‹ Histoire de L'Empire Ottoman (volume 3)Chapitre 131 sur 297 · LIVRE XII · texte numérisé non relu

LIVRE XII

«am en avanta coup* de baguettesde fer et lerfe de bœuft (1). Le sultan lui-même cmait tour à tour les flatteries et les menaces j I appuyait de sa massue de fer (2). Des pierlancécs du haut des tours renversaient les illants ; le feu grégeois ruisselait des murs |oe dans la mer, où il continuait à brûler, échelles se brisaient; le feu de l'art il «rie se sait; la ville était enveloppée dans une sse vapeur de poudre (3). Théophile Paléote et Demetrius Cantacuzène repoussèrent rurcs ; l'empereur à cheval encourageait les s de ses paroles et de ses actions, lorsqu'une t ou une flèche blessa Giustiniani au bras la cuisse (4); il pria l'empereur de tenir bon, lis qu'il allait seulement se rendre sur son 1 pour se faire panser. L'empereur l'enp à ne pas faire attention à sa blessure , qui égère; mais Giustiniani ne se laisse point nir. i Par où vous dégager pour gagner e bâtiment? demande l'empereur. Par ici, réi Giustiniani, là où Dieu même ouvre le cheaux Turcs.» Et en même temps il s'échappe Galata, oubliant sa gloire passée, sans son a la honte future. Sonéloignement répandit i ouragement parmi les troupes, et Saganoslw, qui s'aperçut du trouble dans les rangs "siégés, enflamma sesjanitschares d'une »die ardeur. L'un d'eux, espèce de géant, iné Hasan-d'Ulubad, tenant de la main gauson bouclier au-dessus de sa téte, et son e de la droite, s'élance sur la muraille suivi ■tote compagnons. Les assiégés les repousvaillamment à coups de flèches et de es; dix-huit janilschares sont renversés en e temps, et plusieurs autres qu Nasan avait itnês par son exemple , subissent le même Hasan lui - même, atteint d'une pierre * ä terre ; mais il se redresse à demi , et »ble de se mettre debout, il se tient à le bouclier toujours au-dessus de sa jusque ce que cette arme défensive lui

Pîiranza

Doc», I. xxxix , p. 160.

rhum», |. m, c. 7, p. 60.

Sttoo Doc» , p. 160 , par une balle a la partie posre du brai ; k)od Phranzes , par une flèche dans la fauche; d'après Leonardu» Chien»» ,

échappe enlevée par une grêle de pierres , et il succombe accablé de traits (1).

Tandis que la porte de Saint- Roman us, contre laquelle était dirigée la principale attaque, était défendue si vaillamment, les Turcs avaient déjà pénétré dans la ville sur un autre point, par la porte de Bois, que l'on avait murée à cause des prophéties annonçant l'entrée de l'ennemi sous ce passage, et qui, la veille, sur un ordre de l'empereur, avait été ouverte, pour surprendre les assiégeants par une sortie inattendue(2). Cinquante Turcs forcèrent ce passage, et attaquèrent les assiégés par derrière (3). Alors, près de la porte de Romanus, un cri retentit, parti du port, que la ville était prise, et l'effroi frappa les rangs des alliés autour de l'empereur. Théophile Paléologue, Don Francesco de Tolède, l'Espagnol, et Jean le Dalmate, firent des prodiges de valeur; mais l'empereur vit que la résistance était vaine contre les flots d'ennemis qui avaient rompu toutes les digues. « J'aime mieux mour.r que vivre (4)», s'écrie-t-il, en se précipitant tête baissée contre les assaillants; et se voyant abandonné des siens, qui avaient pris la fuite : a N'y aurait- il donc pas un chrétien, dit-il en gémissant, pour me couper la lèle (©)! » et aussitôt il tomba sous les coups de sabre de deux Turcs, dont Tun le frappa au visage, et l'autre par derrière (b); et le septième des Paléologues, Constantin Drajjoses, le dernier des empereurs grecs, restaconfondu parmi des monceaux de cadavres, après avoir succombé dans la défense de la ville du premier Constantin, de la capitale de l'empire byzantin fondé depuis dix siècles. Maintenant les Turcs entrèrent en masse du côté de la terre, par la porte de Charsias ou Kaligaria, après avoir franchi des remparts de cadavres, qui comblaient les fossés et remplissaient les brèches, massacrant les soldats qui s'enfuyaient, croyant qu'ils avaient affaire â une garnison de cinquante mille hommes. Deux mille victimes furent immolées ainsi,

(I) Phranie» , I. m,c. 7, p. 62.

(5) Ducat , I. xxxix , p. 139.

(3) Ibid. p. 150.

(4) Pbranm,p. 63.

(6) Ducat, 1. xxxix, p. 161. D'aprè» Chalcondylai , Constantin fut aussi tué en fuyant.

jusqu'à ce que fût reconnue la véritable faiblesse tics Grecs : alors s'arrêta l'effusion du sang. Si grande était l'ardeur des vainqueurs pour avoir des esclaves des deux sexes, dout la valeur pouvait exciter leur avidité , ou la beauté flatter leur luxure, qu'ils auraient certainement entraîné tous les êtres vivants chargés de fer , afin de satisfaire les deux passions qui les dominaient (1). Les victimes du premier emportement tombèrent presque toutes sans résis-

un temple qu'As avaient abandonné cornu souillé depuis la réunion des églises. « Si dans moment, dit l'historien Ducas, un ange fi réellement descendu du ciel, et qu'il eût fait a tendre ces paroles : Acceptez l'union des égt ses, et je disperserai vos ennemis, les Grecs un raient pas accepté ce symbole, et ils se serai« livrés aux Turcs plutôt qu'à l'Église romaine. Tant était profonde la séparation causée p l'acte d'union ! Les Turcs rompirent à coupsd

tauce ; car les Turcs ne perdirent là que deux ! hache les portes qui étaient fermées, et «mue ou trois hommes ('2). Tous les habitants s'en- i nèrent ce peuple tremblant en esclavage, comm fuirent du côté du port, parce que l'ennemi ne des animaux destinés â la boucherie. Les hoœs'était pas encore emparé de cette partie; les ein- nies furent attachés avec des cordes, les femme

quante Turcs entrés par la porte souterraine avaient été repoussés, et beaucoup de fuyards,

liées deux à deux avec leurs ceintures, sans distinction d'âge ou de rang; l'archimandrite av«

en se précipitant par les portes ouvertes sur le , son portier, la dame avec sa servante, le i port, parvinrent à se sauver sur des bâtiments , avec la religieuse, selon le caprice des ravwtin grecs et génois. Les gardes, vovant cette presse 1 L'église elle-même devint un théâtre d'abomiénorme, et reconnaissant la cause, fermèrent les ; nations. Les saintes images furent dépouillées portes, dont ils jetèrent les clefs par-dessus les ( de leurs ornements et mises en pièces; les vise murailles, pleins de confiance superstitieuse dans d'or et d'argent furent enlevés, les vêtements une ancienne prophétie annonçant que les Turcs sacerdotaux couvrirent les dos des chevaux: k

crucifix fut promené couvert d'un bonnet de j* nitschare (2). Les autels servirent de tables 1

pénétreraient jusqu'au milieu de la ville, jusqu'à la place du Taureau (aujourd'hui TaukbasariX

mais qu'ensuite ils seraient repoussés et chassés manger, d'auges pour les chevaux, ou de lits de par les habitants (3). | prostitution 3) : « Ainsi, dit Ducas, fut *•

Maintenant les masses de peuple refluaient complie la parole du prophète Arnos : Je nie

des murs du pont vers la grande église d'Aja- vengerai des autels de Betel, dit le Seigneur,

Sofia, hommes, femmes, vieillards, enfants, moi- les cornes de la table des sacrifices seront jetés

nés, religieuses; ils s'imaginaient, pleins d'une à terre; je renverserai le

aveugle foi dans une ancienne prophétie, que si maison de plaisance ; les habitations ornées d"h

les Turcs parvenaient jusqu'à la colonne du voire seront anéanties, ainsi que beaucoup du-

grand Constantin, un ange descendrait du ciel, très, dit le Seigneur (4). Vos fêtes, je les i

et remettant une épée nue dans la main d'un en horreur, et je détournerai les yeux de vos

pauvre homme de la dernière classe, lui dirait: crifices. Éloigne de moi le bruit de tes can

« (Vends ce glaive, et venge le peuple de Dieu. » ques; je ne veux pas entendre les psaumes de

— Qu'aussitôt les Turcs tourneraient le dos, et instruments. La fin de mon peuple est arrivt

seraient chassés par les Grecs de la ville et de l'Asie Mineure, et même refoulés jusque sur les frontières de la Perse (4). Ainsi bientôt la vaste église d'Aja-Sofia , avec tous ses porches et ses galeries, fut remplie de fugitifs ,qui, ayant fermé les portes, s'imaginaient trouver leur salut dans

(1) Ducat,l. xxxix.p. 162

(2) Turci suorum tre* Ducat, I. xxxix, p. 161.

(3) Chatcoudylas , 1. Tin , édïL de (4; Jusqu'à Monodrndron ; Ducas , 1.

dit le Seigneur, je ne veux pas différer longtemps son châtiment, et ce jour-là les tes du temple retentiront de hurlements (51 d le Seigneur. » En effet, les voûtes du plus 6 temple de la chrétienté furent frappées par IJ éclats des bacchanales des ravisseurs, et par W

ix , p. 63.

(1) Ducas, t. xxiix, p. 63.

(2) Leonardus Chientis.

(3) Phranies , p 63.

(4) Ducas, 1. xxxix, p. 165;

(5) Arnos , I. v, p, 21 ,23,etl.

Page 1