‹ Histoire de L'Empire Ottoman (volume 3)Chapitre 132 sur 297 · LM · texte numérisé non relu

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pmissements des malheureux dépouillés de mrs biens, de leur liberté, et de leur honneur. ^ temple d'Aja-Sofia, s'écrie Phranzes (1), le iel terrestre de la sagesse divine, le trône cé- *te de la gloire divine, le second char entouré le chérubins du maître du monde, cette mereille de la terre élevée par Dieu lui-même, deint l'abomination de la désolation. »

Cependant, du coté du port, les Grecs conservent une partie des murailles qui n'avait pas ncore été attaquée, et ils restèrent â leur poste usqu'à ce que les Turcs, qui pillaient la ville Ifpuis deux heures, vinrent tomber sur leurs lerrières; en même temps ceux qui livraient assaut du dehors forcèrent l'entrée de la ville n venant de Petra, près de la porte actuelle lu magasin à farine. A cette vue, les défenseurs enfuirent aussi de ce point vers les maisons, iu les Turcs avaient déjà porté la désolation. * commandant grec Lucas Notaras fut pris en jagnant son habitation, ou bien lorsqu'il y tait entré, et Urchan, petit-fils de Suleiman, m moyen duquel les Grecs s'étaient imaginé pouvoir effrayer le conquérant, en le présentant comme un prétendant au trône, se précipita du haut d'une tour plutôt que de se livrer mu Ottomans (2).

Ainsi succomba la ville aux sept collines, l'an- •ique Byzance, 1 125 ans après son agrandissement par le premierConstantin, le 28 mai 1453, lans le vingt-neuvième siège soutenu depuis a fondation, à la suite de cinquante-trois jours 1 attaques par les Turcs. Trois fois elle avait été fcsiégée par les Hellènes, sous Pausanias, Alci- J'ade, et Léon, général de Philippe de Macéluine; trois fois par des empereurs romains, Sévère, Maxime, Constantin; deux fois par des rebelles byzantins, Thomas etTornicius;deux fois par des empereurs byzantins, Alexis Comnène et Michel Paléologue; deux fois par des krals Bulgares, Paganuset Siméon; une fois par le chakan des Avares; une fois par le despote des Slaves, Krumus; une fois par les Russes, 80,6 Askold et Dir; une fois par les Latins, sous le ao&« Dandolo ; sept fois par les Arabes ,

(1) Pbranz#t,p.64.

(2) Dncas «eut raconte la prise de Notar» ci i. muit d Urchan de deux manières (p. 166 et 169). Ici Ton a préféré le récit qui «'accorde arec Coalcondylas.

TOM. i.

sous les généraux des chalifes; cinq fois par les Turcs ( deux fois sous Bajesid , puis sous Musa, Murad 11 et Mohammed 11); et dans le cinquième siège entrepris par les Turcs, après avoir été auparavant enlevée sept fois par Pausanias (1), Alcibiade (2), septime Sévère, Constantin, Alexis, Dandolo et Michel Paléologue, elle devint la proie de Mohammed 11, septième souverain des Ottomans.

Cette dernière destinée, bien méritée par l'énervement moral, et rabaissement de ses habitants et de ses souverains , devait être réservée à la maison des Paléologues, dont le premier avait jadis cherché protection et assistance contre sa patrie à la cour du prince turc, maître de l'Asie Mineure, et dont les successeurs, servant à la porte du sultan , se montrèrent comme mercenaires dans son armée, et conquirent des villes en son nom. Telle fut la reconnaissance du concours prêté aux armes turques , et le salaire du service dans le palais.

Mohammed n'avait pas pénétré dans la ville avec les assaillants; ilavaitattendu en dehors des murailles que lui parvint la nouvelle qu'elle était entièrement au pouvoir des vainqueurs; il reçut cet avis vers le milieu du jour. Alors délivré de toute crainte et libre de toute incertitude, entouré de ses vesirs et de ses gardes du corps, il fit son entrée dans la capitale de l'empire détruit, et marcha droit vers la grande église;sautant de son cheval, pour en prendra possession â pied (3), il ne put contempler sans admiration les cent sept colonnes si magnifiques , les marbres aux couleurs si variées, rosesde Synada, verts de Laconie, bleusde Lybie, noirs du pays des Celtes, blancs du Bosphore; les granits étoiles de Thessalie, d'Epire, et d'Égypte; les porphyres de Sais; là s'élevaient les huit colonnes de porphyre du temple du Soleil, bâti par Aurélien à Baalbeck, les huit colonnes vertes du temple de Diane d'Éphèse ; les autres avaient été tirées du plus grand et du plus beau temple de Jupiter, à Cyzique, de ceux d'Alexandrie, d'Athènes et des Cyclades. Le regard du conquérant parcourut avec étonnement les galeries

(1) Cornelius Nepos , dans Pausanias.

(3) /&/</., ddu» Alcibiade.

(3) Ducas , c. il. Ceci contredit bien les historiens européens qui fout monter Mohammed a cheval sur l'autel.

aériennes et les voûtes élancées, les images colossales des évangélistes et des apôtres de la Viergeetde lacroix, portant ces mots: 7Wo/w/?//e par ce signe, le tout représenté en mosaïque, et sur des vitraux coloriés et dorés. Plus son regard s'élançait, plus son ravissement croissait. En descendant de ces régions supérieures . il tomba sur un des soldats qui brisait les précieuses dalles de marbre dont les veines imitaient si bien des vagues, que des quatre portes de l'église des flots paraissaient rouler, et figuraient les quatre fleuves du paradis. Mohammed frappa le barbare de son sabre , en disant : « Je vous ai abandonné 1*8 trésors de la ville; mais les édifices sont à moi ! » Le profanateur fut jeté hors du temple, à demi mort. Sur l'ordre du sultan, Tun de ses muezzins appela les fidèles à la prière , et pour proclamer ainsi le règne de l'islam , il se plaça sur Test rade devant le saint des saints; pour Mohammed , il accomplit ses dévotions sur le grand autel (t). Ainsi fut inauguré, pour les musulmans, lo temple de la Sagesse-Divine, maintenant souillé aux yeux dos chrétiens. Selon les historiens byzantins, un ange avait donné le plan, le nom de cet édifice, et apporté du ciel Targent pour son élévation. Fondée par Constantin le Grand, rebâtie par Théodoso et Justinien, après qu'elle eut été deux fois incendiée dans des révoltes , et qu'elle eut été endommagée par un tremblement de terre, l'église delà Sagesse- Divine était le théâtre des plus grandes pompes politiques, des plui saintes fêtes religieuses; elle servait aux couronnements, aux triomphes, aux mariages des empereurs, aux cérémonies publiques de l'Église, aux conciles ou réunions ecclésiastiques: c'était le sanctuaire, non pas seulement de la capitale , mais de l'empire entier, le chef-d'œuvre d'architecture religieuse , qui n'avait pas encore été surpassé dans toute la chrétienté. Gomme les empereurs grecs terminaient jadis leur marche triomphale par une prière à Aja-Sofia, Mohammed commença la prise de possession de la ville par sa prière sur le grand autel de ce temple. Quant à l'image, miraculeuse de la mère de Dieu, qui avait préservé les Grecs dans leurs plus grands dangers , et qui était regardée comme le palladium de la ville, elle

(1) Ducas.c. xi.p. 166

I fut mise en pièces par les Turcs dans l'égli«

! elle était exposée à l'adoration publique I ! le riche couvent de la vierge Hodegetria. p derAcropolis, fut entièrement saccagé, a que celui de Saint-Jean-BapÛNte, sur le p En quittant Aja-Sofia, transformée en mo^u Mohammed fit amener le grand amiral, Lu Notaras (2) : «Contemple , lui dit-il, mm ceaux de cadavres , ces masses de captifs, n le beau résultat de ton refus de rendre U rffl Notaras répondit que ni lui ni l'empereur i vaient eu assez d'autorité pour détermina reddition de la ville , surtout après quel* pereur eut reçu des lettres par lesqwlle était encouragé à la résistance. Le soupçon Mohammed tomba aussitôt sur Chalil-Pa* mais, dissimulant pour le moment, il s'infu de l'empereur, demanda s'il s'était enfui quelque bâtiment; car cinq vaisseaux géi avaient été assez heureux pour sortir do p« pleines voiles; les autres étaient resté» h d'équipages assez nombreux (3). Notaras pondit qu'il n'eu savait rien, qu'il se troim la porte du palais au moment où les Ti avaient pénétré par la porte de Charsias-C cet instant furent annoncés deux janitechi qui prétendaient avoir tué Constantin. Mob med leur ordonna de chercher le corps t lui apporter la tète. Eosuite U adressa à N ras des paroles de consolatioo , fit chercha femme et ses enfants, leur fit donner i cha 1000 aspres , et promit â l'amiral de le Iii en possession des charges et des biens dm jouissait sous l'empereur. Provoqué par ce veurs , le misérable Notaras présenta one des principaux dignitaires da la cour et k tionnairesde l'État ; Mohammed les fit rkrc et compta 1000 aspres pour chaque tète de personnages aux soldats entre les mains ■ quels ils étaient tombés. Notaras, congédié t les marques de la plus grande faveur, re dans son palais, et pendant ce temps apportées au sultan les têtes dTJrchan, ptu de Suleiman, et de Constantin ; toutes dé*" lèrent à ses pieds. Le cadavre du A*dierp« seur du trône bvzan»- »*alt été reconnu c

ii; iiucM, p. 162.

(2) M.di.p. 169.

ÇS) ihi4 ,c. xl, p. 120.

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