PRÉFACE
la Yaticana, Barberini, et de Maria sopra Mi- térature, et de plus il peut faire écouler l'imnerva à Home, et à Bologne , la bibliothèque si mens« superflu dans lequel il eût été noyé, riche de Marsigli. Sans autre ressource que mon 1 Malgré tant de soins, l'amas de notions chrotraitement, sans le secours des Académies orien- nologiques , philologiques et biographiques taies ou des Société* asiatiques , sans la proteo entassées par les historiens précédents était si tion des riches et des grands, j'ai, par trente énorme, il fallait tant de rectifications et d'éans de recherches et de dépenses, formé , pour clairci&scments, qu'il était impossible de mon sujet , une collection que nulle bibliothèque en peut en offrir d'aussi complète. Qu'il me soit permis de rendre ici hommage à la générosité du dernier internonce S. K. M. le comte de Lutzow,qui m'a fait présent de quatre excellents ouvrages historiques, et aux soins constants de mon ami l'interprète I. et R. M. le chevalier de Raab, pour m'en procurer beaucoup d'autres.
de matériaux, telle .urope ou en Asie ne
ces pièces sous silence ; j'ai dû les citer comme documents à l'appui des changements que je voulais introduire dans les mots et dans les choses. 11 était surtout nécessaire de classer ces matériaux, de peur que les historiens à venir, les trouvant épars sur leur chemin, ne fussent disposés comme les précédents a les prendre pour d'excellentes pièces de construction ; pour que le lecteur n'en fût pas embarrassé, je les ai Je dois d'autant plus de remerciments à ce rejetés à la fin de chaque volume en forme dernier que, dans les sept dernières années, il d'appendice. 11 en est autrement pour la citation m a fait trouver quantité d'ouvrages que j'avais i des autorités sur lesquelles s appuie le texte.
en vain cherchés pendant vingt ans, et que sans lui je n'aurais pu combler les lacunes d'une œuvre classique dont l'achèvement était indispensable a la composition de cette histoire. Enfin , grâces soient rendues à la libéralité des ministres de Prusse et de Saxe, et aux gardiens des bibliothèques royales qui veulent bien permettre et offrir la communication à l'étranger de leurs trésors littéraires.
Pendant que j'attendais du temps et des circonstances la possession complète des matériaux qui me manquaient, je m'occupais soit à étudier et mettre en anivre ceux que j'avais déjà sous la main, soit à faire des travaux préparatoires sur la chronologie, la géographie et la littérature. Au moyen de ces travaux et de la connaissance acquise du peuple et de son gouvernement, par mes voyages et mes peines, je tâchais de me rendre digne du but élevé que je voulais atteindre. De tous les ouvrages historiques de l'Orient que j'ai pu découvrir, il n'en est aucun que je n'aie lu et mis a profit ; de toutes les histoires ottomanes dont l'acquisition était possible, il n'en est aucune que je n'aie achetée. Les résultats de mes travaux préparatoires sur la topographie, la bibliographie , la statistique et l'histoire sont en partie imprimés et mis sous les yeux du public, en partie encore manuscrits. Par ces études, ces exercices préliminaires, d'un côté se révèle A l'historien une source abondante où il puise la connaissance des temps, des lieux , du gouvernement et de la lit-
Aujourd'hui aucun écrivain n'est bien venu à demander qu'on le croie sur parole. En tout temps l'historien a dû étudier et puiser aux sources ; notre époque incrédule exige encore qu'il les cite. Le lecteur ne se sent pas obligé d'ajouter une foi aveugle aux récits de l'historien; il faut encore que celui-ci produise des témoignages authentiques. On demande la preuve de ce qu'il dit, et aucun moderne ne peut avoir la prérogative des anciens, qui étaient crus sur parole. Mais si le lecteur a presque complètement le droit d'exiger ces garanties, l'écrivain, de son côté, doit réclamer toute confiance à la bonne foi dans les citations, tant que le contraire n'est pas démontré. Tout soupçon de traduction infidèle ou de citation inexacte qui n'est fondé que sur un scepticisme inconsidéré retombe sur son auteur ( chaque fois que le passage mis en doute est cité dans le texte original) comme une injuste attaque à la réputation de l'écrivain. Pour satisfaire A cette exigence qui demande les documents dans le texte original , il faudrait grossir cette histoire d'autant d'in-folios qu'elle aura d'in-octavos ; et d'ailleurs, tant que les historiens ottomans ne seront pas comme les Byzantins imprimés dans leur texte et ensuite traduits pour former une masse énorme de volumes , 1 es pièces ne pourront être citées qued'aprèslesmanttscrits existants ; encore faodra-t-il renoncer à les produire dans le texte original, aussi longtemps que les lettres turques ne seront pas familières à nos imprimeurs comme les lettres grecques.