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(') toDSUntioople et
Evita.
! les grands, qui leur apportaient des pierres, de la chaux et des tuiles. Outre les matériaux amenas d'Asie, on employa encore 1rs ruines des édifices et des églises du Bosphore , particulièrement des colonnes de la magnifique église de l'archange Michel , sur le go'fe de Sosthene. Ainsi, dans l'espace de trois mois, s'éleva le château dont les mura' Iles avaient vingt-cinq pieds d'épaisseur ; celles des tours , couvertes de plomb, eu avaient trente.
A la vue de ces travaux poursuivis sans relâche, l'e npereur de Byzance, abandonnant la politique à laquelle il avait voulu s'attacher , passa dfs menaces impuissantes aux plus humbles soumissions. Il députa des ambassadeurs à l'effet de solliciter des sauve-gardes pour les villages situés sur le Bosphore, afin que les récoltes dont le temps approchait fussent protégées contre les dévastations des Turcs. En même temps il envoyait chaque jour des mets et des boissons choisis pour la table du sultan. Mais au lieu de se laisser toucher parles prières, ou de répondre aux humbles prévenances, Mohammed publia Tordre que personne n'eût à empêcher ses troupes de faire paître leurs chevaux , mulets et autres bêtes de somme dans les champs ensemencés des Grecs, ajoutant que si les possesseurs voulaient s'y opposer, il fallait les repousser par la force. Ainsi , le fi!s d'Isfendiar, qui avait épousé une sœur d i sultan, et qui était passe d'Adra l yton (aujourd'hui Edremid ) en Europe, dévasta es champs et les jardins autour d'Rpibaton ( aujourd nui Bivados ). Dans cette occasion , un palefrenier turc ayant frappé un Grec, d'autres Grecs accoururent : l'on en vint aux mains, et quelques Grecs et quelques Turcs périrent dans cette mêlée (1). Sur le rapport fait par le kiaja-beg ( ministre de l'intérieur ), M< hammed ordonna par représailles de mettre en pièces les habitants d'Epibaton. Les so!dats surprirent les moissonneurs de ce lieu , un matin qu'ils s'en allaient aux champs, et ainsi s'engagea au mois de juin (2) la dernière guerre de l'empire byzantin [14.>0]. L'empereur fit fermer les portes de Constan'inople, et arrêter tous les Turcs qui se trouvaient dans la ville. De ce nombre étaient quelques jeunes eunuques du
(1) Ducas.l. mxiv, p. 137.
(2) Pbranzes,l.ui,c.3,
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harem du sultan ; mais ils représentèrent que si lu liberlé ne leur était pas rendue sur-le-champ, en retournant plus tard auprès du sultan, ils seraient mis à mort , et l'empereur, touché de leurs instances, les relâcha le troisième jour. Eu même temps des me>sagers grecs vinrent déclarer au sultan : « Que l'empereur, pour les destinées de la ville, plaçait son recours en Dieu; qtf il n'avait fermé les portes qu'après la violation de la paix, et qu'il défendrait les habitants jusqu'à l'épuisement de ses forces, si Dieu ne versait pas des sentiments pacifiques dans le cœur du sultan.» Sans se soucier de la moindre excuse, sans chercher un prétexte à ses hostilités, Mohammed déclara aussitôt la guerre , et Constantin laissa fermées les portes de la ville dans laquelle il avait entassé des grains depuis six mois (I). Cependant le châ eau du Bosphore était élevé. Comme il était placé à l'endroit le plus resserré du canal (à la gorge), la navigation se trouva interrompue (coupée), et Mohammed l'appela Boghaskesen (coupe-gorge) (*2). Les Grecs prenant le mot turc boghas (gorge) pour basch(téte), pensèrent que le fort portail le nom de Coupe-Téte (3); mais dans leur langue ils le désignaient par l'épithète de lainiokopas (4), (coupeur de fluts) parce qu'en cet endroit les vagues du Bosphore se brisent sur le cap Hcrmaîon. Firusaga y fut établi avec quatre cents janitschares ; il lui fut enjoint d'arrêter les bâtiments de toutes les na lions, et de ne les laisser poursuivre leur route qu'après l'acquittement d'un droit fixé. Afin de le mettre en état de remplir le rôle dont il était investi , et de dominer )e Bosphore, l'on plaça sur la tour touchant à la mer d'énormes canons fondus sous la direction de Chalil-Pasiha. Le 28 août, Mohammed partit de ce lieu, s'approcha des fossés de la ville pour les reconnaître , et revînt le 1er septembre à Audrimple (5) [1462].
Afin d'empêcher les dpspotes Démétrius et Thomas, qui régnaient dans le l'éloponèse , de porter secours à l'empereur leur frère et à la
(1) Ducas, I. xxxit, p. 138.
(2) Seadeddin , dans Bratulli ,1. h, p. 130; Bogaschiescen , [Veschri , fol. 196 , Aali , Ssolaksade.
(3) Ducas, I. xxxiv.p. 135.
(4) Chalcondylas , I. vm, au commencent ot.
(5) Pbranzcs , 1. m , c. 3 , p. 52.
[ capitale, au commencement de l'automne. Mohammed envoya dans la Péninsule le beglerteç Turachan , qui avait vieilli en ravageant œ contrées, et il le fit accompagner de ses dec fils Ahmed et Omar (1). Ils franchirent l'isthit de Corinthe, s'avancèrent en pillant et dèt* tant, vers l'Arcadie, passant par Téyée et tinée, poussèrent jusqu'au mont Ilhorn« .i jusqu'au golfe de Krisena, prirent >eoj)>Achne ( aujourd'hui c^eoka>lron ), mais avicgèrent en vain Sideropolichne ( aujourd'hui > derokastrou ). De la , une division commâoû par Ahmed , fils de Turachan , marcha w Leontari; mais en route elle fut surprise p les Grecs, taillée en pièces, et le fils de fur; chan , fait prisonnier, fut envoyé au dt^at Démétrius ä Sparte (2). Pendant ces irrupiii» dans le Péloponèse, Mohammed s'occupait v & relâche à Andrinoplc des préparatifs du sie,? de Constant inople. L'été précédent , lorsqutsr poursuivaient les travaux du château du Bosphore, un fondeur de canons hongrois, nomu* Orban (3), était passé du service de rempota à celui du sultan, qui le combla de présents, « lui assigna une solde tellement élevée , que « les ministres byzantins avaient consenti à lui ra accorder seulement le quart , jamais il n'aura.: quitté Constantinople (4). Mohammed lui de manda s'il était en état de fondre un canon qui aurait assez de portée pour ébranler les murailles de Constantinople. « Je puis, répond. Orban, fondre des canons de quelque calibre que ce soit , et réduire en poussière les mursdt Constantinople, même ceux de Babylone. Jesu« sûr de mon art ; mais je ne puis détermicer quelle sera la portée des pièces. » Le sultac ordonna que Ton commençât la foute, disant q<* l'on déciderait plus tard de la portée. Orbu fondit , comme modèle, un gros canon pour ù tour maritime du nouveau château, et l'épren-f de la portée fut faite sur le premier vaisseau ne cargua pas ses voiles. Un bâtiment vénitin commandé par le capitaine Ricci servit de t* et fournit la preuve de la réussite d'Orbm ü fut atteint , fracassé , coulé bas. Le capitaine «
(1) Phranzes , I. in , c. 3 , p. 52.
(2) Chalcoudytas , I. vm.
(3) Ducas, I. xxxy ; Ctulcoudyla».
(4) Duca*.