LIVRE XI
icrre les plus fortes représentations sur lè nger d'une Si folle entreprise ; « la suite i soHan à la chasse, dit-il à HUnyady , était ii5 nombreuse que l'armée hongroise ; » poor ote réponse, Huityady l'accusa de trahison, nkul furieux, ayant tiré son sabre, il fnt arte, et, pour se racheter, il fallût qu'il donnât îl'or, et promit de fortifier l'armée hongroise ; quatre mille hommes sous les ordres de son s(l). Art raisons tirées de la nature mêmè s choses contre la campagne, Drdkul ajouta i sinistres prédications d'une espèce de deneresse bulgare. A Fissoe du conseil de terre, b terre trembla dans toute la Hongrie, «une si elle exprimait son horreur du partre commis au nom du ciel.
L'année poursuivit sa route à travers les aines de la Bulgarie sans s'écarter de la aine de l'Hœtùus; Hunyady était en avant *ec trois mille cavaliers hongrois et les atrxfitres vafeqnes, puis venait le roi avec les crofs. Ceut-cl, sans respect pour le signe sacré l'tts portaient, dévastaient par le ter et le n les églises grecques et bulgares (2). Vingtlit transports que les Turcs avaient construits tr le Pauls ou le Kamdschik, pour descendre h» la mer Noîre, et remonter ensuite par •mbooehure dfu ftanubé, furetit brûlés ; J>IU- 'urs places se rendirent volontairement. Mais «minmétPezech (aujourd'hui Baldscnix), se mflantÀh» la fori é de leur situation, se étendirent contré lés" assiégeants. Cinq mille ores périrent dans l'assaut; les autres fufént reeipftes" du haut de* rochers qui faisaient or sécurité. KavWrna, ancien port de Raton , Warna, autrefois1 Constantia , forent bientôt *opes. Warna est située sur lé coté septéhfcsaltfàîr^lfeformé pat' deux Caps, *mt m, à gauche, est une pente de frtonms, à '«rénttté de laquelle S'étend ttft long bourg $Hé Macrbpdl» ; stir te riromontorre du iWhfi élevait Galata, à cinq cents pas seulement de ; ville; résjtakw entre ces deux points était xupéparun terrain bas et marécageux (3). à était campée l'armée hongroise lorsqu'arrtva
(1) h*l .Histoire de Honorie ,1. m , p. 79.
(2) CalKmacbut.
(3) Callimachu«, Boofinius , dutlcondylas.
l'effrayante noavéllè* u>e Murad , tiré fle Son repos par l'annonce de la violation de lf paix, s'était élancé de l'Asie avec une armée de* cjua1rante mille hommes, et qu'au lien dè fcafcuer rHellespönt oft croisait la flotte pontificale, 21 s'était embarqué sur le ftasphorè ad rnb^eri dè bâtiments génois auxquels il aValt payé tin" AHcat par homme (I). Il avait planté sa teitfè à quatre mille pas seulement des HöngrcfR Dans lè conseil de guerre des chrétiens , lé Cardinal léfcat et les évèqnes d'KrlaU èt de Waradrn opinèrent pour que l'on couvrit le camp par des fosses et des barricadés de chariots, et qdë ion attendit ainsi Tattäque de rennenti ; Hunyady se prononça pour mi engagement efl râsè campagne, et le jeune roi emporté par sou bouillant courage, embrassa ce parti.
La veille de M fête de saitrf Martin (10 nfcvembfe 144*), les troupes dés dèux ^tis* se raUgèrent èn bàtatfle. L'âilè gâuelfe des chrétiens composée dfe Valarçoes*, et seulement dè cinq compagnies hongroises", était prôtégéèpaV le marais ; 9 H droite tournée du côté dè la ville , où l'on redoutait lé pftts dè dan^ér, parce que ce (mint était plus accéssf re, sé' téndit la force dé l'armée; hl, étart dVéSséc ht gfàndè bannière noire de Hongrie ; lé baVr FraWko èt l'évètpie d" ErlaU (2) commandaient en* cèlïeù
cardinal. Les derrières de rarmee, on4 s*é trouvaient les voitures et les nninttions de i'artiïîérie, étaient protégés par l'art lcre-£ftrde on Èè tenaient l'évéqué déWaradm, faisant porter l'étendard de saint Ladistato, et Lasto-Bobnifz âVeè quelques troupes polonaises: Lè roi était au centre, entouré de cinq cents «rvâtièrs, ses gardes du corps, à coté de labarinlère de samt Georges, qoe portait Etienne de Bathory. t/attè drolté dè l'armée turque était commandée pft lè tfefllerj bég de HumHr, selon la coutume lorsrpie la 1 guerre est poursuivie en Europe; l'ailegattChe par le beglerbeg d'Anatoli qui ne se trent ihr droite aVéë ses frôtipes1 que* lorsque l'6n £oföbai en Asie. Le beglerbeg d'Asie était ïtaradscha, celui de Ruraili , Tura-Chan (3), qui avait été délivré
(|> Katona , t. Zill ,p. 344.
(2) Amielhon , dan» la xxTne partie de l'Histoire «a Bas- Empire , p. 30, preöd Agra pour Gr*».
(3) fSescbri, ldris, Scadeddio, dam BraluUi, tu,
bien yite de sa prison de Tokat, afin d'effacer la honte de la défaite subie au défilé dlsladi. Murad avec les janitschares se tenait au centre; devant lui était ouvert un fossé, défendu par des palissades, et au fer d'une lance était attaché l'acte du traité fixé sur l'Évangile ; derrière le sultan étaient les chameaux et les bagages (1). Dans ce moment, par un ciel pur, s'éleva tout â coup un violent tourbillon de vent qui déchira tous les drapeaux hongrois, à l'exception de celui du roi , et ce présage sinistre remplit les Hongrois de terreur.
Hunyady attaqua le beglerbeg d'Asie, et enfonça l'aile qu'il commandait; de leur côté les Valaques chargèrent les troupes de Rumili , les mirent en désordre , et pénétrèrent dans le camp turc jusqu'à la tente du sultan qu'ils pillèrent. Déjà Murad se disposait à fuir, lorsque Karadscha, saisissant les rênes de son coursier, le supplia de ne pas tourner le dos (2). Jasidschi-Toghan, Taga des janitschares, voulait punir cette audace du beglerbeg qui, en ce moment, tomba sous le fer d'un Hongrois (3). Murad et les janitschares tinrent ferme, et repoussèrent l'attaque du roi de Hongrie, qui, malgré les recommandations de Hunyady de ne point bouger de son poste, s'était laissé entraîner par son entourage à charger les janitschares. Le cheval du roi frappé au pied par une hache, tomba entraînant sous lui son cavalier; un ancien janitschare, Chodscba-Chisr (4), coupa la tète de Wladislaus , et la planta sur une lance, comme une terrible réponse au traité dressé non loin de là au bout d'une autre lance, et pour la violation duquel, Murad, avant la bataille, avait appelé la vengeance de son Dieu et de celui des chrétiens (6). Voyant le roi tué, Hunyady prit la fuite avec les Valaques, favorisé par les ombres de la nuit. Le lendemain matin, tout restait tranquille dans l'enceinte formée par les chariots, où les Hongrois attendaient toujours
p. 100, ne le fbt.t délivrer qu'après la bataille en réjouissance de ta victoire.
(1) Callimacbus , Bonfinius.
(3) MeacbrL
(3) Cbakoodylas est très-précis sur ce point, que ce fut un sabre hongrois et pas une autre arme.
(4) Nescbri , Idris, Seadeddin , Aali, le nomment tous
(5) La p. 08.
le retour de Hunyady. Murad livra l'assani 1 retranchement, et tailla en pièces tous te fenseurs, à l'exception de quelques-uns ment. Ii, périrent les évêques d'Erlau GrosTwardein , Étienne Bathory, qui av veille sauvé en ce lieu l'étendard du roi, fi le cardinal Julien lui-même, le provocateur la rupture de la paix , l'auteur de ce grand sastre (1). Murad, accompagné d'Asab l'un de ses confidents, alla visiter le champ bataille, et contempler les morts. «N'esta un prodige, dit-il, qu'il n'y ait que des j gens, et que parmi tant de visages ne se pas une seule barbe grise? — Si un seul vif eût été parmi eux, répondit Asab-Beg, il» seraient point entrés dans cette folle prise (2).» Deux cent cinquante voitures gées d'objets précieux tombèrent entre mains des vainqueurs. Aux lettres de vict portées au sultan d'Égypte par Asab- Murad fit joindre vingt-cinq cuirasses pour faire mieux connaître quels hommes de k avait vaincus (3). Comme il n'y avait plus camp ennemi, Murad ne pouvait faire la tète du roi au mileu de troupes résistant core pour y jeter la terreur, ainsi que le cotai romain avait lancé la tête d'Asdrubal dam camp d'Annibal (4) ; il la fit déposer da» miel , et l'envoya comme un témoignage dt triomphe au gouverneur de Brusa, Ali (5), dont le nom décore aujourd'hui l'une des portes de Gonstantinople (G\ Les bitants de Brusa allèrent au-devant du ger, lavèrent la tête dans les eaux du Nu et la promenèrent ensuite au bout d'une lai en procession solennelle et triomphale par rues de la ville (7); en sorte que les chants victoire de l'Hœmus furent répétés par échos de l'Olympe.
Toujours ami du repos et des joui i, fatigué du trône, et las de la guerre.
(1 ) Engel , Histoire de Hongrie , 1. m, p, 84; <M» Joanicb dans Kaiona, 1. un, p. 380.
(2) Neschri , Idris.
(3) Les mêmes, et Seadeddin, I. n , p. 100.
(4) Lirius.l. xttu.c. 51.
(5) Seadeddin, dans Bratotti , I. n , p. 100; Refrtr. fol. 19; Idris , xne récit de Murad 11; Aali.
(8j Consiantioople et le Bosphore , 1. 1 , p. 102. (7) Seadeddin, dans Bratotti, t. n, p. 100 sade , fol. 43.