‹ Histoire de l'Empire ottoman (volume 2)Chapitre 155 sur 288 · LIVRE XIV · texte numérisé non relu

LIVRE XIV

lohammed résolut la conquête de Négrepont lohamroed-Paseha, l'ancien grand vesir, main- ■uaut amiral et sandschak-beg de Gallipoli >rtil des Dardanelles avec une flotte de trois ■nts voiles, dont cent galères et deux cents itres vaisseaux portant soixante-dix mille omuies de trouj es 1 . et Mohammed conaisit une armée non moins forte par terre îsqu'en face de Négrepont. Les forces turques ; déployèrent sur le même rivage qui avait .dis été couver! par l'armée de Xerxès . e1 la <-nte du conquérant ottoman fut plantée sur le lême promontoire où s'était dressée celle du rand roi de Perse. Mais Nicolo Canale n'était as un Thémistocles. Placé à l'ancre avec trentenq galères dans le golfe de Sarona. sous l'ile e Salamiue, il atteudit sans bouger des rennes de Candie, et laissa les Turcs établir un out de galères, et transporter toute leur arléf dans l'île de Négrepont. Le capitaine Anjnio Ottoboui déploya une valeur d'autant lus brillante : avec son seul bâtiment, il pénë- (■ a dans le port à travers la flotte ennemie; son l'ère Stéphauo fut moins heureux : le bâtiment u'il montait prit feu avec on vaisseau ennemi, ile était sous le commandement de Paolo ri/zo comme baile ; Luigi Calvo avait remplacé (•omme capitaine des troupes Giovanni Badoer. ousti oisétaienl des hommes vaillants et plcius 'e prudence: néanmoins ils se trompèrent tous rois eu plaçant leur confiance dans le capitaine romasi Schiavo de Lebeuo. qui entretenait de errides intelligences avec les Turcs: il fut découvert, et paya trop tard sa trahison delà ie 2). Durant dix-sept jours (3), les Turcs ivrèreut cinq assauts furieux : dans les trois Premiers ils perdirent plus de vingt mille homnes et trente galères. Mohammed rit débat- - [uer le reste des équipages, et arracha de non eaux soldats et de nouveaux matelots des lieux •nvirounants. Le moment était favorable pour ,a flotte vénitienne; elle pouvait accourir rapi-

1 (1) Daru .Histoire de Venise, 1. n , p. 465. Selon le •ecrétaire de Malatesia , l'armée de Mohammed était de ilus de deux cent mille hommes.

(2) Relazione del sefji elario di Malatesla, et le pies.iii Aegreponte da aulore incerio. dans le Recueil de Sauso- • ino , p. 322.

(3; Les jours d'assaut fuient le 25 et le 30 juin , les 3, 5, 8et 12 juillet: Laurier, Histoire de Venise , 1. xxvi.

dément, rompre le pont de galères, et couper aux assiégeants déposés dans l'ile toutes les communications avec le continent, et tous les convois de vivre. Sourd a toutes les représentations de ses capitaines, ne voulant pas voir les signaux de détresse de la place. Nicolo Canale ne bougeait pas 1 . Un quatrième assaut détruisit quinze mille assiégeants '2 . mais dans le cinquième, et le plus» sanglant, la ville fut enfin emportée le 12 juillet 1 170. La citadelle se défendit encore quelques jours: mais la garnison abattue, réduite a rien par la perte de six mille hommes, se rendit sous la condition d'avoir la vie sauve 3 . Pour venger la mort de cinquante mille de ses plus vaillants soldats 4 . Mohammea imagina les supplices les plus barbares, et assouvit sa fureur sur les vaillants défenseurs de leur patrie: les Vénitieus furent empalés, éeartelés. lapidés ô : les Grecs furent seuls emmenés en esclavage. Paolo Erizzo fut scié eu deux avec les ambassadeurs de Kalabrita et de Leontari. et sa fille, qui ne se montra pas assez complaisante oour le sultan . fut coupée en morceaux.

L'ile de Négrepont. autrefois Eubcea. surnom de la fille d'Asopus . ou Makris , la longue . à cause de sa forme . et Clialkis ou Chalcondactis. lie ses mines de 1er. ou Abantis. de ses premiers habitants, les Abantis. méritait d'attirer l'attention parson étendue, sasituation. sa fertilité, ses villes, ses caps, ci les flux et reflux de l'Euripus 6 . Son ancienne capitale Ilistiœaou Oncas était bâtie sur le penchant dumontThelethrios ,7 . à peu de distance du cap septentrional de l'ile d'Artémisium. La nouvelle Chalcis. située dans la partie méridionale, sur la montagne la plus élevée, .-e lie au continent au moyen d'un pont garni de tours. Dans le mo\ en âge. le canal fui appelé Egripos, d'où est venu le nom actuel un peu corrompu de Négrepont pont de l'Egripe . Au sud de Chalcis.

(1) Daru , Histoire de Venise, 1. n , p. 466; Laurier , I. tu . p. 235.

(2 Daru , Laugier. pass. cit.

(3) Daru , 1. u , p. ic;7.

i D'après les historiens vénitiens soixante dix-sept mille.

5 l.a presa di Ne^i-epouie.

I ' ojr. l.i description deTiie-Live , 1. xxviu, p. 6.

7 Strabo, I. il, etTile-Live.l. xxvui , p. 6.

probablement sur remplacement «le Porto-Bufalo ( I ), s'élevait l'une des plus anciennes et des plus célèbres villes de l'île , Eretria, et plus au midi encore on voyait Karyslos, fameuse par ses vins, ses marbres (2). Tant d'avantages et derichessesdevaientatlirer l'attention desÉtats voisins, et des conquérants étrangers. Les Grecs s'arrachèrent la dominai ion de l'Eubée;

ri) Mannert, I. îx, p. 261.

(2) /Wrf.,1. îx, p. 263.

cette île fut possédée successivement par le Athéniens, les Spartiates et les Macédoniens des rois de Macédoine , elle passa à la républi que de Rome , puis aux empereurs de Byzancc i qui laissèrent Venise y établir sa puissance. Au trefois de grands monarques, Xerxès,Antiochu? Mithridate, l'avaient occupée quelques instants I C'est ainsi qu'elle avait été agitée dans les flot] de toutes les conquêtes jusqu'à ce que Mohara I med la fixât comme la base inébranlable de b domination ottomane de tout l'Archipel.

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