‹ Histoire de L'Empire Ottoman (volume 3)Chapitre 155 sur 297 · LIVRE xrv · texte numérisé non relu

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lohammed résolut la conquête de Négrcpont. lohammed-Pascha, l'ancien grand vesir, mainsiant amiral et sandschak-beg de Gallfpoli ïrtil des Dardanelles* avec une flotte de trois tais voiles , dont cent galères et deux cents aires vaisseaux portant soixante-dix mille wnmes de trouves (I), et Mohammed conutsit nne armée non moins forte par (erre isqu'en face de Négrepont. Les forces torqurs ."déployèrent sur le même rivage qui avait idis été couvert par l'armée de Xerxès , eî la aie du conquérant ottoman fut plantée sur le terne promontoire ort s'était dressée celle du rand roi de Perse. Mais Nicolo Canale n'était as un Thémistoclcs. Placé à l'ancre avec trenteioq galères dans le golfe de Sarona, sous l'Ile e Salamine , il attendit sans bouger des renorts de Candie, et laissa les Turcs établir un ont de galères , et transporter toute leur aroeV dans l'île de Négrepont. Le capitaine Anouio Ottoboni déploya une valeur d'autant •lus brillante : avec son seul bâtiment, il pênéra dans le port à travers la flotte ennemie: son rére Stéphano fut moins heureux : le bâtiment montait prit feu avec un vaisseau ennemi. Ule était sous le commandement de Paolo mao comme baile.; Luigi Calvo avait remplacé ^mme capitaine des troupes Giovanni Badoer. roustroisétaient des hommes vaillants et pleins de prudence ; néanmoins ils se trompèrent tous (rois en plaçant leur confiance dans le capitaine tomasi Sehiavo de Lebeno, qui entretenait de perfides intelligences avec les Turcs; il fut dérouvrit, et paya trop tard sa trahison delà v'e -i). Durant dix-sept jours (3), les Turcs livrèrent cinq assauts furieux : dans les trois premiers ils perdirent plus de vingt mille hom- 'oes et trente galères. Mohammed fit débarquer le reste des équipages, et arracha de nou >eau\ soldats et de nouveaux matelots des lieux fnviroonants. Le moment était f àvorable pour la flotte vénitienne ; elle pouvait accourir rapi-

f } Daru , BiMoire de Venise, 1. n , p. 46-5. Selon le «"taire de Malatesta , l'armée de Mohammed était de pto» de deux cent mille hommes.

2, Relazionc tlel sejjretario di Malatesta, et le presati Hitponte da auiore incerto, dans le Recueil de Sansov,»">p.3».

•l.i Les jours d'assaut furent le 25 et le 30 juin , les 3, J. «rt 12 jniliet ; Unßier, Histoire de Venise , I. xxvi.

dement, rompre le pont de galères, et couper aux assiégeants déposés dans l'Ile toutes' les communications avec le continent , et tous les convois de vivre. Sourd à toutes les représentations de ses capitaines, ne voulant pas voir les signaux de détresse de la place, Nicolo Canale ne bougeait pas(l). Un quatrième assaut détruisit quinze mille assiégeants (2), mais dans le cinquième, et le plus sanglant, la ville fut enfin emportée le 12 juillet H 70. La citadelle se défendit encore quelques jours; mats la garnison abattue, réduite à rien par la perte de six mille hommes, se rendit sous la condition d'avoir la vie sauve (3). Pour venger la mort de cinquante mille de ses plus vaillants soldats (4), Mohammed imagina les supplices les plus barbares, et assouvit sa fureur sur les vaillants défenseurs de leur patrie: les Vénitiens furent empalés, écartelés, lapidés (o); les Grecs furent seuls emmenés en esclavage, l'aolo Erizzo fut scié en deux avec les ambassadeurs de Kalabrita et de Iionlari, et sa fille, qui ne se montra pas assez complaisante pour le sultan , fut coupée en morceaux.

L'Ile de Négrepont, autrefois Eubœa, surnom de la fille d'Asopus, ou Makris, la longue, à cause de sa forme, et Chalkis ou Chalcondantis, de ses mines de fer, ou Abantis, de ses premiers habitants, les Abantis, méritait d'attirer l atteniionparsonétendue,sasituation, sa fertilité , ses villes , ses caps , ci les flux et reflux de l'Euripus (6). Son ancienne capitale Histiœa ou Oneas était bâtie sur le penchant du montThelethrios (7), à |>eu de distance du cap septentrional de l'tle d'Artémisium. La nouvelle Chalcis, située dans la partie méridionale, sur la montagne la plus élevée, se, lie au continent au moyen d'un pont garni de tours. Dans le moyen âge, le canal fut appelé Egripos, d'où est venu le nom actuel un peu corrompu de Négrepont (pont de TÉgripe). Au sud de Chalcis,

(1) Daru , Histoire de Venise, I. n , p. 466; Laudier , I. tu , p. 235.

(2) Daru , Laugier, pass. cit.

(3) Daru , I. n , p. 467.

(4) D'après les historiens vénitiens soixante dix-sept mille.

(5) La presa di INegreponte.

(6) Foy. la description de Tile-Live, I. xxtiii, p. 6.

(7) Sirabo , 1. xi , elTite-Live,l. xxviii , p. 6,

probablement sur remplacement de Porto-Bufalo ( I ), s'élevait l'une des plus anciennes et des plus célèbres villes de l'ile, Eretria, et plus au midi encore on voyait Karystos , fameuse par ses vins, ses marbres (2). Tant d'avantages et de richesses devaient attirer l'attention des États voisins, et des conquérants étrangers. Les Grecs s'arrachèrent la domination de l'Eubée;

<\) Maonert, I. ix, p. 261.

(2) Jbid.,\. a, p. 263.

celte tic fut possédée successivement par les Athéniens, les Spartiates et les Macédoniens; des rois de Macédoine, elle passa a la république de Rome , puis aux empereurs de Byzance, qui laissèrent Venise y établir sa puissance. Autrefois de grands monarques, Xerxès, Antiochos, Mithridate, l'avaient occupée quelques instand C'est ainsi qu'elle avait été agitée daos les flot* de toutes les conquêtes jusqu'à ce que Mohammed la fixât comme la base inébranlable de U domination ottomane de tout l'Archipel.

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