h, p. 265; Ssolak
Mohammed consola son armée avec le récit d'un songe réel ou inventé pour relever le courage du soldat. Il rêva ou prétendit avoir rêvé que lui et Usun-Hasan, tous deux en costume de lutteurs, mesuraient leurs forces et leur habileté. D'abord le sultan avait ployé les genoux; mais bientôt il s'était relevé, et avait porte ,ï son adversaire un si furieux coup à la poitrine, : qu'un morceau du cœur d'Usun-Hasan était tombé à terre. Au bout de quelques jours, le songe se réalisa par la victoire complète que Mohammed remporta sur Usun-Hasan dans le voisinage d'Ersendschan. Déjàrarméeottomaue s'était avancée de six marches en pays ennemi, dans la direction de tiaiburd (1), et à la septième , le lundi, 1er du mois de rebiulewwel, elle était parvenue aux environs de Terdschan, à Utschaghisli. Là fut aperçue l'armée ennemie sur leshauleursd'Otlukbeli, où Usun-Hasan la rangea en bataille, donnant le commandement de l'aile droite à son plus jeune fils Seinel, celui de l'aile gauche à son fils aîné Oghurlu-Mohammed. En face, dans la disposition des troupes ottomanes, étaient les deux fils de Mohammed, Sultan-Mustapha avec les troupes asiatiques el les Asabes , à l'aile gauche, et Sultan-Bajesid, avec les troupes européennes et les janitschares,à l'aile droite. Mustapha fondit sur l'aile droite de l'ennemi, et Seinel, fils d'Usun-Hasan, péril dans cette charge. Mahmud, l'aga des janitschares (2), présenta sa tète au prince Mustapha , et celui-ci la déposa aux pieds de son père. Ainsi était accompli le songe de Mohammed; car, en persan comme en turc, les en-! fants sont appelés les morceaux du cœur. Le prince Bajesid repoussa l'aile commandée par Oghurlu-Mohamraed ; toute l'armée turkmane fut en désordre, et Usun-Hasan prit la fuite, abandonnant son camp et son bagage. Mohammed s'arrêta trois jours sur le champ de bataille pour massacrer les prisonniers (3). On n'épargna que la vie de quelques savants hommes, dont Usun-Hasan, grand protecteur des sciences, menait toujours un certain nombre avec lui.
(1) Dschihantiuma , p. 424, et Annales de la littérature, I. xiv, p. 32.
(2) Aali , xxive récit.
(3) Seadeddin, dans Bratutli, I. u, p. 279; Ssolaksade, fol. 59; Nescbri , fol. 228-230; ldris, fol. 143-147.