‹ Histoire de L'Empire Ottoman (volume 3)Chapitre 183 sur 297 · LIVRE XVIII · texte numérisé non relu

LIVRE XVIII

SM

persan (1), ou du persan dans le grec, c'est ce qu'il est difficile de décider ; car d'après les historiens orientaux, le défier ou registre d'impôt était une vieille institution pcr>ane, et le mot grec gaza, trésor, pourrait tout aussi bien se confoodreaveclechasinepersanquialameme signification. Après la chute de Chosroes,oncoutinua encore, sous les chai ifes,a tenir les registres des impôts dans la Perse, en persan , dans la Syrie et I Egypte en grec, jusqu'à ce que lechalife Abdulmelek eut ordonné d'y substituer l'arabe en Perse ; son fils Welid adopta la môme mesure pour la Syrie et l'Egypte. Sous la domination des Seldschuks , alors que les teneurs de livres étaient des Persans, on adopta de nouveau la langue persane pour la comptabilité; comme sous les successeurs de Dsche ngis-Chan , le turc fut employé par les Uigures, et en tgypte, la langue kophte par les Kophtes. Sous Obajaszeddîn 11, souverain impuissant des Scldschuks de l'Asie- Mineure , Karaman, le fondateur de la dynastie qui prit son nom, ayant fait immoler les meilleurs teneurs de lims persans, introduisit l'usage de tenir les livres moitié en persan, moitié en turc; et ce système, appliqué avec uncécrilure brisée, foute particulière, est encore suivi aujourd'hui dans I nnpire ottoman. Du temps de Mohammed H, il n y avait qu'un seuldcfterdar, qui s'appelait le defterdar de Rumili ; on lui adjoignit un col- •fyuepour les pays d'Asie; plus tard, il y en fut quatre. Les defterdars se rendaient, tous les 'uDdi*, à l'audience avec les vesirs: mais ils ne pouvaient présenter de rapports que sur l'autorisation du grand vesir auquel toutes ces affres étaient soumises.

Enfin, l'empire a pour quatrième colonne les •ûscbandscbis, ou secrétaires pour la signature du sultan , qui originairement étaient de vérifies secrétaires d'K tat. et comme tels membres du divan. Alors, le reis-ul-kullab , ou chef des Gmains, n'avait aucune place dans ce conseil; c« ne fut que longtemps après qu'il parvint à °<wper ce rang supérieur au nischandschi, la place , aujourd'hui sans action sur la «arche des affaires, n est plus qu un litre purent honorifique. Le nischandschi était d'a-

M) Diptatbera,

| bord obligé d'apposer lui-même la tughra , ou le chiffre du sultan, en téte des fermans et des diplômes; maintenant ce sont ses assistants qui s'acquittent de ce soin. Celte formalité s'appelle encore aujourd'hui, comme sous les chalifes, tewkii , c'est-à-dire sanction du fait; au temps du chalifat , elle était remplie par le vesir ; plus tard, elle fut laissée au soin du secrétaire d'État, qui s'appela pour cette raison secrétaire d'État de l'expédition (1). Conformément aux premières dispositions du kanun ottoman, le nischandschi revi>ait et confirmait les projets d'ordres et de diplômes préparés par le reis; aujourd'hui, il y fait purement apposer la signature du sultan , après que l'examinateur des projets d'actes ( le mumejis), le référendaire ( beglikdschi ), et le chancelier ( reis ) y ont mis leur visa'' ssahh )(2).

De la haute porte du grand vesir, et de la porte du defterdar, nous passons à celle de l'aga des janitschares, qui entre avec les autres agas commandants des troupes dans la classe des agas extérieurs , en opposition avec celle des agas intérieurs, attachés exclusivement à la cour. Le premier des agas extérieurs est l'aga des janitschares, qui originairement n'avait que oOU aspres de solde quotidienne; mais une source particulière de revenus appelée l'argent de l'orge porta les produits de cette charge jusqu'à 60,000 aspres. Comme chef du pouvoir exécutif, pour la sûreté de la capitale , il était placé sous les ordres du grand vesir, de même que le jugede Constanlinople sous le juge de l'armée de Hum. il devenait ordinairement beglerbcg de Ruuiili,ou kapudan-pascha ; et s'il tombait dans une sorte de disgrâce, il était nommé saodschak-beg de Kastemuni, de même qu'un grand vesir à demi disgracié était fait commandant de la flotte, et sandschak-beg de Gallipoli. L'aga des janitschares adressait au grand vesir, ou même directement au sultan , st s rapports sur les circonstances importantes de nature à troubler le repos public; mais ni lui, ni aucun des autres agas, ne pouvaient prélever les amendes que le chef de la police avait seul le droit de percevoir. A lui appartenait de

(1) Ilm Chaledun, S 34.

(2) Constitution et administration de l'empire ottoman.

conférer tous les emplois du corps des janitschares; celui de secrétaire du corps dépendait seul immédiatement du grand vesir, et il était occupé par un étranger qui était le contrôleur des affaires. Le nombre des janitschares était encore de douze mille, comme après leur institution (1). La discipline du bâton régissait nonseulement les soldats, mais encore les officiers. Dans une campagne contre la ka rama nie, Mohammed Il fit donner la bastonnade à tous les colonels de régiments indociles (2). Il a déjà été question de l'infanterie régulière des Asabes, dont le nombre était ordinairement de trente mille hommes (3), rooslims , jajas et woinaks. L'histoire de cette époque rappelle souvent l aga des Asabes (4). La cavalerie régulière se composait des sipahis et des silîhdars, auxquels étaient ajoutés les quatre corps des mercenaires et des étrangers, a l'aile droite et à l'aile gauche. Les agas de ces différents corps étaient les six généraux de la cavalerie, qui recevaient seulement une solde quotidienne de 100 aspres, avaient 16 a 17,000 aspres de supplément , au moyen de l'argent de l'orge. Le chiffre des troupes sous le conquérant était bien faible, si on le compare à ce qu'il devint plus tard. Les sipahis cl les silihdars ne formaient que deux mille hommes ; les escadrons des mercenaires et des étrangers, quatre mille hommes ; par conséquent, toute la cavalerie régulière ne s'élevait pas à huit mille hommes ; en revanche il y avait des nuées innombrables d'akindschis qui répandaient la désolation sur les pays ennemis; mais leur chef n'était point compris parmi les agas extérieurs , ou généraux de l'armée régulière. Au nombre de ces chers étaient encore le topdschibaschi , général de l'artillerie, le dschebedschibaschi , le général munitionnaire, le toparabadschibaschi, général des transports, et lemehttrbaschi, quarticr-maltre général. A ces douze généraux, il faut encore ajouier les douze officiers de l'étrier impérial qui avaient le privilège de marcher immédiatement contre les flancs du coursier du sultan. Ces officiers étaient : le prince de l'étendard , ou porte-dra-

(1) Aali.

(2) Mouradjea d'Otuson , l. m, p. 355.

(3) ldri*tfol.3l.

(4) «.halcondyla«, I. v, édition de Basle , p. 72.

peau du sultan (miri-aalem ), les quatre pre miers chambellans (kapidsebibaschi ), les deux écuyers ( mirachor ), le grand écuyer tranchant ( tschaschnegirbaschi ), et les quatre maîtres de la vénerie, c'est-à-dire les deux chefs des fauconniers , le grand veneur de la chasse au va* tour, et celui de la chasse â l'épervier.

Nous passons maintenant aux appartements de la cour, dont les officiers sont appelés agas intérieurs. Ceux-ci se divisaient quatre par quatre. Le chef suprême de tous était le kapoaga, c'est-à-dire l'aga de la Sublime Porte impériale , le maître et directeur de toute la coor. C'était un eunuque blanc, sous les ordres <fo quel trente ou quarante autres eunuques, revêtus du titre de kapu-oghlan ( garçon de la porte), et distribués dans les appartement*, étaient chargés de la surveillance des pages. Quatre kapu-oghlans étaient attachés de plut près au chef suprême, savoir: l'officier de la clef, l'officier de la serviette, l'officier du sorte et l'officier du lavoir. Le kapu-aga accompagnait toujours et partout le sultan, excepte lorsque celte personne sacrée s'éloignait do sérail, pour aller à la chasse ou se promener; dans ce cas, le maître de la cour demeurait pour veiller à la garde du palais. Le second désaxas intérieurs était le trésorier (chasinedar-btfdti eunuque blanc comme le précédent , toujours attaché à la personne du sultan , devant lequel, dans les processions publiques, il porta' le turban de cérémonie; dans la mosquée, il étendait sous ses pieds le tapis pour la prière, après s'être jeté lui-même deux foi** terre, afin de reconnaître , au péril de si rie . * le sol n'était pas empoisonné. 11 avait sous *ts ordres tous les employés du trésor impérial, qui recevaient de lui leur solde. Le troisièmede agas intérieurs était le surintendant de là bouche, ou grand sommelier (kîlardshi-baschi ; il devait marcher devant chaque plat apport* au sultan, couvrir lui-même la table disposée pour le sultan, faire préparer les sucrerie*, I» confitures et les sorbets, et goûter le premier à tous les mets préparés sous sa directioo, >fin d'éloigner tout soupçon d'empoisonnement Enfin, le quatrième des agas intérieurs est «toi du sérail, ou intendant du château, auquel est confiée la garde immédiate et l'entretien du palais impérial; dans les mutations pourarcn-

Page 1