‹ Histoire de L'Empire Ottoman (volume 3)Chapitre 113 sur 297 · LIVRE XI · texte numérisé non relu

LIVRE XI

bataille (}e Warna, arriva le premier sur le rempart; les (Grecs s'enruirenl, et le Péloponèse fut livré eu proie aux ravages de« Turcs. Trois cents, guerriers, qui s'étaient réfugiés sur le moqt Oxy, prés de Kencbrqe, furent enveloppés e| passés squs |e tranchant du sabre; six cents autres furent immolés comme victimes en expiation des Ottomans Ion bés à l'assaut. Le même jour que le rempart fut emporté, Murad se djrigea vers l'^chaïe par Scyron, ne laissant à Tura-Cban que mille janitschares, nombre bien faible, et néanmoins suffisant pour la dévastation de toute la partie méridionale du Péloponèse. Corinne, abandonnée de ses habitants qui s'étaient rendus à. la défense de la muraille, tomba comu e une proie sans défense entre les mains des barbares (1).

Corintbe, appelée tfordos par les Turcs (2), mérjte une attention particulière comme étant la ejef flu Pé|opouè,se, la tète de pont de l'isthme, cqitamq l'entrepôt du commerce des golfes de Cr jssa à l'ouest, et de^arona à i'orieut, comme le peqtreet le marebé de l'art grec. Déjà citée dans l'Iliade, Uoriuihe a domié ensuite son nom aqjk colonnes les plus magnifiques, aux vases les plu» riches, aux peintures et aux sculptures les plus précieuses, aux plus beaux travaux de fonderie, et encore aux courtisanes les plus voluptueuses. Les temples d'Aphrodite s'élevaient sur le sommet de 1 ' Aerocor int lie. dans la ville inférieure et dans les bosquets du Craneion, à côte du mausolée de lais, la plus fameuse ries prêtresses de l'amour (3). Près des tempes d Aphrpdfte étaient érigés des autels à la force et a. I;| pécessité ; on admirait aussi le temple de Rallas Cha|i>ynjte, (Je Jupiter Coryphée ; enfin, tous ces monuments étaient dominés par celin' q"e Be||i ropbop, da us le vuisinage de la. source dp Sirène, qui jaillit sous le pied dp Pégase dompté par tfellerophon. Adrien, connue pour réaliser ce mythe, conduisit du lac

btymuhal, d'Arcadie à Corintbe, des eaux qui s'élançaient d'une lontaiueque semblait frapper du pied un Pégase d'airain monté par Bellerophqn, çt qui sortait des narines, d'un dauphin sur lequel [Neptune était assis. Au-dessus

(1) Chacondlvlas, p. 108.

(3) Pauwniaa , Lu , c. 2 , p. 4.

de la porte qui menait au port occidental de Lecheion, Phaéton et Phœbus siégeaient sur des chars dorés. Au port oriental de Kenchrs, en face d'un bosquet funèbre de cyprès, les eaux salées des bains d'Hélène venaient se décharger daas la mer(l). Ces deux ports furent teints de sang par le destructeur de toutes ces merveilles de l'art, le consul romain Mummius, dont la barbarie ne fut pas égalée par le grand dévastateur Alaric. Jules César releva la ville et la repeupla avec des descendants d'affranchis romains ; Hérode Atlicus rebâtit le théâtre renversé par Mummius, et ce nouvel édifice fut encore vu par Pausanias, ainsi que le Gymnase et l'Odéon (2). De tant de prodiges de l'art, il s'est à peine conservé quelques ruines de temple ; aux lieux où Vénus recevait des offrandes, on adore la sainte Vierge; et la grotte de saint Paul, avec le souvenir de l'apotre, a transmis aussi le reproche qu'il faisait aux Corinthiens sur leur incrédulité (3). La citadelle est encore aujourd'hui la clef naturelle du Péloponèse ; du haut de l'Acrocorinthe, la vue embrasse toujours les deux golfes de Crissa? et de Sarona, sur lesquels s'ouvrent les ports de Léchée et de Kenchrs, les monts Onéens , le Cythéron, jusqu'aux cimes neigeuses de l'Hélicon et du Parnasse; et saisit d'un seul coup tout l'espace qui s'étend depuis la source de Pirène jusqu'à celle de Castalie (4).

Après que son commandant Mylges eut capitulé, Corinthe fut livrée aux flammes ; les nouveaux vainqueurs détruisirent les fortifications de l'isthme, que quatre puissants dominateurs avaient en vain tenté de percer, et sur lequel s'étaient élevées quatre fois inutilement des murailles (5). Le premier rempart avait été construit par les Spartiates et leurs alliés, après la bataille des Thermopyles, pour se mettre â l'abri contre les Perses; le dernier, par les princes byzantins Constantin et Thomas, pour arrè-

(1) Pausanias et Strabon. Voy. aussi Spon , I. u , p. 226; Chandler , 1. u, p. 57 ; Pouquerille, vi , p. 15-50 ; Mannen , 1. « , c. 371 ; Voyages de Oarke et Dodwell.

(2) Spoo, p. 231.

(3) Pausanias.

(4) Pausanias , Spon , Oarke, Pouquevilte, donnent la

(5) Cbalcondylas, 1. ru, p. 108; Chronicon, cas, p. m.

ter les progrès des Ottomans ; mais les fk des soldats de Mur ad emportèrent la digiM en firent disparaître les traces.

Après l'incendie de Corinthe, Murad nuits le long delà côte septentrionale du PétopoD*. par l'Achaïe vers Pat ras, qui mérite bien «s d'arrêter notre attention. Pat ras, appelée atrefois Aroe, l'une des plus anciennes villes à la ligne achéenne (1), offrait uu sûr abri h flottes des Spartiates dans la guerre do Pety nèse, comme étant alors le seul port de la «a septentrionale (2). Auguste, après qn'Âgri^ eut conquis pour lui Patras(3), la repeuplai* une partie des vainqueurs d'Actinm; et de cefc place d'armes et de commerce si importatfti cause de son voisinage de l'Italie, il fituw» lonie romaine. Le premier apôtre martyr Addré avait ici prêché l'Évangile, et reçu la «sronne des confesseurs de la foi, lorsque «testaient encore les miracles des temples notnbrw décrits par Pausanias. Dans le sanctuaire « Dionysos Arsymnetes , sur l'Acropole «ut conservée la caisse mystérieuse et sacrée rofermant l'image du Dieu, faite par Hephaiw* qu'ËrypIos avait apportée d Illion; ayant * jeter sur elle un regard audacieux , il fat p de la raison. L'arrivée de cet objet sacré mka aux sacrifices humains par lesquels les bâtants, en vertu de la sentence de ToracM piaient la profanation d'un temple de Dia* Quoique Minerve fût la déesse protectrice de a ligne achéenne, son culte a Patras cédait à «• lui de Diane, qui était adorée dans différé temples sous les noms de Triklaria, de liM* tides et de Laphiria. Sous ce dernier um ^ était représentée en chasseresse, sculptée a* et en ivoire, et tous les ans on lui offrait on telocauste d'animaux vivants, sur un bûcher touré d'une claie de branches vertes. CeqoiE*" tait pas moins extraordinaire, c'était l'oracM la source du temple de Cérès ; le miroir fiottatf des eaux offrait l'état du malade pour lequel* consultait. Les statues d'Hermès et de Ve» sur le marché, tenaient encore plus da prodp Celui qui voulait interroger cet oracle encensai les statues, les illuminait, puis il

(1) Hérodote, Li, p. 145.

(2) Thucydide*.

(3) Velleius Patercutus.

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