LIVRE XIII
ppelëes par les Turcs Chaschos, Semcndrek, et mrus(l), et néanmoins ils ne savent rien des ouvenirs poétiques de ces lieux. Apres ces sucés, l'orage allait fondre sur Ghios, lorsque les . krchootes le détournèrent par un nouveau raité de paix. Ils donnèrent 30,000 ducats orome indemnité pour la galère enfoncée , et obligèrent a un tribut annuel de 10,000 dual« (2). Renouçant pour le moment à la poscssion de Chioa et de Lesbos , Mohammed se aisit de Lemnos, ou régnait Nicolas Gatelusio, rére duseigneur de Lesbos. H y fut déterminé arles mécontentements des habitants qui lui denandèrent un gouverneur turc à la place de eur prince. Il destina à ce poste l'ancien amiral lanisa-Beg, et il donna au nouvel amiral, beg de iallipolj, l'eunuque Ismail (3), la mission d'insaller à Lemnos le nouveau gouverneur. A cette nnonce,le prince de Lesbos envoya une galère, ommandée par Jean Fontana et Spineta Ko- Binbotos, pour emmener son frère hors de Pile, i les habitants ne pouvaient être réconciliés vec lui (4). Ges officiers s'acquittèrent de leur aission après un combat avec les Lemniens. irais jours après, l'amiral Ismail débarqua avec t nouveau gouverneur, Hamsa-Beg, donna des Rtyes aux Lemniens et emmena les Lesbiens fui se trouvaient dans Me. U campagne de loBgrie arrêta pour le moment les nouveaux clats de la colère de Mohammed, qui allait rapper le» frères Gatelusio (5).
Dès le mois d'avriUe bruit se répandit en Honnie que Mohammed faisait d'énormes prépaatifc pour la conquête de Belgrad, et que l'on ondaitdescaoonsdesiégeà krussovaz (6X sur la torava. EncfFet, le 13juin 1456(7), lesultanpa- W devant Belgrad, avec plus de cent cinquante aille hommes (8), et avec un parc d'artillerie
52 ; Rausaiul-Ebrar , fol. 164 ; Had*cbi-Cbalfa , Taiö chronologiques, dans l'année 859 [1454] ; Histoire * Tur»un-Beß le Defterdar , fol. 52.
(1) La RumiU d'Hadscbi-Chaua, p. 190, et Enos,
(2) Duca», l.itr, p. 190.
(3) Ibid., Cbalcondylas.fol. 8, édii. de Rasle, p. 248, »no« le iwni de Zo^ana* au *ucce»seur d Uiuai).
Mjnuca»,l. xtT.p. 190.
(5) Jéid., et dans Cbalcoiulyias , 1. yiii. (S) Thurocz , c. Vf , et d'après lui Boufinius , dec. ni , ap.8.
(7j Idibut-Junii, Bonfinias , dec. ui ,c 18, p- 488. (» D'après Tagliacozzo, plus décent souante mille;
comprenant plus de trois cents pièces (1), dont vingt-sept avaient vingt-sept pieds de long, et sept mortiers pour lancer des boulets de pierre (2). La ville fut donc canonnée jour et nuit , et l'on entendait gronder le canon jusqu'à Szegedin, c'est-à-dire * plus de vingt-quatre milles hongrois (3). Mohammed, regardant la conquête de Belgrad comme un jeu après celle de Constantinople , se serait vanté de réduire en quinze jours une place devant laquelle son père s'était arrêté en vain durant six mois, et aurait déclaré qu'il espérait, dans deux mois, aller souper à Ofen (4). La flotte de deux cents vaisseaux, réunie à Widiu, croisant sur le Danube , devait intercepter le secours que les Hongrois préparaient à Szegedin (5). Le régent, le grand capitaine Huuyady, rassembla d'abord à. Ofen, puis à Szegedin, l'armée des croisés qui , couvoqués par les bulles du pape Calixte III, et attirés par les indulgences plénières que répandait le légat, cardinal Jean de Angelo , avaient pris les armes et la croix contre les Turcs. Env iron soixante mille croisés , à l'appel du légat pontifical , enflammés surtout parles prédications deCapistrano , accoururent sous les bannières de Hunyady ; mais dans cette masse, il n'y eut que trois magnats, Jean de Korogh, haut palatin et ban de Machov, Qrban Posega , dans le banat duquel était situé Belgrad (6), le haut palatin de Bistray, Michel Zelaghy, et le jeune noble Ladislaus de kanischa (?). Beaucoup d'autres nobles, à la vérité , reçurent la croix, mais sans prendre les armes. L'armée présentait un amas confus de bourgeois , de paysans , d'étudiants, et de moines mendiants armés de bâtons, de pieux, de frondes et de sabres ($). A côté de Capistrano étaient encore six franciscains (9), dont Jean TagHacoaa et Nicolas
d'après Bra«ço,victa , cçut cinquante mille; Engel, Uut. de Servie , p. 4ViL
(1) Trois cents canons tombèrent entre les mains des vainqueurs; Engel.
(2) TaßbacozzQ dans Katona , I. nu, p. 1068. (3j Thurocz , I. lt.
(4) Taonacozzo.dans Katona, I. nu, p 107O
(5) Cbalcondylas.
(6) Tagliacozzo,dans Katona, t. xui , p. 1078.
(7) Tburocz, l.v.
(8) Tagliaoozzo , dans Katona , L sut , p. *079.
(9) Leméine.ttàl
de Faraont éternisé les noms (1). Le 14 juillet 1456, Hunyady, avec deux cents briganiins, en partie rassemblés à Slankament, en partie construits à Belgrad, sous la direction de Silagi, alla à la rencontre de la flottille tureque du Danube, et la dispersa (2). Mohammed fit brûler les bâtiments démâtés , qui avaient perdu leurs équipages, afin qu'ils ne tombassent point entre les mains des Hongrois (3). Trois galères avaient été coulées bas, quatre enlevées; plus de cinq cents Turcs périrent dans les flots (4). Capistrano s'était tenu sur le rivage, agitant sa bannière menaçante contre l'ennemi, et invoquant le nom de Jésus. Sept jours après cette défaite, Mohammed conduisit en personne les janitschares à l'assaut des murailles ouvertes par l'artillerie (5). Karadscha , beglerbeg de Rumili , qui jusqu'alors avait conduit les travaux du siège avec courage et prudence , avait été la veille au soir emporté par un boulet. Le 21 au matin , au bruit des tambours et des trompettes , les janitschares se logèrent dans la ville extérieure , et se précipitèrent contre le pont de la seconde enceinte. Hunyady luimême déplorait déjà la perte de la place. La confiance de Capistrano seule resta inébranlable, comme son ardeur que soutenait la prière. Au moyen de nouveaux renforts jetés dans la citadelle par la porte de derrière, Capistrano fit jeter sur les Turcs , déjà grimpant à travers les débris des murs, des fagots enflammés et pénétrés de soufre , et il les repoussa ainsi dans le fossé (6). Vers midi les Turcs avaient abandonné la ville. Alors Capistrano prit avec lui deux des frères mineurs, ses compagnons d'armes , Tagliacozzo et Pierre, le porte-étendard , et , à la téte de mille croisés , ils s'élancèrent à la conquête de l'artillerie de siège (7). Tandis que les Turcs s'enfuyaient au cri d 'Allah! les croisés pénétrèrent dans leur camp, invoquant le nom de Jésus. Mohammed, voyant les Asabcs dispersés , et son artillerie en dan-
(1) Leurs rapport* sont dans Pray, Annales, p. 111, et dans Katona , 1. un , p. 1072 et 1096.
(2) Chalcoodylas , Thurocz, I. * ; Tagliacozio.
(3) Chalcondylas.
(4) Tagliacozzo, dans Katona , 1. ziu , p. 1075.
(5) Chalcoodylas.
(6) Tagliacozzo, dan* Kalona, I. xni, p. 1082.
(7) Chalcondylas et Tagliacozzo, dans Katona.
ger , combattit lui-même comme un lion, d u coup de son sabre fendit la tête à un dmtien (1), et fut blessé à la cuisse. Plein de foreur, il accabla de menaces le général d«^ nitschares , Ilasam , qui après lui avoir représenté que la plupart de ses soldats étais blessés, que les autres refusaient d'obéir . * précipita scus ses yeux dans les rangs ennrak où il trouva une mort glorieuse (2). Six m& cavaliers turcs, arrivés à temps, forcèrent le croisés à se retirer du camp. Néanmoins il fallut abandonner le siège en désordre, et % hammed s'enfuit, avec cent voitures de bles>a jusqu'à Sophia ; là il força ses troupes àsftf lier en faisant immoler les fuyards (3\ Tré cents canons furent pris ; vingt -quatre mlk Turcs avaient trouvé la mort sous les rempart de la place. Mais le grand Hunyady sur»» à peine deux semaines à son glorieux triomfèf, et, trois mois après, Capistrano mourut caam lui, de maladie à Belgrad, et fut rangé pm les saints. Aujourd'hui encore sa fête es célébrée dans l'église de Saint - Étienoe > Vienne, où il prêcha si souvent laooNi contre les Turcs, où sa parole enflammait b assistants, transportait les fidèles d'ans* zèle, et inspirait, même aux incrédules, an p» fond respect pour l'homme (4).
En mémoire de la victoire et de U d* vrance de Belgrad, le pape Câlixte fll fia la fête de la transfiguration du Christa' août, jour où Capistrano avait combattu h* tant de valeur. C'était ce même pontife qui, prs> que octogénaire, avait fait prêcher la cinqiu* croisade contre les Turcs, à laquelle se mache le triomphe de Capistrano, comme la pm deSmyrne, à la première, sous Clément VI (i et la bataille des Serviens , à la seconde. Urbain V (6), la défaîte de Nicopolis, àla
(1) Idrts, et d'après lui Seadeddin, confirmé condylas.
(2) Chalcoodylas , p. 133.
(3) Engel , p. 40Ü.
(4) Dans la rie de Capistrano , par Gioraai B*tt Barberio romano ; Roma 1 690 , in-4° de 3ÖS pa§- b *" fense de Belgrad n'occupe qu'une place bieoutfer«1 aux cent quatre- ving-six miracle* contenus dam k 3* chapitre, p. 213 à 223.
(5) 28 octobre 1344.