‹ Histoire de l'Empire ottoman (volume 2)Chapitre 131 sur 288 · LIVRE XIII · texte numérisé non relu

LIVRE XIII

nsTAii vrirn w> patriarche. — constastinople repeuplée avec de nouveaux corons. —

J.W.CI IIOV Dl I.IUMI VI.SIR. — AFFAIRES III, PELOPONÈSE , Kl LETTRE D'AFFRANCHISSEMENT. EXPÉDITION liK SERVIE. — PAIX AVEC LA SERVIE KT AVEC VENISE. — PRISE DE NOVOBERUA, ET SIÉOE DE BELCRAP. — IRRUPTION EN HONGRIE. — ASSUJETTISSEMENT COMPLET DE LA SER- VI!, -ii.ie ni IV CIRCONCISION. — CONQUETE III PELOPONÈSE. — DIVISIONS , SORT DÉFINITIF DES DEUX DESPOTES ET DU DERNIER DUC d' ATHÈNES.

Conquérant et maître de Conslantinople, Mohammed, le lendemain du départ de sa flotte, en faisant son entrée triomphale , et au milieu des fêtes et des réjouissances, disposait déjà la consécration d'un patriarche grec [ 1er juin 1453]. Dans ce grand souverain, l'ardeur de la conquête et l'esprit delà conservation s'unissaient si étroitement que, tenant encore les armes d'une main, il songeait à s'assurer son acquisition par des institutions politiques. Il fit proclamer que lous les habitanls de la ville qui s'étaient cachés par peur se remontrassent librement dans leurs maisons, où ils ne subiraient aucune vexation, que tous les fugitifs revinssent et vécussent selon leurs anciennes coutumes. En même temps il ordonna qu'à la place du patriarche, qui était mort, un autre fut élu et consacré , conformément à l'ancien usage, et selon les anciens règlements. Tel était le cérémonial sous les empereurs chrétiens : on remettait au nouvel élu un sceptre d'or, garni de pierreries et de perles; on lui présentait un cheval tiré des écuries impériales, richement enharnaché, couvert d'une housse blanche, sur lequel le premier dignitaire ecclésiastique, entouré de tout le clergé, se rendait du Bucoleon au palais du patriarche, où les archiprélres lui prêtaient hommage selon les lois et la coutume. L'empereur, assis sur son trône, ayant autour de lui tout le saint sénat , la tète découverte, lui remettait la crosse. Le premier chapelain de la cour prononçait la bénédiction, le grand dornesl ique chantait Vffymne

et le Gloria; de l'autre côté, l'inspecteur des lampes entonnait le cœur :Le roi des 'l'enx, etc. Les chants terminés, l'empereur se levait, te-' nant le sceptre dans sa main droite; à sa droite était le Cœsar, a sa gauche le mélropolil ain fil bradée. Le nouvel élus'inclinait trois fois devant toute l'assemblée, et se prosternait aux pieds de l'empereur. Le monarque, élevant soi sceptre, prononçait alors ces paroles : «Lai Sainte-Trinité, qui m'a donné l'empire, te conJ fère le patriarchat de la nouvelle Rome. » C'est ainsi que le patriarche recevait sa dignité de l'empereur, puis il lui donnait la communion. Le chœur chantait : a Pour de longues années! ce seigneur !d et la formule d'absolulion. Mohammed voulut que la cérémonie de la consécration fût maintenue , et Georges ScholariosJ appelé aussi Gcnnadios, ayant été élu patriam che par le petit nombre d'archiprètres et de* laïcs qui restaient encore , il exigea que l'on] observât les rites sacrés, ainsi que cela s'était1 pratiqué sous les empereurs. Il invita le nouveau dignitaire à un grand festin, et le reçut avec de grands honneurs. Après un long entretien amical, le moment du départ étant arrivé, il lui offrit un sceptre précieux, en le priant de l'accepter; puis il l'accompagna jusque dans la cour, quoique Gcnnadios se défendit de recevoir celle marque de déférence, el il ordonna que lous les grands de la cour raccompagnassent jusqu'au synode du patriarchat. Gcnna-j dios se rendit , sur un magnifique cheval qu'on lui avait présenté, jusqu'à l'église des Saints-

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