‹ Histoire de L'Empire Ottoman (volume 3)Chapitre 130 sur 297 · LIVRE XII · texte numérisé non relu

LIVRE XII

t quand la ville ftit livrée au pillage, on trouva 0,000 p èces d'or que l'empire avait remises our la reconstruction des murailles ( I). A la porte de Saint -Romanus où se concenrait l'attaque, où le combat menaçait dètre lus acharné, se plaça l'empereur lui-même, yant auprès de lui Giustiniani et ses trois ents Génois d'élite, avec Don Francesco de To- Me(2); la porte des Mille-Hommes, aujourhui d'Àndrinople , était défendue par les frèes Paolo et Antonio Troilo Bochiardi, qui rrèlèrent l'impétuosité des Turcs ; ils avaient L:paré les murailles à leurs frais, et maintenant s versaient leur sang pour les conserver, renersant les assaillants qui s'élançaient sur les chclles. Ils avaient suivi l'exemple généreux le leur compatriote Giustiniani ; ils ont droit umme lui à un souvenir éternel de reconnaisaûce (3). Théodore de karystos, archer habile t excercé , homme entreprenant, et l'Allemand !ean Graut, artilleur expérimenté, étaient plaés à la porte de Charsias ou Kaligaria , aujourd'hui Egrikapu (4). En partant de la ligne du ;>ort, depuis la porte de Cynegion ou de l'amphiitiéàtre pour les combats d'animaux ( aujouril hui encore Haiwan-Rapuszi , la porte des animaux ), jusqu'à l'église de Saint-Demetrius , luul cet espace était confié au cardinal russe Isidore, envoyé de Home depuis quelques semaines comme légat pontifical , pour opérer la réunion arrêtée au concile de Florence , entre lcs églises grecque et romaine; il offrit sa lioarse et son bras pour la défense de la ville que son œuvre de réconciliation religieuse avait ùivisée plus que jamais (6). Le palais impérial îles Blachernes était occupé par le baile vénitien, Jérôme Minotto (6) , et au-dessous, l'Italien Hieronymus, elle capitaine génois Leonardo de Langasco protégeaient la porte de Bois Xyloporla ), ainsi que la tour d'Aneroas (7),

\\j Leonardos Cbiensis.

(2j Pbranzes , p. 63.

(3; Phranzes et Leonardus Chiens» sont d'accord.

(4) tarantes , I. m , c. 4 , p. 56.

(5) Chalcondylas , Ducas, Phranzes , Leonardos Cbien-

(6) Leooardus Cbiensis et Pbranzes.

[?) Leonardu* (.hiensis» le* appelle Tu r res aveniadas. Sur la tour Anemas et les prisonniers d'État célèbres qu'on y gardait, voy. Constantinople et le Bosphore, > i,p. 018.

rétablie aux frais du cardinal Isidore, et qui n'est pas moins fameuse comme prison d'État dans l'histoire byzantine, que le château des Sept-Tours, placé à l'extrémité opposée , n'est célèbre dans les annales des Ottomans. Tout le reste de la ligne du côté du port était sous les ordres du grand amiral Molaras (1). Entre la pointe de l'Acropolis(le sérail) et le phare, était Gabriel Trevisano, avec quatre cents nobles vénitiens (2); et André Dinio se tenait avec les galères devant l'entrée du port. Le consul espagnol Pedro Giuliani commandait sur les fortifications maritimes, depuis le palais Bukoleun jusqu'à Gontoskalion (3), et le Vénitien Contareno défendait l'espace qui s'étend depuis la porte d'Or le long de la mer, jusqu'à Psaraatia (4). La partie de la ligne entre la porte d'Or, le palais des Sources, était confiée à la garde de Maurice Cataneo, noble génois, qui s'était déjà signalé dans le combat naval à l'entrée du port (5) ; le savant grec Théophile Paléologue était posté entre la porte de Selymbria et celle de Saint-Romanus(6). Demetrius Paléologue et Nicolas Gudelli devaient excercer une surveillance active de tous cotes, afin de faire porter des secours partout où ils seraient nécessaires (7).

Sur douze postes, il n'y en avait donc que deux confiés aux Grecs; dans les dix autres commandaient des Génois et des Vénitiens, un Espagnol , un cardinal russe, un Dalmate et un Allemand. Le nombre total des Grecs comprenait environ six mille hommes , celui des étrangers s'élevait à la moitié (8); le s moines étaient distribués parmi les soldats (9), et la plus grande espérance des Grecs reposait dans la source de la miséricorde de la mère de Dieu, qui, dans le dernier siège entrepris par les Turcs, s'était montrée revêtue d'une draperie violette, et avait repoussé les Turcs loin des

(1) Leonardos Cbiensis

(2) Ibui.

(3; Pbranzes , I. m , c. 4 , p. 56.

(4) Ibid.

(5) Pbranzes , par erreor, l'appelle Manuel au lieu de

Maurice.

(6) Leonardus Cbiensis et Phranzes s'accordent pour rendre iéiii<ii);na{je de son savoir.

(7) Leooardus Cbiensis.

I (8) Ibid.

i («» Ibid.

remparts. Depuis la semaine de Pâques où commença ce siège, son image était placée à l'Acropolis, dans l'église appelée de son nom(l), â la place où, dans l'ancienne Byzance, se dressait l'hôtel de PaUas Ekbasia (-2). Déjà les assiégés se croyaient sauvés par cette assistance miraculeuse, car dans le camp turc avait couru le brolt de Tapproche de secours italiens et hongrois, et avec ce bruit s'était répandu une terreur panique, probablement au moyen des manœuvres de Chalil-Pascha , qui , secret ami des Grecs, était opposé à la continuation du siège. Pendant trois jours l'armée turque ne fit aucun mouvement; mais le soir du troisième, un éclair sillonnant le ciel dans la région du nord, audessus de la ville, ranima le courage presque éteint des Turcs; ils y virent un signe que Dieu, irrité contre les chrétiens, avait lancé sur eux les traits de sa colère. Mohammed, qui déjà chancelait dans sa résolution de donner l'assaut , tint encore un conseil de guerre dans lequel l'opinion pacifique de Chalil-Pascha (3) fut combattue par son adversaire Saganos-Pascha, par Turachan (4), et par le chef des eunuques. Furieux de cette nouvelle humiliation, levesir donna de secrets avis aux Grecs , et les excita à une vaillante défense, attendu que le sort des armées était incertain (5). Gela se passait le soir du *27 mai, le dimanche , fêle de tous les saints chez les Grecs (6). Le lendemain le sultan disposa l'armée en deux grandes colonnes pour l'attaque par la terre. Du côté de la mer, quatrevingts galères furent rangées en ligne entre la porte de Bois et la porte de Platea (7); l'autre partie de la flotte, en station devant Diplonkion, s'avança de l'entrée du port, c'est-à-dire depuis la porte Oraia, enveloppant la pointe de Saint-Demetrius, et s'étendant par deh la porte maritime de IHodegetria jusque vers le port de Blanka , se déployant en un grand croissant (8). La colonne turque opposée à la porte d'Or était

(t) Ducas , I. xxxviu , p. 153.

(2) CoDstthlinople et le Bosphore , 1. 1 ,p. 231 .

(3) Leonardw Chien*» ei Fbrauzes «ont d'accord sur ce conseil de guerre.

(4) Ou trouve Turacan , an lieu de Turachau dans Léo-

(5, l'branzes , édit. d'Aller, p. 69.

(6) Ducas, I. xxxix , p. 159.

(7) Aujourd'hui Ba.aikapuszi.

(8) Phrauzes , édil. d'Aller, p. 60.

forte au moins décent mille hommes; une litre de plus de cinquante mille s'échelonna mt la gauche du camp. À l'arrière-garde centroiilf guerriers étaient prêts à les soutenir, et Mohammed au centre était à la tète de quinze mit janitschares. Au coucher du soleil, le lundi 21, tout lecamp était en mouvement ; le cri : la ilak illaltali ! poussé parles masses turques, et f »Tfe ele'son s'élevant de la ville, se mêlèrent au bnat des armes, et au retentissement des trompette. Le sultan et l'empereur haranguèrent Itas guerriers, mais sans leur tenir des diseom aussi longs que ceux donnés par les ByzanMK L'empereur se rendit à Aja-Sofia, et recntls sacrements; il fut escorté par b. aucoupd officiers de sa cour; puis il s'arrêta quetyos instants sur le rivage, et prh les assistant* àt lui pardonner les offenses qu'il aurait po commettre envers eux. Chacun fondait en farines (r). Ensuite Constantin monta à eben1 avec son escorte, dans laquelle se trouvait ans Phranzes l'historien , dont nous emprunta» le récit , et parcourut les murailles pour encotmger les Génois à leur devoir, chacun veilla mit nuit sur les remparts et sur les tours. Au premier chant du coq, l'empereur était déjà arrirt à son poste accoutumé près de la porte de Saint- Romanus.

Avant l'aurore du 29 mai, jour de la «an: Théodore, l'action s'engagea, mais cette f* sans que le signai fut donné par le gros caaet Afin de lasser les Grecs, Mohammed fit tenter l'attaque par les recrues et les invalides, réservant la force de l'armée pour le dernier awfl. On combattit vaillamment des deux côtés. M les Turcs subirent une plus grande perte. Ler> que vint le matin, la ville tout eutière apparat entourée par les Turcs comme par une cortlf qui allait être serrée pour l'étouffer. Un braï effroyable décors, de trompettes et de tymWß mêlé aux hurlements des assaillants remplissi* les airs; toutes les batteries tonnèrent à U fois, et au même temps commença l'attaque de to* les points, par terre comme du côté du port | ■ On luttait avec fureur depuis deux heures, si* que l'ennemi eût fait aucun progrès. D« Tschauschs étaient derrière les assaillants, te

(1) Pbrauzes , 1. ni , C. 7 , p. 62.

(2) JUd.

Page 1