LIVRE XXIV
i res points du ciel. Dans l'intérieur sont catre niches d'autel , pour les quatre sectes (hodoxes; mais l'objet le plus saint de la rnost ce est la chapelle, où, selon l'opinion des nioslis, doit être déposée encore aujourd'hui 1 tête de saint Jean-Baptiste (1), quoiqu'au tops de l'empire byzantin , elle ait été transitée avec tant de pompe à Constantiuople. Ins ce temple où l'on se prosterne devant l tombeaux des prophètes Hud et Chisir, on mire encore les tribunes, les coupoles, I colonnes et les jets d'eau dont l'un soulève i melon. Mais depuis longtemps les lampes nr et les chaînes d'argent ont disparu, les tonnes ont souffert dans les deux grands in- ^îdies allumés, la première fois, dans la guerre ( tre les habitants de l'Egypte et de l'Irak (2); lœconde, au sein de la ville conquise par le loceTimur(3)
Ensuite Selim visita les tombeaux des disci-
•s et des épouses des prophèti s , des grands
l|inces et des scheichs fameux , des chalifes, de
^ireddin, qui décora Damas de tant d'édifices
ÏSttant de pieuses fondations, et du grand
lilaheddin. Le sultan se rendit aussi à la grotte
■ Rubua, appelée le berceau du seigneur
[sus, et s'arrêta surtout à Ssalihije, sur le
Inchant du mont Casius , près du tombeau du
108 grand de tous les scheichs mystiques,
;j}hijeddin-Al-Arabi. Deux fois aussi le sultan
avoir Mohammed, de Bedachschan, qui, par
|rD indépendance et son dédain pour les biens de
terre, s'était acquis une haute réputation de
îiinteté. A la première visite lescheich n'ouvrit
lis la bouche; interrogé par le médecin Achi-
'ichelebi sur la cause de ce silence, il répon-
t que c'était au sultan et non pas à lui d'eu-
,iger la conversation. La seconde fois, le mé-
;cin ayant commencé à parler du temps, le
.heich prit la parole, et dit :«Le chalifat est
1 pesant fardeau; les sultans sont comme nous
îtres scheichs, d'impuissants serviteurs du
•éateur; de plus il leur faut supporter le poids
u gouvernement ; celui qui ne porte qu'un lé-
er bagage peut se sauver plus facilement que
(1) Dscbibannuma , p. 573.
(2) Schebi, an de l'hégire 461 [1068]; Menasikul- Jilscli , p. 56.
(3) y oy. lib. vu.
l'homme chargé d'un lourd fardeau ; mais le devoir d'un souverain est de garder le fardeau qui lui est imposé. » Après des avis de ce genre, le scheich donna au sultan la bénédiction qu'il lui demandait. Tous ces respects de Selim s'explique par l'hypocrisie, et de plus par son penchant pour le mysticisme qu'il tenait de son père. Le divan de ses propres poésies persanes ne contient guère que des compositions mystiques; et, sous ce rapport, c'est un singulier phénomène dans l'histoire littéraire, non-seulement des ottomans, mais encore de tous les peuples qui comptèrent des écrivains parmi leurs rois. Selim aurait aussi montré les plus grands égards aux savants distingués dans ses nouvelles conquêtes ; mais alors ni la Syrie, ni l'Egypte n'avaient de grands hommes à citer dans l'empire de l'intelligence. Il se borna donc, durant son séjour à Damas et pendant sa marche vers 1 Egypte, aux entretiens avec les savants de son propre entourage , avec le philologue Halimi, son précepteur, le juge de l'armée Kemalpaschade , avec son savant médecin, le persan Achi-Tschelebi, et son chambellan Hasand-Schah , père de Seadeddin l'historien. Au milieu même de la campagne, ce dernier eut soin de faire transcrire des ouvrages classiques, tels que l'histoire persane de Waszaf, après que l'exemplaire du sultan, dans lequel Selim aimait àlire, comme son aïeul Mohammed 11(1), fut tombé entre les mains des brigands bédouins , dans la marche à travers le désert (2). Tandis que Selim se tenait à Damas , les mameluks au Kaire avaient procédé à l'élection d'un nouveau sultan [22 octobre 1516). Les dschelbans votèrent pour le fils unique de Kanszu-Ghawri Seid-Mohammed ; les korsans, de leur côté , élurent Tuman-Beg , prince signalé par son courage, son équité, son désintéressement. Malgré toutes ces qualités, les dschelbans craignirent pour la vie de leur protégé, le fils mineur du dernier souverain. Alors deux des premiers begs Alan-Beg et Kurt-Beg intervinrent, et s'engagèrent à garantir la vie de Seid-Mohammed, si les
(1) Une magnifique copie de Waszaf, faite pour Mohammed Il , se trouve maintenant en la possession de l'auteur de cette histoire.
(2) f'oy. le récit de Hasand-Schab, dans le Selimname de son fils.
Dschelbans fournissaient 60,000 ducats pour soutenir la guerre 1 1 ). Pendant 1 hiver Seliin fit des préparatifs pour la marche à travers le désert qui sépare la Syrie de l'Egypte. Plusieurs milliers de chameaux furent achetés pour transporter des outres pleines d'eau, et deux millions d'aspres furent distribués comme gratification panaj les soldats. Sinan - Pascha fut chargé de marcher avec cinq mille hommes vers Ghasa, pour soutenir le pascha de ce lieu. Unsaim , possesseur de l'un des grands fiefs de cavalerie, Tscherkes-Murad, et un autre personnage, allèrent, comme envoyés auprès du nouveau sultan des mameluks, pour lui offrir la paix moyennant la reconnaissance de la suzeraineté ottomane (2). Tuman-Beg reçut les deux envoyés avec les honneurs dus à leur rang, mais, au moment où ils sortaient de l'audience , ils se trouvèrent en face d'Alan-Beg , qui, transporté de fureur à leur aspect, leur abattit la tète, puis s'efforça, dans le divan, de justifier son action , par l'indignation qu'il éprouvait de cette proposition humiliante de sujétion, et par son mépris pour les Ottomans , qui, bien inférieurs en courage aux mameluks , n'avaient du qu'à l'artillerie leur triomphe de Merdschdabik. La guerre fut résolue; Dschanberdi- Ghasali fut nommé chef de l'armée de dix mille hommes, qui devait marcher à la rencontre des Ottomans , sur les frontières de Syrie ; dix begs commandaient chacun mille guerriers. Ces troupes partirent du Kaire vers la fin d'octobre L1516.I, et sur les frontières, non loin de Ghasa, près du Karavauserai de Junis-Chan,ellesrencontrèrent l'avanl-garde de l'armée ottomane, commandée par le grand vesir Sinan-Pascha. L'aile droite des Turcs était sous les ordres du sandschah de Tekke Ferhad; l'aile gauche, sous la conduite de Mohammed-Beg, fils d'Isa, gouverneur de Ghasa; Sinan-Pascha se tenait sur les derrières. Du coté des Égyptiens, l'ancien gouverneur égyptien de Ghasa Dewlet-Beg était opposé à Mohammed-Beg; et le gouverneur d'Alexandrie Chudawerdi-Beg était en face du sandschak-beg de Tekke (3). La fortune se déclara en définitive contre les Égyptiens; mais
(1) Ibn Seinel el Subeili , fol. 18
(2) Seadeddin , 1. îv , fol. 292.
(3) Seadeddin , I. îv , fol. 6i)5 ; Alfonse lilloa, p. 139 ; Dscbelalsade , Selimname , S xix.
pendant l'action , les habitants de Ghasa et t Ramla se révoltèrent. Au milieu du mois de d cembre Selim se porta contre Ghasa et Ram [16 décembre 1516]; à Dschuldschulije, pr« -i de Ramla, il reçut le rapport de Sinan-Pasçhi avec des trophées de tètes coupées, et, poi châtier les habitants révoliésde Ghasa ci i Ramla , il ordonna de les massacrer. De Raml; Selim, accompagné seulement de quelques se/ viteurs dévoués, parmi lesquels se trouvaier Hasand-Schah, père de Seadeddin, et l'histc' rien Idris, alla faire une excursion à Jérusalem où il arriva tard , de sorte qu'il visita , dans I nuit, la pierre du sacrifice d'Abraham et lt tombeaux des prophètes. Comme il avait pi tout le jour, pour faire la prière de l'aprt midi , «à peine put-on trouver une place sèch sur un rocher. Le lendemain la neige tombait gros flocons; Selim se rendit de Jérusalem. ! l'Hebron , pour visiter le tombeau d'Abraham i puis revint joindre son armée dans la plain d'Ascalon (1). Lorsqu'il était campé à Ainesz Szaffa,à l'orient de Ghasa, il vit arriver le grand vesir Sinan-Pascha , qui, en récompense de so, dernier exploit , reçut un sabre magnifique ; o ordonna une nouvelle distribution d'argefi' dans l'armée, avec les revenus d'Alep et dl Damas. Husein-Pascha(2), l'un desquatrcvesirsji hasarda quelques représenlations sur cette me! sure et sur les dangers de la marche à traverji le désert. Un exécuteur des ordres du sultai vint lui abattre la tête. Avant que les troupe! eussent pénétré dans le désert, Selim avait reçt; les clefs des villes de Ssafed , Tiberias , Nablus Jérusalem et Hebron (3), et l'hommage de scheichs des tribus arabes (4); le plus important: de ceux-ci Ahmed-Ben-Bakar, chef des Béni wail , reçut une investiture, par la bannière, et le tambour (5).
En dix jours fut franchie la dislance de la frontière égyptienne à Shalihije, par le dé-, sert (6). Des pluies continues fournirent de
(1) Seadeddin , l.iv, fol. 696; le fils d'idris, fol, 115;: Dselalsade, Selimname, S xix-
(2) lbn Seinel , Sulieili , Seadeddin , 1. iv, foi. 679.
(3) Selimname de Schukri, fol. 74
(4) Ibid., fol. 71.
(5) Suheili , fol. 21 ; Selimname de Keschfi , fol 52.
(6) Sctaukri , fol. 75 , appelle ces sables le désert de Katijeet d'Ummol-Hasan.
LIVRR XXIV.
eau en abondance , et de doubles attelages mis ux voitures permirent de surmonter plus failement les difficultés de la route. Mais les irabes du désert du côté de l'Egypte se répaniaient en essaims tout autour du camp, attirés iar le désir du butin, épiant le moment de ouper des tètes que le sultan des mameluks oyait avec des ducats. Une fois les Arabes ausèrent un si grand tumulte , que le grand esir fit amener le cheval du sultan. Selim était ur le point de s'élancer sur son coursier [21 anvier 1517], croyant que Tuman-Beg luinème se précipitaità l'attaque; mais, apprenant (ue c'étaient seulement des brigands du désert, l s'indigna contre le grand vesir, et peu s'en allut que Sinan ne payât sa prévoyance de sa 'ète (1). Trois jours avant la fin de l'année uoslime, Selim se trouvait à Chankah, près du taire. D'après le conseil du traître Ghasali- «rdi Tuman-Beg avait enfoncé dans le sable oute son artillerie du côté du village de Rida- ;ia (2) près d'Andilije, où passe le chemin irdinaire de Birketalhadsch au Kaire; par son i.'OBiplice Chair-Beg, qui se trouvait déjà dans y. camp de Selim , Gbasali fit savoir au sultan ,fies Ottomans qu'il pouvait tourner le mont ilokattam, et que même, dans le plus mauvais as, il n'aurait rien à craindre près de Ridania, 'es canons étant enfouis dans le sable. Lorsque Selim, d'après ces avis, eut tourné la monagne en se tenant hors de la portée des batteies démasquées, Tuman-Beg s'aperçut trop •ard de la trahisou de Ghasali ; mais comme il 'agissait de combattre, il ue jugea pas le moloent favorable pour la proclamer. Selim, ayant tassé le mont Mokattam, offrit le lendemain la '«taille aux Égyptiens (3) [23 janvier 1517 ]. A a droite de Selim était le grand vesir avec les roupesd'Anatoli, Schehsuwar avec les guerriers de Sulkadr, Herachschad-Beg, descendant les turkmans du Mouton-Blanc, et Mahmudieg, dernier rejeton des princes des Ramaiau-Oghli avec les hommes d'Adana ; a l'aile fauche se tenait le vesir Junis - Pascha avec ''armée de Rumili. A peine le combat était en-
(1) Schukri.fol. 76; Dschelals ; Selimname , exemplaire de Dresde, fot. 57.
(2) Seadeddin , fol. 698.
(3) Suheili , fui. 23.
gagé, qu'on vit a l'aile gauche de l'ennemi se détacher un escadron tout bardé de fer, qui vint fondre sur l'étendard du sultan Selim (1): c'étaient des cavaliers d'élite de l'armée des mameluks, ayant à leur tète le sultan Tuman- Beg en personne et ses deux plus vaillants capitaines Alanbai et Kurbai (2). Tous trois avaient fait le sei ment de se saisir du sultan des Ottomans , mort ou vif. Us se trompèrent et prirent le grand vesir pour le sultan. Sinan se tenait enti e Mahmud-Beg-Ramasan-Oghli et Ali le chasnedar, Tuman-Beg courut droit sur le grand vesir, Alanbai sur Mahmud, et Kurlbai sur Ali , avec tant d'impétuosité et de fureur que tous trois percèrent les adversaires choisis de leurs lances; puis, ils regagnèrent leur escadron, quoiqu'Alanbai fut grièvement bles-é d'une balle. Malgré la brillante valeur personnelle du sultan des mameluks et de ses fidèles compagnons , la bataille fut perdue à cause de la trahison de Ghasali, et de la supériorité de l'artillerie turque. Vingt-cinq mille mameluks couvrirent la plaine autour de Ridania. Selim transporta son camp d'Aadilije dans l'île de Wustanije en face du Kaire, sans se rendre dans la ville où il envoya une garnison [26 janvier 1617]. Tuman-Beg, qui s'était retiré sur Adwije (3), opéra un mouvement en avant pendant la nuit, rentra par Scheichunije dans le Kaire et tailla en pièces la garnison. Selim ordonna à Junis-Pascha , maintenant grand vesir à la place de Sinan mort sur le champ de bataille, au beglerbegMustapha-Pascha.àl'aga des janitschares Ajas, et à l'émir Alem-Ferhad , de se mettre à la tète des troupes d'élite, et de reprendre possession de la ville (4). Le huitième jour après la victoire de Ridania [31 janvier], les Ottomans pénétrèrent dans la ville où les mameluks opposèrent la plus vaillante résistance, de rue en me, de maison en maison. Sur l'avis du traître Chair-Beg, Selim fit proclamer une amnistie générale pour les mameluks: huit cents
(1) Seadeddin , fol. 699.
(2) Suheili, fol. 22 ; Ibn Seiuel et Selimuame de Schukri.
(3) lbn Seinel, Suheili , fol. 23 ; le Seliratiame de Keschfi transporte la prise de possession du Caire au 1er, Moharrem, fol. 65.
(4) Seadeddin , fol. 701 ; Ssolaksade, Dschelalsade, Selimname, fol. 159.
des principaux se rendirent d'eux-mêmes ou furent livrés par les habitants sur la parole du sultan, qui les fit décapiter sur la place de Romeila (1). Ensuite commença le massacre général, à l'imitation des scènes ordonnées par Timur. Les cadavres de cinquante mille morts furent amoncelés dans les rues étroites de la ville (2). Sclim se rendit dans le camp à Bulak, d'où il adressa des bulletins aux gouverneurs de l'empire, pour annoncer la conquêle du Kaire. Douze jours après, du palais Jusuf, c'està-dire de la forteresse de Ssalaheddin, bâtie sur la hauteur, Selim contemplait les magnificences de la ville et du pays qui maintenant lui étaient soumis. Le plus vaillant des begs égyptiens Kurtbai avait échappé à la décapitation des mameluks et au massacre général, caché dans une maison du Kaire. Selim, qui en fut informé, sans connaître le lieu de sa retraite, lui envoya, par un de ses amis, Jahja , fils d'Ebubekr, du drap et un livre (3) : le drap était un symbole de grâce, le livre, qui était le Koran, confirmait le serment de garantir la vie au prisonnier. Kurtbai , se fiant à une telle assurance, parut devant le sultan, qui le reçut assis sur son trône : « Tu es , lui dit Selim, un fameux chevalier , qu'est devenue maintenant ta vaillance ? — Elle m'est restée , répondit Kurtbai. —Sais-tu ce que tu as .fait à mon armée? — Parfaitement. » A la troisième question de Selim, comment lui, Kurtbai, avec Tuman-Beg et Alibai , avaient osé tenter une attaque contre la personne présumée du sultan : Kurtbai, qui avait autant d'éloquence que de courage, se répandit en éloges sur la valeur des mameluks, sur leurs mépris pour l'artillerie, qui donnait la mort à la manière des assassins. 11 raconta comment un Mauritanien , au temps du sultan Eschref , avait apporté le premier des boulets de Venise en Egypte , où ils reçurent un nom conforme à cette origine (4); et comment le sultan ainsi que les begs en avaient repoussé l'usage , indigne de la véritable valeur et des exemples du prophète, qui n'avait attribué à
(1) Seadeddin , fol. 701 ; Ssolaksade, Dscbelalsade.
(2) Les mêmes.
(3) Ibn Seinel , fol. 40; Saheili , fol. 25.
(4) Bindikij c'est-a-dire les Vénitiens; c'est ainsi qu'on appelle encore aujourd'hui en Egypte les boulets cl les fusils.
l'Arabe que l'arc et le sabre, comme armes légitimes; comment ensuite le Mauritanien avai dit : « Qui vivra verra cet empire abattu pa' ces boulets »; il en est arrivé ainsi, et je le re- < grette, ajouta-t-il; mais toute puissance es en la main de Dieu! « Si vous vous tenez ainsi dit Selim, au Ecran et à la sunna, comment si;i fait-il donc que nous vous ayons vaincus efl chassés, que toi-même tu te trouves devant moi prisonnier? — Par le ciel! répondit Kurtbai, ce n'est point votre courage, ce ne son point vos manœuvres qui ont triomphé dt nous, c'est le destin qui l'a décidé ainsi, parci que tout ce qui commence a une fin, et que lui durée des empires est mesurée. Où sont les ch* lifes, les champions de la foi? Où sont les plu; puissants empires du monde? Votre temps arrivera aussi , et votre empire sera réduit en poussière. Au reste, je ne suis pas ton prison-;' nier, je me trouve ici garanti pour ma vie éii ma liberté par le livre & le drap placés sous tes yeux. » Ensuite il flétrit avec énergie 1; trahison de Chair-Beg , qui assistait à cette: scène, et finit par conseiller à Selim de faire] couper la tète à ce serviteur maudit , pour qu'iB ne l'entraînât point en enfer. Transporté de: colère, Selim s'écria : « je voulais te laisser la] liberté et même t'élever au rang de mes begs J mais, oubliant tout le respect que devait t'iuw poser ma présence , tu as donné libre carrière] à ta langue. Celui qui s'approche des sultans sans crainte , est chassé par eux sans pitié. — Dieu me préserve de faire partie des tiens! répondit Kurtbai. «Alors la fureur du sultan déborda de toutes parts; il appela le bourreau, et cent cinquante exécuteurs tirèrent aussitôt le sabre. « Que te fait ma tète toute seule? dit Kurtbai ; lorsque tant de braves visent à la tienne. PourlesuItanTuman-Beg, l'aidede Dieu lui suffit.» Selim fit signe au bourreau, et, lorsque celui-ci brandissait son glaive, Kurtbai adressa ces dernières paroles à Chair-Beg : « Prends ma tète sanglante et dépose-là dans le giron de ta femme, traître! Puisse Dieu te récompenser par la trahison ! »
Tuman-Beg et ses mameluks s'étaient enfuis sur la riveorientaleduiMl, du côté de Dschise, où ils cherchèrent assistance auprès des Arabes havsares. Tuman-Beg remit à ces peuples les impôts pour trois ans , et à grand peine put-il