‹ Histoire de l'Empire ottoman (volume 2)Chapitre 75 sur 288 · LIVRE vin · texte numérisé non relu

LIVRE vin

èrent et détruisirent la population. Suleiman,

me les Byzantins et les Persans appellent mu-

luhnan (ï), s'embarqua précipitamment pour

;agner la côte européenne, au moment même

ù les Tatares lancés à sa poursuite arrivaient

ur le rivage. Les cavaliers de Mirsa-Ebubekr

(Oussèrent leurs courses au nord de Nicée jus-

,u'à Jenicltsche-Tarakdschi, et Mirsa-Moham-

. *ed-Sultan, s'avança de Brusa, à travers la

pntrée de Karasi, jusqu'à Michalidsch, sur le

; hyndakus, répandant la dévastation sur son

■assage ; il reçut de son cousin Ebubekr-

iirsa , la nouvelle de l'évasion de Suleiman vers

Europe, et la transmit à son aïeul Timur, au

loyen de cent courriers, chargés de lui porter

a même temps un grand oiseau de proie, ap-

• plé tschonkar. Les cavaliers n'étaient pas en

•ï "op grand nombre , car ils furent attaqués dans

p défilé par une troupe de paysans armés, à

ravers lesquels ils s'ouvrirent un passage. A

(ichalidsch, le prince Mohammed-Sultan fut

pint par son cousin Ebubekr et par l'émir Se-

lindschik; et , dans la plaine de Jenitschehr , à

prient de Brusa, après en avoir obtenu la per-

ission de Timur, il célébra son mariage avec

i fille aînée de Bajesid (2). Tandis que Mo-

lîmmed-Sultan et Ebubekr-Mirsa répandaient

rijur cavalerie au nord de Kutahije, par delà

c rusa et Nicée, dans le midi de l'Asie Mi-

^jpire, le prince Husein-Mirsa poussait vers

f • f cantons de Hamid et de Tekke , Emir-

> ;hah, gouverneur de Chuaresm, s'étendait du

jté d'Aidhi et de Ssaruchan. Le premier s'em-

ira des villes d'Akschehr et de Karahiszar, où

(tira d'énormes rançons et versa des flots de

■ng; le second ravagea tout le pays jusqu'au

>rd de la mer (3). Le trésor de Bajesid et son

<rem furent chargés sur des chameaux, et

uimenés en triomphe par le scheichlNureddin,

i milieu des danses , au bruit des instruments

e musique, à kutahije , où ils furent présentés

. 4 vainqueur , ainsi que les deux princes de Ka-

, <manie que Bajesid avait retenus dans les fers

.. jBrusa. Timur envoya au sultan son épouse,

princesse servienne , qui était restée fidèle à

religion chrétienue ; mais il exigea qu'elle

[U Scherefeddin , 1. v, ch. 51 ,p. 28.

(2) ]bid.,l. v,ch. 51, p. 31.

[3) Ibid.,']. v , cb. 51 .p. 28.

embrassât l'islam (1). Mohammed, l'aîné des princes karamaniens, fut doté du kaftan et de la ceinture (2) , et investi des États arrachés à son père par Bajesid , c'est-à-dire de la possession des villes de Konia, Larenda, Akserai, Antalia, Alaje, Akschehr, Siwrihiszar et Begbasari (3). Timur reçut l'hommage de ses petits-fils, qui revenaient chargés de butin, fit exécuter deux de sesp'us vai lants généraux, ainsi que toute leur famille, pour cause d'attentats, et il donna la grande fête où le vin fut présenté par des femmes esclaves tirées de tous les pays.

Ensuite, l'empereur s'occupa d'expédier et de recevoir des ambassadeurs. Au sultan d'Egyte il envoya le fameux savant Jusuî-Dscheseri , pour insister sur la délivrance définitive de son général, Otlamisch, et sur les droits de souveraineté; la monnaie devait être frappée à l'empreinte de l'empereur mongol , et la prière publique récitée en son nom. Deux envoyés allèrent à Constantinople pour réclamer le tribut de l'empereur grec, et deux autres se rendirent auprès de Suleiman, fils aîné de Bajesid, qui avait fixé sa résidence dans le nouveau château de Guseldschehiszar , bâti par son père (4); ils l'invitèrent à venir lui-même, ou bien à faire porter le tribut, déclarant qu'à défaut d'obéissance de sa part, les armées tatares arriveraient pour saisir l'argent et sa propre personne. Les messagers de Timur revinrent accompagnés des ambassadeurs de l'empereur grec, qui apportaient l'hommage et le tribut, et l'on vit paraître, comme envoyé de Suleiman, le scheith Ramasan avec des chevaux et des faucons, chargé de déclarer que son maître était prêt à se rendre à la porte de Timur, si l'empereur tatare voulait pardonner à Bajesid et le traiter en prince. Timur congédia le scheiih avec de gracieuses assurances, et lui remit un bonnet brodé d'or et une ceinture d'or (5); mais il ne se montra point aussi bienveillant envers le beglcrbeg Timurtasch, son prisonnier, dont il avait trouvé les trésors à

(1) Scherefeddin, 1. v,cb. 52, p. 33.

(2) Ibid., et ^rab-Schah.

(3) Mabijeddiu , bibliothèque impériale et royale, n° 139, foi. 5U; Luili, p. 35.

(4) Scherefeddin , 1. v , ch. 54 , p. 40.

(5) Seadeddin, dans Bratulti . p. 254.

Kutahije. Il le manda devant lui, et lui dit : «Dans quel but as-tu amassé tant de richesses ? ne pouvais-tu les employer à lever une armée pour la défense de (on maître? les conseillers et les ministres qui entassent des trésors sans songer aux besoins de l'armée sont la ruine des États.» Timurtasch répondit: «Mon empereur n'est pas un souverain d'hier; il n'a pas besoin des trésors de ses conseillers et de ses ministres pour former ses armées, comme les nouveaux princes qui, avant leur élévation, n'avaient jamais contemplé de trésors. — Expie cette réponse, reprit Timur, par la perte de la liberté que j'étais disposé a rendre à toi et à tes enfants (1).»

Cependant les partis de Tatares ravageaient les cantons de Mentesche et de Tekke, d'Aidin et de Ssaruehan(2); les princes Mohammed- Sultan et Ebubekr-Mirsa portèrent leurs quartiers d'hiver à Magnésie (3), Schaliroch dans le Kermian (4); Timur se rendit, le long delà côte , par Ephèse (5) , à Smyrne. Près du pont construit par Timurtasch sur le Méandre parurent les fils du prince de Mentesche, qui, jadis chassés des États paternels par Bajesid, avaient trouvé un asile auprès d'Isfendiar, souverain de Sinope , et Isfend iar lui-même , fils de ce Bajesid-Kœturum que le sultan turc avait battu et dépouillé de ses villes de Kastemuni et de Ssamszun (6). Timur remit les princes expulsés d'Aidin et de Kermian (7) en possession de leurs domaines héréditaires, voulant, avant de décider du sort de Bajesid ou de ses fils, abattre les restes de la puissance ottomane, par le moyen des princes voisins dont Bajesid avait englouti les États. En suivant le même système politique, il avait soumis les cantons sur les frontières septentrionales de l'Arménie et de la l'erse à ses protégés, Taherten, prince d'Ersendschan, Ibrahim, .souverain de Schirwan, au souverain de kumach et à Kara-Juluk, fon-

(1) Seadeddin, p. 235.

(2) Scherefeddin , 1. v ,cb. 54 , p. 41.

(3) Bralutli , p. 235.

(4) Scherefeddin , I. v , ch. 55 , p. 43.

(5) Sur Ulu , Builugh et Kullschuk , Burlug et Durjurluk. Scherefeddin , 1. v, ch. 55 , p. 43.

(6) Arab-Schah , Mahijeddin , bibliothèque impériale et royale, n° 139, fol. 56; Ssoloksade.

(7) Arab-Schah.

(1) Arab-Schah.

(2) Scherefeddin, 1. T,ch.57, p. 55.

(3) Ibid.

(4j ldris , Neschri , fol. 122 et 124.

(5) Theoderici a niemde scismate, dans Vertot, Histoire de l'ordre de Malle , 1. vi 1. h , p. 28.

dateur de la dynastie du Mouton-Blanc (1); et les cantons de l'empire ottoman qui n'étaient pas occupés par lui, il les voyait avec plaisir divisés entre les fils de Bajesid, qui se disputaient leur possession ; il nourrissait donc pour cela les espérances des fils du sultan, au moyen d'assurances qu'il donnait à leurs envoyés. Le scheich Ramasan, représentant de Suleiman, vint pour la seconde fois, afin de présenter les hommages de son maître, et il reçut au noim de ce prince l'investiture des provinces otto? mânes au delà de la mer, au moyen du diplôme portant l'empreinte rouge de la main de Timur (2). Kulbeddin(3), l'ambassadeur d'Isa- Tschelebi , second fils de Bajesid , qui s'étaijt enfui en karamanie, apporla l'hommage et dej. présents , et revint avec des assurances d'amitié; Ssori-Bajesid (4), le sage grand maître de la cour de Mohammed Tschelt-bi , prince âgé de quinze ans , sauvé par lui de la batailla d'Angora dans les montagnes, et déposé dans la place d'Amasia, vint aussi , comme plénipotentiaire de ce jeune maître, offrir son hommage, et en même temps l'excuser de ce qu'il n'avait point paru, sur l'invitation de Timur, dans le camp où Mustapha-Tschelebi partageait le sort de son père Bajesid.

Timur confia le siège de Smyrne aux princes ses généraux , et s'y rendit en personne le 1er décembre [1402], quelques jours après le commencement des travaux. Les chevaliers deRhodes possédaient la ville depuis cinquante-sept ans; il les fit sommer d'embrasser l'islam, ou du moins de planter ses bannières sur leur rempart, et en cas de refus, il les menaça de les faire tous passer sous le tranchant du sabre. Le frère Guillaume de Mine (5), commandeur des hospitaliers, que le grand maître avait envoyé à la défense de la ville, rejeta la proposition avec mépris. Aussitôt retentirent les roulements des tambours et les cris de guerre. La ville fut attaquée par tous les moyens du côté de terre; on l'enveloppa d'une sorte de parallèle. Au moyen de roues et de poulies , on fit appro-

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