois Steinbeck le tua d'un coup de

pistolet entre ses bras.

*. Voilà quatre batailles perdues par les Rus-

ses contre les Suédois, sans compter les autres victoires de Charles XII en Pologne. Les troupes duczar, qui étaient dans Grodno, couraient risque d'essuyer une plus grande

* disgrâce, et d'être enveloppées de tous côtés :

il sut heureusement les rassembler et même les augmenter : il fallait à la fois pourvoir à la sûreté de cette armée et à celle de ses conquêtes dans l'Ingrie. Il fit marcher son armée

i sous le prince M enzikoff vers Torient, et de là

* au midi jusqu'à Riovie.

Tandis qu'elle marchait, il se rend à SMusselbourg, à Narva, à sa colonie de Pétersbourg, met tout en sûreté, et des bords de la mer Baltique il court à ceux du Borysthène, pour rentrer par la Kiovie dans la Pologne, s*appliquant toigoars à rendre inutiles les victoires de Charles XII, qu'il n'avait pu em-

1 pécha*, préparant même déjà une conquête

*^ nouvelle : c'était céDe de Viborgv capitale

delà Carélie, sur le golfe de la Finlande. H «lia l'assiéger.; mais cette fois elle résista à ses armes : les secours vinrent à propos, et i]

leya le siège. Son rival, Charles XII, ne faisait réellement aucune conquête en gagnant des batailles : il poursuivait alors le roi Auguste en S^e, toujours plus occupé d'iiuinilier ce prince et de Taccabler du poids de sa puissance et de sa gloire que du soin de reprendre ringrie sur un ennemi vaincu qui la lui avsdt enlevée.

Il répandait la terreur dans la haute Po« logne, en Silésie, en Saxe. Toute la famille du roi Auguste, sa mère, sa femme, son fils»

les principales familles du pays, se retiraient dans le cœur de Tempire. Auguste implorait la paix ; il aimait mieux se mettre à la dlscré« tien de son vainqueur que dans les bras de son protecteur. 11 négociait un traité qui lui ôtait la couronne de Pologne, et qui le couvrait de confusion : ce traité était secret; il fallait le cacher aux généraux du czar, avec lesquels il était alors comme réfugié en Pologne, pendant que Charles XII donnait des lois dans Leipsick, et régnait dans tout son électorat Déjà était signée par ses plénipotentiaires le fatal traité par lequel il renonçait à la couronne de Pologne, promettait de ne prendre jamais le titre de roi dans ce pays, reconnaissait Stanislas, renonçait à Talliance du czar son bienfaiteur, et, pour comble d'humiliation, s'engageait à remettre à Charles XII Tambassadeur du czar, Jean Réginold Paticul, généra] des troupes russes, qui combattait pour sa défense. Il avait fait quelque temps auparavant arrêter Patkul, contre le droit des gens» sur de faux soupçons, et contre ee m6m«

éroK des gens il le Itvrsttà son emMBiL. H vmtif t mieux mourir les armes à la main que de eonelnre un tel traité : noci^-seulemfint il y perdait sa couronne et sa gknre, majs il rie* epmtméme sa liberté, imisquli était «lors entre les mains du priinee flienalkolT est I^offnaniev et que le peu de Saxons qu^l aurait avec lui recevaient alors leur (Eolde de fardent desRtMses.

Le prince Mem^off avait en tète, dans oes quap^rs, une année suédoise, renforcée des Polonais du parti du noiiyeau roi Slanifidas, commandée pair le généridi Maderfeld ; et ignorant qu*Augnste traitait avec ses enneods» il hii proposa de tes attaquer* Auguste yoi» refViBer; ia baifeaillesedonna auprès de Kiskkiab, dans le pala;tînat m6me du roi Stanklas : ce ftit la première bataille rangée que las Rusaes gagnerait contre les Suédois; le prince Mensikoff on eut la glotare : on tua aux ennemis ^quatre mille lionmes; on leur en prit deux miV^einq cent quatre-vingt-dsx-limt

Il est diffielleâe comprendre comment Auguste put, après cette victoire, ratifier un tvêM qui lui en édait tout le Émît t maia Charte' était en Saxes, et y était tont-pui^^s^^ ' son nom iupnimatt tellement la terreur, on «omptatt si peu.sur des succès soutenus de la purt des Russes, le parti potooais contra le roi Auguste était si fort, et enfin liuguste était si mal cons^é, qu'il sign* ce traiié^ funeste, il ne 8*en tint pas là; il écrivit i^ aon •mroifê, Finlcstein, nne lettre plus triste que lei taété même, par laquelle il demandait p^r-

don de sa rlctoire, « protestant que la bataille s^était donnée malgré lui ; que les Russes et les Polonais de son parti Vy avaient obligé ; qn^ll avait fait dans ce dessein des mouv^ ments pour abandonner Menslkoff ; que Ma* derfèld aurait pu le battre s'il avait profité de ToGcasion ; qu'il rendrait tous les prisonniera suédois, ou qu^il nMnpralt avec les Rush ses, et qu'enfin il donnerait fliu roi de Suède tottttti les satisfactions conv^iiables pour avoir osé battre ses troupes. »

Tout cela est unique, inco&ceval^etet pourtant de U plus exacte vérité. Quand on soBfe qu'aveo cette faiblesse Auguste était un des plus braves princes de TEurope, on voit bien que c'est le courage d'esoprît qui fait per^ ou conserver tes Elats^ qui les élève ou qui le» abaisse.

Deux traîts achevèrent de combler Tlnfbrtune du roi de Pologne, électeur de Saxe, et Tabus que Gkarles XII faisait de son bonbeur : le premier fut une lettre de félicltatîon que Charles força Auguste d'écrire au nouveau roi Stanislas; le second fut horrible: ce môme Auguste fut contraint de lui livrer Patkuly cet ambassadeur, ce général du ciar.

L*Ebrope sait esses <^ oe miiûstre fut de*

Suis roué vif à Casimir» au mois de septem* rel707. Le chapelain Norbei^ avoue que tous les ordres pour cette exécution furent écrits de la profU'e main de Charies.

11 n'est point de jurisconsulte en Europe» il n'est pas môme d esclave qui ne sente toute l'hocreur de cette injustice barbare. Le pra-

# mier crîmo de cet infortimé était d^avolr re*

présenté respectueusement les droits de sa patrie h, la tête de six gentilshommes livoniens, députés de tout TEtat : condamné pour avoir rempli le premier des devoirs , ^elui de * servir son pays selon les lois, cette sentence

; inique Pavait mis dans le plein droit naturel

qu'ont tous les hommes de se choisir une pa- . trie. Devenu ambassadeur d'un des plus

grands monarques du monde, sa personne était sacrée. Le droit du plus fort viola en lui le droit de la nature et celui des nations. Autrefois réclat de la gloire couvrait de telles cruautés, aijg'ourd'hui elles le ternissent

' XVI. — On veut faire un troisième roi en Pologne.

Charles XII part de Saxe avec nne armée florissante.

traverse la Pologne en vainqueur. Cruautés exercées, ^ > Conduite du czar. Succès de Charles, qui s'avance

enfln vers la Russie.

I Charles XII jouissait de ses succès dans Al-

* ^ranstad, près de Leipsîck. Les princes protes-

tants de Tempire d'Allemagne venaient en foule lui rendre leurs hommages et lui demander sa protection. Presque toutes les puissances lui envoyaient des ambassadeurs.

L'empereur Joseph !«' déférait à toutes ses volontés. Pierre, alors, voyant que le roi Auguste avait renoncé à sa protection 3t au L trône, et qu'une partie de la Pologne recon-

"^ naissait Stanislas, écouta les propositions que

hil fit Yolkova d'élire un troisième roL

On proposa plusieurs , palatins dans une diète à Lublin : on mit sur les rangs le prince

Aagotski;Vétait ee môme Ragotski longtemps ' «

retoia en prison dans sa jeunesse par TempereuF Léopold, et qui depuis fut son compétiteur au trône de Hongrie après s'ôtre procuré la liberté. Cette négociation fut poussée très loin, et il s'eâ fallut peu qu^on ne vît trois rois de Pologne à la fois. Le prince Ragotski n*ayant pu réussir, Pierre voulut donner le trône au grand général de la république, 1^niawski, homme puissant, accrédité, chef d'un tiers parti, ne voulant reconnaître ni Auguste détrôné, ni Stanislas élu par un parti contraire.

Au milieu de ces troubles on parla de paix, comme on fait toujours. Buzenval , envoyé de France en Saxe, s'entremit pour réconcilier le \ n

czar et le roi de Suède. On pensait alors à la cour de France, que Charles, n'ayant plus à combattre ni les Russes ni les Polonais , pourrait tourner ses armes contre l'empereur Joseph, dont il était mécontent, et auquel il imposait des lois dures pendant son séjour en Saxe ; mais Charles répondit qu'il traiterait de la paix avec le czar dans Moscou. C'est alors que Pierre dit: « Mon frère Charles veut faire l'Alexandre ; mais- il ne trouvera pas en moi un Darius. » ^

Cependant les Russes étaient encore en Pologne, et même à Varsovie, tandis que le roi donné aux Polonais par Charles Xl| était à peine reconnu d'eux, et que Charles enrichis- '

sait son armée des dépouilles des Saxons.

Enfin il partit de son quartier d'Altranstad à la tête d'une armée de quarante-cinq mille

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