‹ Histoire de l'Empire ottoman (volume 2)Chapitre 132 sur 288 · LIVRE XIII · texte numérisé non relu

LIVRE XIII

\potres, qui lui avail éttf attribuée pour métropole, à l;i place d'Aja-Sofia iransfiirmée en mosquée. Mais le quartier de la ville où cette

•glisr émit située ayanl été réduit ;ï un état de

iolituile. l'église elle-même portait les traces ; l'une horrible dévastation; un jour même le

adavre d'un Turc Fut trouvé sur le parvis.

iennadius reconnut que le lieu n'émit pas sur,

,;t il obtint du sultan que le siège du palriarl:'haf fut IransférédansréglisedelaTrès-Sairtte- •Virrge, où fui élevée plus tard la mosquée de

'"flhi.je; les religieuses, qui jusqu'il m s avaient ■labité le couvent de la Mére-de-Dieu , furent ■ ransporlées dans celui de Saint-Jean sur le ■Trullos, ce qui prouve au moins que quelquesliines avaient échappé aux mains des Turcs. Le I ialrian lie prit possession du beau palais situé I m nnrd de sa non % elle métropole. I e sultan lui

il délivrer un diplôme portant : «Que personne n'eut à le troubler et à l'offenser ; que le l)atriarrhe fut proie;;»1 contre tOUl adversaire; I pi'il restai à jamais libe de tous impôts et de [ous droits averses arrlhprèlresf I) » l,e même

iliploine. ou peut-être un a itr • acte, assurait uix Grecs trois libertés : I" leurs églises ne devaient |)lus être transformées en mosquées; J° leurs mariages, leurs sépultures cl autres cérémonies religieuses devaient s'accomplir ■ans troubles; 3" les fêtes de Pâques seraient élébrées avec toutes leurs pompe», cl à et efet les portes du Fanar, c'est-à-dire du quarier des Grecs, resteraient ouvertes pendant rois nuits 2).

Après avoir consacré le premier jour à tranpjilliscr les Grecs de Constant iuopie , Mohamned s'occupa des (iénois de Calala. Les habianlsqui restaient furent Inscrits) on forci les liaisons de ceux qui s'et tient enfuis sur les 'aisseaux latins, mais elles ti" furent, point pli* érs; les mobiliers furent invenloriés, et l'on ccorda un délai de (rois mois aux proprié- ;aires pour v rentrer: a l'expiration de ce terme, es biens meubles avec les maisons devaient re-

(1) l'hianzes , fin du ni' livre, et fin do l'Ilistoireec- :lésiasli(|ue , dans la Turin-;;r.iH'i.i de Crusius , p. 108.

(2) Canleiiiir , 110. D'après l'Histoire ecclésiastique, lans laTiirro |;i;eela de Cnisius , ce lait aurait eu lieu

jiou» le sultan Suleiman , ce qui s'accorde bien avec les noms des vesirs Ibrahim et Lutfl , niais non pas avec le :araclère de Suleiman.

tourner au fisc. Le sultan ordonna de raser les murs de Galata du coté de la terre; mais il laissa subsister la partie de l'enceinte appuyée au port (1). Afin de relever cl agrandir les fortifications de Constant inople, et de repeupler la cité déserte, il réunit dis maçons et des chaufourniers, et ordonna que cinq mille familles de Tréhisonde. Sinope et Aspiokaslron, sous peine de mort , vinssent s'établir a Constantinople. 1. 'un de ses esclaves, Suleiman, dut veiller à ce que la chaux , pour la réparation tics murs, fol prèle enaoùl, cl qu'en septembre les nouveaux colons, après avoir abandonné leur ancienne patrie, eussent établi leurs foyers dans la capitale, maintenant choisie par le sul-

tan(9). Des déclarations publiques assurèrent aussi que tous les Grecs qui pourraient prouver leur noblesse seraient iraiiés avec plus de distinction que sout les empereurs ; en conséquence beaucoup de nobles parurent à Constate tinople le jour de Sainl-l'ierre . fixé pour celle vérification; mais bientôt ils payèrent de leur tête ecl excès de confiance.

Vingt jours après la conquête 1 18 juin I459J, Mohammed se mil en roule pour Andrinople, traînant a sa suite un long convoi de hul in, de

vierges et de dames de la noblesse grecque.

Parmi les dernières se trouvait aussi l'épouse

du grand duc Noteras, femme intrépide et

vertueuse, qui mourut en chemin, près du village de Mcsenc, où elle fui ensevelie. I,e sultan menait aussi, comme prisonnier, son grand

vesirChalil. le quatrième de la famille Dschendeieli. dans laquelle s'était transmise sans Interruption la plus haute dignité de l'empire, depuis le bisaïeul jusqu'à l'arrière-pelit-tils ; il lui

fit trancher If tête. Cefoi ht première exécution

dans la longue suite de deux cents grands vesirs

que l'empire ottoman compte jusqu'à ce jour;

l'exemple fut imité, cl plus de v ingl lois ensuite le dernier supplice frappa le haut fonctionnaire

revêtu d'une autorité qui touchait ad pouvoir

suprême. Ko effet , Chalil-I'asrlia était l'ami secret des Grecs, el il s'était laissé corrompre. aussitôt que Noteras, interrogé par Mohammed sur la cause d'une résistance si opiniâtre.

(1) Ducas, |. xni, p. 176.

[2) PhraazM, lin du ne livre

eut invoqué les lettres secrètes de Cbalil, qui les encourageait à une vaillante défense, le vesir avait été jeté dans un cachot, et au bout de quarante jours, il subit la peine de mort (1). 120.000 ducats passèrent de ses coffres dans ceux du souverain : ses collègues Jakub et Mohammed-Pascba furent également dépouillés de leors biens, el ilfut interdit auxamisdeChalilde le pleurer 2 .11 5 avait déjà quelque temps que Mohammed soupçonnait Cbalil de s'être laissé corrompre par l'or des Grecs. Voyant un jour un renard enchaîné à une porte, il dit :« Pauvre fou , pourquoi ne l'es-tu point adressé à Cbalil pour racheter ta liberté?» Ce mot effraya le vesir, qui voulut alors se dérober à la colère du sultan au moyen d'un pèlerinage à la Mecque; mais, rassuré par un message particulier, il di meura jusqu'à ce qu'il payât de sa vie le crime de corruption et d'affection pour les Grecs, et satisfit le vieux ressentiment de Mobammed, qui ne lui avait jamais pardonné d'avoir rappelé pour la seconde fois son père Murad sur le trùne 3 . D'Andrinople furent adressées aussi au schali de Perse , au sultan d'Egypte, et au scherif de la Mecque, des lettres de victoire avec les rapports de la conquête de Constantinople 'A), les envoyés des Etats chrétiens voisins, en venant offrirdes félicitations, r> curent la sommation de payer le tribut annuel. Du despote de Servie , on réclama l'envoi régulier de 12,000 ducats, et de 10.000 du despote du Pélopnnèse. Les seigneurs génois de Chios et de Lesbos durent payer annuellement 6,000 ducats pour la première de ces villes , et 3,000 pour la seconde ; on exigea aussi de Trébizonde et des autres habitants des cotes de la mer Koire l'envoi annuel de 2,000 ducats (5),

(i) Hadikatul Wusera , c'est-à-dire le jardin desresirs , par Osmansade.

(2) Chalcondylas , 1. vm.

(3) Ibid.

(4) Dans la collection des papiers d'État de Feridun , n° 201 , au sultan d'F.gvpte , avec la réponse , n° 203 , au schérif di- la Mecque, n° 204, avec la réponse, n° 205, à Dsctaiban-Srhah de Perse, u° 207, avec la réponse D°208.

(5) Ducas , I. xui , p. 177 , ne détermine pas le tribut de Trébizonde , mais on le trouve dans Chalcondylas, 1. ix ,p. 147, édit. de Basic : Ut Joannesannuatim tiibuti nomme solveret duo millia aureoium. Selon Cbalcondy-

s , 1. x , p. 16-5 , Lesbos ne paya que 2,000 ducats.

elle tribut de Raguse fut portédel,500à 3.000 ducats, parce que la république avait accordé l'hospitalité aux fugitifs grecs, qu'elle avait accueilli les Comnène, les Lascaris , les Paléologue et les Cantacuzène, parce qu'elle avait f.tit un accueil honorable à des savants distingués, tels que Jean Lascaris , Démétrius, Chalcondylas, Théodore Spanduginus, et Paul Tarchaniotes, et leur avait offert des présents pour les mettre en état de continuer leur route et de se rendre à la cour de Lorenzo de Medtci.On attendit du grand maître de Rhodes et du doge de Venise des envoyés pour la négociation de la paix. Ceux du despote de Servie parurent avec le tribut imposé dès le mois d'août à Andrinople, oùrv ils distribuèrent d'abondantes aumônes aux prisonniers, et, sur l'ordre de leur maître, le despote Georges, ils délivrèrent cent religieuses jeunes et vieilles de l'esclavage (1).

Dans le Pelopon6.se, les Grecs étaient en désaccord avec leurs auxiliaires les Albanais, erj entre eux-mêmes. Lorsque Démétrius et Thomas, frères du dernier empereur grec, voulurent s'embarquer pour l'Italie, après la con-j quête de Constantinople , les Albanais leur refusèrent obéissance, et, dirigés par Pierre 1« Boiteux, ils se déclarèrent en pleine révolte, en prétendirent à la domination du PéloponèseJ Démétrius et Thomas avaient bien renoncé a'i leur projet de fuite, et s'étaient déjà engagés au tribut envers le sultan , dont la demande fut maintenant portée de 10,000 à 12.000 ducats. Mais alors des dissensions éclatèrent enlre les Grecs; Emmanuel Cantacuzène se mit à la tète du parti qui repoussait les Paléologues. Les Albanais ravagèrent le pays, et ils écrivirent à la Porte, lui offrant le même tribut que les Grecs pour la souveraineté du Péloponèse. Outre Emmanuel Cantacuzène, qui s'était présenté comme prétendant à l'autorité suprême, les chefs les plus dangereux du soulèvement contre les deux despotes Démétrius et Thomas étaient les deux Grecs Kenterion Zacharias, et Lukanos, que Thomas retenait depuis quelque temps prisonniers dans la ville de Chlumutza. ou de Castel-Tornese, le premier, beau-frère du dernier empereur Constantin , parce que ,

(1) Ducas , I.xlii ,p. 177.

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