LIVRE XXII
œ brée aujourd'hui en Perse avec une pompe ttjtrale (1), fut le signal de la guerre rclitiiise entre les sunnites et les sehiites, qui plongea ses fureurs jusqu'au renversement d trône des chalifes, et qui souvent inonda d.sang la capitale de l'empire. Trente ans à paie après cetle institution, Abulhasan-kew- Kii, vesir de Behaeddewlet, fut immolé pour Mit voulu l'abolir ,992],
ious le règne de Kadir-Billah, les sebeichs etfinrent ouvertement aux mains avec les sun- Mes, qui les traitaient d'hérétiques; le marché K volailles fut incendié. Le chalife fit sou- ■irepar les sehiites une déclaration , en vertu ■laquelle ils s'engageaient à se tenir tran- Blles et paisibles; mais, pour le rélablisse- Hntdu repos, il lui fallut employer le bras de Hhmud, souverain de Ghasua 10!6 1017].
■uicoup de sehiites, appelés aussi ismailites fcewafis, furent immolés ou jetés dans les ftnnies (2 . .Néanmoins, douze ans et trente- Mn ans plus tard (3), les sunnites et les Hiites combattirent encore dans les rues de ■jdad, à l'occasion de la fête de l'Âdschura; H sehiites furent battus, et l'on rasa le fau- ■îrg de Karch , dans lequel ils s'étaient for- Hés (4). Depuis , leurs principes devinrent Bs-menaeants pour le trône , parce qu'en jBypte, depuis le commencement du vc siècle Hl'hégire et du xie de 1ère chrétienne, les ■limites prétendaient au chalifat , comme iftcendants d'Ali, et que, dans Bagdad, H puissant Besasiri avait embrassé leur Kti. Sous le faible règne du chalife Kaim- Bmrillah, Besasiri assura le triomphe des héliques ."> 1052 . Les prières furent récitées, fc monnaies furent frappées au nom de Mos- Éiszir. le chalife fatimile d'Egypte (6), pen- ■nt dix-huit ans, jusqu'à ce que, au comnien-
1) Mouradjea d'Ohsson , Tableau de l'empire ottoi n , I. u , p. 116, et comme sources le Gulscheni-Chu- Ij , imprimé à Conslauliuople; Sojuli , Histoire des 'Jlifes, Sobebi et Ibn-Scbehne, dans cetle année.
\2) Sobtbi , Gulscbem-tbulefa , Sojuti , lbn-Schehne, rbles chronologiques d'Hadschi-Cbalfa, eu 40t>.
;3) Les précédents , en 420 , dans les Tables chrono-
;iques d'Hadschi-Lbalfa.
(4) Les n. unes, et les Tables chronologiques eu 440. K5) Le s inémts , et les Tables chronologiques en 444.
,6; Les mêmes , et les Tables en 450.
cément du règne de Moktadi-Billah , la puissance des sehiites fut encore abattue (1) [1074]. Dix ans après , ils se relevèrent de nouveau, et luttèrent ouvertement contre les sunnites (2), qui triomphèrent après une suite de désastres [1090]. Durant un siècie, les guerres religieuses, abandonnant Bagdad, se transportèrent en d'autres villes de la Syrie et de la Perse; à Damas, six mille prisonniers, suspectés comme ismailites, furent égorgés (3), et il n'en périt pas moins à Iszfahan, après une suite de combats qui s'étaient prolongés pendant huit jours (4J 1 186 . Sous le règne si long du chalife Naszir-Li-Dinillah , dans l'année même où les astronomes, d'après la conjonction des sept planètes dans le signe de la Balance, avaient placé la fin du monde (6), comme ils l'avaient déjà prophétisé quatre-vingt-dix ans auparavant, de la conjonction de six planètes sous la constellation des Poissons (6), le sang coula encore entre les sunnites et les sehiites, au sujet de la fête d'Adschura. Enfin, égaré par de perfides conseillers , tels que le vesir Alkama , dont le nom est pour jamais flétri da;.s l'histoire de l'Orient comme celui d'un traître, Moteaaszem , trente-septième et dernier chalife de la maison d'Abbas, exerça une furieuse persécution contre les partisans d'Ali Ll-'o3j : il livra leurs maisons , leurs biens et leurs femmes aux sunnites, et précipita ainsi la chute du trône ; car Alkama lui-même, schiile au fond du cœur, appela les Talares , sous ilolaku , et le chalifat s'écroula au milieu des ruines de Bagdad et dans des Mots de sang (7). Après deux siècles et demi de sommeil, les sehiites se réveillèrent, cl relevés par la famille de l'heureux lsmail, ils établirent la prépondérance de leur secte en Perse, où elle a maintenant sa domination. La famille turque d'Osman et la dynastie persane des Ssafi, sans être unies par le sang aux descendants d'Ali ou de Moawia, lièrent néanmoins étroitement les calculs de leur ambition
(1) Tablas chronologiques d'Hadschi-Chalfa , en 523. (2,i Les mêmes , et les Tables eu 478. (3] Les mêu es , et les Tab.es eu 468. (4; Ibid.,900.
(5) Ibid., r 2.
>: Jbid., 489.
(7j Mouradjea d'Ohsson, I. p. 117.
HISTOIRE DE L'EMPIItE OTTOMAN.
aux prétentions respectives des sectes religieuses dont elles professaient les principes , et quoique, depuis long-temps, les descendant d'Ali aient perdu toute importance comme prétendants au trône , les deux sectes des sunnites etdesschiites, représentées par les Otloraanset les Persans, peuples voisins et rivaux, se sont heurtées les armes à la main, et sont restées jusqu'aujourd'hui en face l'une de l'autre dans une altitude menaçante.
Ou a vu plus haut comment la doctrine des schiites, ranimée parScheich-Dschuneid, Ilaideret Schah-lsmaïl , s'était étendue daus l'empire ottoman, et particulièrement dans le canton de Tekke ; comment le chef des novateurs et des rebelles, Scheitankuli, après avoir battu trois fois les armées turques , avait fini par perdre la vie dans une bataille. Cette guerre religieuse avait présenté jusqu'alors à peu près le même caractère que celle qui fut soutenue sous Mohammed Ie', avec les novateurs et rebelles, ralliés sous la bannière du derwisch Torlak- Hukemali et du scheich Bedreddin de Simaw ; mais maintenant le théâtre va s'agrandir, les scènes vont être plus atroces. Un acte effroyable de Selim, qui surpasse en horreur tous ceux de ses devanciers et de ses successeurs , va pousser l'exaltation de la haine jusqu'à la rage. Selim, dont les talents d'inquisiteur sont célébrés par les historiens ottomans, avait fait dresser, à l'aide de nombreux espions , des listes de tous lés sujets soupçonnés d'appartenir à la secte des schiites dans l'empire ottoman , depuis l'âge de sept ans jusqu'à soixante-dix. Leur nombre s'élevait à quarante mille : tous furent immolés ou condamnés à une prison perpétuelle. Jusqu'alors on avait vu dans l'islam les armées des novateurs, qui menaçaient le trône et l'autel, tomber les armes à la main, comme les sectateurs des doctrines de Babek et de Karmat ; à Bagdad et à Iszfahan , les sunnites et les schiites s'étaient combattus ; à Damas, dans une seule ville , il y avait eu , dans l'espace de quelques heures, un massacre général des ismaïlites; mais ici les coups frappèrent à la fois sur tous les suspects de sept à soixante -dix ans, et dans toute l'étendue de l'empire. C'est ainsi que Selim noya la nouvelle hérésie dans une mer de sang. Parce qu'il abattit quarante mille hérétiques, comme Nuschirwan, les historiens
ottomans le nommèrent aussi le Juste, jusiiee a été vantée par les ambassade européens, qui rédigèrent leurs rapports se ,1 l'esprit des historiographes turcs (1).
Après avoir fait tomber l'épée sur les) ques désarmés dans l'intérieur de l'enijj était temps de la tourner au dehors ; car ScH Ismaïl s'avançait comme vmgeur de ses coi légionnaires et protecteur du prince l'u;;i Murad. Dans un divan convoqué extraordim renient , le sultan annonça sa résolution, et jj diqua la plaine de Jenischehr comme lieu de r, semblement pour l'armée (-2\ Trois fois déjà sultan avait répété ces paroles (3), sans qû'.j, seul des esclaves tremblants sous son regard e osé élever la voix, lorsqu'un simple janitscmfl Abdallah s'avança , se prosterna la face coni {j terre , et , après les vœux accoutumés pour 3 longue vie du maître, lui exprima la recqij naissance de ses compagnons d'armes , joyei.5 enfin d'être menés par leur padischah contJ Ismaïl. Cette réponse fui récompensée par 1 sandschak d'Anatoli, que Selim conféra à l'I rateur (4). Trois jours après, le sultan parti d'Andrinople [ 19 mars 1514]. 11 n'arriva qui près dix jours de marche à Constantinoplç ,1 planta sa tente dans la plaine des Éléphant» près du faubourg d'Ejub. 11 visita le tombe;] du compagnon du prophète (5), afin d'altirej par sou intervention, les bénédictions du ci au moyen de prières et d'abondantes aumône appela son fils Suleiman, alorsàgé de vingt an, qui résidait à Magnesia, pour lui donner le goi vernement de Constantinoplç; fil transporte le camp à Skutari, tandis que les janitschajj sous le commandement d'Ilasan-Pascha, beg lerbeg de Rumili, traversaient t'HellespoiI Gallipoli. Lui même se mit en route le jeud] jour heureux chez les musulmans, et se rend] en Asie, dans le camp de Maldepe, où il confi ra le commandement de l'Analoli à l'eunuqu Sinan-Pascha, gouverneur de Bosnie (6). Irai jours après son départ de Constantinople [2
(1) PaoloGiovio, fol. 25.
(2) Le Selinuianie de Scbukri , fol. 18.
(3) Le discours est différent dans Aali, Lutfi , Sea deddin, et Ebullals-Mahmud.
(4) Aali , ue événement de Selim.
(5) Seadeddin et le filsd'ldris.
(ti) Seadeddin , Ssolaksade , Aali et le fil» dldris.