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. raient jamais la rivière d'Ulubad 'le P.hynda- ! kus;. Osman en prit l'engagement solennel que ses successeurs accomplirent quant à la lettre, sans en respecter l'esprit; ils ne passèrent jamais la rivière même d'Ulubad, mais, lorsqu'ils le jugeaient nécessaire, ils tournaient sur des vaisseaux son embouchure dans la mer, éludant ainsi la véritable interdiction portée par le traité (1). L'île de Galios (Kalolimne;, dépendant du territoire de Kete (2) (Katoikeia), qui est située à l'entrée du golfe de Modania(le golfe de Kianus), fut, sur l'ordre d'Osman, conquise l'année suivante par Kara-Ali, fils d'Alighudalp , qui épousa une jeune fille grecque d'une merveilleuse beauté, trouvée dans le riche butin enlevé à Kalolimne (3).
Immédiatement avant la prise de cette île, s'était accompli le premier acte important de la piraterie turque, la dévastation de l'infortunée Chios, célèbre également par la beauté merveilleuse du pays et par les ravages des Barbares si fréquemment renouvelés dans le cours de six siècles. Trente vaisseaux turcs y abordèrent et désolèrent l'île entière. Les habitants qui étaient restés furent massacrés en masse (4), â l'exception de quelques-uns qui parvinrent à se jeter dans le château fort. D'aulres, montés sur quarante bâtiments, espérant sauver leurs femmes, leurs enfants et leurs biens, échouèrent dans les parages de l'île de Skyros où ils périrent tous. A partir de cette époque, les pirates turcs désolèrent les îles de la Méditerranée depuis l'embouchure du Bosphore jusqu'au détroit de Gibraltar (5). Les historiens byzantins rapporlent les descentes destructivesdesflottesturques sur les îles des Princes (6), de Rhodes, Samos, Karpathos, Lemnos, Mitylène (7), Candie, Malte, et sur les autres Cyclades (8). Comme les écrivains ottomans ne font mention d'aucun de ces exploits, à l'exception de la prise de Kalolimne, et que les États d'Osman, à cette épo-
(1) ldris, fol. 67.
(2) Dans Pachymeres , liv. v , c. 21 , tom. Il, 287 ; Katoi.xeia.
(3) ldris foj. 67.
<A) Pachymeres, 1. vi, cap. 17 , édit. de Rome , 1 1 lit. p. 355.
(5) Pachymeres , 1. m, chap. 14 , p. 157.
(6) Jbid. , 1. iv , chap. 29 , p. 237.
(7) Ibid.,\. v, chap. 26, p.303.
(8J Nicephoros Gregoras , 1. vui , chap. 10 , p, 11G.
que, touchaient ;ï peine au rivage de la mer, on est eu droit de penser que ces Hottes turques, toujours prises par Pachymeres pour des escadres persanes, n'appartenaient pas aux Ottomans; qu'elles avaient été armées par les autres princes turcs, maîtres des côtes de l'Asie Mineure depuis le golfe de Modania jusqu'à celui de Megri (Telmissos); par exemple, par les princes de Karasi, de Ssaruchan, Aidin et Mentesche.
La même observation peut s'appliquer aux conquêtes continentales des Turcs, racontées par Pachymeres, qui appartiennent, non pas aux Ottomans, mais aux princes de Kastemuui, kermian, Mentesche, d'Alaje ou de Kararaan, véritables chefs turcs, qui, désunis entre eux, n'étaient pas moins animés d'un même sentiment, d'un même esprit, pour se précipiter sur l'empire byzantin. Ainsi peuvent se juger les entreprises du prince deKastemuni-Umur-Beg, qui assiégea la ville de Ccnchrea (Kanghri), où s'étaient réfugiés les Grecs chassés par les Turcs de la plaine du Scamandre, la prit, la saccagea, massacra tous les habitants, puis mit le feu aux murailles désertes (1): la conquête de Tripolis sur le Méandre 2) par Alischir, prince de Kermian, et son siège de Philadelphie (Alascliehr) qu'il fut forcé de lever devant Roger, ancien templier, ancien pirate, alors époux de la petite-fille de l'empereur et grand amiral de l'empire byzantin (3); l'irruption et les déprédations d'Alaeddin en Lydie, dont Sardes, la capitale, se tint pendant assez longtemps, moitié sous la domination turque, moitié sous l'autorité des Grecs, jusqu'à ce que la garnison turque fût expulsée par les Grecs alors grossis par de nombreux renforts (4) ; enfin, la prise de Tyraja et de la célèbre Éphèse, à dix lieues de là, par Saisan, jadis serviteur et alors gendre du seigneur de Mentesche (5), qui permit bien d'emporter les vases des saints sacrifices de l'église d'Éphèse et les objets précieux consacrés au bienheureux saint Jean et à la mère du Ghrist; mais ensuite fit massacrer les habitants
(1) Pachymeres , I. v , chap. 27 , lom. h , p. 306.
(2) Idid. , I. v, ebap. 25 , tom. n, p. 300.
(3, Jbid. j loin il , I. v , thap. 21 , p. 293; chap. 23, p. 297 ; chap. 26 , p. 302.
(4) Pachymeres, 1. v , chap. 16, p. 218.
(5) Jbid , l.vui, p. 13.
sans défense (1), ou, par crainte d'un soulèvement, les entraina sur sa roule et les jeta dans les fers à Tyraja.
Assailli ainsi par les Turcs qui fondaient de tous côtés sur les frontières asiatiques de l'empire, l'empereur Andronic Paléologue avait cherché de l'assisiance auprès de Ghasan, le grand chan des Mongols, lui promettant pour prix de ces secours la main de sa fille; puis il renouvela cet engagement encore envers Chodabende, le chan suivant. Déjà Ghasan avait envoyé aux dix princes asiatiques l'injonction de respecter le territoire de l'empereur byzantin; Chodabende appuya cet ordre par l'annonce de la marche de quarante mille hommes de troupes auxiliaires , dont la moitié, sous la conduite de son neveu , allait paraître devant les murs de Konia. La menace de Ghasan et l'armement de Chodabende n'avaient cependant empêché, ni l'occupation de Sardes par Alaeddin , ni la prise d'Éphèse et de Tyra par Saisan, seigneur de Mentesche (2). Osman dédaigna plus encore l'orgueilleuse fiancée des Mongols, Maria, qui, pour hâter la conclusion de son mariage depuis si longtemps négocié, et presser la marche des auxiliaires mongols annoncés depuis tant de mois (3), s'était avancée jusqu'à Nicée, et delà faisait déclarer à Osman qu'elle allait le dénoncer à Chodabende, qui déjà devait avoir envoyé trente mille hommes sur les frontières.
Osman, qui, déjà précédemment, avait étendu ses courses, entre le Sangarius et le Mêlas (A), dans le territoire des Siphones et des Halizones, jusqu'aux rives du Bosphore, portait le ravage jusqu'à Istrawros (Astrabites), au château d'Hieron, en Analolie. et jusqu'à Chelai (Kilia) (5), sur le bord de la mer Noire , remplissant tout de terreur, bien loin d'être arrêté par les menaces de la fiancée du clian mongol, se sentit , au contraire, excité davantage, et il attaqua le
(1) Saisan s'appelle dans le texte grec Heptxapxa Swrav, et Alaeddin AXoucJe;.
(2) Jbid. , I. t , cap. 16 , p. 280 , et 1. vu ,cap. 13 , p. 412.
(3) Jbid., 1. vu , cap. 25 , p. 433.
(4) Pachymeres ,1. iv, cap. 25, lom. H , édit. de Rome , p. 228.
(5) Acpaëïrrnç , Upcv , XrAïi ; Pachymeres , I. v, cap. j 21 , édition de Kome , t. n, p. 286.